‹ La France protestante (volume 3)Chapitre 138 sur 169 · PERSÉCUTÉS PAR MUIR EN · texte numérisé non relu

PERSÉCUTÉS PAR MUIR EN

IMle de Ré. C. Ayrault, Barbot, Baudouin^ Berteaud, F. Bertrand, Bouineau, Boutonnière J, Boulet, Richard Brameri, P. Bulaud,ltë§c Charrier, deChésaulx, t.oston,G, Cothonmmt^ Isaac Du Pont, Du Thay, Fleuritton, France^ J, Gallais, Ch, Gautereau, Grégoire Goujon^ Grain, P. Jatteau, Phil. Janvier, El, Jeuneam^ de Lafons, de La Porte, Le Cercler, DanJiM» son, Martin, Franc. Métayer, Jacq. Métayer^ Ridiard Poltevinière, P. Proust, Nie. Rappé^ And. Ribouleau, Samson, Et. Sorret, J, Vêl' leau, P. Valleau, Louise ViUeneau, P. Vt//eneau ; — 2* La Rochelle: Alaire, AmeM^ Androuin, Bailli, Louis Bamilet, Baulol, Paul Bion, Bonnin Bouhereau, Chaitlé, Cmtonneau, J Cousot, Catherine Essouan, Fmnereau, Marguerite Garileau, Jeanne CoR/ttfr, Elisabeth Gourdon, J. Gourgeault, P Guéri, Guibert. Susanne Guiieau, Journaulty La Lc<gne-Ste-Hermine. Masiioti,Mercter, J.Michtm^ J Montaubau, Moussaud, d'Olbreuse, Papin^ J. Pavillon, Jacq. Piron, Franc. Pourteën^ Uenri de Banques, Reynard, Susanne Ridtmrit Dan, Rirel, Guit, RoOie, Snint-Mard, SmU- Yictor,Jacquet Swllie^, Tharai; — 3» Loct-

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II» 4cole compta bientôt m très-graod fidiniire d'élètes. Le produit de Bon Ira- TtifBoffisaitflttAplement^ renireliende .sftfbmilie; mais de nouvelles épreuves INutendaient. Sa femme mourut, le 2S ilir. 1683, des suHes d'uùe couche, éÊB% lot BOfilimenls les plus touchants d^mopfété vive et c^cère. A peine Tattîwii 'déposée dans la tonrhe qu'on lui signifia la Déclaration du \ \ janv.4 683, l^ntt défense à tout instituteur pro- UÂtsnt de recevoir des pensionnaires.

Lt douleur qu'il éprouvait de la perte 40 8ai^emme, le rendit presque insen- ^Atk Ce coup imprévu. Il se soupiit en içioi ses six pensionnaires dans des Ôlios protestantes de ia ville ; mais 09U ue faisait pas te compte de Bar- Min, Hnstituteur apostat, qui le fit ci- Hit devant le juge, l'accusant d'éluder lèà dispositions de la déclaration du roi. iOèile f iTaîre toutefois u*eut aucune sui- It. L'éeole ne devait-elle pas disparat- IH» tvec l'église, et les mesures de plus ^ plus violentes du gouvernement ÉÎ^iWMMiçaient-elles pas la ruine proekàihe de l*hérésie en France ? Le clergétomain pouvait patienter un peu.

Psrni les Protestants eux-mômes, ]ê$ moins clairvoyants s^ttendaient à Hhe catastnbphe. Migault prit ses mesut^ en conséquence. 11 congédia ses élèves, dispersa sa famille chez quelqoe$ gentilshommes du voisinage, et fMta seul i Mauzé, attendant les évé- Mments. Â l'arrivée des dragons , le t^ sept. I6S5, il se h&ta de quitter sa Isiaiftdn.qui fut saccagée ; on n'y laissa <|«6 les quatre murs. Pendant un mois, 9 Brra ça et 15, se cachant le jour, ne iroyàgeant que la nuit, et ne demeurant jtinais plus de quarante • huit heures 4iii8 le même lieu. Il finit par trouver in asile chez M. é'^Olbr^usc, qui le fit BiMer pour son intendant; mais la Déclaration du 44 janv. 4686 lui enleta ce dernier abri et le jeta dans des angoisses d'autantplus poignantes, que

lilé* indésignées : Bouherenu^ de Brueithac^ HfÊfeJt CoehfrêH, Simon Du Pwty Joseph Meêkf^Guibert^ la Foresl^ m\n'i»iT(i,La Seiguiwiiére " Pûqhm^ M^j0n, ministre, B^uHn,

