‹ La France protestante (volume 3)Chapitre 14 sur 169 · LE · texte numérisé non relu

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« ayant etiayis que ceux delaR. P. R., méprisant ce qui est prescrit sur les enterremens de leurs morts, et fondant leurs entrep rises sur un prétendu usa ge, avoient non - seulement exposé ledit ministre en public, la face découverte, mais aussi fait porter en plein jour son corps en leur cimetière avec une pompe * tcandaleuse, » fit rendre, le 20 janv., par son conseil d'Etat, un arrêt qui soumit la principauté de Sedan à toutes les déclarations, édits et arrêts rendus contre les Réformés de France. L*abbé Bonillot fait observer que les Protestants ne se sont pas montrés plus tolérants dans les lieux où ils dominaient.

Le reproche est peut-être juste, mais le fanatisme n'en est pas moins condamnable.

LE VA880R(MiCHEL),paraphraste et historien , né à Oriéans vers 4 648 , d'après Paquot, et morr dans le comté de Northampton, en 4748.

Le Yasser était membre de la congrégation de l'Oratoire. Quelques réprimandes que lui attirèrent de la part de ses supérieurs certaines opinions qui ne parurent pas orthodoxes, et le refus qui lui fut fait d'un bénéfice qu'il sollicitait, l'engagèrent, dit-on, à déserter son ordre et à se réfugier en Hollande, en 4695. De là, il passa en Angleterre, où il embrassa les principes de l'Ëglise anglicane. Le roi Guillaume , à la sollicitation du docteur Burnet, lui fit une pension, et iordPortland le combla des marques de sa faveur. Mais sou Histoire de Louis XIll lui fit perdre, diton, les bonnes grâces de ses protecteurs. Telle est du moins l'opinion de M. Weiss, qui prétend qu'à la suite de cette publication. Le Yasser n'eut plus en Angleterre qu'une existence malheureuse. Mais comme ce même biographe le fait mourir à Londres, tandis que d'après les Nouvelles littéraires de La Haye (T. VIll), « il mourut dans la province de Northampton , où il avait un bénéfice, » on peut sans scrupule mettre en doute la fidélité de ses renseignements. Au témoignage du même M. Weiss, Le Yassor « était un homme

laborieux, d'un commerce sûr, d'une conversation agréable et instructive; mais les injustices dont il croyait avoir à se plaindre , l'avaient aigri. »

On lui doit les publications suivantes:

T. Delà véritable religion, Paris, 4688, in-4*. — Aux yeux de l'auteur, cette véritable religion était celle que les Pères de l'Oratoire lui avaient enseignée. Mais, quelques années plus tard , ce ne fut plus la même. Nous le constatons sans lui en faire un crime.

«Combien de choses nousservoienthier d'articles de foy, qui nous sont fables aujourd'hui ! » disait Montaigne.

H. Paraphrase sur V Evangile de S. Matthieu, avec des ré flexions sur VEist,crit> duN, T, par R.Simon, Paris, 4 688, in-42; 4 689, d'après le Gâtai, de la Bibl. roy.; anonyme, au rapport de Barbier. — M. Weiss nous apprend que les Réflexions annoncées sur le titre ne se trouvent pas dans le volume.

III. Paraphrase sur V Evangile de S.Jean, Paris, 4 689, in-42; anonyme.

— Le Cat. de laBiblioth. de Grenoble en indique une édit. de Saumur, 4 654 , in-8» ; c'est évidemment une erreur.

ÏY. Paraphrase sur VEpitre de S, Paul aux Romains, sur VEpitre aux Galates et sur VEpitre de S. Jacques^ Paris, 4689, in-42; anonyme.

\. Lettres d'un gentilhomme francois sur V établissement d'aune capitation générale, Liège, J. Le Bon, 4695, in-42; attrib. par Barbier à Le Yasser.

YI. Traité de la manière d*ex<i^ miner les différends de religion, Amst., Pierre Brunel , 4 697, in-4 2. — Au jugement de Paquot , cet ouvrage semblait tendre à un accommodement « par la manière honnête et peu commune aux P. R. dont on y parloit au clergé de France. »

Yll. Lettres et Mémoires deFr. de Vargas, etc. touchant le concile de Trente, trad. de V espagnol avec des remarques, Amst., 4699, in-8*.

YUI. Histoire de Louis XII J, roi de France, contenant k$ choses Us

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plus remarquables arrivées enFrane4 et en Europe^ depuis la feinte aboli tion de la Paulette jusqu^à la con~ damnation d^un livre de Santarêly jésuite, Âmst., P. Brunel, n00-M,et 4750, 40 tom.en 20 vol., iD-1â; Amst.

[Paris], 1757, 7 vol. in-i*; AmsU, 4 762, 6 vol. in-4'.— Histoire écrite avec passion, mais généraiemeD t avec la passion de Injustice et de la vérité. C'est ce que remarque Sismondi. Selon lui, l'auteur est toujours animé d'un sentiment honnête et vrai, d'un amour sin- Gère pour la liberté politique et religieuse, et pour l'humanilé. Seulement il lui reproche d'accepter avec trop de facilité les accusations répandues contre Richelieu par ses ennemis, et de laisser percer un peu trop d'animosité contre Louis XIV. Mais ces quelques taches n'autorisaient pas Voltaire à appeler l'auteur « un déclamateur odieux. » On pouvait très-honnêtement ne pas user des mêmes ménagements que l'auteur du Siècle de Louis XlV.Se- Ion ce dernier,Le Vassor«nese trompe que sur peu de faits, et passe pour s'être trompé dans tous ses jugements. »

