DE FONS
FONTAINE
pour fils Jacques de Fons, père de 1© Louise femme de Jean-Fr. de Trémolet, marquis de Montpezat, lieutenant du roi en Languedoc; 2° Gabrielle, femme de Raymond de Pavée, s' de Villevieille.
(Cazalis). — « M. Fons, du Dauphiné, gentilhomme, » réfugié à Strasburg en Uckermark, 1698. — Paul Fonds, caissier de la Direction des réfugiés à Morges (Vaud), 1727. — Anne Fonnes, de Puylaurens, 46 ans, fille d'un avocat, assistée (5 1. 10 sh.) à Londres, 1706. — George Fonnereau, soigné à l'hôpital des pestiférés, à Londres, 1710. — Daniel Fonquignon, de Metz, menuisier, 46 ans, Judith sa femme, 36 ans, et 4 enfants, assistés à Londres, 1705. — Antoine Fonset ou Fonsef, des Gévennes, t sorti de France depuis peu, » assisté à Lausanne, 1696.
— Marc.-Ant. de Fontable, gentilhomme messin, capitaine au régim. de Normandie, 1647-77. — Pierre Fontagneu, ouvrier en bas à St-Ambrois en Languedoc, réfugié, avec femme et enfant, à Magdebourg, 1698.
— Charles deFontalier sr de Layres, membre de l'assemb. de Lunel, 1613. Fontail- Uer, réfugié à Morges (Vaud), 1673.
FONTAINE, famille de la Saintonge [Haag, V 125]. Jacquks Fontaine était un marchand de La Rochelle, né vers 1550 et mort en 1633, laissant des affaires assez prospères. Quelles affaires? Nous savons seulement qu'il avait été cordonnier. Un de ses petits-fils, qui a laissé des Mémoires formant une sorte d'histoire de la famille, assure que cet artisan était le fils d'un vrai gentilhomme, de la province du Maine, nommé Jean de La Fontaine, qui avait porté les armes au service du roi François 1er et qui en 1563 avait été égorgé pendant la nuit dans son château, ainsi que sa femme, par une troupe de bandits papistes 1. Ses trois fils, dont l'aîné avait 14 ans, n'avaient sauvé' leurs vies que par la fuite. Cet aine, Jacques, qui était arrivé en mendiant à La Rochelle, y aurait été recueilli par la charité d'un cordonnier de cette ville, lequel lui aurait appris son métier. Nous ne possédons pas jusqu'à présent le texte même de ces Mémoires ; nous en avons seulement une traduction libre en anglais * faite par une
1 Venus da Mans. Conf. col. 525, au bas. s En voici le titre : Mémoire of a huguenot famQy ; transtated and compilai from the original
dame descendant de l'auteur, Mme Anna Maury, et publiée à New-York. On a pu voir çà et là des familles dont la condition était bouleversée par les guerres civiles ; c'est ainsi que Brantôme se riait d'un vicomte d'Àubeterre qu'il avait vu travailler, un moment, à Genève, comme ouvrier en boutons (II, col. 951) ; mais de tels faits ont besoin d'être bien prouvés et en vain l'auteur des Mémoires, ,1e pasteur Jacques Fontaine (qui écrivait plus de 30 ans après la Révocation), allègue-t-il que ses père et grand-père, ou autres parents, croyaient à cette tradition de famille ; on comprend très bien qu'ils fussent tous le jouet de cette illusion flatteuse, mais ce qui démontre que c'était une pure illusion, c'est que la famille, dupe comme tant d'autres du mirage généalogique et nobiliaire, a tout simplement tiré à elle et appliqué à son profit un article du Martyrologe de Grespin. Les Mémoires du pasteur copient en l'abrégeant un peu 1 le Martyrologe, dont voici les paroles :
Nous commencerons par ceux de la province de Maine et pays circon voisins... Jean de la Fontaine qui de ses premiers ans avoit suivi les guerres et esté des Ordonnances du Roi, s'estant retiré après la publication de la paix dedans sa maison de Ca-
autobiograpky of Ou rev. James Fontaine and other family manuseripts ; by Anna Maory ; New York, G. S. Putnam, 1853, in-8*, 512 p. et 2 portr. La Société des traités religieux de Toulouse a publié nne traduction française de cet ouvrage. Une édition du texte français original est actuellement en préparation par les soins de la même Société, mais rien encore n'en a paru sauf quelques fragments insérés dans le Bulletin. Voy. Btdl. XXVI, 519, XXVH, 96, XXIX, 64.
1 Voici comment ils s'expriment, d'après la traduction de M** Anna Maury : « John de la Fontaine was born in the province of Maine near the bordera of Normandy, abont the year 1500 ; and as soon as he was old enough to bear arma, bis father procured him a commission in the household of Francis I, in whai was then
called c Les Ordonnances do Roi » In tbe
year 1563 a number of ruffians were dispatebed from the eity oi Le Mans to attack bis bouse ai night He was taken by surprise, dragged oot of doors, and bis tbroat eut. HU poor wife, who was witbin a few weeks of for confinement, rushed after him, in tbe bope of softening the bearts of thèse midnight assassins, and indneing tbem to «pare tbe life of ber busband ; but so far from it, they murdered ber also, and a faithful valet shared the same fate.
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hagnes * fut le dixiesme jour de may ensuivant assiégé de nuict, prins et traiué hors de sa maison. Sa femme enceinte de sept a huict mois, jalouze de la vie et du salut de son mari, sans avoir esgard à son indisposition, le suivit pour empescher, s'il lui estoit possible et si la volonté de Dieu le permettoit, ce qui avint incontinent après. C'est que les meurtriers ayans trainé ce personnage près d'une fosse en laquelle les laboureurs des champs tirent la marne pour engraisser leurs terres, lui coupèrent la gorge ; puis se ruèrent sur la povre damoiselle qui fut massacrée avec un serviteur et un sien petit chien qui ne put se garantir de la patte cruelle de ces bestes farouches.
