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XX. Comicorum grsecorum Sententiœ

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id est fvûpai latinis versibus redditee, et annotationibus illustrât», 1569, in -24. — Dédié au duc de Bavière. A la fin sont ajoutées les Sentences des Comiques latins et celles du Publius Syrus.

XXI. Quelques Épigrammes grecques et latines, à la suite de la seconde édition des Poésies de Bèze, etc., 1569, in-8°.

XXII. Artis typographies Querimonia, de illiteratis quibusdam typographie, propter quos in contemptum venit. Epitaphia grsca et latina doctorum quorumdam typographorum, 1569, in-4°. — Réimpr. à la fin de l'ouvr. de M. Renouard. Petit poème de 158 vers, hexam. et pentam., précédé d'une Épitre en prose.

XXIII. Epùtola qud ad muUas multorum amicorum respondet, de suœ typographie statu, nominatimque de suo Thesauro linguee grœcte. In posteriore autem ejus parte, quàm misera sit hoc tempore veterum scriptorum conditio, in quorundatu typographorum prelâ incident iumf exponit. Index librorum qui ex officinâ ejusdem Henr. Steph. hactenus prodierunt, 1569, in-8°. — Cet écrit, moins l'Index, est reprod. dans les ouvr. d'Almeloveen et de Maittaire sur la famille des Estienne et en partie dans celui de M. Renouard.

XXIV. Remonstrance du prince de Condè au roy Charles IX, du 23 aoust 1568. Avec la protestation et le récit du meurtre perpètre en sa personne, le 13 mars 1569, in-8°. — Literie Ludovici Borbonii. principis Condœi, ad Carolum IX.

Tcstificatio causarum quee eum arma sumère edègerunt. Brevi* narratio ctedis ejusdem principis et scripta in eundem Epitaphia, in-8<>. — Cet écrit, attribué à Henri Estienne, parait être sorti de ses presses, an jugement de M. Renouard, bien qu'il ne porte ni son nom ni sa marque.

XXV. Epigrammata grœca selecta ex Anthologie. Interpretata ad verbum, et carminé, ab Henr. Stephano : qutedam et ab aliis. Loci aliquot ab eodem annotationibus illustrati. Ejusdem interpretationes centum et sex unius distichi, aliorum item

quorundam epigrammatum varies, 1570, in-8o.

XXVI. eHIATPOl Tîiç iXXtmxiiç -yXiôccroç. Thésaurus grœcte linguee ab Henr. Steph. construetus. In quo prseter alia plurima qum primus prmstitit (paternm in The-

sauro latino diligent ix mmulus) vocabula in certas classes distribuit, multiplici derivatorum série ad primogenia, tanquam ad radiées undè pullulant, revocata.

Thésaurus lectorL

Nnnc alli intrépide yestiglia nostra sequantar : Me dnoe plana via est qa» salebrosa fuit.

Anno 1572 excudebat Henr. Stephanus, 5 vol. in-fol. Cum privilegio Os. Majestatis [1570], et Cbrislianiss. Gai li arum Régis [1561]. — Dédié à Maximilien II et à ses académies de Prague et de Vienne ; à Charles IX et à l'académie de Paris; à Elisabeth et ja ses académies d'Oxford et de Cambridge ; au prince palatin Frédéric et à son académie de Heidelberg ; à l'électeur Auguste de Saxe et à ses académies de Leipzig et de Wittemberg ; au margrave Jean -George de Brandebourg et à son académie de Francfort-sur-1'Oder.

Les trois premiers tomes sont seuls consacrés au Lexique. Dans une Épître au lecteur, Estienne déduit les raisons du plan qu'il a suivi. Puis viennent les écrits de quelques rhéteurs de laudibus litterarum grœcarum: — On trouve dans le VImc tome : lo Appendix libeUorum ad Thesaurum grœcœ linguee pertinentium ; — 2° De grsecw linguee dialectis, ex scriptis Joannis Grammatici qum rixvucà fuerunt inscripta ; — 3° Collectio vocum qum pro diverse significations, accentum diversum accipiunt, petit vocabulaire attribué à Cyrille et qu'Estienne croit de Philoponus ; — 4° Verborum quorumdam themata, qum magné ex parte vel sunt anomala vel poetica, etc. ; — 5° Index divisé en 2 parties; la première allant jusqu'à la lettre H, colonne 229 à 1746, et la 2*e commençant à la lettre P, colonne 1 à 208. Cet index a une grande importance dans l'ouvrage, non seulement parce que les mots du Lexique disposés dans un ordre philosophique, y sont rétablis dans leur ordre alphabétique, ce qui facilite les recherches aux commençants, mais aussi parce que l'auteur y a réuni une foule de détails qu'il avait omis à dessein ou qui lai avaient échappé, « quaecumque enim vocabula in ipso opère vel consulté praetermissa fuerunt, vel me subterfugerunt, ea suis locis (id est quos séries alphabetica Mis assignat) tibi exhibiturus est. » — Le tome V, qui ne parut que

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Tannée suivante, contient : 1° Glossaria duo, è situ vetustatis eruta : ad utriusque linguœ cognitionem et locupletationem perutilia. Item, De atticœ linguœ seu dialecti idiomatis Comment. Henr. Stephani.