En effet, certains critiqties ne lui pardonnent pas d'avoir osé révéler des choses que tout le monde taisait Louis XIV se sentit blessé. Nous lisons dans une lettre adressée àiTorcy,sous la date du 20 oct. 4700 : « On continue en Hollande l'impression de l'Histoire de Louis Xill par Le Vassor, et les dernières nouvelles qu'on en a receu, fpnt croire qu'on en est au 4* ou 5* volume. L'autheur corrige luy-mesmeleseppreuves,et les HoUandois qui n'ont aucune part au gouvernement, paroissent surpris que le magistrat tolère une telle insolence, et qu'un imprimeur ose mettre son nom âi un tel ouvrage. Le roy m'a ordonné de vous avertir de prendre son ordre sur cela » {Arch. £. 3386). Les despotes ne seraient-ils pas trop heureux, s'ils pouvaient étouffer la vérité, même après leur mort ? N'enlevons pas aux malheureux qu'ils ont foulés et persécutés, cette suprême consolation, et à la vérité son dernier refuge. L'histoire

de Le Vassor, faite sur le plan de lliii* toire de J.-Â. de Thon, comprend le récit do tout ce qui s'est passé en R«rope de remarquable durant le lègM de Louis XIII. L'auteur rapporte teituellement ses autorités, et à ce poial de vue, il vaut à lui seul une bibliotbl^ que, dit Sismondi, car son érudition Mt vaste.

Quelques-uns ont attribué ^ tort à Le Vassor : Les soupirs de la France esclave^ etc., écrit périodique qui eti dû à Jurieu. A l'époque de cette p«blication (4689), Le Vassor n'avail pas encore quitté son ordre.

LE VAYU (Denis) , de FoDtenay en Basse-Normandie, martyr en 4554.

Le Vayr était un prêtre converti aiiK doctrines évangéliques. Après son aibjuration , il s'était retiré à Genève «I s'était fait libraire dans le but de cdotribuer, autant que possible, à répaidre la religion qu'il venait d'embrasser* Il fit donc plusieurs voyages en France emportant avec lui des ballots de livrée, qu'il répandait partout où il passait.

Plus tard, il alla s'établir dans l'Ile de Guernesey où il remplit quelque tempe les fonctions de ministre dans un village. Forcé de quitter cet asile par les persécutions que la reine Marie exerça contre les Protestants, il repassa sur le continent dans l'intention de se retirer à Genève ; mais les caisses de livres qu'il transportait avec lui, ayant éveillé les soupçons du procureur du roi, à son passage à La Feuillie, il fut arrêté et conduit dans la prison dePériers, d'où»

après un premier interrogatoire, il fui transféré «h Rouen par ordre du proca* reur général. Le parlement le condamna au bûcher, en ordonnant, par on raffinement de cruauté, qu'il serait a surhaussé par trois fois sur le feu.» Q devait aussi, a vaut d'être conduit ausu^ plice, être appliqué à la question extnordinaire,pourle forcera «déclarer ceux de son opinion. » A la lecture de cette sentence, LeVayr protesta avec tant de fermeté qu'aucune espèce de tortures ne serait capable de lui arracher les noiM des Fidèles de sa connaissance , parce

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qu'il lui était indifférent de mourir ï la gêne ou dans les flammes, que les juges, persuadés qu'il disait vrai, Peu- Toyèrent directement au supplice. En sortant de la conciergerie , le martyr ayant voulu adresser quelques paroles au peuple, on lui coupa la langue.

Après ravoir traîné devant Notre-Dame pour lui faire faire amende honorable, le bourreau le plaça sur lo bûcher, et les flammes — le bourreau aurait-il été plus humain que les juges? — l'enveloppèrent avec tant de vioIence,qu'il fut impossible de l'en retirer ainsi que le portait la sentence.

LE VËNIER (François), sieur de La Grossetière et de St-Agobille, dans les environs de Marchenoire, naquit en 4602, deLottû LeVenier, sieur de La Grossetière, et de Louise d*Angennes.

Il épousa, en 4 635, Elisabeth Tallefnant , fille de Pierre Tallemant et A^Elisaheth Bidaud, Resté veuf avec cinq enfants , il se remaria, en \ 657, avec Blanche Marbault, veuve de Jacques de Robineau, sieur de Bretancourt; puis, en troisièmes noces, en 4 662, avec Anne Le ^^Z, veuve de David de Guisèle , sieur des Barreaux {Re§. de Charent,). Il mourut à Paris en 4674, à Tâge de 72 ans, et fut enterré, le 6 juill., au cimetière des SS. Pères. Ses enfants furent : 1 * Paul, mort jeune; — 2* François, né en 4 638; — 3* SiMÉoif , sieur de La Grossetière et de Clesles, né en 4644 et mort en 4678; — 4** Louise-Elisabeth, mariée , en 4 660, à Paul de Villeneuve, sieur d'Amblelles, lequel mourut en 4 676, après en avoir eu quatre enfants; — 5* Elisabeth , baptisée le 6 sept.

4652. — Gaston Le Venier, sieur de La Grossetière, né en 1 627, qui entra au service dès l'âge de 4 8 ans et fut, en 4 683, enfermé au Château-Trompette (Arch, gén. M. 665) était-il son frère?

