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Tretix et Du Plessis, l'autre pour les commissaires, et la troisième pour les secrétaires, dontrun était DesBordes- Mercier, Autour du roi étaient assis les princes , les officiers de la couronne , les secrétaires du roi, plusieurs é?êques, des abbés et d*autres ecclésiastiques. Henri IV, qui avait passé la nuit entière dans une agitation fébrile, ouvrit la séance par quelques roots , puis le chancelier exposa le but de la conféreuce, et Du Peiroo se levant, loua le roi de son grand dessein. Prenant la parole à son tour. Du Plessis reconnut, — que ne s'en fût-il avisé plus {^l\ — m qu'il étoit malaisé que sur quatre mille passages et plus quMlavoit cités, il ne s'en trouvât quelques-uns où il aurolt pu faillir comme homme, mais que pour le moins il s'asseuroit que ce n'auroit point été avec mauvaise foy » ; et il termina son allocution en protestant c que cet acte étoit particulier, et ue ponvoit préjudicier ^ la doctrine des églises réformées de France, qui avoit été devant lui et seroit après
lui.»
Dans les quatre ou cinq heures que la supercherie de Du Perron l'avait forcé de prendre sur son sommeil pour vérifier les passages argués de faux, il navait pu en collationner que dixneuf.Serait-il vrai qu'il les choisit ii son avantage, comme Henri IV le lui reprocha ! La commission n'eut le temps, dans sa première sdance , que d en examiner neuf. Sur le 4*',tiré de Duns Scot : Jehan Duns (dit VEscoi) près de cent ans après le concile ae Latran ausa bien remettre en question^ si le corps de Christ est realement compris soubs les espèces^ et dit que non , et ses fondemens sont que la qualité ne le peut sou/frir, Vhéqut d'Ëvreux soutint que Du Plessis avait pris Tobjeclion pour la solution , et que la foi de Scot était conforme à la doctrine catholique. Du Plessis le nia, et t7 ne fut rien prononcé. Sur le V , tiré de Durand : C'est témérité de dire que le corps de Christ par la divins vertu ne puisse estre au sa-
crement en autre manière que par la conversion du pain en ieeluy, car cela semble déroger à la touttr-puissance divine, etc. , le chancelier, les deux parties ouTes , prononça que Du Plessis avait pris l'objection pour la solution, m On le condamna certainement un peu vite, dit ï ce sujet l'abbé de Longuerue ; Durand combat certainement la transsubstantiation.» C'est ce que Do Plessis soutenait, disant que Durand n'avait pas osé parler plus clairement, mais qu'au fond on voyait bien quel était son sentiment. Sur le 3' passage , tiré de Chrysostôme : // ne se faut point arr ester à la prière des Saints,ainsplustost acheminer nosire salut avec crainte et tremble-^ ment, la décision des commissaires fut que Du Plessis avait omis des mots essentiels, en supprimant cette phrase incidente : Non que nous nyons qu'il ne nous faille prier les Saincts.phrase qu'il avait omise, dit-il, parce qu'elle concerne les saints vivants, et non pas les saints morts. Même décision touchant le 4« passage, tiré aussi de Chrysostôme : Nous sommes bien plus seurspar nottre propre sucrage que parceluy d'autruy,et Dieu ne donne pas si tost nosfre salut aux prières d'autruy qu'aux nostres. Il fut décidé que ces paroles de Chrysostôme s'appliquaient aux saints vivants. Sur le 6% pris du Commentaire de S. Jérôme sur Ezéchiel : S'il y a confiance en quelcun , confions-nous en un seul Dieu , car maudit soit Vhomme qui a con^ fiance en Vhomme, bien qu'ils soient saincts ouprophètes. Il ne faut point se confier aux principaux des églises, lesquels {quand bien ils seroient justes) ne delivreroient que leurs âmes, et non pas celles de leurs fils, l'évoque reprocha à Du Plessis d'avoir supprimé,^ la fin du passage,ces mots .
