XXXIV. ^[ijhrji^lls ^^^ P^o
verbiorwm arabieorum Centuria duo ab anonymo quodam arabe collecta et explicate cum interpretatione latinâ et scholiis Jos, Scaligeri et Thomœ Erpenii, Leidae, 4 64 4, in-4o, p. 426. — Ce fut sur la demande de Casaubon que Scaliger entreprit ce travail. Il mit, dit-on, moins de temps à traduire et à commenter ce livre que d'autres n'en auraient mis à le lire. Et cependant il y étala tant de savoir, que lorsque Casaubon compara son propre travail avec celui de Scaliger, il faillit tomber dans le découragement.
XXXV. Jos, Scaligeri Poemata omnia, es museio Pétri Scriverii, Leida, 464 5, in-42. — Divisé en trois parties, cbacune avec sa pagination propre. On y trouve, outre une foule de pièces inédites, originales ou
par Eschenbach dans sto édit. des (EaTrei d'Orphée, Utreelit, 1689, in-lS.
traduites soit en grec, soit en latin, la réimp. des N" VU, XIX, XXI, XXVIII, XXIX. Scaliger ne se croyait pas poète; il faisait très peu de cas de ses poésies, qui, pour la plupart, lui furent arrachées par les importunités de ses amis. Lusus ipse juvéniles sues, aut senilis insomniae solatium appellitabat. Il écrivait en vers grecs ou latins avec une facilité extraordinaire.
XXXVI. De re nummariâ disserta^ tio, liber posthumus es Bibl. acad.
Lugd. Batav,, Leidae, Raphelengius, 4646, in-8% pp. 4 42, sans la dédie, et rindex ; réimp. dans le Thés, antiq. grascarum deGronovius (T. IX).
XXXVII. Diatribe critica^ quâ Theod.Marcilii Commentarius No^ tmque in Epigrammata de Cœsarit Amphitheatro et Venationibus or^ dine espunguntur, autorque pluri»
bus locis illustratur, dans l'édit. de Martial par Scriverius, Lugd. Bat., Joann. Maire, 4 64 9, in-4 2, p. 4 39-4 66.
XXXVIII. Epistola omnes quare* periripotuerunty nvjic primwn collecta ac édita, Ceterisprafixaestea qua est de Gente ScaligerU in quâ de autoris vitâ^ et sub finem DaniC" lis Heinsiide morte ejus altéra, Ludg.- Bat., ex off. Bonav. et Abrahami Ëlzevirii, 4627, xii ff. et 887 pp. in-8*; réimpr. l'ann. suivante à Francfort.— • Publie, attribuée à Heinsius. Trois années auparavant avaient paru Epistres françoises des personnages illustres et doctesàM, Jos.-Justede LaScala^ mises en lumière par Jaq. de Rèves^ à Harderwyck, chez la vefve de Thomas Henry, pour Henry Laurens, libraire ï Amst., 4624, in-8». — Coloniiès publia dans ses Opuscules une clef de l'un et de l'autre recueils. On trouve en outre de Scaliger: 4* Cinq lettres àLipsius, dans le SyllogeEpistolarum de Burmaon; — 2* Deux lettres à Ranzow, une à Saumaise, deux à Scipio Genlili8,dans les Ëpistolae Gudii ; — 3* Quatre lettres à Sibrandus Lubbertns, dans les Ëpistolae illust. virorum, de Gabbema, Harlingae Frisio rum, 4 669, in-4 2 ; — 4* Une lettre à
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Laur. Jouhert, dans les Œavres de ce dernier, Lugd.., 4582, in-foL, vol. II, p. 342; — 5« Une lettre à Rittershusius, dans les Ëpistolx inedila» LX clar. virorum, de Hummei, Norimb., 4777,.
in-8*; — 6' Deux billets en franc, à BongarSt dans les Epistolsa Bongarsii etLingelshemii, Argent., 4 669, in-4 2; — 7' Huit lettres franc, à Dalechamp, à Lyon, cl une latine à Désiré Héraud, à Sedan, reprod., d'après un msc. de la Bibl. de Leyde, à la suite de Touv. do M. J. Bernays. La plupart des grandes collections do mss. contiennent des lettres de Jos. Scaliger. Nous citerons, dans le vol. S^l^Collect. Dupuy^ plus, lettres à d'Emery et à de Thou, et T. XXllyCollect. Boulliau^ copie de trois lettres écrites de Leyde au sieur ^tCastel franc [Guill. Le Nautonnier]. Le Muséum Britann. en conserve un grand nombre. Voir les Catal. des collect.
