IV. Q. Uoratii Flacci vita, Lugd
Bal., n08,in-8o.
V. Ovidii vita, Amsl., 4708, in-8»; réîmp. dans les Ovidii Opéra, cnrft P.
Bûrmanni (Amsl , n!!7, 4 vol. in-4*).
VL C. Plinii secundijunioris vita, Amst., n09, in-8*; réimp. plusieurs fois. — Selon M. Quérard, celte Vie avait déjà paru en tête des Œuvres de Pline, publ. parUearne & Oxf., 1703.
Vil. Aunus Solaris antiquus à variis in Oriente ac Asiâpopulis et urbibns usu civili olim nsurpalus, nunc tandem nalurali suo ordine restitihius, Appetiditur spicHegium chronologicO'historicumde cyclis Christianorum, Lond., 471 î, in-fol.
VI II. Exacte retue de V Histoire de M- Bayle, publ. dans TUist. de H.
Bayle, par Tabbé Du Revesl (Amsl., ni 6, in-lî). — On continue à lui attribuer cet écrit, bien quMl ait nié d'en être Tau leur.
IX. Notes sur les médailles des rois delà Comaghne, publ. dans je Tesoro britauico , de Haym (Lond., 474 9-20, «vol. in-4).
X. SL Aristidis vila, publ. en lêie des Opéra de ce célèbre rbôicur, imp.
àOxf., 1722, 2 vol. in-4^
XI. The slaughier of the children of Bethlehem, as an Msiorical fact vindicated, Lond., 4728, in-8*. — Contre Collins.
En 1713, Masson eut une violente (taerelle avec Dat^id Martin au sojèt
• d^une dissert, critique sur le Psi, t|X quM avait insérée dans les T. I-III de THisl. de la républ. des lettres. Setqn lui, ce psaume ne peut s'appliquer qu^ii David. Son opinion fui condamnée par le synode de Breda, tenu au mois de sept., comme impie, contraire à la rèvélalioù et aux doclaralions expresAs de J-Ch. et des apôtres. Masson itoalui se défendre el s'attira une répoolie de Martin, à qui il répliqua par des Rêmarques apologétiques sur un lib4Ùê de M. David Martin contre i^es^li" cation litierale du PS, CX, ins. daM le T. VIII de rHisl. de la républiaife des lelirus. On trouve, en outre, des pièces sorties de sa plume dans la Bibliolh. raisonnîe (T. XllI), etdanstts Mémoires de Trévoux (1713). Eubi on lui attribue Chrotiologicus can4^»
apostolicus et Jaiii templum subprçxitnisAugusti successoribus clausvm^ sans autre indication.
On ne nous apprend pas si Ji^anUas* son fut marié et s'il laissa des enfaDU. Nous savons seulcmcul qu'il avait on cousin, nommé Philippe, qui était ii4uistre de l'église française de Wbeeleir- Street, en 1742, c'esl-h-dlre ài l'époqtfto où celte église se réunit à celle de la Nouvelle-Patente, dont il devint aiaii un des pasteurs.
MAhSOiii (Pierre). de Bourgogne, martyr. On ignore par suite de quels événements Pierre Masson devint un barbe ou pasteur des Vaudois de Provence. Ces derniers le députèrent en Suisse et en Allemagne, avec Georâe Morel^ùe Freyssinières, dans le but de nouer des relations avec les réformateurs allemaiids,ctplusspécialementae leur demandeur des éclaircissemeutaau sujet de cerlains dogmes, celui deia prédestination, par exemple, que leurs pères n'avaient point admis dans leur symbole. Les deux délégués vaudoU visitèreiU(EcolampadeàBâle.^{;c«ret Capiton h Slrasbourg,Haller à Berne, et, satisfaits des solulions qui leur furent données, ils reprirent la route de leurs vallées: mais»à leur passage ïpljon.ils furent reconnus pour lathérielffe
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. 9t arrèUi. HaiBon leeUa de ion lang u foi, le f 0 sept. 1 580 ; quant k Morel» il parvint i B*échapper et regagna la Provence. Il rendit compte de son Toyage dans une aaiemblée générale, et déclara franchement que, dans ta conTiction , les Vaudois h erraient en quelques points de la foi.» H fut donc résolu que Ton tiendrait un synode,auquei seraient convoqués les représentants de toutes les églises vaudoises.
Ce synode se réunit , en effet , le 4 2 sept. \ 532, à Chanforans. Fûrel et An - Mne Saunier y assistèrent au nom des églises réformées de la Suisse (Poy.