LEVESQUE (Paris) , fils de Jean Levesque, sieur de Fay et de Goudelancourt, et de Marie de Duy, fut élevé page do Louis de Bourbon , prince de 'Coudé. Il avait une sœur.

nommé Jeanne , qui épousa Antoine de Crécy, sieur de Bligny, cité par Du Piessis-Mornay au nombre des principaux gentilshommes huguenots. Ces deux circonstances réunies nous portent à croire que les Levesque professaient la religion réformée , d'autant plus que dans les Registres de Charenton , nous trouvons mentionné un René-Abimélec Levesque, sieur Dudeffant, qui accompagna au champ du repos son cousin François Fleury, sieur de Villeneuve, mort, en 4 680, à Tâge de 60 ans. Ce fut sans doute pendant qu'il guerroyait dausTOuestii la suite du prince de Condé , que Paris Levesque épousa, en 4 575, Claude de Susanne, fille de François de Susanne et de Marguerite de C ardaitlac, dont il eut Madelaine , femme de Jacob de Conflans, baron de Yezilly, chambellan du duc d'Alençon.

LE VIEU (Charles), libraire à La Haye, qui s'est fait connaître par une belle édition des Annales des Provinces-Unies, à laquelle il a mis une Préface {Voy. II, p. 9) et par d'autres publicalious importantes, est auteur luimême d'une espèce de roman religieux et chevaleresque qu'il a mis au jour sous l'anagramme A* Hercule Rasiel de Selva. En voici le titre : Histoire de l'admirable don Inigo de Guipuscoa, chevalier de la Vierge et fondateur de la monarchie des Inighistes, avec une description abrégée de l'établissèment et du gouvernement de cette formidable monarchie , La Haye , 4736, 2 vol. in-8»; réimp. avecl'Anli- Cotton et l'histoire critique de ce fameux ouvrage, La Hâve, 4738 , 2 vol.

in-42; [Paris] 4738,^2 vol. in-4 2. On aurait tort de croire que, comme les auteurs de romans historiques qui sont venus après lui, LeVier a altéré l'histoire au profit du romau. Il s'est rarement permis cette licence, se contentant de faire ressortir les bizarreries de son héros, le fameux Ignace de Loyola, dont toute la conduite n'ofi'rd que trop de prise à la satire. — Nous n'avons pu, malgré de nombreuses re-

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cherches, acquérir la conyiction que Le Vier était français de naissance.

Nous avons seulement trouvé dans les Reg. de Charenton un Jean de Vier, sieur de Dommerville, capitaine au régiment de Jonsac, qui fut enterré aux SS. Pères, le 7 oct. 1 667, et les deux noms offrent une si grande analogie, qu'il ne serait pas impossible (cela u'arrivail que trop souvent) que le gardien du cimetière eût estropié le nom de ce capitaine.

LÉVIS (Jean-Claude de), baron d'AcDON (aliàs Audou ou Odoux)^ second fils de Gaston de Lévis et de Marie d'Astarac-Fontrailles, fut un des chefs les plus braves et les plus habiles des Protestants dans le Haut-Languedoc. Dès 4 567, nous le voyons marcher au secours de Coudé à la tête d'un corps de troupes levé par ordre de l'assemblée de Mazères, à laquelle il avait assisté, ainsi que le baron de Caumont, Saint-Léon ^ Cubières et d'autres gentilshommes huguenots du pays de Foix {Voy. IV, p. 48). Gouverneur de Mazères, en 1368, il courut, avec le sieur de So^a» et le vaillant capitaine Fantillon, sieur de Gudannes, au secours du château de Léran attaqué par Bellegarde, mais défendu avec succès jusque-là par le jeune Trulha , le capitaine Rocles^ le puîné de la maison de Léran, le jeune d^'Ajac, Godefroy, Senesse eiMailloL qui fut tué dans une sortie. Il parvint à s'y introduire avec un renfort de 300 hommes. Le siège fut poussé par les Catholiques avec un acharnement sans égal. Le village ayant été brûlé, les assiégés se retirèrent dans le château et continuèrent à se défendre avec tant de valeur que l'ennemi fut enfin forcé de battre en retraite. Ce succès, qui fut dû eu partie à la bravoure, au sangfroid et à la présence d'esprit de Pélissier de Damasan, ne produisit pas les résultats qu'on pouvait en attendre.

D'Audon, qui avait reçu à la cuisse une blessure grave, se vit forcé d'accepter les conditions fort honorables d'ailleurs que lui fit offrir Joyeuse.

L'accommodement portait que la garnison protestante serait réduite à cent hommes et que la dame de Lérau aurait le libre exercice de sa religion.

A peine guéri de sa blessure, d'AadoD se remit en campagne. Le S7 sept.

\ 568, secondé par les capitaines p£igne et Fantillon, qui venait de sauver le château d'Heurs assiégé par les Espagnols, il se rendit maître de Tarascon et ravagea toute la vallée de Vie* Dessos; mais, dès le 9 juin suivant»

les Catholiques lui enlevèrent sa conquête. Toute la garnison avec le gouverneur Plagne fut égorgée, à l'exception de 66 hommes, qui, au rapport da prêtre Lascases, furent réservés comme victimes expiatoires du meurtre du curé d'Oroolac , mis à mort par ordre d'Audon , et qui furent précipités da haut d'un rocher. L'année suivante, d'Audon conduisit à Coligny une troupe de baudouliers qu'il avait levés dans les Pyrénées, gens féroces et indisciplinés que l'amiral ne voulut point recevoir dans son armée et qu'il renvoya dans leurs montagnes.

Depuis la Saint-Bartbélemy, d'Audon vivait retiré à La Bastide -Beauvoir, lorsque, après le meurtre du baron de Léran, ses coreligionnaires allèrent le supplier de se mettre à leur tête. Il finit par se rendre à leurs instances, et Géraud de Lomagne le nomma gouverneur de Saint- Paul. Sa première campagne fut heureuse, au rapport d'Olhagaray ; il força Joyeuse à lever le siège d'Alet(<).' En 1575, il prit Saint-Girons , mais il échoua dans une entreprise sur Pamiers. La même année, une assemblée teuue à Saverdun, au mois de mai, et à laquelle avaient assisté S^W^(W, Pierre Prat, capitaine de Mazères, Lamesan, gouverneur du Caria, Jean Fournier, com-

mandantduMas-d'Azil, et une vingtaine d'autres députés des églises du pays de Foix^ avait confirmé sa nomination

(1) DcThoueile parmi les chefs protestants qui reprirent Castres, en 1574, Jeao-Autoine de Lévis d'Odoax; ne faudrait-il pas lira Jean-Claude?