Harley et Burney : cette dernière possède, entre autres, un recueil do 85 lettres adressées à Casaubon de 1 595 à 4 608. On y trouve aussi la réponse autographe de Scaliger aux curateurs de l'acad. de Leyde, xii kal. feb. 4 592, et deux lettres de Henri IV à lui adressées. Toutes ces lettres ne sont pas également importantes; la plupart môme n'ont qu'un faible intérCt littéraire.
D'après son Catal. des mss. latins, la Bibl. nat. possède de Scaliger : 4 ° Varia lectiones in IsocratisPanathenaïcum^ ot Nota et emendationes in Plautum, msc, écriten 4 644, qui avait appartenu à Dupuy; — 2* le Vocabulaire latin dont nous avons parlé plus haut; on trouve à la fin nonnulla deplantarum proprietatibus, nec non et veterum poëtarum fragmenta. — Le Catal. des mss. de la Bibl. Harléienne indique :
i'^Scholia in Euripidem; — 2* Castigationes in Strabonem, in Antonini transformationes, in Theophrastum et Athenœum. — Et le Catal. de la Collect. Burney : Animadv. in qucndam Peiri Molinœi scripta, avec quelques autres petites pièces, etc.
A celte liste des ouvr. de Jos. Scaliger, nous ajouteroDs, d'après Nicéron,
Sénebier et le Catal. de la Bibl. nat. : 4 • Agathiœ Epigrammata, latine versa a Jos. Scaliger 0 et Jano Dousa, à la suite de l'ouvr. d'Agathias de Imperio et rébus gestis Justiniani imp., Lugd.
BaUv., 4 594, in-4*; — 2» Theocriti Idyllia et epigrammata ; Moschi^ BioniSf Simmii quœ exiant: grœeè et latine, cum Annotationibus Jos.
Scaligeri et Is. Casauboni^ Heidelb., Jérôme Commelin, 4596, in-8*; 4 604, in-4" dans une nouv. édil. des Idylliques grecs, donnée par Heinsius; — $• Tumulus et Elogia Claudii P«teani^ autoribusiPapirio Massone et Jos. Scaligero,Vms., 4607, in-4»; — 4* Scazon inurbemRoinam,¥nncoi.<, 4 609, in-4% satire détachée de ses autres poésies et imprimée plus, fois séparément;— 5* Conjectaneain Nonni Dionysiaca, ad editionem Plantini et "Wecheli, et reprod. à la suite des Observations sur le môme ouvr. par Petrus Cunœus, Lugd. Bat., 4640, in-8»; — 6* De arte criticâ diatriba, nunc primvm édita ex musœo Joack. Morsii, Lugd. Bat., 4 64 9, in-4«;— 7* Loci cujusd. Galeni difficillimi explication à la suite du précédent; — 8o Defrnsio J. Bnxtorfii adv. Lud. Cap' pellumy et Exercitatio brevisadobscurum Zaharis locum illuslrandum, à la suite de la diatribe de Cappel De veris et anliquisEbraîorum litteris adv.
Buxtorfium, Amst., 4 645, in-42; — 9» Leges Atticœ cum commentario, ouvr. laissé parmi ses papiers et qu'il jugeait digne d'être publié; — 4 0° Note in Plinii historiam naturalem, Ultrajecti, 4 669, in-8» ; — 4 4 • Nota in Euripidem, Cantabridg., 4694, infol.; — 4 2* Annotationes in Irenaum contra h(Breses,Oxomx,nO%,'m-ïo\.; 4 3» Nota in Suetonium^piiT^].^ 4 703, in- 4'; — 4 4- Emendationes in vetcres glossas verborum juris, Ultraj., 4733,in-fol. — On trouve, enoutre,de Scaliger une foule de pièces de vers, tant en grec qu'en latin, parmi les pièces liminaires des ouvrages publiés de son temps.
Au rapport de Guy Patin, Scaliger
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avait composé unlivrcD^ insoltthilibus Scripturœ et une Géographie de la Sainte Écriture, qu'il aurait détruits. SoQ traité DeAsse, dont il est question dans le Scaligerana,asans doute éprouvé le môme sort.
