‹ La France protestante (volume 2)Chapitre 163 sur 252 · XII. Biographie SHle's, Berlin · texte numérisé non relu

XII. Biographie SHle's, Berlin

XIII. Versuch einer Wûrdigung des Puises, Berlin, 1823, in-8o.

Formey a publié, en outre, les Medicinische Miscellen de G.-A. Roose (Francf., 1804, in-8<>), et il a eu part avec Klaproth à la publication de la Pharmacopœa Borussica, dans les années 1799, 1803 et 1812. — Un Claude Formy ou plutôt Formey, de la même famille que les précédents, né à Vitry en 1668, lieutenant de cavalerie, mourut à Berlin en 1729. — Paul Formé, de Vitry, valet de chambre de S. A. Electorale vefs 1700 (Dieterici). — Paul Formey de Richecourt et Louise Changnion sa femme, réfugiés à Berlin (Bull. XI, 154).

FORMY

1. FORMY (Claude), natif de Montpellier [Haag, V 149], collaborateur du ministre La Chasse dans l'évangélisation de cette ville. Reçu ministre le 1er dimanche de mai 1564, c'est-à-dire le jour même où, pour la première fois, les protestants de Montpellier célébrèrent la Cène, Formy , futappelé, quelques mois après, 24 septemb., à inaugurer par un sermon la prise de possession de l'église de Notre -Dame-des-Tables. Tout se passa tranquillement, au rapport de Philippi ; mais les chanoines de Saint -Pierre vinrent bientôt brouiller les choses. Ils demandèrent à Joyeuse et obtinrent sans peine la permission de mettre une garnison dans leur église, qui était une véritable forteresse, sous prétexte que les huguenots voulaient aussi l'envahir.

Les protestants alarmés s'armèrent de leur côté et la lutte ne tarda pas à s'engager. Le dimanche 19 oct., les réformés assiégèrent le fort Saint-Pierre ; mais, dès le lendemain, un accord fut conclu, par lequel les chanoines s'engagèrent à renvoyer la garnison. Pendant que la convention s'exécutait, un chanoine fanatique tua d'un coup d'arquebuse Pierre Challon, un des assiégeants, trahison qui irrita les coreligionnaires de la victime, au point que, se jetant sur les chanoines, ils en égorgèrent plusieurs. Pas un n'eût échappé sans l'intervention des huguenots les plus intluents.

Claude Formy ne parait pas avoir trempé dans cette sanglante vengeance. Il continua à desservir son église avec La Place et Maupeau, apportant dans l'accomplissement de ses devoirs autant d'activité et de suite que les circonstances le permirent. En 1;>7J, il fut appelé à présider le synode provincial qui se tint à Nîmes, le 27 juin, en présence de Saint-Chapte, lieutenantcriminel de la sénéchaussée, assisté des conseillers de Sauzet et Roques de Clausonne, dans le but de réorganiser les églises du Bas- Languedoc qui avaient eu beaucoup à soullrir de la guerre. C'est à ce synode que Payait, député au synode national de La Rochelle, présenta les décrets de cette assemblée solennelle. Lorsque la nouvelle du massacre de la Saint-Barthélémy parvint à Jean Des Urcières, gouverneur de Montpellier, ce brave gentilhomme s'empressa de faire sortir de la ville Formy et Payan avec les principaux d'entre les huguenots, pour les sauver du massacre qu'il

redoutait. Formy se retira vraisemblablement à Nîmes, où nous le trouvons, à la fin de décembre 1573, présidant une assemblée extraordinaire des ministres et des anciens. C'est la dernière fois qu'il soit, à notre connaissance, mentionné par les historiens du Languedoc.

2. FORMY (Pierre), dé à Nîmes vers le commencement du xvn»« siècle [Haag, Y 150], et mort dans cette ville, le 5 juillet

Des son enfance, Pierre Formy montra une grande aptitude pour les sciences, surtout pour les sciences médicales. Ses parents l'envoyèrent étudier à la faculté de Montpellier. De là il rot étudier la théologie à Genève, (Petrus Formius, raonspeliensis), octobre 1594. De retour à Nîmes, il y exerça la médecine avec tant de succès que sa réputation se répandit dans tonte l'Europe. Gustave-Adolphe, lors de son voyage en France, le prit pour médecin et se fit accompagner par lui aux bains de La Mausson. Il lui offrit même de l'emmener en Suède, mais Formy ne put se résoudre à quitter sa patrie. En 1644, il publia un savant traité sur le capillaire, sous le titre : De Radianton ou cheveu de Venus, contenant la description, les utilités et Us diverses préparations galèniques et spagyriques de cette plante. Cet ouvrage eut beaucoup de succès.

