‹ La France protestante (volume 3)Chapitre 102 sur 169 · VIM · texte numérisé non relu

VIM

msA

victimes de ces sanguinaires saturnales é% la réaction catholique, on cite Gxlle$ Oakoche, procureur du roi, âgé de 61 aas,qui fut percé de coups de hallebarde en pleine rue, bien que la peur redt poussé à retournera l'église catholique; Fiacre Lambert^ tisserand et diacre de régiise; Pierre Champenois, ditLorr rwà, qui subirent le même genre de mort. Marguerite Olivier, qui ^tait accouchée depuis quelques jours, fut arrachée de son lit, jetée en bas de Tes- «aller, et son enfant, qu'elle cherchai^ k protéger en le serran t contre son sein, lui ftit enlevé par les meurtriers qui lui brisèrent la tête contre la muraille, eq Jvrant : Par la mort-Dieu, il f;jiu| extermUier la race de ces Huguenots. Denis Fiéro et Claude Baille t furent précipités dans la Mjirne du haut du pont da Gptaillon.Une pauvre femme, nommée La Biselle, âgée de plus de 80 ans, fài arrêtée, parce qu'on avait trouva eàet elle quelques livres de piété- Les toldats auraient eu pitié de sa vieillesse; mais deux prêtres, deux hommes qui pe disaient les' serviteurs d'un Dieu de paix, i'entratnèrent, la lardèrent de èoups de couteau et la jetèrent avec ses livres dans un bûcher, d'où elle s'échappa par quatre fois, et parqijatre fois elle y fut rejetée par ses bourreaux. Jean Angrant et sa femme furent lancés dans la Marne du haut de la plate-forme duçh&teauoù on le^retenait prisonniers . C'est surtout au Marché, «qui estoit lors comme une petite ville, 7 à 800 maisons, l'une des plus belles, fortes et riches places de France», que s'exerça la rage des Catholiques, a Ce marché fut tellement pillé et désolé, lit-on dans le Martyrologe, qu'il n'y demeura presque maison entière; les vollcurs emportèrent jysquesaux serrures, verroux, gonds,b^rreaux, fenéstres, goutières, bois des planchers, et y eut grand nombre dMiommes, dç femmes, d'enfaps qui nourureut de disette par les champs :

beaucoup de fillçs et de femmes viplées.» Parmi cei^x qui périrent, Crçspii) «if^ encore iliilMt^ Çantier^\foi]^U'

getiPierreThiihauUGuillaum^ Ross^ riche laboureur de Yincelles, qui racheta sa vie au prix de 4 60 écus et n'en fut pas moins précipité dans la Marne, Claude Saselle,{emmeàe Pierre Lar^ ehier, tué lui-môme d'un coup d'arquebiise, Nicolas Sergeron,b loquet, Jean de Lahape^ riche marchand de Signets, /. Fertin, Claude Moquet, Lfàureni Docquevaux, Claude Le Moine et Michel d'Âmilly, maître d'écele à )lareuil,quele curé du village arrêta iuirmême et ût mettre dans une nacelle poar le'conduire à Veaux. Eu chemin, la rage de ce curé fanatique s'exalta à ta) point qu'il précipita son prisonnier dans la rivière et le poignarda de sa propre main. La fureur populaire se Cfilma enfin;cependantles bons Catholiques de Meaux n'étaient pas satisfaits. Ils auraient bi^n voulu se défaire de tous les hérétiques, mais ils redoutaient leur nombre. N'osant employer la vio?

lance pour les expulser, ils ourdirent un complot apn de les faire sortir ëe la ville. Le prév6t Du Mas, qui 1er geaitchez le calviniste Gentien Hêrhelin^ dit en confidence à son hète qu'il avait reçu l'ordre d'emprisonner plusieurs Huguenots qu'il lui nomma, en rengageant à les avertir pour qu'ils pussent se sauver. Le stratagème réussit, un grand nombre s'enfuirent; mais on finit par découvrir la supercherie, et les fugitifs se plaignirent d'autant plus vivement qu'en lour absence, les soldats catholiques avaient insulté leurs femmes, usé à discrétion de leurs biens, fait rebaptiser leurs enfants. La Cour fermant l'oreille à leurs plaintes, ils résolurent de rentrer par force dans la ville. Un batelier, nommé Jacques Àngot, s'élançanl intrépidement sur le pont, baissa le pont-levis, enfonça le guichet et ouvrit aiosià ses coreligionnaires rentrée du Marché ; mais des secours arrivèrent de Paris aux Catholiques, et les Protestants furent forcés de chercher un asile dans le château de ^ignels. A.ssiégés par des forées supéricuresyils se rendireat la vie sauve: La capitulation na fi)t paa0t>serTée.

