BION
réYolte de Montmorenoy. En 4687,11 Tut chargé, singulière missioa pour un juge! de couduire les milices des Ge*vennes au secours de Leucate. Eu 1642, enfin, le cardinal lui confia le soin de découvrir les prétendues menées de ChavaffnacÇfoy. III, p. 433^.
Les services qu'il rendit en ces différentes circonstances furent récoropen* ses par une charge de conseiller d'Etat, en 4644. Il mourut en 4659, laissant de Susanne deRaspal^ dame de Saint- Ben ezet, qu'il avait épousée en 4640, et ^^Isabeau de Bossugues^ fille de Philippe, sieur de Triadou, avec qui il s'était remarié en i 632, dix enfants, savoir : 4 • Louis, qui suit ; — 2*Feàkçois, sieur du Ch&telet, mort en 4 660 ; — 30 Daniel, sieur de La Baume, capi* taine au régiment de Montpezat, qui épousa Antu Mestre, et en eut Louis, sieur de La Baume, aide-de-camp de Sckomberg^ mort des blessures qu'il reçut, en 4 675, au siège de Bellegarde; —'4'* Mauricb, sieur du Châtelet; -^ 5* Jacques, capitaine d'infanterie, mort dans la Yalteline, en 4 643 ; — 6* Ga- EEiELLB, dame de Saint-Benezet, fem* me, en 4639, de Louis de Bayard, baron de Ferrières, sieur de La Crousette, morte en 4 708 ; — 1^ Maethb, mariée, en 4640, à Charles Durand^ baron de Sénégas ; — 8" Susanne, qui épousa, en 1650, Balthasar de Bas^ ehi, sieur de Sainl-Ëstève, morte à Tboard, en 4 695; — 9* Jacques, mort sans alliance en 4 643 ; — 4 O*" Fean- Ç01SE, mariée, en 4662, à François de La Tonr-du- Pin- Gouverne t, baron de Maleirargues, laquelle mourut à Lausanne, en 4708 ; elle était sortie de France avec un de ses fils, qui était alors colonel au service du roi de Pologne.
Né à Nismes, le 4*' mars 4644, et mort le 4 8 janv. 4 669, Louis de Mentcalm remplit, comme son père, les fonctions de conseiller en la Chambre de l'édit. Il épousa, en 4632, Jeanne deCalvet, dame en partie deGigean, fille 4e €hUllémme Calvtt, conseiller à la chambre des comptes de Montpel-
lier, et dVMliM de BQnnt%êÈy m
belle-mère. De ce mariage na<miFeiit :
40 Jean-Louis, qui suit; •— • S* jPibriI» conseiller au parlement de Toulouse»
dont la femme, Eléonare d^ArpaJim»
Broqmez^ se retira à Genève à la révocation, avec ses deux filles, Louise, néeen4 665,etEusAEBTi,née en 4 667; elle y mourut en 1705;— 3* GAsrAiis né en 4643, capitaine de coirassien»
mort en 4682 de ses blessures; — 4* Daniel, né en 4645, capitaine an régiment du Maine, tué à la bataille de Cassel, en 4677; — 5* Maurice, sienr de Pujol, capitaine au régiment de Coudé, né en 4648 ; — 6* Annb-Louisi* née en 4 650, morte sans alliance ei
Né le 4 *' mars 4644, Jean-Louis ée Montcalm, baron de SU Victor, épousa»
en 4662, Judith de Voilai, dame de Gabriac, fille de Louis, sieur de Roquetaillade, maréchal de camp, tué ea Catalogne, en 4646, et de Louise de Gabriac. Il en eut, outre deux enfante morts sans alliance, JEAN-Louis-PiKft- Es, sieur de Mélac, Gozon, Saint-Victor, né au mois de déo. 4 668, et Louift» Daniel, né ï Gabriac, le 27 sept. 4 676. L'atné abjura au mois de juillet 4685.
Le Mercure galant, qui ne manque pas d'enregistrer cette conversion et de U faire valoir, selon son habitude, dit qu'elle offrait de puissants • obstacles, au nombre desquels il cite la pénétration du jeune Montcalm, et la science duN. T. qu*il possédait à fond, l»
cadet fut père du petit prodige sur qui Louis Du Mas (Voy. IV, p. 399) fille premier essai de sa méthode d^enselgnement, et du célèbre Louis-Josepb de Montcalm, l'héroïque gouvernev
du Canada.
MOI«TGHaESTI£N(ANT0iNÈ dé), sieur de Vasteville ou Vateeillôjpo^ dramatique, économiste et homme de guerre, né à Falaise, en Normand!^ dans la seconde moitié du xvi* siècle.
Tous les écrivains qui ont parlé de Montchrestien le présentent sous de fâcheuses couleurs ; selon eux» ce n'était qu'un misérable aventurier;
MOH
NON
•omiM lotti oofteA aenUement leM^r-* eurefraBçoifl, organe à gagea d'un gou- Ternement qu'il a combattu, on doit se tenir en garde contre leurs assertions.
On est allé jusqu'à lui contester son nom, prétendant que son père, apothi-* Caire à Falaise, s'appelait Mauchres* tien, et que la terre de Yateville n'était qu'une seigneurie eu l'air. Mais à quoi bon ces pointilleries? Montchrestien a en lui de quoi répondre à de plus se* rieuses attaques.
Resté de bonne heure orpbelin,Mont« chrestien fut mis sous la tutelle d'un gentilhomme du voisinage. Ce galant homme, pour s'affranchir du soin de l'éducation de son pupille, ne vit rien de mieux que de le placer comme une sorte de domestique auprès des jeunes Taurnebu et Des £Mar/«. Montchrestien accompagna ces jeunes gens au collège. Lui fut- il permis de proiiter des leçons, ou dut-il se résigner à é'* coûter aux portes? On n'en sait rien; le fait est qu'il réussit à développer les heureuses facultés dont la nature l'avait doué. Amyot et Ramus n'eurent
Sas un autre commencement. Bien que [ontchrestien n'ait pas fourni une aussi illustre carrière, nous verrons cependant qu'il n'est pas indigne de venir à leur suite. Son premier soin, après être sorti de tutelle, fut de poursuivre son tuteur en règlement de compte. Le tribunal lui ayant donné gain de cause, il rentra dans son petit patrimoine, qu*on voulait lui retenir . Le succès le mit sans doute en crédit. Une dame qui plaidait contre son mari le chargea du soin de son procès. Montchrestien se montra digne de sa confiance, et, en récompense de ses services, la dame, restée veuve, lui accorda sa main. Selon une version assez plausible, ce serait alors qu'il se serait fait appeler de Yateville du nom d'une terre que possédait sa femme. La vie de Montchrestien fut très-agitée. Attaqué un jour de Îset-apens par un baron de Gourville, fut laissé pour mort sur la place. Lorsqu'il fut guéri de ses blessures, il porta plainte contre ses assassins, el obtint
w «nAt de cpndamnati^m rm doua mille francs de dommages - intérêts.
Peut-être est-ce i la suite de cette première affaire qu'un faux point d'honneur le porta à braver la rigueur des ordonnances pour répondre à une provocation en duel. Ayant eu le malheur de tuer son adversaire, il s'enfuit en Angleterre.Jacques I*', à qui il fit hommage de sa tragédie de Marie Stuart(4 ), s'intéressa à lui et lui obtint de Henri IV des lettres d'abolition. De retour en France , Montchrestien alla s'établir dans les environs de Châtillon-sur- Loire, où il monta une fabrique d'acier. Selon le Mercure , on le soupçonnait fort de fabriquer de la fausse monnaie. HeureuseigDorance des premiers âges I heureux siècle où les fabricants passaient encore pour des faux monnoyeurs et les savants pour des magiciensl Le Mercure ne nous apprend pas si la justice du roi prit les soupçons du public pour des preuves. Ce n'eût pas été la première fois. Doit-on s'étonner après c^la que notre métallurgie, ainsi protégée, ait transporté ses ateliers en Angleterre ? Montchrestien déplore dans un de ses écrits cet aveuglement de notre gouvernement. Ce fureni peut-être les persécutions qu'il eut i essuyer qui le firent renoncer à son industrie, pour embrasser, en 4 621 , le parti de la révolte à la suite du duc de Rohan, Il se mit à la tête des Huguenots de l'Orléanais. N'ayant pas réussi à secourir Gergeau, il se jeta dansSancerre, n'ayant sous ses ordres qu'une poignée de soldats. Quoique le château fût demeuré au pouvoir des royalistes, Condén'osaattaquer la place de vive force; il eut recours à des menées pour semer la division entre la bourgeoisie et la garnison. Si l'on devait en croire le Mercure, Montchrestien, trahissant son parti, aurait vendu la place au prix de 6,000 livres,tandi8 que, au rapport de l'historien de Sancerre, très-bon catholique du reste, et par conséquent peu suspect de partia-
fl) Selon d'iatrei, il dédit cette tragédie k Gtttoii d'Orléans.
NON
MON
iité ^ regard des Hognenots, récbeTîn David Perrinet, secondé par les habitants catholiques et par une partie des protestants, se serait emparé de sa personne et Taurait retenu prisonnier jusqu'après la signature de la capitulation avec Condé, le 29 mai.Mootchrestien, remis en liberté, se rendit.au mois de juillet, à La Rochelle et offrit ses services à TAssemblée politique qui s'y tenait. On lui fit délivrer une centaine de commissions pour lever des troupes dans le Maine et dans la Normandie.
Déjà il avait enrôlé, dit-on» de 5 à 6,000 hommes, lorsque, trahi par son hôte, il fut attaqué à Timproviste, le 7oct.,daus le villagedes Tourailles par le seigneur du lieu, nommé Turgot.
Montchrestien n'avait auprès de lui que six hommes; la lutte était trop inégale: il succomba, mais non sans avoirvendu chèrement sa vie. Malherbe dans une lettre adressée au savant Peiresc, sous la date de Caen, 4 4 oct. 4621, raconte ainsi sa fin tragique. «Ce qui leur a donné [aux révoltés de la Normandie] échec et mat a été la mort d'un nommé Montchrétien, qui étoit le directeur de toute cette affaire, et alloit deçà delà par le moyen des Huguenots, s'assurant d'hommes et d'argent pour dresser son armée imaginaire. Après qu'il eut bien rôdé par ces quartiers-là, enfin il vint, il y a aujourd'hui huit jours, sur les huit heures du soir, accompagné de six autres gens de même qualité, à une hôtellerie d'un lieu nommé les Tourailles, qui est à douze lieues d'ici. Aussitôt l'avis en fut donné au seigneur du lieu,auquel appartenoit l'hôtellerie, il s'y en vint à l'instant avec quinze ou Tingt mousquetaires. Montchrétien et ses compagnons se défendirent si bien qu'ils tuèrent les trois premiers qui se présentèrent à la porte de sa chambre... Au pied de la montée il se trouva un vieux gentilhomme, qui tira un coup de pistolet à Montchrétien et le tua; il y eut aussi un valetde Montchrétien blessé d'un coup de carabine au genou, dont il tomba et fut fait prisonnier: les autres cinq échappèrent
par une fendtre. Montchrétien a été on sera mis sur la roue, tout mort qu'il est. Le mal de tout ceci est que celai qui a voit sesmémoires,Qommé Roche^ fontaine^ qui avoit été gendarme du comte Maurice, s'est sauvé» (t). Lecadavre de Montchrétien, porté en triomphe à Domfront, fut condamné à être traîné sur la claie, puis rompu, brûlé, et ses cendres jetées aux vents. Cette sentence fut exécutée le 12 oct.4 621, au grand désappointement du parlement de Normandie, qui, de son côté, ayantdesdroits surce cadavre, avait ordonné qu'il serait porté à Rouen pour y être mis à sa disposition.
