FRAN
FRANC
de Nérac ; Et enjoint aux Consuls du dit Nérac de faire fermer au dit Fran sa prétendue école, à peine d'en répondre en leurs propres et privez noms; et inhibitions à tous les habitans de la R. P. R. d'envoyer leurs enfans à la prétendue école du dit Fran à peine de 50 liv. d'amende applicable à l'œuvre de l'église paroissiale de la d. ville, sans espérance de rabais. Fait à Bordeaux en parlement le 24 janv. 1648. >
4. FRANC (Bertrand), capitaine huguenot [Haag, V 168]. Il était originaire de Teillet en Albigeois. C'est à Castres qu'il arrive pour la première fois sur la scène de nos troubles religieux. En 1562, il fut choisi pour commander une des trois compagnies d'infanterie mises sur pied par les habitants de cette ville, conformément aux ordres de Condé. En 1567, il servit avec le grade de capitaine sous les ordres de Quiltot de Ferriiree, et depuis 1568, sous ceux du vicomte de Paulin qu'il suivit dans toutes ses expéditions, notamment à la prise de Gaillac et du château de Lombez, ainsi qu'à l'assemblée de Pierreségade. Il se joignit ensuite aux frères Bouffard et contribua à la reprise de Castres. Le 18 déc. 1574, il emporta d'assaut Briatexte. L'année suivante, l'assemblée de Castres le nomma membre du Conseil qu'elle plaça auprès de Paulin. En 1577, Franc marcha avec le vicomte au secours de Châtillon. En 1580 il passa sous les ordres de Turenne qui lui confia la défense de Saint - Paul ; mais les Ligueurs l'en chassèrent bientôt, et ce ne fut pas sans peine qu'il parvint à leur échapper. Quelques jours après, il livra, avec le capitaine Moulairet, un sanglant combat aux catholiques sous les murs du fort de La Balbarège, et les mit en déroute malgré leur supériorité numérique. En 1586, il servit sous Tanus au secours de Montesquieu et de Brugairolles. L'année suivante, il fut fait prisonnier près de Cuq, en revenant d'escorter Montgommery, qui se rendait dans le Bas- Languedoc (voy. Mém. de Gâches, p. 351) ; mais il recouvra bientôt la liberté, puisque, en 1588, il fut chargé, avec Sabaut et Portai, de conduire les troupes de Castres au secours du Rouergue. C'est la dernière fois qu'il soit parlé de lui comme jouant un rôle actif. Il était mort, lorsque
sa fille, Guillaumette, épousa le 29 janv. 1614 David Stuard, maistre brodeur, fils de Robert Stuard d'Edimbourg et « à présent habitant de Castres. » Un autre capitaine Franc, de l'Albigeois, prénommé Antoine, porta les armes à la même époque. Il est difficile de les distinguer l'un de l'autre. (Pradbl.)
2. FRANC (Pierre) « de Pers en Provence, ministre de l'église de Marseille, » reçu habitant de Genève, 23 octob. 1572. — Philibert de Franc, « drappierde Mascon, » id. 9septemb. 1572.
3. FRANC (Louis), du marquisat de Saluées, proposant, retiré, en 1580, à Lour marin. Son fils Jacques y exerça avec honneur la charge de notaire royal pendant 47 ans. Le fils de ce Jacques, nommé Jean, épousa Honorade de Poncel, et en eut plusieurs enfants, entre autres Jacques, né le 10 août 1663, manufacturier de bas à Lourmarin, qui se réfugia à Berlin, avec sa femme et ses deux enfants, en 1687, et qu'il ne faut pas confondre avec un Jacques Le Franc, également réfugié, mais originire de Sedan (Tt 239). C'est peut-être de la même famille que ce dernier, qu'était le pasteur Henri Le Franc, qui quitta, en 1691, l'église de Bergholtz pour celle de Burg, ou il succéda à Le Preux et où il eut pour collègue Villare.
