‹ La France protestante (volume 2)Chapitre 214 sur 252 · GAGNIÈRE8 — GAILLARD · texte numérisé non relu

GAGNIÈRE8 — GAILLARD

les réfugiées à Morges (Vaud) dès 1588 et 1603. — La veuve de Pierre Gaidet, de Montauban, assistée à Genève, 1700. — Thomas Gailbrailh, écossais de naissance, venu à Montauban en 1616 pour étudier la théologie, y devint un zélé disciple et secrétaire du pasteur Daniel Charnier, et fut nommé, 1619, premier régent et professeur d'éloquence à l'acad. de Montauban. — QaiUan, c ancien tailleur d'habits, avec sa femme, 2 belles-sœurs et 2 enfants, très meschant huguenot ; il est étranger à la ville > (Rapport du commandant de Grenoble, 1685).

1. GAILLARD, c Jehan-Ypolite Gaillard, marchant de Sansargue » (Sancerre?) admis à l'habitation à Genève, 28 août 1550. — Genyn Gaillard, charpentier, natif de S^Laurens près Cbarleux, dioc. de Mascon, id., févr. 1556; — (Guillaume) natif de Montségur en Razadois, id. oct. 1557. — (Maurice) mercier à Paris, id, 18 juin 1573. — Gaillard, capitaine huguenot qui en 1570 [Haag, V 198] se saisit du bourg de Charmes en Provence pour faciliter à Montbrun le passage du Rhône par cette diversion. — Plusieurs familles saintongeoises de ce nom restées fidèles à la Réforme jusqu'à la révocation de l'Edit de Nantes, notamment celles que représentaient en 1593, Lancelot Gaillard sieur de Saint Disant, François Gaillard sieur de Lai eu et vers le même temps les Gaillard sieurs de Saint-Marc, tons de l'élection de La Rochelle. — Gaillard, capitaine de corsaire, mort après une lutte désespérée, 30 juin 1617, soutenue dans la rivière de Seudre contre le vice-amiral de Guienne (Arcère, Hist. de la Rochelle, II, 148). Voy. ci-dessus, t. II, col. 610. — Gaillard, ministre àTournon, 1596; à St-Fortunat.

1599. — Gaillard, membre de la Chambre de Tédit à Bordeaux, 1600. — Gaillard du Cousso, ministre à Salies de Béarn, 1609 (Arch. B.-Pyr. E 1205).— (Daniel) « sargettier », de Musson en Saintonge, réfugié avec sa famille en Amérique, à Bristol ; 1692. — (Pierre), de Cher veux en Poitou, réfugié vers la même époque à New- York; (Joachim) de Montpellier, à la Caroline du Sud.— (Charles) t de Carentan en Normandie, > 86 ans, assisté à Londres, 3 1. 6 d. par semaine pour sa nourriture, 1704. — (François) membre du comité de Londres pour la distribution des secours aux réfu-

giés, 1705-1710. — (Etienne), de Gap allant à Berne, assisté à Lausanne, 1694. — (Jacques) tanneur à Grenoble, mort à l'hôpital de Lausanne, oct. 1698. — (Louis), de Metz, chandeUier, avec sa femme, deux enfants et une servante; (Estienne) de Rouen, orfèvre, avec sa femme, quatre enfants, un compagnon et une servante; (Melchior), de Laon, drapier, avec sa femme et deux enfants, tous établis à Berlin en 1698. — (Madelaine), « femme âgée de La Mure en Dauphiné, » assistée à Genève, 1687; (Philippe) dauphinois, assisté à Genève d'un viatique pour l'Allemagne, 1693 ; (Claude) maître d'école à Chambon en Velay, et Antoine son fils, id., 1700; (Pierre), de Chapareillan, avec sa femme et deux enfants, td., 1704. — (Etienne), de Rouen, et Judith Montier sa femme, fugitifs ayant abandonné leur maison, 1686; (Marie-Madeleine), 18 ans, mifermée aux Nouvelles-cathol, de Rouen,