On doit à Montchrestien:
I. Les tragédies d'Anthoine de Montcrestien t sieur de Vasteville^ édit, nouv, augm. par Vautheur^ Rouen, Pierre de La Motte, 462*7, in- 8% pp. 480 sans les pièces prélim. La première édit. avait paru dans la même ville, chez Jean Petit, sans date (1601 d'après Brunet,4 600 d'après d'autres), pet. in- 8*; deux nouv. édit. la suivirent à de courts intervalles, Rouen, JeanOsmont, 4 604,pet.in-4 2,san8 la j^^r^m^.mais augm.de la trag.d'//^^ tor^ d'après Brunet, tandis que, au rapport de Beauchamp, cette trag. se trouverait déjà en tête de la 4 '*édit.;Nyort, 4 606,Porteau (Jacq.Vaultier d'après le Catal.delaBibl. roy.),pet.in-4 2.Nout ne nous chargeronspasd'expliquer comment il se fait que l'édit. de Rouen de 4 627 annoncée comme augmentée par l'auteur, n'ait été donnée que six ans après sa mort, et avec une préface qui ne permet pas de mettre en doute sa coopé • ration. Montchrestien disait au prince de Condé : «Ces Tragédies queje vous ay desjà dédiées, recerchent encor vostre
(1 ) Malherbe ajoute : • Il y a, ce me semble, deux ou trois ans, il a fait un livre de tragédies eu vers franç4>i5 ; je crois que c*étoit et qui lui avoii donné sujet de me venir voir deu ou trois fois. Il etoit homme d*csprit et de courage, dont il avoit Tait preuve en d'autres occasionsquVn relle-ci... Il étoit flls d*on apothicaire de Falaise, et di!>oo que le oon de SÀ maison étoit Mauchréiien ; mais pour ce qu'il ne lui plaisoit pas , il Tavoit ebtagé ee Monlehrétieo. ■
MON
appay poar en tirer une noQYelle recommandatioD. S'il m*estoil possible de les desgager totalement du public, ce me seroit UD grand contentemeul, et par mon propre consentement elles seroient désormais plus tostsuprimées que réimprimées... J'avoue fort librement que la honte mVst montée à la face autant de fois qu^elles sont revenues à mes yeux, depuis que je les envoyai vous porter un lesmoignage de mon peu d'industrie, ou mon dessein esloit simplement de vous donner un gage de ma servitude.
J'ay avisé ceste erreur après l'avoir commise, m^en suis jugé coupable, et pour la réparer ay assubjetll mon esprit et ma main à une plus exacte poliissure, afin de cacher à mon pouvoir les taches espanduës par tout leur corps.» Les poètes sont rares, qui jugent avec cette sévérité les premiers fruits de leur muse; nous pensons môme que Monîchrestien est injuste. Il y avait en lui Téloffe d'un bon poète ; s'il avait persévéré et que Tétude eût mûri ses heureuses dispositions, nous osons affirmer qu'il fûldevenu le digne précurseur du grand Corneille. Tel qu'il est, on croit déjà reconnaître entre les deux poètes un certain uir de parenté.
M. Boisard, dans ses Biographies des hommes illustres du Calvados (Caen, 1848, in -12), fait la même remarque.
Après quelques citations qu'il aurait pu sans peine multiplier, « On chercherait inutilement, dit-il, dans les écrivains de cette époque un second exemple de ce style concis et nerveux imité depuis par Corneilleavec tant de succès. Malheureusement, ajoule-l-il, Montchrétien ne savait pas s'arrêter.» En effet, le goût lui manque. Les auteurs ne s'accordent pas sur le nombre de tragédies queconlientchaqueédition; selon les uns, il y en aurait cinq dans la r* et six dans les autres; mais dans l'édition de 1627 que nous avons en main , on n'en trouve que cinq, toutes en 5 act. avec chœurs, la tragédie ù^Ueclor, représ, en 1603 (1), y est
(1 ) Si cette date est exacte, cette pièce ne se 4roaf eralt pas dans la première édlt. de
T. VU
omise. Voici les pièces qu'on y troQYe: 1 *L*E$coisoise ouïe (^^sa«^rtf, représ, en 1605; le sujet est la mort de Marie Stuart. L'auteur, qui dédia, dit-on, sa pièce à Jacques I'%se démêle avecnne certaine habilité des diilicultés de son sujet. Tout le blâme retombe sur les Etats d'Angleterre qui forcent la main à Elisabeth. La malheureuse reine est victime de son devoir. Du reste, le drame se passeen longs récits comme dans toutes les pièces de notre poète.
2* La Carthaginoise ou la liberté»
Cette pièce parut d'abord sous le titre de Sophonishe ; elle lui représentée , dit-on, avec applaudissement en 1596.
«Voici Sophonisbe, dit Montchrestien au lecteur , qui revient sur le théâtre vestue d'un habit neuf et mieux séant à sa grandei^r que celuy dont auparavant je l'avois accommodée.» Sophonisbe ouvre la scène par une tirade qui remplit à peu près le 1" acte tout entier. En voici le début:
Comme Tonde eu la mer est des vents tour-
[mentée.
Ainsi la vie au monde est de maux agitée , Et son raime resemble à celuy de la mer Qui rii au matelot pour taniost Tabismer : Considère la bien, ô mortel misérable, Et lu la trouvcriis n'esire tant désirable, \L\\ cris elle commence et finit en iravanx. Et sa plus belle Ûeur n'a pour fruit quedes
[maux.
Ce serait une étude intéressante de rechercher ce que Mui.et peut devoir à Montchrestien dans sa pièce de Sophonisbe. Nos critiques seraient sans doute amenés par là à reporter un peu plos haut les origines de notre théâtre classique, et peut-être même serait-il juste de rechercher ces origines dans les premiers essais d imitation des anciens qui ont été tentés, quelque informes qu'ils puissent être d'ailleurs au point de vue de l'art dramatique.
S^* Les Lacènes ou la constance^ représ, en 1599. Le sujet de la pièce
Rouen, ou dans ce cas,cette édit. serait postérieure a celte date. Quoi qu'il en suit, noat ne garantissons pas i'exaciiiude des datesque les frères Parfait assignent a la représentation des tragédies de Montchrestien, et qui noDs reproduisons, Téd it.de 1627a*en dooue aucaae.
MON
MtlaiDQTtdaroideSpaite Gléomène.
4' David on PaiMtèr^, représ, en
b* Aman on la vanité, représ, en 4€0f . Il est curieux de voir Moutchrestien lutter avec le plus grand de nos poètes dramatiques, et soutenir de temps en temps la lutte. M. Boisard a déjà fait 06 rapprochement avant nous. Les crimes d'Aman sont découverts, le perfide favori implore la pitié de la reine :
Gai , ce Ditt, Je l*tvooa , est oa Dieu redon-
[table.
Mti\n veat«il ^f Toa garde noe baioe tmpla-
[cable ?
C'ea est fait : non orgoeil est forcé de plier. L*t8exoral»ie Aman e&t rédoit ^ prier.
Par le aaiiit des Juifs, par ces pieds que j*em-
[brasse, ?tr ee sage vieillard, IHioiineir de Totre race, Dalgnei d'ui roi terrible apaiser le courroux: Sauves Aman, qui tremble a vos sacrés ge-
[noux.
Survient Âssuérus qui trouvant Aman penché (1) sur le lit [du banquet] de la reine — cette circonstance qu'omet le poète est cependant nécessaire pour rintelligence de ce qui suit, — éclate en sanglants reproches :
Quoi! le traître sur vous porte ses mains bar-
[dies !
Ab ! dans set yeux confus je lis ses perddies ; Et son trouble, appuyant la foi de vos discours, De tous ses attentats me ranpelle le cours. Qn*k ce monstre a IM nsta n i Pâme soit a rrachée, Et que devant sa porte, au lieu de Mardocbée, Apaisaut par la mort et la terre et les cieux. De mes peuples \ eugéa il repaisse les yeux. Mortel cbéri du Ciel, mon salut et ma joie, Aox.conseils des méchants ton roi n*est plus
[en proie; Met yeux sont desaillés, le crime est confondu: Viens briller près de moi dans le rang qui t'est
Je te donne d'Aman les biens et la puissance: Pofsiide joslf ment son injuste opulence, etr.
Telle est la scène tracée par Racine.
On y voudrait un peu plus de feu, un peu plus de mouvement. Les situations le comportaient. Mais quand on se représente Assuérus avec une perruque à la Louis XIV sur la lôte, on comprend le poète et l'on est indulgent.Yoyons maintenant commentMontchrestien s en est tiré.
AMAH.
pardonner aa pécbearqui reeonnoist sa faate, (I) ToBbé, eoiehét dit rE«riuir«.
Qit t*biiBHie aux pieds d*one majesté liavt». Qui j*an aux ruisselant lui demande nerey. Est digne d'une femme et d'une reine aneei. Déployés donc sur moy votre bénine grace^ lladame,permettés que vos genoux j'embrasse.
ASSDÉBUS.
Tn n'es donques content, paiUard, de m'offen-
[serf Tu veux, tu veux encor mon espouxe forcer I Vieux ribaut, j'enferay vengeance si notoire. Que jusqnes ï mille ans il en sera mémoire. Qu'on me le mène pendre au gi]>et élevé* Que pour loi, Mardochée, il avoit réservé. Et toy, vieillard Odelle, ornement de ta raoe. Occupe ses honneurs, son crédit et sa place.
Donnons quelque chose aux mœurs dm temps, et n'oublions pas que la pièce de Racine parut environ cent ans plus tard, après tout uu siècle de gran* deur littéraire. — 6** Snsanne on la chasteté, poème histor. en 4 chaoU.
— T Les derniers propos de fen no^ hle dame Barhe Gniffart, femmo 4€ Mons. lepremprésid, Clando Grimlard, discours en vers. — 8* Ber§0^ rie, moitié prose et moitié vers, avec cette épigraphe :'
L'aveugle enfant qui les Dieux seignearie Et tient la terre en sa possession, M*a fait escrire en ceste Bergerie, Sous des noms feints, ma vraye passion.
Cette bergerie a été trad. en allemand avec des remarques par Augspurger, Dresde, 1644, in-8\ — 9* tomhea%n en prose; Barbe Guiffard, femme eD secondes noces de Messire Claude Groulard, apprend aux passants qui elle fut dans cette vie. Suivi de Stances sur le même sujet, et d'une Co«iplainte de la ville de Ronen.
IV, Traicté de rOEconomie jpoH* tique ^ dédié au roy et i la reyne mire du roy, par Antoyne de Mont^ chrétien, sieur de Vateville, Rouen, 1615, in-4*; deux parties en 1 vol., pp. 402 et 200. — L'auteur veut simplement avertir la reine, avec toute sorte de respect et de soumission, que l'une des roues du gouvernement sort de son essieu. « A la vérité, continuet-il, il nous est facile de connoislre I9 désordre, car nous le voyons et le sentons : mais il ne nous est ni loisible ni possible de le réparer. Il nous doit estre permis de souhaiter la meii*
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lenre fonne de goaTernement; car tout nostre bon-henr dépend de là :
mais nous ne sommes point capables de la concevoir telle qu'elle doit estre. Tant de testes n'auront jamais une seule et conforme opinion, requise principalement en ce subject. Si chacun avoit la liberté d'eslire ce qui luy semble bon, outre la confusion qui en naistroit, on obtiendroit le moins ce qu'on désire le plus. » Cela est sans doute vrai, mais le moyen que Montchrestien propose était-il le meilleur? Qui lui répondait que les imaginations de la reine régente seraient plus sages que les imaginations du vulgaire? Sans doute il espérait que, s'appropriant ses propres idées, elle les appliquerait comme siennes. C'était de la vanité sous un air de modestie. Le livre de Montchrestien est moins un traité qu'une suite de discours, un peu diffus, sur des questions d'économie sociale; l'auteur ne s'est pas toujours affranchi des anciens préjugés; zélé protectinniste, il réclame pour l'industrie nationale la prohibition des marchandises étrange res, il croit à la nécessité des lois somptuaires, mais il expose souvent de fort bonnes idées, soit qu'il les tirt de son propre fonds, soit qu'il les emprunte à d'autres (f), et cela dans un style toujours clair et correct. On peut lui reprocher de ne pas assez préciser les faits, d^avoir horreur des dates et des chiffres, de ne citer aucune source. Quelquefois, pour combattre la sécheresse de son discours, il appelle la poésie à son aide^ et dans les morceaux qu'il traduit des anciens, il est toujours élégant, concis, et lutte de génie avec ses auteurs. C'est pourquoi il nous semble que le Dictionnaire des sciences économiques traite le livre de Montchrestien avec
(1)T<ons avons remarqaé qae Montchrestiei tnH de larges empruots ai Wir&ir den François—* par ex. le parallèle d« bon ei da maji* vais prince esl presque reproduii mot poux Bot, — tellement que si les dates ne s'y opposaient quelque peu, nous serions tenté iê X9itékïïê NoBtcbresUen TautMr de cet éerit piMdooyme.
trop de dédain. « Cet ouvrage, y Ut* on, est surtout remarquable pour son titre... C'est la première fois qu'on trouve employé le mot d'Economie politique. » M. Blauqui lui accorde aa moins ce mérite « de résinner les idées du temps sur les graves matières »
qui y sont traitées. Pour nous, nous ne nous sommes pas seulement arrêté au titre, notis avons parcouru l'ouvrage avec un grand intér(^t. Nous ne sachons pas de. meilleur livre publié en France sur ces matières, jusqu'à cette époque. Il est juste d'ajouter que nous ne sommes pas éc nomiste, et que notre bonne foi peut uvoir été surprise.
