‹ La France protestante (volume 3)Chapitre 85 sur 169 · HAS · texte numérisé non relu

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Elles peuvent servir, puisqu'il n'est rien de plus incertain que les événements. L'événement, ajoute Pillustre historien, ne demeura pas longtemps incertain; cinq ans après, Tédit de Nantes était formellement révoqué.»

Louis XIV, par un reste de bienveillance personnelle, offrit au père et à ses deux fils de rester eu France, en promettant de leur laisser la liberté du cuite dunsleur logis. Ils refusèrent noblement et partirent pour rÀngleterre,le30janv.

4686, quatre jours après en avoir obtenu la permission du roi. Selon Saint- Simon, Ruvigny «emporta ce qu'il voulut et laissa ce qu'il voulut, dont on lui permit la jouissance.» Il se relira à GreenwicU où il fonda, en h 686, une église française qui fut successivement desservie par La Rivière.^ ancien pasteur du Languedoc ; Séverin, auparavant miuistreà Tliorpe; Paravisol, La Romelière, que son défaut de talent oratoire 6t remercier et remplacer par Mathey. Ce dernier y remplissait encore ses fonctions eu H 18.

Ruvigny, que le roi d'Angleterre avait nommé conseiller d'Etat, ne survécut que peu d'années à son expatriation ; il mourut en \ 689, et fut inhumé dans l'église de la Savoie. De son mariage avec Marie Tallemant étaient nés plusieurs enfants, dont deux filles, mortes jeunes, et trois fils : Henri, né le 9 avril 1648, Pierre, né le 4 janv. 4653; François, présenté au baptême, le 6 fév. 4 656, par François Le Venter ^K Marie ra//tfmai»^,*et mort avant li révocation de l'édit de Nantes.

Henri de Ruvigny ne comptait guère cpie treute ans lorsqu'il fut nommé député général en remplacement de son père. Il serait difficile de dire quels services lui avaient mérité cet honneur, non plus qu'une pension de 4,000 liv.

oui lui avait été accordée déjà en \ 674 lArch. gin, £. 3360). Nous savons iien qu'il avait porté les armes sous les ordres de Turenne> mais nous ne voyons nulle part qu'il se soit particulièrementdistingué.Dans l'exercice de son emploi, il ne se montra ni plus

circonspect, ni plus zélé que son père. Sa prudence dut déplaire aux exaltés ; mais on aurait tort néanmoins de douter de la sincérité de son attachement à la religion réformée. Il en donna des preuves certaines, par exemple, au mois de janvier 1685, lorsque les anciens n'osant plus s'assembler chez Pun d'eux pour délibérer sur la distribuliondes aumônes, de peur d'être punis de cette contravention aux ordonnances,il les reçut chez lui, en prenant seulement quelques précautions. Dans une maison attenante à celle qu'il occupait au faubourg St-Germain, habitait un serrurier chez qui il logea son secrétaire Chausset,^\.'\{ fit ouvrir dans sa chambre une porte de communication par où passait le consistoire lorsqu'il voulait s'assembler {Supplém, franc, 791.4). Quel sort que celui des Protestants obligés de se cacher com« me des malfaiteurs, même pour venir en aide aux pauvres I

Après l'avènement au trône de Guillaume d'Orange, en 1688, Ruvigny entra dans les troupes de ce princeavec le grade de colonel d'un régiment de cavalerie, entièrement composé de Réfugiés français. Il suivit le nouveau roi dans sa campagne d'Irlande et se signala,en \ 690,à la bataille de la Boy ne, où son frère Pierre, sieur de Lk Cail- LEMOTTE, fut tué (1), aiosi qu'à la bataille d'Aghrim, qui amena la soumission de l'Irlande [1691], et à celle de Nerwinde [4 693], où,à la tête de son régiment, il soutint seul le choc de la gendarmerie ennemie. Fait prisonnier, il fut relâché parles généraux français, qui ne voulurent point exposer leur brave adversaire à être traîné sur les galères. En 4 694, le roi Guillaume l'envoya en Piémont pour y commander,

(1) Snint-Simon maUraite fort Le Caillemotif ^ qaictuit,(lil-il,plasdisgrarié encore da côté de rame qoc de relui do corps. En tout cas, cei officier donna a la bataille de la Boyne on iiel exemple de courage et de force d'àme. Comme on le rapportait blessé à mortk travers les régiments français, il les eiicnorageaitencorea combattre vaillamment, en leur criant : A la gloire, mesenfiiKs, k U gloire!

