‹ La France protestante (volume 2)Chapitre 228 sur 252 · GAMON — GAMOND · texte numérisé non relu

GAMON — GAMOND

reveu et augm. par fauteur, Lyon, 1610. in-12, 177 p., sans les pièces prélira. ; dédié an roi d'Angleterre. Le commentaire, d'an fort bon style, est intercalé dans le corps même du poème, sans donte pour reposer l'esprit du lecteur. Dans sa préface, Linthaut de Mont-Lion nous apprend que Gamon a revn son poème qn'il a augmenté « et repurgé des fautes nées sous ceux qui l'ayant arraché de son Jardinet de poésie, pour le transplanter dans les Muses r'alliées, et depuis dans le Parnasse des Poètes, ont changé l'intitulation de la pièce, cél£ le nom de l'auteur, et corrompu les vers en une infinité de lieux : faute jointe à la malice et cousine du sacrilège. » La génération de l'or et autres métaux, tel est le sujet du poème.

La famille Gamon compta quelques protestants qui ont souffert. Sur une liste de fugitifs (M 667) se lit le nom d'ÀNToiNB Gamon, d'Annonay. Un autre, Annibal Gamon, réfugié en Angleterre exerçait le saint ministère. Le bibliographe Watt cite de lui un Sermon on Isafak, I, 5, London, 1689, in-4°. — Jacques Gamon, notaire à Antraigues en 1630, issu d'André Gamon, notaire à St-Peray, l'un des oncles d'Achille Gamon, eut pour arrière-petit-fils, François-Joseph Gamon, député à la Convention, condamné à mort comme Girondin mais qui put s'échapper. Il était poète à ses heures et a laissé, outre trois tragédies, quelques poésies plus légères; mais rien ne nous fait savoir s'il était encore protestant.

Bayle. — Colletot— L'abbé Goojot. — A. V. — A. ICasou, Notice sur la vie et les ouvres d'Achille Gamon et de Ohrtstophle de Gamon, d'Annonay en Vivarais; Lyon et Parie, 1886, in-8-.

GAMOND (Blanche) était une pieuse jeune fille, habitant avec son père, sa mère, et son plus jeune frère à Saint-Paultrois-Châteaux en Dauphiné. C'étaient des bourgeois aisés ayant maison à la ville et divers biens à la campagne. Blanche atteignait ses 21 ans lorsqu'au mois de février 1683, six compagnies de soldats appelés par l'évéque, furent logés à discrétion chez les protestants, le culte réformé ayant été interdit l'année précédente à S'-Paul par un arrêt du parlement. Ces soldats furent là ce qu'ils étaient partout; ils s'appliquaient à tourmenter leurs hôtes, à les

ruiner, et quelquefois à les mettre à la torture, par exemple en les pendant aux chaînettes de la cheminée ou en leur passant les pieds nus sur les charbons ardents. Les Gamond eurent leur part de ces douleurs, mais lorsque le même spectacle, au mois de septemb. 1685, s'apprêtait à recommencer de plus belle en l'honneur de la Révocation, ils s'enfuirent à Orange où ils avaient des parents ; mais les soldats envahirent Orange à son tour et cette fois les malheureux fugitifs durent se cacher dans les bois. Ils y vécurent un mois à la belle étoile. Enfin Blanche, sa mère et son frère prirent la résolution de quitter ce funeste pays; ils gagnèrent Grenoble et s'étant joints à deux autres fugitifs, un ministre de la basse Guyenne nommé Catsagne et sa sœur, ils prirent la route de Genève; mais à peine avaient-ils franchi une faible distance qu'une escouade de dragons se jeta sur eux ; les hommes purent s'échapper 1 ; les femmes furent ramenées à Grenoble et jetées au cachot (2 avril 1686).

On nous fit descendre dans la basse fosse et on nous y ferma. Nous étions 9 ou 10 femmes de la religion ou filles ; pour des bêtes, il n'y en manquoit pas, principalement des souris. Il faisoit froid ; de plus, il etoit extrêmement humide ; il y avoit plusieurs fenêtres sans être fermées d'aucune chose, tellement que nous souffrions beaucoup du froid et le geôlier avoit enfermé toutes nos bardes au cachot; ils ne voulurent pas nous les donner. Le lendemain il nous fallut demeurer sans manger jusqu'au soir. Et comme on n'avoit pas fait de « nécessaire, » on nous donna seulement un sceau de bois, et quand la seille étoit pleine, on ne permettoit pas de la vuider; on la laissoit des fois deux ou trois jours tellement que la puanteur nous empestoit

Les papistes ne manquoient pas à nous venir persécuter et nous dire de mauvaises

1 Le jeune Gamond gagna la Suisse ; • A Joas Gamon, de S. Paul-trois-Chateaux, en charité 4 flor. 3 sols pour luy ayder A passer chemin. » (Maananz de Lausanne, 2 juill. 1684). En 1687 il était domicilié dans les Grisons. — Bourse franc, de Genève, en 1699 : • La femme de J.-J. Gamon, de S. Paul trois châteaux, qui revient de Hanovre avec un jeune garçon qui y est né ; on ne peut s'en charger vn qu'il est né en Allemagne ; quant A elle on lui accorde diverses assistances. »

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