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am fonctions de gouTernenrdo comté, et fixé son traitement à 400 livres.

En 4 577 , d'Audon marcha aa seconrsde Castelverdun, accompagné de sesdeux neveux. En 1.H80,il surprit de noQveaa Tarascon , mais les habitants ne tardèrent pas à l'en chasser. Il alla ensuite servir sous les ordres de Tih nnne. En 4584, le roi de Navarre Je nomma sénéchal et lieutenant- général dans le pays de Foix. La nouvelle du massacre d'Âlet , en i 586, lui faisant redouter une attaque de la part des Ligueurs, il résolut de les prévenir en portant les premiers coups. Laissant le vicomte de Léran pour commander à Mazères , il entra en campagne dès le mois de février , emporta en personne Grampagoa et Rieux-de-Pelleport , fit enlever Varilhes par son lieutenant Camte.ei aida Montgommery à se rendre maître du Mas-Saibt-Aotonin qui fnX rasé; puis il retourna dans le pays deFoix afin de présider les Etats assemblés au Mas-d'Azil.Ce fut dans ces circonstances, au mois de juillet, qu'il reçut ordre de prêter main-forte à DuJay, secrétaire d'Etat en la maison de Navarre, que le Béamais avait chargé de saisir dans le comté de Foix les biens des ennemis de sa maison et de sa religion. Cette commission remplie, d'Audon passa dans TAlbigeois avec sa compagnie de gendarmes, que le vicomte de Léran et le sieur de Noelles (?) commandaient sous lui avec les grades de lieutenant et d'enseigne. Montmorency renvoya au secours de Brugairolles {Voy. IV, p. 376). Après la prise de cette place par les Ligueurs, il rentra dans son gouvernement; mais sur les plaintes des habitants catholiques, le roi de Navarre, qui tenait beaucoup à les ménager , ne tarda pas à le remplacer par Monluet [Moolouet?] qui se rendit dans le pays de Foix au mois de janv. i 589, accompagné de La BurtedeS'Plas, nouveau président de la chambre de Pamiers. Monluet cependant ayant laissé surprendre un faubourg de Mazères par les Ligueurs, qui tuèrent le sieur de LissaCy firent pri«

sonnier La Loui^ière et se retirèrent avec un riche butin , le roi le rappela bientôt et rendit sa charge à d'Audon sur la requête des Protestants du pays. A peine rentré en fonctions, d'Audon, toujours actif, passa dans le Languedoc, enleva en passant Daumazan,et se rendit à Castres d'où un soulèvement des Catholiques ne tarda pas à te rappeler dans son gouvernement. Depuis cette époque et jusqu'à sa mort, il n'est plus question de lui dans l'histoire de nos guerres civiles. Nous avons seulement trouvé dans les actes de l'Assemblée politique de Châtellerault, en 1597, une plainte qu'il lui adressa au sujet des prétentions élevées sur le gouvernement de la ville deFoix par le capitaine ComiCy gouverneur du château, particularité qui prouverait, s'il en était besoin, qu'il était resté fidèle à la reli(;ion protestante.il mourut à Belestat, le 4 4 fév. 4 598.UenriIV lui donna pour successeur le catholique Mirepoix.

M. Castillon qui, dans son zèle pour le catholicisme, se croit obligé de maltraiter fort le baron d'Audon, est forcé de convenir que, sous son administration, l'industrie métallurgique, principale industrie du comté, (Il « des progrès immenses; » ajoutant qu'il pacifia le pays, encouragea le commerce, veilla à la défense des frontières, procura, en un mot, le bien-être général. De pareils aveux sont précieux venant d'un juge aussi prévenu.

Jean-Claude deLévis avait été marié trois fois, en dernier lieu avec Louise de Lévis, fille de Philippe de Mirepoix et de Louise de La Trémoille, qui abjura {Arch, gén. Tt. 242) entre les mains do l'évêque de Mirepoix, et mourut paralytique, en 4625. Il avait eu, de son union avec Christophette de Bergoignariy fille de Roger de Bergoignan et di^Anne de Foix, une fille nommée Louise, qui épousa un gentilhomme catholique.

Le frère aîné du baron d'Audon, Gaston de Lévis, sieur de Léban, embrassa également la religion protestante. Gentilhomme de la suite du roi

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de NaTarre, il le suivit à Paris, et n'échappa au massacre de la Saint-Barthélémy que par la protection de la reine Marguerite. Poursuivi par quatre archers qui l'avaient déjà frappé d'un coup d'épée dans le coude et d'un coup de hallebarde dans le bras, il chercha un refuge dans la chambre à coucher de son maître, qui venait d'être appelé auprès du roi. « Se voulant garantir, raconte Marguerite dans ses Mémoires, il se jeta dans mon lit; moi, sentant ces hommes qui metenoient,jemejette à la ruelle, et lui après moi, me tenant toujours à travers du corps. Je ne connoissois point cet homme, et ne savois s'il venoit là pour m'ofleoser, ou si les archers en vouloient à lui ou à moi.