MU

On les conduisit à Meaux où ils forent tous pendus, ainsi que l'éebevSn FrVmin Cavillier, qui, lors du massacre^ avait été épargné moyennant une som* me de 500 livres payée ii la fabrique delà catbédrale,ef qui s'était retiré dans le cb&teau de La Ferté-sous Jousrre où on le découvrit. La paix d'Amboise permit enfin aux exilés de rentrer dans leurs maisons dévastées.

L*bi6(oire ne nous apprend pas ce que devint Louis deMeaux pendant ces scènes terribles; nous ne le retrouvons qu'en 4567, c'est-à-dire lorsque la guerre se ralluma. Les Protestants de Meaux ayant levé deux corps de troupes, l'un de cavalerie, Taulre d*in^nterie, confièrent le commandement di premier aux sieurs de Gorets et é^Ai- §ref(nn,ei celui du second aux capitaines La Ramée et Pradines , sous les ordres supérieurs du sieur à^Arles^ seigneur de Lisy et abbé de Lagny, qui se saisit do Lagny et tenta de s'emparer de Meaux . mais ne réussit qu'à se rendre maître du Marché, dont les fortifications avaient été démolies par ordre de la Cour. Le 10 nov., jour de la bataillede St-Denis, Louis deMeaux, allant rejoindre Condé et s'élant arrêté au Plessis-Marly pour rafraîchir ses hommes, fut pris par les Catholiques, conduit à Meaux et décapité devant l'église cathédrale , à la même place où , treize ans plus tard , le tt juin 4580, son fils SciPioN perdit aussi la tête, sous l'accusation d'avoir enrôlé des troupes pour s'emparer de la ville. Il fut remplacé par le capitaine Martmlt qui,plus heureux, atteignità Montereau l'armée protestante en marche vers U Champagne. Lorsque cette armée, for tifiée par les troupes allemandes, repassa près de Meaux, de Gorets s*en détacha, pour soumettre cette ville. Il força la porte Saint-Rémi, le 5 oct., fondit avec impétuosité dans la place ; maif repoussé, il se cantonna dans le Mar^ ché, d*où il ravagea les eqyiropsjus»

qv^h la paix de 4560.

Nous ne savpns %\ Loifti 4e Va^Ufi onde ll^«t(47,8ieurdetoi8se,quicom-

— HÉH

mandait, en 4622, dans le fort Saillir Gilles pourleduc de /{oAan,de6cenda)l d'une branche de la même famille; mfi^ nous n'hésitons pas à y rat<acher(7Aaf- Ui de Meawc^ sieur de Charny, fpii, comme ancien de l'église de MeauXtaSisista à un synode tenu à Cbarenlon eft 4653. Resté veuf, en 1643, de Uaiê^ laine de Beauveau, il s'était remarié, en 4649, avec Marie Froment.Mti^ Nicolas Ffom^n^ avocat au parlemeiit de Paris, et de Marie Stuart, 11 f^ père de deux filles , nommées l'une 4Â l'autre Mabie. S'y rattache peut-êM aussi le baron de Meaux qui, aprif avoir servi comme capitaine danf ]# Brandebourg, rentra en Francf> (^ 4704, abjura et obtint une pensioa lu 300 livres (Arch.gén,, E. 3552).

MÉIIEREI^C (Pierbe), sieur d0l4 Conseillère, ministre d'Alencon, poh d'Altona, victime en France de VïnUt* lérance catholique, et dans le ReA)j{|i| du fanatisme de Jurieu,

La Conseillère était né en 46iB* Nous ne savons s'il était le fils ou li frère àe Louis de Méhérencmw deÛ Conseillère, gentilhomme de la Basio- Normandie et avocat célèbre au parl(9ment de Rouen, qui, ayant essaye, \ |# révocation, de passer dans Tlle de Jersey, futarrêté, dépouillé de toutcequll emportait avec lui et ramené à RottOQ^ où il souffrit de rudes épreuves, sapa que sa constance en fût ébranlée (4).

Il eut la douleur de se voir enlever h% trois filles, qui fur^t mises dans dcf couvents; cependant il réussit è les retirer du piège où on les avait attiréea , et à se sauver plus tard avec elles etis femme dans les pays étrangers. Selon l'Histoire de la persécution de régUf# de Rouen, on a imprimé les Leftrtê qu'il écrivU à sa fille ainée Mius (S)

** {\) nWm de.fÊéhéreMC.tieofAemmtfr taine, né )i B»y«iix en 4644, fiii moins df ffff WLêXé et Aê eoBsiaoce ; il abjara.

(f ) Uae aalr^ M^rie de UAireme, U Cilfl» q.nev)||e fille |le 7Atfffitf#, sieur df La r.arf a|||| et de ieanne Meiêiai^ entr^ eomme POJjËI a» Nouvel les-£êtliéli(ine$ de pari8,en4éMF| Viais ^ se Isi troivt pas \» fvaliUs it^ qaises et on It renvoya dès l'année soivaatei

MÉH

rMÉB

pour dissiper les ilIusioDs de Terreur, et elles sont dignes de la piété qui les a dictées. Au reste, la famille de Méliérenc était nombreuse. Uu registre des enterrements et des baptêmes faits Si Sainte-Mère-Eglise {Arch. gin. Tt.