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aveclc grade de lieuleDant-gêoéral,les troupes auxiliaires anglaises en place de Charles deSchomberg tué à Marsaille, et y remplir en même temps le poste de résident britannique auprès de Victor-AmédéeMrcA.(/<?6>».N*39îJ).

Ruvigny prouva qu*à une bravoure incontestable il joignait une aptitude remarquable pour les négociations. Cependant il ne put empêcber le duc de conclure une paix séparée, et il fut rappelé. Pendant son séjour eu Savoie, il obtint de Victor-Amédée la permission de tenir un synode à Veillane, où il avait son quartier. Ce synode, auquel assistèrent les aumôniers de six régiments de Réfugiés et vingt-quatre anciens, du nombre desquels était Ruvigny, s'assembla sous la présidence de Durant^ ministre du régiment dMt*lussargue$, et s'occupa de la réforme des mœurs des soldats.

Ruvigny qui, en récompense de ses services, avait été créé, en 1691, baron de Portarlingtou, vicomte Galway ou Gallov^'ay, et pair d'Irlande, puis élevé, en \ 697, au rang de comte, fut chargé, en 4704, malgré lui, dit-on, du commandement en chef des troupes anglaises en Portugal. Il secourut Gibraltar assiégé par les Français unis aux Espagnols. En 4705, ilperdit le bras droit au siège de Badajoz qu'il fut obligé de lever. Sa blessure n'était point encore guérie lorsqu'il rentra en campagne. Il battit l'arrière-garde de Berwick, prit le château de Brocas, s'empara d'Alcantara et fit son entrée à Madrid, le 26 juin 1706. La prise de possession de la capitale de l'Espagne au nom de Charles III marqua le terme de ses succès. Le 23 avril 4707, de concert avec le général espagnol das Minas, il attaqua l'armée française à Almunza et fut complètement battu par Berw'ick. Il répara autant que possible cet irréparable échec, en rassemblant à la hâte une nouvelle armée en Catalogne et en mettant hors d'insulte les forteresses de celte province. Le 7 mai 1709, jl essuya une nouvelle défaite à Gudina. Tout ce qu'on était

en droit d'attendre d'un général brave et expérimenté, il le fil; amis mal secondé par les troupes portugaises, U fut ballu et faillit même tomber au pouvoir de Tennemi. Après la paix d'Ulrecht, il retourna en Angleterre où il eut à se justifier devant le parlement de la perte de la bataille d'Aïroanza ; la chambre haute le blâma sévèrement dans une adresse à la reine, en 4712. Il vécut dès lors au milieu de la colonie française de Portarlingtou. Nous n'avons pu découvrir l'aunie de sa mort ; nous savons seulement qu'il ne vivait plus en 4720, date d« Textinction de sa pairie. Il ét;iit roem* bre du conseil privé, et trois fois U avait rempli les fonctions de lord-juatice en Irlande.

Saint-Simon traite Ruvigny avec peu de bienveillance; il l'accuse d'ingntitude envers Louis XIV, qui, dit-il, lui laissait la jouissance de ses biens, bien qu'il servit le prince d'Orange. Ce fut, en efiet, en 1741 seulement que ce prince confisqua les propriétés que Ruvigny avait encore en France. Par brevet du 3i mars, il en fit don aa cardinal de Polignac {Arch, gén. B.

3442). Le premier président do Har* lay, entre les mains de qui Ruvigny le père avait laissé un dépôt, profita de l'occasion pour se l'approprier.

Dans la liste des directeurs de l'hôpital français de Londres, nous voyons figurer, sous la date de 4 754, un colonel Ruvigny-de-Cosne : apparie* nait-il à la même famille?

MASStET (Pierre), écrivain laborieux et instituteur distingué, naquit à Mouzon, le 40 nov. 4698, d'une famille catholique. A peine était-U sorti de renf;ince que, saisi d'un accès de ferveur religieuse, il voulut se consacrer à Dieu et entra dans la congrégation de Saint-Vanne, où il prononça ses vœux, le < 5 juin 4746. Il ne tarda pas à en être aux regrets. Quelques tracasseries qu'il éprouva de la part de ses confrères, achevèrent de le digoûter de la vie monastique. Il 8*échappa de son couvent, mais il fut

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raurapé et recooduit à Metz. Plus heureux dans une seconde tentative, il réussit à gagner la Hollande, et il

entra comme instituteur dans une famille riche, dont il épousa plus tard la fille. Malgré la fortune considérable que lui apporta sa femme, il ne renonça pas à ses habitudes laborieuses.

