‹ La France protestante (volume 3)Chapitre 67 sur 169 · VAR · texte numérisé non relu

VAR

hole des Apôtres, ei an Décaloçue), Paris, Estienne Rosset, privilège daté dH dernier jour de nov . 4 544 ; Genève, 4542, avec la forme des prières et ehantz eccUsiastiques, avec lamanière d'^ administrer les sacrement et consacrer le mariage, selon la coustume de l'Eglise ancienne, et comme on Vohserve à Genlve ; à la tète de cette dernière édition est une courte préface qui est comme la substance de celle que Calvin mit à l'édit. de 4543. Ouvrage dédié àFrançoisl".

Au jugement du critique La Harpe, les psaumes de Marot « ne sont bons qu'à être chantés dans les églises protestantes. » Telle était aussi leur destination , Marot a donc atteint son but. Pour que nos lecteurs en jugent, nous citerons uji eiemple.

0 Dostre Diea et Seigneur amiable.

Combien ton nom est grand et admirable Par loat ce val terrestre spacieux, Qoi ta puissance eslève sur les Cienx !

En tout se voit ta grand'vertu parfaicte, Josqu'à la boncbe aux enfans qu*on allaicte : Bt rends par l'a confus et abbatu Toit ennemi qui nie ta vertu.

Mtiiqnand je voy et contemple en courage Tes Cienx, qoi sont de tes doigts baut ouvrage, Estollles, Lune, et signes différons Qae tu as faits et assis en leurs rangs :

Adonc je dl a part moy (ainsi comme Toot esbabi) et qu*e»t-ce que de Thomme? D'avoir daigné de loy te souvenir, El de vouloir en ton ^oin le tenir.

Ti Tas fait tel que plus il ne luy reste Forsestre Dieu. Car tu l'as (quant an reste) Abondamment de gloire environné, Kenpli de biens et d*booneur couronné.

Régner le fais sur l6s œuvres tant belles De tes deux mains, comme seigneur d'icelles : Ta as de vray, sans quelque exception, Mis sous ses pieds tout en subjection.

Brebis et boeufs, et leurs peaux, et leurs laines. Tons les troupeaux des bauts monis et des £■ général toutes blutes cercbans [plaines, A ptsiurer «t par bois et par cbamps :

Oiseaux de Tair, qui volent et qui ebantent, Poissonsde mer, ceux qui nagentet qui hantent Par les sentiers de mer, grands et petis, Ta les as tous a Thomme assujettis.

0 nostre Dieu, et Seigneur amiable, Cnmmeà bon droict est grand et admirable L'excellent bruit de ton ISom précieux Par tout ce val terrestre spacieux I

L'Eglise protestante a-t-elle à rou-

gir, ou ne doit-elle pas plutôt s^enorgneillir d'avoir mis de tels chants dans la bouche du peuple? Que Ton nous cite dans tout le xvi* siècle, et même dans une bonne partie du xvii% d'autres morceaux lyriques de cette valeur?

Que Ton compare cette traduction de Marot du viii* psaume avec d'autres traductions plus modernes, et, nous n'hésitons pas à le dire, Marot aura la préférence (4). Ses contemporains ont eu le goût moins sévère que nos critiques modernes; tous les partis ont accueilli ses psaumes avec faveur, tous les ont admirés, tous les ont chantés, dans les palais et dans les chaumières, dans les temples et dans les camps, depuis le roi jusqu'au goujat. Le xvi* siècle tout entier aurait-il eu moins d'esprit que La Harpe ? Avaient-ils tous perdu le sens dans ce siècle de la Renaissance ? On le croirait à voir nos jugements.

[lus, Has patrio interpres ita transtulit ore Maro- Prorsus ut authoris pectns adcsse putes.

Ce n'est pas un poète de sacristie, ce n'est pas un huguenot qui a dit cela, vous pourriez le récuser : c'est Nicolas Bourbon, un bon catholique, qui a joui dans son siècle, à tort ou à raison, d'une plus grande réputation que l'auteur de Mélanie dans le sien.

Telle était l'opinion commune au xvr siècle.

Page 1