Le lecteur peut comparer les deux textes jumeaux. Si la version du martyrologe est tout ce que savait la famille, c'est donc que celui qui aurait eu déjà quatorze ans s lorsqu'il avait vu massacrer ses père et mère, n'en savait pas plus que Grespin et n'a rien dit de plus aux siens pendant tout le cours de sa longue vie qui se prolongea jusqu'en Tannée 4633? Or, la dernière édition du Martyrologe avait paru en 1619. Mais comme l'auteur des Mémoires écrivait un très long temps après le tragique épisode, c'est-à-dire en 1722 *, il est aisé de comprendre qu'ifsoit tombé de bonne foi dans une méprise consistant à mettre sur le compte de son arrière grand-père des faits dont il avait lu le récit dans Crespin, mais qui semblent être restés ignorés de celui-là même qu'il donne comme y ayant joué le principal rôle. Le narrateur insiste cependanl, et ne tenant aucun compte de l'indifférence de jadis en matière de noms, il fait observer que son grand-père et d'autres de ses parents, signaient « de La Fontaine. » C'est seulement, dit-il, par un rigorisme de piété qu'ils avaient cessé de le faire. « Par hu- « milité, il laissa ce de la, le regardant « comme un vieux titre de la noblesse de « sçs ancêtres à laquelle il avait entière- « ment renoncé (Bull. XXIX, 550). • L'auteur oublie que ce nom appartenait à
1 Prés les Andelys (Eure).
* C'est l'Age ou les jeunes gentilshommes commençaient l'apprentissage des armes.
3 c I, James Fontaine, hâve oommenced writing this history, for the use of oll my children, on the twenty-sixth day of march 172J ; bemg six ty- four years old. »
diverses familles protestantes de La Rochelle et qu'il est loin d'y avoir été apporté en 1563 par le jeune fugitif, puisqu'on voit figurer dans les registres de l'église réformée de cette ville \ en la seule année 1562 , le mariage d'Antoine Mercier avec Marie Fontaine et celui de Dominique de La Fontaine avec Jeanne Le Roule. Donc, l'auteur des Mémoires, écrivant loin de son pays, à Dublin, dans un âge avancé, cent cinquante-neuf ans après les choses dont il parle, les a confondues et s'est trompé en croyant, comme il est si naturel, tout ce qu'il désirait. Mais Crespin est là, qui proteste.
Grâce au labeur de son père, une éducation libérale avait été donnée an fils du cordonnier, également nommé Jacques, né en 1603. Il suivit la carrière théologique. Le pasteur Merlin se chargea de lui donner la première teinture des belles-lettres, et lorsque le moment fut venu de l'envoyer à l'académie, il le plaça comme gouverneur auprès du jeune comte de Royan, qui allait faire ses études à Saumur. Au retour d'un voyage en Angleterre, où il avait accompagné son élève, Jacques Fontaine, qui en avait profité pour perfectionner ses connaissances, reçut vocation de l'église de Royan. Il remplit avec zèle les fonctions du ministère et jouit, de son temps, d'une certaine réputation de science et d'éloquence. Il fut, selon le témoignage de son fils, un des pasteurs les plus énergiques de la Saintongo ; et par la pureté de ses mœurs, l'aménité de son caractère, la sobriété de son genre de vie, non moins que par le courage avec lequel il lutta pour la défense de son troupeau, il acquit une salutaire influence. Il mourut frappé d'apoplexie en 1666, ayant eu six enfants d'une anglaise, miss Thompson, qu'il avait épousée à Londres en 1628. savoir : 1° Jeanne qui contracta alliance avec un homme riche nommé L'Hommeau, que la débauche entraîna à sa ruine, en sorte que sa femme dut se faire maîtresse d'école ; — 2° Judith, mariée à Ouiennot, qui la laissa
veuve avec quatre enfants. Enfermée dans un couvent à la Révocation, elle feignit d'abjurer, et profita de la liberté qui lui
1 D'après les notes, toujours très sûres, dont je suis redevable â M. de Richbmord.
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fat rendue pour se réfugier en Angleterre ;
— 3o Jacques, ministre à Archiac, mort ayant les dragonnades. Sa veuve fut cruellement persécutée et finalement chassée de France. Elle se retira à Londres avec trois fils, dont l'un fut pasteur en Allemagne;— 4° Elisabeth, femme de ...Sautreau, pasteur de Saujon, qui passa en Irlande, lorsque son église fut interdite, et qui périt malheureusement avec toute sa famille dans la traversée de Dublin à Boston, où il avait l'intention de s'établir; — 5* Pierre, successeur de son père dans l'église de Royan, qu'il desservit jusqu'à l'interdiction du culte réformé dans cette ville. Il se retira à Londres avec sa femme et un fils qu'on lui permit d'emmener parce qu'il n'était âgé que de six ans (Tt 287), et fut nommé ministre de la chapelle du Lazare th. Ses deux filles, qui avaient été retenues de force en France, parvinrent à tromper la surveillance de leurs geôliers, et rejoignirent leur père en Angleterre, où la cadette épousa Jean Arnaud ; — 6° François, à qui sa mémoire étonnante avait valu la réputation d'un petit prodige, mais qui mourut jeune.
Resté veuf en 1640, Jacques Fontaine se remaria avec Marie Chaillou, qui lui donna encore cinq enfants ; — 7* Suzanne, femme d'Etienne Gachot, indigne petitfils, par sa mère, du pasteur Merlin et un des apostats de la Révocation ; — 8° Pierre, ministre à Saint-Seurin, puis à Salles, qui abjura aussi à l'instigation de sa femme, dont il subissait la tyrannie ;
— 9° Marie, épouse de Paul Forestier, prédicateur distingué, qui se réfugia en Angleterre ; — 10» Anne, mariée à Léon Teslard, sieur des Meslars, qui feignit d'abjurer sous la terreur des dragonnades et finit par se sauver en Angleterre avec sa femme que rien n'avait pu ébranler ;
— lio Jacques, qui suit, auteur des Mémoires manuscrits dont il vient d'être question.