Utraque nunc primùm in publicum prodeunt. An. 1573. Excud. H. Steph. Cum privil. Caes. Majestatis. — Dédiés l'nn et l'autre à Thomas Redinger. — Un second titre porte : Lexicon latino-grœcum vêtus, glossarii nomine inscriptum, ex quo multœ antiquse sermonis latini voces, hactenus incognitm, qumdam etiam gr secte cognoseuntur, colonne 1 à 666. — Dans ce lexique, le mot latin est simplement traduit par le mot grec, sans explication. Après les Commentaires de Henri sur le dialecte attique, suivent : 2° ses Remarques in libr. Joannis Grammatici de Dialectis ; — 3° De quibusdam vocabulis qum apud Atticos vacant, etc. ; — 4° Appendix ad aliorum scripta de Dialectis Atticis. — Notre description de cet ouvrage diffère en quelques points de celle qu'en donne M. Renouard ; mais cela provient sans doute de ce que tous les exemplaires de l'édition princeps ne sont pas parfaitement conformes. La disposition ingénieuse et savante qu'Estienne avait adoptée en classant les mots de son dictionnaire dans Tordre, pour ainsi dire, de leur génération, c'est-à-dire les dérivés et les composés à la suite des mots simples ou primitifs, tanquàm rivi ad suos fontes, vel stirpes ad suas radiées, cette savante disposition, disons-nous (plus philosophique que celle adoptée par Dolet dans ses Commentaires, et qui aurait pu cependant en donner l'idée), contribua, avec le prix élevé de l'ouvrage, à susciter des contrefacteurs qui, en mettant ce livre à la portée des petites bourses et des commençants, nuisirent à son succès et ruinèrent le malheureux éditeur. Un éhonté plagiaire, Jean Scapula, que Henri avait employé à mettre son manuscrit au net et à en revoir les épreuves, en fit un abrégé qu'il donna comme son propre ouvrage, s'attribuant même l'idée d'avoir groupé les dérivés sous leurs radicaux. « La compilation écourtée de Scapula, dit Renouard, eut la fortune de beaucoup d'abrégés : bien moins chère et en apparence d'usage plus facile, elle se vendit, se réimprima pendant que le Trésor restait dans le magasin

de son auteur... D'après les vices de cette compilation, si bien signalés par Henri, on peut vraiment s'étonner d'un succès si réel et si continu. » Récemment encore il en a été fait trois éditions différentes en Angleterre avec des additions et changements. Quant au Trésor, il parait que Henri n'en donna qu'une seule édition, bien qu'en différents endroits de ses écrits, il parle d'une deuxième ; il se borna à réimprimer un certain nombre de feuilles, équivalant, selon M. Didot, à environ la moitié de tout le contenu du livre. Malgré l'immense savoir de l'auteur, il était naturel qu'il y eût dans son livre des lacunes et des erreurs. Plusieurs tentatives d'amélioration ont été faites ; dans le siècle dernier, Daniel Scott fit paraître à Londres 2 vol. in-fol. de Supplément. Dans celuici, l'honorable M. Didot a appelé à lui les plus savants hellénistes de l'Europe pour donner du chef d'œuvre d'Estienne une édition supérieure à toutes celles qui ont paru. Cette œuvre, que nous appellerons patriotique, forme 8 vol. in-fol. parus de 1831 à 1865. Éclairé par l'expérience, l'éditeur n'a pas cru devoir conserver la disposition méthodique observée par Estien ne, il Ta intervertie en adoptant pour le Lexique Tordre alphabétique, qui est d'un usage plus commode.

XXVII. Virtutum Encomia : sive Chtomm de virtutibus : ex poetis et philosophas utriusque linguœ grœcis versibus, adjectd interpretatione Henrici Stephani, 1573, in-16.

