FOURNIER
chaux. Conduit dans la salle de la question, le malheureux Fournier fut torturé si cruellement qu'il fut longtemps sans pouvoir faire usage de ses membres disloqués. Sur ces entrefaites, fut publié l'édit de pacification qui devait le rendre à la liberté ; mais le gouverneur de la ville refusa de lui ouvrir les portes de sa prison. Ce fut le 30 avril seulement que les menaces du prince Porcien, passant dans les environs de Châlons avec les reitres qu'il reconduisait en Allemagne, obtinrent l'élargissement du pauvre ministre, qu'il fit venir en sa présence et accueillit comme un Confesseur. Les habitants réformés de Vitry l'ayant supplié de venir baptiser quelques enfants et prêcher chez eux, Fournier se rendit à leurs vœux, puis il retourna à Loisy, mais tellement affaibli par les mauvais traitements qu'il mourut bientôt après, dans un âge avancé. Deux fidèles de son église, l'ancien Bernard Colle et Guillaume, arrêtés en même temps que lui, furent pendus. Ils étaient l'un et l'autre de Betancourt. Un troisième, de Loisy même, Georges Simars, fut plus heureux ; il recouvra sa liberté après six mois d'une dure prison. — (Guillaume), « libraire, natifs de Troye en Champagne, » reçu habitant de Genève, 3 mai 1557. — (Jehan), natif de la ville de Ginhac en Languedoc, id. octob., 1557. — (Jehan), « velloutier, natif de Vienne en Dauphiné. » mai 1559. — (Jean), de Montauban [Haag, V 167] auteur d'une Histoire des Troubles de Toulouse, qui n'a jamais vu le jour.
3. FOURNIER, capitaine huguenot [Haag, V 167J. Fournier portait déjà les armes pour la cause protestante en 1569. Secondé par le capitaine Bedos, il dégagea Claude de Narbonne, baron de Fa u gères, en forçant les catholiques à lever le siège de son château. Après la Saint-Barthélémy, il assista à l'assemblée de Pierreségade ; mais il ne fut chargé d'aucun commandement important. En 1573, il fut un des capitaines qui défirent le corps de troupes envoyé au secours d'^leth. Il passa ensuite sous les ordres de Paulin qu'il suivit à Montpellier avec sa compagnie, en 1575 et 1577. Le 13 janv. de cette dernière année, il s'était rendu maître de Pennautier, en s'y introduisant, raconte Bouges, par un aqueduc ; mais il n'avait pas gardé long-
temps sa conquête. Après la paix de 1578, Dam ville n'ayant pas voulu permettre aux soldats de ChâtiUon de rentrer dans leurs foyers, malgré les presci plions de l'édit de pacification, les uns, de ces exilés, se rangèrent sous les ordres du capitaine Bacon, qui commandait dans Thesan, les autres sous ceux de Fournier (et non Fourni, comme écrit d'Aubigné), qui était gouverneur de Brugairolles ; et cantonnés dans ces deux bicoques, ils continuèrent la guerre, levant des contributions, faisant des prisonniers, harcelant les troupes catholiques, les battant souvent et tenant comme bloqués Beziers et Pézenas, sans que les catholiques osassent les attaquer, tant, dit d'Aubigné, on redoutait leur courage déterminé et parce qu'on soupçonnait qu'ils étaient soutenus par ChâtiUon. En 1587, Fournier fut remplacé par Du Villa (Voy. V, col. 680), comme gouverneur de Brugairolles, et depuis cette époque, il n'en est plus fait mention. Peut-être est-ce lui qui commanda à Arques une compagnie de chevau-légers et fut tué dès la première charge. — Plus tard, les historiens mentionnent deux autres capitaines Fournier, l'un de Dieppe, tué en 1597, l'autre d'Aubenas, blessé et fait prisonnier, en 1628, à l'entreprise de Rohan sur Montpellier. — Jean Fournie, capitaine huguenot dans l'Armagnac ; il avait épousé Jeanne de Soussens qui lui donna Judith, baptisée à Mauvezin, 5 nov. 1595 ; Marthe, bapt. nov. 1597 ; Jean, présenté au baptême, 31 janv. 1603, par Jean Lamigue capitaine et sa femme Elisabeth de S. Faust. — André de Fournier, officier dans l'armée hollandaise, 1685-1711 ; (Noé), id., 1713-44.