Montchrestien divise son traité en 4 livres, dont il donne le sommaire suivant : 1. Des arts méchaniques, de leur ordre et utilité; Du règlement des manufactures; De l'employ des hommes; Des mestiers plus nécessaires et profitables aux communautés; De l'entretien des bons esprits et <lu seing que le Prince en doit prendre. — II. Du commerce tant dedans que dehors le royaume; De la trop grande liberté et immunité des Espagnols, Portugais, Anglols et Holaudois parmi nous; Du transport et règlement de la monnoye; De Tinégalité du traitemeut que les Estrangers reçoivent en France, à celuy que les François reçoivent en leur» pays, tant pour les parsouaes que pour les gabelles et impositions ; De la différence de l'allié et du citoyen; Des commissionnaires; Du commerce du Levant; Du trafic des épiceries; De»
compagnies et sociétés; Des ventes et achapts qui se font dans les provinces, et de la police que l'on y doit observer. — Ce V livre a été rejeté à la fin de l'ouvrage, et forme la seconde partie du volume, avec une nouvelle pagination, mais sans titre spécial. — III. De la navigation et de ses utilités; De plusieurs voyages et entreprises faite»
par les François, Espagnols, Portugais, Anglois' et Holandois en plusieurs lieux : Du besoin que cet Estât a de »e fortifier par mer; De» »aillie»
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des anciens Gaulois et de leurs peuplades; Des colonies et des commodités qui peuvent en revenir; Du passage en la mer du Sud, pour trafiquer au Catay, hi Chine et le Jappon. — IV. De l'exemple et des seings principaux du prince, touchant la piété, la charité, la censure, la milice, les finances, les récompenses tant honoraires que pécuniaires, les charges et magistratures.
On attribue en outre à Montchrestien une Irad. des Psaumes de David, Qiùes travaux sur VHistoire de Normandie^ restés manuscrits.
MOIKTCLAU (Antoine de), vicomte de Montclar, un des plus braves el des plus expérimenléscapilaines de Tarmée huguenoUe , était un gentilhomme du Quercy. 11 ne prit aucune part à la première guerre civile; mais en 1o67, il marcha avec les autres Vicomtes au secours de Condé et combattit vaillamment à la biitaille de Gannat , à la tête de rioranterie du Haut- Languedoc {Voy. IV , p. 18). Son père, qui avait aussi embrassé la religion réformée et avait été laissé,selon Cathala Couture, pour gouverneur à Monlauban, fut forcé de quitter la ville par Tindocilité du peuple, et se retira dans ses terres, où il fut rejoint par son fils après la conclusion de la paix de Loogjumcau.
La guerre d'étant rallumée en Uj68, le vicomte de Montclar futchargé du commandement d'uu des régiments levés à Castres. Il participa à toutes les entreprises des Vicomtes jusqu'à l'arrivée de Montgommery . qu'il suivit dans le Béarn. C'est lui qui le premier avec Sénégas monta à l'assaut d'Orthez.De retourdansle Languedoc, il reçut ordre de Coligny .le marcher avec Genlisau.
secours des habitants de Castres , qui désiraient chasser les garnisons catholiques des villes voisines et rompre un blocus qui les incommodait beaucoup.
Il mit le siège devant Saint-Félix, mais il échoua dans son entreprise, et alla rejoindre Genlis sous les murs de La Bruguière. Rappelées par Coligny, les troupes huguenottes reprirent la route
de Castres. En route, Montclar toulut tirer sur une compagnie de cailles, mais son fusil lui creva dans la main, et la blessure s'élant envenimée, il mourut quelques jours après, en 4 570,laissant la réputation d'un excellent commandant d'infanterie.
Son fils , que nous n'avons trouvé désigné par les historiens que sous le nom de vicomte de Montclar, fut sauvé du massacre de la Saint-Barthélémy par le comte de Villars , qui commandait en Guienne. Ce fut, assure-t-on , pour témoigner aucomte sa reconnaissance qu'il abjura et qu'il se rendit à Montauban avec Paw/îw, afin de persuader aux habitants de s'en remettre à la clémence du To'i.Géraud de Lomagne^ dont la sœur Marguerite avait épousé Jean de Montclar, et qui était par conséquent allié du vicomte, s'éleva avec tant de force contre cette proposition qu'il la fit rejeter; il réussit même à rattacher à la Cause les deux vicomtes. En t577, Montclar battit près de Saint- Gaudens la compagnie de chevau-légers de Bonrepos, qui allait rejoindre Villars en Armagnac ; mais quelque temps après, le 13 août , il fut tué par les Ligueurs avec son beau-père. La généalogie de cette famille n'ayant point été dressée, nous ne savons s'il laissa des enfan's, ni qui était un vicomte de Montclar, cité par Marturé au nombre des chefs huguenots en 4587.
MOiMDEIMS (ÀBniiSDE), pasteur de Fécamp , fut appelé, au mois d'oct. 4 64 8 , à remplacer David de Caux dans réglise de Dieppe , et il la desservit avecautantd'activité quedezèle.
Son grand âge et ses infirmités l'avaient faitdécharger depuis cinq Hns,lorsquMl mourut, le 18 sept. 1638, dans sa 15* année, après 45 ou 50 ans de ministère. «C'était, dit Daval, un homme qui avait des dons excellents, ayant l'esprit vif et prompt, des conceptionsbelles et élevées, et, quoiqu'il ne fût pas des plus profonds théologiens, il était grand orateur, ne se servant que de ses seules méditations sans aide d'aucun livre oa auteur, du moins dans ses demièras an-
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nées. Il était excellent dans la conduite des affaires et des assemblées ecclésiastiques , où il présidait ordinairement. D'un autre côté, il avait des désagrémenls.étantextrêmemeDt chagrin et difôcile dans sa conversalion. se piquant promplement. 11 fullait avoir des paroles fort étudiées pour traiter avec lui, encore s'offeusait-il souvent, particulièrement quand on se servait de termes moins propres, bien que ce fût sans dessein de Toffenser. 11 s'en afOigeait lui-même et s'en chagrinait, en tirant des conséquences auxquelles on n'avait jamais pensé, jusque là qu'à la fin de ses jours, sa voix étant devenue si faible et si basse qu'il ne pouvait plus être entendu du peuple , et le cousistotre ayant député deux anciens pour lui en faire des remontrances et le prier de s'efforcer de parler plus haut , afin qu'il pût être entendu, il en conçut un tel déplaisir qu'il en fut malade et ne put reposer ni sortir de sa maison trois mois durant. Aux compagnies ecclésiastiques , comme il avait l'esprit prompi et présent, et les raisons solides, ou du moins subtiles , aussi voulait-il l'emporter et que ses avis fussent suivis, et quand il entreprenait quelqu'un, il n'était point content qu'il ne l'eût enliîîrementterrasséet,s'ilfautainsidire,foulé aux pieds. Au reste il avait l'âme fort bonne et la conscience fort tendre, et il s'acquittait diligemmentdesacharge.il était scrupuleux jusque-là qu'il ne voulait jamais dire de nouvelles, decrainte de les dénaturer, d'y ajouter ou d'en diminuer.» H eut pour successeur y6'a?i Vauquehn , que l'on appela de Pujols en Basse-Guiennc,et qui fut installé le 23 nov. 1638. ^
MOINTDORÉ (Pierre), ou Mondoré, sieur Du Rondeau, en latiu Montaureus, savant mathématicien et bon poète latin, natif d'Orléans, fiorissait vers le milieu du xvi* siècle. 11 étudia le droit dans les universités de l'Italie, quoique ses goûts le portassent de préférence à l'étude des mathématiques.
Tout en suivant la carrière de la magistrature, il ne cessa de s'adonner à
cette science. En 4554, il publia nn commentaire très-estimé snr le 4 0« livre d'Ëuclide : EurMdis elementonm liber decimus, Petro Mmitaureo interprete. Ad Joannem Bellaïum cardinalem^ Lutetiae, VascosanusJn-4*, ff. 4 40, sans. la préface dédie, sous la date de Paris, Cal. de Juill. 4554, fi*. 47; dans le privilège, datédeBtois, decimoCalend. februarii, 4550, Montdoré est dit membre du parlement, vir senatorius. L'ouvrage se termine par une longue pièce de ver<; latins qui donne une idée très-avautageuse du talent poétique de l'auteur. Esprit grave et philosophique. Bon style.
Montdoré, au jugement des meilleurs critiques, a éclairci un grand nombre de difficultés. En 156^, notre savant fut compris par le parlement de Paris dans l'arrot qui condamna à mort un certain nombre de Huguenots pour crime de lèse-majesté (Voy. IV. p. 20, note).
Cet arrêt lui donne la qualité de « maître de la librairie du roi.» Au rapport de Vossius, il était eu effet bibliothécaire de S. M.
Lors de la seconde prise d'armes des Huguenots (4 567), Montdoré, conseiller au Grand Conseil (4), se réfugia à Orléans, où il fit transporter sa bibliothèque. N'étant pas en sûrelé dans cette ville, il se retira à Sancerre. 11 y mourut bientôt après, en 1570, dans un âge qui n'était pas très -avancé; le chagrin, selon de Thou, hâta sa fin. Sa bibliothèque et ses instruments de mathématiques furent pillés à la St-Barthélemy. Cette bibliothèque était riche surtout en ouvrages de mathématiques, annotés de sa main. Il éUiit grand partisan d Aristote, et plus versé dans la philosophie que dans la jurisprudence. Montaigne le cite parmi les meilleurs poètes latins du xvi* siècle.
« 11 me semble aussi de la poésie, ditil, qu'elle a eu sa vogue eu nostre siècle; nous avons abondance de bons artisans de ce meslier là, Aurat, Bèze, Bucbanan, VHospital, Mont-doré, Tur-
(1) Mattre des requêtes, d'après le Thaana, conseiller, d'après de Tbou.
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Mshui»* cependant Montdoré» à notre ooBDBissaAce, n'a publié aucun reoueil 4e peéeies . I^ indiscrétions de ses amis auront pu seules faire jouir le public de quelques pièces échappées à sa muse (4). On attribue ï Montdoré une apologie de Poltrot, Poltrotus Meram, la meilleure pièce de vers que le fanatisme aitiospiréaux Huguenotssur Tassassinat du duc de Guise . Le poète allait sans doute trop loin dans cette invocation à Dieu :
At ta, nimme Pater, qii ieJi qianusqie tno-
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Dirigii, et vatam calamos, da viver^ natum Carnen ab obsearo, atqne ocolls manibasqne
[tenerl, Plariboa «t aaoeat Meraeas in ore oepotom.