XXVIII. Francofordiense Emporium, sive Fvancofordienses Nundinœ : quàm varia mercium gênera in hoc emporio prœstent, pagina septima indicabit, 1574, prid. cal. mart., in-8°. — Recueil de plusieurs morceaux en prose ou en vers, dont les cinq premiers (1 en prose et 4 en vers) appartiennent à Henri. Les cinq autres, pris du grec ou du latin, roulent sur l'éloge ou la condamnation de l'ivresse. Le volume de 120 pag. se termine par une Epîlre de Henri à Paul Melissus.

XXIX. Oratorum veterum Orationes, jEschinis, Lysiœ, Andocidis, Isœi, Dinarchi, Antiphontis, Lycurgi, Lesbonactis, Herodis (attici), Demadis, Antisthenis, Alcidamantis, Gorgiœ et aliorum : grœcè. In harum editione quid ab Henr. Steph.

prœstitum sit, ex ejus prœfatione lector

intelHget. Cum interp. latind quarundam, 1575, in-fol. — La tradact. de la harangue de Lysias De cœde Erasthothenis, est due à Estienne.

XXX. Parodia morales H. Stephani in Poetarum veterum latinorum Sententias eeUbriores totidem versibus grœcis ab eo redditas. Centonum veterum et parodia rum utriusque lingua exempta, 1575, in-8°. — Nous nous en rapportons de confiance à M. Renouard qui nous dit que • ces imitations grecques de vers latins anciens sont plutôt des tours de force qu'un recueil de bons vers. » Henri les composa à cheval, pour tromper les ennuis de la route, ad faUendum itineris tœdium, en revenant de Vienne en Autriche, à ce que suppose son biographe.

XXXI. Discours merveilleux de la vie, actions et deportemens de Catherine de Mèdicis, royne mère, auquel sont récitez les moyens qu'elle a tenu pour usurper le gouvernement du royaume de France, et ruiner Testât d'iceluy, 1575, in-8° de 164 pp. ; trad. en lat. sous le titre : Oatharinœ Medicete reginœ matris, vite, actorum et consUiorum quibus universum regni Oallici statum turbare conata est, stupenda eaque vera enar ratio, 1575, in-8° de 116 pp. ; ou sous celui-ci un peu modifié : Legenda Sanctœ Catharinm Médites, etc., eod. ann. , in-8<> de 103 pp. Selon Lenglet, l'édition latine serait l'original. Les éditions se multiplièrent rapidement. La 3«n«, annoncée comme plus correcte, mieux disposée que la première et la seconde, et augmentée de quelques particularité!, parut en 1578, in-8<>. Les augmentations consistent en une pièce de 24 vers intitulée : Sympathie de la vie de Catherine et de Jézabel, avec l'antipathie de leur mort, et Deux Lettres envoyées à la Royne-Mère, par un sien serviteur [de Villemadou] après la mort de Henri II. Il se peut que ces additions se trouvent déjà dans l'édition de 1576, annoncée aussi comme augmentée. — On attribue généralement cet écrit à Henri Estienne, et au jugement de M. Renouard, rien ne paraîtrait plus vraisemblable. « Le caustique auteur de l'Apologie pour Hérodote était bien homme, nous dit-il, à produire l'outrageux pamphlet, dont, au reste, la grave et sévère histoire a confirmé, sinon approuvé,

presque toutes les rudes et souvent brutales accusations. Un des plus sûrs garants de la véracité de ce libelle pourrait être Catherine elle-même qui, suivant ce qu'assurent plusieurs écrits contemporains, dit, après s'être fait lire l'ouvrage, que si l'auteur l'avait consultée, il aurait pu en raconter bien d'autres. Quelques-uns, continue le savant bibliographe, prétendent que l'auteur est Théodore de Bèze, et non Henri. Il est très possible que ces deux hommes, qui avaient des rapports continuels de travaux et d'amitié, y aient mis la main l'un et l'autre, mais ce ne sont que des conjectures. > En effet, il nous semble que les raisons que M. Renouard apporte à l'appui de son opinion, ne sont pas suffisantes. Nous préférerions nous en rapporter au jugement de M. Sayous, dans ses intéressantes Études sur les écrivains français de la réformation ; si ses raisons ne sont pas entièrement concluantes, elles sont au moins plus solides. Selon lui, si on avait lu au delà des premières pages, on aurait reconnu que rien ne rappelle moins l'auteur de l'Apologie pour Hérodote que cet écrit, tout politique, et dans lequel il n'est question que de la longue liste des crimes publics de Catherine de Médicis. * Se bornant au côté tragique de l'histoire, l'écrivain n'insiste sur aucun détail graveleux... Le Discours merveilleux lancé dans le public entre la mort de Charles IX et le retour de Henri III à Paris était un premier acte du parti des Politiques, qui réunissait, contre la reine et Henri III, les nobles catholiques et protestants autour du duc d'Alençon, encore prisonnier de Catherine, ainsi que le roi de Navarre. Le but de ce pamphlet est de montrer Catherine visant tout le long de sa vie à anéantir la noblesse française, et la Saint-Barthélémy elle-même n'ayant pas d'autre portée. L'auteur ménage avec une intention marquée les gentilshommes catholiques qu'on a vus les plus animés contre les huguenots ; il lave même les Guises du complot de la Saint-Barthélémy pour en charger uniquement Catherine, représentée comme le patient et ambitieux assassin de la noblesse de France... Au milieu des détails de l'accusation, on attire habilement l'intérêt sur les princes prisonniers, sur le duc d'Alençon, en particulier, désigné comme le sauveur de la