Quoiqu'il eût fait de la médecine son étude principale, Formy "ne laissa pas de cultiver la littérature. Outre une vie de Samuel Petit, qu'il mit au jour sous le titre de Vita Samuelts Petiti, professons theologi in academiâ Nemausensi, Gratianop., 1673, in-4°, en la dédiant à l'université d'Oxford, il a laissé m se. un traité sur VArt de bien former le discours, enrichi d'une courte et claire suite d'exemples, pour l'usage familier de tous ceux qui désirent lire, entendre ou imiter l'artifice et les ornements des anciens et nouveaux maîtres de l'éloquence. Il ne négligea pas non plus la poésie, comme le prouve un petit recueil de poésies latines et françaises qu'il avait promis de publier sous le titre de : Florilegium heliconium, sive musse latinse et gallicœ. Enfin il avait composé un ouvrage singulier qu'il se proposait de dédier aux villes de Berne et Zurich, mais qui resta également inédit : Y Histoire de

FORMY — POKNEBET

ï homme et de us divers états, naturel, moral et surnaturel.

Pierre Formy avait épousé Antonia Petit, fille du célèbre professeur Samuel Petit, fi en eut deux fils. L'aîné nommé Jacques, montra des talents très précoces ; à l'âge de vingt ans, il connaissait un bon nombre de langues orientales. Après avoir pris le grade de docteur en médecine, il vint s'établir à Paris, c Je ne dois pas dissimuler, dit Graverol, dans son Hist. de Nîmes, que plusieurs croyent que sa foi, déjà ébranlée par le commerce qu'il avait en avec les Juifs, n'eut pas la force de résister aux efforts que firent les prétendus catholiques pour le séduire. > Son admission à l'académie royale de Nîmes, le 2 oct. 1686, prouve, en effet, qu'il abjura. Son frère cadet, appelé Pierre, prit, dit-on, le parti des armes et se convertit également. Nous trouvons cependant un Pierre Formy, médecin nlmois sur une liste de réfugiés (Tt 282).

3. FORMY (Samuel), chirurgien de Montpellier [Haag, Y 454], se trouva, en 1890, au siège de Paris. De retour dans sa patrie, il acquit assez de réputation , pour que Ton ait cru pouvoir, sans les déparer, joindre 54 de ses observations, parmi lesquelles il y en a de remarquables, à celles de Lazare Rivière. Formy a publié, en outre, un Traité chirurgical des bandes, lacs, emplâtres, compresses, attelles et bandages, Montp., 4654, in-8<>; 4653, in-8<>.

FORNEL (Lots), tué cruellement à Digne en 4562 (Crespin); — (Joseph), de Barcellone, 48 ans. avec femme et enfant, assisté à Londres (5 1. et 6 liv.), 4705. — Pierre Fornelet ou Fournelet, de Louet ou Louan (?) en Normandie l prêchait la Réforme à Lyon en 4546 ; chassé de cette ville par la persécution il était à Neuchâtel (Suisse) en 4554 et il y remplit pendant plusieurs années les fonctions de diacre ; on voit qu'il s'y occupait en 4556 d'études sur les œuvres de S1- Augustin, de Si-Bernard et de Bullinger (Bull. XII, 369) ; en 4564 il avait été appelé à prêcher dans plusieurs villages de la Champagne et y avait obtenu le plus grand succès ; il dressa, la même année, une église

* Conf. Bull. XU 859 (M. Oagnebm) et XII 481 (M. Puyroche) ; nous ne voyons en Normandit oi Louet ni Louan ; mais il y a un Looan Uaas la Brit champenoise.

dans la capitale de cette province, à Châlons, et il en resta le pasteur; on a de lui une longue lettre à Calvin, du 6 oct. 4564, dans laquelle il rend compte des premiers fruits de son ministère. — Joseph Fornely, prosélyte, et sa femme, assistés à Londres, 4702. — Claude de Fornerel, réfugié de Picardie, reçu habitant de Lausanne, août 4569.

FORNERET (Philippe), pasteur de l'église française de Berlin, né à Beaune, le 29 janv. 4666 [Haag, V 434].

