‹ La France protestante (volume 3)Chapitre 152 sur 169 · MO.N · texte numérisé non relu

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4646, Jean de Monlgommery leva, en 4667, une compagnie de chevau-légers,à la tOle de laquelle il servit corn* me volontaire aux sièges de Tournay, de Douai, deLille, et, Tannée suivante, 41a conquête de la Franche-Comté. Sa compagnie ayant été réformée, il en leva une autre,avec laquelle il tit la cam- ^pagne de 1672. En 4 673, il servit a - Vec distinction, sous Turenne, eu Ali«magne.En 1674, il se trouva 5 la bataille de Sénef. En 4 675, il combattit 4 Mulhouse et à Turckheim . La môme .année, il repassa en Flandre et obtint un régiment de cavalerie, à la tôle du- Uïliel il continua à servir en Allemagne et en Flandre jusqu'en 1679, que son régiment fut réformé. H le rétablit en 4684, mais il fut de nouveau réformé peu de mois après. C'est apparemment yers ce temps que le comte de Montgommery abjura la religion prolestan- -le. En tout cas, il devait être calholi- -que lorsqu'il fut nommé brigadier par .brevet du \ 0 mars ! 690.1nspecteur gé- -véral de la cavalerie par commission du .It déc. 4694, il se démit de son inapeclion, lorsqu'il fut créé maréchal de -camp, en 4696. 11 mourut le 4 4 marg '4734, sans avoir été marié.

Le dernier des quatre frères , Jean,

cdmtedeChanlelouet mestre-de-camp

'd'un régiment d'infanterie, laissa deux

enfants de son mariage avec Elisabeth

.rfeAfo»/ôourcÂ<fr, un (ils nommé Louis

•et une fille appelée Elisabeth. Louis,

.'Comte de Chanlelou, épousa, en 4 675,

-il l'âge de î4 ans, Anne Le Coq, fille

^ Aymar Le Coq et de Marguerite de

LaMadelaine. Après la mort de sapre-

«ière femme, il se remaria avec la sœur

.du marquis de Courtomer, dont il eut

une fille unique. Conatanlin de Renne-

. ▼ille, qui le connaissait , au moins de

réputation , nous le peint comme un

'homme droit, ouvert, généreux, un

-peu trop adonné à la bonne chère et à

■fa galanterie, et fort zélé pour sa reli-

'fion En 4683, l'évoque d'Avraoches

lui intenta un procès criminel pour ir-

■ févérences commises h l'Eglise {Arch,

' çén. M. 674). A la révocation, sa fille

fut enfermée dans un couvent (/6ûf., E. 3382), et lui-même emprisonné au château de Caen, où il passa un an, après quoi on le transféra dans le vieux château de Rouen. Sa femme étant morte â Chautelou, où l'exercice avait été interdit depuis plus de vingt ans, il ne voulut pas la faire enterrer avec les cérémonies de l'Eglise catholique, mais la fit déposer dans un caveau sous le donjon de son château, contravention qui fut punie par une nouvelle détention. Enfin, en 4 706, comme il se disposait à passer à l'étranger, il fut arrêté de nouveau et jeté â la Bastille, où il finit ses jours, sans vouloir prêter l'oreille aux arguments et aux promesses du convertisseur Riquelet. Cependant, au rapport de Renneville, on l'enterra avec pompe à Saint-Paul , pour faire croire qu'ii s'était converti.

Sa sœur Elisabeth, qui avait épousé le sieur de LaVieuville, donna aussi, pendant de longues années, des marques de fermeté et de constance. Arrêtée enfin au mois de sept. 4 694, et enfermée dans le château de Saint-Malo , sous Taccusalion d'entretenir une correspondance avec les ennemis de l'Etat, elle promit d'abjurer pour obtenir sa liberté, et elle tint sa promesse au mois de mars 4 699. On a publié les Motifs de la conversion de Af ■• la marquise de La Vieuville en BretagnCy Paris, 4700, in-4î.