S'ils sont négligens. et le chancelier pronononçaque/^pofia^e nU tait pas entier. Sur le 6* : (?iw diront-ils de Cyrille, patriarche d'Alexandrie, oui respond à l'empereur Julien , longtemps après Constantin, lui r#-
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prochant Vhonneur rendu à la crois:
Que les chrestiens ne rendoient adoration ny révérence au signe de la cro'Vr.DaPerronsouliotqu^il étaUfaux, et Du Plessis reconnut qu^il ne se trouvait pas teituellemenld^insCyrille. C'est ce que la décision des commissaires .
constata(4.). Sur le 7% tiré des lois des empereurs : Parce que nous n'avofs rien enplus grande recommandation
r€ le sermcedeDieu.nous de fendons toutes personnes de faire le signe de la croix de nostre sauveur J.-Ch, en couleur^ ny en pierre, ny en autre matière, ny le graver, prendre^ ny tailler, ains voulons quen queU que lieu ^v^il se trouve, ils soient ostez à peine aux contrevenant d^eS" tre très-griefvement punis. Du Perron accusa Mornay d'avoir omi& à dessein quelques mots d'une très-granda importance. Du PleSsis répondit qu'il, avait cité cette loi d'après Pëtrus Crinituit [auteur catholique], et les commissaires déclarèrent que Za citation était exacte, mais que Crinitus s*é' tait abusé. Sur le 8* , tiré de S. Bernard : Elle (la vierge Marie) n*apas hesoing de faux honneurs oâ elle est ; ce n^ est pas Vhonorer, mais luy oster Vhonneur , etc. Le chancelier déclara qu'tZ aurait été hondesépa-.
rer par un etc. les différents textes ^ dont il se compose. Enfin sur le 9*, extrait de Théodoret : Dieu faict ce qu*il luyplaist, mais les images sont, faictes telles qu*il plaist aux hommes,elles ont des domiciles des sens, mais elles n'ont point de sens , il fut décidé, conformément à l'opinion de ré^que d'Evreux, que ce passage devait f entendre des idoles des Païens et non des images des Chrétiens^
Tél. fut le résultat de cette fameuse conférence de Fontainehleau, résultat fort mince au jugement de rhistorien.
(1) Aa reproche de laliet:Yoo8aTei<|ti1ttéles aDcileseimsinleiiiMAtYous tfloiezte emii, - Cyrille répondit : Qoicçjvaae dit cèU est igiMh rantet mentciiT. C*e$lde cette. réponse ôm.. Da Pléfsis avtit tiré It^eoM séquence que ref premiers ChrétleRf a'tdoraient pas la flrOfx«^' Son indiictloD a'étaitrâLepasjoale?
de Thou» qui s'exprime ainsi : Ex quocoiloquio Perronius sibi visus est insî-o gnem de adversario trinmpbum déportasse, quàd ex aliquot mille locis in lihris a Plessao allegatis,decem excerpr sisset, ex quibus arbitra a rege coosti*tuti qqsedam parum ad rem faccre jadic&runt. » Cependant Mornay éprouva un échec» et Henri IV en ressentit un plaisir extrême. Tirant gloirq de iap^ri qu'il avait prise ^ cette méprisable intrigue de cour, le roi s'écria le soir, en présence de ses courtisans, en s'adressant à Du Perron qui se pavanait dans son triomphe : « Dictes vérité, M. d'Evreux, bon droict a eu bon hesoing d'aide, » et.quelques jours après, le 6 mai, il écrivit à d'Epemon celte lettre dont ses admirateurs les plus enthousiastes ne peuvent s'empêcher de rougir (i) : « Le diocèse d'Evreux a gaingné celuy de Saumur, et la doulceut dont on y a procédé a esté occasion à quelque huguenot que ce soit de dire que rien y ait eu force que la vérité ; ce porteur y estpit qui vous contera comme /y ai faict merveilles ; certesc'est ung des grants coups pour l'Ë-f glise de Dieu, qu'il se soit faici il y a longtemps; suyvant ces erres, nous ramènerons plus de séparez de l'Eglise en ung an que par une aultre voye ea cinquante.» Ces éclats d'une joie au moins indécente n'en imposèrent à personne. Au sortir de la conférence , Mayenne dit « qu'il n'y avoil veu, sinon un ancien et fort fidèle serviteur très-mal pa^yé de tant de services, » et aussitôt après la réception de la lettre du roi, d'Epernon s'empressa de faire assurer Mornay qu'il le tenait toujonrs pour hommed'honneur etpour son ami.
Les fatigues d'une nuit passée sans sommeil , les émotions de la lutte « la douleur que Iqi causait la partiaUté ' blessante du roi, la crainte surtout qu» sa défaite ne tournât au préjudice de
(1) nous MOS trdmpibas. U s'est tiroINi •»" nosjoofalin.éerifaio, rédadear de la revhe ' catholique- le Correspondant, pour apylaadir ¥ eetttf lettre. IHe $erait-fl pas teanu le . répMler la iaaktmé imiattratci qve'Di li}tè^^ tifle l«a Boyem ?