SM enfants se trouvaient alors pressa Umi réunis autour de lui. 0 Les dra^ gons, rjconte-t-il , battaient le pays d'un bout à Tantre, et les personnes que leur hitmanité et leurs dispositions hospitalières rendaient suspectes a- Ttient à essuyer tous les jours des visites domiciliaires. C'était s'exposer aux plus grands dangersque d'accorder ufi asile \ un malheureux fugitif. La terreur planait sur toutes les tètes : lo frère osait k peine ouvrir sa maison h son frère.» Dans sa détresse, Migault prit lé parti de retourner à La Rochelle pour tftcher d'y trouver les moyens d'émigrer; mais, dès le lendemain de son arrivée, il fut arrêté comme suspect et jeté en prison. «On me conduisit, rapnorte-t-il, à la tour Saint-Nicolas, et l'on m'y enferma tout en haut, dans un petit étage qui, avec beaucoup d'autres, sont dans l'épaisseur des muftilles; et, quoique, dans ce trou, le n*lBU8se pas assez d'espace pour m y pouvoir coucher tout au long pour dormir; que, pendant trois ou quatre semaines, je n'y visse ni feu ni chandelle; qu'il fit un extrême froid, et que je ne pusse me promener pour me réchauffer ni voir le jour que par un petit trou; cependant j'y étois assez bien de toute manière pour y pouvoir vivre deux, môme plusieurs années, attendu que trois de mes amis, qui sont MM. Site HêraulUacq, Martin tKDavid Bion, prenoient un soin particulier de m'e^voyer chaque jour ce qui m'étoit nécessaire. » Quelques jours après son arrestation, il reçut ia visite de sa fille Jeanueton. «Elfe m'apprit, raconlet-il à ses enfants, à qui il adresse son Journal, elle m'apprit l'état de vous tous, et comme Anne étoit allée en Poitou, Marie et Elisabeth hors de la maison où je les avois mises, sans que

Personne voulût ou osât les recevoir, ean et Philémon retournés à Olbreuse sans oser de jour entrer dans aucune maison. Et elle» qui me parlait, ajouta qu'à son retour, elle ne savoit à qui s'adresser, personne ne voulant aucun d'eux. 9 Pendant trois semaines Mi-

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Istfft résîiU atit pleiiri de «a fille «t k ses prières; mais, aprts son départ» le triste tablean qu'elle lai avait mis éous les yeux se représentant plas vivement à son îroaginalion, « ralTection char* nèfle et naturelle» triompha, «et il ent la Ucheté d'écrire son nom an bas d'un papier qa'oa lui présenta à signer; » après quoi on le mit en liberté (f).

« J'avais, conlinue-t-il, trouvé Ans mes craintes pour ma propre sûreté, et dans les alarmes dont mon esprit était agité pour ma famille, les raisons le^ plus plausibles pour me faire envisager cette dgnature comme l'acte le plus innocent; mais, ceuimiî me gardaient n'eurent pas plas toi disparu, je n*eus pas plas tGt recouvré ma lierté, que Je me sentis le mépris le plus profond pour tous les sopnismes qui m'avaient trompé, fasciné, et je tis mon péché dans toute sa difformité et sa noirceur.» Dès lors toutes ses pensées tendirent vers un but unique : trouver les moyens de sortir de France.Uoe première lentative avorta par la vigilance des bateaux garde-côtes : des Soixante - quinze personnes réunies pouf s'embarquer, quatorze, au nombre desquelles étaient Migault et ses enfants, restèrent sur la plage et durent retourner h La Rochelle, où elles arrivèrent sans exciter d(H soupçons. Plus heureux une autre fois, il réussit à atteindre, le 19 avril f 68$, un vaisseau qui, après une longue et pénible traversée, lé déposa S La Brille, le S mai. Dès le lendemain, qui était un dimanche, 11 partit pour Rotterdam,où