MO\Tl.lJC (Jean de), évêque de Valence, « le principal ministre de Catherine de Médicis dans toutes les affaires diplomatiques (de Thou), » naquit à Condom en Gascogne, au commencement du xvi* siècle. Notre iuteotien n'est pas de nous étendre dans cette notice sur les services politiques de notre prélat, ils ne nous appartiennent pas, et ce n'est même que par une sorte d'intrusion que l'apologiste de la St-Barthélemy peut trouver place dans cette galerie des hommes illustres du protestantisme français; mais nous ferons au moins connaître quelles étaient ses tendances religieuses avant que les exigences de la politique eussent per-

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Terti en lui le sens moral. Etre amphibie, il eut V-ATi de traverser les temps les plus difficiles saus compromettre son existence. Son penchant aux idées de la Réforme ne nuisit en rien à son crédit à la Cour, soit que la légèreté de ses mœurs parût aux yeux de Médicis un correctif suffisant, soit qu'elle comprit que rintérôt de son ambition serait toujours sa plus forte passion, soit enfin que la terrible réputation de son frère atné, Biaise de Monlluc, lui ser- Tlt comme de bouclier pour repousser les défiances et les soupçons. Les courtisans ne sont pas à craindre; ils prennent, sur un signe du maître, telle li- Trée que Ton veut.

Jean de Montluc fut destiné, contre son gré, à Tétat ecclésiastique, et prit rhabil de dominicain. La reine deNa- ▼arre, Marguerite, ayant eu l'occasion d'apprécier son talent comme orateur de la chaire, le tira de son couvent et le produisit à la cour de son frère. Son esprit fin, souple, délié, lui gagna les bonnes grâces de François I*', qui l'employa à diverses négociations et notamment, en 1 538 (?), auprès de Soliman.

A son retour de Constantinople, il s'arrêta à Rome, où il parait avoir été re- TÔtu par le pape de la charge de protonotaire. Les renseignements que nous fournissent les biographes sur son compte sont en général si vagues, que Ton ne peut rien préciser. Il était à Rome en 4 538. Combien de temps y passa-t-il? on l'ignore. En 1543, il fut envoyé à Venise par François W «pour excuser et couvrir » le fait de son alliance avec le Turc. Biaise de Montluc rapporte dans ses Commentaires, en la traduisant de l'italien, la harangue qu'il prononça à cette occasion. L'évêché de Valence et de Die fut, en \ 553, la récompense de ses services. Contre l*usagedesprélatsses confrères, Montluc prit au sérieux les devoirs de sa charge; il s'astreignit môme de temps en temps à la résidence, et monta fréquemment en chaire. Sur plusieurs points importants, il professait les doctrines évangéliques. Ses tentatives de

réformation le mirent en mauvais prédicameot auprès des gens d'église de son diocèse. A la poursuite du doyen de Valence, Félix Vermond, il fut môm« déclaré hérétique en cour de Rome; mais sur son appel, le parlement deParis, pararrôtdu I4oct.1560 (impr.à Tournon, 1630, in-8*), condamna le calomniateur à l'amende honorable. Sans doute que sur les réclamations de notre ambassadeur, Pie IV réforma son jugement, rendu contre toutes les formes, sans que l'accusé eût été entendu. C« fut pour se justifier des accusations d'hérésie que l'on répandait contre lui, qu'il recueillit et mit au jour quelquesuns de ses sermons. Il les dédia au cardinal de Lorraine. Malgré cette hauto protection, la Sorbonne n'en censura pas moins le livre. Pour nous, nous n'y avons rien vu de scandaleux; la morale, au contraire, en est très- pure. Ce sont des homélies sur les dix commandements,écrites dans un style clair,familier, et telles qu'il eût été à désirer que chaque prélat en fil entendre ï son troupeau. L'Eglise elle-même y eût gagné ; car, ses finances à part, nons ne pensons pas que l'immoralité lui profite. Monlluc jouissait de son temps d'une grande réputation d'éloquence.

Médicis le faisait prêcher dans la grande salle du château, et toute la Cour y assistait, bien qu'on sût, dit de Thov, qu'il était attaché à la nouvelle religion. «0 combien, s'écrie Ste-Marthe, les doctes et pieuses prédications qu'il fit, tantost à Valance et tantost à la coar du Roy, remirent dans le bon chemin d^hommes errans, que le libertinage en avoit escartez i » Il avait adopté pour prêcher le costume des prédicants, ce qui scandalisa un jour le vieux connétable de Montmorency.

