‹ La France protestante (volume 4)Chapitre 11 sur 189 · T. IN · texte numérisé non relu

T. IN

cos

COS

lonel du régiment de Bork. IJ mourut à Stargard sans avoir été marié, non plus que son oncle et ses frères. Le quatrième frère, nommé Jean-Jacques, resta en France pour prévenir la confiscation des biens de sa famille. Il épousa Marie Digeon, baronne de Monteton, dont les frères s'étaient réfugiés en Prusse. Il en eut plusieurs enfants qui finirent probablement par se convertir, à l'exception du second.

Celui-ci imita ses oncles et entra au service de la Prusse avec le grade de lieutenant dans le régiment de Schwerin. Plus tard, il senit en Hollande comme majof. Il épousa la seconde fille du lieutenant-colonel de Penavayre et vivait encore dans les dernières années du siècle passé.

COIUEIS. Yoy. Pierre CAR- RIERE.

COSN E , famille dauphinoise établie dans la Beauce depuis le xv* siècle. A l'époque do la Réformation , elle était divisée en deux branches, qui embrassèrent Tune et l'autre les doctrines nou- ▼ellcs.

I. Branche de Cbavernay. Jean de Cosne, fils de Pasquier de Cosne et de Luce de Chartres de Cherville, seigneur de Houssay et de Chavernay, épousa , en 1564, Claude de Villereau, fille de François, seigneur de Beauvilliers, et d'Anne de Har cheville. Resté veuf sans enfant, il se remaria avec Marguerite de Jouan, fille de Jean, seigneur de Jonvilliers, et de Françoise de Villereau, qui lui donna un fils nommé Pierre, sieur Du Mesnil. Ce dernier eut de sa femme An7ie de Mauhert, fille éeRené, sieur de Vaugirault, et de Rachel de Gennes, un fils, Pierre II deCosnes, sieur Du Mesnil, qui fut marié deux fois, la première avec Rachel de Maubert, fille de Baptiste de Mauhert et de Susanne de Bojipaillart ; la seconde, avec Anne Barin , fille de Théodore Barin et de Marie Maillart, Du premier lit naquirent 1» Jacqces, sieur de Chavernay, gentilhomme ordinaire de la ciiambre du roi, qui , resté veuf sans enfant de Marie Le Barillet^

épousa en secondes noces, en 46<VS, Isabeau de Chambray, et en eut Daniel, marié, en 4636, à Elisabetk dentiers , fille de Louis , sieur de Biganet , puis à Susanne Des Radrets qui lui donna dix-sept enfants, entre autres : Marie , femme de Louis Baunar^ sieur de Lionville; — 2* Jacques, sieur de Pomonville , qui eut de Sara de Maillot un fils, nommé également Jacques. Celui-ci épousa une demoiselle de Harville, qui mourut sans lui laisser d'enfant. Il se remaria aTec N. de Hallot qui le rendit père de Pierbe, sieur de Pomonville, époux de Catherine Hue; — 3* Philippe, sieur de Montmereaut, à qui sa femme Marie de Saint-Mesmin donna un fils, Philippe, sieur d'Espiné, marié avec Marie Daussy-Des Coutures , et une fille , Anne, qui épousa Philippe de Villereau, sieur de Juranville; — i* Anne, femme à'Isaac de Marolles, seigneur de Vallières ; — 5' Marie;

Nous ne pouvons rien ajouter à ces détails généalogiques, qui nous sont fournis par le Dict. de la Noblesse. La socondo branche ne paraît pas avoir joué un rôle plus important dans le parti huguenot. On sait que les Protestants des provinces septentrionales, surtout ceux des environs de Paris , montrèrent presque en toutes circonstances une prudence fort voisine de la pusillanimité , effrayés sans doute de leur faiblesse numérique plutôt qu'indilTérents au succès de la Cause.