Nous compléterons cette notice par quelques détails sur le Scaligerana, quoique ce soit faire injure h Scaliger que de placer parmi ses écrits un livre qu'on devrait plutôt attribuer à la malignité de ses ennemis. Fussent-ils toujours sincères, les frères Vassan (^), auteurs de la principale partie de ce livre, ont indignement abusé de l'hospitalité, qu'ils avaient reçue à la faveur de la recommandation de leur oncle Pierre Pithou; ils se sont insinués, comme des espions, dans l'intimité du vieillard pour surprendre ses faiblesses et le trahir. Or, quelle confiance peuvent inspirer des révélations qui portent le cachet de la trahison? Au surplus, fussent-ils véridiques en tout, la justification de Scaliger serait encore possible : quel est le grand homme, quel est le sage qui ne dépose pas quelquefois sa grandeur, sa sagesse au seuil de sa porte et ne reprenne dans son intérieur nos fail)lesses humaines ? Le juge n'est pas toujours sur son tribunal, ni le pasteur dans sa chaire. Un savant ne converse pas toujours avec la postérité. Il y a des repos, des relâches dans la vie.
La corde de l'arc se romprait, si elle était toujours tendue. Luther tenant ses propos de table^ n'en est pas moins Luther ; Henri IV marchant à quatre pattes n'en est pas moins le vainqueur d'Ivry. C'est une marque, non pas de notre admiration, mais de notre petitesse que de rechercher les actions des grands hommes jusque dans les plus vulgaires détails de leur vie.
Toutefois, les frères Vassan ont leur jeunesse pour excuse; mais IsaacVossius, le premier éditeur de leur jour- Ci) Us éuient fils d*an siear Vassan, seigneur de Remi-Mesnil, et dp Perreiie Piihou, morte sor U fin de 1C04 a Genève, où elle ft'iUit rçUrée après U Saint-BartliéleDy.
nal, n'a rien pour justifier son crime de lèse-majeslé envers la mémoire de Scaliger. Après la conversion au catholicisme des frères Nicolas et Jean Vassan (ce dernier même se fit moine), leur journal tomba entre les mains des frères Dupuy, grands amateurs de ces sortes de raretés. Le conseiller Claude Sarrau en prit une copie,'et, à sa mort, son fils Isaae fit présent du msc. de son père à un de ses amis , d'où il passa entre les mains de Jean Daillé, le fils, qui, dans la copie qu'il en fit, substitua l'ordre alphabétique à l'ordre chronologique.
C'est dans cet état qu'il vint à la connaissance de Vossius. Ce journal allait de 4 603 à 4 606, temps du séjour des frères Vassan auprès de Scaliger.
Il est écrit moitié en latin, moitié en français. Du temps de Guy Patin, en 4 666, le msc. autographe se trouvait à la Bibl. royale. Quant à François Ver^ tunieny de Poitiers, que Scaliger connut dans la famille du sieur d'Abain, dont il était médecin, et qui est autour du premier Scaligerana, ses révélations sont moins hasardées, moins brutales, qu'on nous permette ce mot. Son journal, entièrement écrit en latin, embrasse une période de près de vingt années, de 4 574 à 4 593. k sa mort, cet écrit resta enfoui parmi ses papiers, jusqu'à ce qu'en 4669, un avocat de Poitiers, nommé de Sigogne, le fit tenir à Tannegui Le Fèvre,^ Saumur.
En voici les titres : 4 " Scaligerana [secunda] sive Excerf ta ex are Jos» Scaligeri, per F. F. P. P. [fratres Pithoei], Genevae, ap. Pelr. Columesium, 4666, édit. fautive et mutilée; les Remarques mises à la fin sont de Paul Colomiès ; V édit. auctior et emendatior, Hagae Com., 4666, in- 8°,; edit. altéra^ ad verum exemplar restituta, etc., Colonia; [Rouen?] 4667, in-42; cette dernière édit. est due à Jean Dailléy qui n'ayant pu empêcher l'édit. subreplice de La Haye, voulut au moins que le livre parût dans son intégrité ; dans la préface, il est fait mention de cette édit. de La
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Haye qui veuait de paraître sous le titre Scaligeriana : la date de 4 668 que quelques bibliogr. lui assignent est donc fausse. — â* Prima Scaligerananusquam antehac édita [cum prsf. et notis Tanaquilli Fabri], Gro- DingsB [Saumur?] ap.Petr. Smithaium, 4669; Ultraj., ap. Petr. Elzevirium, 4670, in-S**; Cologne [Amst.], chez les Huguetaus, 4695, in-42. — Le second et le premier ont été confondus, plutôt que réunis, dans Tédit. suivante: Scaligerana^ouBommoti ^Rencontres agréables , et Remarques judicieuses et sçavantes de Jos. Scaliger^ avec des notes de M. Le Fèvre et de M. de Colomiès, le tout disposé par ordre alphab. en cette nouv. édit.^ Cologne [Amst.], 4695, in-4 2, tandis que dans Tédit de Des Maiuaux, la meilleure de toutes, ils ont été placés à la suite Tunde Tautre.