Les Guises, qui l'avaient pratiqué do longue main,ne prirent aucun ombrage de cet esprit d'opposition. En 4 560, ils le députèrent en Ecosse. Voici en quels termes Régnier de La Planche rend compte de cette mission : « Ceux de GuYse, ayant ouy le vent des praticques de la roine d'Angleterre en Escosse, et

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craignant que Toccasion fust lors propre k ladicte dame de leur rendre la charité, qu'ils lui vouloyent prester en flobornant ses subjects, ils advisèreut qa-il seroit bon d'envoyer en Escosse quelque personnage qui fust aucunement agréable à ceux du pays, afin de trouver moyen par gracieuses paroUes et remonstraoces de leur faire metlre les armes bas, et départir leurs forces. Etpour autant qu'ils cogooissoyeot que Montluc, évcsque de Valence, favorisoit aucunement cesle doctrine, et estoit assez bien venu en ce païs là pour y avoir autrefois demeuré chancelier de la roine douairière» ils luy firent bailler ceate charge avec commandement de passer par l'Angleterre pour essayer tont ensemble de moyenner quelque bon accord avec la roine dudictpays.»

Montluc s'acquitta de cettecommission; mais il trouva les Ecossais d'une tout autre humeur que nos Français, peu accessibles à la séduction et disposés à tout risquer plutôt que de se laisser « contraindre pour le faict de la religion.» A son retour, il assura les Guises que s'ils ne changeaient de politique, ils verraient en brief leur nièce sans terre, sans royaume et sans sujets. Ses conseils furent entendus, et ils signèrent la paix aux conditions les plus humiliantes pour leur amour-propre.

L'assemblée desNotables(août1 560) ofiHt k révêque de Valence une belle occasion de proclamer ses principes de tolérance. Quoiqu'il y ait lieu de supposer que Catherine de Médicis, conseillée par le vertueux UHospital, ait été de moitié dans le complot, sa conduite dans cette circonstance solennelle et déeisive,quelquesmoisseulementaprès le supplice à' Anne Du Bourg, n'en fut pas moins courageuse et désintéressée.

En sa qualité de dernier conseiller admis dans le Conseil privé, il lui échut de parler le premier, et il le fit plus librement, dit Mézerai, que n'eussent su dire les ennemis de TEglise romaine.

L'historien de La Place nous donne l'analyse de sa harangue. Après avoir reconnu le mal, nolM prélat en recher-

che la cause, et il la trouve dans Pétai d'avilissement et de dégradation où est tombé le clergé, à commencer par les chefs mômes de l'Eelise, les papes, qui se sont plus «amuses» à faire la guerre et entretenir l'inimitié et la désunion entre les princes qu'à avancer le règne duChrist. Il reconnattque le plus grand souci des évêques a été de conserver leurs revenus et d'en abuser en dépenses folles et scaodaleu&es; que les évéchés ont été donnés à des enfants ou ^ des personnes du tout incapables de remplir les devoirs de leur charge, « si que, dit-il, les yeux des églises, qui sont les évesques, ont esté bandés, et les colomnes sont fleschies et tombées en terre » ; que les curés ignorants, avares, occupés à toute autre chose qu'à leur charge, ont été pour la plupart pourvus de leurs cures par des moyens illicites, « qu'autant de deux escus queles banquiers ont envoyés à Rome, autant de curés on a renvoyés»; que les cardinaux, les évêques, « n'ont faict difficulté de bailler leurs bénéfices à leurs maistres d'hostels, voire à leurs varlets de chambre, cuisiniers, barbiers et leurs laquais, si bien que les personnes ecclésiastiques se sont rendues odieuses et contemptibles à tout le monde.» Quant aux doctrines nouvelles qui, à la faveur des désordres du clergé» se sont répandues parmi le peuple, Montluc reconnaît qu'elles ne datent pas d'hier, mais qu'elles ont été apportées et semées dans le royaume depuis trente ans par trois ou quatre cents mi* nistres diligents et exercités aux lettres saintes, avec une grande modestie, gravité et apparence de sainteté, faisant profession de détester les vices, sans aucune crainte de perdre la vie pour confirmer leur prédication, tellement qu'il ne se faut ébahir si ces doctriues ont été embrassées par un grand nombre de gens. Le remède qu'il voit à la confusion générale où est tombé leroyaume, c'est d'abord de prendre l'a* vis des Etats-Généraux, et ensuite, à défaut d'un concile général, auquel U papauté ne veut entendre, de oonvo**