Mais si l'on met en regard du meurtre d'un seul le meurtre d'une ville entière priée d'assaut,- si l'on considère que dans cette ville ainsi menacée se trouvaient la famille, les frères, les amis du poète, on doit lui êtreiodulgent. Beaucoup qui ne l'auraient pas dit, au* raient pensé de même. Montdoré ne vit pas l'assassin dans Poltrot, mais le sauveur de la ville, le fauteur de la paix :
Stivam qoi praestilit nrbem, Sablatoqae, noran paeis qoi sasiulii, boste.
€ette pièce a d'abord été attribuée h Adrien Turnèbf', Le Laboureur qui la reproduit dans ses Additions aux Mémoires de Castelnau, croit pouvoir la restituer à Montdoré. Nourri des doctrines de l'antiquité, il n'est pas impossible que Montdoré ait reconnu aux peuples opprimés un droit dévie et de mort sur leurs tyrans, quels qu'ils soient.
La Bible même l'y autorisait. Les meilleurs publicistes du xvr siècle professaient tous cette doctrine anti-chrétienne, si l'on veut, mais non pas anti-religieuse.
Michel de L'Hospital, «principal ami» de Montdoré, «déplora sa mort par de beaux vers remplis de plaintes contre l'ingratitude de son siècle. » C'est ce que nous apprend de Thou .
Masae vester bonos ei gcntts gloria iiostia? CoRcessit fatis, patriâ Montaareus pxoI.
(I) Voir Grater, DfileUe poetarom GallonuD, T. II.
Puis le poète ajoutait:
Touu (lit toreis iatas,
Aoreoi logenio, docirinâ, moriboi aorcis... TanlDm illom, talemque virom si Romt ta-
[Ksset, Aireos in somnl sttrei Montaoreis arce, Anreaa inqae (oro, et rostris, tolà aareas
[orbe.
Une telle admiration de la part d'un tel homme est la plus belle palme d'immortalité à laquelle il soit donné de pré • tendre. Pibrac, lit-on dans le Thuaoa, supprima le vers suivant dans son édlL des Poésies du chancelier :
Ëxul ob aaaertam Terae pieiatis hooorea.
Le volume étant dédié à Henri 111, il s'agissait de ne rien laisser passer de compromettant.
Montdoré laissa un fils, que de Tbou connutaux universités etquidevintcoDseillerau Grand-Conseil, probablemeot à la mort de son père . Ce lils ne seraitil pas Horace de Mondoré, d'Orléans, qui chercha un asile à Genève i la Sl- Barthélemy?(Atf^. des habitant,) Nous ignorons si c'est de lui que descendait Antoine de Mondoré^ sieur de Lignerolles, fils de Lancelot, sieur Du Rondeau, eiàe Jeanne RobineaUyqm épousa à Parisien 1 665, Anne Le Gendre^ fille de Samuely sieur de La Cour, et de Marie Tassin (Reg. de Charenton) .
MOr^TElL (N.). pasteur du désert.
Accusé d'avoir séduit une fille nommée Claudine Monier, Monteil fut suspendu, jusqu'à ce qu'il se fût pleinement justifié, par un synode tenu, le 1 5 déc. 4723, sous la présidence de Corteis; mais méprisant cette sentence , sous prétexte que Taccusation était calom* nieuse et que Claudine Monier n'était qu'une prostituée, il continua à remplir ses fonctions. Un autre synode»
auquel C^ovr^ présida, le 8 juin 4124.
le déposa donc etl'excommunia comme calomniateur et réfractaire aux ordres des synodes. Monteil refusa de se soumettre. Sa rébellion provoqua un schisme qui dura plusieurs années. U finit pourtant parcesserde prêcher, lorsque La Devèze accorda «une espèce d'amnistie aux fanatiques. » Sa soumission ne le mit pas toutefois à l'abri des ponr-
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suites dn goaveroemêftt. II est Trai Qu'on ne lui fit pas son procès; nMison i^enferma dans le chMeau dc^ Beaure-
fard, où il mourut en 4751 (Arck.gén»^ .3542).
MONTEPiAY (GlOROBTTB DB),fiUo
d'honneur de Jeanne d*Albret^ poète.
On ignore les particularités de sa vie. Ayant lu les Emblèmes d'Alciat, qui étaient alors dans toute leur vogue, elle eut ridée de les imiter, en rimant dans le même goût des pensées morales. Elle composa donc cent emblèmes par huitains, que J. Marcorelle (4 ) imprima ^ Lyon sous autantde fig.en taille-douce.
Ce volume , qui parut sous le titre à.' Emblèmes chrestiens^ Lyon, J. Marcorelle,4 574 ,iA-8*,était dédié à Jeanne d'Albret. Il se termine par huit sonnets (adressés deux à la reine de Navarre et six à M.doLaCox^, gouverneur dujeune prince Henri), une épttre allégorique et une énigme. Le succès eu fut très^ grand. On le réimp. plusieurs fois, no* tammentà Zurich,! 583, in-4%avec une version laline,et à Francfort, 4 61 9, in- 8%avec des traden latin, en espagnol»
en italien, en allemand, en flamand et en anglais.
HONTFËRRAnD (GuT ou Charles DB),capitaine huguenot, connu plus tard, dans Tbistoire de nos guerres civiles, sous le nom du baron de LangoilÀN, commanda une compagnie à la bataille deVer sous les ordres de Duras^ tandis que son frère aîné comballit sous ceux deMontluc. En 4 567, il se signala à la prise de Pont-sur- Yonne. Le par* lementde Bordeaux le comprit dans ses sanguinaires arrêts de 4 562 et de 1 569 {%), En 457â, logé dans les faubourgs de Paris, il eut le bonheur d'échapper auxégorgeurs de la Saint- Barthélémy.
En 4 57 4, il marcha, avec d'autres chefs
(1)A la S. -Barthélémy, Jean Marcortlle, imprimeur k Lyoo, se réfugia a Genève.oii il fst r^cu habiiaui le 8 sept. 1572. Oii ans auparavant, le 23 avril '562, Pierre Marcorelle^ de Hilbau, y avait déjà obtenu les droits de bourg^isie.
(%) Dans l'nn de ces arrêts , 11 est appelé Guy^ et dans Tantre Cfcar/f«.L'histoire ne lait pourtant mention que d'un seul capitaine hopMBol do non de Leiif»lrMi.
fTotestaiits, nt seccmn d« fiomite de Lav&dan, et après PaToir dégagé , il retourna à Bergerac, où il se ieneil d'habitude.La même année^ il força les Catholiiiees h lerer le siège de Mont* flanquin; mais son plus bel exploit fit la surprise de Périgueux, doit il eè rendit maître, en 457&> Beeondé pal Vivans et Lambertie. La ville fut traitée avec une rigueur barbare et lesprè^ très ne furent pas épargnés. La coo^ duite de Langoiran dans cette cir-* constance a laissé une tnrhe sur sa vie. Selon les Mémoires du duc de BouilloB, il éUit «un des plus cruels et irréligieux hommes de son temps.» Sans doute il ne faut pas accorder une confiance illimitée au témoignage de Twrenne, qui ne lui pardonna jamais d'avoir refusé, jusqu'en 4575, de reconnaître son autorité; mais ù'Ai^igné, qui n^avait aucun motif de haine contre lui, recon'* natt aussi qu'il était plus propre «à faire combattre les gens de guerre qu'ai les policer» , et ajoute qu'il fut accusé de beaucoup dedésordres.Aprèslaprisede Périgueux, Langoiran tenta une entreprise sur St'Macaire. Les échelles s'étant trouvées trop courtes, il dut se retirer avec perle de quelques hommes. Cet échec disposa sans doute le roi de Navarre ï écouter plus favorablement les plaintes qu'on lui adressa «sur les rigueurs et cruautés» du gouverneur de Périgueux. 11 le destitua en 4577. Irrité, Langoiran fit sa paix avec les Catholiques, qui lui laissèrent le libre exercice de sa religion dansses châteaux de Montlerrand et de Langoiran.
MONTGOMMERY (Gabiibl db), comte de Montgommery, un des plus habiles et des plus vaillants compagnons d'armes de Condé et de Coligny, était le fils atné de Jacques de Montpgommery, sieur de Lorges dans l'Orléanais. En 4545, il obtint le commandement des troupes envoyées par le roi de France au secours de Marie de Lorraine, reine d'Ecosse. En 4559^, lors de la fameuse Mercuriale, c^est lui qui, en qualité de eapitaine detger-
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des, (ni chargé d'arrêter Anne D% Bowrg et ses collègues ( Voy. IV, p.
338); c'est encore lui qui, quelques jours après, dau s le tournoi célèbre donné à Toccasion des mariages de la 61ie et de la sœur de Henri IL eut le malheur de blesser mortellement ce prince.
Ce funeste accidentPobligeuntà quitter la Cour, il se retira dans ses terres en Normandie, d'où il partit pour voyager en Italie et en Angleterre. Il est probable qu'il embrassa la Réforme pendant son séjour dans ce dernier pays ; car lorsque nous le retrouvons en France, en h 56S, c'est dans les rangs des Huguenots.
Après la prise d'Orléans, Condé l'envoya occuper Bourges à la tête de 1 20 chevaux. Le %1 mai, à cinq heures du matin, selon le Journal de Glaumeau, les Protestants se présentèrent devant la porte Saint-Ambrois, qui leur fut ouverte par leurs coreligionnaires, au nombre d'environ 3000, tous armés.
Montgommery se saisit de rhdlel-deville, se fit remettre les clefs des principales portes et marcha sans délai sur le cloître Saint - Etienne , qui avait été «clos et fermé, et parties des portes muraillées » ; mais les chanoines ne tentèrent pas une inutile résistance. Il se trouva donc, sans coup férir, maître de la ville entière, à rexceplion de la grosse tour, qui se rendit le 3f. Le lendemain, il fit prêcher le ministre liovières (1), et le jour même, «on commanca à abaslre les ydoles, et la messe du tout cessa. » Renforcé par trois enseignes, que lui amenèrent Saint-Rémy Talné, Saint- Laurens^ dit Saint-Martin-le- Luthérien , et Noisy, Montgommery désarma les Catholiques, et s'élanl emparé des trésors des églises et de la caisse publique, il les emporta lui-môme à Orléans, laissant la garde de la ville au capitaine Miraillet, Peu de jours après son re-
(1) Il y avaîl à Bourges quatre ministres, que Glaumeau appelle Dagttjtt, M. deV^ran, hurant el Rorîéres, Selon Callicrinol, ils se nommaient ^'Agnon^ de Yenan^ de Durarn el de Rovyàres^ et selon Yves Magisiri, û'Aynon, Niquet, Verrant et Durant,
tour, Condé PenYoya en Normandie, avec le titre de son lieutenant, pour y veiller aux intérêts de ta Cause. Montgommery se rendit rapidement à son château de Ducé près d'Avranches, assembla la noblesse protestante du voisinage et se mit en campagne surle-champ, dans l'espoir de se saisir du château de Caen, seule place qui restât au pouvoir du duc de Bouillon^ gouverneur de la province. L'approche du duc à la tête de toutes ses forces, le força de renoncer kcetle entreprise, el même il dut abandonner Ducé pour se retirer avec sa femme enceinte à Saint- Lo, ail il établit son quartier général. Sa troupe grossit en peu de temps par l'arrivée de LaMotte-Tibergeau, dMvesne, Des Champs, Colomhilres, Rommerou, La Poupelière, Bressay, Jachoville^ qui passa bientôt dans le camp de Bouillon, La Forest^ et d'autres gentilshommes ou capitaines du Maine et de la Normandie. Le fils du sieur à'Herinesis s'était aussi mis en route pour aller rejoindre le lieutenant deCoudé,maisil tomba entre les mains de Villarmois, qui lui fit couper les bras elles jambes.Secroyantassez fort pour reprendre la campagne, Montgommery essaya de s'opposer à l'entrée des Bretons en Normandie. Il fil occuper Coutances par Colombières, chargea Des Champs el d'Âvesne de rompre les ponts du Couesnon el de la Célune, el lui-même se porta sur Avranches; mais il arriva trop tard d'Elampes s'en élail déjà emparé, il se replia donc sur Vire, emporta le couvent des Cordeliers et la calhédrale que les Catholiques avalent convertis en forteresses, fil abattre les images el se saisit de l'argenterie des églises, pour subvenir aux frais de la guerre. Le triomphe des Protestanls dans celte ville fut de courte durée.car h peine Montgommery se fut-il éloigné, qu'ils éprouvèrent la vengeance des Catholiques irrités. Une émeute, où le valet du ministre Feugré ( Feugueray ? ), Jean Le Roy, Louis Finette, perdirent la vie, et Etienne Hamel, Jean Dubourg avec d'autres
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habitants tant de la ville qne delà campagne, furent grièvement blessés, préluda, le 31 juillet, au terrible massacre du 4 sept. {Voy VI, p. 254).