II. Branche de Houssat. Charles àe Cosne , frère de Jean et sieur de Houssay, fut marié trois fois et eut des enfants de ses trois femmes. Louise de Péroussin lui en donna trois: Pierre.

qui suit; Marie, femme de Jacques Laumosnier, sieur de Pareau, et Renée, mariée avec Gabriel de Sérusy, sieur de Cernay. De Marie de Maréchal, sa seconde femme, il n'eut qu'un fils, Loup, qui épousa la fille du seigneur de Secouray, La troisième , Lucrèce de Vesques , fut mère de François , marié, en 4625, ^ Hélène de Fillemain, dont il eut Charles; de Lucrèce,

COS

qui épousa Loup de La Forêt , N. de Chambraf^ Jacques Du Chesne et enfin François de Champron, sieur de La Hitière et de Souville; de Fra!»çoiSB , femme de Jacques de Chênelong, sieur de Pomay; de Marguerite, femme de René Moreau , sieur d'HerviUe.

Pierre de Cosne épousa, en 4 629, Françoise de Couture, dont il eut François et Marie , femme de François de Viorne^ sieur d'Harcourt.

François, sieur de Rouvray, épousa, en 4 658, Charlotte de Reviers , fille de Jacques, sieur de Souzy, et à Anne de Fesçues de La Folit-Herhault,

Cette famille abjura vraisemblablement à la révocation de Téditde Nantes, non pas toute cependant, puisque nous trouvons un Cosne-Chavernay parmi les capitaines qui suivirent Guillaume d'Orange à la conquête de l'Angleterre.

CO»S AUX rNoEL), sieur de Bo bestre, victime ae la Saint-Bartbélemy.

Aussitôt que le massacre fut commencé à Paris, le sieur de Carouges, gouverneur de Rouen, reçut de la Cour l'ordre d'exterminer tous les Huguenots de cette ville. D'un caractère modéré , il hésita d'abord à remplir l'office de bourreau , et dans l'espoir que le roi révoquerait ses ordres sanguinaires, il fit partir pour Paris un de ses gentilshommes en le chargeant de demander de nouvelles instructions. L'accueil que son messager reçut de Charles IX le convainquit que tarder davantage serait «e perdre. En conséquence, il fit empri sonner tous les Protestants qui n'avaient pas été assez sages pour fuir, sous prétexte de les garantir de la fureur populaire. Suivant le conseil de l'avocat du roi Damours, ami de son père, Noël Cossart se constitua lui-môme prisonnier, dans l'espoir que la prison lui servirait d'asile, et jusqu'au 17 sept., il put croire qu'il avait embrassé le parti le plus sûr. Mais, ce jour-là, ses illusions furent dissipées. Les portes de la ville ayant été fermées et des postes mili taires établis dans les carrefours, les assassins se miren' à l'œuvre en com-

mençant par la conciergerie où étaient enfermées une soixantaine de Huguenots. Tous furent égorgés ou, comme disaient les meurtriers, accommodés I coups de massue et de dague, «à mesure qu'on les appelloit par leurs noms, selon le roole qu'en avoyent les massacreurs. » La prison vidée, les septembriseurs (nous nous trompons, mail l'erreur est' si naturelle!), les égorgeurs, voulons-nous dire, se répandirent dans les maisons en quête des hérétiques, et la chasse fut si abondante qu'on estime à plus de six cents, hommes et femmes, le nombre des infortunés qui périrent sous leurs poignards.

« Et d'autant que nous avons recouvré les noms de plusieurs massacrés, ce ne sera chose du tout impertinente de les insérer en cest endroit-ci. » Jean Vieit^ lard, maréchal. Massonnet^ procureur, et son fils, qui s'était aussi, de son propre mouvement, rendu à la prison.

Pierre Bouquet et Guillot Loison^ vieillards paralytiques. Etienne Marinier, menuisier. Le sieur d'/n^oi*w/^.

Les procureurs Sanson et Des Landes.

Etienne Provers , marchand en gros.

Les courtiers Le Coq et Gnillaume Cleret, Binel, poseur de laines. Jean Decam, sellier. Pierre Sourois , drapier. Jean Mignot, Lehoue, bonnetier.