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quer un concile national, auquel sendeut appelés les plus savants de U MCt«, en leur baillant sûreté, afin de tenter de se mettre d'accord. Tout en approuvant les rigueurs qu'on a exercées envers les Religiounaires qui ont pris les armes, parce que, dit- il, 8*il8 avaient été vraiment chrétiens ou évangéliqucs, comme ils disent être, ils se seraient souvenus que saint Pierre et saint Paul nous commandent de prier Dieu pour les rois, de leur rendre toute subjection et obéissance, ores qu-'iU soient iniques et rigoureui, notre prélat réclame Tindulgence pour ceux qui ont retenu la crainte de Dieu et rêvé* rence au roi et à ses ministres. On voit clairement, dit-il, par leur vie et par leur mort, que ceux-là ne sont mus ^e d'un désir ardent de trouver le chemin de leur salut; ils ne doivent donc pas être punis comme séditieux, d'autant que l'expérience a appris à tout le monde que les peines en cet endroit ne profitent de rien. Son avis, soutenu avec éloquence par l'évêqueifari^^o^, prévalut dans l'assemblée.

Dans les événements politiques qui suivirent, Montluc joua le rôle de modérateur. Il prit une part active au colloque de Poissy. «il n'y eut pas un de tous les prélats de France, dit Sainte- Marthe, qui parût là plus docte et plus advisé que luy, soit pour deffendre le juste parti des Catholiques, soit pouf réfuter l'erreur des injustes suppôts ée l'hérésie.» Il se montra plus qu'aucun autre conciliant. Dans un de ses discours , il renouvela avec force ses plaintes contre l'épiscopat, « décla* rant en toute liberté les abus et les remèdes qui luy sembloient estre nécessaires. » Bientôt après, Montluc fût envoyé au concile de Trente, mais à son passage à Pignerol, nos ambassadeurs à ce concile. Du Ferrier, Pibrao et Morvilliers l'avertirent de ne pas se livrer imprudemment entre les mains de ses ennemis, soupcouné comme il 4tslt d'hérésie. Il était,' en effet, très- SBSl vu à Rome. En 4563, il futcoittpris dans le monitoire que le tribunal

de l'Inquisition fulmina contre Jeanne SAlhret (Voy. I, p. 41) et contre tous les prélats français convaincus ou suspects d'hérésie' (J^oy. IIl, p. 374).

-^ Lorsque la guerre eut éclaté entre les deux partis, Montluc assista Médicis de ses conseils. Ce fut lui, dit-on, qui imagina le stratagème auquel le prince de Coudé faillit se laisser prendre à la conférence de Talsy {Voy, II, p. 447^.

« Le principal agent de cette conférence, dit Anquetil, étoit Montluc ^ évêque de Valence, homme délié, éloquent, fécond en expédients, confident et conseil de la reine, dont on savoit qu'il avoit le secret, qui d'ailleurs ne pouvoit être suspect aux prétendus réforméspour lesquels il penchoit assez ouvertement. » nédicis s'en servait comme d'appeau. Dans le cours de sa longue carrière diplomatique, Montluc remplit, de son propre aveu, plus de seize ambassades dans les différentes cours de l'Europe. La plus célèbre de toutes est celle de Pologne. Son secrétaire, Jean Choisnin^en a écrit la relation. Le choix de Médicis s'arrêta sur lui pour deux raisons, « l'une, qu'il avoit esté autrefois en Polongne fort bien veu et bien receu, et qu'il serolt bien mal aisé qu'il n'y trouvastencores quelqu'un de ses amys qui lui serviroit de directeur et conducteur, l'autre, qu'il avoit esté si heureux, qu'il n'avolt jamais entreprins chose par commandement des prédécesseurs roys qu'if n'en fust venu à bout. » Il parait que ce fut lui qui le premier suggéra l'idée de faire « tomber la couronne de Pologne entre les mains du duc d'Anjou. » Ce prince soupçonneux. lui en garda rancune. Le jeune Balagny, fil9 légitimé de notre prélat (4). fut envoyé eu avant, pour sonder le terrain et préparer les voies. Montluc ne partit

(1) Montluc tvait époasé secrètement une demoiselle Anne Martin, jenne picarde d*iuit grande beanté; d'antres disent une JeoM grecque qu'il avait ramenée d*Orient. Le-illt qu'il en eut fut légitimé en 4567. II joua "Si rôle, sous le nom de Balagny, dans les trtir* Ules de It Ligue ; Henri IV le fit maréeUC CB169I.

