PUZY
consistait en une créance de 6000 liv. pour une maison vendue par leur père à un habitant de Bar-le-duc, en 1606, quelques années avant d'avoir quitté la France. Mais il leur fallait compter avec la loi et la magistrature françaises. Les acquéreurs de Fuzy soutinrent que ses enfants n'avaient aucun droit à faire valoir et que le roi seul était son héritier. Et après bien des débats et des appels il fut dit, en parlement de Paris, 25 Jév. 1643, que tous enfants nés de prèstrot, soient catholiques soient religionnaires, sont bâtards en France et incapables de succession, quoique nés à Genève et réputés légitimes d'après les lois de ce pays (Filleau, Décis. cath., p. 222).
Voici la liste des ouvrages auxquels est attaché le nom d'Antoine Fuzy :
I. Factum pour M* Ant. Fud... contre maître Nicolas Vivian et autres marguiltiers de S^-Leu-S^GUles, et Marguerite Riblet. Sans lieu ni date ; in-8°, 22 pages.
II. Le Mastigophore ou précurseur du Zodiaque, auquel par manière apologétique sont brisées les brides à veaux de maistre Juvain, Solanicque [anagramme de Nie.
Vivian], pénitent repenti, seigneur de Morddrect et d'Amplademus en partie, du côté de la moue, traduit du latin en français par Maître Victor Grevé, géographe microcosmique; s. 1., 1609, in 8°, 330 p. — Écrit burlesque dépourvu de sens et d'esprit Fuzy le désavoua ; mais il en est bien l'auteur.
m. Le franc-archer de la vraye Eglise, contre les abus et énormités de la fausse, par noble Anthoine Fusi, jadis prothonotaire apostolique, Docteur sorboniste, Prédicateur et Confesseur de la maison du Roy, Curé des églises parochiales de S. Barthelemi, S. Loup et S. Gilles à Paris, aux despens de l'autbeur, 1619. Petit in-8° de 932 p. En tête : Au lecteur (10 p.) et Epître apologétique adressée à Jacques Ier roi d'Angleterre. C'est un traité complet de controverse, mais plus rempli de sornettes que de raisons. « Au reste, dit-il dans son avis au lecteur, je suis phantassin des muses, arbalestrier de Minerve, carrabin de la religion réformée pour tascher reformer le Pape, car s'il ne vit selon S. Pierre, mais selon Néron ou Domitian, comment vivrons nous selon le Pape ? Il faut ramener le Pape à la papauté ou la Papauté à J.-C. et nous vivrons
dessous l'obéissance de son siège, pourvu qu'il veuille vivre sous J.-C. ; autrement il luy faut faire fermer sa boutique, confisquer ses drogues, renvoyer au billon son plomb, ses balles et tout ce débit illusoire qu'il conclud sub annulo piscatoris. Que cela est moqueur de restreindre le seau de sa chancellerie sous le cachet d'un pescheur de quoy il scelle toutes ses despesches et ce pendant usurper la tyrannie du souverain monarque de tous les monarques. Il se proclame serviteur des serviteurs de Dieu et toutes les couronnes du monde ne scauroyent rassasier son ambition... » C'est le même style jusqu'à la dernière phrase que voici : < Je tous reverray Messieurs [les moines] aussitôt que me saluerés. Bien assailli, mieux défendu. Je scay que je raseray ceux qui me voudront tondre. J'ay plus à mordre que vous à ronger : je mordray ceux qui m'esgratigneront et accableray de vérités ceux qui voudront m'ensevelir par le mensonge. »
Les réponses ne manquèrent pas. On cite celles-ci : I. La banqueroute de maistre Anthoine Fuzy, cy-devant curé de Si-Barthélemy et de St-Leu-St-Gilles à Paris, naguère devenu apostat à Genève, ensemble le jugement donné contre son escrit détestable intitulé Franc-archer catholique, à Paris, chez Sylvestre Moreau, au Palais; jointe la copie imp. à Lyon, 1619, in-8° 16 p. — La vie d'Antoine Fuzy, cy-devant curé de St-Barthélemy et maintenant Apostat (s. n. ni 1.), 1619, in-8°. C'est une simple traduction du décret de la Sorbonne rendu contre lui. — III. Monitorium primum ad Fusium hœreticum, auctore C. I. M. D., Parisiis, typis Francisci Julliot, 1620, in-8<>, 70 p. C'est le rapport très littéraire, après la lecture duquel la faculté de théologie rendit son décret d'expulsion. — IV. Nous devons ajouter, non sans quelque doute : Lâchasse faicte aux ministres par les miracles qu'ils ont voulu faire, avec plusieurs autres difficultés, éclairci es; compris par maistre Nicolas Fuzy, maistre es arts en l'université de Paris; Paris, 1625, in-8o, 16 p. (Était naguère à la bibiioth. de l'Arsenal).