Voy. Ch. Pradel, Mémoire* de Oaehêê.
4. FOURNIER (Jkannr), une des converties de l'intendant Ma ril lac en Poitou [Haag, V 167], se hâta, dès que la terreur des dragonnades fut passée, de revenir à la religion dans laquelle elle était née. Elle fut donc mise en jugement comme relapse, et condamnée, en 1682, par le juge de Sl- Maixent à l'amende honorable, au bannissement perpétuel et à la confiscation de ses biens. Cette sentence fut confirmée par le parlement de Paris, le 3 juin, en même temps qu'une autre sentence du juge de Lusignan. portant condamnation à la mê-
FODRNIER
FRADET
me peine contre cinq autres relaps : Jean Vilardon, Gabriel Sapin, Samuel Barré, Jean et Jacques Brune teau.
5. FOURNIER, ministre à St-Ambroix, vers 1567 (Bull. IX, 294). - (Jean), ministre à SLMamert, 1567 ; à Si-Laurent de Trêves, 1568 ; à Montpezac, 1570-72 ; à Chamborigaud, 1575. — (Isaac), pasteur à Ayrargues, 1623; à Clarensac, 1626-61.
— (Daniel), de Loudun (D. Fournerius juliodunensis) étudiant à Genève, 1638.
— (François), du Poitou, étudiant à Montauban, fut un des argumentateurs de la thèse d'André Martel, en 1658, de lege et evangeliis. — (Antoine), de Puylaurens, étudiant en 1682, au refuge an 1698. — Plusieurs Fournier de Valence, 1689; d'Annonay, 1693 ; de Die. 1699 ; de Mauvoizin en Gascogne et de La Salle en Cévennes, 1707 ; assistés à Lausanne et à Genève. — (Jean), enfermé à l'hôpital à Paris, 1703. — (Guillaume), de St-Maixent, assisté à Londres, 1705. — De Fournier de Pradines et de Fournier de Neufvillelès-St-Quentin, gentilshommes. — M. Paul de Fournière, seigneur des Places, d'Annonay, assisté à Genève d'un viatique de 3 louis d'or, 1693.
FOURNOL (Jean), réfugié en Prusse devenu, 1702, bourgmestre d'un quartier de Berlin, la Dorotheestadt [Haag, V 168] qui lui est redevable de divers embellissements. Comme dédommagement des dépenses qu'il avait faites, le roi de Prusse accorda des pensions à ses deux filles, mariées l'une au capitaine de Boutaric, Tauire au fabricant Nadal. —Honoré Fourque, de Quinson en Provence, noyé, 1562 ;
— (Jean), de Montpellier, assisté à Genève d'un viatique pour retourner en Allemagne, 1708. — Pierre de Moynier #r de Four que tf 1608. La marquise Isabeau de Fourques, persécutée en 1685, voy. cidessus t. I, col. 308-311. — Pierre Fourquié, de Ganges, assisté, avec femme et enf., à Genève, 1703. — David Fourquin, du Vigan en Cévennes, manufacturier de laine réfugié avec sa femme à Berlin, 1698. — Pierre Fourre, * compagnon natif de Nemoux, » reçu habitant de Genève, septemb. 1559. — Odin Fourreau, « veloutier, natifz de Choue au duché de Vendosme, » id., janv. 1555. — Aimé Fomrtau de Toucher onde, de Chatellerault, 49 ans, réfugié en Irlande avec sa
femme et o enf. et assisté par le Comité de Londres, 1702 ; en 1705 il reçoit 17 1. 13 sh. 6 d. ; plus 15 1. en 1706 et 20 en 1710. — Philibert Fourrier, du Charolois, charpentier, admis à l'habitation à Genève, 3 octob. 1572. Mm« Fourrier, emprisonnée au château d'Angers, 1687.