Les mouvements que les Vandoisse donnèrent dans celte circonstance, peut-être aussi quelques essais de propagande, attirèrent sur eui Taltention du clergé romain, et la tranquillité dont ces hommes probes et laborieux, amis de la paix et de mœurs austères, jouissaient depuis longtemps sous la protection de quelques gentilshommes du voisinage, du seigneur de Cental, entre autres, se changea promptement en une persécution acharnée. Les evêques portèrent plainte au parlement d'Âix , qui, par arrêt de h 530,ordonna de courir sus aux hérétiques. De son côté, le pape publia une bulle pour déférer les Vaudois aux juges séculiers, et François I*' ordonna au parlement d^annexer cette bulle. Au rapport de Gilles, personne ne déploya plus d'activité dans cette première persécution que les évoques deSisteron.d'Apt et de Cavaillon, qui remplirent leurs prisons d'hérétl • ques ou prétendus tels. Poussés à bout et décidés à repousser la violence par la force, les Vaudois prirent les armes sous la conduite d*£«s/acA« ou Taxile Marron,q}iï fut depuis, en 1545,exéculé à Avignon, et délivrèrent les prisonniers ; on put craindre une guerre civile. Dans l'espoir de détourner le danger, François 1" fit pablier,en juillet 4 536,une amnistie générale,à condition que les hérétiques abjureraient leurs erreurs dans Tespace de six mois. La tranquillité se rétablit; mais les six
mois 8*étant écoulés sans qn^auenn vaudois eût renié sa foi, seiffneurs et magistrats, mus sans aucun doute parPesprit de rapine bien plus oue par le zële religieux , se mirent k renvi k punir l^obstination des hérétiques en les dépouillant de leurs biens et en les jetant en prison. Nul ne se signala par de plus révoltantes déprédations que Ménier d'Oppède, qui devait acquérir un peu plus tard une horrible céiébrilé. Les choses allèrent si loin que François I*' 80 crut obligé de renouveler,en \ 536, sa déclaration de Tannée précédente.
Pas une abjuration n'eut lieu, en sorte que le procureur général, poussé à la fois par un clergé fanatique et par des gens avides de spoliations, fit rendre par le parlement, en 4537,un nouvel arrêt contre les hérétiques vaudois. L'année 8uivante,François V' intervint encore, mais ce fut , cette fois , pour stimuler son parlement, qu'il autorisa, eu 4539, à connaître du crime d'hérésie. Dès le mois d'octobre, la Cour décréta de prise de corps cent cinquante-quatre personnes dénoncées par deux apostats.
« On conçoit, dit M.Alexis Mustbn dans sa consciencieuse Histoire des Vaudois du Piémont,on conçoit la fermentation excessive que de pareilles mesures devaient causer dans le pays.... En de pareilles circonstances , une étincelle peut amener un incendie. C'est ce qui arriva. » Le juge d'Apt ayant fait condamner au feu, comme hérétiqu)B, le meunier Colin Palenq^âoni il convoitait le moulin, des jeunes gens de Mérlndol,n'écoutant que leur indignation, allèrent, de nuit, dévaster le moulin confisquéau profit du dénonciateur. Instruite de cet acte de justice sommaire, la Cour, qui venait, peu de jours auparavant, de recevoir de la part du roi un nouvel ordre de procéder contre les hérétiques, s'assembla extraordinaire ment, et,à la requête du procureur du roi , ajourna i comparaître un certain nombre de Vaudois, dénoncés comm»
coupables par le juge d'Apt. Obéir, c'eût été se livrer aux mains de leurs ennemis; ils n'eurent garde de le faire.
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en sorte que le parlement, aussitôl l'ajournement passé, prononça contre les contumax un arrêt digne de figurer à côté de celui que rendit le parlement de Paris dans l'affaire de Meaux ( Vop. Pièces justif.N* Vi).Noas le reproduisons textuellement.
