‹ La France protestante (volume 2)Chapitre 183 sur 252 · FOURGON · texte numérisé non relu

FOURGON

Frédéric-Guillaume, et il ne lui portait jamais une paire de chaussures sans y joindre quelques vers de sa façon. Erman et Rèclam (V, 73) nous apprennent que plusieurs de ses pièces de vers ont été imprimées, et que, dans le nombre, il y en a qui ne sont pas sans mérite. Un autre cordonnier de Nîmes, Jean Four, vint le rejoindre avec une famille de 5 personnes en 1700. — Rémond Four, d'Uzès, assisté à Genève, de 5 écus pour s'acheter un habit, 1707.

FOURAY ou Fourk (db), famille de petite noblesse de la Normandie ; ils étaient seigneurs de divers lieux, particulièrement des Pilliers près Fiers, mais exerçaient ordinairement les charges de notaire royal, de sergent royal, de commis aux aides, etc. On trouve dans les registres de l'église de Quevilly, à la date du 26 janv. 1639, le décès d'Abraham Fourré écuyer, sr des Pilliers, avocat au parlem. de Normandie. H avait épousé Louise de Loues d'une famille de Loudun. Son fils, Charles, épousa, 1654, Anne fille de feu Nicolas de Roesse, chevalier, seig' de Benzevillette, Bolleville, etc. En 1688 Isaac de Fouray, écuyer, fut mis aux galères pour n'avoir pas voulu abjurer et il y mourut *. Antoine de Fourré fut incarcéré dans les prisons de Vire. L'Intendant de Caen signalait les due» de Fouré comme des huguenottes c très dangereuses » (Lbsbns).

Papitrs de famille. — État oiril des proteetanif de Rouen. — La Ferriére-Percy, Hist da canton d'Àthies.

FOURDRAIN (Jbssé) ancien de l'église de Lemé, 1669 (Bull. VIII 555).

FOURDR1N1ER (Israël) ouvrier en soie à Paris et sa femme, Léa Hauvart, font enterrer au cimetière Sl-Marcel leur fille Léa, 8 avril 1644. On trouve le môme Fourdrinier se remariant au temple de Charenton, en déc. 1645, avec Elisabeth Raimbault; — (Madelaine), de Picardie, infirme, 15 ans, assistée à Londres, 1705; — (Henri), né à Londres, le H fév. 1766, tenait vraisemblablement aux précédents par des liens de famille. Son père, réfugié français habitant l'Angleterre, y avait créé une fabrique de papier [Haag, V 165]. Le

1 II manque dans notre liste générale ci -dessin, a moins qu'on ne l'ait inscrit, cas fréquent, en défigurant ton nom.

fils continua l'industrie paternelle et il construisit en 1800 une machine à fabriquer le papier sans fin. La première idée de cette machine ingénieuse appartient, il est vrai à la France ; mais Fourdrinier y apporta tout d'abord de grandes améliorations, et pendant sept ans entiers, avec le concours de son frère Sealy et de Jean Gamble, il travailla sans relâche à donner à sa machine, au prix d'énormes sacrifices, cette perfection qui l'a placée si fort audessus de toutes celles qui étaient en usage auparavant, qu'elle peut passer pour une invention nouvelle. Cette découverte, qu'il serait impossible de décrire sans dessins, en fournissant à la presse les moyens de répandre dans le monde cette masse de journaux, de brochures, de livres de toute sorte, qui pénètrent aujourd'hui jusque dans les pays les plus reculés, a puissamment contribué déjà à la diffusion des lumières et à l'envahissement irrésistible et simultané du bien et du mal par la voie de la presse. Mais la gloire qui appartient surtout à Henri Foudrinier, c'est que sa rare modestie s'est contentée de l'estime générale pour récompense de ses travaux, dont les résultats moraux et matériels sont incalculables. Il est mort au mois d'octobre

FOURGEAU, famille poitevine. Un de ses membres fut ministre à Villemur, 1602-1605, à Hochechouart, 1603-1620.