Jacques Fontaine naquit à Genouillë, le 7 avril 1658. Ses parents conçurent l'espoir de le voir réussir un jour dans la profession du ministère évangélique en s'amusant, comme il nous le raconte, de la gravité enfantine avec laquelle il copiait son père dans les exercices du culte domestique. Dès l'âge de six ans, il fut donc envoyé à La Rochelle, dans l'école de
Jean Arnaud, où il se lia d'une amitié étroite avec le jeune de La Lande, qu'il retrouva plus tard à Port- Arling ton, en Irlande. Vif, pétulant, indiscipliné, il n'annonça d'abord que des dispositions très médiocres. Heureusement sa pieuse mère, qui ne voulait pas renoncer à la douce espérance d'en faire un ministre, se décida à le mettre à Marennes dans un bon pensionnat, celui de M. de La Bussière, au sortir duquel il alla prendre le grade de maître es arts dans l'académie de Puy-Laurens; puis il se mit sous la direction de son beau-frère Forestier pour se former à la prédication. Au milieu des persécutions auxquelles les protestants étaient en butte, il trouva maintes occasions, bien qu'il n'eût pas reçu la consécration et qu'il pût à peine prendre la qualité de proposant, de déployer ses talents, soit pour réchauffer les tièdes, soit pour entraîner les timides, soit pour combattre les oppresseurs. Lorsque presque tous les temples de la Saintonge eurent été fermés, il tint secrètement dans sa demeure des réunions religieuses ; elles furent trahies par un apostat nommé Agoust. Jeté en prison avec quelques-uns de ses voisins, quoiqu'il n'eût pas assisté à l'assemblée qui avait été surprise, le jour de Pâques 1684, il se serait probablement tiré assez facilement des serres de la Justice en prouvant un alibi, s'il n'avait pas aggravé sa position en exhortant à la persévérance ses compagnons de captivité. Il passa quelque temps en prison et finalement fut absous par le terrible parlement de Bordeaux.
Fontaine osa conseiller la résistance à main armée ; mais ses exhortations furent mal accueillies. « 11 y en eut beaucoup, dit-il, qui avaient supporté sans faiblir les amères épreuves de la persécution, qui s'étaient laissé dépouiller de leurs biens sans succomber, lesquels furent vaincus à la fin par les arguments spécieux de faux frères qui leur représentaient que Dieu commande d'honorer les rois et de leur obéir, tellement que c'était manquer à son devoir envers le Seigneur que de reraser obéissance à des décrets monstrueux ; c'est ainsi qu'ils devinrent d'idolâtres renégats. »
Dès l'apparition des dragons à Royan, Fontaine s'était éloigné de sa demeure qui
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avait été pillée. L'édit de Nantes révoqué, il se décida à chercher un refuge en Angleterre. D fit marché avec un capitaine anglais. Onze autres protestants, dont neuf femmes, au nombre desquelles était une très jolie personne M' le Elisabeth Bourtiquot sa fiancée, et deux hommes, tentèrent l'évasion avec lui. Pour ne pas éveiller les soupçons, ils s'étaient couchés sous des voiles et des filets au fond de la barque de pécheur qui devait les transporter au large. Le stratagème réussit; tous débarquèrent sains et saufs en Angleterre, au mois de déc. 1685. Peu de temps après son arrivée notre proposant reçut l'offre d'une prébende. Pour un exilé sans ressources, c'était une fortune; mais comme il eût fallu souscrire à la confession de foi anglicane, il refusa.
Préoccupé du besoin de se procurer des ressources, il fut frappé du bon marché du pain en Angleterre et conçut l'idée d'une spéculation sur les farines. Il se fit tour à tour ou tout à la fois instituteur, épicier, mercier, chapelier, fabricant de drap.
La révolution de 1688 rendit Fontaine à ses travaux évangéliques. Il se fit ordonner par le synode de Tau n ton, le 10 juin 1688, et accepta la direction spirituelle gratuite d'une communauté de réfugiés à Cork. Mais la discorde s'étant mise entre le pasteur et ses brebis, par suite des intrigues d'un réfugié de Calais, nommé Jean de La Croix, il abandonna, en (698, son église, où il eut pour successeur Marcombe, et partit pour le nord de l'Irlande dans l'intention d'y fonder un établissement de pèche. Il fallait à sa nature ardente une vie d'agitations et de fatigues. La baie où il s'était fixé, en 1699, était fréquemment visitée par des corsaires français. Il eut de véritables combats à repousser et les soutint vaillamment ; mais sa pêcherie finit par être détruite et incendiée. 11 se retira à Dublin où il acheva sa carrière, vivant d'une pension du gouvernement.
Du mariage de Jacques Fontaine avec dlie Boursiquot, célébré à Barustaple, le 8 fév. 1686, naquirent huit enfants : 1° Jacques, présenté au baptême, en 1687, et baptisé par le pasteur Maury ; — 2<> Aaron, mort en 1699; — 3° Marie-Anne, née en 1690, épouse de Matthieu Maury ; — 4° Pierre, qui embrassa la carrière
ecclésiastique et s'établit en Amérique;
— 5° Jean, qui servit comme officier dans l'armée anglaise en Espagne et qui plus tard alla s'établir aussi en Amérique. On lui doit le Journal que Mme Anne Maury a publié à la suite des Mémoires avec un Sermon de Pierre Fontaine, et des lettres de plusieurs membres de sa famille, entre autres du colonel William Fontaine, qui servit dans l'armée de Washington ; — 6° Moïse ; — 7o François, né en 1697 ;
— 8<> Elisabeth, née le 3 août 1701.
Les descendants de cette famille sont encore nombreux en Amérique.
Prosper Mérimée, étude (sans valeur) dus 1a Revue des Déni-Mondes, septemb. 1853.
2. FONTAINES (Pons), « natif de Villars, dioc. de Nismes, » reçu habitant de Genève, oct. 1555. — Denis Fontaine, c minusier natifz de VilleneufVe-la-Guyer,» id., mai 1559. — André de Fontaine, veloutier d'Avignon, id., 16 septemb. 1572.
— Antoine Fontaine, escolier de Picardie, id., 20 oct. 1572. — Fontaine, famille réformée, de Cou réelles, encore existante : (Jean), hôte, à la Couronne, à Deux-Ponts ; (Jean), chirurgien du duc de Deux-Ponts, mort à Melz en 1667, marié le 20 mai 1641 à Judith fille d'Élie Guyot, chirurgien, bourgeois de Metz. Catherine Fon-' taine, de Pange, 18 ans, enfermée au couvent de la Propagation de la foi à Metz, en 1758. — Jacobus et Simo « Fou ta nus, » tous deux de Paris, étudiants à Genève, 1632. — « Petrus Fontanus santo royanensis, » étudiant à Genève, octob. 1666.