• Sur la demande du profit et utilité des défauts obtenus par le procureur général du roy. demandeur en cas de crime de lèse-majesté divine et humaine, contre André Maynard, baille de Merindol, François Maynard, Jacq. Maynard^ Michel Maynard, Jean Pam et sa femme, un nommé Faey-U -Tourneur' et sa femme, Martin Vian et sa femme, JeanPallenq et sa femme, les eufans et familles des susdits manans et babitans dudit Merindol : Peyron Roy^ PkUippon Maynard, Jacq. de Sangrej maislre d*esciîole, babitaus du bas dudit Meriudol : maistre Léon Bof" beroux et Claude Favyer, de Tourves, un nommé Pomery^ libraire, et Marthe, sa femme naguères nonnain i Nismes , Thomas Pallenq , dict du plan d'Aptj et Guillaume Le Normand^ retirez et demeuraus de nouveau audit Merindol : desdits cas et crimes ajournez à trois briefs jours, noncomparans ains defaillans : Veues les charges et informations faites âi lu requeste dudit procureur général du roy : ordonnances de prinses de corps, et 2i faute de ce adjournemens à trois briefs jours décernez contre lesdils accusez et defaillans du penultiesme de juillet 15i0 : exploicts desdits adjournemens à trois briefs jours : les défauts obtenus par ledit procureur général contre lesdits accusez :
les leUres-patentes du roy du dernier de may audit an 1540, adressantes h ladite Cour» pour procéder contre Yaudois et Luthériens, et autres tenans sectes contraires et dérogalives à la foy et religion chrestienne : et autres lettres-patentes dudit seigneur, du 16 de juillet 1535 et du dernier de may 1 536, par lesquelles il faisoit pardon et grâice aux chargez, accusez et sus-
pects d'erreurs hérétiques, en eux de* sistant desdits erreurs, et les abjurant dans six mois après la publication desdites lettres : les recollemens des tesmoins examinez et des susdites informations : autres charges, informations et procès produits par ledit procureur général, pour faire apparoir que notoirement tous ceux de Merindol tienent sectes Vaudoises et Luthériennes, reprouvées et contraires à la saincte foy et religion chrestienne :
retirent et recollent plusieurs gens estrangers et fugitifs, chargez et diffamez d*estre de telles sectes : et iceux entretiennent et favorisent; qu'audit lieu il y a eschole des erreurs et fausses doctrines desdites sectes, gens qui dogmatizent lesdits erreurs et fausses doctrines , et libraires qui ont imprimé et vendent livres pleins de telles fausses doctrines : et aussi que ceux dudit Merindol au terroir es roches ont basti des cavernes et spelonques, où ils retirent et cachent eux, leurs complices et leurs biens, et se font forts : autres informations prinses par le juge d'Âpt, pour faire apparoir qu'après que Colin Pallenq, dit an plan d'Âpt, comme sectateur desdites sectes fut ces jours passez condamné et bruslé , et- ses biens confisquez au roy ; en haine de ce plusieurs gens dudit Merindol, leurs complices et adhérons en grande assemblée, comme de six ou sept vingts hommes armes de harquebuses, hallebardes, espées et autres harnois, ont rompu le moulin qui estoit audit feu Colin Pallenq et Thomas Pallenq frères, battu et outragé le musnier, et icelui menacé, et tous autres qui s'empescheroyent des biens de ceux de leurs sectes. Le tout considéré, dit a esté, que la Cour a dit et déclaré, dit et déclare lesdits défauts avoir esté bien obtenus. Et pour le profit d'icelui, que tous les dessusdits accusez et ajournez sont vrais defaillans et contumax, descheus de toutes défenses, et attaints et convein^ < eus des cas et crimes k eux imposez, " de tenir, maintenir et ensuivre sectet '
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nt A^thoes bér^liques, raproHvées et contrai reg à la foy at reiigioa chrestienue et aux saiucles prolnbilions du roy, et d'eslcA relireurs et receplateurs, receleurs et fauteurs des gens chargez et diffamez de tenir telles doctrines et secles damnées et reprouvées. Pour la réparation desquels cas, a condamné et condamne lesdits A.
Mayuard, J. liaynard, U. Haynard, J. Pom, Fay- le -Tourneur (lie), M. Vian, J. Pallenq, Hugues Pailenq, p. Boy, P. Maynard» tous dudit Uerindol, J. de Sangre, matire Léon Barhoronx de Tourves, Claude Favier dudit tourves, Pomery et Marlbe sa fomme. Th. Pallenq et G. 1.0 Nor- Sltaod, habitans dudit Ueriodol, à estre hruflez et ards tous vifs : assavoir quant ausdils Barberoux et Favier, en 1% place publique dudit Tourves : quant a\V4i^Th. Pallenq, en la place publique d'Apt, et quant aux autres, en la palace desJacopios de ceéle ville d*Aix : et ^ faute de les avoir, seront tous exécutez en ûgure et peinture. Et au regard des femmes, enfans, serviteurs et famille de tous les dessusdits défaillant et condamnez, ladite Cour les a^ défiez et abandonnez à tous, pour los prendre et représenter à justice :
afin de procéder contr'eux à Texécutiou des rigueurs et peines de droict, et alQsl qu'il apartlendra. Et en cas qu^iU ne puissent estre prins et appréhendez, dès maintenant les a tous bannis et bannit des royaume, terre et seigneuries du roy, avec interdiction et prohibition d'y entrer ni venir sur peine de la hard et du feu. Et déclare tous et chacuns les biens des dessusdits condamnez et bannis, leurs femmes, enfans, serviteurs et famille, eâtre acquis et confisquez audit seigneur : et aussi prohibe et défend à tous geolilsbommes, vassaux et autres sujets dudit seigneur, qu*ils n*ayeut à recevoir ne receler lesdits condamnez, leurs femmes, enfans, serviteurs et famille, ne leur bailler aucune faveur, ai48 on confo;t en manière que ce soit, svg^ine 4 coAx qui CfiirMi lo coi^-
traire, de confiscation de leurs bions et autres peines arbitraires.