FOURGERON (Jaquette), de Sancerre, 76 ans, aveugle, assistée à Londres (41.1 1), 1706; — (Jean), d'Orléans, cordonnier, ave Judith sa femme et 3 enf., id. (3 1.), 1706. — Vincent Fourjon, « de La Rochelle en Aulnys, sargier, > reçu habitant de Genève, décemb. 1554. — Jean Fourgon [Haag, V 165] protestant de Rouen, traversait une rue lorsqu'il rencontra le Sacrement porté par un prêtre de Saint- Maclou, des plus ardents et des plus emportés que l'on pût voir. Conformément à la déclaration de 1666, renouvelée en 1669, il se découvrit prompte ment ; mais il refusa d'obtempérer aux injonctions du peuple qui voulut le forcer à se mettre à genoux. Irrité de cette résistance, le prêtre le saisit au collet et le traîna sur-lechamp au Palais, escorté de toute la populace du quartier qui lui prétait main-forte. Si le parlement avait fait son devoir et obéi à la loi, il eut renvoyé Fourgon avec

FOURGON — FOUBNET

des excuses et admonesté sévèrement le curé ; mais, dit Fauteur très catholique de l'Histoire du parlement de Normandie, M. Am. Floquet (7 vol. in-4°, 4843), le parlement tenait moins de compte des édite du roi que de ses propres arrêts. Or, en enregistrant l'édit de 1666, les magistrats, à l'instigation de l'archevêque Harlay de Cbanvallon, y avait ajouté, de son autorité, une clause portant que les P. R., rencontrant le Sacrement, seraient tenus de se mettre en môme état de respect que les catholiques, c'est-à-dire à genoux, et bien que la déclaration de 1669, en ordonnant seulement que les hommes (Itéraient leurs chapeaux, eût assez clairement montré qu'on ne devait rien exiger de plus, le parlement persista dans sa jurisprudence. Fourgon fut donc condamné, 26 juin 1676, • pour l'irrévérence par luy commise » à 20 liv. d'amende et aux dépens.

FOURGES, ancien de l'église de Mauzac, 1675; (Jean), de la juridiction de Montauban, laboureur, allant en Brandebourg, assisté à Lausanne, janv. 1689. — Marie Fourmaud, de Congeniès, enfermée au couvent de Sommières par ordre de l'évêque, Fléchier, mars 1700 (Bull. XII 21). Matthieu Fourment, sergent royal au Mans, massacré au milieu des halles de la ville par une troupe de meurtriers publics, nov. 1563 (Crespin). — Pierre Fournaise, charretier, et Daniel, charpentier, réfugiés avec leurs familles (12 pers.) à Manhein, 1700. — Fourneau, famille de Loudun :

Clément, Élie, Bonaventure, de 1566 à 1570. Olivier, fugitif de La Rochelle, 1699.

— Fourneaux y ministre déposé en 1737 (Aymon, II 560). — Daniel Fourneaux sieur de Bel eau, fugitif de Trun, élection d'Alençon, 1685. — Joseph Fournel, de Barcelone, prosélyte, assisté à Londres (6 1.) avec femme et enfant, 1706 ; — Rapha'él de Fournel & de Grateloup, 1600.

— Pierre Fournelet, de Louât en Normandie, ministre à Lyon 1546-51, à Neuchâtel 1551 61, à Digne 1561, a Châlons 1561-64. — Foumelle (alias Fournelet), ministre à Sedan, 1603. — Daniel Fourneron, dauphinois, étudiant à l'acad. de Genève (D.-F. Philippi Fourneroni filius, taurinalpinus rupilatensis), 1659. — Antoine Fournes, de Glermont en Auvergne, reçu habitant de Genève, 2 octob. 157:2.

