‹ La France protestante (volume 3)Chapitre 103 sur 169 · MEI · texte numérisé non relu

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ToD pût tolérer ce que La ConseiUèrie avait avancé dans son proche; — toutes vérités ne sont pas bonnes à dire. Le roi ordonna donc de lui faire son procès, qui se termina par une défense d'exercer son ministère dans les provinces de la Normandie et du Maine.

Forcé de quitter Alençon, La Conseillère demanda au synode provincial de Quùville, en 4 682, «la liberté de s'ottacher où la Providence divine Tadresseroit. » Sa demande lui fut accordée, et, en môme temps, ses collègues lui témoignèrent leur regret de voir sortir de la province un aussi « excellent serviteur deDieu» {Ibid.lT, 258).

Muni de ce témoignage honorable, La Conseillère partit pour Hambourg, l'année même. Elu, dès le mois de juillet, pasteur de l'église française, il alla se fixer à AUona, où il fonda une église calviniste, malgré Topposition des Belges et des Allemands réformés, qui, par esprit de vengeance, l'accusèrent de favoriser le luthéranisme, l'arminianisme, le socinianisme même. Le fougueux Jurieu s'en émut, et, dans une de ses Lettres pastorales de 4 690, il osa répéter, sans aucune espèce de preuve, cette accusation. La Conseillère se défendit dans une brochure intitulée : Plainte et apologie touchant les choses dont il est faussement accusé par M, Jurieu dans sa dernière lettre prétendue pastorale^ 4690, in-i". De son côté, le consistoire d'Altona porta une plainte devant le synode vrallon, et La Conseillère se rendit en personne en Hollande pour y donner suite. C'est probablement à cette occasion qu'il publia sou Factum contre Jurieu, 4690, in-4*.Le svnode invita Jurieu à administrer des preuves et lui donna quelques mois pour s'en procurer; mais, malgré l'activité qu'il déploya, l'accusateur ne put acquérir que des présomptions, ce qui ne l'empêcha pas de renouveler contre le pasteur d'Altona son accusation d'hérésie dans une brochure qu'il publia en français et en allemand. La Conseillère riposta par \iue Nouvelle réponse à M/Jurieu, 4690, m-i% où,

relevant dans les livres du célèbre ministre auelques-unes de ces propositions hétérodoxes ou fanatiques qui s'y rencontrent eu assez grand nombre, U l'invita à se défendre plutôt qu'à accuser. L'affaire arriva enûn, après d'assez longs délais, de vantle synode d'Amsterdam, qui reconnut que La Conseillère avait donné lieu à des soupçons légitimes de socinianisme, en fréquentant des personnes notoirement hétérodoxes , comme Auheri de Versé et Papin; toutefois il se contenta de lui faire signer de nouveau les actes du synode de Dordrecht, ce à quoi La Conseillère consentilsanshésiter.En agissant ainsi, le pasteur d'Altona mentit à sa consdence; car il est certain qu'il rejetait, entre autres doctrines calvinistes, celle de la grâce particulière; mais la compression n'est propre qu'à faire des hypocrites. De retour dans son église, il continua d'ailleurs à être en butte k tant de tracasseries qu'il finit par donner sa démission. 11 se retira à Hambourg où il vécut d'une pension que son église lui fit jusqu'à sa mort, arrivée le 42 oct. 4699. Le seul ouvrage on peu considérable qu'il ait mis au jour est un Traité historique et théologie que touchant Vétat des âmes après lu mort^ où par le témoignage de quel^ ques anciens docteurs, et surtout de saint Augustin, Von fait voir Vori^ gine et Vabus du purgatoire de VEglise romaine, Hamb., 4690, in-8*.

Moller nous apprend qu'il avait laissié aussi des Sermons ^ mais il ignorait s'ils avaient été livrés à l'impressiou.

La Conseillère eut un fils. Pibbbi, sieur de La Conseillère, qui étudia la médecine sous Boerhaave et fut reçu docteur en 4740. Plus tard, il abjura la religion protestante et rentra en France, où il mourut, le 2 janv.4739.

On a de lui une très^bonne description de la colique hépatique, publiée dans le Journal des savans (4724).

