‹ La France protestante (volume 3)Chapitre 44 sur 169 · T, TU · texte numérisé non relu

T, TU

1556, naquirent deux enfants ! iékH et Elisabeth, femme de Jean DuPuy^ sieur de Cases, à qui elle donna Fran-* çois, sieur de Cases, marié, en 1637, dans l'église de Charente n, avec Judith Pallot, fiUe de /«a» Pa//o^ conseiller du roi et des finances, et de Louise Hurault.

Jean de Madaillan, sieur de Montataire, servit avec distinction dans les rangshuguenots,notammentàCoutras, à Arques,où il fut blessé au genou, et à Ivry. En 1590, il défit les Ligueurs près d'Alençon et reprit le château de Lassay. Après la conversion de Henri IV, il quitta la Cour et se retira Si Thouars, place de sûreté dont il devint gouverneur après Des Gros, en 1 597 {Ponds de Brienne, N" 221). La môme année, le Poitou le députa avecLaC7Atfvalière à l'Assemblée politique de Châtellerault. En 1599, il fut commissaire pourl'exécution de redit de Nantes dans le Poitou {Fonds de Brienne, N» 209) .

En 1611 et en 1614, Louis XIII, sans doute pour acheter sa neutralité, lui donna 8,000 livres de pension.

Il n'est pas probable qu'il ait prolongé ses jours au-delà de cette dernière date. Il avait épousé, en 4590, Judith de Chauvigne'Bois/yon.De ce mariage,qui le rendit beau-frère d^ Arnaud de brunet (Voy.lll,p.51), naquirent : 4* IsAAc, qui suit; — V Philippe, qui fit souche; — 3* Guy, sieur de Roberval; — 4** Une fille qui épousa Pa//or.A ces quatre enfants mentionnés par Du Chesne (Collect, Du Chesne^ Yol.37),il convient sans doute d'ajouter Cla/udeM'fOïi de Moutataire,^«»rt de Madaillan cl Philippin de Madail lan, sieur deBoisfron,qui figurent dans les Reg. de l'église de Chareuton, en 4612, 1618 et 1620, comme parrains de trois enfants de Jean Pallot,

I. Selon le Dict.hislorique du Maine, Isaac de Madaillan, sieur de Montataire, marquis de Lassay« porta les armes des sa plus tendre jeunesse. En 1622, il servit contre ses coreligionnaires sous les ordres du duc d*£lbeuf; aussi le roi le gratifia-t-il d'une pension de 4,000

MAD

MAJD

Unt§,qfû foi portée à 7,000,«a 4644.

m prit plus taràdu service do Hollande» •t, à son retour en France, il abjura la religion protestante avec les deux fils, Louis et René, qu^il avait eus de son mariage, célébré à Chareulon en 4627, avec Jeanne de VarignieSt fille de Tannegui^ sleur de Blainville, conseiller d*état et privé, capitaine de 50 hommes d^armes, lieutenant pour le roi en Normandie, et à' Antoinette Du Parc (Reg. deCharenU).

II. Philippe de Madaillan, sieur de Ckauvigné en Anjou, fut père de plusieurs enfants qui tous moururent sans postérité, excepté Philippe, comte de Gbauvigné et marquis de Lespare, né vers 1630. En 4 683, ]e comte de Gbauvigné demanda Pierre de Macé pour ministre au synode de TÀnjou tenu à Serges {Àreh. gén.Tr. 284).U était donc huguenot et zélé huguenot, 9i il le resta quelqne temps même après la révocation. Le 5 janv. 4686, le roi lui fit signifier qu'il eût à se convertir sous trois jours ou à quitter Paris et à se retirer dans sa province (Ibid. E. 3372). L'exil dont il était menacé l'elIra ja^ en sorte que le Mercure du mois de fév.4686put enregistrer la conversion du comte de Madaillan de Les|are, «qui avait été si pleinement convaincu qu'il publia les motifs de sa conversion.» Nous supposons que le Mercure veut parler d'une pièce de vers (ins. dans son numéro d'avril) qne Madaillan présenta à Louis XIV pour lui rendre compte, dil-il.