La famille Forneret occupait à Beaune une position très honorable. Claude Forneret « marchand drappier de Beaulue, »

était réfugié à Lausanne, 4568 (Bull. XXL 468) ; Jean, étudiant à Genève en 4635, était pasteur de Beaune en 4644 ; Claude, avocat, était ancien de l'église de Beaune en 4669 et fut député à plusieurs synodes de la Bourgogne ; un troisième Claude était ancien de l'église de Volnay en 4684. Pendant la persécution de 4685, cédant à la terreur générale, cette famille se convertit ; mais les remords ne tardèrent pas à se faire sentir. Elle se composait de deux veuves, d'un fils et d'une fille, qui décidés à reconquérir à tout prix le repos de leur conscience, essayèrent de sortir de France, en 4685, et furent assez heureux pour gagner Lausanne, où leurs parents avaient précédemment trouvé refuge. Le registre matricule des étudiants de Genève mentionne, sous la date de 4666, André-Frédéric Forneret de Lausanne, qui s'est fait connaître dans la littérature théologique par une dissertation De persond et officio Christi mediatorio, publ. à Oxford, 4673, in-4».

Philippe Forneret, le pasteur dont nous avons parlé d'abord, commença ses études à Francfort-sur-1'Oder, et les acheva à Lausanne, où il reçut l'imposition des mains. De retour dans le Brandebourg, il fut pourvu (4 700) de l'église de Cœpenick, qui avait été desservie avant lui par Pierre Drouet et par Jacob Brouzet de Nîmes (qu'il ne faut pas confondre avec un autre Brouzet, ministre à Berlin vers 4740). En 4744, cédant sa chaire à La Grange, il partit pour Berlin où il venait d'être appelé en qualité de pasteur de l'église française et en particulier de celle de la Frédérichsstadt. En 4728, il fut revêtu de la charge de conseiller du roi dans le con-

FORNEBET

FORNEROD

sistoire supérieur. Il mourut dans la nuit du 25 au 26 fév. 1736, après une courte maladie.

Beau sobre a tracé ce portrait de son collègue dans un de ses sermons : « Chrétien de cœur, chrétien de conduite, irrépréhensible dans ses mœurs, orné de très beaux talens, qu'un défaut de mémoire Tempechoit de mettre en usage aussi souvent qu'il l'eût voulu, mais compensant ce défaut involontaire par une grande assiduité à former la jeunesse à la connaissance de Dieu et de ses devoirs; vrai prédicateur de l'Evangile, qu'il annonçait dans sa pureté, orateur grave, d'une éloquence mâle, mais touchante, ne disant rien qui ne fût exactement mesuré, charitable envers les pauvres, mais soigneux de cacher ses bonnes œuvres, équitable envers tout le monde, vertueux par amour pour la vertu, il a fini sa course, en laissant à ceux qui le suivent un modèle digne d'être imité. >

Forneret ne fit rien imprimer, à l'exception d'un extrait raisonné d'un ouvrage de Pfaff sur les articles fondamentaux, lequel a été ins. dans le T. Ier de laBiblioth. germanique ; mais il laissa des manuscrits qu'il légua au pasteur de Durant, pour qui il ressentait l'affection la plus vive. On en a tiré un recueil de dix -huit Sermons (Berlin, 1738, in-8<>), dont Formey surveilla l'impression.

Philippe Forneret n'avait point été marié. Sa sœur épousa Isaac de Norville de Dollè et mourut en 1728.

FORNEKOD (David) passa son enfance à Avenches [Haag, V 152J où son père exerça pendant plusieurs années les fonctions du ministère évangélique. Il étudia la théologie à Genève et à Sedan. En 1671 ou 1672, il devint pasteur de l'église française de Berlin et le resta jusqu'à 1080, époque où il revint dans sa patrie et se fixa à Lausanne. Il fut bientôt agrégé à l'académie de cette ville comme professeur honoraire. Sa santé était délicate et sa voix faible ; il ne prêchait pas souvent quoiqu'il fut très estimé comme prédicateur et qu'il reste quelques sermons de lui; mais il parait avoir possédé une aptitude particulière pour l'enseignement. On a de lui :

I. Epitome Hierozoici Sam. Bocharti, imp. à Berlin, 1675, aux frais de l'Electeur.

II. Les lettres sincères d'un gentilhomme françois écrites sur les matières de religion, Strasb. et Cologne, P. Marteau, 1681-82, 3 vol. in-12.

III. L'anathème Maran Atha ou Sermon sur I Cor. XVI, 22, Gen., 1682, in-8o.

IV. Le succès de la tentation des fidèles, ou sermon sur I Corinth., X, 13, prononcé à Genève dans le temple de S. Pierre 1$ dim. 24 septembre 1682; Genève, Chouet, 1683. In-8° de 114 pages, non compris le dédicace aux pasteurs et professeurs de l'Église et Acad. de Genève.