2. GAILLARD (Auosr), charron de son état, en même temps ménétrier et poète [Haag, Y 195], né à Rabasteins vers 1530. Sa grande facilité à rimer, en langue vulgaire du Midi, des pensées souvent originales, mais plus souvent encore licunrieases, lui avait déjà acquis de la réputation dans le Languedoc, lorsque la première guerre civile éclata. Zélé partisan de la Réforme, Gaillard déposa la tarière pour l'épée et s'enrôla sous les ordres de Guillaume Lherm, sans oublier toutefois d'emporter son violon, sa dernière ressource, depuis que les catholiques avaient pillé sa boutique. Dans la seconde guerre, il reprit les armes et marcha avec le vicomte de Montclar, jusque sous les murs de Chartres. Le seul butin qu'il rapporta de ses campagnes fut la connaissance du français. Peu de temps après son retour dans sa ville natale, il fut contraint de chercher un asile à Montauban, où son talent le fit accueillir avec empressement par les plus puissants seigneurs des environs. Les Panât, les Terride, les Gourdon, les Turenne, les Regniês. les Caumont-Montbeton, se déclarèrent ses admirateurs, et Sallusle Du Bartas ne dédaigna pas de diriger par ses conseils le pauvre roudii l de Rabasteins. Lorsque les catholiques se rendi-

1 Charron, rotarhu, Royer,

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reot de nouveau maîtres de Montauban. Gaillard se retira dans le Béarn où son violon et ses vers le firent également rechercher. Le caractère saillant de ses poésies, est une extrême licence unie à une naïveté pleine de charme et à une simplicité de tour et d'expression qui découlait de l'ignorance du poète. Point d'emprunts au grec ni au latin, point d'allusions mythologiques ; seulement abondance de citations historiques souvent très hasardées et force traits de l'école rabelaisienne. Aussi eut-il maille à partir avec le Consistoire de Montauban qui le fit tancer par le pasteur Bironis et par un ancien, le licencié de Capelle \ Il vivait encore en 1592, comme on l'apprend par sa requête à Catherine dé Navarre, de qui il sollicitait une pension* de 50 écu8. On ignore la date précise de sa mort. Il a laissé un assez grand nombre de pièces de vers en patois languedocien, et quelques-unes en français. En voici les titres :

I. Las Obros de Augiè Gaillard, Bordeaux, Jacq. Olivier, 1579, in-8°. — Dédié à François de Caumont, baron de Montbeton.

II. Lou Libre gras. — On ne connaît pas un seul exemplaire de ce recueil de poésies plus libres encore que Las Obros. Gaillard adopta ce titre singulier, parce que, dit-il, embarrassé des exemplaires qui lai restaient de son premier livre, c quoiqu'il se vendit mieux que la Bible et les Psaumes, > il voulut faire comme les bouchers qui ne donnent du bœuf gras qu'à ceux qui en prennent du maigre.

(Test sur cet ouvrage que tomba surtout le juste blâme des pasteurs.

III. Recommandations d' Augiè Gaillard al rey, per estre mez en cabal per la sio magestat, Lyon, sans date, petit in-4<>, orné du portrait sur bois de l'auteur. — Les pièces qui forment ce vol. ont été réimp. avec le n<> V.

1 Voy. le Bail, de U Soc. arobéol. de Tarn et Garonne 1872. Notes de M. Tam. de Lar&oqui.

* On trouve aussi dans les comptes de la maison do roi de Navarre pour l'an 1585 : « A Angiér Gaillard de Babastens 30 liv. t. des quelles le Boy lai a fait don, outre 30 autres que S. M. loi a fait ci-devant bailler. — A a môme 80 1. 1 desquelles S. M. lai a fait don pour loi donner moyen de faire on voyage en son pays de Béarn. » (Revue d'Aquitaine, 1868, t. XII, p. 418).

IV. Description du château de Pau et des jardins tficeluy, et la description de la ville de Lescar, 1582 (1592), in-8<>; 2« édit., Lyon, 1583, 8<>.

V. Lou Banquet al cal banquet abelcop de sortos de meises per so que tout lou moun n'es pas d'un goust, Paris, 1583, in- 8<>, avec le portrait sur bois de l'auteur. — On ne connaît pas un seul exemplaire de cette première édit. qui avait été pourtant tirée à 1200 exemplaires. Ceux de la seconde (Paris, 1584, in-12), sont eux-mêmes très rares. Les édit. les plus complètes sont celles de Paris, 1592, in-4; Paris 1610; Lyon 1614 ; 1619.