patrie ; le roi de Navarre est à peine nommé. » Mais qui pourrait assurer que par politique Henri ne se fût pas placé à ce point de vue ? Le plus fort argument, selon nous, en faveur de l'opinion de M. Sayous, est encore dans le ton et le style de cet écrit. Pour ce qui est de Théodore de Bèze, M. Sayous serait plus disposé à le lui attribuer • si l'intérêt politique n'y dominait à tout instant l'intérêt ecclésiastique que le chef des églises réformées ne sacrifia jamais. » Pour nous, nous ferons seulement remarquer qu'il y a entre ce livre et le Réveille-Matin des François (t. I, col. 843) une certaine conformité d'idées qui semblerait déceler un seul et môme auteur.

XXXII. De latinitate falsô suspecta, Expostulatio. De Plauti latinitate Dissertatio, et ad lectionem illius Progymnasma, 4576, in-8°. — Dédicace à Jér. de Chastillon, président au parlement de Lyon, datée è Grierianâ villa nostrâ, febr., 1576.

XXXIII. Pseudo-Cicero Dialogus. In hoc non solùm de multis ad Ciceronis sermonem pertinentibus, sed etiam quem delectum editionum ejus habere et quam cautionem in eo legendo debeat adhibere, lector monebitur, 1577, in-8°. — La grave querelle des Cicéroniens n'était pas encore apaisée. Quant à Henri, son admiration pour le grand orateur laisse cependant son jugement libre.

XXXIV. Nizoliodidascalus, sive Moniteur Ciceronianorum Nizolianorum. Dialogus, 1578, in -8°, dédié à Hubert Langue t. François Estienne en donna la traduction en 1581. — Nizolianus était auteur du Thésaurus Giceronianus qui devait initier les adeptes à tous les secrets du maître. Estienne, dans cet écrit, de même que dans les deux précédents, se moque agréablement de ces fanatiques de diction qui ne jurent que par l'orateur romain et qui sont loin de lui ressembler.

XXXV. Deux Dialogues du nouveau langage françois italianizé, et autrement desguizé, principalement entre les courtisans de ce temps : de plusieurs nouveautez qui ont accompagné ceste nouveauté de langage ; de quelques courtisanismes modernes, et de quelques singularitez courtisanesques [1578], in-8o de 623 pp. — Curieuse satire où l'on trouve de très utiles renseignements. Une foule d'expressions

que Henri condamne comme des singularités courtisanesques, ont tellement pris racine dans notre langue que l'on s'étonne d'en devoir l'importation aux Italiens que Catherine de Médicis avait attirés à sa cour. Nous avons vu que ce livre avait suscité à Estienne de fâcheux démêlés avec le Consistoire et le Conseil de Genève.

XXXVI. Schediasmatum variorum id est Observationum, Emendationum, Expositionum, Disquisitionum, libri très : qui sunt pensa succisivarum horarum Januarii, Februarii, Martii, 1578, in-8<>. — La suite de ce recueil d'observations philologiques parut en 1589 pour les trois mois suivants ; voy. n° XLV.

XXXVII. Project du livre de la Précellence du language françois. Paris, Mamert- Patisson, 1579, in-8<> de 327 pages. Épître au roi Henri III. — Première ébauche d'un ouvrage qui n'a pas paru. Nous avons dit, dans notre notice biographique, à quelle occasion ce livre fut écrit. Le débat est entre l'Italien et le Français. Comme de raison, Estienne donne l'avantage à sa langue maternelle, apportant à l'appui de sa thèse une foule de bonnes raisons, sans s'abstenir toujours, dans l'ardeur du combat, de l'arme perfide du paradoxe. Selon M. Sayous, cet écrit est, sous le rapport du style, le chef-d'œuvre d'Estienne.

XXXVIII. Collatio Mosàicarum et Romanarum ante Juttiniani imp. œtatem indè sumpta, dans son édition des Sources du droit civil, 1580, in-8<>.