(1) Il riut qrif II sitaation de la rtaiine de Nigaili lit «tébien déplorable poarque m lUe Jeanne l*ait cugage elle-même a abjurer, car, quelques mois aapiriVanf, elle avait résisté, avee un foorafe ai-deMos de son âge, iix fonvfrtisseara de Lonis XIV. Arrêtée chez un catboliqoe qai avaii bien voulu la recneUllr, et iritni^e chez le curé de Saint-Maxire, elle reftasl d« signer nn acte d'abjiratlofl, Bilfré les mmiiees et les violences des ungOBi. Le euré frit le parti d'inscrire dins I*acie qu'elle h*avaU pas signé parce qu'elle ne savait pas écrite ; mais Tintrépide jeine llle pfottsta à buta voii coutre ce mensonge, en déclarant qm il elle ne sigaiit pas, e'est qu'elle voulait rester fl<lM<* k sa croyance.

il biitsla, avec lotitf til eofllpi^MI de sa futle (I), mi téfViee dWto} 8t| to vendredi suivaùt, après tïnr Senhtfti dé ëirconstance prononcé par Gilbert^ ceux d'entre eux qui avaient en la biblesse d'abjurer firent une eonfetslon publique de leur péché et furent réçpnciKés avec TEgliSe. Higaùlt alla trtUbfir ensuite à Amsterdam , d'oft H flit appelé, en f6d6, comme lectenîr de régiise française et instituteur Si Bl&bden. 11 renfnlit ces modestes fonetiéhs avec zèle jtisqa'li sa mort, arrivée èi I7(f7. Sa première femme, lui a^ait donné quatorze enfants : 4* Àxxt, ttéè le 49 fév. 46G4; — V Lotis, mort au berceau; — V Jeanne, née le 4 2 tàwtt f 667.Gonvem9nte dans une familledë La Rochelle, elle resta en France loris de la fuite de son père; mais elle àna le rejoindre en Hollande quelques mois après; — I*JâCques, né le 3 arr.fees, qui réussit ^ franchir la frontière, lorsqu'on arrêta M. de ChahannjkrU routo des Pays-Bas, et gagna heureuseméttt Amsterdam; — 5*QABRiBt,né le SSJuin 4669, que le pasteur La Forett em* menaavecittlen Allemagne; — 6'Jea*, fié le S sept. 4670, dont Tîncondulto causa de grands chagrins à son père,6i qui Huit par passer à Saini-Domingiie; — 7» Philémon, né le 44 oct. 4671.

qui sortit de France avec M. ^Olbrâih^ se; — S* MineLAiitE, née en 4673 et morte jeune; — 9* Louis, né le 4 Janv.

4675 ; — 40* PiEBiE, né le 5 lÉiai 4676; -* 4I« Marie, née le 16 juill.

4 676, mariée, à Lubeck, avec Charles Uouely puis ayec BenriJaiCfnêàit:'^ ^î* BLiSAEtttf, née le 9 fév. 4680; -^ 43* René, mort au berceau. Migault afïïrme que le curé de Mougon voulut faire jeter aux chiens le corps de cet enfant! — 44^0LiviEa, né le SI février 4683. Pendant son séjour à Amske^dam,Migault se remaria avec E^itaMA

(1) Pirmi eenx qui l'iccooiMgnèmnt dus sa fuite, MIgaaIt cite le eapiiatne Jacot et m femme, la famille Boutin^ tfeihoii jeune, ^i venve PréverèÊUtt n flile, N»«et ||<i«d« CIdf- «9, CMPttt et sa famille, Menepurre^ M^Mih bMnli, Abel Bonnet et son ttls, Jeun Diilùiy louitthnlttverre^ J*M Wnrin^,

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Cacauaudt veuve de Pierre Chaigneau, de La Rochelle, qui lui donna encore deux enfants: Madelainb, née le Si févr. 4692 et morte, en 4750, dans le Holstein; et Fbânçois-Louis, né le 3 fév. 4694, qui alla s'établir au cap de Bonne -Espérance, où il mourut.