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lui-même de Paris que le \ 7 août \ 572» « huict jours, jour par jour, avautla Saiact-Barthélemy. » Âvait-il élé mis dans le secret de cet infâme coup d'état, où ravait-ii seulement pressenti comme tant d^autres? De Thou rapporte qu^avant son départ, il dit au comte àe La Roche foiicauld. «Que la famée de la Cour ne vous enivre point; quelques caresses qu^on vous fasse, gardez-vous de vous y laisser entraîner; les gens sages et prudents doivent être en garde contre ces appâts : trop de confiance vous jettera dans de grands périls. Le parti le plus sûr pour vous et pour tous les autres seigneurs de Totre parti, c^est de vous éloigner autant qu'il vous sera possible. » Que ce sage conseil n'eût-il été suivi I Montluc était retenu à Sl-Dizier par un flux de sang, lorsque y arriva la nouvelle des massacres. Comprenant « que rentrée de l'Âllemaigne luy seroit fort péril* leuse », il reprit aussitôt sa route, contre Tavisdes médecins, résolu « ou de mourir ou de passer les païs du comte Palatin, plus tost que ladicte nouvelle y fût tenue pour certaine. »

Mais il avait à courir des périls bien autrement menaçants que ceux qu'il redoutait. Il ét;<it encore sur les terres de Lorraine, lorsqu'un nommé Macéré, de connivence avec l'évéque de Verdun, dont il était secrétaire, le fît poursuivre et arrêter. Cboisnin suppose

Se son intention, en voulant se dé^re de notre prélat, était « de faire bailler l'esvêcbé de Valence à son frère, docteur en théologie, et pédagogue des enfans d'un prince [Guise].» Montluc eut toutes les peines du monde de 16 tirer sain et sauf de ce guet-apens. A la fîn, des lettres (5 sept.) du roi , delareine-mèreetduducd'Ânjou,lefirentremettre en liberté. Arrivé à Strasbourg, il ne trouva aucune des per> tonnes à qui il y avait donné rendezions {\).Scaliger, Tune d'elles, «qui est pour son aage,dit Choisnin, un des plus rares hommes de ce royaume » , 4tttit retourné précipitamment en Suisse

(1) Hamus avait refosé de Taceompagner.

en apprenant les massacres de Paris.

La perplexité de notre ambassadeur était grande, il avait compté sur la plume de ses secrétaires, car il « avoit besoing d'un homme qui le relevast de peine pour escrire et prononcer ro* raison. » Comment entreprendre à loi seul une négociation aussi difficile?

Il ruminait en lui-même ces tristes pensées, lorsque par hasard il rencontra dans la rue le procureur du roi en la prévôté de Blois, Bazin, «homme de bon entendement et bien versé aux lettres. » Sa résolution fut bientôt prise, il l'emmena avec lui. Avant de franchir le Rhin, notre prélat dut se cuirasser d'impudence. U arriva en Pologtie vers la mi- octobre et n'en repartit qu'après l'élection du roi (9 mai 4573). Cette élection demandait beaucoup d'habileté. L'évéque ne demeura pas au-dessous de sa tâche, il se sacrifia pour réussir, il alla jusqu'à mettre en jeu son propre honneur, calomniant les victimes pour faire croire aux vertus des bourreaux. Les Polonais y furent trompés, tel fui son triomphe ! Mais pour arriver à ses fins, il dut jurer, au nom de son maître , c que tous ceux qui avaient été condamnés pour la prétendue conspiration de Paris, seraient rétablis « eux on leurs héritiers, eu leurs biens, noblesse et honneurs ; que le libre exercice de la religion serait accordé, comme par ci-devant, aux villes et places qui avaient le dit exercice: que de diligentes informations seraient faites contre les massacreurs, et qu'ils seraient ch(ltiés (La Popelinière). » L'évéque le jura sachant bien qu'il faisait un faux serment. Il jura de même, au nom du duc d'Anjou, l'accord par lequel la noblesse polonaise s'était engagée à ne permettre jamais dans le royaume l'emploi de la force en matière de religion, et il savait qu'en prenant, cet engagement, il outre-passaitses pouvoirs et faisait un faux serment. Ce fui par ces mensonges que la religion des Polonais fut surprise et que l'élection fut emportée. On en fut quitte pour