Voyages et observation! do s' de La Boallaye le Goox, 1653, in-i°. — Mém. du P. Nieeron, t. XXXIV, p. 804. — Sénebier, HUt. lia. de Génère, II 237. — Dietionn. de Morôri. — Dictionn. de Prosp. Marchand.
ÔA — GABET
GA (Gabrikllk), dame de La RochebreuiUetj veuve, 59 ans, réfugiée en Irlande, et assistée par le comité de secours aux protestants français institué à Londres, 4702 ; assistée de nouveau (14 liv.) en 4704. On trouve ailleurs le même nom écrit Chat et du Gua ; voy. ci- dessus, Y, col. 697. — Louis Ga, de Ganges en Languedoc, venant d'Allemagne et assisté à Genève d'un viatique pour y retourner, 4699.
GABAIN (David), de Valence en Dauphiné, réfugié de la Révocation, établit l'industrie de la ganterie à Halberstadt (Erman). — Autres, originaires de SL Rome-de-Cerhon (Aveyron) s'établirent à Metz, Hambourg et Berlin. Georges-Gaspard Gabain, entré au séminaire théologique de Berlin, 23 août 4773, devient pasteur de la colonie de Berkholz, 4779-4784, puis à Altona. Autres, établis à Copenhague. — De Gabain, capitaine au régiment de H esse - Cassel, vers 4790. — M"* Gabin, enfermée au couvent des Biles de la foi à Pons, 4746. — Gabal, pasteur à La Coste, 4647. — Gabanon, de La Salle, en Cévennes, cardeur, assisté à Lausanne, 1695.
GABARET, famille de marins de St- Martin-de-Rhé, d'OIeron et de La Rochelle. = Armes : d'azur à une étoile d'argent, accomp. en chef d'une gerbe d'or et en pointe d'un croissant de même. Mathurin Gabaret avait atteint le grade de chef d'escadre. Son fils, noble Jean Gabaret, chevalier, seigr d'Angoulins, de Curzé et de Longé ves, capitaine de vaisseait le 26 mars 4653, fut chef d'escadre le 12 décemb. 4673 et abjura, 4«r nov. 4689, pour obtenir le grade de lieutenant- général ; il mourut à Rochefort, 26 mars 4697. Dès lors, c'est sur les registres catholiques de SLBarthélemy et de Sl-Jean-du-Venot qu'il faut chercher l'état-civil de ces nouveaux convertis. Ils l'étaient cependant fort mal. Le prévôt de la maréchaussée, peu de temps après, dénonce une dame de Gabaret c demeurant à Chessons, parr. de S'-Just, comme ayant recueilli un prédicant et
comme étant la principale cause de la fréquentation des assemblées dans le pays par son mauvais exemple et ses dangereux conseils, d'autant plus à craindre qu'elle est femme d'esprit. L'ordre étant donné de l'arrêter, elle a pris la fuite, mais étant revenue à La Rochelle, elle y a été détenue quelques mois à l'hôpital. M"" de Lussandière (née Pandin), sa fille unique, fit un testament à Marennes par lequel elle léguait son bien de Chessons à son cousin Froger de Bellevillette. Elle est religionnaire et l'on soupçonne que n'ayant pas d'autre fonds elle va passer avec cet argent dans les pays étrangers • (Arch. Char.-inf., Intendance, G. 437). — M"« de Gabaret, âgée de 46 ans, mise au couvent de SM>oix à La Rochelle, se noie bientôt après dans Je puits du couvent, 4738 (E 3573). — M«e Gabaret de La Motte, veuve d'un capitaine de brûlot, enfermée avec sa fille au couvent des dames de.S**- Claire de La Rochelle, 4745 (E 3580).
4. GABART (Pierrk), de S'-George-lez- Montagu en Poitou, solliciteur de procès, 30 ans, cruellement brûlé a Paris en 4357. Crespin rapporte ses interrogatoires et autres détails (Martyrol. fo« 473 d-475 a).
2. GABART (Jehan), natif d'Azay-le- Faron en Touraine, reçu habitant de Genève, 4«rnov. 4557.— Gabard, ministre à Plassac, 4558-76 (Tt 235); — à Mornac, 4576.
— Autre, médecin réfugié de France à Payerne (Vaud), 4580. — (François), ministre à Meschers, 4585-1607 (Tr 236). — Autre François, ministre à Gemozac, 46()3- 4614, déchargé de ses fonctions en 4620 (Tt 285). — La reine de Navarre octroie à Guill. Gabasbielk, seigr de Luzan, vicomte de Marran, la permission d'exercer le culte dans sa maison de Luzan, 4«r mai 4567. — De Gabaudan, ministre à Caumont en 4597 (Tt242). — Gabe, ministre au bourg de Les Bordes, délégué au synode de Castres, 4654. — George Gabel, ancien de Féglise franc, de Copenhague en 4743.
GABET (Innocent), juge a Vienne, mar-