BIA.G
Mais où suiH^fQoc^oy-je en terre ,en l'air,
[ez etoxy Coarant, volant, nageant? SoDt-ce bestet»
[oyseaoXf Et poissons citadins de ces isles marines ! Iry chasse un mesiis, l'a jappent desmastines. Là l'aspic siffle et pique : icy le bœuf BUgit: Le porc s'engraisse icy; l'a le lion rugit. Le sacre et le fauleon y vivent de leurproye : L'huistre et l'anguille y sont, le sargon, la
[iamproye.
Ha : jecognois le lieu. C'est l'enclos Circaeen Qui en monsires brutaux change son citoyen: Osanimaux divers,ayant pris forme humaine, L'ont perdue y goustaut de la loge mondaîBe.
Ainsi monstre esteeluy qui faict du cbien
[couchant, Qui a le miel en bouche, au cœur le flel ca-
[chant.
Monstre est cest usurier qui sa finance adore, Qui met le corps en croix et l'ame au croc
[encore.
Monstre est ce riche sot, ce lasehe ambitieux, Ce dévot hypocrite et ce blesme envieux. Monstre est ce feinct amy, ce scribe, ce fans-
[saire.
Ce bouc incestueux, cest infâme adultère....
Tout change en pis icy.comme ailleurs antre Sereines on y voit les filles d'Achelois, [fois. Lycaon s'y faict loup,Battus en roc s'empierre: ^srulape en serpent y rampe sur la pierre, lo s'y mue en vache ei Eae en plongeon, En corneille Corone et en cerf Actxon.
Biblis comme Areihuse en fontaine est cban-
[gée:
Midas d'oreilles d'asne a la teste chargée : Chiron y est mi-homme ensemble et mi-che-
[val.
Mesme an Diable devient enfin l'homme ani-
[mal.
C'est peut-être là le premier modèle qu^ofîre notre littérature, d'une satire écrite dans un style noble et soutenu.
Personne ne se serait imaginé d'aller la chercher dans les œuvres du sieur de Fief-Melin,elenefFetles perles n'y abondent pas, comme l'auteura le bon sens de le reconnaître lui-môme. Mais on ne peutnicrqu'ilu'aileulesentimentpoétique; seulement, la langue tourmentée de Ronsardet doDu Bartas sertmal son inspiration, et, ce qu'on a sou venta reprocher à nos poètes, son vers est plus riche en mots qu'en idées. La raison en est du reste facile à trouver, c'est que la rime donne les uns,tandis que l'imagination refuse les autres.
La seconde partie duYolume(70-343 (T.) sous ce titre burlesque: L'ifnagc
d*un Magct ou le Spirituel d*Ant&ine Magi, sieur de Fief-Melin, renferme sept essais; recueil assez ennuyeux,au jugement de Goujet, mais quifaithooneur à la piété de l'auteur : 4 * lespriè^ res : Whomme naturel ; 3" Vame Anmaine ; 4* les saincts souspirs ; 5* les muses célestes; ^* les méditations; 7* la chrestienne ouïes sainctes amours du spirituel enversChrist et V Eglise chrestienne. — Ou trouve dans ces Essais des odes, des stauces, des sonnets, des cantiques, des discours en Ters,une Méditation surlepsalme 127, imitée de Pélisson, maître des requêtes du roi Henri IV, et qui ne contient pas moins de neuf cents vers, etc.
Nous emprunterons le fragment suivant à un Cantique que le poète adresse à Dieu, et qui nous apprend une curieuse circonstance de sa vie.
^'es-tu pas l'Eternel qui me tiras n'aguières Des périls encourus au voyage mondain, Quand le désir de voir cet Empire Germain M'emporta ioing des miens ez terres estrao-
[gières!
Ja par trois fois sept jours sur le dos de Nep-
[tone Ma nef avoit coam sans trouver son vray port. Quand l'orage croissant et luy caehant son
[Nord, Tu la fis e«ehouer, me gardant d'infortune.
Je n'eus si tost repris sur terre mon voyage. Que je tombe soudain ez mains de mes hai-
[nenx.
Vannes m'en est tesmoing qui,m'ayani'a ses
[vœux, Pensoit avoir ma vie, on mes biens pour hos-
[tage.
Mais comme le soldat, qui m'e8clavoit,fust
lyvre, IS'ayant dormy de nniet,au matin sommeilloit: Lors Dieu, m'ouvrant la grotte où il me rece-
[loil.
Me sauve de prison et de mort me délivre.
Continuant ma course etsurmeret surterre.
Soit allant ou venant. tu m'astousjours guidé, D'advis.d'argent, d'amis tu m'as en temps aidé, Kt k temps ay llny,beureux,soubs toy mon erre.