V. Les merveilles du Messie, ou sermon sur ces paroles au prophète Esaïe, chap. 9, v . 7 : « Et on appellera son nom F Admirable. • Prononcé en deux actions; Lausanne, D. Gentil, 1684, in-8° de 94 pages, non compris la dédicace aux pasteurs de Berne.

VI. Lâchât de la vérité, ou méditation sur ces Paroles de la Sapience. Prov.

XXIII, 23, au commencement : « Achète la vérité et ne la vens point. * Pour servir de préservatif contre les révoltes de ce temps. Genève, Chouet, 1687. In-8© de 89 pages, non compris la dédicace aux avoyers, trésoriers, banderets etc., de Berne. « Cette méditation, qui parait au- ■ jourd'hui sous l'Auguste nom de Vos • Excellences, n'est pas un fruit de cette « année. Il y a plus de quinze ans qu'elle « a vu le jour en France, pendant que j'é- « tais dans l'Acad. de Sedan, où elle fut im- « primée, après avoir été prononcée dans « l'Église comme un exercice d'épreuve, « dont le sujet m'avait été prescrit. »

VII. Le procès des mauvais arbres, ou la condamnation des mauvais chrétiens, dans un sermon sur Mathieu III, v. 10, prononcé à Lausanne par David Fornerod; Genève, Chouet, 1688. In 8" de 117 pages, sans compter la dédicace à Monseigneur J.-R. Sinner.

VIII. Catéchèse universelle, ou Extrait et recueil exact et choisi des meilleurs ouvrages imprimés ou manuscrits sur cette matière..., autant que l'on en a pu recouvrer et que l'on a réduit sous la forme et dans l'ordre quiparoit. Lausanne, D. Gentil, 1698, in- 4° de 780 pages, outre la dédicace au Sénat de Berne et Y Avertissement au lecteur.

IX. L'œil ma lin y ou sermon posthume sur ces paroles de notre Seigneur, Math.

FORNEROD — FORNIER

XX, v. 15 : « Ton œil est-il malin de ce que je suis bon ? > Genève, de Tournes et Jacquier, 1698. In-8° de 64 pages, sans compter la dédicace aux banderets, gouverneur et conseillers de la ville d'Avenches, signée de J.-L. Fornerod, proposant, fils de l'auteur.

FORNERY (Rbymond) « taffattatier natiix de Montauban en Carcy, > admis habitant de Genève, décemb. 1554. — Antoine ForneSj ministre réfugié à Londres et assisté, 1702. Anne Fornes, de Pnylaurens, fille d'un avocat, 43 ans, ùJ., 1705. — Guillaume Fornet, de Rouen, reçu habitant de Genève, septemb. 1559.

1. FORNIER (MHe de), marraine à l'église d'Aubenas, 1601 (Tt270).— Former, ministre à Clarensac en 1637. — (Jean), d'AIais, étudiant à Genève (J. Former alestensis in Occitania), mai 1663. Consacré en 1665, pasteur à Sl-Hilaire de La vit, 1665 ; à Colognac, 1666-71 ; au Mont Saint-Théodoris, 1671-1674; à Motiers, 1674-81 ; à Balek en Hollande, 1684-92.—

( ), ministre àColognac, 1671.— ( ),

ministre à Molières, en Cévennes, délégué

au synode d'Anduze, 1678.— ( ), ancien

de l'église de Soyons en Vivarais, délégué au synode de Vallon, 1681. — Paul de Fomier, écuyer, sieur Desplans, de la ville d'Annonay en Vivarais, mort lieutenant au service de Prusse, 1707. Conf. col.

638 note 2, ad finem. — Fornier, ministre à Alais, réfugié lors de la Révocation (Tt 282). — Michel Fornier, « de la ville « d'AIais, jeune homme sorti de France, « arrivé hier soir ; a eu le zèle et la fert meté, dans ce temps de persécution, de « de consoler nos frères affligés dans son « pays, > assisté à Lausanne, 8 juillet

1698. — ( ), ministreà Tarnac, délégué

au synode d'AIais, 1682. — Franciscus Fornier nemausensis, étudiant à Genève en 1716.

2. FORiNIER de Clausoxne. Famille originaire du Vivarais, qui s'établit à Alais dans le cours du XVIm* siècle, et à laquelle se rattachent naturellement les divers Fornier d'AIais épars dans l'article précédent sans que nous puissions désigner leur place dans le tableau suivant où se développe rigoureusement la descendance principale de cette famille, qui après s'être élevée lentement par le commerce et les charges municipales, parvint à la noblesse sur

la fin de la monarchie et a produit dans les derniers temps plusieurs personnages distingués.