On a publié, diaprés un msc. trouvé dans une masure du faubourg de Spitalfields, à Londres, et sous le titre de Journal de Jean MigatUt ou Malkonrs d'une famille protestante du FoUou à l'époque de larévocation de redit de Nantes, Paris, 4825; Niort, 4840, in-42, une relation fort émouvante de. tout ce que le pauvre instituteur protestant eut h souffrir. Cet écrit, qui confirme ce que l'on savait déjîi par l'Histoire de la révocation de redit de Nantes, en y ajoutant de nouveaux et intéressants détails, offre un tableau douloureux des horreurs commises dans le Poitou par les dragons. La 3* édit., publiée, par M. le pasleur de Bray^ k Paris, 4 854, in- 4 2. a été améliorée d'après une copie msc. que possè* de M. Houelf pasteur à Groote-Lindt, descendant, par les femmes, de J.

Ùgault. Ce journal commence au mois de janv. 4663 et finit au mois de sept. 4689. On doit regretter que les premiers éditeurs aient eu le mauvais goût de travestir à la moderne le vieux et naïf style de l'instituteur poitevin.

MIL A (Jean), procureur à Montauban.victime d'unedes plus criantes iniquités du gouvemementde Louis XIV.

£n 4681, le syndic du clergé présenta ^ Foucauld une requête tendant à ce qne défense fût faite à Jean Mila, Jean Causse^Pierre Dumas, Daniel Pages y DaoidCaminehDavid Villaret eiPaul Belvète, tous procureurs au présidial , d'exercer leurs fonctions à l'avenir, sous prétexte que leurs provisions avaient été surprises. Le fameux intendant ordonna, en conséquence, aux sept procureurs huguenots de rapporter leurs titres et provisions, qu'il remit au proenreur du roi Lafitau pour qu'il fournit des contredits. La lettre suivante de Lafitau , que nous reproduisons tex-

tuellement, en conservant l'étraugeté du style, nous apprenddans quel esprit d'équité le procureur du roi procéda à cette enquête : « J*ay instruit, écrivitil quelques jours après à Foucault, cest affaire avec toute i'aplication dont j'ay esté capable tant pour Tintercst de la religion que celuy du roy . k Tégard de la religion, ceste interdiction est de la dernière conséquence, puisque les procureurs de la R. P. R. font subsister plus de trente advocats de leur religion par les affaires qui(«t(;)leur mettent en main, et laissent nos advocats catholiques sans employ,outreque si ces procureurs de la R.P.R.sont interdits, il y a beaucoupdes (sic) advocats catholiques aux environs de Montaubanqui n'attendent que ceste interdiction pour venir résider en ville, et les procureurs catholiques qui restent seront occupés au lieu qu'ils ne font rien, parce que Montauban et le ressort du sénéchal est {sic) remply des (sic) religionnaires qui ne se servent que des procureurs et advocats de leur religion, ce qui n'arrivera point si les procureurs sont interdits, et il faudra que les religionnaires passent par les mains des catholi' ques, puisque nos procureurs ne se serviront que des advocats catholiques.» Le zélé procureur ne s'étendait pas aussi longuement sur l'intérêt du roi : il se contentait d*établirque S. M. avait le droit de disposer des emplois des sept procureurs comme il lui plairait. Avec d'aussi excellents principes, le digne magistrat dut faire son chemin. Foucault, tout ardent ennemi qu'il se montrait d'une religion qui déplaisait au maître, éprouva quelques scrupules à dépouiller de leurs charges Causse et Dumas, dont les titres, disait-il, étaient inattaquables. Quant aux quatre autres, il n'hésita pasâi dé* clarer leurs provisions subreptices, et les destitua. Bcivèze adressa une requête au roi et prouva, pièces en main, qu'il exerçait son emploi depuis 4 659, et qu'ayant déjà été inquiété dans ses fonctions, il avait obtenu trois arrête» an de l'intendant et den tfn Conieil»

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