— Jean Foursinel, du Dauphiné, reçoit à Genève un viatique de 4 écus pour gagner le Meklembourg, 1694. — Jean Four tu, d'Anduze, mort à l'hôpital de Lausanne, 22 ans, 1712. — Jean Fouuollee, de S<- Arnoult en Normandie, tisserand, 39 ans, assisté à Londres (2 1. 3 sh.) avec sa femme et 5 enfants, 1702 ; le sont encore en 1710 (14 sh.) mais n'ont plus que 2 enfants. — Jacques Foussart, de Nîmes, passementier, réfugié à Berlin, 1698. — Charles fils de Jehan Foussier, d'Angers, reçu habitant de Genève, avril 1559. — Pierre FouziUac, du Languedoc, bouton nier, et Jacques Fozilhac, des Vans en Languedoc, chapelier, réfugiés à Berlin, 1699. — Pierre de Foviol, sieur de Vebron, membre de l'assemb. de Lunel, 1613. — De Foy, conseiller au présidial de La Rochelle, cité dans les actes de l'assemblée de 1620. Pierre Foy, de Caen, assisté à Genève d'un viatique pour l'Allemagne, 1709. — Girard Foyart, « de Haumont en la Franche comté, » serrurier, reçu habitant de Genève, 23 septemb. 1572. — Foys. ministre à Manguio, 1572. — Pierre Foitsac, libraire à Montauban ; épouse, 2 septemb. 1571, Cécile Candolle (Mich. Nicolas). — Donation par Antoine de Foyssac, seigneur de Fier et de Mi repoix, en l'année 1633, aux anciens de l'église reformée de la ville de Tournon, d'une somme de 150 liv. pour en employer le revenu à l'entretien d'un ministre ; reg. B. 55 des insin., arch. de Lot-et-Garonne.
FRACHAS (Pierbb), de Lourmarin, porteur de chaise, et plusieurs autres Frachas, Frachasse ou Fracasse, laboureurs, tous réfugiés à Berlin, 1700. — Antoine Frachet, de Die, assisté à Genève, 1707.
— Jean Frachot, de St-Léonard en Nivernais, cordonnier, admis à l'habitation genevoise, 19 nov. 1572. — Abraham Fradel, de Salle-Bertrand en Dauphiné, assisté à Genève et à Lausanne d'un viatique pour le pays des Grisons, 1698. — Jacques Fradet, étudiant à l'acad. de Genève (Jacobus Fradetus pictavensis), 1563.
FRADIN — FRAMONET
FRADIN (Pierrk) fils d'un drapier de la Chastaigneraye en Poitou, tué de trois coups d'épée, 1595; — (Etienne), ancien de l'église de Latillé près Poitiers, 1619 (Filleau, Décis. cath., 194); — (Daniel), de Moncontour en Poitou, assisté à Genève, 1693 ; — (Claude), chirurgien à Mirebeau en Poitou, tenta en 1693 de sortir de France pour aller en Hollande chercher la liberté religieuse. Il se mit en route accompagné de sa fille Henriette, de Marguerite Huet, veuve d'un armurier de Pithiviers et du fils de celle-ci, Louis Le Roi ; arrivés à Sedan ils furent arrêtés et condamnés, 27 fév., Fradin à la prison perpétuelle et les trois autres aux travaux forcés (M 666). Henriette Fradin, était réfugiée à Londres en 1702 et réduite à l'assistance publique. — Une due Fradin enfermée dans les prisons de Thouars en 1715 (E 3401). — Un autre, marié sans confession, à Rochefort, par un aumônier des vaisseaux, mis en prison à Parthenay et sa femme, Louise Fradin, enfermée à l'hôpital de Niort sur la demande de l'évéque de Poitiers, 1730; ils abjurent (E 3567). — Marie, veuve de Jean Fradin, de Mornac en Saintonge, assistée (3 1. 14 sh.) à Londres, avec 3 enf., 1705.