I. Le premier de la famille établi à Alais était Jean Fornier marié à Jeanne Baldine.

— II. Pierre, marié à Jeanne Richère, né le 10 janv. 1591, décédé le 1er sept. 1650.

— III. Jean, 27 juin 1623-7 mars 1698, marié à Clerraonde de Rocheblave. — IV. Jacques, 27 juin 1661 -mai 1726, marié à Isabeau Vernède. — V. François, 21 mai 1698-23 fév. 1784, marié à Catherine Gilly, de Montpellier. Il s'éleva par l'industrie de la draperie et un grand commerce à une position considérable soit à Nîmes soit au dehors et reçut de Louis XVI, < en récompense des services qu'il c avait rendus à la Compagnie des Indes « et à l'État, » des lettres de noblesse, en date du 21 juillet 1774, confirmât! ves des armoiries de la famille, savoir : = d'or au lion de gueules, au chef d'azur chargé de 3 étoiles d'argent !. — VI. Barthélémy, 28 déc. 1735-3 nov. 1788, marié à Suzanne André, premier baron de Lédenon. 11 devint acquéreur, 23 août 1779, de cette terre et des seigneuries de Clausonne, Laugnac et la Bastide d'Albe, dont il fut reçu, par la Cour des comptes de Montpellier, à rendre foi et hommage au roi. De son mariage naquirent 4 enfants : 1. Barthélémy-Auguste qui suit; 2. Dominique-Casimir Fornier de Valaurie, 31 août 1763- 15 nov. 1811, général de brigade en 1793, marié à Marie du Cailar, décédé sans enfants; 3. Gaspard-Hilarion Fornier d'Albe 11 avril 1769-21 oct. 1834, maréchal de camp ; 4. Catherine-Françoise née le 20 août 1761, mariée à Henri de Pelet. — VII. Barthél.- Auguste, 2 fév. 1760-8janv. 1826, marié à Pauline Verdier-Allut ; il était allé étudier à Genève et à Paris;

1 Ce blwon, au nom de Fornier, ne se trouve pas dans l'Armoriai officiel de 1696, mais on y tronve : Généralité de Montpellier, bureau de Nismes n° 130 : Hector-François Fornier avocat A Nismes : d'or A un lion de sable rampant contre une ancre de même, accompagné en chef d'un croissant d'asur, et n° 186 : Antoine Fornier, avocat et 1OT consul de Nismes, d'asur coupé par un trait de sable, au 1" A 3 étoiles d'or rangées en fasce, celle do milieu surmontée d'une croisette d'argent et au 2"* a deux pigeons d'argent affrontés. — On trouve aussi au bureau de Tournon en Vivarais : Claude Fornier, capitaine au régim. de Bourbonnoit : d'argent A une fasce de gueule chargée de 3 étoiles d'or.

FORMER

rentré à Nîmes en 1791, il fat successivement procureur de la commune, administrateur du district, membre du Directoire, puis écarté des affaires en 1793 et incarcéré avec d'autres membres de sa famille en 1794, il ne devint libre et hors de danger que grâce au 9 thermidor. Redevenu officier municipal en 1795, il se distingua en supposant aux massacres dans les prisons, hit ensuite élu député au Corps législatif, puis en 1796 juge au tribunal civil, enfin président de chambre à la cour de Nîmes. Sa prospérité non interrompue donnerait à penser que la famille avait, à la Révocation, fait sa complète soumission et abandonné la religion de ses pères. Elle y resta cependant très attachée; et si, comme toutes les autres, elle dut aller à l'église catholique faire inscrire ses nouveau-nés par la main du curé, afin de ne pas rester sans état-civil, puisque tel était l'ordre du roi, elle manifesta souvent ses vrais sentiments à l'article de la mort, comme le prouvent un bon nombre d'actes officiels qu'elle possède encore :