Informé du sac de Vire, Montgommery se replia surBayeux et alla camper à l'erahoucbure de TOrne, pour attendre dans une forte position les vaisseaux qui devaient le transporter au Havre, conformément aux ordres de Condé 11 eut à y soutenir plusieurs attaques des Catboliques, qui ne purent toutefoisledeloger.il s'embarqua enfin et arriva sans accident à sa destination, mais sur Tordre du prince,il repartit immédiatementpour Rouen.que les triumvirs menaçaient d'un siège. Il fit son entrée dans cette ville» le 17 sept., à la tête de 300 cbevaux, suivi de trèsprès par l'armée royale, forte d'environ 30,000 hommes.
Eu y comprenant l'escorte de Montgommery, Rouen n'avait pour garnison que 800 vieux soldats français et 500 Anglais; mais la milice bourgeoise»
commandée par les écbevins Michel Bouchard j Guillaume de Croistnare, JeanBauçuemare ei Nicolas Le Sire^ par les quarteniers Nicolas d*Aussy, Jean de Saint Léger et Michel Bauquemarey et par les pensionnaires Jo^;ques Auher^ Pierre Hovel et Matthieu Pou^at», rivalisa d'intrépidité et de bravoure avec les meilleurs soldats.
Le 28 sept., un héraut somma la ville d'ouvrir ses portes au roi, qui se trouvait dans le camp des triumvirs avec sa mère et sa Cour. Les habitants répondirent fièrement qu'ils étaient résolus à se défendre plutôt que de recevoir dans leurs murs toute une armée.
Les Catholiques dirigèrent principalement leurs attaques contre le fort Sainte-Catherine, qui battait d'enfilade leurs tranchées entre les portes Martainville etSaint-Hilaire.lls y livrèrent, le 29, un assaut qui fut vaillamment repoussé. Le 30, ils assaillirent, sans plus de succès, le faubourg Saint-Hilaire. Le lendemain, nouvel assaut au fort Sainte - Catherine , et nouveau triompbedesa8giégés,dont l'allégresse
redoubla par rarrivée de Btmofoiff et de Valfrenière, à la tète d*un secours envoyé de Dieppe, et par l'entrée dans le port d'un convoi de vivres et de munitions, qui avait forcé une estacade construite à Caudebec par les assiégeants. Ce fort, si vaillammenldéfendu, tomba pourtant, le 6 oct., au pouvoir de l'ennemi tant parla négligence ou la présomption de ses défenseurs que par la trahison du capitaine Louis David^ qui fut tué par un de ses propres soldats indigné de sa perfidie. Toute la garnison fut égorgée, entre autres La Bouverie, de Rebelles et Confolam^ brave capitaine rouennais , qui avait coulribué plus que personne à la levée du siège de Tancarville, quelques semaines auparavant.
La prise du fort Sainte-Catherine, qui dominait Rouen, entraînait nécessairemeut la prise de la ville elle-même, c'était un malheur irréparable , dont ne pouvait consoler l'arrivée d*un nouveau secours de 500 Ânglais.Ils avaient réussi à franchir l'estacade de Caudebec, sans autre perte que celle d'une barque chargée de munitions, avec les hommes qui la montaient, le capitaine Bassefontaine, entre autres.
Cependant les généraux catholiques pressés par l'approche de l'hiver et alarmés de la présence des Anglais an Havre, sentaient la nécessité de redoubler d'efi'orts. Ils multiplièrent donc les attaques,mais toujours sans succès.
Les vaillants bourgeois de Rouen étaienl résolus à mourir plutôt que de se mettre à la merci des triumvirs, et leurs femmes mêmes, qui déployèrent pendanttout le siège un courage héroïque, les fortifiaient dans ces sentiments.
Après avoir éprouvé un nouvel échec, le 1 3, dans un assaut furieux qui dura de dix heures du matin jusqu'à sept heures du soir, les assiégeants firent, une fois encore, sommer la ville de se rendre. On remit au soir la réponse; cependant, le jour même, les Catholiques tentèrent une escalade et parvinrent à se loger sur la porte Saint-Hilaire. Cette sanglante journée coûta la
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Tie à plus de 600 habitants; on remar* qua que parmi les morts, il y avait plue de femmes que d'hommes. Maître du fort Sainte - Catherine et de la porte Saint^Uilaire, le duc de Guise, qui dérigeait toutes les opérations du siège, tenait le sort de la ville entre ses mains; il savait qu'un assaut livrerait Rouen à sa discrétion ; mais il hésitait devant la responsabilité qui pèserait sur lui s'il exposait au pillage une des plus riches cités de France. I>e son côté, UHçspital ne cessait de représenter au roi, «que c'estoit une mauvaise cooqueste que de conquérir sur soynfttsme par armes. » On fit donc, une troisième fois, sommer les habitants de se rendre. Ils offrirent d'ouvrir leurs portes, à condition que l'armée se re< tirerait à trois lieues. La reine-mère exigea non-seulement une soumission sans réserve, mais elle déclara même aux députés rouennais, Nicolas Le Sire et Gitillaume Boequet, que Tintenlion du roi n'était pas de leur laisser la liberté du culte. La négociation fut rompue. Les assiégeants livrèrent donc l'assaut et furent vaillamment repoussés. Dans l'espoir que Catherine serait portée, après ce revers, à leur accorder des conditions moins rigoureuses , les Roueonais envoyèrent au camp royal Jean Du Bote et Michel de Banquemare^ qui ne purent rien obtenir..Montgommery aurait voulu qu'on se soumit; homme de guerre et habile dans l'art des siégQS, il lui était facile de prévoir une catastrophe prochaine; mais les ministres, Jacques Trouillet^ dit Des Roches, à leur tête, comptant, dans leur exaltation fanatique, sur une intervention miraculeuse du Très-Haut, usèrent de toute leurinfluence pour engager les as8ié{jés à se défendre jusqu'à la dernière extrémité. Accablés de fatigues, affaiblis parleurs pertes, mais fortifiés par leur enthousiasme, les Rouennais, a bien soutenus par les Anglais, mal par les Français >», continuèrent donc à combattre jusqu'au !26, qu'un dernier assaut livra leur ville à l'enoemi. Le capitaine Sainte -Co-
hmbe, tmshge du parti pfoMttiil, pénétra le premier dans la placé; maie à peine fut-il engagé dans la me des Célestins, qu'il reçut une blessure mortelle. «Toutel'armée suivit, raconte Davila, faisant un horrible carnage de la garnison et des habitans, et passant au fil de l'épée, sans aucun quartier, tout ce qui se présenta armé ou désarmé. La ville fut livrée au pillage, à l'exception des églises. » Malgré les efforts du duc de Guise, ce pillage dora huit jours. Au rapport de Castelnan, les courtisans se montrèrent «les plus aspres à la curée. «
La ville forcée, Hontgommery dut songer à sa sûreté et à celle de sa fa* mille. Il se retira, escorté des soldais anglais, sur une galère qu'il tenait prête dans le port. La promesse de la liberté animant la chiourme, il descendit rapidement la Seine jusqu'à l'estaeado de Caudebec, qu'une manœuvre adroite lui fit franchir sans accident, et gagnant le Havre, il passa en Angleterre, au rapport de Davila.
Montgommery revint en France (4) après la surprise de'Dieppe par Catie^ f>ille'Malderé{\ oj.CQ nom). 11 arriva dans cette ville, le 29 déc, à la tôte d'un corps de troupes, et assembla sarle-champ le Conseil de ville, auquel il remontra énergiquement la nécessité de se défendre. Il trouva dans les magistrats tant de tiédeur et d'indifférence que, plein d'indignation, il cassa le Conseil, fit ^Tïéier Bacqueville dans ses terres et l'envoya prisonnier au Havre , frappa sur les habitants une contribution de 4 5,000 livres destinée à l'entretien de deux compagnies anglaises, de trois compagnies françaises, et d'une compagnie de chevau-légers, et fit vendre les biens des fugitifs. La violence de ces mesures mécontenta singulièrement les Dieppois, qui s'en plaignirent amèrement à Coligny, en accusant Montgommery d'avoir détourné à son profit une bonne partie
(1 ) Selon d*autres historiens, c'est do Havre qo*il ptrtît. le Vt dée., pour se readre k
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dH 45,0(^0 Hvreg» Tout prouTtqiie 0*^1111 Muut Doire calomnia; car sans autre ressource que cette modique somme, le comte leva des troupes, répara et augmenta les fortifications de U ville, fit, pendant deux mois, une-rude guerre aux Catholiques d* Arques, et assiégea Eu, dont il ne put se rendre maître. Cependant l'amiral crut prudent de le rappeler. Montgommery partit le 28 fév., confiant la garde de la place au sieur éePresles, que Goligny remplaça, bientôt après, par le capitaine GdusseviUe, ou Gonseville, de Fécamp.
Chargé par Tamirai de rétablir la prépondérance des Protestants* dans la Basse-Normandie, Montgommery marcha sur Saint-Lô, où il entra sans résistance. U y laissa pour gouverneur Sainte-Marie-aux-Agneaux, qui venait d'aider les Protestants de Gaen à s'y rendre les maîtres. Il se saisit ensuite d'ÂvrancheSfOÙ il mit le capitaine VieUcourch^sSe portant delà surVire, il prit la ville d'assaut au milieu de la nuit. Les Prolestants avaient de terribles représailles à y exercer ; cependant Montgommery ne voulut point a* bandonner les habitants à la fureur do ses soldats; il réprima, au contraire, avec énergie les excès inséparables de toute escalade nocturne, etse contenta de faire pendre quelques-uns des Catholiques les plus compromis. Dès. le lendemain, nommant gouverneur de la place le capitaine Gentymesnil ^ii reprit la route de Citen, sur l'ordre de î'amiraK qui le laissa en Normandie
iVoy. m, p. 383), lorsque la nouvelle e la négociation de la paix le rappela à Orléans.
Montgommery ne fit plus rien de remarquable jusqu'à la conclusion de la paix> après laquelle il se relira dans ses terres.
Aux seconds troubles, il reprit les armes et conduisit des troupes à Condé {Voy, II, p. 456). Selon les Mémoires deC>)ndé,ce fut lui qui se saisit d'Ëtampes par escalade, le 47 oct. 4 567 (4), (1) D*«iUetiUKat ^u Mtta vilte fot prtH
et son frère Courhtnuon^ de Saiiit- Gloud. Nous savons déjà qu*il n^assista pas à la bataille de Saint-Denis, et qu'il ne se signala, dans cette courte campagne, par aucun exploit dont l'hittoire ait gardé le souvenir II n*en fat pas de même dans la troisième guerre, où il acquit une réputation éclatante par le courage, l'activité, la sagesse avec lesquels il conduisit l'étonnante expédition du Béarn.