317), que nous avons eu en mains, fait mention deifanV de MéhérencMmïSit € Etienne Du Vîviei\ enterrée dans cette église, en 1 669, à Fâge de 57 ans, laissant un fils nommé Antoine; de François de Méhérenc , sieur du Quesnoy,qui présenta au baptême avec yorie de Mercadé, en 4673, Marie- Anne de Méhérenc y fille à'isaac, sieur de Saint-Gabriel , et à' Anne Le Monnier, Dans une autre pièce, faisant partie de la même liasse aux Archives, et contenant des listes d^enfants huguenots enfermés dans des couvents ou collèges catholiques , nous avons trouvé les noms d*une demoiselle de Méhérenc et d'une demoiselle de La Conseillère^ détenues, en 1687, aux Nouvelles-Catholiques de Caen, où la dernière mourut, le 22 juillet de cette année, ainsi que ceux d'un jeune La Conseillère et d'un jeune Méhérenc enfermés, en 1688, le premier dans le collège des Jésuites , le second aux Nouveaux- Catholiques de Caen. Après avoir rapporté tout ce que nos recherches nous ont appris sur cette famille, revenons au pasteur d'Alençon.

La Conseillère avait à peine terminé ses études, lorsqu'il fut nommé ministre de celle nombreuse église. C'était une imprudence d'appeler à un poste aussi important un jeune homme qui ne pouvait avoir ni le tact ni Texpérience nécessaires dans un pasteur, au milieu surtout des circonstances graves où Ton était ; aussi les prêtre» calholique8,toujours aux aguets, ne tardèrentils pas ^ trouver dans ses sermons matière délation. Accusé piir le capucin GérotéedeMortagne— qui,du reste, ne parait pas avoir été animé de dispositions très-hostiles envers les ministres protestants,— d'avoir avancé, dans une de ses prédications sur Pierre II, 17, que le concile de Latran, tenu enl 54 2, avait

ordonné d'adorer le pipe comme Dieu, ainsiqued'avoir prêché à ses auditeurs qu'on n'est paç tenud*obéiràunroi idolâtre, La Conseillère, pour sa défense, fit imprimer son sermon avec une préface où, expliquant sa pensée, il disait que si le concile n'avait pas décrété en termes formels l'adoration du pape, il ré> sultait au moins des discours de ceux qui avaient prêché devant ce concile, que les Catholiques doivent lui rendre un degré d'honneur analogue ^ fadoration. L'intendant Colbert ayant trans> mis au Conseil les plaintes du capucin, reçut ordre d'informer. Les informations prises avec le plus de secret possible, il les envoya au Conseil, eu lui proposant de condamner le ministre à rétracter ses deux propositions, à trois mois de prison, à une amende de 500 livres, avec défense « de plus user de semblables discours et propos ny paroles scandaleuses». (Arch, gén. M.

676). L'arrêt fut rendu le 47 juillet.

La Conseillère fut condamné à se rétracter et interné k Nantes pour six mois. A l'expiration de sa peine, La Conseillère reprit ses fonctions, qu'il exerça sans nouvelle tribulation jusqu'en 4684 ; mais il était mal noté auprès du gouvernement deLouis XIV; aussi, lors de rémeute excitée par le jésuite La Rue (K0y.ll,n.473),ce fut sur lui que tomba l'orage. On l'accusa d'avoir prononcé ces paroles en chaire : « Je dis que le trosne et la puissance souveraine dont nous faisions nostre suport etnoslre apuy et où nous aurions tousjours eu notre recours pour la défence de notre cause, nous en voyons présentement sortir des foudres qui nous efi'rayentet des arrests de condamualion qui nous affligent et nous désolent. Pleurons donc amèrement sur nous ; mais pleurons plustost sur nos enfans qui sont ravis sans avoir esgard à leur ignorance et à leur foiblesse et en un âge où ils n'ont pas de connoissance, mais soit par crainte ou par timidité ou bien par promesse, » eic (Arch. gén.

Tt. 270). L'intendant Horangis Baril- Ion, qui était d'ailleurs assez modéré, au rapport de Benoit, n'estima pas que

UÉH

Page 1