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désavouer le Dégocialeur, selon le conseil qu'il en dooua lui-môme. Le tourélailfaii, la diplomatie avait vaiDCu, mais rhooneur élail-il sauf? L'évêque de Yaleoce fut mal récompensé de ses peines. Henri lil ne lui pardonna jamais son eiil couronné ; la réflexion lui étant venue après coup, il se considéra comme la victime d'un complot ourdi eulre sa mère et ses frères et dont notre prélat avait été Tâme. De Thou blÂme Montluc de n'avoir pas su se retirer à temps de la Cour,oii il essuya» dit-il, sur latin de ses jours toute sorte de mortiûcations. Ce fut sans doute pour trouver quelque adoucissement à sa disgrâce, qu'il linitpar se jeter dans les bras des Jésuites. 11 mourut à Toulouse, le 4 2 avril 4 579, pridie idus apriliSyQi fut enterré dans l'église métropolitaine de St-Estienne. Ronsard»

Muret, Çujas, etc. célébrèrent à l'envi ses louanges (1).

On doit à Jean de Montluc :

I. Deux Instructions et deusEpis* très faictes et envoyées au clergé et peuple de Valanceei Dyeparleurévê" que^ Avignon, Barth.Bonhome,4557, in-8*; Paris, Yascosan, même année; plusieurs fois réimp.; trad. en ital. et en flam. — La première instruction traite des commandements de la Loi, etla seconde de l'usage des saints Sacrements. Quant aux deux épttres, l'une fat envoyée par l'évêqpe à son peuple, l'an \ 555, à l'occasion des processions générales ordonuées par le roi pour la paix; l'autre, en latin, est adressée àsesparoissiensetaux curés pour les exhorter à la méditation et observance des commandements de Dieu. — La Sorbonne y releva et condamna plusieurs propositions, la première au sujet des Saints et des images. L'évéque expliquait ainsi le 4*' commandement : « Garde-toi donc d'estimer, ni de recevoir autre Dieu que moi. Je suis seul Dieu, et ne Teux recevoir compagnon. Je suis in vi*

(1 ) Le MoUenx croit Yoir en lai le type do personnage de Pannrge. Mais quelques traits de ressemblance ne rafllient pas poar Isi mériter cet lionnear.

sible , incorporel et ne peut mon essence être figurée, ne représentée par chose qui soit au Ciel ni en la terre.» — Quoique ces passages, porte la censu* re, soient tires de la Sainte Ecriture, néianmoins comme ils ne sont pas produits selon le sens du Saint - Esprit reçu par l'Eglise, secundum sensum Spiritus Sancti ab Ecclesiâ receptum, et que nos adversaires ont coutume de s'en prévaloir contre les honneurs dus aux Saints, contre l'usage et la vénération des images, contre la sainteté des temples, nous déclarons celte proposition captieuse et propre à séduire les simples. L'évoque n'est pas trouvé plus orthodoxe sur la question du Purgatoire et des prières pour les morts. Enfin, au sujet du sacrement do la Cène, il était tout à fait dévoyé ; il recommandait ^ son clergé de prononcer en français les paroles de la consécration et d'administrer le sacrement sous les deux espèces. « Puis prenant le calice dira : le Seigneur dit ainsi : Prenez et beuvez de cela tous, cette coupe est le nouveau testament en mon sang, qui est répandu pour vous.» En conséquence, le livre fut déclaré contenir des propositions fausses, schismatiques, erronées et hérétiques, et omettre, comme à dessein, des choses nécessaires à l'instruction des Chrétiens, telles que la préparation au sacrement de l'eucharistie, la confession auriculaire, le sacrement de la confirmation et de l'ordre, la vénération des Saints, les prières pour les morts, etc.

