‹ La France protestante (volume 3)Chapitre 84 sur 169 · VI · texte numérisé non relu

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Louis XIY (T. VI, de i'édit. de Paris,

Quelque temps aprè^ son retour en Fraace, Ruvi^^ny se démit de son cm -

ploi de député général, et le roi, sa&l consulter les églises, mit son fils ato^ en sa place. « C'étoit, dit Benoit, n\k jeune seigneur de qui les belles qua^ lités éloientconnuesde tout le monde.

Il étoit bien fait de sa personne, d'un esprit doux, sage, éclairé ; brave sans témérité; prudent sans bassesse, agréable au roi, aimé de toute la Cour; bien venu auprès des ministres : et oui avoit si bien prévenu tous les courtisans en sa faveur, que son mérite ne lui faisoit ni ennemis ni envieux. Sa jeunesse étonna d'abord les églises,qui croyoient que dans la confusion de leurs affaireg, il leur falloit un député qui eût plus de force et d'expérience, jfais le père promit non-seulementd'assisterson fils de ses conseils et de prendre part à toutes les affaires qu'on lui mettroiteptre les mains, mais de continuer même ses fonctions lorsque cela seroit nécessaire pour le service des églises ; et en effet, il avoit eu le soin d'en obtenir la permission du roi.» Le synode de risle-de-France, tenu à Charcnton au mois d'avril 4679, chargea Moniigny,Scalherge,Cormontt\. Papillon d'aller, en son nom, remercier Ruvigny et complimenter son fils (/ac0(m« S(- Honorê, N* 30). Pour récompenser Ruvigny de ses services, Louis XIY accorda à son second fils une pension de 3000 livres {Arch, gin. E. 3365).

Dès celte époque, Ruvigny ne se faisait plus illusion sur l'issue de la longue lutte du protestantisme et dn catholicisme en France. «Décidé, dit M. Guizot, quand le dernier moment viendrait, à tout sacrifier plutôt que sa foi et l'honneur de son Sime,il prit soin de s'assurer d'avance en Angleterre • pour lui et pour ses enfants, des lettres de naturalisation, et en jai\v. 4 680, il écrivait à sa nièce,lady Russell (4) : Je vous envoyé nos lettres de natur^dité, qui seront mieux entre vos mains qu'en* tre les tiennes. Je vous prie,et madaipe votre sœur aussi, de me les conserv^^.

(1) Fille de Ractael de Ruvigay et de lord Soatbimptoa,akiriér, depuis 1670, à WilU|n Rosseli, qaieutla tète traBcbéeen1683.

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