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l'Eglise protestante, tout accabla Mornay. Au sortir de la cooféreoce, il éprouva uue grande oppression et fut pris de vomissements opiniâtres. Mande en hâte, le médecin La Rivière le trouva fort mal, et alla déclarer à Henri IV que les conférences ne pouvaient continuer. Le croira-t-on ? Le roi hésita s'il ferait visiter son vieux serviteur. Il finit pourtant par envoyer à son logis le secrétaire des commandements Loménie, qui dit à Mornay qu'il ne deyait pas s'affliger, que le roi serait toujours son matlre et son ami. « De maistre , lui répondi^ Mornay , je ne m'en suis que trop apperceu ; d'amy , il ne m'appartient pas; j'en ai veu qui ont entrepris sur la vie, l'honneur et Testât du roy , sur son lict mesmes ; contre ceulx-là tous ensemble , le roy n'a jamais montré tant de rigueur que contre moy seuLqui luy ait falct toute ma vie service.» Loménie répliqua que le roi était irrité de ses attaques contre le pape, et que s'il voulait cesser d'écrire , il lui rendrait toutes ses bonnes grâces ; mais le zélé Mornay ne voulut pas rentrer en faveur à ce prix et déclara franchement qu'il continuerait à remplir son devoir, en défendant la vérité. Sa réponse, rapportée, à Benri IV, le mit dans un grand courroux ; « ce feul à dire le pis qu'il pou- Toit» contre un écrivain assez audacieux pour s'en prendre « au meilleur de ses amys. »
Le cœur ulcéré, Mornay retourna brusquement à Saumur. Afin de prévenir le mauvais effet que devait produire la lettre du roi à d'Epernon répandue à profusion dans tout le royaume , il se mit, lout malade qu'il était,^ écrire une relation de la conférence, travail dans lequel il fut aidé par La Roche- ChandieUy Des Bordes- Mercier, Du Coudray etLa/?».L'apparitionde celte brochure acheva d'exaspérer Henri lV,qui n'entendait pas se laisser enlever ainsi le fruit de ses manœuvres secrètes. Il relira à Mornay la surintendance générale des mines qu'il lui avait accordée peu de temps auparavant, et supprima
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ses pensions ; il alla même jusqu'à le menacer de lui faire faire son procès, et il n'est pas douteux qu'il n'eût exécuté sa menace , s'il n'avr^t été retenu par la crainte dé soulever les Huguenots.
Du Plessis, au reste, ne se laissa pas intimider ; il le prouva en préparant une nouvelle édition de son livre, dans laquelle il fortifia les passages attaqués par d'autres en grand nombre, et en continuant à répondre avec ligueur aux écrits des controversistes catholiques, en sorte que ses ennemis»
ne pouvant ni l'eff'rayer ni le perdre par leurs calomnies et leurs basses intrigues, et voulant à tout prix imposer silence à un aussi redoutable adversaire, tentèrent de le faire assassiner.
En 4 601 , au retour d'un voyage qu'il entreprit en Béarn, sous prétexte de visiter les terres de la maison de Navarre, mais en réalité pour se rapprocher de Sainte-Foy où se tenait une assemblée politique, à laquelle ses conseils pou- Taient être utiles, Du Plessis fit généreusement don à l'église de Saumur du temple qu'il avait construit de ses deniers.Celte égliseétait desservie,depuis la mort de L'Espine,^dit Macefer, qui, d'avocat au parlement de Paris, s'était fait ministre. Elle avait pris de si prompts développements que l'on avait bientôt été forcé de lui donner deux coU \hgues,JeanVincent et FélxxDuTron^ chay ; mais Tun et l'autre venaient de mourir, le premier, au mois d'avrilt 599, le second en nov. \ 600. « Saumur, liton dans les Recherches historiques de Bodin,pritunnouvelaccroissementsous le gouvernement paternel deDuplessis- Mornay : un grand nombre do familles protestantes vint s'y établir pour jouir en paix de l'exercice public de la religion réformée... On peut, sans crainte d'être taxé d'cxagéralion, dire que Saumur dut être peuplé d'environ 20 25,000 habitants depuis le commencement du xvii^ siècle jusqu'à la révocation de redit de Nunles. » Comme le fait très-bien observer l'historien, Saumur fut redevable surtout de cette graû-
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