HIAGER (André), d'Orléans, fit ses études en théologie à Greifswald en 1542, fut reçu docteur en 4 547, et nommé professeur de théologie. En 4550, il échangea cette chaire contre celle de dialectique. Il mourut à Wittenberg, le t mai 4557. Il ne paratt pas qu'il ait rien publié.
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MAGNAIS (Noël), ou Uaignen, r0(a au ministère par le synode pro- TÀncial assemblé à Tonnay-Charente en 4560, fut donné pourpasteur à l'église de La Rochelle. C'était un homme vif et ardent, un protestant enthousiaste. 11 s'opposa de tout son pouvoir à l'alliance des Huguenots avec le duc d'Alençon enl 575; mais toute sa logique échoua contre l'éloquence de La Noue.
Celle opposition fort sage fut, avec ses sentiments hétérodoxes sur la Trinité et la sanctification de la chair du Christ, la cause d'une interdiction dont il fut frappé par le consistoire, trop facilement oublieux, dans cette circonstance, des services que Magnan avait rendus, peadant le siège de 4573, tant par ses exhortations que par son exemple.
Moins despotiquement sévère sur le chapitre de l'orthodoxie, le prince d'Orange appela d'Angleterre, où il s'était retiré, le pasteur interdit et le nomma son chapelain. Selon La Popelioière, Magnan mourut à Middelbourg, en 4580. On conserve à la Bibliothèque publique de Genève (N*" 4 97aa, Carton t) deux pièces mss. oùsontconsignées ses opinions avec leur réfutation.
Il est très- vraisemblable queilfa^ntf», pasteur de La Rochebeaucourt en 4 659, qui publia une Réponse au livre d* Antoine Hérier prédicateur capucin, intitulé L'aveu du purgatoire, était de la même famille que notre Noël Magnan ; mais, quoiqu'on trouve ce uom écrit aussi Maignault, nous ne pensons pas que Ton doive y rattacher Guillaume Magnaus ou MognœusA^ï Nivernois, qui soutint 5 Genève deux thèses, Tuue De Dei omnipotentiâ, l'autre. De instauratione generis humaniy publiées dans les Thèses genev.
HAGINË (Antoine), natif d'Auvergne, martyr en 4553. Chargé par l'église de Paris de porter à celle de Genève la nouvelle de l'arrestation de Nicolas Nail et d'autres sectateurs de la Réforme, Magne s'acquitta heureusement de cette dangereuse mission ; mais à son retour, il fut arrêté à Bourges par les soins de quelques prêtres,
et peu de jours après, amené à Paris.
Après qu'il eut fait confession entière de sa foi et souffert « griefs outrages et tortures, » le parlement lui fit couper la langue et le fit brûler vif sur la place Maubert, le 4 4 juin.
MAGNEVILLE (Abthub oe), sieur de La Haye-du-Puy,fils du catholique JeandeMigneville.qui avait combattu, dès 4562, contre les Huguenots sous lef ordres de Matignon, embrassa la religion réformée vraisemblablement à l'époque de son mariage avec Judith AuX'Epaules, fille de Nicolas Aux- Epaules, sieur de Sainte-Marie-du- Mont, un des chefs protestants dans la Normandie,et àeFrançoise deUonchy, Cette dame, qui avait un grand zèle pour sa religion, institua par son testament une rente destinée à l'entretien d'un proposant. Son fils Gédéon fut député à l'Assemblée politique de Loudun par les églises de la Normandie {Voy, YI, p. 203). Il laissa deux fils. L'atné, nommé Artbui, baron de La Haye-du-Puy, n'eut pas d'enfants de sa femme Judith Le Loup (4), et le cadet,GABiiEL, sieur de Magneville et
(1) La famUle Le Loup était protasttnie. Nous en avons la preuve dans un registre des baptêmes, des mariages et des enterrements, qui eurent lieu dans l'église de Sainte-Mère- Eglisede 1669 à 1676 {Arch. gén. Tt. 317). Nous y trouvons cites : Cyrus-Elàonor Le Loup, sieur de Limaresq, qui eut de Marie-Aune Du Vivier deux Bis nommés Léonor - Antoire et Jacql'es, présentes au baptême, le !•', en 1674, par Léonor- Antoine de Saint-Simon et Elizabelh Du ViHer; le 2% en 167:i, par Jacques Rùhiery sieur de Colorabières, et Anne Le Révrreni, femme de Paul- Antoine Du Vivier;— Pierre LeLoupt sieur de Limaresq, qui épousa SJarie Bnsnaye, et en eut Cyrus-Eléo- KOR, déjà cité, Jean, sietir de Grainviiie, et Marie, femme, en 1674, de Jean-Baptiste île Langle, sieur cTe La Bestinerie, (ils de Jacques de Langle, sieur de La Gascoignerie, et de Roberte de Clamorgan ;— Judith Le Loup, mariée a Jean Dellot^ sieur de La Baume, k qui elle donna FAienne, présenté au baptême, en 1670, par Etienne Le Loup^ sieur de Saint* Loup, et Marie Le Loup^ oncle et tante maternels ; Judithy qui eut pour parrain, en 1674, David Betlot, sieur de Calouville, son oncle, et pour marraine, Judith Mestin, femme de Loi»* Meslin, sieur de Glatigny ; Judith-Aune, présentée au baptême, en 1675, par Ojrus- Anloine Le Loup et Judith Le Cercler y femme du ministre Mùso».