Des rafsonsqai in*ont fait le plus d'impression, Ptar ne faire embrasser votre religion.

La première de ces raisons si con- Taincantes, c'est

La longue svtcession fltt*oo toit de tous les temps dans l'Eglise

[r«naine, (Snccetaioi qui m'a toojoars tait da i% peiae).

La 2*,c*est que« des gens versez en pareilles matières « lui

Ont fait voir clairement, qnoy qu'on fasse et

[qu'on dise, (h'U B*nl poiet da saint hors de la sainte

(Eflisa.

Cependant» quoique « asieihieii écUircy», ajoate-t-il,ilvivra malheureux

8i Ton, dont les bontex font la boobear da

[tous, Ne ne donnez au moins quelque assenrance De recevoir un jour quelques grices de voui.

La requête était trop juste pour ne nas être octroyée. Cependant comme Louis XIV ni ses ministres n'étaient bien convaincus de la sincérité de sa conversion, on voulut l'éprouver d'abord, en sorte qu'il vécut malheureux jusqu'au mois de déc. 4687, qu'une pension de 7,000 livres lui rendit le bonheur {Arch, §én,E. 3373). Il est vrai qu'en même temps, on ne laissait pas de le surveiller de près, de si près même qu'en 4 69^un bruit ayant couru qu^il se disposait* à fuir eu Hollande sous un déguisement, ordre fut immédiatement donné sur toutes les frontières de rarrêter(i4rcA.jr^«.Ë.3376).

C'était une fausse alerte. Madaillan resta en France,où il mourut en 474 9, jigéde 89 ans, laissant de son mariage avec Marie Olivier deux fils, KiNi, sieur de Cbampigny,et Amau&i, comte de Chau vigne.

Une branche de la maison de Madaillan resta fixée dans le Midi; elle professait aussi le protestantisme, mais elle n'a joué aucun rôle important. Elle nous est connue par le mariage de ^o^thasar de Madaillan, sieur d'Aiguefonde, avec Anne de Guy, (aliàs d'£^guy-de-La Roqué) mariage dont naquirent EsTHER, Balthasar, baptisé, en 46S8, dans l'église de Saint- Aubin près de Mazamet, et P/uli, présentée an baplême, en 4 599, par François de Castelverdun, sleur de Puycalvel (Arch. gin, Tt. 870), et aussi par l'émigration d'un Madaillan , sieur de La Cau, qui assista , comme ancien de l'église d'Aymet au synode provincial de 4664, et qui sortit de France à la révocation, laissant deux fils au service (Ihid, Tt. 270). Dans la campagne du roi Guillaume en Irlande , le siège meurtrier d'Atblone coûta la vie à un lieutenant Madaillan qui, sans aucun doute, appartenait à cette k»oche.

MAD

UAG

MADIER (Jean) , snrTeillant de l'église de Caylus, martyr. En marchant sur Montauban , en 4 563 {Vof.

III, p. 243), Montlac passa par Caylus el,8elon sa coutume, il fit saisir Madier, qui fut immédiatement pendu. La corde cassa et le patient fut transporté dans une maison voisine où on lui prodigua les secours; mais le sanguinaire capitaine, informé de ce qui s^était passé, s'y transporta et fitélranglerlemalheureux dans son lit. De là, Montluc se rendit h Villefranche, où, à la sollicitation du cardinal d'Armagnac, « il fit du pis qu'il lui fut possible. » Deux ecclésiastiques, qui avaient abandonné la communion romaine , eurent la tête tranchée par son ordre. Arnaud Fresiines et uu autre ouvrier furent pendus sans forme de procès. Les deux ministres Jean de La Rive et Jean de La Garande n'auraient pas non plus échappé à la mort, si le consistoire ne les avait engagés , quelques jours auparavant, à se réfugier à Saint-Ântonin.