4. FRANC (Guillaume), fils de Pierre, de Rouen, rot un musicien [Haag, V 168], de son vivant fort obscur, mais dont les modestes labeurs ont été rehaussés par l'estime des savants de nos jours. C'est par attachement aux idées de la Réforme qu'il dut abandonner sa patrie, puisqu'il s'était retiré à Genève et y obtenait du Conseil de la république, le 17 juin 1541, l'autorisation d'ouvrir dans cette ville une école de musique. Et l'année suivante on lit dans les registres du Conseil : « Payé 10 flor. à maistre Guill. le Franc qui instruit les enfans à chanter. » Peu après, 6 juin 1542, il obtint une place de chantre. Le 16 avril 1543, le Conseil prit cette résolution : < Pour aultant que l'on parac cheve les psalmes de David et quil est
< fort nécessaire de composer un chant
< gracieux sur iceulx, ordonné que maisc tre Guillaume le chantre, qui est bien
< propre pour recorder les enfans, les « instruira une heure, le jour qui sera
FRANC
t fixé, et qu'on parlera de son gage à « maistre Calvin. • On en parla sans tarder, car le registre dn Conseil, à la date du 7 mai 1543, porte la mention suivante : « Gages de maistre Guillaume fils de t Pierre Franc de Roan , maystre de « chant ; lequelt a esté député maystre « des escoles pour apprendre la note, et a « chanté, les enfans qu'il doybve l chanté « les psalmes de David à l'Eglise et luy a « esté donné de gage cent florins annuel, t a luy payer quartemps par quartemps ; « et a promys et juré. » Mais le maître ne tarda pas à trouver trop exigu ce gage de cent florins, dont d'autres se contentaient, mais qui ne suffisait pas à son entretien, avec une femme valétudinaire et des enfants. 11 demanda diverses augmentations et ayant à la fin essuyé un refus, il pria le Conseil, le 3 août 1545, de recevoir sa démission. Il avait probablement jeté d'avance les yeux sur un autre asile, car on le trouve inscrit dès le 5 janv. 1546 comme digne de récompense pour les services qu'il a rendus et qu'il doit rendre à Messieurs de Lausanne. Le Manual du Conseil de cette ville l'appelle en même temps « providus Guillermus Franc cantor,» et lui alloue en présent annuel, savoir un muid de froment et un char de vin ; de plus il recevait de LL. Exe. de Berne 120 flor. par an et un muid de froment. On a longtemps cru, d'après une assertion émise à la légère par le pasteur David Constant (ci-dessus t. IV 596), que Guillaume Franc fut le premier auteur do la musique de nos psaumes ; mais après rectification savamment développée par Baulacre dans le Journal helvétique de 1745 et par M. Douen (au t. I«r p. 609 de son Clément Marot et le psautier, 1878 ; voy. aussi Haag, VII 274 note) il est reconnu aujourd'hui que l'excellent musicien, Louis Bourgeois, qui travaillait à Genève sous les yeux de Calvin, n'avait pas achevé de composer des mélodies pour tous les psaumes et en avait encore vingt-sept à faire lorsque, au mois de juillet 1552, les ministres de Lausanne qui ne se souciaient pas de musique venue de Genève et qui, depuis le régime de la domination bernoise, n'avaient plus d'imprimerie dans leur ville, demandèrent aux Genevois la
" Sic. Voyez notre note 1, t. V, col. 522.
permission de faire exécuter par une imprimerie genevoise (ce qui leur fut accordé) les adaptations que Gui 11. Franc avait introduites de son chef, tant pour 27 psaumes qui n'avaient pas encore de mélodie propre et qui se chantaient sur les mélodies d'autres psaumes, que pour ceux auxquels Bourgeois avait consacré son talent. On ne connaît pas cette édition qui devait se faire en 1552, mais c'est probablement celle qui parut une douzaine d'années après sous ce titre :
Les pseaumes mis en rime françoise par Clément Marot et Th. de Béze. avec le chant de l'église de Lausanne. Psaume IX : Chantez au Seigneur qui habite Sion et annoncez ses faits au peuple; [Genève] Jean Rivery, pour Anthoine Vincent, 1565 ; avec privilège tant du Roy que de MM. de Genève, in-12 de 15 feuill. non paginés et 470 p.
Les 15 feuillets préliminaires sont consacrés à diverses pièces qui prouvent que Gui II. Franc était le chef de la petite opposition de clocher faite par MM. de Lausanne à MM. de Genève, au sujet de la musique, mais qui prouvent mieux encore sa modération, sa piété et sa modestie. Nous recueillerons ce précieux témoignages qui subsiste de l'œuvre d'un vieil artiste à peine connu :
Guillaume Franc, chantre en V église de Lausanne* aux lecteurs, Salut. Mes frères, à Un que vous n'ayez occasion de penser que par cette nouvelle édition des pseaumes avec leur propre chant, j'aye voulu entreprendre quelque chose par dessus ceux-là qui sur ce ont travaillé très fidèlement, ou mesme corriger ce qui a été bien fait par eux, j'ay estimé estre nécessaire de vous advertir qifen cest œuvre je ne me suis proposé autre but que l'advancement de l'honneur et gloire de nostre Seigneur, en employant le talent qu'il m'a donné au service de son Eglise; et en ce sens sans avoir esgard qu'à ceste Eglise de Lausanne , comme en telles choses extérieures il est permis de s'accommoder aux circonstances des lieux sans que pour cela il y ait aucune séparation entre les Eglises de nostre Seigneur. Outre cela je puis protester avoir été incité à ce faire, plus par le conseil et solicitât ion de ceux qui oui charge en icelle que de ma propre volonté, aleguans pour raison qu'ils estimoient estre chose fort utile si chasctin des pseaumes
FRANC
FRANCE
avoit son chant particulier. Ce considéré, j*ay choisy tous les meilleurs chants de ceux qui ont esté usitez tant en ceste qu'aux antres Eglises reformées, lesquels j*ay retenus. Et quant à ceux dernièrement traduits qui se chantent sur le chant des premiers pseaumes, je leur ay à chascun selon mon petit pouvoir adapté son chant ; pour ce que plusieurs oyans chanter les dits pseaumes, preuoyent un texte pour l'autre a cause du chant. Par quoy j'espère qu'il n'y aura personne de ceux qui en cherchent autre chose que l'advancement du règne de nostre Seigneur, qui ne prenne le tout à bonne part et ne s'efforce d'ores en avant (puisque Dieu leur en a fait la grâce) de chanter, en divers chants et mélodies, louanges à Sa Majesté.