XXXIX. Paralipomena grammaticarum gr, linguse institutionum. Item, Animadversiones in quasdam grammaticorum grme. traditiones, 1581, 13 oct., in-8<>.

XL. Hypomneses de gallicâ linguâ, peregrinis eam discentibus necessarùe ; qumdam verô ipsis GaUis multum pro futurs.

Auctore Henr. Steph. qui et gallicam patrismi grammaticen adjunxit. CL Mitalerii Epistola de vocabulis qu& Judœi in Galliam introduxeruut, 1582, in-8°.

XLI. Auli-Gellii Noctes Atticse, seu Vigiliœ Atticœ, quibus invigilatœ sunt, Henr. Stephani Noctes aliquot Parisinœ, Parisiis, 1585, in-8°. — Les Nuits parisiennes sont au nombre de sept, toutes relatives à Aulu-Gelle, plus une première Nuit servant d'introduction. Estienne en annonçait douze autres comme étant terminées, mais elles n'ont point paru.

XLII. Ad Senecx lectionem Proodopma, in quâ et nonnulli ejus loci emendantur, Ejusd. H. Steph. Epistolœ ad Jac. Dalechampium, partira DiorthotUue quorundam Senecte locorum, partira etiam Exetastikse [Genève], 4586, in-8<>.

XLIII. De criticis veter. grsecit et latinis, eorumque variis apud poetas potissimùm reprehensûmibus, Dissertatio; Parisiis, 1587, in-4<>.

XLIV. Dialogus de benê instituendis grsecm linguœ studiis. Alius Dialogus de parùm fidis grœcœ linguœ magistris, et de cautione in Ùlis legendis adhibendd, 1587,

XLV. Sehediasmatum variorum libri très, qui sunt pensa succisivarum horarum AprUis, Maii, Junii [Genève], 1589, in-8°. — Ce journal philologique, qui devait embrasser une année entière, n'a pas été poursuivi.

XL VI. Dieœarchi Messenii Geographica quœdam, site de vitd Grxciœ. Ejusd. Descriptio Chrœciœ, versibus iambicis, ad Theophrastum : grœcè, eum latin, interprétations atque annotatûmibus Henr.

Steph., et ejus Dialogo, qui inseribitur Dicssarchi Sympractor, 1589, in-8° ; réimpr. dans le t. XI des Antiq. grecq. de Gronovius. — La version lat. est de Henri, ainsi qu'une partie des notes ; les autres sont de Casaubm.

XLVII. Prineipum Monitrix Musa, sive de Principatu benê instituendo et administrando Poema. Autore Henr. Stephano.

Ejusd. Poematium, cujus versus intercalaris Cavete vobis, principes. Ejusd. libellas (Dialogus Philoceltae et Coronelli) ; et HbeÙus in gratiam Prineipum scriptus, de AristoteHcœ Ethices differentiâ ab historiée et poeticâ, ubi multi Aristotelis loci vel emendantur, vel fidelius redduntur, Basile», 1590, in-8°. — M. Renouard décrit ainsi ce livre. « En tête du volume, dit-il, est, en 124 vers, le Proëme ou préface d'une œuvre de Henri Estienne, intitulée: L'Ennemi mortel des Calomniateurs, en vers françois. Cette œuvre avait été présentée par Estienne à Henri III et il en est fait mention dans le poème latin. Je ne vois pas qu'on l'ait jamais imprimée. Quoique long, et paraissant indiquer tout le contenu du volume, ce titre n'est cependant pas complet. Après les 224 pages de Musa Monitrix, viennent, en 64 pages,

deux autres ouvrages en vers, faisant suite à ce recueil de conseils versifiés. L'un, Rex et Tyrannus, est un parallèle entre ces deux sortes de maîtres ; le second traite De principatu benè instituendo et administrant, en vers hexamètres, à Musâ monitrice prineipum dictati. Après soixante- trois distiques, tous suivis du refrain Cavete vobis, principes, vient un Dialogue Philoceltm et Coronelli [Stephani], en 48 pages, non annoncé sur le titre et servant de commentaires aux distiques. — Henri, continue Renouard, était d'un savoir Immense, mais quelle différence de son style avec le style élégant et correct, on pourrait dire aimable, de Paul Manuce, et souvent même celui d'Aide, fils de Manuce ! » Cette critique nous semble juste. Le style de Henri Estienne est très inégal, non par impuissance de faire mieux, mais par défaut d'application. L'idée le préoccupe toujours plus que la forme.

XLVHI. Ad M. Terentii Varronis Assertiones analogue sermonis latini, Appendix H. Stephani. Item, Jul. Cœs. Scaligeri de eâdem disputatio doctissima. Loci Varronis quamplurimi emendati [Genev®], 1591, in-8<>.