— (Abraham), de Cognac, étudiant à Genève (Ab. Fontaine cognacensis xanto), mai 1685. — (Pierre), de la Charité-sur- Loire, t orlogeur, » et confesseur, assisté en passant à Lausanne pour aller en Hollande, 23 novemb. 1694. — (Thomas de), officier dans l'armée hollandaise, de 1695 à 1697. — (Suzanne), de Montpellier, réfugiée à Halle, 1698. — (Esther), de Dieppe, assistée à Londres, 1706. — (Pierre de), de Chaleaudun, 55 ans, id. (1 1. 10), « outre ce qu'on a donné pour l'enterremeut de sa femme, » 1706. — (Antoine), des Cévennes, assisté à Genève,
1. FONT ANES, famille noble originaire des environs d'Alaîs [Haag, V 130], qui se réfugia à Genève après la révocation de
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l'édit de Nantes. Le plus célèbre de ses membres, Louis de Fontanes, grand- maître de l'Université, n'appartient pas à la France protestante ; mais il s'y rattache par des liens de parenté et des traditions de famille qui ont dû exercer quelque inflmence sur son éducation. Ce fut son aïeul qui, à l'époque de l'administration d'Orry, contrôleur général des finances de 1735 à 1745, rentra en France, espérant qu'avec la protection de ce ministre dont il était connu, il pourrait recouvrer partie des biens qui avaient été confisqués à sa famille. Mais ses espérances forent déçues, peut-être parce qu'il ne voulut pas acheter cette restitution par un acte d'hypocrisie. Tout ce qu'il put obtenir, et c'était beaucoup pour un protestant, ce fut une place d'inspecteur des manufactures dans le bas Languedoc. Son fils Jean-Pierre-Marcellin de Fontanes, né à Genève en 1724, mais qu'il ramena en France avec lui, suivit la même carrière. A la suite d'une affaire d'bonneur, il demanda son déplacement pour le Poitou et s'adonna sérieusement à l'agriculture. On cite de lui divers mémoires qu'il publia sur des questions d'agronomie, notamment dans les Éphémérides du Citoyen. Il mourut à Nantes, en nov. 1774. De son mariage avec une demoiselle de Sède, qu'il avait épousée à SM*audens, naquirent deux fils, qui, conformément à l'engagement auquel il avait souscrit en se mariant, furent élevés dans la communion catholique : l'aîné, qui donnait de grandes espérances, fot enlevé par une mort précoce, à l'âge de 21 ans (1772) ; le cadet, né à Niort le 6 mars 1757, fot le grand-mai tre de l'Université. Louis de Fontanes reçut sa première instruction chez un curé des environs de sa ville natale à qui il servait comme d'enfant de chœur. < De là peut-être, dit M. Roger dans la biographie dont il a fait précéder les Œuvres de Fontanes, ce goût prononcé pour les cérémonies religieuses qu'il a gardé toute sa vie, et qui peut-être aussi n'a pas été sans influence sur la nature de son talent comme sur le choix des sujets qu'il a traités. » Mais si Ton songe que le jeune Fontanes ne se prêta jamais qu'à contre-cœur au genre d'éducation qui lui était donné, tellement qu'il tenta de s'échapper pour s'engager comme mousse à La Rochelle, on peut supposer qu'il te-
nait d'ailleurs cet amour pour les choses saintes qui se reflète dans ses écrits. Quoi qu'il en soit, il ne reniait ni son père, ni sa famille, il ne les croyait pas éternellement damnés, il ne maudissait pas la religion qu'ils avaient professée, et lorsque, à l'approche des tempêtes de la Révolution, justice fut enfin rendue aux protestants, il trouva des paroles pleines d'éloquence pour célébrer ce triomphe de la raison, dans un poème qui lui valut les couronnes de l'Académie française (25 août 1789). En voici le début :
Lorsque du haut du trône une voix paternelle Console ces Français qu'à proscrits an faux sèle, An rang de citoyen leur donne nn droit nonrean, Protège leur hymen, leur tombe et leur beroeaa ; Moi, né d'aïeux errants qui, dans lo dernier Age, Du fanatisme aveugle ont éprouvé la rage, Puis-je ne pas chanter eet édit immortel Qui yenge la Raison sans offenser l'Autel ?
Puis il fait, en quelques coups de pinceau, le tableau des persécutions ; il nous montre :
Le Dieu de paix servi par la main des bourreaux, Le prêtre enoourageant le soldat sanguinaire, Les enfants pour jamais arraohés à leur mère, Des femmes, des vieillards immolés sans remord, Et contraints de choisir le mensonge ou la mort.....
Devenu professeur au collège des Quatrenations, 1795, il fut proscrit au 48 fructidor (1796), revint l'année suivante, après le 18 brumaire, et s'attacha à Napoléon. Il entra comme député au Corps législatif en 1804, fut nommé grand-maitre de l'Université (1808-1815), contribua puissamment à la restauration des lettres ainsi qu'au rétablissement de la religion et mourut en 1821 (17 mars) avec la réputation d'un des hommes les plus élégants de son temps, par la plume et par la parole, ce qui n'allait pas, sous l'Empire, sans quelque renom d'adulateur.
Une autre branche de la famille du grandmaitre s'était établie à Turin. On trouve dans le Livre du recteur : Johannes Fontanes taurinensis, étudiant à l'acad. de Genève en 1733 et Carolus Fontanes en 1768. Théodore-Antoine de Fontanes né à Turin en 1808, fils de Louis de Fontanes et d'An ne- Marie Dumas, devint directeur de la maison royale de Charenton et mourut à Nantes en 1872, ne laissant qu'une fille.