Le privilège accordé par la seigneurie de Genève, en date du 1er déc. 1564, porte : • Il est permis à Gnill. Franc, « chantre en l'église de Lausanne, de faire « imprimer les pseaumes de David mis en t rime françoise par Cl. Marot et Th. de « Bèze et y adjouster les chants qu'il a « faits nouveaux sur aucuns d'iceux ; t deflendans à tous imprimeurs et librai- « res nos sujets... jusques à trois ans dès « aujourd'huy... » — On ne sait pas autre chose sur ce musicien, si ce n'est qu'il parait être mort vers le commencement de 1571 (voy. Ern. Ckavannes, Extraits des Manuaux du Cons. de Lausanne ; Mém. de la Soc. d'hist. de la Suisse romande, 1887 p. 110).
Peut-être Samuel Franc que l'on trouve inscrit dans les Manuaux, au 10 juin 1572, comme ministre du Mont-sur-Lausanne, était-il un de ses enfants.
•5. FRANC (Michel), charpentier de navires, de Marennes en Poitou, réfugié à Londres, 1682. — (Anne, femme de Charles) de près de Bergerac, assistée à Londres, 1706. — (Jean), cultivateur à Canaules [Haag, V 169] ; un de ses ancêtres avait été ancien de l'église de Canaules (Tt 239), et son arrière-petit-fils, Elysée Franc, a été de nos jours maire de cette commune ; ce Jean rat arrêté, en 1754, sous l'inculpation d'avoir donné refuge au malheureux pasteur Tetsier dit La Fage.
Faute de preuves suffisantes, il fut remis en liberté après six mois de détention. M. Hugues, pasteur d'Anduze, a publié dans le Bulletin de l'hist. du protestantisme
(II, 80-88), une Relation de sa captivité que cet homme simple et sans lettres a écrite dans sa prison à Montpellier, et qui se conserve dans sa famille.
Conf. Le Franc.
1. FRANCE [Haag, V 169J ; famille établie dans l'Aquitaine et le Montalbanats d'une manière certaine depuis l'année 1550. Une tradition de famille la dit issue d'une famille de l'Artois. Quoi qu'il en soit, le premier des réformés de cette famille qui nous ait laissé sa trace historique est c sire Pierre France,, borgeois de Montauban, * second consul de cette ville en 1577. Il était à cette même époque, sous le nom de « Pierre Defrance, » ancien du consistoire de Montauban et trésorier de l'Eglise réformée de cette ville. Son nom s'écrivait avec la même incertitude que tous les autres dans ce temps où on n'avait pas la moindre idée du besoin d'uniformité que nous avons aujourd'hui et dans son testament retenu par Boigion, notaire royal en 1594, on voit le testateur nommé • sire Pierre France » ses fils c Pierre et Jean Defrances > et ses neveux, fils de son frère Jean : c Pierre et autre Pierre de France. »
Le consul de 1577 le fut de nouveau en 1586 et 1596. Il mourut en 1600. Lui et ses descendants possédèrent les fiefs de La Gravière et de La Mothe-Majouse dans le Montalbanais, noms qui devinrent ceux des deux branches de la famille montalbanaise. Une autre branche se fixa à Castres et prit le nom de la seigneurie de Mandoul près de Lautrec. Plusieurs des membres de cette famille furent consuls de Montauban en 1605, 1610, 1639, 1641, 1668, etc. = Armes (enregistrées à l'Armoriai général de 1696 (XIV f° 537 n* 435) au nom de Mariet France de Mandoul) : au 1" et au 4n>* canton, d'azur à une tour d'or maçonnée de sable, sommée d'un fer de lance d'argent, au 2m« et 3™ de gueules au lion rampant d'argent.