Vaïsse , qui les avait remplacés et qui croyait avoirmoins de dangersà courir, parce qu'il ne s'était pas autant compromis dans le brisement des images, fut arrêté néanmoins, et vraisemblablement il serait aussi tombé victime du féroce Montluc, sans l'intervention de renseigne de Jarnacqui lui fit rendre la liberté. C'est couvert du sani; de ces infortunés que le chef catholique se présenta devant Montauban,où il reçut un honteux échec.

MADOG (jEiN de), natif du Languedoc, « ayant receu de Dieu la conoissance de sa vérité et un vray zèle de l'honneur de son nom,» se retira à Genève , et s'y étant fait connattre avantageusement « par son zèle et sa doctrine, » il fut envoyé comme ministre à Bassin et à Arzier. Au bout de quelques années, s'apercevantque son ministère ne portait pas les fruits qu'il espérait , « mesmes que la discipline ecclésiastique n'estoit receue ni exercée " . il quitta ce troupeau à col roide et retourna à Genève avec sa femme enjointe et cinq petits enfants.Quelque

temps après, il reçut vocation de l'église de Saint-Nicolas-du^Port en Lorraine , fortement éprouvée déjâi par la persécution {Voy. IV, p. 261). Il y exerçait, depuis deux mois, sa charge « avec toute diligence et lidélité,» lorsqu'il apprit qu'un seigneur du voisinage avait l'intention d'embrasser les doctrines de la Réforme. Désirant le confirmer <f en la conoissance que le Seigneur lui avoit donnée , » il se mit tm roule, le 24 mai 1564, pour Gerbevil- 1er, où résidait ce néophyte; mais à son passage à Lunéville, il fut surpris dans une assemblée et arrôlé. Le 28, arriva le procureur général qui fit signifier à tous les Huguenots de la ville,de la part du duc de Lorraine, « que s'ils ne von* loyent vivre selon les ordonnances et FËglise catholique romaine^ils eussent à s'absenter de ses pays dedans six sepmaines , sur peine d'estre pendus et estranglez, en cas qu'ils fissent le contraire. » Quant au ministre , il deratt sortir de Lorraine sous trois jours. Dès le lendemain, en eflet, Madoc fut tiré de sa prison par le prévôt de Lunéville et conduit hors de la ville pour être remis entre les mains du prévôt des maréchaux; mais ce dernier, au lieu de le conduire à la frontière, le fit étrangler et jeter dans un épais hallier, où il fut retrouvé par ses coreligionnaires après de longues recherches. Ce fut en vain que la reine de Navarre, le prince de Condé, l'électeur Palatin, le landgrave de Hesse, le duc de Wurtemberg, le sénat de Berne demandèrent la punition de ce meurtre. Le duc de Lorraine 9e contenta de répondre à leurs ambassadeurs, comme il répondit aussi à la veuve du martyr, qui alla se jeter à ses pieds avec ses enfants, qu'il ne savtrît ce que Madoc était devenu.

.\IAGALLO!V (Daniel), sieur df RossetetdeLiMoRLiÈRE, fut appelé, en 4630, à remplir li Embrun la place de premier consul, que plusieurs de ses ancêtres avaient honorablement occupée avant lui. Il mourut en 4640, laissant un fils unique, nommé Jacoi, eonseiller aecréiaire du roi w parle*

MAG

MAG

ment da Dauphiné. A la révocation de redit de Nantes, le sieur de La Morlière se réfugia à Genève avec ses deux fils PiERBB et Charles, laissant en France sa fille Jacqueline, mariée à N. Trousset. Selon le Dict. de la Noblesse, qui nousfouroitces renseignements, Charles Magallon se convertit en 4669 et épousa, vers 4 672, Renée Pépin dans Téglise catholique de Grenoble. Il est difficile de concilier ces deux faits avec sa sortie du royaume en 4685, à moins d'admettre qu'il était rentré, après son mariage, dans TË* glise réformée.