2. FONTANES (Jban) fils de Jean, d'Alais, appartenait vraisemblablement à
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une branche de la môme famille [Haag, V 131]. Il se rendit jenne en Suisse pour y étudier la théologie. Après avoir exercé les fonctions de pasteur de l'église française à Hambourg, il revint en 1759 à Genève, où il fut nommé ministre de la Bourse françoise, le 14 sept. Trois ans plus tard, le 21 sept. 1762, il fut reçu bourgeois de la ville avec son fils Jacques- Charles. Il avait épousé la fille du pasteur Dentand. 11 joignit ensuite à ses fonctions pastorales celles du professorat ; il fut d'abord régent de première, puis, en 1773, professeur de belles-lettres. Enfin, en 1775, il fut choisi pour un des pasteurs de la ville, et mourut en 1788. — Jacques Fontanes, « facturier de bas, de Nismes, • réfugié à Berlin avec sa famille, 1698; trois frères, ses descendants, vivaient à à Berlin; George-Emile, lieutenant d'infante rie en 1851; Théodore-Henri intendant-référendaire, 1856 ; Frédéric, libraire, 1863. Voy. Stambaume der Mitgleider der Franzôsischen Colonie in Berlin, herausgeg. von Dr Beringuier; Berlin, in-fol., 1885-87; p. 12. — Claude Fontanes, de Languedoc, « facturier de bas, > réfugié à Wesel, 1700. — (Abel), assisté à Lausanne allant en Allemagne, 1714. — (Raymond), id., allant en Angleterre, 1715.
FONTANES, famille originaire d'un village voisin de Nîmes, probablement Sl- Laurent-d'Aigouze. Sur les listes de la charité genevoise, on trouve une Jeanne Fontanes « des environs de Nîmes, » assistée de trois quarts d'écu à Genève, en 1692, pour s'aider à gagner la Hollande. Toutefois c'est àCalvisson(Gard)que vivait le docteur Fontanes, honorable médecin qui fut quelque temps maire de cette petite ville et dont le fils épousa la fille d'un marchand drapier de Nîmes, Pierre-Etienne Garnier. Ce fils, Louis Fontanes, né en 1760, mort en 1846, suivit la carrière de son beau-père, mais sans réussir à conquérir la fortune. Il eut deux fils : le premier né à Calvisson le 15 mai 1797, Louis:Ferdinand, devait un jour être un éminent pasteur de l'Église réformée, et le second, Louis- Amkdée, né au m^me lieu le 12 septembre 1805, fut aussi pasteur.
Comme tous les hommes d'un caractère moral fortement trempé, Louis-Ferdinand Fontanes dut beaucoup à sa mère, pieuse femme douée d'une bonté infinie et des
sentiments les plus élevés ; sa vie fut toujours plus voisine de la gène que de l'aisance ; elle eut sa part des tribulations du temps, car son mari emprisonné par le tribunal révolutionnaire fut appelé pour l'échafaud et n'y échappa que par un hasard, mais elle se trouva toujours au-dessus des épreuves grâce à sa douce piété. Quand son 61s était malade, elle le calmait en le berçant au chant des psaumes, et il s'est toujours rappelé que comme elle l'avait un jour endormi sur ses genoux, malgré de cruelles souffrances, en lui chantant le psaume VI,
Seigneur qui vois ma peine.
chaque fois que la douleur menaçait de revenir, l'enfant criait : Le psaume VI, le psaume VI ! Le temps de ces mœurs naïves n'est cependant pas très éloigné, puisque c'est en 1813 que le jeune homme ayant achevé ses études au lycée de Nîmes alla, sur le conseil d'un ami de la famille, le pasteur Samuel Vincent, les achever à Genève où il se rendit avec ses père et mère. Il était ainsi naturellement dirigé, selon les vœux secrets de celle-ci, vers l'école du pastorat. Ses qualités dominantes étaient l'application, la persévérance, la sévérité envers lui-même et la ferme conscience en tout ce qu'il faisait. Il dit son premier sermon à Ferney en 1819, et soutint sa thèse sur ce grand sujet : De remploi dt la raison dans les études théologiques. Il s'efforçait d'y établir ces deux points : que la raison n'est pas admise à contrôler les enseignements de l'Écriture, qu'elle n'a droit que de les constater et de s'y soumettre ; mais que les Écritures ne peuvent rion contenir de contraire à la raison. Cette théorie difficile à établir fut le point de départ de sa pensée pour toute sa vie. Il reçut la consécration à Genève en 1821. La bonne réputation qu'il s'y était acquise devança son retour dans sa ville natale et lui valut, à peine arrivé, la place de pas-
1 Le psaume VI a toujours exercé une vive aitraction. C'est par loi qu'ont commencé nos traducteurs. Il se trouve dés 1533 imprimé à la suite du Miroir de très chrétienne princesee Marguerite de France: Paris, Angereau, 1533 in-18. (Voyez l'ouvrage de M. Douen sur Marot, t. II 504) ; et il paraissait, à part, en 1535 a Lyon, en une plaquette de 4 feuillets ornée de deux gravures (Harrisoe, Ex^erpta Colombiniana, 1887, p. xxvi et 153).