LESCUERPIERE (Samuel de), sieur deLABiviÈRE, ministre de Rouen et chapelain de Catherine de Bourbon^ en 4 603, fut député par la Normandie aux Synodes nationaux de 4 607 et de 4644, et à TAssemblée politique de Saumur, en 4644, où il ne joua d'ailleurs aucun rôle important. Il a publié à Quévilly, en 4624, la Confession de foi faictepar Daniel, fils d^ Alexandre, juif lors de son baptême qui fut le ht d'avril \6t{, avec une let^ ire adressée à ceux de sa nation, le tout trad. du syriaque de- Vautheur en alemandpar lui-même et de Valemand en françoispar le sieur de La Rivière.
L'ESCLUSE (Charles de), en latin Clusics, savant botaniste, né h Arras, en 4 526 (le 4 8 fév., d'après Yalère André), de Michel de L'Escluse, seigneur de Watènes, conseiller à la cour provinciale de l'Artois, et mort à Leyde, le 4 avril 4609, dans sa 84*"* année.
Après avoir reçu sa première instruction à Gand, L'Escluse fut envoyé à Louvain, en 4546, pour y continuer ses études. 11 suivit pendant deux ans les cours de la Faculté de droit, non que
son goût le portât vers cette carrièret mais tel était le vœu de ses parents. Do là, il alla en Allemagne et fréquenta pendant quelque temps l'université de Marbourg, où il s'appliqta plus particuhèrement à la philosophie. Il parait que sa véritable vocation ne s'était pas encore révélée à lui. Le désir de connaître Mélauchthon le conduisit ensuite à Wittemberg. Ce fut sans doute à la persuasion de ce digne théologien qu'il adopta les doctrines de la Réforme. On ne pouvait choisir un meilleur parrain. En 4550, il visita Francfort, Strasbourg, la Suisse, Lyon, et se rendit à Montpellier pour y étudier la médecine. Il se mit en pension chez le célèbre Rondelet, qui le dirigea dans ses études. L'élève se montra digne du maître. « Assiduus ac scdulus Rondeletii, cui unicè carus et acceptus erat, auditor, ex ore docentis accepit Methodum curandorum morborumparticularium, quam posteà typis vulga* vit Laur, Joubertus. » Si le panégyriste de L'Escluse, Vorstius, ne commet pas une erreur, ce serait un livre de plus à ajouter à la liste que nous avons donnée des publications deLaur.
Joubert. En jefTet, ce savant médecin se trouvait à l'université de Montpellier en même temps que L'Escluse, et comme lui, il s'était mis en pension chez le professeur Rondelet.
Lorsque L'Escluse eut pris, en4 555,.
le grade de licencié, il retourna dans sa patrie, et y demeura jusqu'en 4 560, occupé du soin de ses premières publications. Il se rendit ensuite à Paris, où il passa deux années. Nos dissensions religieuses l'en ayant éloigné, il se retira à Louvain; puis il visita Augsbourg, et l'année suivante, en 4 564, il entreprit un voyage en Espagne et en Portugal, dans le but surtout d'étudier la flore de ces contrées. Il parcourut tout le pays jusqu'à Cadix. Près de Gibraltar, une chute de cheval faillit lui coûter la vie; il eut la jambe cassée. Ce fut vraisemblablement pendant i^ loisirs forcés de sa convalescence, qu'il traduisit de l'espagnol en
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latin plasienrs ouvrages de botanique, qu'il publia à son retour dans sa patrie. Il rapporta de son Toyago une ricbe collection de plantes , dont il donna plus tard la description. En 4 574, il passa par Paris et alla s'embarquer à Calais pour se rendre en Angleterre.