VI. Les Amours prodigiouses aVAugier Gaillard, avec six ou sept requestes et autres belles et plaisantes choses, sans nom de lieu, 1592, petit in-4°, avec le portrait de l'auteur.

Sous le titre de Poésies languedociennes et françaises d'Auger Gaillard, dit lou roudiè de Babastens, Albi, 1843, in-18. M. Gustave de Clausade a réimpr. un choix des poésies d'Auger Gaillard. Joli vol. contenant Las Obros, Lou Banquet, les Recommandations al rey et les Amours prodigiouses, châtiés et débarrassés de tout ce qui a paru à l'éditeur dépasser les bornes de la décence.

Un de ses sonnets mettra le lecteur à même de juger que ce charron poète n'était pas tout à fait sans talent.

Pour me glorifier je n*ay point falot ee livre. Ny pour penser aussi mon nom éterniser. Js Tay falot seulement pour voir et adviser Si Testât de rimeur me donneroit i vivre. J'ay un antre mestier, lequel je voudrais suivre. Qn*est Testât de rodier qu'il ne mut mépriser, Mais U me oousteroit de faire anthoriser, Et tout le bien que j'ay ne vaut pas une livre. J'ay garnie boutique i mon pays deux fois, Que toujours m'ont pillé mes outils et mon bois : Et me voyant pillé, U mut quo je vous die Que me suis mis à lire et à rimer aussi; Mais pour autre raison je n'ai point fait oeoy, Sinon tant seuloment que nom* gaigner ma vie.

Enfin M. Soulice, bibliothéc. de Pau a publié (Paris, 1874, in-8<>) une plaquette de 27 p. intitulée : L'Apocalypse ou Révélation de S. Jean mise en vers français avec les deux premiers psaumes de David, ï Oraison dominicale en langue d'Albigez et autres belles choses, par Augier Gaillard

3. GAILLARD (Paul), de Revel, pasteur à la Bastide-sur-Lers, 1617-22 ; à Pa-

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miers, 1623-36; à Revel, 163740 et àNégrepelisse 1641-66. A Pamiers il encourut la disgrâce d'une partie de son église dont le juge Dutocq (V, col. 1087) s'était fait l'organe ; mais il fut défendu contre ces injustes inimitiés par le synode de Castres, qui maintint de môme sa protection au pasteur Cottrro», de St-Ambroix, contre un parti < dont les passions désordonnées» employaient jusqu'à la calomnie.

Jacques Gaillard, [Haag, V 196] fils de Paul, né à Montauban vers 1620, y devint pasteur et professeur de théologie. Aussitôt que les catholiques avaient été rétablis dans Montauban, en 1629, l'évêque s'était empressé de réclamer un droit accordé par Henri III à un de ses prédécesseurs, celui de nommer les régents de l'académie. La prétention paraîtra étrange ; mais elle ne l'était pas à une époque où les idées les plus extravagantes trouvaient accès auprès des fonctionnaires de l'Etat, pour peu qu'elles tendissent à molester les Réformés. Celle-ci ne fut cependant pas accueillie, non plus que la demande présentée en 1660 par les Dominicains de contraindre les protestants de Montauban à reconstruire l'église de leur couvent démolie un siècle avant, sous Charles IX (Tt 253). Le fameux intendant Foucault imagina un compromis : il proposa aux protestants monlalbanais de contribuer aux frais de construction d'un collège pour les enfants catholiques, en très petit nombre, qu'on comptait alors dans la ville. Les protestants, mal inspirés, préférèrent céder la moitié de leur collège aux Jésuites. Ce voisinage ne pouvait manquer d'occasionner des querelles, et les disciples de Loyola, qui se sentaient appuyés par le gouvernement, ne négligeaient rien pour exciter des troubles, sûrs qu'ils étaient d'en profiter. Dès 1660, ils dressèrent dans la cour du collège un théâtre sur lequel leurs élèves devaient représenter une tragédie. Les étudiants protestants en demandèrent avec menaces la démolition. Une émeute éclata. Les consuls qui étaient accourus pour apaiser le tumulte, furent insultés et poursuivis à coups de pierre.