7 mai 1736, « Sur la requête à nous présentée par Franc. Fornier qui nous a dit que dlu Catherine Gilly sou épouse, âgée de 27 ans est décédée, et comme la sépulture ecclésiastique lui est refusée, il requiert qu'il nous plaise lui accorder la permission de la faire inhumer... avons permis., (de Montcalm, juge mage et lieutenant géu. de police à Nîmes). » — 20 juill. 1740, même autorisation pour Michel F. — lOnov. 1755, même autorisation pour Klizabeth Vernède veuve de Jacq .F. — 24 sept . 1773 ; vu le procès-verbal ci-dessus je n'empêche pour le Roy le cadavre du dit sieur Jacq.-Arnail F. négociant, natif de Nismes, âgé de 40 ans, décédé le jour d'hier soir dans les sentimens de la relligion prétendue réformée être inhumé nuitamment dans le chantier de l)apoigni, port au plâtre, sans bruit ni scandale, etc.. (G. -P. Chenu commissaire du Roy). — 23 fév. 1784, sur la requête de M. Barthél. Fornier seigr de Ledenon, contenant que noble Fr. F. son père est décédé... et comme aux termes de la déclaration du Roi du 9 avril 1736... ceux auxquels la sépulture ecclésiastique n'est pas accordée ne peuvent être inhumés qu'en vertu de notre ordonnance, avons permis etc. — 4 nov. 1788 ; Par devant nous curé de la par. de Meynes ont comparu... lesquels nous ont déclaré que Messire Barthél.

de Fornier, chevalier, seig* de Clausonne qui professait ia religion protestante, décédé hier, etc., etc.

Lors du rétablissement des cultes, en 1802, Barthélémy-Auguste de Clausonne, juge au tribunal d'appel , fut un des premiers élus parmi « les fidèles laïques qui, par leurs lumières, leurs vertus et la place qu'ils occupaient, pouvaient concourir efficacement à faire obtenir les justes demandes qu'on avait à faire au gouvernement • (Reg. du Consistoire). Il laissa 3 enfants : 1° L.-B. Gustave qui suit; 2<> Houaci, marié à d"* Donzel dont il n*eut qu'on fils, Paulin, et décédé le 18 avril 1830; 3° Ifrès , mariée au baron de Gineste d'Apelle. — VIII. Louis-Barthél. Gustayi Fornibr de Clausonne, baron de Ledenon, né en 1797, fut nommé en 1819, conseiller auditeur à la cour royale de Nimes, en 1827 conseiller et en 1847 président de chambre. Il prit sa retraite en 1866 et se mêla aux travaux littéraires de l'académie du Gard, dont il devint le secrétaire perpétuel. Mais depuis longtemps il était membre du consistoire de Nîmes et se consacrait principalement aux œuvres protestantes. 11 était président de la Soc. ht blique de Nîmes depuis Tannée 1832. Le développement, la prospérité, l'honneur de l'Église protestante fut la grande préoccupation de toute sa vie, et les désaccords qui se manifestèrent de son temps dans la manière de comprendre l'œuvre de la Réformation l'affligèrent péniblement. Ses aspirations de jeunesse, ses antécédents de magistrat sous les gouvernements sainement libéraux de Louis XVNI et de Louis-Philippe avaient fait de lui un libéral convaincu, en religion comme en politique. Cependant il aimait l'institution des synodes, parce qu'il se les figurait comme des assemblées représentatives et parlementaires, qui ne pouvaient excéder les bornes de la modération. Il usa de tont son pouvoir pour faire adopter ce régime ou plutôt sous le nom de « Conférence des Églises protestantes de France, > une organisation de ces églises qui tout en leur donnant plus de force et de cohésion, leur évitât les dangers de cette autorité excessive et sans contrepoids que peut faire craindre le régime synodal. Dans ce but il visita, au cours des années qui précédèrent

FORNIER — FORTEAU

1848, presque toutes si ce n'est toutes les consistoriato. Il joua un rôle influent dans l'assemblée de 1848 et le synode de 1872, desquels il fut élu vice-président. Mais, dit M. le pasteur Viguié (Encyclop. des Se. relig. III, 201), « son esprit large et tolérant fut vite effrayé des tendances autoritaires et oppressives qui se firent jour dans ces assemblées, lise représentait le synode comme une haute magistrature de famille, armée d'une autorité disciplinaire et morale. Les expériences et les luttes des dernières années lui causèrent une grande douleur. > Après s'être beaucoup occupé des écoles primaires protestantes à la création desquelles le consistoire de Nimes avait contribué, il donna une grande partie de son temps et de ses forces à une École normale libre de jeunes filles créée en 1842 par le même consistoire. Jusqu'à sa mort il y fit des cours de français et de pédagogie qui contribuèrent fort au succès de cette institution.