Nous criions tous deux et étions aussi effrayés l'un que l'autre. Enfin, Dieu voulut que M. de Nanç»y, capitaine des gardes, y vint, qui me trouvant en cet état- là, encore qu'il y eût de la compassion, ne se put tenir de rire, et se courrouça fort aux archers do cette indiscrétion, les fit sortir et me donna la vie de ce pauvre homme, qui me tenoit, lequel je fis coucher et panser dans mon cabinet, jusques à temps qu'il fût du tout guéri.sLérannejouit pas longtemps de ce bienfait : il fut tué l'année même. De son mariage avecGa^rt^^^^ deFoiXy fille ^^ Antoine, baron de Rabat, et de Catherine de Villemur, qu'il avait épousée avant h 547, selon le Dict. de la Noblesse, naquirent quatre enfants, savoir : 4' Philippe, mort à Paris ; — V Gâbbiel, qui suit ; — 3* Antoine, sieur de Montmaur; — 4** Jeanne, morte en bas âge.

Gabriel deLévis, baron, puis vicomte de Léran, ne se montra pas moins dévoué que son oncle à la cause protestante. Nous avons déjà parlé de la part qu'il prit aux guerres de religion. En 4 598, une assemblée générale des églises du comté do Foix s'étaqt tenue à Saverdun, le 1 2 mars, pour prendre les mesures nécessaires afin d'empôcher le rétablissement du catholicisme dans le pays, et de prévenir la ruine des églises protestantes, que l'on redoutait de-

puis la conversion de Henri lY, le ^comte de Léran en fut élu président (4). En 1 61 4, il offrit au Synode national de Tonneins une rente de 200 livres pour l'entretien d'un ministre à Léran, offre que le synode s'empressa d'accepter eu louant son zèle. Quelques mois après, il fut appelé à présider l'assemblée du Haut-Languedoc, qui se tinta Pamiers, dans le but de nommer les députés de la province à la prochaine assemblée politique.Grenoble avait été désignée pour le lieu de la réunion; mais les Hugue* nots, qui se méfiaient de Lesdiguières^ auraient désiré que la reine-régente choisit une autre ville. L'assemblée envoya en Cour Panât j chargé d'uue requête dans ce sens; sa mission n'eut aucun succès (2). L'assemblée s'ouvrit

(1) Voici les noms des députés, tels qaa nous les itods pu déchiffrer dans une pièce assez mai érriie qui se conserve aux Archivtf (Tt. 242) : les sieurs de Lavtlanet, les vieoa* tes de Léran, de Foix-Conterant et de Pé' fuillnn, de Lavincens^Daienu; Dutocq^ juge de Famiers, de La Fontaine, consul , de Mûtportel, syndic, Durdès et Frogier , ministres, de Fraissy et de Sertis, anciens de Pamiers; de Savf nac, consul, tKDavaux, anciens de Foix; Broudilh, consul, et Laval, anciens de Maiè* res ; de Lartech, ancien de Tarascon, Cazain§, consul, et Dupuy, ministre de Saverdun iJet» Tailhefer , syndic du Mas-Guiihem ; Amné Béret, capitaine, Pierre Consturef, consul, et Dupuy, ministre des Bordes; Dupuy, ministre du Caria; Jean 7 rincé , ancien d'Artigat; Baille de Limbrasaae, député de La Basiidê.

(2) Députés: Anqagnac, Maravat, Gardeti, min. et de Vignattx, pourMauve8in;i>tt JfoiM, Savois et Fabre, pour Lectoure; de Tilhac pour Montfort; Du Bourg, Lafon et Ponf,poar l'hleJourdain ; — Bas-Quercy , Dariat , Joli et Escorbittc, qui fut élus ecrétaire, pour Montaubau; Palkerol, Gary et Fenavaire, pour St- Antonin ; Gaussides et Belon, pour ViUemur, Moinieret Calvety pour Caussade ; dlslemêdê et RichaudfjpouT Mauzac ; Benoit^ min., pour Real ville ; de Cambolan et Besaey, pour Négrepelisse; Casaux, min., pour Bourniquel; de Regnièa et Caùot, pour Regniès ; — Haut- Quercy, de Laurency, vigaier de Figeac, et Charles, pour Cajare; le marquis de SéneHé^ res ei Casaux, min., pour Séncbières; de Neuf villas, lieutenant de Chnmbret, pour Fi* geac;— Rouergue, le vicomte de Panât, Joli et Guérin, pour Milhau ; Delmas , pour St- Sever ; Bonioux , pour St-Afrique ; Reviral oa Remirat, pour Pons-dcCamarôs; Monmejat, pour Si-Jean-du-Breuil;^Foii, Du Rieu, Du Pin, min,, ti Montolieu, pour Saverdun; de Bruguièrti et Per$s^ pour Le Caria ; de te.

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doDc à Grenoble et Léran y assista comme un des représentaDis du Haut- Languedoc.

Il était naturel que TÂssemblée de La Rochelle jetait les yeux sur lui, lorsqu'elle résolut de soutenir la guerre contre Louis Xlli, et qu'elle fit un appel au dévouement des chefs huguenots.

Léran,plus zélé que beaucoup d'autres, accepta le commandement du Pays de Foix, qui lui fut offert. Il leva des troupes et alla, au mois de juillet \ 621 , assiéger le bourg des Allemans; mais, blessé dangereusement par l'explosion de ses propres poudres, il dut se retirer sans avoir réussi dans son entreprise. Sa blessure le mettant hors d'état d'agir pour quelque temps, il envoya son fils 4 Castres, à la tête d'un régiment de 500 hommes, afin qu'il secondât les opérations de Rohan, qui, après avoir secouru Montauban, bi renvoya ses troupes avec un renfort de vingt-huit compagnies languedociennes commandées par Poudres. Léran, guéri de sa blessure, reprit aussitôt la campagne.