Deux ans après son retour sur le continent, l'empereur Maximilien II l'appela à Vienne pour lui confier la direction de ses jardins, et l'admit au nombre des familiers de sa Cour. L'Ëscluse remplit cette place pendant près de 4 4 ans, sous ce prince et sous son successeur; de temps en temps, on lui permettait de faire des voyages d'instruction. Ce fut ainsi qu'il parcourut l'Autriche et la Hongrie, et qu'il visita pour la seconde fois l'Angleterre, où il fut bien accueilli par sir Philippe Sidney et par le célèbre navigateur Francis Drake, qui lui donnèrent l'un et l'autre beaucoup de renseignements sur les productions des pays qu'ils a valent visités. A la fin, fatigué de la vie des cours, aulieœ vita pertœiu$, il renonça à sa place et vint se fixer, en \ 587, à Francfort-sur-le Mein, où il vécut environ six années dans la plus complète solitude, ne voyant que le landgrave de Hesse, Guillaume, qui l'aimait et qui lai faisait une petite pension. Les biographes de L'Ëscluse ne nous disent pas d'où lui venait cette humeur noire. h est vrai qu'au milieu de ses plantes, sa solitude devait ûlre douce :
Hie Ter parpareBm : Ttrioi hieflunioa ciremi
FaBdithonosflores'.hiccandidapopolusantro Imminety leniae teiunt nmbracola tîiês.
Tout ce qu'il pouvait désirer, la nature le lui prodiguait, à lui qui, en découvrant une fleur nouvelle, éprouvait autant de joie que s'il eût rencontré un riche trésor, nonminut^ dit-il, gaudio afficiebar, quàm si ingentem tkcfattrumreperissem. Cependant nos joies sont toujours mêlées de quelques larmes.Les fatigues de ses voyages avaient fortement altéré sa santé. .11 fut à la fin affecté d'une luxation de la hanche qui l'obligea ^ ee servir de béquilles. Ce
fut pour lui une bien cruelle privatioi de devoir renoncer à ses excursioaa botaniques. Une compensation lui étaM bien due. Les curateurs de l'Académie de Leyde la lui offrirent, en 4 593, en le nommant à la chaire de botanique de leur université. 11 accepta cetteplace, qu'il remplit jusqu'à sa mort. 11 fut affligé, dans les dernières années de sa vie, de diverses infirmités; cependani il conserva jusqu'à la fin la sérénité de son caractère. Ileiusius le place avec son ami Joseph Scalig&r, mort peu de jours avant lui, au nombre des plus sa* vants hommes de son temps. L'Ëscluse était pieux, charitable, bienveillant, modeste, d'une grande simplicité de mœurs. « Yir paucis conferendus, dit son panégyriste, vitâ iunocenlissimus, ingénie florentissimus, proposilo sanclissimus, et, utverbo dicam,prisci moris et aBvi. » Il vécut célibataire. Il étaii généreux, ouilementintéressé; quoique l'ainé de la famille, il renonça, en faveur de son frère cadet, à la seigneurie de Watènes. Il avait une foule d'amis. Vers la fin de ses jours, il concentra plus particulièrement son affection sur Joseph Scaliger et Vincent Pinelli. Leur mort hita la sienne. Nous emprunterons l'appréciation suivante à M. Duvau (Biogr. univ.), qui nous semble résumer parfaitement les services que L'Ëscluse a rendus à la science. « Une correspondance immense, une mémoire prodigieuse, la connaissance des langues anciennes et de la plupart des modernes, une rare sagacité, enfin une grande ardeur pour le travail, même dans ses dernières années, tels furent les moyens de succès de L'Ëscluse. La botanique venait de prendre un nouvel essor. Les descriptions et les figures de Dodonée et de Lobel, surtout celles de L'Ëscluse lui-même, éclairaient et facilitaient la science; Matthioleet Dalechamp avaient ouvert la route à Gas^ par Bauhin; Gessoer avait fait sentir la nécessité de tirer de la fleur et du fruit les caractères distinciifs des plantes; Césalpin avait donné le premier modèle 4'iine méthode naturelle. L'Ë-
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cluse ne parattpas avoir senti le mérite d'une découverte aussi importante... Mais il se montra vraiment supérieur dans ses descriptions : elles sont remarquables par une exactitude, une précision, une élégance et une méthode qui n'ont point été surpassées par les modernes, excepté pour quelques détails de la fleuret du fruit, auxquels on n'accordait encore que fort peu d'importance. Elles contiennent souvent, sur les noms employés par les anciens botanistes, des discussions intéressantes qui ont servi à éclairer cette partie de la botanique. On y trouve aussi les noms des plantes dans les langues vivantes, et surtout ce qui a rapport 3 leur emploi dans la médecine, les arts et l'économie domestique. Enûn elles sont accompagnées de figures bonnes pour le temps; Dodonée et Lobel en ont empruntéun grand nombre. » Outre le grec et le latin, L'Ëscluse possédait à fond l'espagnol, l'italien et l'allemand. Il était versé dans l'histoire et dans la géographie. Plumier lui a consacré, sous le nom de Clusia, un geure de plantes de la famille des guttifères , qui comprend des arbres et des lianes, vivant le plus souvent en parasites sur d'autres arbres, dans les lies des Antilles.