L'intendant parvint cependant à mettre la main sur quelques-uns des coupables; mais les portes des prisons furent enfoncées, les détenus délivrés, et l'intendant lui-même, au rapport de Cathala-Couture,

courut risque de la vie. Saint-Luc reçut ordre d'occuper militairement Montauban.

Les murailles de la ville forent rasées, l'académie protestante transférée à Puy- Laurens, le nombre des Réformés dans les conseils réduit à dix, et le consulat miparti aboli. Deux des chefs de l'émeute furent pendus, deux condamnés aux galères, un autre au fouet ; une trentaine forent exécutés en effigie, et le ministre Gaillard qui était accusé, à tort ou à raison, d'avoir fomenté la rébellion, fut banni à perpéa tuité. Le roi avait fait inviter le synode de Loudun à l'envoyer dans une antre église; mais le synode n'avait pas voulu y consentir, avant de savoir s'il était ou non coupable. Peut-être cette résistance futelle la principale cause de son bannissement. Les protestants monlalbanais consternés firent partir sur-le-champ Viçote et Pechels pour Paris, mais Louis XIV resta sourd à leurs prières.

Gaillard se retira en Hollande où il fut, dès 1662, appelé à desservir l'église wallonne de Rois-Ie-Duc. En 1666 , il fut nommé pasteur à Leyde , professeur de théologie et recteur du collège français. Il avait épousé à Montauban, avril 1649, Jeanne fille de Jean Verdier, docteur en droit et en médecine; puis en secondes noces, 23 juin 1657, Suzanne fille de Pierre Lavergne, bourgeois, et sœur d'Isaac Lave rg ne pasteur à Mazamet. De ces deux mariages il eut plusieurs enfants dont les uns trop jeunes pour le suivre en exil, restèrent à Montauban et furent élevés par Etienne Gaillard son frère; les autres passèrent aussi en Hollande, notamment sa fille Suzanne dont nous avons raconté ci-dessus (I col. 1043) le romanesque mariage. 11 mourut à Leyde dans un Age avancé. 17 juill. 1688, laissant la réputation d'un esprit ferme jusqu'à l'opiniâtreté et d'un pasteur plein de zèle pour les églises. On a de lui :

I. L'homme de Dieu ou Sermon sur I Timot. VI, 11-14 : prononcé en l'église de langue française de Bois-le-Duc pour donner l'imposition des mains à M. Fr.

Rigail; Leydcn, Abr. Fortié, 1669, in-8° de ?)2 pages plus la dédicace aux pasteurs, anciens et diacres de Bois-le- Duc.

II. ColUgium logicum Leidense gaUobelgicum, institutiones et disputationes lo-

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gica comptectens; Leyde, 1671, in-4<> de VI et 113 p.

III. La généalogie de J.-Ch. avec le démêlement des difficulté! qui se rencontrent dans cette généalogie, Leyden, 1683, in-8<\

IV. Spécimen qumstionum in novum instrumentent, de filio hominis, Lugd. Bat., 1684, in-4*. — « M. Gaillard, dit Bayle, publie ici une vingtaine de problèmes sur des points de théologie fort considérables, et il en donne la résolution en homme qui en a profondément examiné la matière et qui médite sur ce qu'il dit. >

Y. Melchisedecus Christus unus, rex justitiœ, rex pacis, seu Exercitationes XII de Melchisedeco, Lugd. Bat., 1686, in-8°. — Douze dissertations. Voy, Bayle, Œuvres div., I 430.

Paul Gaillard fils, pasteur à Négrepelisse de 1648 à 1668 ; déchargé en 1668.