Il se saisit de La Nogarède, qui fut pillée malgré la capitulation, brûla l'église des Allemans, incendia le village de Yerniole et s'empara de la maison épiscopale du Mas-Saint-Ântonin. Il fut moins heureux devant Yarellles, dont il entreprit le siège le 4 \ novemb.Son gendre Durban, qui y commandait, opposa une assez longue résistance pour

nés, pour Saurai; de Lilia Cadaisset (?), de Murât el Berty, pour Foix; Roqneran et MartolMy pour Sabarat; Corban, Du Puy et Banm^ pour Les Bordes; Uerquier, pour Belestat; La Boistonié et Sabi, pour La Bastidede-Léran ; de Fantillon et Périer^ pour Dun; La Falgua^ Sabi et Bordenave, pour Tarascon; de La Reule^ Ollier et Jean^ pour Le-Mas d'Azil; de Léran, Bourgade et Baille , ancien, pour Léran ; La Louvière, OlhagarayeiRouditfT^OMT Mazères; Casaubon et Gabaudan, pour Calmont ;— Lau* ragaais, de Montmaur et Aubriot ou Ambriol, pour Le Mas-Saintes-Puciles ; de La Barthe et BoUsonnde , pour Montesquieu ; Del Crusel, Desaigues et de Laais, pour Cuq; de La Bùulbàne, Béranger et La Broulhe, pour Sorrèie; de Cabrilhes, pour Viierbe; L« hoque^

four Auriac; de Mauremont, Du Puy ou Du 'r* et Bonnardeaut pour Carmaing ; de La Boissiére et d'Affigner,^o\ir Damiate; de Castetverdun^ YilUmur et La Jauiine, pour St- Paul ; û^lmbertf Garissolles, de fournit, pour

donner au duc d'Ângoulème et ï la noblesse catholique des environs le temps d'accourir à son secours. Léran leva le siège, le \ 4, et se replia sur Pamiers ; mais, atteint dans sa retraite, il eut à soutenir un engagement très-vif qui lui coûta ses lieutenants Mauremont et La Falgua, et cinq ou six cents Yiomm^%,Larhoust, LaDoubière [La Louvière?] é^sson restèrent prisonniers.

Il atteignit Pamiers avec son fils et une partie de sa troupe (le P. Daniel se trompe lorsqu'il dit qu'il fut pris), tandis que le reste, sous la conduite de Saint-Florent, alla donner dans une embuscade entre LeMas-Sainles-Puelles et Revel, et fut taillé en pièces.

Dans la campagne de 4 62!2, Léran n'éprouva que des revers. Il avait en tête Carmaing qui, selon M. Castillon, était « un homme d'un caractère doux et poli » . Qu'on juge de son humanité par sa manière de faire la guerre : le 6 juin, il prend sur Léran le château de Mirabel , en fait égorger les habitants et y met le feu ; le 7, il brûle les faubourgs du Peyrat ; au mois de juillet, il reprend le bourg des Allemans , enlève Le Peyrat, en massacre les habitants et le réduit en cendres ; Limbrassac subit le môme sort, et s'il épargne le château de Léran, c'est à la prière de la vicomtesse, qui était catholique. La paix interrompit ses sanglants exploits.

Lorsque la guerre se ralluma, Léran,

Pny-Laureos; de Pauliniarif Rousseau ou Roussel et Froment , pour Mazamei ; Des Pesquies et Auriul, pour Revel;— Albigeois, de Malauze , Miratnont^ min., et Yaissière^ pour Vianne; Baschetj pourLacaune ; éeCausse, Reinaud et Resseguier, pour Esperaasses; de Brassac, pour Brassac; de Clairac, Daneau et Camajou , pour Lombers; de FerriéreSy pour Ferrières ; Corbière el Garrigues^ pour Fiac; de Peyralbe, pour Moutredoo; de Cambon, Rodier on Radier et Clavier, pour Roquecourbe ; de Saint-Léon, pour Paulin; de La Souqueel Balaran fils,pour Angles; le vicomte ûePauliny Boissin ou Voisin et Donarel, pour Réalmont; Des Marguerites, Josion et de Lespinasse, pour Castres; le vicomte de Lavedan et Gâches, pour Vabres ; Du Teil et Nadal, min., pour Casteinau-de-Brassac {Arch. gén., Tt. 235). Y assistèrent aussi, sans doute comme députés de Pamiers, le ministre Béraud, qui futela vice-présideut,etde Thierry, secrétaire.

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mécontent d'avoir été privé de son commandement, s'enferma dans Le Caria, sans rien entreprendre pour s'opposer aux desseins de Thémines. Après la prise de Calment, le général catholique entra donc sans combat dans le Pays de Foix, tourna Le Caria et prit la route de Las Bordes; mais h peine s'y était-il engagé, qu'il rencontra une résistance à laquelle il ne s'étaitpas attendu. Laissons parler Rohan : « Ne faut ici obmettre une action héroïque de sept soldats de Foix qui se résolurent d'attendre dans une méchante maison de terre, nommée Cbambounet, auprès de Cariât, le maréchal de Thémines avec toute son armée, qu'ils arrêtèrent deux jours entiers , et après lui avoir à diverses attaques tué plus de 40 hommes, et n'aïant plus de munitions, et voiant approcher quelques pièces de canon, ils délibérèrent de se sauver la nuit prochaine. Pour cet effet, un d'eux sortit pour aller reconnoître par où ils pourroicnt passer entre les corps de garde ; ce qu'aïant exécuté et se retirant, la sentinelle de ladite maison Tappercevant, et croiant que ce fût un des ennemis , le tire et lui rompt une cuisse. Celui-ci ne laisse de faire son rapport, enseigne le moïen de se sauver, les y exhorte; mais le frère de celui-ci, qui étoit celui qui l'avoit blessé, outré de douleur, ne le veut quitter , lui disant que puisqu'il avoit été l'instrument de son malheur, il vouloit être compagnon de sa fortune.