W.Cleri Valentii et Diensisrefor" matio restitutioque ex sacris Patrum conciliisexcerpta perJohannem Mo^luciumepisc. Carolo cardinali Lotik" ringonuncupat autor, Paris., Yascosan, 4 558, in-8*; publ. en même tems en franc., chez le même : La Ré formation ducler g é de Valence et deùie^ contenant cinquante articles de reformation autorisez par les anciens conciles de l'Eglise.

m. Recueil des lieux de V Ecriture servant à découvrir les fautes qu'on commet contre les dix commando-

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mens de la Loi, prononcé mot à mot par Vévêquede Valence, Paris, Yasco-^ San, 4559, in-8« de pp. 499.

IV. Sermons de Vêvesque de Valence sur certains poincts de la re»

Hgion, recueillis fidèlement, ainsi &uHlz ont esté prononcez. — Autres Sermo?is du mesme aucteur^ servons à descouvrir par tesmoignage de VEscriture Saincte les fautes qu'on commet sur les dis commandement de laLoy, — Plus un Sermon à son clergé fait au Sene de Juillet 1 5S7, Paris, Vascosan, \ 559, in*8% pp. 724;

Îrivil. sous la date de 4558; Avignon, 561, in-4 6 ; dédié au caM. de Lorraine. — La Sorbonne y condamna cinq propositions, entre autres, celleci où Monlluc adoptait les doctrines do Luther et de Calvin sur la justification

Sar la foi : « Pour comparoistre donc evant luy (Dieu), qui est tout pur et net, toute droiture, toute justice, celuy qui est armé de la foy, se dépouille de sa robbe et se retire à Jésus-Christ qui est son. chef, qui le couvre de ses mé- Htes, comme s'il Tenvironnoit de ses cheveux et de son manteau : le lave et fiettoye de son propre sang pour le présentera Dieu son père, et avec ceste Confiance, celuy qui de soy seroit vaincu, triomphe comme victorieux, etc.»

Cette proposition, objectaient les docteurs, est captieuse et diminutive, dirminuta, en ce qu'elle semble, avec les Luthériens, ne tenir aucun compte de nos bonnes œuvres et tout attribuer aux mérites de Jésus-Christ. Le livre fut supprimé.

V. Familière explication des articles de la foi. Plus, le Symbole de St-Athanase, avec un brief recueil des lieux de P Ecriture servans éTec^ plications d'iceux articles, Paris, Vascosan, 4 564 , in-8% pp. 4 4 2; Lyon, même année.

' YL Sermons de Vévesque de Falence sur les articles de la Foy et V Oraison dominicale. Plus, quelques oraisons, tirées des prières deTE" fjlise, aux diocèses de Valence et Dye^ rVis, Yascosan, 4561, pet. in-^*;

Lyon, même année. — Les sermons snr rOralson dominicale ont une pa-^ gination particulière et portent au titM Fannée 4565. La Sorbonne y relevât cinq propositions sentant l'hérésie ef supprima le livré. Sa sentence sur leê dîMrentes publications de Tévêqae M Yalence, portée le 47févr. 1564, fol définitivement confirmée le 7 novembi

YII. Harangue au roi en 4 563, Paris, 4563, in-4*.

Yni. Harangue et avisprononeé an Conseil privé du roi sur les r^ montrances faites par messieurs ^êm parlement de Paris, (ouchantlësleU très de la majorité dudit seigneur^ Paris, 4563.

IX. Oratio ad ordines Poloniée^x aprU. 4 573 habita, Cracov., in-i* ; Paris., in-8'., h. ann. — Altéra xxt april. habita, Cracov., in-4*; Paris^ m*8*,hoc ann.;trad. l'une et Pautreen franç.etpubl.à Paris celte même année;

X*. Epistola ad Polonùs ordines de Andvum duce in regem Polonim eHlegendo, 4573, in-8«.

XI. Defensio pro illust. Andium àuce adversus calumnias quorutn^ iftfiTi, 4573, in-8*; trad. en franc, etin* sérée dans les Mémoires de Charles IX.