IIAGE(AifTomB),8icur deFief-Melin, poète français, florissait dans la seconde moitié du xvi* sièclç.On ne sait rien sur vie.

Je D'étois point encore en ravril de mon Ife Qtt'on beau désir d'écrire échauffoit mon

[eoorige,

dit-il dans une Eclogue contre Vexercicepoétique.

Mais quand je vit perdu le printemsde mesans, DoBi je n'eus que regret pour gain de ma des-

[ pense, Meo d*nn Juste desdiin, plainde résipiscence, Cet Hélicoo je laisse et renie Apollon.

On doit tenir compte au poète de sa résipiscence. Les exemples n'en sont pas communs. Il supprima, de son propre chef, toutes les poésies que Tamour lui avait inspirées dans TeServescence du jeune âge, et ce n'est même que par condescendance pour Anne de Pons qu'il publia le volume que nous avons de lui. Mage exerçait, à ce qu'il parait, quelque charge de judicature sur les terres de cette dame, dans la baronnie d*01éron. Il avait étudié le droit. Ses ÛEtivr^f parurent à Poitiers, en 4604, iii-42, chez Jean deMarnef, alors qu'il sentait déjà les approches de la vieillesse. Elles contiennent deux parties.

La première a pour titre : La Polymniê ou diverse poésie divisée es Jeux (405 ff.) et Messages (1-70 ff.) suytans: 4* Eclogue, citée plus haut; V VAccueil poétique et chrétien^ composé en l'honneur de la dame de Pons, 1&S5 déc. 4 597 : trois nymphes, la La-

tine, qui s'exprime en vers latins, l'Oléronnoise et la Marennaude, se disputent l'honneur d'aller saluer leur dame ; 3° le Triomphe d* amour, où le poète met en scène Salomon, Cupidon, Hercule et David; 4° Alcide, jeu comique et moral ; h*" Aymée, tragi-comédie en 5 actes, et 6*^ Jephté, tragédie imitée du latin de Bucbanan : ces cinq petits jeux poétiques, tant par l'auteur inventez que traduits, ou imitez des Latins ez heures de son peu do loisir. « Je diray seulement, dit le poêle à Anne de Pons à qui il les dédie, que si vous les daignez voir et ouyr du mesme œil et oreille, que quand ils furent jouez , vous leur redonnerez l'ame que l'action première en vostre présence leur donna, et que despuis ils semblent avoir perdue.» Quant aux Messages, ils comprennent des odes, dont plusieurs imitées d'Horace, des sonnets, une satire, un poème le Saulnier, ou de la façon des marois saîans et du sel désistes de Sainctonge, quelques épigrammes et plusieurs epitaphes ou éloges funèbres. « Presque toutes ses odes sont morales, «dit Goujet. Dans la 4 2*, il déplore la perle de ses « premiers et seconds » écrits. La 48* nous apprend qu'il était marié.

Plusieurs de ses odes et sonnets sont adressés à Du Bartas qu'il loue avec excès.

Nous rapporterons un fragment d'une très-bonne satire, la seule du recueil, que Mage fit contre ses concitoyens des lies de la Saintonge.On regrette qu'il ne se soit pas plus souvent exercé dans ce genre. Cette pièce est adressée à Nie. Bataille,sieur d'Harbouville, valet de chambre du roi. Après avoir ditqu'il épargne le nom de ceux qu'il reprend « Pour ne les plus saliren leur donnant renom», le poète s'écrie: «Hé! qui se pourroit taire où parlent tant de vices?"

Petit enclns roaiin que tu enclos de maux ! De maux non naixde toy,maisde (esanimaux. ^on de les brute-naiz, mais d'un qui se dii

Le roy des anima» qui sont an val cbampes-

[Ire...

MAG

Page 1