IIËIGRET ( Lambert), dit le Magnifique (4), sieur de Lives, Le Mée, Boissettes, Pouilly-Galeran, trésorier

(1 ) Ce nom est aastl èerit If «jy r»/ ao Mé§Nt,

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4a France àvùè le Milanais ivendant les pierres de François 1*', s'était, chose tare ebez les gens de finance, coml^orté dans sa ckarge a avec une grande beilité à obliger » , nous dit Blanchard, à»us ses Présidents à mortier du pariemeni de Paris. U avait fait au roi des «tances qui ne lui avaient pas été remboursées, de sorte qu'il s'était fioalenent trouvé réduit à la nécessité de wependre ses paiements. Au lieu de ▼anir en aide à un homme qui s'était mis dans la gène pour son service, ■f nnçois I" usa à son égard de la plus grande rigueur, li le (il emprisonner $u Peiit-Cfaàtelet et eonilamner, en 4it7, par un^ commission k une a- «anée de 45,000 livres et à la perte de tous ses oféUes royaux. Redevenu atoiple parUeulier,M6igret tourna toute aon activité vers l'étude des questions religieuses qui agitaient les esprits; il sa jeta ainsi au-de vantd'autres dangers. La pénqltième d'août 4534, convaincu d*aveir mangé de la viande en carême al aux jours défendus, il fut condamné à l'amende honorable, à la confisoalian de ses biens et à cinq années de bannissement. H fut dépouillé, raconte Blanchard, de tout ce qu'il possédait, jisqu'k sa maison de Paris [où il avait aa, en 4 5S6, l'honneur de recevoir le légat du pape], qui fut donnée h Anne de Montmorency, le fameux connétable.

«Ilavoit, ajoute le inèmeécrivaio,beauicaup plus mis du sien à faire les affaires Au roy qu'il n'en a voit profité, et il ne lu) restoit pour récompense que la qualité d'un hommed'honneur. » Ceflequniité laême, on a essayé de nos jours de la iui ravir. Oaliffe n'a pas rougi de traiter aftte victime du despotisme royal, du liiBatisme du clergé et de la cupidité das courtisans « d'intrigant chassé de France pour quelques mauvaises meaéei et qui cherchait à obtenir sou rap- ^1 par les services les plus bas. »

Banni de France, Maigret se retira k Qanève avec aa femme Catherine de ^kêmprond et ses deux fils AHraiiii ^1 lEiN. U ne tarda pas k s'y concilier

atimagéftéri^ par es iumièreS) ses

(alastf , «es vertus, et à tequérir daa droits à la reconnaissance desOenevaia par les services qu'il leur rendit. A la date du 43 oct. 4536, on lit dans laa Fragmens de Grenus: «On donne kLaa* rent Maigret et à ses enfans mâles ft^ écusparantantqu'ilsdemeurerontiei;»

et à la date du 44 nov. 4538 : « Les GG confirment au magnifique Mégret sa pension de 400 florins et son logement sa vie durant, tant qu'il sera bon Genevoysan, eu égard aux serviceji qu'il a rendus à la ville pendant It guerre de 4635, ayant procoré le secours que le capitaine de Yerey avoti amené, dans un temps où MM. de Bem^ na pottvoient pas nous en envover. • Cette pension de 400 florins lut av«H été accordée comme un équivalent de sa part du butin. Dès le t5 janv.JesdroHi de bourgeoisie lui avaient été donnés

fratuitemeut*^ cause de ses services.»

ers le même temps, sa première fem* ne étant morte, il se remaria avec Jfarg%er%te Searron. En 4544, il entra dans le conseil des LX.at trouva danii cette position peur ainsi dire eieaptionnelle, car il était fort rare que le$ nouveaux bourgeois fussent admis an conseil d'Etat, de plus nombreuses occasions de rendre des services à e>a patrie d'adoption, dont l'indépendance était son vœu le plus cher. Appelé \ témoigner dans le procès de Perrin, il fit une déposition qui déplut aux Bernois. A leur instance, on le mit en jugement, comme coupable de menées criminelles contre la liberté de la ville. Cette sollicitude de Berne pour l'indépendance de Genève est suspecte .Tout ce que l'on put d'ailleurs prouver contra Maigret, c'est qu'il avait reçu des lettres du président du sénat de Èhambéry ; or, c'était par ordre du Conseil même qu'il était entré en correspondance avec ce président, qui lui avait le premier fait des ouvertures at| sujet d'une ligue entre (es Syissaf et la France contre l'empereur, a( toutes les lettres qu'il avait reçyas da lui toucha§t cette allianci», il s'étaitai^pressé de les communiquer k^altifi, a

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bailli d6NyoD,aux Conseils de Genève.