NOTICE BIBLIOGRAPHIOUE.
I. Histoire des plantes^ enîaquelle est contenue la description entière des herbes^ leurs espèces, formes, nomsy tempérament, vertus et opé" rations, par Rambert Dodoens, médecin de la ville de Matines, trad.\de bas allemand en françois par Charles de VEscluse, Anvers^ Christ. Plantin, 1557, iu-fol.
II. Antidotarium florentinum , 4ive de exactâ componendorum me* dicamentorum ratione libri très, ex grœcorum, arabum et recentiorum medicorum scriptis a medicis florentinis collecti, et a Carolo Clusio ex italico sermone latini facti,kiiiv,, 4661, in-8%
m. Le* Vies d*Annibal et de Sci-
pion r Africain, trad. du latin de Donat Acciaïoli, Paris, Vascosan, 4562, in-8». — Servant à compléter le 6* vol. des Œuvres de Plutarque de la môme édition ; réimpr. plus, fois, et entre autres dausl'édit. des Vies des hommes illustres grecs et romains, de Simon GoiUart.
IV. Aromatum et Simplicium aHquot medicamentorum apud Indos nascentium historia, primitm quidem lusitanicâ linguâ per dialogos conscripta a D, Garcia ab Horto \Oii^'\,proregis Indiœmedico, deinde latino sermone in epitomen contracta, et iconibus ad vivum expressis locupletioribusque annotaHuncu* lis illustrata a Carolo ClusiOyknU.^ 4567,4574, 4579, in-8«.
V. Simplicium medicamentorum ex novo orbe delatorum, quorum in medicinâ usus est^ historia, hispanico sermone a D. Nicolao Monarde, med. hispalensi, descripta, Latio deindè donata, et annotationibus iconibusqt^ affabrè depictis illustrata a Carolo Clusio, atrebate, Antv., 4574 et 4579, in-8». —Lorsque Monardes eut publié le 3* livre de cet ouvrage, L'Ëscluse le traduisit également et le fit paraître à Anvers,
VI. Christ, a Costa,mediciet chirurgi, aromatum et medicamentorum in Orientali Jndiâ nascentium liber; plurimùm lucis afferens iis qua a doctore Garcia de Orta in hoc génère scripta sunt ; Caroli Clusii operâ ex hispanico sermone latinus factus, in epitomen contractus, et quibusdam notis illustratus, Antv., 4574 et 4582, in-8\
VII. Rariorum aliquot stirpium per Hispanias observatarum historia, libris duobus expressa, Antv., 4 576, in-8% avec 23a fig.
VIII. Caroli Clusii aliquot Nota in Garcia Aromatum historiam; ejusd. Descriptiones nonnullarum stirpium et aliarum exoticarum rerum, qua a generoso viro Francisco Drake, équité anglo, et his observa-
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ta sunt^ qui eutn in îongâ iîlâ navigatione, quâ proximis annis universum orhem circumivit, comitati sunt; et quorumdam peregrinorum fructuwn^ quo$ Londini ab amicis accepit, Antv., 4582, in-8V
IX. Rariorum aliquot stirpium per Pannoniatn, Austriam, et vicinos quasdam provincias ohservatamm historidy quatuor libris exprèssa, kaiy,, 1583, in-8% avec 358 Og.