XLIX. Epigrammata, au nombre de 31, précéd. d'une longue préface, dans une édit. De Marti nalitiâ venatione, par le prince palatin Frédéric IV, Heidelb., 1592, in-4<> de 32 pp.

L. Ad Augustiss. Csesarem Rodolphum secundum et ad universos Sacri Rom. Imp. ampliss. Ordines Ratisbonœ conventum habentes, Oratio adversus lucubrationem Uberti Folietœ de magnitudine et perpétua in bellis felicitate Imperii Turcici. (Ejusd. ad eosdem) Exhortatio ad expeditionem in Turcas fortiter et constanter persequendam, Francof., 1594, in-8«.

LI. Les Prémices, ou le premier livre des Proverbes épigrammatisez, ou des Épigrammes proverbialisez, c'est-à-dire signez et scellez par les proverbes françois ; aucuns aussi par les grecs et latins, ou autres, pris de quelcun des languages vulgaires ; rangez en lieux communs [Genève], 1594, in-8°.

LU. Ex Memnone excerptm historiée de tyrannie Heracleœ Ponticœ. Ex Ctesid et Agatharchide excerptm historiée, omnia cum recenti accessions, gr&cè et seorsim latine, partim ex H. Stephani, partim ex Laur. Rhodomanni iuterpretatione, etc.,

1594, in-8°. — La version latine forme une partie séparée.

LIII. De J.~Lipsii Latinitate Palmtra prima Henr. Stephani Parisiensis, née Lipiiomimi, nec Lipsiomomi, nec Lipsiocoîacw, muUoque minus Lipsiomastigis ; cum ejusdem prseludio : Libertas volo sit latinitati, sed licentia nolo detnr illi : hic multa non vulgaria vulgi literatorum linguis de latinitate iUâ antiquariâ tantùm non digladiantibus apponuntur, Francof.. 1595, in- 8°. — Mauvaise satire contre nn rival en éruditton. A propos du latin de Juste- Lipse, Estienne ne s'occupe guère, dans ce pamphlet, que de la guerre à faire aux Turcs. C'était une idée fixe, qui lui fit perdre de vue le but de son livre.

LIV. Carmen de senatulo fœminarum, magnum senatui virorum levamentum atque adjumentum allaturo, Argentorati, Anton. Bertram., 1596, in-4<>. — Nous ignorons si Henri s'est inspiré, dans cette pièce, de la comédie d'Aristophane, ou comme M. Renouard le suppose, du Colloque d'Érasme, intit. Senatulus. Nous n'avons pas été plus heureux que lui pour nous la procurer.

La Croix du Maine, Draudius et l'auteur du Catal. Bibl. Barberinae attribuent encore à Henri Estienne une foule d'ouvrages. M. Renouard en reproduit, en partie, la liste ; mais si Ton en retranche ceux qui ne lui appartiennent pas, tout est i certitude pour le reste. Ce qui est plus certain, c'est qu'il laissa une grande quantité de manuscrits. Casaubon parle, entre autres, dans une lettre à Dav. Hœschel, de deux forts volumes écrits en grande partie de la main de Henri, « duo sunt grandia txavûç volumina magnam partem manu tgû (xaxaf îtcu Henr. Stephani scripta. Egi cum Paulo Stephano fratre ut ea curaret ad te perferenda, neque dubito facturum. » Puis il ajoute : « Quantus Me vir fuerit in literie, si nescieham antè, potui affatim discere ex iis quœ reperta sunt mihi in bibliothecâ xat cptXcpaôeîaç xal irt- Xupwiôiia; propè incredibilia monumenta. » Que sont devenues toutes ces richesses?

on l'ignore. M. Renouard termine sa savante notice, en reproduisant, d'après Maittaire, une longue liste (4 pag. in -8°) d'ouvrages que, dans le cours de sa laborieuse carrière, Henri s'était proposé de mettre au jour ; ce que l'on voit par di-

vers passages de ses écrits. « Les projets littéraires de Henri, nous dit le judicieux bibliographe, furent innombrables; la [notre] liste n'en donne [encore] qu'une indication bien imparfaite ; et la vie entière de deux Henri, de deux hommes d'une capacité égale à la sienne n'y eût point suffi ; aussi en devait-il nécessairement rester un grand nombre sans exécution : et cette longue série de projets non réalisés, gardons-nous de la considérer comme l'inutile forfanterie d'un esprit vaniteux dont l'outre-cuidance s'imagine pouvoir tout atteindre, tout exécuter.