Instruit de la fuite de Condé, il se hâta de rassembler le plus de troupes qu'il put. Une surprise qu*il tenta sur Argentan ayant échoué, il marcha sur Sées, dont il s'empara, et arriva à Alençon vers la fin du mois de septembre*. Il y fut rejoint par Poly, de Bretagne, qui s'était saisi de Domfront, et par Rabodanges. Tous ensemble se réunirent à Lavardin et prirent le chemin de Beaufort-en-Vallée, quei4iirf^lot avait indiqué pour point de ralliement ( Voy. III, p. 41 6). Montgommery était accompagné de ses trois frères: Jacques^ plus connu sous le nom de Courbovzon; François, qui a rendu fameux celui de Salnt-han; et Louis dit de Corminville, que La Popelinière appelle l'abbé de Cormery. Après que les Huguenots eurent traversé la Loire au gué qu'il découvrit, et opéré leur jonction avec l'amiral, Montgommery prit une part active aux plus importantes opérations militaires de Condé et de Coligny. Il assista notamment à la prise d'Angouiême, où Courbouzon se signala, et à celle de Pons, qu'il emporta d'assaut avec Piles, Surpris, quelque temps aprè8(12fév. 1669), par Brissac à La Molle-St-Eloy, il perdit quelques hommes, et son plus jeune frère, Corminville, resta prisonnier dos Catholiques, qui l'emmenèrent à Lusignan. Montgommery tenta de le délivrer; mais son entreprise échoua.
Quoiqu'on dise Castelnau dans ses Mémoires, il parait qu'il n'assista pas à la bataille deJarnac, oùCourbouzon tomba grièvement blessé entre les mains
par son frère Saint-Jcim, ï la tète do réf I- Bf at ûé NomiBdie.
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de rennemi (Voy. U, p. 464). La bataille perdue, ColigDy l'envoya défendre ÂD(çouième. que le vainqueur menaçait. MoDtgommery se jeta dans la place sans éprouver de pertes notables, quoique vivement chargé, sous les murs mêmes, par le comte de Brissac; et, par les sages mesures qu'il ordonna, il ût perdre au duc d'Anjou Tenvie d'en entreprendre le siège. II alla donc reprendre sa place dans l'armée des Princes. Après la prise de Nontron et la jonction avec l'armée allemande, Jeanne (TAlbret jeta les yeux sur lui pour lui conQer la glorieuse mission de faire rentrer dans le devoir ses Ëlats, qu'une révolte des Catholiques, fomentée et appuyée par le roi de France, avait soustraits à son autorité, à l'exception de la seule place de Navarreins {Voy. 1, p. 47).
« Il s'agissait bien moins dans cette guerre, dit avec raison M"' Vauvilliers, de soumettre toutes les opérations militaires aux lenteurs de la prudence que d'étonner ou de confondre d'activité et de résolutions; le succ^s dépendait bien moins de la sagesse des combinaisons que de l'audace de l'exécution. » Le choix de Jeanne d'Albret ue pouvait donc être plus heureux; car jamais capitaine ne déploya en campagne plus d'activité et d'audace que Monlgommery.
Revêtu du titre de lieutenant de la reine de Navarre, il partit de Nontron, le 8 juin 1o69, franchit la Dordogne à Souillac, le Lot au-dessous de Cadenac, et arriva sans obstacle à Montauban. Il ne s'y arrêta que le temps nécessaire pour rassembler autour de lui les garnisons des places voisines;puis, accompagné de son frère Saint-Jean^ il prit la route de Castres : c'est là qu'il devait rencontrer l'armée des Vicomtes, à qui il y avait donné rendez-vous pour le 11 juillet. Cachant avec soin le but de son voyage, il fait courir le bruit que son projet est d'attaquer Saix ou La Bruguière, et, le jour même, à la tête de 5,000 hommes, il prend la roue de Puy-Laurens. Il rencontre, près
de cette Tille, Négrepelisse à la tète d'un corps de cavalerie, le met en déroute après un vif combat, arrive à Mazères le 28, franchit la Garonne sur le pont de Saint-Gaudens, traverse l'Ariége, surmonte tous les obstacles que lui opposent et les difficultés du chemin et l'hostilité des populations, descend comme un torrent dans le Bigorre, emporte et pille Tarbes, dont les habitants essaient vainement de l'arrêter, échappe, par son extrême célérité, à Damville,à Montluc,à Bellegarde,àVimercat, à Goas, et parait subitement, le 8 août, sur la frontière du Béarn.
Frappé d'une terreur panique, Terride leva prômptement le siège de Navarreins et courut s'enfermer dans Orthez, tandis que le baron de Lons^ Louhie et d'autres Béarnais restés fidèles à leur reine, s'empressaient d'aller grossir la troupe libératrice de Montgommery. Le lieutenant de Jeanne d'Albret ne voulut pas laisser à l'ennemi le temps de se reconnaître. Dès le \ 0, au point dujour, il prit position à Saint- Maigret,village qui domine Orthez, et, par son ordre, le vicomte de Montclar, à la tête de son régiment, força le passage du Gave sans autre perte que celle du capitaine Cauèet. Orthez était une place assez forte; elle avait une bonne garnison, qui se trouvait considérablement renforcée par les troupes de Terride et par une nuée de prêtres et de moines, plus acharnés au combat que les plus fanatiques soldats; mais la valeur des Huguenots triompha aisément d'une résistance paralysée par la terreur Le carnage fut terrible. « On tue, on massacre de tous côtés, lit-on dans Olhagaray, tant que finalement ayant esté fait un horrible meurtre et carnage, le combat se relasche et appesantit.» Terride, qui s'était enfermé dans le château avec les principaux chefs des rebelles, sans songer, dans son trouble, à y faire porter ni vivres, ni munitions, fut heureux d'accepter, le 4 3 août, la capitulation que Montgommery consentit à lui accorder, mais que, malheureusement pour sa gloire.
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il DO put ou ne yoqIuI pas faire respecter {Voy, 1, p. 48).
La prise d^Ortbez frappa d'épouvante les gouverneurs des autres places ; pas un seul n^osa attendre le vainqueur. Le cruel iieori de Navailles. qui commandait à Pau, où, le M, il avait encore fait pendre le président Guillaume de La Vigne, les ministres Antoin ne Pourrai et Augier dePlaïUier, avec d'autres Réformés, s'enfuit lâchement à la première sommation; il courut jusqu'à Hagetmau, où il fut découvert, caché sous uu pont, par le capitaine Saifil'Lisier de Montauban, qui lui cassa la tête d'un coup de pistolet. Monlgommery fit son entrée dans cette ville, le 23 août, au milieu des acclamations universelles, et, suivi de tout le peuple, il se rendit au temple, où le célèbre lïre^ prêcha sur l's.CXXIV.
Le 25, il rétablit le Conseil souverain, qui ne tarda pas, malgré ses efforts pour le retenir dans les bornes de la modération et de la prudence, à se jeter avec emportement dans les excès de toute réaction.
Après avoir reconquis et pacifié les Klalsde Jeanne dWlbret.Montgommery entra en Gascogne, prit Eauze et Condom, ravagea le pays, et, couvert de gloire, il rejoignit l'armée des Princes au Port-Sainte-Marie, le 10 uov.
1569, c'est-à-dire à peu près dans le même temps que le parlement de Paris le condamnait à mort et le faisait exécuter en effigie sur la place de Grève (Toy. 111, p. 391).
Le héros du Béarn soutint la réputation qu'il venait d'acquérir, pendant la marche de Coligny à travers le Languedoc. Il emporta d'assaut tfontault sur le Rhône, et, avec son frère Saint- Jean, il reprit l'arlilbTie que la garnison du Bourg-Saint-Ândéol avait enlevée. Au combat d'Arnay-le-Duc, les deux frères se signalèrent également parmi les plus braves, et eurent une grande part au succès des Huguenots (Toy. m, p. 395).
Au rapport de LaPise, lors de l'expédition de Flandre, Montgommery fut
chargé d'y conduire 4 300 hommes de pied et 1 200 chevauxli semble, en effet, peu probable que,dans une circonstance aussi importante, l'amiral ait laissé à l'écart un de ses plus habiles lieutenants; mais si Montgommery assista au début de la campagne, il faut qu'une raison inconnue l'ait bientôt ramené eu France, puisque nous le trouvons à Paris le jour de la Saint-Barthélémy. Nous savons déjà qu'il échappa non-seulement au massacre, mais à l'ardente poursuite du duc de Guise {Voy. III, p. 400), grâce à la précaution qu'il avait prise de se loger dans le faubourg St-Germain et à la vitesse de son cheval (1). Userelira dans l'Ile de Jersey, oùil rassembla sa faiiiille fugitive, puis il se rendit en Angleterre, dans l'intention, sansaucun doute,d'y équiper une flotte pour secourir les Rochellois.Maisil ne trouva pas auprès du gouvernement d'Elisabeth l'assistance sur laquelle il comptait; ii dut poursuivre son armement malgré les défenses de la reine et fut môme forcé de lev<T l'ancre précipitamment, avant d'avoir terminé ses préparatifs, pour échapper à Tembargo qu'on allait mettre sur ses navires, à la demande de l'ambassadeur de Charles IX. Sa flotte, composée de 53 petits bâtiments, dont quarante seulement étaient armés en guerre, portait environ tOOO hommes, français, anglais, flamands; elle était commandée par le vice -amiral Champernon, son
(I) Le joar mèmp, c>5t-b-dirp le 24 aoât, Cbirle*' IX écrivit i Matignon, gouverneur de la Normandie: Mons de Maiimioo, pource que j'ai entendu que le sieur de MoiitKomery s'esi retiré en ses maisons du costé de Normandie, où il est k rraindre qu'il esmenve mes subjecis et assemble ceulx de m religion» et face esmouvoir aussy par ce moyen mes autres subjects catholiques, j'ay advisé tous faire cette lettre, outre Tautre que je vous escripts, pour vous prier de prendre garde doulrempntet sans grand bruit où ii se sert retire, afin que, avec ce que vous pourrez assembler de forces, vons le preniez ou faciès prendre, et vous en asseuriez si bien qoe j'en puisse demeurer eu repos; mais que Too ne sçarhe que je vous en ay escript, et y procédez le plus deitrement qu'il vous sera possible. Priant Dieu, etc.
Donné à Paris le S4 août 1572. Giarlis.
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gtndrd» qui avait bous lui deux habiles aurins réfugiés, Jean Sorc et Lorei.
LanguUliêr, Berre le jeune, Pajet, Maison/leur^ La Meausse, les Mau^ sonnière, Nepinville se faisaient remarquer parmi les principaux officiers.
La flotte arriva en vue de La Rochelle, le \ 9 avril \ 573, et jeta Tancre entre Sablanceau et Chef-de-6aye. Le lendemain, elle s'approcha de la flotte royale, moins nombreuse, mais mieux équipée, qui se tenait rangée eu bataille sous le canon de Chef-de-Baye.
Un feu violent Tobligea à virer de bord. Montgommery assembla le lendemain un conseil de guerre, dans lequel,malgré les protestations de Languillier^ la résolution fut prise de battre en retraite. C'était sans doute la résolution la plus sage, eu égard à Tétrange conduite des Anglais qui, la veille, s'étaient tenus à l'écart, sans faire aucun mouvement pour soutenir leurs alliés.Moutgommery leva donc l'ancre et se dirigea surBelle-Isle, qu'il prit, mais qu'il fut bientôt forcé d'évacuer. De retour en Angleterre, il envoya son ûls Lorges avec 400 arquebusiers au secours du prince d'Orange, et lui-même se rendit à Londres. Accueilli avec froideur par Elisabeth, qui prêtait ou feignait de prêter une oreille déplus en plus complaisante aux propositions de mariage du duc d'Alençoo, il retourna dans rtle de Jersey. C'est de là qu'il partit, quelques mois après, pour sa dernière expédition.
