‹ La France protestante (volume 2)Chapitre 169 sur 252 · FOULLON · texte numérisé non relu

FOULLON

Les satyres de Perse translatées de latin rithme Françoyse — Moyen ou trop ' — à Paris, chez Jacques Gazeau, à l'enseigne de L'envie près Cambray ; 1544 (39 feuillets in- 12). Privilège pour 3 ans accordé à Pierre Gaultier imprimeur à Paris, en date du 1" janv. 1544. — L'ouvrage est dédié par son auteur à : Très honorable et saige Jehan-Jacques de Mesme, lieutenant civil au Chastellet de Paris. Il lui dit:

Je n'ay sceu différer mon premier effort jusque* en l'aage meur et viril, mais d'un vouloir précoce ay converti en nostre langmîge Gallicain et Françoys les satyres de Perse selon ma petite médiocrité et jeune intelligence... Votre humanité singulière, Honorable Seigneur, et le grand plaisir que prenez au bon vouloir des jeunes gens m*ont fortifié le propos et augmenté le courage, faisant péril de ce livret, vous en (aire offre et dédication. Lequel j'espère étire ainsi de vous favorablement receu comme les premiers de cellui qui vous est totallement dédié... Par quoy vous plaise benignement recevoir (attendant mieulx) cette première fleur. En attendant que l'arbre croist je vous offre ceci pour aires...

Cest le langage d'un jeune homme de vingt ans au plus ; et comme la date du privilège montre que cette dédicace fut écrite à la fin de l'année 1543, les biographes ont fait naître Abel Foulon dix ans trop tôt. Qu'ensuite il soit mort à Orléans en 1563, comme ils le disent, « non sans soupçon d'avoir été empoisonné pour la jalousie de ses belles inventions, et âgé seulement d'une quarantaine d'années, cela n'a rien qui puisse étonner, sans y faire intervenir une accusation d'empoisonnement, car la mortalité lut très grande à Orléans en 1562 et 63 par suite du siège et de la peste.

La traduction faite par Foullon (en vers de dix syllabes) n'a d'autre mérite que d'être la première traduction de Perse que Ton connaisse en notre langue ; ses vers sont détestables. Il ne parait pas non plus qu'il ait réussi dans une autre traduction dont il s'occupa ensuite, celle de l'Architecture de Vitruve. Il se plaint amèrement * d'un libraire qui lui en avait fait la com-

mande et pour lequel il avait déjà traduit huit livres sur les dix dont l'ouvrage se compose, qui de complicité avec un de ses propres amis auquel il avait confié son travail, le frustrèrent à la fin de l'honneur et du salaire en faisant paraître le livre sous leurs noms à son insu. Le libraire dont il veut parler est très probablement ce Jacques Gazeau qui avait publié la traduction de Perse et qui en 1547 fit paraître en effet un magnifique volume intitulé : « Architecture ou art de bien bas tir de Marc Vitruve Poil ion auteur romain antique, mis de latin en françoys par Jan Martin secrétaire de Mffr le cardinal de Lenoncourt, pour le roy très chrétien Henri II ; à Paris, chez Jacq. Gazeau en la rue S. Jacques à l'Escu de Cologne, 1547 ; » in-folio, 155 feuill. chiff. plus 23 feuill. d'annotations. Il est probable qu'en présence de ce travail, qui est très beau, sorti des mains d'un homme du métier, le libraire ne se fit pas scrupule de rompre ses engagements avec le jeune homme qui avait traduit Perse.

Mais Foullon laissa la poésie et l'antiquité pour se livrer à la science des mathématiques et à ses applications où son premier maître, dit-il, fut le médecin Jean Maignan. Il s'était d'ailleurs singulièrement élevé, car il était entré dans la maison du roi Henri II, avec le titre alors fort prisé, de valet de chambre de S. M. ; le roi et de grands seigneurs s'intéressaient personnellement à ses travaux ; il était auteur de diverses inventions qui tenaient à la fois de la science et des arts et s'occupait de les mettre en lumière aux yeux du public. Ce qu'il fit par l'ouvrage suivant : Usaige et description de Photomètre pour sçavoir mesurer toutes choses qui sont soubs Vestandue de l'œil ; tant en longueur et largeur qu'en hauteur et profonditè. Inventé par Abel Foullon Vallet de chambre du Roy. Nécessaire à ceux qui veullent promptement et sans aucune subjection d'arithmétiques sçavoir la distance des places, arpenter terres et faire cartes topographiques. Par commandement et privilège du Roy. A Paris, 15o5, chez Pierre Béguin * à l'enseigne du Trophée rue S. Jacques devant les Mathurins. On fait les instru-

1 Devise dt l'auteur.

* Dans les préliminaires de l'Holomâtre.

1 II y en a des exemplaires sans nom de libraire; Brunety a été trompé.

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