Et au surplus, attendu que notoirement tout ledit lieu de Meriodol est la retraite, spolonque, refuge et fort do gens tenaos telles secles damnées et reprouvées, ladite Cour a ordonné at ordonne que toutes les maisons et basties dudit lieu seront abattues, démolies el abrasées, et ledit lieu rendu inhabitable, sans que personne y puisse re^difier ne bastir, si. ce n'est par le vouloir et permission du roy. Semblablement que le chasteau et spelonquo, repaires et forts estans es roches et bois du terroir dudit Merindol, seront ruinez et mis en telle sorte que Ton n'y puisse faire résidence : et que les lieux soyeot descouverls, et les bois où sont lesdits forts coupez et abattus deux cenf pas à Teutour. Et d'avantage fait prohibitions et defen&es de bailler àfo^me et arrenlement ni autrement les héritages dudit lieu à aucuns du surnom at lignées des dessusdita condamnez. Publié en jugement au parle* ment de Provence séant \ Aix, le dixhuitième jour de novembre 1540. •
Cet arrêt, où, dit de Tbou, tout était horrible et cruel,^ souleva une indignation si grande que , malgré les pressantes sollicitations des prélats provençaux, qui offrirent de payer tous les frais de l'exécution et d'en assumer la responsabilité, le parlement n'osa pas passer outre sans en référerau roi. Le président Chassaiiée, qui n'était pas cruel elqui était d'ailleurs entretenu dans des idées de modération par sou ami Jacques de Raymud, sieur d'Allein, désirait épargner l'effusion du sang ; de son cOté. Claude de Savoie, comte de Tende, gouverneur de Provence, ne se souciait nullement d'attacher son nom i une pareille barbarie. Ils s'adressèrent donc l'un et l'autre îk François 1*', qui, av-^nt de sanctionner cet arrêt sauvage, chargea Du Bellay , son lieutenant en Piémont, de se livrera une enquête sur la vie et les mœurs des Vaudois. Le résultat de celte enquête fut que les Vaudois étaient « gens do grand travail ,
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paûible^, aime? ^e Içus leurs voisins, de bonnes mœurs, gardans leurs promesses e^ payans bien leurs délies, charitables, ne permelUns qu*aucun d'entre eux eusl nécessité , aumosniers aux estrangers, selon leur pouvoir. » Tout cç qu'on pouvuit leur reprocher, c'était «de ne euères aller au mouslier, et s*ils y enlroient, de faire leurs prières sans regarder ne saincl ne suincle. » Les prêtres les accusaient, en outre, de ne point prendre d'eau bénite, de no point aller eu pMcrinagc. de ne point se signçr qu:ind il tonnait, de ne /aire aucune offrande ni pour les vivants ni pour les morts. Ce rapport si favorable, appuyé d'ailleurs par l'intercession des Protestants suisses et allemands, détermina François l" 5 accorder aux Vaudois , par lettres du 8 fév. 1541 , une amnistie générale,à condition que.dans tçois mois, ils abjureraient leurs erreurs. Le délai expiré , le parlement somma les Yaudois de déclarer s'ils entendaient accepter l'amnistie et s'en prévaloir. Quelques-uns se soumirent sans réserve , et de ce nombre fureqt précisément ceux qui avaient été condamnés par l'arrêt du 18 nov. 1540; cependant, sauf ces très-rares exceptions , les Vaudois refusèrent absolument d'abjurer, lu moins qu'on ne leur prouvât par la Parole de Dieu qu'ils tenaient des doctrines hérétiques. Le 6 avril 1 54 1 , suivant l'avis du président Chassanée et de plusieurs conseillers, ils rédigèrent une Confession de foi (I) qu'ils tirent présenter au parlement par leurs procureurs François Chais et Guillaume Armand , en suppliant la Cçur de ne point exiger qu'ils abjurassent avant d'avoir été instruits. Le parlement consentit à leur accorder un nouveau délai et envoya sur les lieux un commissaire pour présider aux conférenci's; mais ces conférences n^Jbo^tirent qu'à la conversion du docteur chargé de les convertir. Il est évident