Il se mit ^ étudier la médecine sous le célèbre Boerhaave, et prit à Leyde le grade de docteur, eu 4729. Il alla ensuite 8*élablir à Amsterdam, où il acquit beaucoup de réputation dans Fexercice de son art. Travailleur infatigable, il employa les heures de liberté que lui laissait sa pratique, à la culture des lettres et des sciences, ainsi qu'à Téducation de la jeunesse.

Il avait ouvert un pensionnat dont la ' réputation s'étendit jusque dans les Indes occidentales. Ce fut au milieu de ses occupations aussi nombreuses que variées que la mort vint le surprendre, le 6 oct. 1 776, dans la terre de Laukeren, qu'il avait acquise de ses épargnes.

Au jugement de Tabbé Boulliott Massuet était un bon traducteur, mais on médiocre écrivain. Voici la liste de ses ouvrages.

* I. Dmert. medica de gêner atione e» anipualculo in ovo , Ludg. Bat. , 47Î9, in-4\ — L'auteur adopte Thypothèse de Leuwenhoeck sur les anifnalcules spermatiques.

II. Recherches intéressantes sur Voriginey la formation^ le développement, la structure^ etc», des diverses espèces de vers à tuyau qui infestent les vaisseaux^ les digues, été. , de quelques-unes des /^rormc^*r«tM, Amsf.,Changuion,n33,in-8«; trad. enholl., Amst.,1733, in-8*.

III. Histoire des rois de Pologne et' du gouvernement de ce royaume^ contenant ce qui s'' est passé sous le règne de Philippe-Auguste et pendant les deux derniers interrègnes^ Amsl., L'Honoré, 1733, 3 vol. in-8* et 4 vol. in-t2; nouv. édit. augm., Amst. 4734, 5 vol. in-12. — Cen'est gttère 4ii'im« compilation.

lY. Tables anatomiques du corps humain, trad. du latin de Kulm, Amsl., 4734, 8 vol. in-8', avec fîgg.

V. Histoire de la guerre présente^ contenant tout ce qui s^est passé de plus important en Italie , sur le Rhin^ en Pologne et dans la plupart des cours de V Europe, Amst., 4 735, iu-S"", trad. en italien, Amst., 4736- 4737,2 vol. in-8*, avec cartes etfigg.

VI. La vie du prince Eugène de Savoie^ Amsl., 4736, in-4 2; rélmp.

avec le N' suivant. — Il ne faut pas confondre cet ouvrage avec celui de Mauvillon,

VII. Histoire de la dernière guerre et des négociations pour la paix^ avec la vie du prince Eugène, Amst., \ 736,3 vol. in-8* ; 4 737, 5;vol. in-4 1.

VIII. Continuatioii de VBistoire universelle de Bossuet depuis 4721 jusqu'à la fin de 4737, Amst., 4738, 4 vol. in-4 2; Amst. et Leips., 4 vol. in-42; Paris, 4759, 6 vol. in-42. — Le 2' vol. est la suite de Bossuet par La Barre, mais refondue.

IX. Essai de physique, trad. du holl. de âusscheubroeck, Leyde [Tré- Toux],4739, 2vol. in-4'; 4754,2vol.

in-4*, avecOgg.

X. La vie du duc de Ripperda, grafid d'Espagne, Amst., 4739, 2 v.

in-42.

XI. Annales d'Espagne et de Portugal, KmtL, L'Honoré, 4744, 4 vol.

în-4* el 8 vol. in-8*, avec figg.

XII. Table générale des matières contenues dans V Histoire et les Mémoires de l'Académie des sciences de Paris, depuis Vannée \G^9 Jusqu'en 4734 inclusivement, Amst., P,Mortier, 4744,in-4*et4voLin 42.

— Mieux ordonnée et plus complète que celle qui a été faite à Paris.

XIII. Histoire de l'empereur Charles 17 et des révolutions sous la maison d'Autriche, depuis Rodolphe de Hapsbourg jusqu'à présent, avec lé différend entre la reine de Hongrie et le roi de Prusse sur la SiléiiCy Amst., L*Honoré, 4742, 2 vol.

in-4 1.