Dans ses indications les plus vagues, il nous a ouvert, jalonné plus d'une route, et suggéré ou accéléré d'utiles travaux auxquels, sans lui, on eût beaucoup moins pensé. »

IV. Paul Estienne, le seul fils de Henri qui ait été typographe, marcha sur les traces de son père, mais à distance. Le génie des Estienne brillait encore en lui, mais il était sur son déclin. Chose remarquable, un grand nombre de familles qui, de père en fils, ont marqué dans l'histoire, ne restèrent attachées au protestantisme qu'aussi longtemps qu'un noble sang, virtus animi, coula en elles, et qu'elles l'ont abandonné, dès que ce sang s'est appauvri. Il y a là un grand enseignement : c'est que la liberté ne convient qu'aux âmes d'élite. Les Estienne, eux aussi, subirent cette loi. Paul Estienne naquit à Genève, en janvier 1567. Lorsque son éducation fut achevée, il visita les universités et se mit en rapport, à l'exemple de son père, avec divers savants. En 1587, il était à Leyde. Juste- Lipse, dans une de ses lettres, en parle comme d'un jeune homme d'un caractère aimable, mitis animi adolescens. De retour à Genève, il se maria. Dès lors, il prit part aux travaux typographiques de son père, restant souvent chargé, pendant ses longues absences, de la direction de l'établissement. Quoique très jeune, il n'était pas au-dessous de cette tâche. Ses connaissances philologiques étaient solides ; mais, pas plus que Henri, il n'avait le génie des affaires. Eu 1597, il fut admis au Grand Conseil de Genève. Après la mort de son père, qui n'avait point fait de testament, il dut acheter son imprimerie pour la somme de huit cents écus ; mais sur la généreuse insis-

tance de Casaubon, et comme an hommage rendu à la mémoire do défont, ses cohéritiers lui abandonnèrent, avant tout partage, les manuscrits qui se trouvaient dans sa bibliothèque. Il en profita pour la publication de plusieurs bonnes éditions. Son repos ne tarda pas à être troublé par une fâcheuse affaire. A la suite de la tentative avortée du duc de Savoie, appelée l'Escalade, Estienne fut accusé d'avoir empêché un paysan du Chablais de venir témoigner dans le procès, pour cause de trahison, intenté au syndic Blondel. Jeté en prison, le 13 sept. 1605, il en sortit, le 23 octobre, « moyennant submission et promesse de se représenter toutes et quantes fois [il en seroit requis], et de n'absenter la ville sans congé de Messieurs du Petit Conseil. » En même temps, on le suspendit de sa charge de conseiller. Soit que sa conscience l'eût accusé, soit qu'il ait craint que l'effervescence populaire n'influençât la justice, Estienne eut la faiblesse de manquer à sa parole ; il s'enfuit secrètement de Genève. Dans une requête à Messieurs du Conseil, sous la date de janvier 1608, pour obtenir un sauf-conduit afin de pouvoir régler ses affaires, il leur marque qu'il a pris la résolution de se retirer à Paris vers son beau-frère [Casaubon] c pour y vivre en liberté de conscience et en l'exercice de la religion que Dieu lui a faict la grâce de sucer avec les mamelles en leur Église, et là chercher les moyens d'entretenir soi et ses enfans leurs citoyens sans scandale, desplaisir ou ombrage de ses concitoyens. • Il ne reparut dans sa ville natale qu'en 1620 et pour peu de temps, avec un saufconduit du Conseil, afin de retirer les matrices grecques, emportées à Genève par son aïeul Robert. Cependant son imprimerie ne cessa de marcher, à son nom, jusqu'en 1626, mais en chômant souvent pendant des années entières. Renouard ne cite que 27 ouvrages sortis de ses presses. Avec assez de savoir pour se foire un beau nom dans la typographie et les lettres, Paul Estienne manqua de cette activité qui, chez son père, fut quelquefois portée à l'excès. Ayant fort bien commencé, il produisit peu, laissa languir son imprimerie et, par conséquent aussi, ses affaires commerciales ; enfin il resta en arrière de ce que l'on pouvait attendre du fils de Henri Estienne. Sa femme, Marie /toti-

phe, appelée par d'autres Catherine de Sarme, lui donna de nombreux enfants, dont nous reproduisons les noms avec la date de leur inscription au registre des baptêmes : 1° Abioail, 18 déc. 1589, Henri Estienne parrain ; — 2<> Antoine, 28 juin 1592

— 3<> Isaac, 22 mai 1594, Isaac Casaubon parrain ; — 4° Lucrèce, 29 sept. 1598

— 5o Aimé, 1er sept. 1600 : — &> Maris 20 déc. 1601 ; — 7° Joseph, 23 sept. 1603

— 8<> Ruth , 8 mars 1605 ; — Catherine Elle n'est pas nommée par MM. Haag mais quelques actes notariés l obligent à l'inscrire.