Les Mécontents n'eurent garde, en effet, de négliger un capitaine d'une si haute valeur. Indépendamment de son zèle pour la Cause, MoDtgommery avait un motif personnel pour accepter leurs propositions. Son frère Saint-Jean , appelé Saint-Jenets , dans les Mémoires de Bouillon, venait d'être assassiné par ordre de Matignon «parce qu'il commeoçoit à se moDstrer;»
il devait avoir à cœur de venger sa mort. Il obéit donc avecempressementà l'ordre du duc d'Alençon qui l'appela en France. Débarqué aux Rades, à la tête de quelques réfugiés, le 1 1 mars \ 574,
il marcha sur Saini-L6, Ofù il entra ssDt
résistance, puis alla mettre le siège devant Carentan, qui lui ouvrit ses portes le troisième jour. De retour à Saint- Lê, il ne tarda pas à y être investi par Matignon. Manquant de fourrage poar sa cavalerie, et comprenant d'ailleurs qu'il lui serait plus avantageux de tenir la campagne, il confia lecommandement de la ville à son ami Colomhières, et, à la tête de quelques chevaux, il fit une sortie si vigoureuse qu*il força un corps de garde ennemi.
11 atteignit Carentan, où il lairaa son fils Lorges et son gendre Gailardon, puis courut à Domfroot, dont deux frères , René Le Hérissé et Ambroise Le Hérissé^ surnommé le Balafré, avaient saisi le cMteaa par escalade, dans la nuit du 26 février 4574. De prompts secours, amenés par le capitaine La Touche, et par Jacques de Clairay-Guichaumont^ lieutenant de la compagnie de Montgommery, avaient mis les deux frères à même de repousser jusque-là les attaques des lieutenants de Matignon. Montgommery y arriva le 8 mai.
Son intention n'était point de s'y arrêter ; mais le désir d'apaiser un différend survenu entre Ambroise Le Hérisse et le capitaine Du Touchet, au sujet du partage du butin, retarda malheureusement son départ. Dès le lendemain, Matignon investit la place, bicoque en ruines hors d*état de soutenir un siège. Montgommery tenta de s'échapper et de gagner la forêt d^An* daine, c'était la seule chance de salut quis'ofl'rttà lui. Par ses ordres, Broff «'- Saint-Grave, Say,Chauvigné'BoiS' front. Des Hayes, P«^rtfMi7 attaquèrent avec vigueu; les Catholiques,mai8 ils furent repoussés et rentrèrent dans la ville,laissaut au milieu des lignes ennemies les cadavresdu capitaineFrtai^ et de quelques soldats. Le 4 2, les capitaines Villeneuve et La Touche firent une nouvelle sortie, sans plus de succès. Montgommery, qui n'avait sous ses ordresque 50 chevaux et 90 arquebusiers, dont la désertion éclaircissait
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ioB rangs chaque jour, sentit l'impossibilité de défendre la ville, et se retira dans le cMteau, dont les vieux murs furent bientôt renversés, sur une longueur de 45 pieds, par le feu de Tartillerie catholique. En simple pourpoint, une hache d'armes à la main, le héros se jeta sur la brèche pour la défendre ou plutôt pour y chercher la mort. Brassé^ Çhawngné, La Cornière^ de Terre^ La Touche, La Mabillière. Du Gros, Oulfe, Say, Vaudoré^ Des Hayes, DuMesnil, La SauS' saye, * Villeneuve, accoururent à ses côtés. En attendant Tennemi, sod chapnelain fit la prière. Le combat fut terrible; après cinq heures d'une lutte acharnée, où Ton vit, chose presque incroyable, 40 guerriers soutenir victorieusement Teâ'ort de plus de 1 0OOhommes, réiite de Tarmée de Matignon, les assaillants battirent en retraite. Montgommery reçut deux blessures légères. Mahet^Saussaye, Jean Garnier, La Rivière , Oulfe , le ministre Du Gros, Maimberte, Gourion furent mis hors de combat. Brossé, Du Tertre , le ministre Du MesUil, La Noehe tombèrent morts sur la brèche, ce qui réduisit le nombre des défenseurs du château ï quinze ou seize, tous plus ou moins découragés. Montgommery était décidé à soutenir une seconde attaque et à s'ensevelir sous les ruines du château^ mais les instances de ses compagnons d'armes le firent changer de résolution. Après quelques pourparlers avec Yasséj son parent et son ami, qui servait dans les rangs catholiques, il consentit à se rendre, le tl mai. D'Anbigné assure que Matignon ne lui donna que des paroles captieuses, lui promettant de ne le mettre en autres mains que celles du roi. Son témoignage est certainement d'un grand poids; cependant, comme d'Aubigné a été trompé plus d'une fois, soit par ses souvenirs, soit par les mémoires qui lui furent fournis, notamment lorsqu'il afûrmeque Terride s'en remit «au bon plaisir de la roine de Navarre» , nous ne pouvons pa^ Ugn l'opinion do laBiographii uni? or*
selle, qui estime que son autorité suffit pour « démontrer la fausseté de l'assertion de plusieurs écrivains protestants qui prétendent que la capitulation de Dorofront fut violée par le jugement et la mort de Montgommery. »
La Popelinière déclare formellement qu'une capitulation fut signée et qu'elle portait c que le comte sortiroit la vie sauve et quelques accoustremens sans autres armes que l'espée et la dague.
Toutesfois qu'il demeureroit entre leurs mains quelque certain temps, mais avec bon traitement et seureté de sa vie. » De Serres confirme le fait. D'après les Mémoires de Charles IX, Yassé amena le comte à Paris c contre la promesse qui lui avoit esté faite.» Et ce ne sont pas seulement des écrivains protestants, comme la Biogr. univ. voudraitle faire croire, qui accusent Catherine de Médicis d'avoir violé le droit des gens. De Thou, il est vrai, ne se prononce pas d'une manière claire et positive : «D'autres nient, dit-il, qu'on lui ait promis la vie sauve, ce qui est plus certain»; cependant il ajoute plus bas : Venere a reginâ liters quibus nullam fidei a Matignono dats ratio»
nem haberi velle significabat; » or, si l'on n'avaitrien promis àMontgommery, pourquoi cette défense? Mais, d*un autre côté, L'Estoile,presque toujoursbien informé, ne craint pas d'accuser Yassé «d'avoir usé de la foi du temps,» pour livrer le chef huguenot à la vengeance de la reine-mère, et il affirme que le vaillant capitaine reprocha à ses juges de violer les promesses qui lui avaient été faites i Domfront, lorsqu'il se rendit prisonnier de guerre « à charge expresse qu'il auroit vie et bagues sauves. » Pour Le Laboureur aussi, pour Arcère et pour vingt autres écrivains catholiques, du siècle passé, la violation de la capitulation de Domfront n'est pas douteuse. Parmi les écrivains modernes , Lacretelle dit formellement que Montgommery ne s'était rendu que sons la condition qu'on lui sauverait la vie. Nous ne multiplierons pas les témoignages, ceux-1^ suffiseal, quand od
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sait surtout comment Matignou traita les débris de la garoisou de Domfroot.
NoD-seuleroeDt il permit que ses soldats mallraitasseot, et missent à rançon les héroïques compagnons du comte, quUls en tuassent même plusieurs , quoiqu^il leur eût promis la vie; mais U fit lui-même pendre Pierre Le Hérissé, dit Pissotf La Touche et le ministre La Butte.
En apprenant la prise de Montgommery, Catherine de Médicis manifesta une joie extraordinaire. Dès le 5 juin, elle donna ordre à Vialard, président de Rouen, et à Poisle. conseiller en la Grand'Chambre de Paris, de se transporter à Caen pour y faire le procès au comte, qui avait été enfermé dans le château; mais bientôt, se ravisant, elle fit amener le prisonnier à Paris, le \ 6 juin, et le livra au parlement qui le condamna à mort comme complice de la conjuration de Coligny, «à laquelle, dit Lacretelle, personne ne croyait, pas même ses juges. » Le 26 juin, après Pavoir appliqué à la question extraordinaire, sans pouvoir lui arracher le nom de ses prétendus complices, ni du grand qui lui avait commandé de repasser en France, on le tira de la tour carrée de la Conciergerie , qui porte encore son nom, on le jeta dans un tombereau, les mains liées derrière le dos, et ou le mena sur la place de Grève, où il fut décapité et son corps mis en quartiers. La reine-mère se donna le plaisir d'assister à son supplice. La sentence portait que ses Liens seraient confisqués, son château démoli»
ce qui fut exécuté, et ses enfants dégradés de noblesse. En entendant la lecture de celte disposition de l'arrêt, il s'écria : S'ils n'ont pas la vertu des nobles pour s'en relever, je consens à la dégradation. » Âucuu d'eux ne dégénéra de la verlu d'un si noble père.
Voici le portrait que Brantôme a tracé de cet illustre capitaine : « U éloit le plus nonchalant en sa charge, et aussi peu soucieux qu'il éloit possible, car il aimoit fort ses aises et le jeu; notais quand il ayoit une fois le
cul sur la selle, c'étoit le plus vaillant et le plus soigneux capitaine qu'on eust
sceu voir. » Moutgommery avait épousé, en 4 549,
Elisabeth de La Tousche, héritière de Louis de La Tousche, sieur des Roches-Tranche lion en Touraine, et de Charlotte de Maillé. La généalogie de cette famille illustre n'ayant jamais été dressée, nous ne pouvons préciser le nombre de ses enfants, qui furent nombreux; nous en connaissons huit, dont cinq fils et trois filles. L'aînée de ces dernières, nommée Charlotte, épousa Christophe de Chateaubriand, sieur de Beaufort, puis Daniel de La Tousche, sieur de La Ravardière. La seconde, Clauoe, devint la femme de Jean de Refuge , baron de Gallardon; et la troisième, Robebti, se maria avec Tamiral anglais Champeruon. Les deux fils atnés, Jacques et Gabriel, ont joué un rôle considérable dans le parti huguenot ; nous parlerons d'eux plus bas. La vie des deux derniers, Claude, sieur de Saint- Jean, et GÉDÉON, nous est tout à fait inconnue; sans doute ils moururent jeunes. Le troisième enfin, dit le jeune Monlgommery , s'appelait Gilles ou François, selon de Thou. Il servit au siégede Brouage, en h 585 ; à la prise de Soubise, en 4586; au siège de Sarlat, sous Turenne, en 4 587 ; combattit avec Châtillon contre Saveuse, en 4589 ; assista à la bataille d'Arqués, et fut tué en Bretagne, en 4590, sans laisser d'enfants.
1. Jacques de Montgommery, comte deLorges,puis de Montgommery, sortit de la Normandie, après laprise de Domfronl,et, après avoir échappé à de nombreux dangers, il réussit à atteindre La Rochelle, où il apprit la nouvelle de l'exécution de son père. Au mois de déc. 4 57 4 , il fit, par ordre de La Noue^ une entreprise sur Saint-Jean-d'Angél y, qui échoua. Il s'attacha plus tard au prince de Condc, qui le donna pour gouverneur à l'Ile de Rhé, en 4575; mais les habitants de cette lie, s^accommodant mal de la présence de soldats
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étrangers, en demandèrent l'éloignemenl, promellanl de se charger euxmêmes de la garde de leur territoire, Êromesse qu'ils remplirent fort mal.
[ontgomraery retourna donc auprès de €ondé,qu'ilaccompagnaàLaRocheUe.
Quelque temps après, /^an deBalsae^ gouverneur de Brouage, ayant été fait prisonnier, le prince lui confia le commandement de celle place; mais, au rapport de M. Massiou, il se fit haïr par la dépravation de ses mœurs et la violence de son caractère, et son frère, le capitaine Lorges, ne se rendit pas moins odieux que lui aux habitants.