FONTANÈS
teur catéchiste de l'église de Nîmes. C'était une mission suivant son cœur. Il aurait voulu vouer sa vie entière à instruire et former les jeunes gens, d'autant que dans le cours de ses études, un accident, un commencement d'asphyxie par l'acide carbonique, avait altéré sa santé et arrêté sa croissance. Mais malgré une apparence délicate il put suffire à tous les travaux d'un ministère très actif et même, une année, remplir les fonctions d'un collègue malade et prêcher jusqu'à trois fois dans la même journée pendant un semestre. Tout en s'adonnant avec un zèle rare aux fonctions de catéchiste dans une Eglise populeuse, il cultivait avec ardeur les études de théologie et se tenait au courant des travaux de l'Allemagne, peu connus et mal appréciés à cette époque. Aussi quand une place de professeur à la faculté de théologie de Montauban devint vacante, en 1824, les amis éclairés de l'Eglise lui firent un devoir de se présenter. Ses épreuves de concours furent brillantes et il allait l'emporter sur ses concurrents lorsque des doutes vinrent, de Nîmes même, sur la foi du candidat ; on l'accusait d'avoir des opinions libérales. Les membres du jury d'examen rédigèrent aussitôt une profession de foi et décidèrent que les aspirants à la chaire de professeur étaient tenus de la signer. Ferdinand Fontanès n'avait point d'objections à présenter contre les termes de la formule imposée ; il la signa môme dès que la nomination eut eu lieu, mais il ne voulut pas reconnaître qu'on eût le droit de lui imposer un formulaire et il refusa de se soumettre à la mesure préalable. Ainsi sa fidélité à ce principe que les droits de la conscience individuelle sont supérieurs à toute convention humaine exprimée par une confession de foi, lui coûta une position qu'il ambitionnait et qu'il a toujours regrettée. Il accepta aussitôt la vocation que lui offrait la petite ville de Tonneins, mais il n'y resta que peu de mois (3 fév.-2I déc. (825). La place de pasteur titulaire étant devenue vacante à Nîmes, il y revint sur l'appel unanime du consistoire, et ne la quitta plus. Etranger à toutes les préoccupations mondaines il se consacra tout entier aux devoirs journaliers du pastoral, à la cure des âmes et à la consolation des malades, aux œuvres de bienfaisance et d'éducation
dont il créa plusieurs, entre autres le pensionnat normal d'où sont sorties tant d'institutrices capables qui font honorer le nom protestant ; aux études théologiques méditées surtout avec les penseurs allemands Schleiermacher et Néander, à diverses publications où il répandait ses sages doctrines, à la conduite de l'église de Nimes et aux affaires générales de l'Église protestante, dont il devint bientôt l'un des arbitres, sans l'avoir ambitionné, mais par le seul respect qu'inspirait son caractère. Ce fut sur son initiative que fut créée la société d'évangélisation pour les protestants disséminés. La ferme conscience qu'il avait montrée au concours de Montauban, en refusant de signer un formulaire de foi imposée, l'avait naturellement porté à la tête des protestants libéraux de son temps; mais c'était un libéral plein d'égards pour les traditions religieuses. Il admettait le surnaturel biblique et tous les miracles lorsqu'ils avaient rempli la condition d'éveiller dans une âme la foi au Christ et le désir de pratiquer la vie chrétienne. Quant aux dogmes évidemment vieillis, il voulait qu'on se contentât de suivre la longue élaboration du temps au lieu de la devancer ; il avait bien des exemples à donner à l'appui de cette thèse et il donnait volontiers celui du dogme de la Prédestination, longtemps maintenu de haute lutte contre les opposants, et qui avait fini insensiblement, sans nouveaux combats, par disparaître de l'horizon théologique et de la conscience de l'Église. Il applaudit à l'apparition de la Revue de théologie fondée en 1850 à Strasbourg par de hardis théologiens, Tim. Colani, Edm. Scherer, Ed. Reuss, etc., et lorsqu'il vit combien cette critique nouvelle dépassait la sienne, il ne se chagrina pas; il reconnut la marche inéluctable du temps.
Après avoir donné libre cours à ses opinions dans plusieurs recueils auxquels Samuel Vincent présidait, notamment dans celui qui portait pour titre : Religion et Christianisme, lequel disparut dans la tourmente de 1830, il fonda lui-même une feuille nouvelle, L'Evangéliste, qu'il rédigea presque seul pendant les quatre années (1837-40) qu'elle dura. On a aussi de lui une très estimable traduction (littérale) de l'Histoire du siècle apostolique du célèbre pasteur berlinois, Néander. D pu-
FONTANES
blia encore, en 1840, un Catéchisme èvangèlique (10b édition en 1885; adopté en 1885 par le Consistoire de Nîmes pour l'instruction de la jeunesse), une Histoire sainte par demandes et par réponses (6* édit. en 1884) et quelques études soit insérées dans divers journaux (Le libre examen, le Lien, l'Echo de la Réforme) ou publiées à part comme celles intitulées : De la lutte engagée dans les églises protestantes, 1842 et De l 'unité religieuse, 1844. Il inséra aussi quelques notices dans les Mém. de l'acad. de Nîmes où il avait succédé à Samuel Vincent (1837) et y lut notamment un travail sur les Preuves de l'existence de Dieu, dans lequel il s'appliquait à démontrer que les preuves habituellement présentées sont insuffisantes et que l'idée de Dieu n'est pas un produit de la logique, mais un fait primitif inculqué divinement dans la conscience de chacun. II n'a fait imprimer qu'un petit nombre de ses sermons, eutre autres : Discours pour la consécration de MM. Lavondès, Jalabert et Amphoux, Nîmes, 1828; Disc, pour la consécr. de M. Amédée Constans, Nîmes, 1832 ; Deux discours sur la information, Nîmes, 1836. Gomme prédicateur il s'inquiétait peu de briller, il ne visait qu'à toucher. Sa constitution délicate ne lui permettait pas les éclats oratoires, mais sa piété profonde lui inspirait de ne pas terminer un discours sans laisser son dard dans les cœurs. Il les préparait soigneusement, mais il ne les écrivait jamais et no reprenait jamais une ancienne prédication. On a compté qu'il avait ainsi traité 1200 sujets en l'espace de dix années. Aussi la sûreté de ses improvisations et la souplesse de son esprit étaient extraordinaires. Un jour il était assis dans les bancs du Consistoire à Nîmes, lorsque le prédicateur, qui venait d'achever son exorde, se sent indisposé tout à coup et descend de la chaire. Comment renvoyer brusquement l'assemblée qui était fort nombreuse ? Fontanès met la robe, monte en chaire à son tour, fait chanter un verset pour recueillir un instant ses idées et reprenant le môme texte avec les mêmes divisions que son collègue venait d'annoncer, il prononce sans embarras un discours excellent. La dernière fois qu'il monta en chaire, ce fut le 27 mai 1852 pour consacrer son fils aîné au ministère. Le discours ému et pé-
nétrant qu'il prononça en cette circonstance avait pour texte ces paroles de saint Paul : • Nous ne falsifions pas la parole de Dieu mais nous parlons avec sincérité comme de la part de Dieu et en la présence de Dieu en Jésus-Christ > 2 Cor. II, 17. On a pu dire de lui que c'était un caractère, une conscienee. Il rendit l'âme le 9 janv. 1862.
Ferdinand Fontanès avait un jeune frère qui fut consacré par lui au ministère évangélique le 1" mars 1832, et qui fut pasteur à Aix (Drôme) en 1833 et à Lédignan (Gard) de 1834 à 1876. Il est mort à Nîmes le 20 janv. 1878 ne laissant qu'une fille, Mathildk, née en 1833. Au mois d'avril 1827, Ferd. Fontanès avait épousé, à Nîmes, Marie Peyront et de cette union naquirent lo Ernest; 2» Albert, en 1832, mort enfant ; 3° Amélie en 1833.