(1) Cette Confesi-ioti de foi a été publiée daas le Nariyiologe, ainsi qu'une Renoa-? Uanceoù les Vaodois &0|aMi|èreBtdes aecii- HliQos Itjicéf^GoatTeeui^
que les magistrats n'auraient pa9 pous^ les choses à Texlrôme, s'ils n'avateoi point eu derrière eux les prélats de la Provence, dont un seul, le c^irdinal Sa-' dolet , témoigna de l'intérêt à ces infortunés. Dès l'année suivante, Prançois I", à finsligalion du cardinal df Touruon, Gt reprendre les poursuite^; puis, quelques mois après , le besoin qu'il avait des princes pi otcstants d'Allemagne, le forçant 5 user déménagements à leur égard , il suspendit , ps|r un édit du 14 juin 15li , toutes Ti^ procédures, ordonna de rétablir les Vaudois ^àn% leurs privilé^res et com- . mit deux commissaires pour informer sur leurs opinions religieuses. Do plqs, la cause fut renvoyée devant le parlement de Grenoble, les Vaudois ayabt représenté que les conseillers dupar^ lement d'Aix ne les poursuivaient ayeç tant d'acharnement , que parce qu*U| convoitaient leurs biens pour les doAner à leurs parents. Ces lettres-patentes, présentées àla Cour par Flari- Tuona Serre, qui avait porté au pie^^ du trône les doléances de ses coreligionnaires, furent enregistrées sur-lechamp.
Âpcès tant de péripéties, le drame semblait donc marcher à un dénouement pacifique ; mais d'Oppèdc et tous ce^x qui ;ivaient à craindre qu'on n'éclaicil leur conduite de trop près , y mirent bon ordre. Leurs intrigues soulèveoil le parlement qui se plaint, et les Etàti de la province qui protestent; d^Op-; pède lui-même écrit au roi que les Vaqdois, assemblés au nombre de 45,000, méditent un coup de main sur Marseille, que leur pays se hérisse de forts armés de canons , et que si l'o^' ne se h&te, ils vont se constituer en république indépendante. François I*' prend l'alarme, le cardin^il de Tournon s'applique à augmenter ses craintes, et, dans une séance du conseil privé, le !•' janv. 1545, il lui fait signer ui^ ordre au parlement d'Âix d'exécuter ^oct' arrêt du 18 nov. 1540. Cet ordre *q l'aveu de Gaufridi , avait été surp^' (or^^tt'on voulut pIuQ tard savqi^ |iy
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qui les lettres-patentes avaient été rédigées, le procureur général au conseil privé nia d'y avoir eu aucune part ; le secrétaire d*Élat qui les avait contresignées , nia de les avoir fait dresser ; le chancelier qui les avait scellées, déclara qu'il n'avait point été d'avis qu'on les redigeÂt de cette manière. Afin d*empècber la fraude de se découvrir, on les envoya en Provence par un courrier exprès , et d'Oppède, qui , depuis 1543, avait remplacé Chassanée , se mit sans relard en devoir de les exécuter , en faisant ses préparatifs le plus secrètement possible , de peur de donner réveil aux Yaudois.
Le dimanche Kt avril 1545, d'Oppède assembla le parlement. L'avocatgénéral Guérin requit l'exécution de l'arrêt, et la Cour, faisant droit à sa demande, invita d'Oppède, comme lieutenant du roi, en l'absence du gouverneur , M. de Grignan , ^ prêter main forte à la justice.
