‹ La France protestante (volume 2)Chapitre 184 sur 252 · FOURNIER (Jean), ancien docteur · texte numérisé non relu

FOURNIER (Jean), ancien docteur

de Sorbonue [Haag, V 166] converti au protestantisme. Au rapport de Bèze, Fournier était un homme docte et de vie exemplaire. Vers 1550, il avait prêché la Réforme à Toulouse et avait été jeté en prison pour ce fait ; mais il était parvenu à s'échapper. En 1562, l'église de Paris l'envoya à Loisy en Brie pour y remplir les fonctions pastorales en l'absence de Jérémie Vallée. Fournier y déploya tant d'activité et de zèle que le nombre des protestants s'accrut rapidement. Le seigneur du lieu, irrité de ses succès, le força à se retirer chez le capitaine La TourneUt. Néanmoins l'exercice du culte réformé continua à La Gravelle, à une lieue de Loisy et bientôt, le duc de Nevert donna des ordres pour qu'il fut rétabli à Loisy même. Fort peu de temps cependant s'écoula, avant que Fournier fût obligé de fuir de nouveau. Il trouva un asile au château de Brugny et se joignit à une petite troupe de gentilshommes qui allaient rejoindre le prince Porcien k Montcornet ; mais ils ne l'y rencontrèrent plus et sa dispersèrent chacun de son côté, abandonnant le pauvre ministre qu'une blessure au pied mettait dans l'impossibilité de les suivre. Un gentilhomme, que Bèze appelle le sieur de Mare, l'accueillit dans sa maison, où il ne tarda pas à être arrêté par les catholiques. Dépouillé de tout ce qu'il portait sur lui, il fut jeté sur une charrette et conduit dans les prisons de Sainte- Menehould, an milieu des injures de la populace. Bientôt arrivèrent les convertisseurs officiels et officieux, dont aucun ne se montra plus ardent qu'un avocat, nommé Pierre Petit, c homme de vif entendement, bien parlant el de grande lecture, ayant autrefois fait profession de la religion. » La résistance courageuse de Fournier allait être couronnée par le martyre, lorsque l'approche d'Andelot, à la tête des reîtres, effrayant ses persécuteurs, on le fit partir précipitamment pour Châlons où heureusement les deux sœurs du duc de Nevers se trouvaient alors. Elles se chargèrent de présenter une requête du captif à leur frère qui ordonna de le garder jusqu'à son retour; mais le duc ayant été tué à Dreux, et le gouvernement de la Champagne ayant été donné an doc de Guise, le procès suspendu fut repris, 10 ftv. 1563, et le prisonnier livré an prévôt des mare-

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