FRAGIER, ministre de Puycasquier, 1651. — Jean Fraigneau, marchand, réfugié à Londres en 1690, père de William Fraigneau, professeur royal de grec à l'Université de Cambridge de 1744 à 1750, puis précepteur dans la maison de Bolingbroke et, sur la présentation du 2m« lord de ce nom, nommé vicaire de Baltersea en 1758 et recteur de Beckenham en 1765, bénéfices qu'il garda jusqu'à sa mort arrivée le 12septemb. 1778 (H. Wagner ; voy. Agnew, 3m« éd.). — Catherine Frainquière, fille de Jacques, et d'Anne Bonne font, t du lieu des Plans, dioc. d'Uzès, » morte à l'hôpital des réfugiés, à Lausanne, 3 fév. 1693. — Libert de Fraisne, né au pays de Liège, écolier, reçu habitant de Genève, 3 nov. 1572. — Guill. Fraisse, « cordonnier, natif d'Uxoire en Auvergne, » id., mai 1559 ; — (Jean), de Milhaud, assisté à Genève d'un viatique pour l'Irlande, 1699. Mm* Fraisse, dam' le de Privas et Claudine sa fille, assistées à Lausanne, 1711. — Jean Fraissinet, « aiguilletier, natif de S*-Jean de Gardonenque, » reçu habitant de Genève, octob. 1559 ; — (Antoine),
consul de Castres, 1594-1600; — (Abraham), maître chirurgien à Castres, converti en 1685; il avait épousé Anne Agret qui lui donna 1° Maris. 16 janv. 1646 ; 2° André, présenté au baptême par André Crouzet secrétaire d'un conseiller en la chambre de l'édit (M. de Jullien) et par Marguerite de Babioul femme d'Antoine Fraissinet ; 3° Marie, 10 janv. 1653; 4° Abraham, présenté par Abraham Soult et par Catherine Maurel femme d'Isaac Agret avocat à la chambre de l'édit. — David Fraissinet, ministre dans les Cévennes (de Bavards 1669-72; de Cardet 1673-85) et d"« Molery, son épouse, réfugiés et assistés à Lausanne, 1692; on a de lui : Le gain du fidèle ou sermon sur ces paroles... Ram. VIII 27, prononcé à Genève dans l'église de Sl-Pierre, le dimanche 11 octob. 1691, Genève, J.-P. Muller, 1693. in-12 de 49 pag. On trouve mentionnés (dans Ermau) on Fraissinet juge à Brandebourg et an de Fraissinet nommé dans les actes de l'église de Slendal ; — (Jacques), de Nîmes, teinturier, assisté à Lausanne allant en Hollande, 1698 ; — (Pierre et François), de Montagnac (voy. BuU. IV, 3), réfugiés en Brandebourg, 1697 et 1700; — (Marc), réfugié du Languedoc, banquier à Amsterdam en 1730; — (François), marchand à Anduze ; épisode de son fils qu'on loi enlève pour le mettre aux Jésuites, 1740 (Bull. V, 64). — De Fraissy, ancien de l'église de Pamiers, à l'assemblée de Saverdun, mars 1598. — Robert Fraizin, natif de Nismes, reçu habitant de Genève, octob. 1556. — Claude Frajon (ou Fralion) • de Pont-Sl*-Maixance, » 71 ans, et sa femme Elizaheth, 68, assistés (3 1. 4.6) à Londres, 1706. — • Le sieur de La Bretesche nommé Framberge, 75 ans, »
arquebuse à Orléans, 1572 (Crespin). Gabriel Framberge, échevin d'Orléans, reçu habitant de Genève le 7 mai 1572. — Isabelle et Louise, âgées de 13 et 11 ans, filles du feu sr de Framerge, mises d'autorité au couvent de la Propagation de la foi à Poitiers, par arrêt du Conseil du roi, parce qu'elles déclaraient, malgré leur mère, vouloir être catholiques, 1637 (Filleau, Décis. cath., p. 23W). — Jacques Framonet mis de force dans un couvent d'Alençon, 1716. — « Défense faite au sr Fran et à tous autres régens de la R. P. R. de s'immiscer à enseigner dans la ville