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XIY. Elément de la pkilosopiU moderne^ Ainst., ChâtelaiD, 4752, 2 Tol. in-^2, avec figg.

XY. La science des personnes ie cour, d'épée et de robe^ par Ckivi" gnf et de Limiers , considérable' ment augm, par Massuet, Âmst., 1752, \H vol. in-42, avec figg.

XVI. De Vamputation à lambeoMy ou nouvelle manière d*amputer les membres, (rad. du latin de Verduin, Amsl, 1756, in-S». — Les savantes notes et les additions du trad. ontsingulièremeot amélioré Touvrage.

Massuet a été, de 1741-53, un des plus constants collaborateurs de la Bibliothèque raisonnée des outraàes dessatansde V Europe (Amst., 1728- 53, 52 vol. in-8*); il a fourni plusieurs Supplémens à l'Atlas historique de Gueudeville ( Amst., 4739, 6 vol. infol.), et quelques dissertations critiques aux Lettres sérieuses et badines de La Barre- de-Beaumarchais (La Haye, 4729-40, 42 vol. in-8»); il a travaillé enfin avec Jaucourt et d^autres au magnifique Muséum Sebasanum, qui a paru sous ce titre : Locwpletissimi rerum naturalium tkesauH accurata description per universamphysices historiam; opus elegans latine et gallicè scriptum,curâ Alb. Seba (Amst., 4734-65 , 4 voL in-fol , avec figg. ). On lui a attribué aussi, mais à tort, selon le savant auteur de la Biograpbie ardennaise, une trad. du Manuel de Deventer sur les accouchemens , et l'écrit anonyme intitulé Anecdotes de Russie sous le règne de Pierre 1", dit le Grand.

IMASLRIER (Martial), doctetir en théologie et prédicateur renommé, fut nn des théologiens que Briçonnet appela à Meaux, lorsqu'il entreprit d6 réformer son diocèse. L'attention dv prélat avait été attirée sur Masurierpar le zèle avec lequel ce dernier censarait du haut do la chaire la dépravation des mœurs du clergé. Mais Masurier ne se montra pas h la hauteur de sa mission; il fbt un des premiers Si déserter toi pott6,et, pour Taire oublier la part qit*ll

avaitprise à l'œuvre de la Béforme,niè mit à attaquer avec violence les Luti^lriens. Cette honteuse palinodie ne le lava pas de tout soupçon d^bérésie ûià^ l'esprit des bigots, il fut jeté en prfson en 4 534 ; mais sur les réclamations du chapitre de Paris dont il était meér bre,François l'Mui fit rendre la libertf . Plus tardMasurier se lia avec LôyoU, le fameux fondateur de l'ordre des Jésuites. — Il ne faut pas confondre éë Martial Masurier avec Louis Masurier^ poète dont nous connaissons quelquâ ouvrages, mais qui, originaire duÈllnaut, n'entre pas dans notre cadré.

MATHLRl^' , nom porté par plusieurs pasteurs de la Basse-Guieiu^ dans la seconde moitié du xvii' siècM.

Nous avons déjà parlé de deux d^ntfé eux , qui se réfugièrent en Hollande (Voy. p. 204). De nouvelles recherches nous ont appris que Gabriel Mlthurin , ancien pasteur de La Béotè« fut placé comme ministre à Arnhellb en 4687, et qu'il mourut pasteur de l'églisefrançaisedecelteville en 4748, d*où nous croyons pouvoir conclnh^ qu'il n'est pas identique avec le minii« tre sous la croix qui, rentré en Francj^» fut pris et plongé dans un cachdl ôt il passa de longues années.

Ce dernier est apparemment le même que le pasteur Mathurin • excellent homme et illustre serviteur lé Dieu » , comme l'appelle Rou, qui conkposa contre les Lapsi un livre oft il réfuta les raisons par lesquelles ils essayaient d'excuser leur chute. Ce livréi dont l'impression a été soignée paf J. Bou, a paru, anonyme, sous ce titré : Les feuilles de figuier ou Vanité i$à excuses de ceux qui ont succomli souz la persécution, La Haye, Abra&.

Troyel, 4687,in-42.

Al ATltAS (DanielV professeur»

français et d'italien à l'école noble ari Sora'en Danemark, est auteur de :

I. Proverbes^ sentences et moU dorezj en français, danois, italien et allemand, Cope'nh., 4633, in-42.

H. Grammêtiea galHeo-itàUcê f Sorœ, 4642, iil-8*.

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