D*Oppède ût aussitôt publier une ordonnance pour appeler aux armes le ban et l'arrière-ban de la province , et ayant assemblé ses troupes à Aix, il les divisa en deux corps. L'un , sous les ordres du fameux Poulin, depuis baron de La Garde , passa la Durance à Fertnis, marchant sur La Molle et Cabrière d'Aiguës. L'autre, commandé par d'Op-
8ède en personne, prit le chemin de [érindol par Malemort, détruisant tout sur son passage par le fer et le feu, sans rencontrer la moindre résistance, les Vaudois ayant abandonné leurs demeures pour se sauver dans les montagnes et dans les bois. Laissons parler maintenant le conseiller Gaufridi :
«D'abord le soldat égorge les vieillards qui n'avaient pu se sauver. Puis il met le feu dans les maisons, afin de punir dans leurs biens ceux qu'il ne pouvoit punir dans leurs personnes. De là il portera fureur à la campagne. Il la remplit de carnage et d'horreur. Il immole à sa brutalité tout ce qu'il rencontre; hommes, femmes, jeunes, vieux, tootsuccombeàsa cruaulé.Celte cruauté est encore rendue plus horrible par
l'avarice des voisins de ces lieux , qui prenent les armes contre ces misérables. Entre autres ceux de la Bastidedes-Jourdansse mettent en campagne, en habits déguisez. Ils pillent, ils tuent, ils ravagent. Ils commettent bien plus d'hostilitez que les soldats.... Les gens de qualité voyant que tout cela se faisoit impunément , il leur prit la même envie qu*aux autres. Ils courent au butin avec la même avidité que les paîsans. •
Après avoir pillé, brûlé et rasé Mérindol, dont les habitants avaient pris la fuite, à l'exception d'un jeune garçon qui fut tué à coups de fusil par ordre de d'Oppède,et de quelques femmes que l'on trouva dans l'église et qu'on précipita du haut des rochers, les troupes provençales entrèrent dans le Comlat pour seconder celles du pape dans l'attaque de Cabrières, où s'étaient retranchés une soixantaine de paysans sous les ordres ^^ Etienne Le JUarof»/. Après une vaillante résistance, cette poignée de braves se rendit vie et bagues sauves; mais à peine Le Maroul et ses gens furent-ils sortis du village, qu'on les cerna et qu'on en massacra la moitié; les autres furent envoyés aux galères. Leurs femmes, qui avaient bravement combattu à leurs côtés et dont la plupart étaient enceintes, furent enfermées dans uue grange et brûlées vives. Quant aux habitants du village qui s'étaient lâchement cachés dans leurs caves, on se contenta d'en faire pendre trente aux fenêtres du château. « De laquelle exécution, raconte Bouche, ne se contenta le commissaire de noslre saint Père le Pape, qui là estoil présent. Ains dit et remonslra que la sentence donnée contre eux portoit qu'ils seroient tous mis à mort, et la mémoire abolie, et le lieu rasé, requérant le sieur lieutenant du roi lui donner, en ce, faveur et aide.» S'il faut en croire Fabre. d'Oppède refusa de donner cette satisfaction au commissaire de Sa Sainteté. Le Martyrologe protestant , au contraire, affirme qu'il n'y eut sortes d'horreurs que le
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fameux président du parlement d'Aiz D*autori8a s'il ne les commanda pas, et que Ton tua dans Ciibrières huit cents personnes des deux sexes, fait confirmé par la déposition de Tavocat Guérin , témoin oculaire , qui s'exprima ainsi, en parlant de la scène la plus horrible de ce drame atroce : • Je pense avoir vu occire dans l'église quatre ou cinq cents pauvres âmes de femmes et d'enfants. »
Les bandes catholiques, après celte expédition, rentrèrent en France et se divisèrent en plusieurs détachements pour poursuivre les Vaudois fugitifs.
Un de ces détacbemeuls se porta sur le village de Mus, qu'il trouva abandonné; mais on découvrit dans une grotte une trentaine de femmes et on les fil périr , étouffées par la fumée d'un grand feu qu'on alluma à l'entrée. Un autre se dirigea vers le bourg de La Coste, qui ouvrit ses portes et qui traîtreusement fut mis à feu et à sang. On évalue à 733 le nombre des maisons, à 89 celui des étahles et à 3t celui des granges qui furent livrées aux flammes. Quant au nombre des morts, on l'estime à plus de 3000 (I).
Tels furent les résultats de cette exécution, qui, selon Gaufridi lui-même, viola toutes les règles de la juslice. « Car, dit-il, on vit les juges excéder leur pouvoir, les capitaines interpréter l'arrêt de la^Cour, les soldats avoir la liberté de faire le discernement des Luthérienft d'avec les Catholiques. Enfin on vit une chose encore plus étrange : des gens condamnés avant leur conviction, sans être ouTs, sans procédure ni juridique ni militaire. » Le parlement néanmoins et le roi se montrèrent également satisfaits.
