‹ La France protestante (volume 3)Chapitre 16 sur 169 · La Navarre en deuil ^ Orthez · texte numérisé non relu

La Navarre en deuil ^ Orthez

4610; [Rouen] <6t!,in-42.

Nous devrions peut-être ajouter à ces trois ouvrages, les Discours philosophiques esquels est traité de Vessence de l'âme et de la vertu morale^ publiés à Paris, 1579, in-8% par un Pierre de VHost al ;m2i[s cet écrivain est-il idenlique avec le sieur de Roquebonne ?

Le nom de L'Hostal se trouve quelquefois écrit L(?5^a/,L'//(?s^att et Lou*teau^à'oh nous nous croyons suffisamment autorisé à conclure que le ministre proleslanl Pierre de Losteau était de la mi^me famille que le vice-chancelier de Navarre.

Après la retraite de Geoffroy Brun et celle de Nicolas Folion, qui l'avait remplacé et qui avait dû fuir à son tour devant les poursuites du parlement de Toulouse , Pierre de Losteau fut envoyé de Genève pour desservir l'église déjà nombreuse de Castres. Il arriva dans cette ville au mois de février ou de mars ioO! , et le 48 avril suivant, il prêcha pourlapremière fois en public, à l'instar de son collègue Barthc; mais il ne tarda pas à quitter Castres, à ce que nous apprend Giicbes, et nous ne le retrouvons qu'en '1569. Il exerçait alors son ministère à Lcnibeye dans le Béarn. Arrêté par les Catholiques révoltés contre leur souveraine, avec Matthieu de Bedat , /ocqucs Benauge de Taron et Thomas Dublaucq, diacre de l'église, ils furent tous quatre étranglés à Pau , dans la

LIIO

LHO

semaine de Pâques, et traînés à la rivière.

L'HOUMEAU (Mathurin), un des plus actifs et des plus intrépides apôtres de la Réforme en Bretagne , était originaire du Coudray, dans le Poitou.

Envoyé à Rennes par Téglise de Paris, en 4 559, pour soulager Le Gendre, dit Du Fossé, dans la conduite de l'église de cette ville, il prit, selon Tusage, un nom de guerre, celui de Du Vivier, qu'il changea plus tard en celui de Du Gravier; sous lequel il est surtout connu. Il fut installé à Bouzillé et en- »ra en fonctions le jour du mardi- gras 4559. Peu de temps après, son collègue étant parti pour Paris , il resta leul chargé de ia direction spirituelle des églises de Rennes et de Vitré. Il obtint des succès remarquables, nonseulement parmi le peuple, mais môme parmi la noblesse. Le 1 0 mai 1 559, il baptisa la fille du comte de Maure (1 ), et la même année, celle du sieur de La Maignanne. Bientôt il eut, à son lour,besoin d'un aide. Sur la demande de réglise de Rennes, on lui adjoignit I^ Balleur, dit Dubois, natif du Mans, dont le frère atné eiercait les fonctions

pastorales à Orléans , et qui fut plus spécialement attaché à Téglise de Vitré. A cette époque, les sectateurs de la Réforme à Rennes même étaient au nombre d*nne soixantaine. Parmi eux, on cite rancien Biard, le médecin Melot, Tancien Escouftart, sieur de Mesmenier, le tailleur Michel Cerisier, Tapothicaire Alain Lévesque, le sieur Du Claray, qui tous furent en butte aux violences des Catholiques. Les deux ministres durent aussi fuir plus d'une fois devant les actives poursuites de leurs ennemis, et aller chercher un asile dans les châteaux de Du Bordage, de La Maignanne, de La Corhonnaye, Dans l'espoir que le gouverneur de la

{%) Claude de Maure avait épousé Fran^ foise de Pompadôur. Il entretenait, en 1562, dans son château, une église desservie par Etienne Layet, que le synode de Ploermel interdit. li avait déjà deux flis. Sa fille, nommée Jeanne^ épousa Charles de Mansfeld. II moarat en15iS4, âgé de 46 tus.

Êrovince ferait cesser ces persécutions, lu Gravier eut le courage de se rendre en personne auprès de lui , afin d'implorer sa protection. Le duc d'Ëtampes récouta favorablement; mais il ne prit aucune (mesure énergique pour réprimer le fanatisme du peuple, en sorte que rétat des Réformés n'éprouva pas d'amélioration sensible.

En 4 560, Du Gravier assista au synode de Caën, la Bretagne ne formant alors qu'une province ecclésiastique avec la Normandie. Eu 4564 , il prit part de nouveau aux travaux du synode de Châteaubriant; puis, en 4 563, à ceux du synode de La Roche -Bernard, qui l'élut secrétaire et le chargea de composer une histoire de la Réformation en Bretagne. Il a laissé sur ce sujet des if(^97}oir«j dont Taillandier a fait usage ; mais ils sont incomplets, une partie eu ayant été détruite vraisemblablement dans le pillage de la bibliothèque de notre pasteur, en 4585.

 la Saint-Barthélémy, Du Gravier fut assez heureux pour échapper aux massacres: il ne retourna dans sou église de Rennes qu'en 4 579. En 4 583, il fut appelé à présider un synode provincial qui se tint à Josselin et auquel assistèrent Merlin, ministre de Vitré, Guineau, ministre de Sion , Dominique Du Grie, ministre de Morlaix, appelé Des Grie dans une liste de pasteurs réfugiés en Angleterre à la Sl- Barthélemy, laquelle se conserve dans les Archives de M. Henri Tronchin , à Lavigny, Claude Charretier, ministre de Ploermel , Perruqueù, ministre du Croisic, Louveau, ministre de La Roche-Bernard, qui remplit les fonctions de secrétaire, et Cherpont, ministre de La Garuache. C'est la dernière fois que nous ayons rencontré le nom de Mathurin L'Houmeau , dit Du Gravier, qui mourut en 4 599; mais Arcère parle d'un Samuel Loumeau ou Loummeau, qui, après avoir exercé quelque temps la profession de médecin, l'abandonna pour se faire ministre et assista, comme pasteur de l'église de La Rochelle, au Synode national de Vitré,

Page 1