FOURNES (Jean), l'un des promoteurs

de la Réforme à Castres, où il fat consul avec de Lespinasse, Galiber et Donnadieu, en 1568, et encore en 1598. Lorsque les protestants de cette ville lurent rentrés chez eux, 1576, Jean Foornes, adjoint à Pierre Gâches, s'occupa de réorganiser les services publics, de faire bâtir un temple et d'établir un collège. On croit qu'il eut deux fils : Jacques et Mathurin, consuls à leur tour; celui-ci en 1577 et 1589, celui-là en 1571. Jacques suivit le métier des armes. Vaillant capitaine, il se distingua particulièrement au combat de la Cieutat, où l'un de ses fils, Pierre, et son serviteur, Mathieu, furent tués. Il donna là, dit Gâches, un si horrible coup d'épée au cadet de Corneillan-Pépelou, qu'il lui fendit l'épine du dos depuis le col jusqu'au fondement. Jacques avait épousé Jeanne de Rotolp, fille de Jean, sg'de Lescout.Au XVIIme siècle, on retrouve cette famille à Puylaurens où Pierre, docteur et avocat, s'était marié avec Anne fille du pasteur Antoine de Fanjeaux. De cette union naquirent un autre Pierre, et Paul, tous deux avocats. Paul épousa Jeanne de Barrau, fille de Jacques et d'Anne Rey, en 1645, dont il eut : 1° Pierre; 2° Jacques; 3° David ; 4° Isaac ; 5<> Anne ; 6<> Françoise, ces deux dernières sortirent de France à la Révocation ; 7° Jean ; 8° Jeanne. — Jacques étudia la théologie à l'académie de sa ville natale, 1669, et était régent de cinquième au moment où elle fut supprimée. (I devint consul de Puylaurens en 1701. L'un de ses frères se réfugia à La Haye où il se trouvait avec quelques-uns de ses compatriotes en 1698 : savoir Bruniquel de Térondet et son fils atné ; Mme de Roque vidai, Sarrette de Barrau ; le pasteur Campdoumerc et sa femme ; Mme de Bedos-Fonbas, et de Lacger du Roc. — Pierre, bourgeois de Puylaurens, fils de David et de Suzanne de Brus, épouse Marguerite Alary, fille de Jean-Pierre et de Suzanne Souiègre, mariage béni au désert, par Pierre Cor tes , daus la nuit du 8 au 9 mai 1753; union d'où naquit, au moins un fils, Pierre-David, à Lesses, près Puylaurens, le 27 avril 1754. La famille existe encore à Puylaurens ; mais elle est passée au catholicisme depuis le commencement de ce siècle (Pradkl).

FOU RNET(Jeànne), servante chez Pierre Girardin, d'Ervy-le- Château, enquesteur

FODRNET — FOURNIER

an bailliage de Troyes. Girardin ayant été dénoncé en 1556, comme luthérien, une Tinte domiciliaire fut faite chez lai, mais il eut le temps d'échapper avec sa femme ; on n'arrêta que sa domestique qui, malgré promesses et menaces, refusa de rien dire contre lui. On l'appliqua donc à la question, et le juge chargé d'y présider la lui fit donner de la manière la plus cruelle, c Hélas, crioit ceste pauvre fille estendue sur la question, mon Dieu assiste moy, conduis moy par la vertu de ton sainct esprit. Tu as dict « Invoque moy quand oppressé seras et je te ayderay. > Me voici, Seigneur, je te réclame et appelle à mon ayde. Mon Dieu, secoure-moy. » Féloux, c'est le nom du juge, lui criait : Prie la vierge Marie, c Hélas ! respond la pauvre fille, elle est bienheureuse, car elle est en paradis. » Sur cela Féloux s'adressant à ceux qui la tiroient leur dict : Elle en est, elle en est, tire, tire ! » On tira si bien et si fort « qu'elle ne pou voit porter ses mains jnsques à sa bouche et elle étoit tellement rompue qu'il n'y avoit aucune espérance qu'elle se peust jamais aider de ses membres. Aussi à la fin, demeura-t-elle à tousjours comme percluse de l'un des bras sans aucune récompense de son maistre. > Quoiqu'on n'eût rien obtenu d'elle, elle fut condamnée à assister au supplice de Girardin, que l'on brûla en effigie. A peine futelle en état de soutenir la route qu'elle partit avec son vieux père pour Genève, où elle passa le reste de ses jours. Quant à Girardin, il en appela au parlement, qui cassa la sentence et renvoya l'accusé devant le bailli de Vitry en Perthois. Il fut absous et retourna à Troyes exercer son éUt. (Nù:. PUhou.) — M. de Fournet, du Languedoc, nouveau catholique suspect ; son fils loi est enlevé et mis au couvent des jésuites à Paris, 1702 (Ë 3553).

4. FOURNIER (Balthasar), de Nîmes [Haag, V 166], a laissé en msc. un Journal dont Ménard a publié des extraits dans les Preuves de son Hist. de Nîmes. Ce Journal, qui commence au 21 déc. 1561, est fort court et peu détaillé. L'auteur avait rendu à Nîmes, notamment pendant la peste de 1579, des services qui lui avaient mérité des lettres de bourgeoisie, avec exemption des charges extraordinaires, et à trois reprises, les honneurs du consulat.

Page 1