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de GefTofM. n'eut quNine fille, Aimi- CiAiLOTTBfëe 80D mariage avec Frtmçoisedâ Franfu&tot^ fille à" Antoine^ sieur de Coiguy, et de N, de Saint- Simon.
MAGIVOL (PiiBiii),médecin ethetanisle, né à Montpellier, le S juin 4638, el mort dans la même Tille, le %\ mai 1715. Il était fils de Claude Magnol, apethicaire , et de Lisette Ranchin, Après avoir terminé ses étades classiques au collège des Jésuites, il suivit les cours de la Faculté de médecine et prit le bonnet de docteur, en jauv. 1659.
■ Son érudition et son mérite , nous apprend le secrétaire Gauteron dans son Eloge, (Mém. de la Soc. roy. des seiencesdeMontpell.,T.I;réimpr. avec quelq. changem. parmi les Eloges des membres de cette Société) lui donnèrent bientôt un nom dans la république des lettres, qui lui procura, en 1663, un brevet de médecin ordinaire du roi, et la protection de Vallot son premier médecin.» El selon d'Aigrefeuille, il auraitreçu déplus grandes grdces,n*eût été sa religion. Mais notre savant s'ee contenta pour lors, pensant que Testi* me de soi-même valait encore mieux que Pestiraedu prince. En 1667,une chaire de professeur de médecine étant venue à vaquer, on la mit au concours. Magnol se présenta el fui placé le premier des concurrents sur la liste de mérite. Cependant la place lui fut refusée.«M. Magnol, content de l'avoir méritée,dit son panégyriste, ne demanda plus rien, el s'arrêta tout court dans le temps qu'il n'avoitplus qu'un pas 5 faire pourjouir du fruit de la victoire .Ce pas qui lui parut rude alors, fut adouci pur les réflexions salutaires qu'il fil dans la suite, et qui lui permirent d'accepter, quelque temps après, une place toute semblable. »Ce système d'accommodement peut être, en effet, très-salutaire, mais il n'esl guère moral ; avec de pareils principes , on se pousse peut-être dans le monde ; mais la postérité ne manque jamais de nous rejeter dans la fange d'où nous sommes sortis. Virtus sola manet. HÂtons-nous cependant de dire
que MagBol persista, au motis, jns^iu^k la révocation de Téditde Nantes, c'està-dire jusqu'à ce qu'il put croire, avec les idées du temps, qu'il n'était plus permis à un sujet de résister sans rébellion. Pour oser braver les ordres dti roi, il fallait une énergie de caractère qui se rencontre rarement dans les hommes de cabinet ou dans les hom • mes du monde. Magnol fsiisait de la botanique sou étude de prédilection. Ka 1687, il fut appelé à suppléer le professeur debotanique Cbicoyneau,qui avait dû se rendre à Paris pour des affaires concernant l'université.Au retour du ti« tulaire, il reprit ses travaux de cabinet. Il s'occupait d'une histoire des plantes, en vue de laquelle il avait parcouru
Êlusieurs fois les Alpes et les Pyrénées, n 1 694, il était ï Paris. Une chaire de professeur de médecine étant devenue vacante à la Faculté de Montpellier, Fa« gon, premier médecin de Louis XIV, la demanda pour lui, el Magnol, «nouvellement réuni à l'Eglise, en fut pourvu sans difficulté.» Le grand roi n'étaik pas ingrat, il couronnait de fleurs ses victimes. En môme temps, le directeur du Jardin botanique, Chicoyneau, ayant été frappé de cécité, on chargea Magnol de la direction du Jardin pendant trois ans. Après ce terme, le fils du titulaire, à qui appartenait la survivance de la charge de son père, en prit possession; mais Magnol fut gratifié d'un brevet du roi qui lui conféra le litre d'inspecteur de ce jardin, sa vie durant. Lorsque rAcadémie des sciences de Montpellier fut créée, en 1706, Magnol prit place parmi ses membres, dans la classe des botanistes.
aNous avons joui de sa présence et de ses lumières jusqu'en 1709, dit sou panégyriste. Il nous a donné pendant ce temps- là plusieurs mémoires sur la circulation de la sève. Mais an commencement de celle année 1709, il fut obligé de nous quitter, pour répondre au choix honorable que l'Académie roy. des sciences [de Paris] fit de lui, pour remplir la place de M. de Tournefort.» Hais l*âge et les infirmités ne