« Sire Jean de France seigneur de Lagravière » fut longtemps au service dans les armées du roi de Navarre, et il raccompagna en presque toutes ses campagnes, dans l'une des compagnies de gens d'armes de ses ordonnances. Il fut blessé à la bataille d'Ivry en 1590; il y perdit une jambe. Il se retira à Montauban où on le trouve en 1610 au nombre des consuls,
FRANCE
sons le nom de : « Sire Jean de France, puisné, sieur de Lagravière, gendarme, » comme second consul.
De son mariage avec « demoiselle Catherine de Bonne foy, » contracté en 1603, naquirent : Pierre, Marguerite, Marie, Jean, Joseph, Jehan-Louis, Catherine, Anne et autre Jean.
Plusieurs de ses fils prirent du service dans les troupes huguenottes, ainsi que quelques membres des autres branches de leur famille. Deux d'entre eux étaient capitaines des* milices protestantes de la garnison de Montauban pendant le fameux siège de 1621. On les voit figurer dans les différents récits de ce siège sous les noms de • France-Lamothe, » et « France- Lagravière. » Ils se distinguèrent, particulièrement le premier jour du siège, le 17 août, en allant reconnaître (voy. ci-dessus, t. III col. 878) les avant-gardes de l'armée royale qui prenaient position près de la corne Montmurat, et le 17 octobre en soutenant de très grand courage un violent assaut, sur la brèche que l'armée royale venait de pratiquer au même endroit. Avec «dix mousquetaires » à la brèche, et le reste de la compagnie dans les retranchements voisins, « le capitaine France » soutint deux retours offensifs et les repoussa, avant qu'on eut le temps de venir le secourir (Hist. partie, du siège de Montauban, par Joly, p. 156).
France-Lamothe fut l'un des députés envoyés par la ville, le 3 nov. 1621, vers le duc de Rohan, avec un sauf-conduit du connétable.
Après le siège, tous les combats qui se livrèrent sous les murs de la ville virent quelque membre de cette famille. Jehan- Louis de France « fils à feu noble Jean de France seigneur de Lagravière, feust tué le mercredi 23 may 1629, au siège du fort de Malefigue (près la ville) et feust sépulture le lendemain jeudy 24 may 1629 à Montauban. » (Etat civil de Montauban. Décès; 1629 f° 5). On en voit d'autres se distinguer en 1625, pendant les attaques des troupes du duc d'Epernon.
Le capitaine France-Lamothe mourut en 1635. « Le sieur de France-Lamothe, décédé au lieu de La Mothe le 27 mars 1635, fut enseveli eu fort belle et honorable compaignie, au cimetière de Montauban. > (État civil de Montauban.) Ajoutons, quoi
qu'il y ait incertitude sur ce nom : Honoré de France, docteur et avocat, qui, premier consul de Castres en 1635 fut nommé, l'année suivante, représentant de cette ville aux États du Languedoc.
Cette famille est éteinte depuis quelques années. Elle était alliée aux familles montai banaises : de Cassaing, D'Escorbiac, de Bonnefoi, de Garrisson, de Viguier, etc. Elle était restée fidèle aux principes de la Réforme. Jusqu'aux derniers jours, ses membres avaient compté comme anciens des Eglises. On trouve Eus de France, s* de Lamothe, encore ancien du consistoire de Bruniquel en juin 1685. C'était à ce moment, la seule église de tonte la basse Guienne qui eut encore son temple. Cependant aucun membre de cette famille n'ayant abandonné le royaume à la révocation on doit penser qu'elle fit acte d'adhésion à la religion romaine \ A Montauban, on vit, un d'enjre eux figurer, le
23 août 1685, parmi les nouveaux convertis qui allèrent à l'évéché de Montauban faire leur soumission à l'évoque, M. de Colbert. Elle s'empressa d'ailleurs de rentrer dans le protestantisme dès l'établissement de la liberté des cultes.
La branche établie à Castres dès 1640, avait suivi la fortune et les diverses résidences de la chambre de l'édit de Languedoc. Quand celle-ci fut fixée à Castres, c Jean France procureur en la chambre du parlement séant à Castres > s'y établit, et y acquit en 1651 les seigneuries de Mandoul, Puechnautier et Saint-André, qui donnèrent plus tard leurs noms à divers de ses descendants. Plusieurs prirent du service dans les armées du roi, comme officiers, et l'un d'eux même, « Pikrrb Defrance seigneur de Penautier » chevalier de Saint-Louis dès 1735, parvint au grade d'exempt et sous-aide major des gardes du corps et mestre de camp de cavalerie légère en 1747.
A cette branche appartiennent Jean France de S1- And ré, étudiant à l'acad. de Genève (Johannes France à S1- André castrensis) inscrit le 3 fév. 1672, et plusieurs anciens du consistoire de Castres. L'un d'eux en particulier, député par son église
1 De la môme manière que U famille Fbnier de Clauwnnc (ci dessus col. 6S9) et une foole d'autres, obligées à l'inscription sot lee registres du curé.