Y. Antoine et Joseph rentrèrent tous deux dans l'église catholique, et selon toute probabilité, ils y rentrèrent du consentement de leurs parents, mais non sans résistance et désespoir de ceux-ci. Nous voyons dans une lettre de Paul aux pasteurs de Genève, à la date du 18 nov.

1616, qu'il met la conversion de ses enfants sur la conscience de ses persécuteurs : t J'appelle donc à Dieu contre ces gents là du sang de l'âme de mon enfant quem pontifiai in suas partes traxerunt, auquel pour l'estroict de mes affaires n'ay peu donner remède, les moyens m'ont esté levez de l'entretenir en vos escholes ; et mon second regret encore est de me voir en semblable difficultés pour les estudes de mon autre fils, lequel j'ay toujours sauhaicté d'instruire en la ville à laquelle j'ay tout voué : de quoy je semble aujourd'hui estre forclos par la force qui me veut faire perdre mon bien, qui est aussi celuy de mes créanciers avec lesquels selon la forme des susdictes procédures je suis du tout empesché de traicter. >

Antoine acheva à Paris, sous les yeux de son père, son éducation commencée à

1 Do 19 mai 1653 Jean fils d'Abraham Berger orlogenr A Genève et fa femme Catherine fille de feu noble Paul Estienne procédante par l'advis et conseil de Sp. Pierre Oolinet ministre A Morges, confesse avoir reçu de noble J.-Fr. Godard Seign* conseiller de Lausanne 20 pistoiles d'or sur ce qni pent appartenir A la dite Estienne en l'hoirie de sa sœnr Abigahy Estienne sa sœnr et (belle)-fille dn d. nob. Godard (L. Pastear, XVII 113). — Da 23 sept. 1665 Catherine fille de fen sieur Panl Estienne imprimeur et veuve da sieur Jean Berger maistre orlogenr confesse avoir emprunté 200 flor. pour repérer sa maison sise A Virey laq. est tombée en partie et ruinée (Id. XLIII, 92).

Lyon. Après avoir fait abjuration entre les mains dn cardinal du Perron , il obtint la charge d'huissier de l'assemblée dn Clergé, avec nne pension de 500 livres, pension qni lui fut conservée lorsqu'en 1635, il perdit cette place ou y renonça. Son père le seconda sans doute dans la fondation de son établissement typographique à Paris. Ses premières impressions remontent à 1613 ; la dernière est de 1664. Dès 1615, il prend le titre d'imprimeur du roi. Quant à Joseph, il fut nommé, par lettres-patentes du 15 juin 1629, seul imprimeur et libraire du roi à La Rochelle. Ce n'était sans doute pas sans motif que l'on choisissait cette ville, qui venait de tomber au pouvoir de Richelieu, pour y envoyer un petit-fils de Henri Estienne, lavé et nettoyé du péché de ses pères. Mais sa destinée n'était pas de servir d'appeau ; il mourut de la peste peu de semaines après son arrivée.

On ne doit à Paul Estienne, comme écrivain, que quelques essais de poésie latine.

I. Pauli Stephani Versiones epigramma- ' tum grœcorum Anthologies latinis versibus.

Ejusdem Juvenilia, Genevae etLugd., apud Franc. Le Preux, 1593, in-8<>. Dédiés à son père Henri. — Renouard nous apprend que dans le catalogue des livres apportés aux foires de Francfort pendant le cours du XVI™ siècle (Francfort, 1602, in-4°), à la suite de ces Juvenilia, se trouve cité : Meditationes peculiares, sive Fidei labores, ibid., 1593, in-8°, qu'il suppose être un appendice à ce volume de poésies.

II. Votum pro felici itinere Mauritii, landgravi Hassiœ, 1602, in-4°. — Petite pièce de vers latins.

Nous citerons encore YEpicède (41 hexamètres), si plein de tendres regrets, qu'il composa sur la mort de son père, et Y Adieu qu'il adressa à la Compagnie des pasteurs de Genève post festum PaschatU anni 1607 [37 hexam.] ; en voici un passage :

. Vos ô nnnqaamne videbo ?

Nulla dieu, nulla est qne non * ot hora reducat. Extremumne vale pleno aingnltibut oro Eigo feram ? magno jam ment me* fluctuât nsto. Totoa eo in lacrymas, et me nihil acriùs urit Qnam comitem vestria jam non adjanger© aacris Ut lionit qnondam. 8ed ment mea perfioit absent Quod nequeo.

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