Arcère lui reproche seulement une humeur fière et impérieuse. Condé le rappela donc et le remplaça paritffl»ducage, en 1517. Depuis cetteépoque et jusqu'au traité de Fleix, Montgommery disparaît de la scène. Nous le retrouvons eu Flandre, en 4 584, à la suitedu duc d'Anjou. Après l'échec essuyé par ce prince dans les Flandres, il le quitta pour retourner dans le Midi au milieu de ses coreligionnaires. En
4585, le Castrais le présenta avec Béthune et Chouppes pour gouverneur de Castres. Le choix de Montmorency s'arrôta sur lui, bien que le roi de Navarre lui eût particulièrement recommandé Chouppes , « homme d'âge, •vaillant, de grande expérience tant au fait des armes qu'aux fortifications. »
Monlgommery se rendit donc à Castres, le 6 mai 1585, selon Gâches, le U août, selon Magloire-Nayral. Le Conseil qui lui fut adjoint, selon l'usage, se composait de Latgety La Causse^ La Garrigue^ Thomas, Lespinasse et Bissol, qui avaient tous rempli déjà de hautes fonctions municipales et rendu des services à la ville. Le nouveau gouverneur nomma Boisseson lieutenant de sa compagnie de gendarmes, Tourneheuf, Maisonneuve et La Barre lieutenants de ses carabins.
Le reste de l'année s'écoula sans offrir à Monlgommery l'occasion de rien entreprendre d'important; mais, dès
4586, les opérations militaires prirent, sous sa direction, la tournure la plus
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favorable; elles furent presque toujours couronnées parle succès. Le \Z avril, parti de Caslres, à la tête de toute sa cavalerie et de la compagnie d'infanterie de Rascas, il se rendit à Réalmont, y opéra sa jonction avec les forces du Lauraguais, commandées par Tanus et le fils du vicomte de Paulin^ et alla assiéger Dénat,dans l'espoir de forcer, par celte diversion, Cornusson à se retirer de devant Lombers. Celte entreprise échoua. Le 26, il mena au roi de Navarre les compagnies de Li«p, Portai Sabaut, Pelras, La Nogaride, Marchet cl Chabert. Le ^ 7 mai, il assiégea avec Audon Le Mas-Saint- Anloniu, elle prit. Le 23 juin, il vola au secours de Montesquieu; le mois suivant, il fil lever le siège du Mas- Stes-Puelles. Dans le mois de sept., secondé par Tanus , gouverneur de TAlbigeois. Boisseson, Rascas, Bes* iière, Bousquet , Prades , il enleva successivement Rassise, le château de la Roque, celui de Montpignier, et secourut La Vacaresse, assiégé dans Milhau ; au mois de nov., il occupa sans résistance le fort de Fraisse, prit Brassac, Nages, et contraignit, le 2t, Cornusson à lever le siège de Salvagnac, cme Penavayre ùéîenùaiii bravement. Ses succès, tout brillants qu'ils étaient, ne désarmèrent pas la haine des ennemis qu'il s'était faits par son humeur despotique En 1587, les consuls Charles Boufard, Michel Bout* quet, Duver et Pierre Austry chargèrent Jean Bissol et les capitaines Mascarenc et Molinier d'aller deman der son rappel au gouverneur du Languedoc. Pour parer le coup, le comte se rendit en hâte auprès de Montmorency, et les autres villes du Castrais ^ ayant demandé son maintien, il fut confirmé dans son gouvernement. De retour à Castres, il reprit la campagne, et la fortune continua à le favoriser.
En juillet, il emporta d'assaut Caussade et Saint Salvert, se rendit maître de Roquecisière, Saint-Bastide, Saint- Sernin ; en août, il enleva Poustonis,* conquête qui lui coûta le capitaine
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Jtaymond d$ Goudon , sieur de Bri- ^gnac, et prit La Verdoie; en cet, il força MurassoD à capituler, reprit Houtpignier, s'empara de La Gardiole, battit Joyeuse à Paleville et réussit à ralitailler Brugairclles , selon l'ordre
Îu'il en avait reçu de Montmorency.
,'annêe suivante,' Montgommery sup- ^A^niaLÀvantigny, que Turenne avait 'laissé pour commander en son absence •flans le Haut-Languedoc, et malgré le toi de Navarre, il se maintint dans ce poste par la faveur de Montmorency.
Le V avril <o90, il enleva aux Li- ' fueurs Viviers, qu'il brûla; ce fut son ' dernier exploit. Incapable de modérer la fougue de son caractère, il continua à irriter les habitants de Castres par ses violences, et fit si bien qu'une émeute, provoquée par les mauvais traitements qu'il exerça sur la personne iju syndic Pierre Dupuy^ le chassa de la ville, leSO^mai 1591. Il parait ^e les autres villes du Castrais ne 'iiuivirent pas l'exemple de Castres,
Îulsqu'au rapport de Faurin, il comlandait encore dans la province en '1695. L^année suivante, il signa l'acte Td'union à l'Assemblée politique de loudun. Comme tous les chefs influents du parti huguenot, il était mal tu à la Cour; aussi fut-il tenuàl'éearl par Henri IV. 11 mourut, le 28 juin 4609, aux eaux de Bourbon-Lancy.
Quoique marié trois fois, avec P^ro»- %elle de Champagne-La-Suse^ avec Aldonce de Bernui-de-Carmaing^ et avec Claude de La Boissièrey il ne laissa que deux filles, appelées Maiub et Marguerite. L'aînée épousa, en A^03j Jacques de Durfort-VuraSy^i la cadette, avant ^ 61 0, Philibert de Pcmpadour.
li. Gabriel de Montgommery, comtô de Lorges, n'occupe pas dans l'histoire dés Huguenots une place aussi distin- - guée que son frère ulué; la note secrète \Fonds de Béthune, N' 9344) n'est que Juste, lorsqu'elle ledépeint comme «plus recommandable par sa qualité que par
Son mérite.» En 1 585, il suivit Condé lans son expédition contre Mercœur,
aa siège de Brouage (Voy. II» p. 469) et au secours de Taillenourg.En 4 586, il contribua, sous Guy de Laval^ à la prise de Soubise. En 4 587, il assistai a la bataille de Coutras. L'année emvante, il servit à la reprise de Maraoa. En 4 589, il prit part k la défense de Tours contre Mayenne, et surprit, . a- Tec Courbomon (1) et La C<mdr^ifj^ le Mont-Saint-Michel, d'où il fut chassé trois jours après. Cet échec ne le rebuta pas. Au mois de déc 4 591, trompé par un soldat de la garnison qu'il croyait avoir gagné et qui le tra- JÎissait, il fit une secoude tentaiite pour se rendre maître de la place. Sos soldats pénétrèrent dans le châiteaa par une espèce de trappe ; mais, à mesose qu'ils se montraient, ils étaient égoigés. Plus de 80 avaient déjà péri, lorsque, surpris du silence qui régnait» il .•*avisa de faire planter un mâit da haut duquel il découvrit ce qui se passait, et il se b&ta de battre en retraite. Estce lui ou sou frère atné qui, l'année suivante, sauva Henri IV au combat d'Àumale, en soutenant vaillamment pendant plus de deux heures, aveo Fi^ Taques, les efforts des troupes lancées par le duc de Parme à la poursuite du roi? Est-ce lui ou un de ses frères qui servit en Bretagoe en 4 597? 11 est si ^difficile de faire à chacun des fils de liontgommery la part qui lui revitiit dans les services rendus parleur famille ^ la cause du protestantisme et plas tard à Henri IV,* que nous n'oserions trancher la question.
Après la conclusion de la paix, Lûr- ..ges seretira dans ses terres. En 1 6\i , Il racheta de son neveu, le marquis do Duras, le comté de Monlgommesy, dont il prit le titre, et, en 1 6H, 4e vieux château de ses pères ayant :été rasé, comme nous l'avons dit, ilïfit construire celui de Ducé. En 46t6, l'Assemblée politique de La Rochelle
(1) StDs doute le fils de Jucq.dei nery, sieur de Courboazon, mort ea \hl% et d'Aimée de Guerchy. Ce fils se nomlntit iQisi Jacquet, Toal noos porte ^ croira qe'Q •Itfart,
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le loua « de son affection à la gloire de Dietietaubien des églises» {Fonds de Brienne, N* 2^3); mais nous avouons ne pas savoir ce qu'il avait fait pour mériter ses éloges ; car il est certain qu'il refusa constamment de se joindre au parti des Huguenots exaltés. En 46«1, il rendit môme, ou, s'il faut en croire Le Yasser, il vendit Pontorson, où il commandait, à Louis XIII, qui y mit garnison sous les ordres de Blaiih' et7;^.LeHéricherassigneraunée4 635 pour date de sa mort. Quelques années après, en 4644, l'exercice du culte prolestant fut interdit à Lorges, comme aussi à Souche ville, Bazoches et Châlenoy. De son mariage avec S»sann'e de Bouquetot, fille de Jean, sieur du Breuil, et de Louise de Viviers, naquirent plusieurs enfants. Le Dict. de la Noblesse ne fait mention que de quatre de ses fils, qu'il nomme Gabriel, Louis, Jacques et Jean. Un cinquième ne serait-il pas Henri âe Montgommery, qui se réfugia dans le Brandebourg avec sa femme, iV. 4e Bennehaut, longtemps avant la révocation, et qui prit du service dans les troupes de l'électeur? Chargé par ce prince d'enlever de Varsovie Kalkstein et de le conduire à Memel , où il ftit mis à mort, Mon tgommery exécuta a- ▼ec succès ce coup de main ; mais la Pologne se plaignit de la violation de son territoire, et l'électeur désavoua son agent, qui fut obligé de se cacher sous un faux nom. Outre les quatre fils mentionnés par La Chesnaye-des- Bois, et sur qui nous allons revenir, Gabriel de Montgommery eut trois filles. La plus jeune, Elisabeth, mourut en 1628, sans avoir été mariée.
L'aînée, nommée Louise, épousa Jetéques de Vassy^ baron de La Forêt, et la seconde, appelée Susanne. devint la femme de Pr/gent de Lafin^ vidame de Chartres, si l'on peut toutefois s'en rapporter à une noie généalogique qui nous a été communiquée par M. Laçabane au déparlement desMss.de la Bibliothèque nationale.
Nous ne possédons que très peu de
renseignements sur Gabriel III de Mont* gommery. Le Diction, de la Noblesse nous apprend qu'il épousa, en Lorraine, Aimée de Châtenay, fille de /ae- ^ ques de Châtenay, baron de Lanty, et de Judith de Barisey^ qui lui donna un fils nommé Fbançois. Cette dame, qui était veuve en 4 636, serait-elle identique avec M"* de Montgommery, doutFoucaultparledans ses Mémoires, comme étant morte en 4 690, sans vouloir recevoir les sacrements de l'Eglise romaine? Elle fut néanmoins enterrée dansTéglise paroissiale, en vertu d^lne ordonnance du lieutenant générai du bailliage; mais l'évêque de Coutances exigea l'exhumation Mrc^.âr^n., M. 672).
Louis de Montgommery, comte de Ducé, né en 4604, fut aussi en bittta plus d'une fois aux tracasseries de P^* véque d'Avranches. En 4663, une cure étant venue à vaquer dans ses ter* res, il chargea un procureur catholique d'y pourvoir en sa place ; mais révoque y nomma de son côté, et le Censeil donna gain de cause au prélat, sans respect pour le droit de patrona- . ge. En 4684, encouragé par ce premier succès, l'évêque disputa au comte le droit d'exercice à Ducé {Arch.gén..^ Tt. 314). Nous ne connaissons pas l'issue du procès. Le Héricher affirme que Louis de Montgommery se convef* tit à la révocation avec Charlotte" Françoise de RomUly et Louis 4$ Verdun^ sieur de Cormeray, oubliait que, quelques pages plus haut, il Pavait fait mourir en 4680. Sa veuve»
Anne de Machecoul (4), se réfugia en Angleterre, et sa fille Susanne, veuve, depuis 4684, de Henri de Goyon^ comte de Qnintin, abjura, au mois de janvier 4686« entre les mains de Par* chevêque de Paris.
Le troisième fils de Gabriel II de Montgommery, Jacques, baron d*BBcouché, fut père du maréchal de camp Jean, comte de Montgommery. Né en
(1) Selon d'autres reuseignemcnts, n fem* me était nne Du Matz-Montmartin (Voy. ▼» p. 347). Prat-êtra fat-il mtrié 4eaz fois.