X. Pétri Bellonii [Belon], cenomani, plurimarum singularium et memorabilium rerum inGraciâ, Àsiây ^gyptOj Judaây Arabiâ, aliisque exieris provinciis ab ipso conspecta^ rum, tribus libris expressa; accedit ejusdem de negleetâ stirpium culturâ, atqueearumcognitionelibellus, etc. CarolusCîusiusègallicolatinum faciebat, Antv., 1589, in-8<»; réimp.
avec le N* XIV.
XI. Garcia ab Ilorto, Christ, a Costa et Nicolai Monardù Aromatum et simplicium medicamentorum apud Indos nascentium historia, ex lusi^ tanico et hispanico sermone latine in epitomen contracta, et annotationièus illustrata a Carolo Clusio; cum ^^«m, Antv., 4593, m-8«. — Réimpression des N^'III, IV et V, avec des augmentations.
XII. Caroli Clusii, atrebatis , Impp. Cœss. Augg. MaximUiani 11^ Rudolphi II, aulœ quondam familia»
ris, Rariorum plantarum historia, Anlv.,exoff.PlaDtin.,4604.in-fol.;div.
en deux part., l'une cotée en chiffres romains, et Tautre en chiffres arabes ; avec4 4 35 figg.; frontispice historié. — '- Les deux ouvr. indiqués sous les N'* VU et IX ont été refondus dans celui-ci, qui est divisé en VI livres, suivis d'un appendice. On y trouve en outre: 4 " Ejusd, Commentariolum de fungis ; — 2^ Honorii Belli med. aliquot ad Clusium Epistolm (sur la flore de File de Crète) ; — 3* Thobiœ Roelsii med.
Epistola de certis quibusd, plantis (le manioc, Tignamo et quelques espèces de palmiers); — 4" Montis Baldi^ agro veronensi , description
auctore Jeanne Pona, pKarmacopœo (trad. de Tital. en latin, par Clusius). — Au jugement de M. Duvau, on peut regarder le petit traité de L'Ëscluse sur les champignons comme la première monographie de ces plantes qui mérite d'être citée. Il les divise en bons et en mauvais. C'est à L'ËEcluse que l'on doit la première description exacte de la pomme de terre, sous le nom à^arachidna Theophrasti, forte papas Peruanorum, accompagnée d'une figurecomplètedela plante (2* part., p. LXXIX); elle était depuis longtemps cultivée en Italie. On en ignorait l'origine.
XIII. Nicolai 'Monardi libri tres^ magna medicinœ sécréta et varia experimentfl continentes , a Car.
Clusio Latio donatiy Ludg. Batav., 4 601 ,in-8*. — Ces trois livres traitent : 4 * De lapide Bezaar et herbâ scortonerà; — 2« De ferro et ejus facut-tatibus ; — 3*» De nive et ejus com^ modis.
XIV. Exotieorum libri decem, qui' bus animalium, plantarum, aromatum, aliorumque peregrinorum fructuum historiœ describuntur , [Antv.] ex off. Plantin. Rapheleugii, 4 605, in-fol., cum figg.; dédié aux Etats de Hollande ; titre historié ; plusieurs pièces de vers en grec et en latin, à la louange de l'auteur, et, entre autres, par le médecin Fédéric Jamot, probablement un réfugié. — Le plus important des ouvrages de L'Ëscluse.
Les six premiers livres sont imprimés pour la première fois. On y trouve, en outre, les N" IV, V, VI, X, XIII, revus avec soin et enrichis de nouvelles scholies; plus, un supplément aux Exotiques, contenant la description de divers objets d'histoire naturelle, et finalement un Appendice' à l'Histoire des plantes.
XV. Caroli Clusii,atrebatis, Cura posteriores , seu plurimarum non antè cognitarum aut descriptarum stirpium, peregrinorumque aliquot animalium nova descriptiones ; accessit seorsim /Elii Everardi Vors--
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iii de ejnsd, Caroli CluHi vità et ùbitn Oratio, aliorwnque Epicedia [AnlT.], ei off. Plantin. Haphelengii, 4 641 , in-foi.; Lugd. Bat., 1 6H , in-i*. *-L'Oraison funèbre par Vorstias avait paru séparément, Lugd. Bat., 4 609, 8*.