4. GAILLARD (Michel), sieur de Longjumbau, [Haag, V 197] gentilhomme huguenot, habitait à Paris, en 1561, une maison « assise au Prey aux clercs. > On le soupçonnait d'y tenir des assemblées religieuses, et ce furent vraisemblablement ces soupçons qui motivèrent l'arrôt rendu le 26 avril, par le parlement de Paris, pour défendre les assemblées et conventicules, le port d'armes et les rassemblements au Pré aux clercs ; car Tordre fut donné en même temps au sieur de Lonjumeau de vider sa maison. Il n'obéit pas assez promptement au gré de la populace qui, dès le lendemain, alla assaillir son logis. Gaillard et ses amis se défendirent courageusement; mais aucun d'eux ne montra plus de bravoure que l'avocat Ruzé qui, nous raconte Bruslart, « frappoit d'une espée bien tranchante sur la pauvre commune, dont il y eust de fort navrés jusques à la mort. > Michel Gaillard porta plainte au parlement ; mais la Justice lui répondit, le 29, par un ordre de sortir de Paris avec toute sa famille. Gaillard se retira dans sa terre de Longjumeau, où il ne fut pas plus en sûreté qu'au Pré aux clercs, car lorsque « la pauvre commune > de Paris se mit en campagne contre les châteaux des gentilshommes huguenots des environs, le sien fut un des premiers pillés; bien plus, malgré un sauf-conduit du roi, sa femme fut cruellement mal Irai tée, même on tua l'instituteur de ses enfants.

Nous ne connaissons pas d'autres particularités de la vie du sieur de Longjumeau ; nous savons seulement qn'il avait épousé Louise de Sains, qui mourut à Paris en 1607 (reg. de Charenton) et qu'il en avait eu douze enfants : 1<> Michrl, sieur de Longjumeau, mort en 1607, très vraisemblablement dans la religion romaine ; — • 2° Benjamin, sieur de Raucourt; — 3<> Charlotte, femme de Nicolas d*Aumale, sieur de Haucourt; — 4<> Bbrnarde, mariée à Jean de Montmorency, sieur de Bouts ; — 5° Jeanne , épouse de Claude deTouvigny, du Boulonais ; — 6° Rachbl, alliée à Jacques de Boubers, sieur de Bernâtre, d'une famille protestante de la Picardie; — 7° Esther, femme du sieur de Launay en Normandie; — 8<> Suzanne, épouse du sieur Du Puiset; — 9° Elisabeth, femme de Louis Picot, sieur de Centeny ; — 10<> Renée, alliée à Louis de Grailly, sieur de Chalelte; — 41° Anne, qui épousa en secondes noces Paul Des Champs, sieur d'Auche ville ; — 12<> Louis, baron de Courcy, qui prit pour femme, Marie Le Moine, fille de Daniel, sieur de Vaux, et de Charlotte Teste, et mourut sans postérité.

Selon le Dictionnaire de la Noblesse, un descendant de Michel Gaillard alla s'établir à Aix en Provence et y fonda une branche. Cette branche provençale professait la religion catholique ; mais un de ses membres rentra dans le giron de l'Eglise protestante en 1630. Nous voulons parler de Gilles Gaillard, sieur de La Motte- Lussan, qui se retira à Orange où il publia les motifs de sa conversion sous ce titre : Le prosélyte évangélique, livre auquel le vray christianisme est solidement establi et le papisme clairement réfuté, par L. S. G. G. P. escuyer, docteur en droicts; Orange, Est. Voysin, 1635, pet. in-4° de

xviii f. et 736 p.; 2« édit. Le prosélyte

le vray christianisme est très clairement démonstré par la Parole de Dieu contre la tradition des hommes ; Genève, P. Chouet, 1642, in-8o de xxxv feuill., 372 et 503 p. ; cet ouvrage fut condamné par le parlement d'Aix. On doit aussi à Gilles Gaillard un panégyrique du prince de Nassau, intitulé : Le Tableau de Frédéric- Henry, prince d'Orange, Gen., 1641, in-4°; mais c'est à tort qu'on lui a attribué le traité De supposito. qui appartient à Derodon.

GAILLARD — GAL

Gilles Gaillard (sur lequel voy. encore cidessus, t. V col. 254 et 257) épousa, en 1639, Catherine de Colla, fille du président au parlement d'Orange, dont il n'eut pas d'enfants.