M. de Clausonne est mort à Nimes le 7 mars 1873 (Bull. XXII 192). On a quelques courts écrits de sa main où se trouve la trace de son esprit profondément religieux : Trois discours prononcés en séance publique de la Société biblique de Nîmes en 1837, 1842 et 1843 ; Foi et tolérance, 1843, in-8° ; Deux nécessités du Protestantisme, 1846; La foi à l'Evangile dans la Nouv. revue de théol. de Strasbourg, 1858. M. de Clausonne est aussi l'éditeur d'un poème en quatre chants intitulé Les géorgiques du Midi (suivi de diverses pièces de poésie), par Mme Verdier- A llut, sa grand'mère; Paris, Lévy, 18G3, in- 12.

Il avait épousé, 1er juin 1824, D»« Florestine Girard (décéd. 12 avril 1834) et a laissé un fils, Emile, et deux filles : Élisr mariée à Henri Gervais de Rouville et Mathildr mariée à Alfred Silhol , unions qui ont laisse des enfants. — IX. Ferdinand- Auguste-ËMiLB F. de C. baron de Lédenon, né le 8 janv. 1827 et marié, 6 mars 1850, à d"* Jacquette- Louise de La Far elle - Rebourguil; il est membre du Consistoire de Nimes et suit l'exemple de ses père et grand-père en se consacrant aux œuvres protestantes et municipales. De son mariage sont nés deux fils : François, né le 29 déc. 1860, marié à sa cousine d"e Elisabeth Silhol, et aujourd'hui conseiller de préfecture du départem. de la Seine ; 2<> Alfred, né le 1er juin 1864.

FORNILLON (Jean de), étudiant à l'académie de Genève, 1584. — Jacques Foron, de Pont en Royans, assisté à Genève, 1706. — De Fors, ministre à Châtellerault, 1590. — Le baron de Fors, voy.

Poussait. — Christophe de Forstner* diplomate et pubiiciste allemand (de 1598 au 29 déc. 1667) qui, pour nous, a le mérite, après avoir été conseiller intime dans la maison de Hohenlohe, d'être passé au service de la maison de Wurtemberg-Montbéliard en 1631 et d'avoir puissamment contribué à rendre Montbéliard terre française et protestante [Haag, V 152] ; — Henri-Frédéric de Forstner, sieur de Dambenoy, ministre d'État du duc Frédéric- Charles et administrateur du duché de Wurtemberg, fut reçu bourgeois de Montbéliard le 18 nov. 1684; cette famille s'est perpétuée à Montbéliard jusqu'à nos jours. — Pierre Fort, d'Orange, sa femme et 4 enf., assistés à Genève d'un viatique pour la Suisse, 1703. — Jean Fortanjeu, de Castres, menuisier, réfugié avec fem. et enf. à Magdebourg, 1698.

FORTEAU, capitaine rochellois [Haag V 154] qui se montra fort cruel à la prise du couvent de Saint-Michel-en-1'Herm, en 1569. Cette abbaye, qui avait été convertie en une forteresse et dont la garnison incommodait La Rochelle par ses fréquentes sorties, avait jusque-là résisté à toutes les attaques des protestants. Ghulaine reçut ordre de s'en emparer à tout prix. On lui donna les quatre compagnies de La Garde, Forteau, Noiroux et Champagne, et La Rochelle lui prêta trois canons. Le couvent n'était défendu que par quelques soldats et un petit nombre de paysans. Cette misérable garnison, que les moines avaient fanatisée en lui promettant le secours de saint Michel, refusa toute espèce de composition et se défendit avec une héroïque bravoure ; inutile résistance qui ne servit qu'à irriter les assiégeants. Le couvent rat emporté d'assaut, et tout ce qui s'y trouva passé au fil de l'épée. Forteau se signala surtout par sa barbarie. On assure que, deux jours après, on le vit encore massacrer de sang-froid des prisonniers. La mort, qui le surprit bientôt, rat regardée par les protestants eux-mêmes comme un juste châtiment du ciel. — Il ne faut pas confondre, à ce qu'il parait, ce féroce capitaine avec un autre Forteau,

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de Soubise, qui se rendit maître de Talmont, en 1562, mais qui ne tarda pas à en être chassé par les catholiques.

FORTIER (Grégoire) c do mestier d'aguilletier natifz de Normandie du diocèse de Sées, » reçu habitant de Genève, mars 1559. — Fortin, ancien d'Uzès, délégué au synode de La Rochelle, juin 1581. Fortin, de Boisjoly, originaire de Paris, établi à Morges (Vaud) en 1592. Josias Fortin sr de Verrières en Normandie et Esther Le Fort sa femme, font baptiser au temple de Charenton, avril 1616, leur fils Antoine (parrain, M. de RoUet conseiller secrétaire du roi, marr. M,Q« de Ruvigny); en juin 1617 leur fils François (parr.