M. Ernest Fontanès, né à Nîmes le 31 janvier 1828, est de ces fils rares qui, prenant l'héritage d'un père éminent, le continuent sans le laisser déchoir. Il fit ses études au lycée de Nîmes, puis à l'académie de Genève (1845-49), à l'Université de Bonn en 1850, puis à Berlin et Halle. Nommé pasteur suffragant à Montpellier en 1852, il passa au Havre en 1856, y devint aumônier protestant du collège en 1858, puis président du Consistoire en 1860 et l'est encore aujourd'hui. Prédicateur éloquent, sachant exposer la pensée chrétienne avec force, avec éclat, avec une poésie entraînante, il était vivement désiré par la partie libérale de l'église de Paris et il fut sur le point, lorsque cette église fut divisée en paroisses (1881), d'être appelé à desservir celle de l'Oratoire ; mais il renouvela l'exemple donné par son père de s'arrêter devant un scrupule de conscience. La majorité orthodoxe du Consistoire de Paris posa comme condition absolue de la nomination qui devait être faite, que le pasteur lût en chaire la confession de foi inexacte et surannée dite « Le Symbole des Apôtres. » C'était une arme employée pour écarter de la chaire de très dignes pasteurs « qu'un scrupule < très honorable aux yeux de tous, mais « selon moi excessif, dit A th. Coquerel ',
1 Histoire du Credo, par Ath. Coqoerel fils (1869, in- 12), p. 143. — Voyez sur le même su* jet, le Symbole, deux thèses de théologie de MM. Bonn ef on et Grawitz (1864), deux études de
FONTANÈS — FONTENAY
• a empêchés de consentir à faire cette < lecture. > M. E. Fontanès s'y refusa. Nous citerons de lui :
I. L'esprit de la Rè formation ; sermon prêché au Havre à l'occasion du 3e jubilé de la Réformation ; 1859, in-8°.
II. Le royaume de Dieu ; sermon prêché a l'inauguration du temple du Havre, 1862.
III. Les paroles de Jésus ; discours prononcé dans l'église de Pentemont à Paris,
IV. Catholicisme et protestantisme, conférence faite à Strasbourg le 15 mars 1869. Paris et Genève, Cherbuliez, 1869, in-8«.
V. La libération de la France, conférence patriotique faite au Havre à l'occasion de la souscription nationale le 21 fév. 1872.
VI. Le Christianisme moderne; étude sur Lessing ; 1867, 1 vol. in-12.
VII. Le Christianisme libéral (recueil de onze sermons) ; Paris, 1874, in-12 de 347 p.
VIII. Cavour ; conférence 31 janv. 1875. Paris, Sandoz et Fischbacher ; 96 p. in-16.
IX. Les protestants libéraux et la Réforme; sermon prononcé dans la salle Sl- Àndré à Paris, le 7 nov. 1875, à l'occasion de la fête de la Réformation ; 67 p. in-12.
FONTANIER (Jean). Nous n'avons trouvé dans les registres du parlem. de Paris qu'une bien faible trace de la condamnation visée dans un petit écrit intitulé : Discours sur la vie et mort de Jean Fontanier, natif de Montpellier, bruslé en la place de Grève, par arrest de la Cour du pari, de Paris le 10 déc. 1621, pour avoir enseigné sa fausse religion; Paris, Isaac Mesnier ; in-12 de 8 pages \
Jeanne deFontanier veuve de Jean-Jacq.
PeUisson conseiller en la chambre de Té- If. le pr A. Viguié, â la conférence pastorale de Nimes en 1864 et dans la Revue de théologie et de philosophie (Paris, 1886) ; — et surtout Le Symbole des Apôtres (un vol. in-8° Paris 1867) par feu le prof. Michel Nicolas.
1 Cet écrit, où l'on ne trouve que cinq pages de divagations et pas le moindre renseignement sur l'affaire, est cependant exact dans son énoncé. Le registre d'écrou de la conciergerie de Paris mentionne l'emprisonnement, à la date dn 26 nov. 1621, de Jehan Fontanier, comme appelant d'une sentence du Prévôt de Paris qui l'Avait condamné A mort et note que le 10 déc. suiv. le parlement confirma la sentence, et restitua le prisonnier aux officiers do Ch&telet. sans antre motif on explication qne ces mots : t AU réquisition du procureur do Roy. a
dit, 70 ans, inhumée au cim. des SS. Pères à Paris, 17 avril 1673 ; assistants Jacq. PeUisson son fils et Anthoine Crosat s* de la Bastide. — Testament de François fils de Me Anthoine Fontanier, notaire royal et de Suzanne Jalaguier sa femme, de La Salle en Cévennes, du 2 juillet 1682, reçu à Genève par J. Deharsu (portef. 33, f° 57) ; — (Claude), manufacturier de bas, d'Aiguevives en Languedoc, réfugié avec sa femme et un ouvrier à Wezel, 1698; — (La veuve), de SuLaurent aux Cévennes, avec sa fille, assistées à Genève, 1693; — (Florette) emprisonnée au château de Carcassonne, 1705. — Fontanieu, ancien de l'église de Fons délégué au synode de Nîmes, 1678 ; (Jean) réfugié à Berlin, 1698; François, de Nîmes et Pierre, de S*-Ambroix, facturiers de bas, réfugiés avec leurs familles à Berlin. 1700; (Marie) de SuMartin près La Salle en Cévennes, assistée à Lausanne, nov. 1742. — Louis Fontanieux officier dans l'armée hollandaise, 1752-54. — La veuve de Jean Fontaniou, de Sl-Laurent en Cévennes, assistée à Genève, 1693. — Fontanille, de Malerargues, obtient une pension de 800 liv. pour sa conversion, 15 mai 1688. — Baptême en l'église de St-Chaptes et Blansac, de Cassandre, fille de Robert de Fontarèche et d'Elisabeth de Montolieu ; parrain Daniel de Montolieu sr d'Aubussargues et marraine Elisabeth de Charles, 1590 (Tt 340). M. de Fontarèches ancien de l'église de Blansac, 1678 (Tt 282). Claude-F. de Fontarèche, gentilhomme d'Uzès, réfugié à Genève ; < ses parents ne lui faisant plus rien parvenir, * il reçoit de la Bourse françoise un secours de 8 écus pour passer en Hollande, 1703. Vers adressés au baron de Fontarèche par Ant. Court, 1728 (Dardier, Paul Rabaut, I, p. xxiv). — Aymé de Fbntaynevive , • cordonnier, de Greisyer en les Bornes, » admis à l'habitation à Genève, janv. 1558. — S" de Fontcouverte, voy. Brueys (ci-dessus t. III col. 273) et Portai.
