FOUR
juges de la controverse soutenue en 1656 entre le ministre Gritard (voy. ce nom) et le jésuite Codure. Il rat député en 1664, avec Fulcrand Finiels, notaire et consul du Vigan, vers le synode provincial réuni à Anduze afin de demander un second pasteur pour le Vigan. Il fut père de 1° Jacques; 2<> Guillaume, marié à Anne d'Arveys et père d'une fille (Marguerite) qui mourut au Vigan le 10 sept. 1744 et ne put être inhumée, étant restée protestante, qu'en vertu d'une autorisation de police; 3* Marguerite, née en 1647 et qui fut une héroïne de la foi.
Le frère aîné de celle-ci, Jacques de Fouquet, se de Boisebarre, fut un martyr dont les souffrances ont été brièvement racontées par Jean Serres, un de ses compagnons (voy. t. V col. 124). Il était né en 1635, docteur es droits, conseiller du Vigan en 1673 et 1675, et représentant de cette ville au synode des Cévennes qui s'y tint le 26 août 1681 (Tt 288). A la révocation de l'édit de Nantes, il refusa de se convertir et fut mis en prison dans la citadelle de Montpellier, puis en mars 1686, transporté dans les cachots d'Aigues-Mor tes. Il y demeura absolument seul, et gravement malade, durant quatre mois. « Il était obligé, dans sa grande faiblesse (dit « Serres) de marcher des mains -et des pieds • pour aller chercher à l'endroit de sa pri- « son où on le mettoit, » le bouillon, sa seule nourriture, qu'on lui apportait toutes les 24 heures. On le mit ensuite dans la tour de Constance, puis au large du port de Marseille sur le vaisseau La flûte royale; enfin on l'embarqua, 8 mars 1687, sur la Notre-Dame-Espérance navire chargé d'aller déporter en Amérique 100 condamnés pour cause de religion mêlés à 100 galériens ordinaires. On mit à la voile le 12 mars, mais sur les cent religionnaires embarqués, il mourut en mer cinq femmes et quatorze hommes. M. Fouquet rat de ce nombre.
Sa sœur, Marguerite, née au Vigan en 1647, lorsque sonna l'heure définitive de la persécution, fit tousses efforts pour sortir du royaume, avec sa nièce Madon, c'est-à-dire Madeleine ci-dessus mentionnée (V col. 123, lig. 10). Elles se rendirent d'abord à Montpellier, mais elles durent quitter cette ville, la femme chez laquelle elles s'étaient cachées les ayant mises de-
hors au milieu de la nuit. Une pauvre servante les recueillit et les cacha chez sa maltresse. Elles en partirent deux jours après pour rentrer chez elles, où elles demeurèrent environ deux mois sans que personne en fut averti. Elle y eut une attaque de paralysie et dut aller prendre les eaux de Balaruc pour se guérir. En passant elle laissa sa nièce à Montpellier. Elles allèrent ensuite à Nîmes pour solliciter en faveur de son frère détenu à Aigues- Mortes. C'est là qu'elles furent arrêtées. La petite Madon fut mise au grand couvent de Nîmes et M(|« de Fouquet conduite an château de Sommières, où elle resta 3 ou 4 mois, et de là au couvent. Au bout de 5 ou 6 semaines, elle tenta de s'évader en sautant par la fenêtre, mais dans sa chute elle se démit le bras ; aussi ne tarda-t-elle pas à être reprise et dès le lendemain elle fut transférée de nouveau au château de Sommières, puis à Marseille, où elle passa, à l'hôpital du Parc, du mois de mai au mois d'août 1687.
De l'une de ses prisons, elle écrivit, pour obtenir d'un pasteur de ses amis des nouvelles de ce frère dont elle n'avait pas encore appris le malheureux sort, une lettre touchante où sont puisés les détails qui précèdent et qui nous a été conservée par Jurieu !. Elle finit cependant par s'échapper, car elle est inscrite en 1702, 1705 et 1710 sur les registres de la bienfaisance publique à Londres en ces termes: t Marguerite de Fouquet, du Vigan, confesseuse, » pour 14 liv. chaque fois, et nous devons supposer que c'est d'elle que parle son neveu Claude d'Assas dans un passage (ci-dessus, V col. 123, lig. 43) où il se loue des secours spirituels qu'il a trouvés auprès de sa tante.
Erman et Reclam citent Jacques de Fouquet, de S^Hippolyte en Languedoc, capitaine au régiment des grands mousquetaires de Brandebourg, mort à Prentzlow en 1740, à l'âge de 94 ans.
FOUR (Claude), le maître Adam du Refuge de Berlin [Haag, V 165J, était de Nîmes et il est inscrit (par Dieterici) comme cordonnier de Nimes et réfugié à Berlin, avec sa femme et 2 enf., en 1698. Il devint cordonnier de rélectrice, épouse de
1 Troisième lettre pastoral© ; et par M. Leliè- ?re, Un déporté pour la foi, p. 176-188.