François de la Place vicomte de Machault). Jean Fortin, de Caen, « ci-devant bocher,» assisté (2 1. 16 sh.) avec sa femme et 3 enf. à Londres, 1706. La fille de Robert Fortin, enterrée à Haarlem, 1677. — Fortineau, de Mer, emprisonné, 1G98. — Christophe Forton, ancien de Bordeaux au synode de Gergeau, 1601. — Catherine Fortry (Normandie) vers 1600. Jean del Fortry, c gallus sedanensis, > étudiant à l'université de Leyde, avril 1699; voy.

Delforterie, V col. 219. — Jean Fortune, officier dans l'armée hollandaise, 1697-99; (Pierre), d'Orange, assisté à Genève, 1702. — DU« Thérèse de Forval, mise aux Nouv. cath. d'Alençon, 1720.

FOS, famille illustre [Haag, V 154] qu'on dit descendante des vicomtes de Marseille, mais alors fort déchue lorsque la Réforme fut prôchée dans le haut Languedoc. Deux cousins, issus de deux branches de cette famille, s'en déclarèrent les sectateurs. L'un d'eux, François de Fos, seigneur de Sigoyer, se retira, pour échapper aux persécutions, auprès de l'électeur palatin qui lui donna le titre de chambellan. Il mourut sans postérité. L'autre, Albert de Fos, seigneur d'Orban, s'enfuit en Espagne où il prit du service et se maria. Un De Fos qui, si l'on en croyait le Nobiliaire de Sl-Allais, serait parent des précédents, mais qui ne l'est probablement point, étant simple industriel, laissa deux fils, dont le cadet, David, contrôleur du domaine des comtes de Castres, est auteur d'un Traité du comté de Castres et seigneurs et comtes d'iceluy (Toulouse, 1633, in-4°). L'aiué, Jacques, apothicaire, fut consul de Castres, en 1583, avec Antoine

de Lespinasse, Jean Faurin et Guillaume Artus; puis en 1601, avec Jean Bis$olt Jacques Gâches et Molinier et encore en 1621. A cette dernière date, sa femme»

Marie de Séverac, lui donna un fils, Louis, baptisé à Castres le 29 mai. Nous supposons qu'Abel et Jacques de Fos, tous deux médecins, qui assistèrent en 1627, ainsi que Pierre de Fos, à rassemblée où les habitants de Castres refusèrent de se joindre à Rohan (Saint-Germ.; franc., 15823), étaient aussi ses fils. La généalogie publiée par Saint-Allais, ne mentionne cependant qu'un seul de ses descendants : Daniel, qui quitta Castres pour s'établir à Alby avec sa femme, Judith de Parisson, et son fils, Guillaume, né le 31 juillet 1599. Ce dernier, qui alla se fixer à Montaren, eut de Catherine de Peyre, un fils, nommé Pierre, et une fille, appelée Isabeau. qui épousa Thabaud de Blauzac.

Pierre de Fos, qui mourut le 14 août 1682, ayant perdu sa première femme Antoinette de Lafon, en 1678, se remaria avec Isabeau de Bonnet ie. Du premier lit sortirent Jacques, Etienne, Pierre, Jean, Anne et Marie, tous six morts jeunes et sans postérité ; du second Etienne, Diane et Jenny.

Etienne de Fos, né le 29 avril 1679, établit des fabriques considérables à Montaren, dans le but de venir en aide aux prétendus nouveaux convertis que les dragonnades, les amendes, les persécutions de loute espèce avaient réduits k la plus affreuse misère. Il mourut, le 14 juin 1759, laissant deux fils de son mariage avec Isabeau de Mazel. L'aîné, prénommé Daniel, né le 15 août 1715, resta à la tête des fabriques fondées par son père, et mourut, le 31 mai 1792, ayant eu de sa femme, Marie Bonnaud, de Sauzet, six enfants : Etienne, Henri, Daniel, Marie, Elisabeth et Elisabkth-Marik. Le cadet, Etienne, né en 1722, embrassa la carrière des armes et se convertit à Saumur, 1748, pour épouser une demoiselle catholique de cette ville, où ses descendants occupent encore un rang honorable.

La famille Fos était si nombreuse à Castres, au XVIIme siècle, qu'il serait difficile d'en établir la généalogie complète, lsaac, premier consul en 1630, épousa cette môme année Jeanne de Galibcr, le 29 juin. Un autre lsaac avait épousé Esther Boyer,

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