Un grand nombre de malheureux Vaudois qui échappèrent à la première fureur du soldat, furent faits prisonniers et vendus comme esclaves aux
(1) Selon Fabre, il y gut 1840 morts de toat Igeet de tout sexe, 666 envoyés aux galères, 900 insi<on8 brûlées, 24 villages saccagés. Maimbourg porte a 3600 le nombre des Tletinea.
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capitaines des galères royales. On vit des femmes, traînées nues à la suite des bandes catholiques pour assouvir les passions brutales des soldats, s'étrangler de désespoir. Enfin d'Oppède, non content d'avoir réduit en un désert un pays heureux et florissant, rendit, le 24 avril 4545, une ordonnance portant défense, sous peine de mort, de donner asile aux Vaudois fugitifs. La plupart de ceux qui avaient cherché un refuge dans les bois périrent de faim et de misère ; quelquesuns seulement des plus robustes parvinrent à gagner la Suisse ou le Piémont.
Cette épouvantable extermination remplit d'horreur l'Europe entière. Henri H ne pouvant résister aux cris d'indignation'qni s'élevaient de tous côtés, évoqua l'affaire et la renvoya devant le parlement de Paris, par lettres-patentes du 47 mars 4 549, où sont fidèlement rapportées « les erreurs iniques, cruautez et inhumanitez » , commiset par d'Oppède et ses complices. La cause fut plaidée pour les malheureux habitants de Cabrières et de Mérindol par le célèbre avocat Jacques Aubery , dont le plaidoyer a été publié en latin à Lyon, 4 649, in-fol (4). La comtesse de Centiil, dont les terres avaient été impitoyablement ravagées par Poulin, se porta pèiriie civile. Les plaidoieries commencèrent en sept. 4 554 , et remplirent une cinquantaine d'audiences, mais déjà le 4 3 fév. 4 554 , Henri H avait rendu en son conseil privé un arrêt qni déclarait le baron de La Garde innocent des crimes à lui imposés, et avant tout jugement, la puissante protection des Guise et du clergé fit mettre en liberté d'Oppède qui avait été amené à Paris et enfermé au château deVincennes(S).
Le roi lui rendit même sa charge. A peine de retour en Provence, il signait sa reconnaissance envers ses protee*
(1) On en troove nne copie msc. dans It vol. 346 de la Collert. Dapajr.
(2/ Les autres accuses furent mis hors é» cause, arrêt qoi sorprlt tout le inonde, dil iê Thoo.
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leurs 6D faisant brûler plusieurs hérétiques, entre autres Tinstituteur Gaultifij du diocèse de Digne, et Bartké- Umy Audouin^ de Besse près de BrigBAies. («e pape Paul IV pensa qu'un si grand zèle méritait une récompense, e( ^ considération des services qu'il ay^ rendus \ TËglise, il créa, quelques années après , le bourreau des maltieureuiVaudois chevalier de Saint- Ji^-de-Latran et comte Palatin.
IIASSUÉ (Nicolas db), seigneur de Renneval, eutdeson mariage avec Hélit fAHly, fille d'Antoine d'Ailly , fiieur de La Mairie et de Pierrepont, un fils, nommé Daniel, seigneur de Ruv^T, qui fut gouverneur de la Bas- UUe, sous le règne de Henri IV. Ce O^iiçl de Massue épousa Madelainc Pimai^ el fut père de plusieurs enfants. L(|3 Begistres de Charenton nous en ibfU connaître deux : Râççel, présentéî «y baptême, en 4603, par M** de Splly et son fils atné, et Cirné, né le i jjoii^ 4 608, qui eut pour parrain Cirde Bdihune et pour marraine Anne Rfiha*. La destinée du dernier nous ^ iocoanue. Quant à Rachel, elle fut mariée en premières noces à Elysée de fiaujeu, sieur de La Vaisonfort, gentiUM)mni6 du Perche, et en secondes, W 4634,èTboma8Wriothesley, comte de Southampton (ReyisL de Char$iU), Resté veuf, Daniel de Massue se reoMria avec Madeleine de Fontaine^ dame de La Caillemotte, qu'il laissa veuve en 16H (lieg. de Charent.\ ^ qui vécut jusqu'en 4 636. (Test de ce second mariage que naquit Henri de Itassue, marquis de Ruvigoy, député général des églises protestantes.
