GAMON
garde dans des sujets plus graves, par exemple quand voulant célébrer « resjouissance da retour de la paix avec l'Espagne, » sans doute le traité de Vervins, il commence ainsi :
Hait je te pry , Georget, an frais de cet ondettes Reposons nos soucis et nos jambe* lassettes.
Il publia un autre poème du même genre, La Muse divine, et aussi un poème didactique sur les poissons, intitulé Les pescheries. Au cours de ces différentes compositions, l'on rencontre nombre d'épisodes ou mêmes des pièces entières inspirées seulement par la muse chrétienne aux inspirations de laquelle il puise cet anagramme de son nom, qu'il met en vedette aux beaux endroits, particulièrement lorsque en terminant son plus grand ouvrage, la Semaine, il prend congé des lecteurs, dit-il,
Pour voler an repos où CHiurr fokdb ma look1.
Ce grand ouvrage qui ne compte pas moins de 8600 vers, et qui s'intitule audacieusement « La semaine de la création, contre celle du Heur du Bar tas, > mérite à Christophe de Gamon, malgré ses erreurs, malgré ses tirades obscures et ses vers rocailleux, un très honorable souvenir. Le génie de Du Bartas avait fait naître à sa suite une foule d'admirateurs, d'imitateurs, de traducteurs ; Gamon se montra le plus ardent, tout en se posant comme contradicteur. Son idée était que pour peindre le sublime travail de la Création, l'œuvre de Dieu lui-même, Du Bartas aurait dû se contraindre à ne pas laisser échapper la moindre inexactitude ; or l'amant de la nature, le minutieux ichtyologiste, le zélé chrétien, trouvant chez Du Bartas des notions erronées en matière d'histoire naturel le aussi bien que de théologie (il le reprend longuement sur la définition de la Trinité), entreprit de refaire lui-même une Semaine pure de pareilles taches. Inutile de dire que c'était une puérile et vaine entreprise, et que s'il corrige en effet quelques assertions du maître, lui-même était si loin de pouvoir se dire supérieur à la science de son temps qu'il s'adonnait aux mystères de l'alchimie et de la transmutation des métaux. 11 reste des vers qui ne manquent
1 II y joint la devise : Virtas mihi earior auro.
pas de feu, ni de couleur, ceux-ci par exemple, au commencement de la &■• semaine:
Quand le doote tourneur eut arrondi les deux 8a dextre lai sema de flambeaux radie» : Quand Punlrers naJataat aa ferme bas» eut «le, n y fit sargoonner maints race femme i Da même ayant aatia rAmphitrite et les airs Il 1m vent ee jourd*huy peupler d'hostss divers. Divers, nuis qui pourtant ont eertsin paroatage : Le poisson a son aile et l'oiseau son plumsge ; L'on fend l'air transparent, l'antre ma cristal ondeux. L'on oonrt, l'antre va vite et tons naissent des oefs. Mais S Dieu qae d'erreurs, S vraiDiea qae de fables, Far dedans mainte eserlts trontpeamment slhhles, Des différents troapesaxdes enfants de k saer Et des peuples ramants es eampagnes de Pair. Ma Muse, U est eertsin, jeane encore, s'est bien vêle Suivant leur sente ombreuse avoir esté deoonei Mon son oeil qui pins mûr darde an ray plus ardent Va d'an pins ferme sspeet la olsiité lesmidast. Tant que l'algie est jeunet cnevanehant les nuages H tonne fois à fois ses yeux vers les ombrages : Mais quand lige plus ferme a renforcé ees yeux Fixe U va oontcmplant le soleil radieux. Ainsi mon esprit ore à la clarté e'attaeae Content pour toute gloire au moinequ'un jour on saebe Combien mieux vaut le vray que l'eserit aftonteni Et combien un Gamon rechercha la candeur !
Voici la série de ses œuvres :
I. Les pescheries, divisées en où sont contenue par un nouveau genre d'écrire et sous des aussi beaux que divers enseignemens, les plaisirs innocens de k mer et de Peau douce, Lyon, 1899, in-i2 ; portrait de Fauteur représenté à l'âge de 24 ans.
II. Le Jardinet de poésies de Chr. de G. avec sa Muse divine, dans lequel se trouvent des monologues servant d'addition aux Pescheries, Lyon, 1600, in-12. — On trouve, en outre, dans cette édition, le poème sur l'alchimie intitulé le Trésor des Trésors.
III. La Semaine ou Création du Monde, contre celle du sieur du Bartas, Lyon, 1609, in-12; Genève, par Gédéon Petit, 1609, in-12; Niort, 1615, in-12. Avec cette épigraphe : 0 Seigneur, que Us œuvres sont diverses ! Tu les a toutes faites avec sapience. La terre est pleine de ton domaine. Pseaume 104. Dédié au duc de Vantadour, lieutenant-général en la province du Languedoc, sous la date du 1er sept. 1608 ; 242 p., sans les pièces préliminaires. Poème, en vers alexandrins, divisé en sept chants ou journées.
IV. Commentaire de Henri de Linthaut, sieur de Mont-Lion, doct. en médecine, sur le Trésor des Trésors de Chr. de Gamon,