FONTENAY (Jkan) diacre de Toulouse [Haag, V 131] connu dans l'histoire du protestantisme en France par le succès inouï que ses prédications obtinrent au couvent de l'Espinasse en 1560. Toutes les religieuses de ce couvent, sans exception aucune, embrassèrent la Réforme ainsi que l'avoue G. de La Faille (Annal, de Ton-
FONTENAY — FONTFRÈDE
louse, 1687, in-fol.) qui dit avoir vu à Phôtel-de-ville de Toulouse une lettre par laquelle elles priaient le roi de Navarre de les prendre sous sa protection et de les défendre contre les persécutions qu'elles avaient à souffrir de la part des Toulousains, parce quelles avaient embrassé la pureté de l'Évangile. Ce furent les Montalbanais qui se chargèrent de les soustraire à la vengeance des catholiques. Il les enlevèrent à main armée et les menèrent à Montauban où elles se marièrent. — Le baron de Fontenay, voy. Rohan. — Le marquis de Fontenay de SMjermain, à Avranches, poursuivi pour avoir soustrait au baptême catholique l'enfant d'un de ses serviteurs, 1680 (Tt Tourlet). — Marie Fontenay, veuve de Jacques, de Bolbec, 68 ans, assistée à Londres, 1702 ; l'est encore en 1706.
FONTENEÀU, famille de La Rochelle.
On y trouve sur les registres de l'église réformée : Gilles Fonteneau, marié au prêche, avec Autoinette Marchant, janv.
1569 ; leur fils Abraham baptisé le 28 oc t. 1575. (Estienne) pair de la commune en 1571, commis à la recette des deniers de la ville, coèlu du maire en 1580, épouse au prêche Perrette Lapareille, dont entre autres enfants un fils, Jacques, par lequel il fut remplacé au corps de ville. (Pierre) marié au prêche avec Suzanne Bizieire, le 8 mai 1592 et nommé en 1593 capitaine de la tour Sl-Nicolas. (Jean) de l'île de Rhé et Rachel Veillon sa femme, s'expatrient pour cause de religion en 1686 ; leurs biens sont confisqués et affermés judiciairement. — Michel Fonteneau, de Tonnerre, tondeur de drap, reçu habitant de Genève, mai 1573. — Jean Fontenel, d'Orléans, t'd.. octob. 1572. — M.ds Fontenelles, député à l'assemblée de La Rochelle, 1612. — Pierre Fontenelle, de Bergerac, assisté à Genève d'un viatique pour le Brandebourg, 1702. (Marie) enfermée au couvent des Nouvelles cathol. d'Alençou, 1736 (M 670). — Fontenotte et sa femme, de Duras, surpris dans une assemblée de culte, condamnés par contumace à être pendus, janv. 1692 (Tt 314). — Jean de Fontes sieur de Lembas et de Malafalguière, vers 1000, épouse 1° Suzanne Puech dont il a Suzanne, mariée en 1640 à Samuel Pomier, 2<> Marie de Comte dont il a, entre autres enfants, Jean de Fontes
sieur de Talpeirac. Henri de Fontes, s' de Rieufrech près Lacaune, épouse Marquise, fille de David de Bernon sr de Lacombeet de Suzanne de Bourguignon, 1640. — Pierre Fontes de Milhau étudiant en philosophie à Genève (Petrus F. milliacensis dioc. ruthenensis) août 1742. Fontes, de Milhau, emprisonné au château de Lourdes, 1745, puis libéré (E 3506).
FONTFRÈDE, Paul, de Nîmes, étudiant à Genève (Paulus Fontfredanus nemausensis), août 1614. — De Fonfrède, ancien de l'église de Montpellier, 1678 (Tt 282). — Fonfrède, un des capitaines des Vandois, en 1689. — Jean-Pierre Fonfrède de Robert, né en 1 750 dans la ville des Bordes au pays de Foix, de messire Henri Bartaragnon de Robert et de dame Jeanne de Robert, tous deux bourgeois de Montauban. Il étudia la théologie à Lausanne et y fot consacré. En 1773, il fut appelé à desservir l'église de Montauban. Après quelques années, et déjà marié, il se sentit entraîné par un tel goût des sciences et de la médecine qu'il se démit de ses fonctions de pasteur et alla se replacer sur les bancs de l'école, à Montpellier. Il y resta quatre ans et revint à Montauban, an mois de septemb. 1789, reprendre sa robe de pasteur (reg. du consist. de Montauban, I, p. 69). Toutefois, il ne remplissait guère les fonctions pastorales que dans les cas où soit l'absence d'un collègue, soit toute autre circonstance aurait fait manquer le service divin, excepté à Lagarde, où il était seul et qui était le lieu de sa résidence. Il dut même, lors du rétablissement des cultes, accepter le titre officiel de pasteur de Lagarde qu'il porta jusqu'à la fin de s;\s jours. Une notice, qui lui est consacrée dans le 1er reg. des délibérations du consist. de Montauban, rapporte que ce fut lui qui fit valoir auprès de Napoléon, quand il traversa Montauban, en 1808, les droits de cette ville à obtenir la faculté de théologie que le monarque se proposait d'instituer pour les Réformés dans le midi de la France. La môme notice ajoute : * Parmi ses vertus, la tolérance ne fut pas la moins manifeste ; la différence des opinions n'affaiblissait jamais les sentiments de respect, d'amour et de bienveillance que le mérite lui inspirait. Loin d'user envers une sœur prête à s'enfermer dans un cloître et qui ne fut
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