Le bon naturel d'un de leurs cousins germains le fait résoudre à pareil sort. Ainsi les quatre autres, àla sollicitation de ceux-ci et à la faveur de la nuit , après s'être embrassés , se sauvent, et ces trois ici se mettent à laporte, chargent leurs arquebuses, attendent patiemment lavenue du jour, et reçoivent courageusement les ennemis, desquels en aïant tué plusieurs meurent libres.

Les noms de ces pauvres soldats méritent leur place dans l'histoire , leur aclioB étant comparable aux actions les plus mémorables de l'antiquité (0- " (1) Rotian ne connaissait pas les noms de

T. VII

Vainqueur de ces sept héros, le maréchal poursuivit sa route. A l'entrée de la vallée de Las Bordes , il trouva une cinquantaine d'hommes, sous les ordres du capitaine Pierre Peyrat , embusqués dans un monastère en ruines et disposés à lui disputer le passage.

Là encore la valeur succomba sous le nombre. Thémines descendit dans le vallon, mais les habitants de Las Bordes n'avaient laissé en son pouvoir qu'un monceau de ruines; désespérant de pouvoir résister avec succès, et redoutant la clémence du vainqueur autant qu'une défaite , ils avaient incendié leurs demeures et s'étaient retirés au Mas-d'Azil. L'armée catholique les y suivit de près. La ville fut investie le i \ sept. Les habitants voulurent traiter et offrirent \ 5,000 écus pour se racheter du pillage. Thémines en exigeant 20,000, les négociations furent rompues. Le siège fut poussé avec vigueur. Les Protestants étaient commandés par Bretigny , qui avait succédé à Léran , comme gouverneur du comté , par Valette , qui fut tué sur la brèche, et par Larboust, ou Larbont^ capitaine de la ville; malheureusement la discorde régnait entre ces trois chefs; mais Tarrivée de Saint-Blancard, envoyé par le duc de Rohan pour prendre le commandement en chef, mit un terme à de dangereuses dissensions.

Rohan avait fait partir en même temps un secours de six cents hommes sous les ordres de Valescure. Craignant que Léran ne voulût pas le recevoir dans Le Caria, il dépêcha en avant deux capitaines de ses gardes, Verdun-Villemure et Orosô [Auros?] «pour lui remontrer le tort qu'il se faisoit d'empêcher le secours du Mas-d'Azil, en refusant de recevoir ses troupes au Cariât , avec charge que si ledit baron ne se mettoit à la raison, ils donnassent connoissance de leur charge au peuple

ces sept héros. Dans an art. pnblié dans le T. m du Balleiin de la Société de Thist. du proiesi., M. Peyrai les appelle M Tehly d'après une traditi<^n qui se conserve dans le pays.

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du Cariât : ce qui fut ménagé si dextrement que ledit baron fut contraint par les habilans de recevoir les commissions dudit duc , et tous les gens de guerre qui viendroient par son ordre, ce qui servit de beaucoup à la subsistance du Maz. » Après avoir livré trois assauts sanglants qui furent vaillamment repoussés, Thémines dut, en effet, lever le siège , le 18 oct. La paix fut signée quelques mois après ; mais Léran ne déposa pas son ressentiment.

Il se vengea de Rohan en avertissant le parlement de Toulouse et le commandant des troupes royales que le duc avait envoyé des émissaires en Espagne et en arrêtant ïm-m^meCampredon et Mamour à leur retour {Voy.

IU> p. n9). Cette trahison devait nécessairement rompre ses relations avec le parti huguenot; aussi n'est-il plus question de lui dans Thistoire des églises protestantes.

Gabriel de Lévis avait épousé , en 1593,1a ûlledu seigneur de Mirepoix, et en avait eu 5 enfants : 1 "> Jean- Claude, qui suit ; — 2*" Salomon, seigneur d'Âjac, qui ût souche; mais sur qui nous manquousde renseignements; — 3« Marguerite, femme de Pierre-Auguste de Lautrec , vicomte de Monfa, puis de Marquis de Piis \i — 4° N., mariée à François de Mauléon , baron de

Durban ; — 5* Gabrielle, épouse, en 4630, du baron de Chalabre.

Jean-Claude de Lévis était trop jeune , à l'époque des dernières guerres civiles, pour y jouer un rftle important. Plus tard , il prit le parti du duc d'Orléans. Louis XIU, qui l'avait d'abord exclu de l'amnistie qu'il accorda aux rebelles , finit par lui pardonner, et Léran obtint la permission de servir au siège de Leucale, où il se signala. Sa femme, Angélique de Castelnau, fille Ùl Etienne, baron de La Loubère, et de Jeanne de BasillaCj qu'il avait épousée, en 1629, le rendit père de trois enfants, dont une fille, Isadeau, mariée à Jacques de Foix, baron de Rabat, à qui elle no donna qu'une fille. Le second fils, Henri-Gaston, ne laissa pas

de postérité. L'aîné , Gaston, vicomte de Léran , prit pour femme , en \ 659, Jeanne Juges , fille de Paul Juges , conseiller à la Chambre de l'édit, et de Jeanne Thomas, Il se convertit à la révocation et obtint une pension de 2000 livres (iircA.g^». E. 3553). Son fils aîné, Paul-Louis, marquis de Léran, né en 1666 , et mort, en 1749, brigadier des armées du roi, suivit son exemple , ainsi que dix-sept gentilshommes huguenots du Pays de Foix.