5. GAILLARD (Annibal), dit V Allemand [Haag, V 194]. parce qu'il avait fait les guerres d'Allemagne, était natif de Falguières. Brigadier d'une troupe camisarde, où servait aussi son, frère Alidor, il avait accompagné Catinat dans son expédition du Rouergue et était entré avec empressement dans la conspiration de Boaton (II, col. 637). Le 12 avril 1705, il se glissa dans Montpellier pour y préparer le soulèvement. Basville, averti bientôt, mit ses espions en campagne, et leurs rapports venant confirmer les avis qu'il avait reçus il résolut de faire fouiller tontes les maisons capables de receler les conjurés. Une des dernières qu'on visita fut celle de la veuve Guitard, dite Larote. On y trouva trois étrangers qui parurent suspects. Sur l'ordre que le prévost leur donna de le suivre chez l'intendant, ils comprirent qu'ils étaient perdus, et l'un d'eux nommé Fkuières, saisissant des pistolets cachés dans un coffre, fit feu sur le prévôt; mais il le manqua et tomba lui-même percé d'une balle. A la faveur du désordre, ses deux compagnons s'enfuirent. Ils ne tardèrent pas cependant à être arrêtés. Jean- Louis, dit le Genevois, du lieu de sa naissance, racheta sa vie en révélant tout ce qu'il savait de la conspiration. Gaillard montra, au contraire, une héroïque fermeté, et périt sur la roue, le 2 mai 1705.

G a lard de Béarn ; voy. Béarn, t. II, col. 1.

GAILLARDET (André), d'Ambert eu Auvergne, reçu habitant de Genève, 20 juill. 1573. — Louis Gaillardy, membre du comité de secours de Londres, 1708-10. — Laurent Gaillet, de Lyon, reçu habitant de Genève, 19 septemb. 1572. — Gaillon, procureur de la communauté de ceux de la Religion réf. de Saintes, 1624 (Filleau, Décis. p. 588).

GAILLIOT (Pierre), menuisier de Marennes [Haag, V 198]. Arrêté sous la prévention t d'avoir construit avec Pierre Manseau, une chaire qu'il sçavoit être destinée pour servir aux prédicans lors des assemblées de religionnaires, comme aussi d'avoir tenu des discours séditieux à l'in-

stant de l'enlèvement de la dite chaire, et violemment soupçonné d'avoir assisté à des assemblées des religionnaires, » Gailliot fut condamné par jugement de l'intendant Barentin, en date du 27 août 1746, « à être battu de verges sur les épaules nues par l'exécuteur de la haute justice, ensuite flétri sur l'épaule dextre d'un fer chaud en forme de fleur* de-lys, > et banni pour neuf ans de l'étendue de la généralité de La Rochelle. Son complice Manseau, qui avait travaillé à la chaire et était aussi violemment soupçonné d'avoir assisté à des assemblées, fut également battu de verges, flétri par le bourreau et banni pour sept ans. L'un et l'autre furent, en outre, condamnés à trois livres d'amende au profit du roi, et la chaire confisquée fut donnée à l'hôpital général. L'arrêt est imprimé in extenso dans le Bull. t. m, p. 294. — Jacques Gai Ilot, de Sedan, perruquier, réfugié à Berlin avec sa femme, 4 en f. et 3 ouvriers, 1698. — c La d"« femme du sieur Moïse GaUot, officier, de Melle en Poitou, et 5 enfants, id. 1698. — Samuel GaUiot, ancien député de l'église d'Angouléme au synode provincial de Barbezieux, oct. 1682. En 1686, un s' GaUiot, d'Angouléme, déterré et jeté à la voirie comme relaps. — ■ Galiot de Cambis, baron d'Alais, réfugié de la Sologne, demande la permission de rentrer en France, 1704 (E 3555). — Marie Gain, de Barbezieux en Saintonge, 41 ans, assistée à Londres (15 sh). avec 2 enfants, 1702. — Jeanne de Gaing, voy.

Lescours.

GAL, famille cévenole qui a donné à l'Eglise protestante deux de ses vaillants pasteurs du désert [Haag, V 198]. L'un d'eux, Jean Gai dit Pomaret, dit aussi Jonval, né à Sl-André de Valborgne, alla faire ses études de théologie à Lausanne en 1745, fut consacré en 1748 et donné aux églises de Ganges et de Sl- Hippolyte. C'était un homme d'un caractère élevé, d'une érudition étendue, d'un esprit que Voltaire appréciait et d'un caractère qui imposait à /.-/. Rousseau une respectueuse sympathie. Il a laissé dans ses montagnes natales la réputation d'un prédicateur éloquent, et il pratiquait largement la tolérance. « S'il est, écrivait-il en 1775, apparemment au sujet des ministres dissidents Briatte et Bellanger, s'il est dans certains pays du royaume des pasteurs

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