Les réponses de l'accusé parurent victorieuses è ses juges, qui lui rendirent la li|)erlé; mais les députés bernois exigèrent udo nouvelle enquête- Pour complaire à leurs puissants voisins, les Conseils genevois recommencèrent la procédure, malgré les éneigiques réf** clamations des ministres contre cette iniquité, et cette fois, Meigrel succom^ ba. Il recouvra, il est vrai, sa liberté le 16 janv. 1548, et conserva méma sa pension de 400 florins, mais il fut exclu des Conseils dont il élait membre. Il vivait encore en 1 551 .

Lambert Meigret avait deux frères, L'un d'eux, Jean, conseiller; puis pré»

sidentà mortier au parlement de Paris, resta fidèlement attacbé ï la rçligipii romaine et y fit élever ses deux neveux, qu'il alla chercher à Genève après la mort de leur père. L*âulre, nomment?

99f^,ajoué un rôle assez important com-^ me apOlre de la Réforme en France.

Né à Lyon vers 1^00, d'upe famille noble et ancienne, Aimé Meigret entra fort jeune dans le couvent de Sain|9- Marie-de-Cpnfort. Son frère Lambàft s'étant chargé de tpus l^s frais de son éducation, ses supérieurs renvoyèreaji faire ses études au couvent de Sainte Jacques à Paris. Ses progrès furent ra^r pides. Bachelier en 15 1 5, il passa avec honneur son examen de licence ep 1 520. Il s'était déjà acquis è Lyon iind certaine réputation comme prédicateur* lorsqu'il osa, dans un sermon prêché àGreuoMeetimp.souscetilre:S^rff^9i presché à Grenoble le jour de SM<^re Etang eliste^ avec une EpUre en latio adressée au sénat de Grenoble, Lyoo« 1 524, in-1 6 et in-4^ avancer certaine^ propositions fort peu orthodoxe^, qui soulevèrent contre lui le zèle des Sor-r bonnisles, celles-ci surtout : La pro-?

hibiliondu mariage et l'abstinence des viandes sont deux lois diaboliques at bypocriliques*, — Les canons et les décrétales sont des traditions bumai^ nés, on ne doit pas s'en soucier; -rr Un païen qui a i^tentios de sijLÎvre la ravipB e§t sauvé, duuhi^a fu'il OA

soit jamais baptisé; — Les vœux bo sont pas perpétuels; — Il y a troil Marie - Madelaine , et Marie, sdaur da Marthe, n'est pas pécheresse; — rCtt" lui-lk médit et calomnie qui appelle Luther un mécbaut homme. Arrêté par ordre de la régente, Meigret fut amené k Paris, et condamné, par sentence dt la Sorbonne, le 9 mars 1524 (v. s.), à faire amende honorable, et son seiv mon autre brûlé. Dans sa Bibliothèque des Frères prêcheurs, Echard dit qu*U croirait volontiers que Meigret abjura ses erreurs , parce qu'il est loué par tous les auteurs de sofi ordre. C'est que ees auteurs ne savaient pas ap^** remment que Meigr#t avait exereé laa fonctions du ministère évangéliquê dans les églises de Moensetde Genève, del54|à 1546, année oùilfutdéposé, le 20 mai. comme complice de Hênri if^Laiforef (Voy. YLp,237).

Outre le Sermon cité plus haut, b% a d'Aimé Meigret :

I. Quœ9lionesfr<UrisAmadêiMaiT greti, lugduneusii^ oréinii Pradù catortm, in libros de cmlo et mumiOt Me Commentaria in libres AritiS'^ tilis deeœlo et mundo, Paris, 4514, in-fol.

II. Commentaria sive qumstioneê in libros ArisMelis de generationê et corruptione, Paris., 1519. in- fol.

— * Dédié è son frère Lambert.

1I|;i|.L1|lII (Jacques) ne nouseaf connu que par la mention que le P.

Lelong fait de lui, en le qualifiant d« français calviniste. Il a publié Prover^ biormn Salomonismetaphrasisgrmv ca metrica cum versions latine ^ Gen., 1599, in-S*.

iMEMiiT (BaaTaiND de), sieur de Saint- Martial, gentilhomme du Périt gord, était fils de Jean de Melei a| de sa seconde femme, Hélène de Pa-e toui}. 11 naquit vers 1560, et à l'âge dt douze aps, il fut admis comme page % la eour de Jeanne d'Albrei. Il fit ses premièrfs armes «ous Langoiran, a« siège de Périgmmx, et ne tarda pas à ehtepif une enseifue de gens de pied; £i^ 4^86, il reçut du roî de Navarre

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