Mais un autre de ses fils et ses deux filles, âgées de 23 et de 1 8 ans, restèrent fermes dans leur foi. Ces dernières furent enfermées dans la prison de Castres (Ihid,TT. 322). Le fils, nommé Claude, marquis de Léran, se réfugia dans le Brandebourg et entra comme cornette dans les Grands - Mousquetaires. Il s'éleva au grade de colonel dans ce même corps , qu'il commanda jusqu'à ce qu'il fut réformé. Il mourut en 1731.

LE VISCO:>îTE, hôte d'une maison garnie, dans la rue des Marais- Saint-Germain , où descendaient les Protestants qui arrivaient à Paris de Genève et d'Allemagne , et où se tenaient de fréquentes assemblées religieuses. Dans l'automne de 1559, une quinzaine de voyageurs étaient à souper, lorsque quarante à cinquante sbires du cardinal de Lorraine, conduits Yàiàm\di^o^{à\^^Russang es ^{Claude David, vinrent inopiDément assaillir la maison. La plupart se sauvèrent en escaladant les murs ; quatre seulement, au nombre desquels étaient deux gentilshommes do l'Anjou, nommés Soucelles, prirent le parti de se défendre et ils firent une résistance si vigoureuse que sergents et commissaires , couverts de blessures, durent aller chercher du renfort. A leur retour, ils trouvèrent la place vide ; mais ils se dédommagèrent en pillant la maison de Le Visconte et les maisons voisines, dont les propriétaires , presque tous protestants, avaient pris la fuite. Ils se retirèrent en triomphe, emmenant la femme , les enfants et le père de Le

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Visconte, et faisant porter devant eux un chapon et de la chair crue qu'ils avaient trouvés dans le garde-manger.

Procession ridicule, si elle n'eût été odieuse ! Jeté en prison , le père de Le Visconte, vieillard déjà caduc, ne put supporter, non plus que sa belicnile, les mauvais traitements qu'on leur fit subir. Ils moururent tous deux dans les cachots ; quant aux jeunes enfants, on réussit à les convertir; ou bien ils allèrent augmenter le nombre de ces pauvres petites créatures « qui demeuroyent sur le carreau, crians à la faim avec gémissemens incroyables, et alloyent par les ruesmendians, sans qu'aucun osast les retirer ; sinon qu'il voulust tomber au mesme danger :

aussi en falsoit-on moins de conte que de chiens. » Dans une maison, appar^ tenant à un gentilhomme du nom de La Fredonnilre, fut arrêté un avocat nommé Coi/yar^ ancien bailli de Sainl- Aignan, sur lequel on trouva quelques mémoires contenant des remontrances au Roi et aux Etats sur le mauvais gouvernementdes Guise. Enfermé dans le donion de Vincennes, où l'un des Soucefles ne tarda pas à aller lui tenir compagnie, malgré le pardon qui lui avait été accordé par le roi à la prière du roi de Navarre, ils y restèrent l'un et l'autre jusqu'à la découverte de la conspiration d'Àmboise. Présumant qu'ils savaient quelque chose de cette entreprise , les Guise se le$< firent amener , ainsi qu'un jeune écossais, nommé S^»aW,qui se disait parent de la reine; mais n'en ayant pu rien tirer ni par promesses ni par menaces, ils les firentjeter dans les prisons de Blois (Koy.l,p. 272).

L'HtlUlITE (SiMÉ0N),ditZ}î^;32«5, ministre du Poitou, fut déposé, au mois de mars 1 596, par le colloque de Fonlenay, parce qu'il prétendait que la nature humaine de Jésus-Christ a été détruite par la mort. 11 en appela au Synode national de Saumur qui invita Merlin^ llotan , de Serres et D% Plessis-Mornay à entrer en conférence avec lui pour lui faire recon-

naître son erreur. Dupuis céda, se rétracta publiquement, signa la Confession de foi, et le synode, pour le récompenser de sa soumission, commua la peine de la déposition eu une suspension de trois mois.

L'HOMME (Louis de), sieur deCoE- BiÈRES, originaire de Livron, futnommé par le roi de Kavarre intendant des ibrtifications de cette ville. Il était, dit Chorier, très-versé d^ins la chiromancie dont il fit un art. Corbières a, en effet, publié sur cet art prétendu, en i 583, un volume intitulé la Chiromancie de Tyhertus réduite en art. Il est assez probable que RenédeVHom' me, sieurdeLaFare, ([w^Lesdiguières honorait d'une confiance particulière, était son frère. Du mariage de ce René avec Laure Pape naquirent : V Jean- Louis, sieur de La Fare, dont le sort nous est inconnu; — 2* François, sieur de Corbières, le même apparemment que le capitaine Corbières, qui servait, en \Qt\, sous Châtillon; et en tout cas, l'ancôli c du général prussien de ce nom ; — 3«» Louis, sieur de Fontfrède ; — A' Guy, sieur de La Clavclière, dont deux des descendants, Samson et René de L'Homme, de Saint-André-de-Rosans, se réfugièrent en Hollande après la révocation de l'édit de Nantes {Arch, gén. Tt. 31 4).

L'IlOiXOlVÉ (Samuel-Fuançois), avocat à La Haye, était ûls du pasteur H.'Fr. U Honoré, qui, après avoir desservi, depuis le mois de décembre 1749 jusqu'au moisde juin 1752, la chapelle de l'ambassade hollandaise à Paris, retourna à La Haye, où il mourut, en 1794, pasteur de l'église \s'allonue. Barbier attribue à notre avocat :

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