Dès 4627, Henri do Massue servit 4e0s le régiment des gardes. C'est lui qpî, au péril de la vie, s'échappa de la citadelle de TUe de Ehé , pour aller «Tertir le roi Louis XUI de rexlrémité oà U garnison se trouvait réduite. L'année suivante, il porta les armes au siège ée La Rochelle contre ses coreligion naires. Il se trouva ensuite à l'attaque
{Qfas-de-Suze,aui sièges dePrivas et ^Alais, en 4629, à la conquête de la
Savoie, en \ 630, à celle delaLorjrginé^ en 4633. En 4644, il leva un régiment d*infanterie à la tôle duquel il fit la campagpe d'ilajîe. Créé maréchal de camp en 464S, et mestre-de-camp-lieutenantdu réjj^iment Colonel-générai de la cavalerie, il servit en Flandres jusqu'en 4.647, qu'il obtint un régiment de cavalerie de son nom. La môme année, î) épous^iifarieTatlemant^ fille de Pt^rr^ Tallemant et de Marie de Rambouil" let (Reg. de Cbarent). fn 4648, il assista au siège d'Ypres, à la bataille de Lens, à la jprise de Furnes; en 4649.
aux siéj^es de Cambrai et de Condé. £q 4652, il combattit sous les ordres de Turenne, à Blesneau, ï Elampes, à la porte Saint-Antoine. Le 4 Ojuill., en récompense de ses services et des preuves de Qdéiité qu'il n'avait cessé de àpnneràlacause royale, il fut nommé lieutenant-général. £n (653^ il servil 9i|x sièges de Yervins, de Rbélel, de Mouzon. En 4654, il fut encore em-
Stoyé à l'armée de Flandres. Ce fut sa emière campagne. Dès le 15 août f653, Ifazarin, qui le savait tout déyoué au roi, l'avait choisi pour remplacer le marquis ^^Arzilliers tlaus le poste de député général des églises prolestantes. « Ruvigny, dit M. Guizol, dans gn article publié récemment par la Revue des deux Mondes, s'acquitta de cette ingrate mission avec un zèle habile, souvent désagréable et même suspect aux deux partis; mais également fidèle au roi et à son Eglise, et s'inqiiiéUnt pende leur déplaire tour \ tour pourvu
Su'il réussit à maintenir entre eux le roit et la paix. » Larrey, dans son Histoire de Louis XIV, rend aussi ce léipojgDage \ Ruvigny, qu'il exerça son emploi avec tant de sagesse et de' droiture qu'il mérita également l'estime du roi et les éloges de ceux de sa religion. D'un autre cOté. l'abbé de Marolles déclare qu'il était fort « estimé \ cause de sa conduite, de son esprit et de son jugement » , et Saint-Simon nous le peint comme a un bon, mais simple gentilhomme, plein d'esprit, de sagesse f d'honneur et de probité » fort
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liugueùot, mais d'une grande conduite et d'une grande dextérité. » Peut-être, en certaines circonstances, montra-t-il trop de circonspection et de timidité ; mais on ne saurait, sans être injuste, lui refuser un dévouement sincère à sa religion et une habileté remarquable dans le maniement des affaires des églises.
Ruvigny montra également beaucoup d'adresse lors de la mission dont il fut chargé, en 4 669, auprès du roi d'Angleterre. Le roi de France désirait vivement rompre le traité de la triple alliance, conclu depuis peu entre h Grande-Bretagne, la Hollande et la Suède dans le but de mettre un frein à son ambition effrénée. Se flattant d'arriver plus aisément à ses fins, s'il parvenait à dissiper les défiances de l'opposition dans les Chambres anglaises, défiances nourries par sa conduite envers ses sujets protestants, Louis XIY jeta les yeux sur Ruvigny, que sa religion et ses relations de parenté avec les Southampton , les Russell , les Vaughan semblaient rendre; en effet, plus propre que tout autre à réussir dans cette négociation. Ruvigny servit si utilement son maître que les églises, à ce que rapporte Benoit, trouvèrent qu'il avait poussé la complaisance trop loin ; mais Louis XIY fut si satisfait de sa conduite qu'en 4 675, il le renvoya en Angleterre avec le titre d'envoyé extraordinaire , en lui donnant pour instructions secrètes de jeter les bases du fameux traité de 4 676, par lequel Charles II se mit honteusement à la solde de la Frauce. Ruvigny avait alors pour secrétaire Blancard qui, comprenant les dangers de l'alliance des deux rois et pour l'Eglise réformée et pour la liberté anglaise , révéla à Guillaume d'Orange tous les détails venus à sa connaissance. Un extrait du Mémoire qu'il présenta au F^°^^ ^^^ ce sujet a été imp. dans les Œuvres de Louis 3 4806).
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