— Honteux libelle contre les victimea de la Saint-Barthélémy. Hugues Ba^ neau y répondit sous le pseudonyme de Furnesterus, et Cujas prit contre lui la défense de Tévêque.

'%\\. Election du roi Henri III, rai êe Pologne, décrite par Jeh. de Mon»

lue, Paris, 4574, in-i*.

Xin. Remontrance faite aux eilles et diocèses d'Uzès, Nismes, Manuel'' lier, et aux Etats Généraux de Lan^ guedoc tenus à Béziers au mois d*a^ •rir 4 578, Paris, 4 578, in-8\

On trouve des lettres de l'évêque da Yalence dans plusieurs des coUect. do làBibl nat., Fonds de6aluze,N* 423; Oagnières; Guy Patin ; Dupuy, N» 2^fc dans ce dernier un recueil de lettres é* crites de Rome en 4 538.

MOINTLYARD (Jein ue), sienr de Xelicrdy en Beauce, réfugié à GenèTe»

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iàt placé comme ministre à DraillaDi , h 42 aoûl4o54 {Arch. delà Comp.

despasUurs, Reg. B), puis, ec 1557, à Céligoy, et reçu bourgeois gratis i^Tec ses deux fils, eu 4 559 . Ces faits, d'une authenticité incontestable, prou- Tf nt que Prosper Marchand avait tort é$ douter que Jean de Montlyard fût ministre ; cependant son observation»

qu'il est difficile de se persuader qu'un pasteur ait entrepris de traduire un livre comme l'Ane d'or d'ÀpuIée, n'en subsiste pas moins, si l'on songe surtout à l'âge avancé que Montlyard de*.

Tait avoir atteint lorsque cette trad* Tit le jour. Peut-être ièverait-ou la difficulté en admettant que le traducteur de cet ouvrage fut l'un desesdeux fils, celui qui prenait le titre de conseiller secrétaire du prince de Gondé, S'il faut en croire Hofman, dans son Lexicou historique, Montlyard remplit aussi les fonctions pastorales à Monté* Ijmart. On ignore l'année de sa mort.

Voici les ouvrages que les bibliograr* phes lui attribuent assez généralement:

I. Harmonie des corps célestes et humains, faicte en unze dialogues^ êè sont introduicts jEsculapc et Uranie detnsans ensemble et traic^ tans des choses concernantes la médecine et l* astronomie, Lyon, 4580, in-46. — Traduit, du latin d'Antoine Mizauld.

il. Continuation de Vlnventaire •de r histoire de France par Jean de Serres. Cette continuation, que Mont- ^ard entreprit sur l'invitation de Jeom de Serres lui-même, fut.poussée d'abord jusqu'à la mort de Henri III, en 4 589, et parut à Paris eu 3 vol. in-8*. Vontlyard l'augmenta parla suite et,U conduisit jusqu'à la paix de Yervins, m 4598 (Paris, 4600, 3 vol. in-8*)-, •«fin, il la mena dans un troisième -supplément jusqu'eni 606(Pari8< 4 608, 4 vol. in-8*). Nous sommes tenté de Croire que s'il avait vécu, comme on le suppose, jusqu'en 4 620, il ne sê fierait pas arrêté là.

DI. Mj/thologie^ e^est-^dire esh

plicaflon des fables, extr, du latin, deNoè'l Le Comte par J, de M., Lyon, 4597, 2 vol. in- 4"; réimp. plusieurs; fois et en dernier lieu par J. Baudouin, Paris, 4627, in-fol.

IV. Traité par éné tique, trad. de| Texeîra, 4 597, in-4 2. — Sous le pseudonyme de /. D. Dralymont^ ana- ^amme de Jean 4e Montlyard.

V. Les métamorphoses ou rAfk^ d*or d'Apulée, Paris, 4602, in-4 2; réimp. plusieurs fois; nouv. édit. ra- Tue et corrigée, inférieure pourtant aux précédentes, Paris, 4648, in-8*.

VL V Anti-Jésuite ou discours au foi contre les Jésuites sur la mort dé Eenri /K, Saumur, 4614, in-8«; réimp.

dans le T. VI des Mémoires de Condé sous ce titre : Le Courrier breton.

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