Thomas Moraut, huissier. Adam Baudouin, drapier. Jean Linard, bonne tier. Michel Thibaut et Pierre Lefèvre, balanciers. Nicolas VArhales^ tier, Guillaume Lecouvreur, Martel^ GeoffroydeLaHaye, J. Tassel, Jacq, Vautery, P, Vaillant, Jean de fVr- <o», bonnetiers. Denys Langlois, couturier, et sa femme. Isaac Le Loup, drapier. P. Odye, hMelier. Guillaume Auguette, boulanger. Laurens, messager. Bellier, peignier. François Mauget, Guillaume Cleret, chapelier, et sa femme, i. Caumont, marchand de laine. J. Cauvin, cordonnier. Thomas, barbier. Boutincourt , tondeur de draps. Tassin, ceinturier. Hubert Dynan. Barthélémy de Nucedy. Gnill.

Hélouin, Désiré Cauchois, Philippe Letailleur, Guill. Pmty, i. Margue-

cos

COS

ry, le petit L(wi>» Geoffroy Lefèvre, meDuisiorâ. Havart^ armurier. /. Tas^ sain éperounier, avec son père et son oncle. P.AzoUj pannelier. Adrien de Vassenr, facteur. Guérant Gotier.

Nicolas Leclerc n serrurier. Robert Toze\ corroyeur. Guill. Le Marchant, sellier, et sa femme. /. Vaillant, serrurier. Jean de Mantes , marchand de blé. Mcriu Cave , cimentier. Maiunu, maître d'école. Isaac Plastier.

GuillautneRedaKt, fourbisseur. Guill, Petit, couturier. Jacg, Vatier, courtier. P. ATaneit. Benoît Le Bonnetier, JeanDufonr, Nicolas Danon, oifèvrc.

J<icq, Tkierry , fondeur. Adriett de Latiette, ariillier. P. Maucantre. J.

deBourdini, Robert Lecouvreur^ bonnetier. Geoffroy Dubosc, mesureur de blé. Jacq. Cécile, mercier. /îoôtfr^7);ihlon, Louis Toutain , chaussctier.

Guill. Duley , peintre. Guill, BonvelUy bonnetier, et sa femme. Mathelot^ arbalétrier. Jean Marpelle et sa femme. Roger Contas, passementier.

/. Régnant, revendeur. J, Monfel, menuisier. Pollet, mercier. Toussaint Mouchet, bonnetier. P. Parado^ marchand. /. Poulain, boucher. Jacç, Le Fèvi-e^ cardier. P. Senestre, musicien.

Jessé de Covigny, tavemier, Nicolas Fenebrèque^ chandelier. Joachim Chenon, solliciteur. Pierre Aubert, P.

Prévost et sa femme. Nicolas Sas, brodeur, et son fils. Le Seneschal. J.

Roussel, cordonnier. P, Martin. Sulpice, teinturier. Grégoire Leroux, P.

Pacçuin, teinturier. Ant. Varel, tay emm. Michel Tiverel, boucher. P. Ponchet, chapelier. François Lèpresire, tondeur. Martin bnmonstier, passementier. Michel Blondel, menuisier. J. Layné, Louis Builot, Robert Lepilain, chapeliers. P. Coippel, praticien. Maiurin Daumede, passementier. Thomas Pelât, Olivier Atenel, libraire. P. Lerat, tonnelier. Jacq, Le •Bouteiller, bonnetier. Leblond, peigoier. GuUl, Omond, tavernier. Louis Lair, étameur. Pierre Du Gord, libraire, sa femme et son neveu RoheH, aussi libraire. /. Juret, libiaire. J.

Bûulard, marchand de cidre. /. Le Qucsne, mesureur. Richard Papillon.

Marin Leclerc, serrurier. Guill. Her^ n.'ev. J. Taurin, boulanger. P. Michel, émouleur. Nicolas Mouchar. J.

Leprevost , bonnetier. Christophe Fauveau, bonnetier. Ililaire de Mothe^ revendeur, Claude Benserade, clerc au greffe civil, et safemme. Francois Hébert. Laurent Aveugle, tondeur. /. Leprince, menuisier. Jérôme Goguin, pannetier. Richard Laisné, piqueur. Saunier et sa femme. Robert, chapelier. P. Jourtaut. Isaac Feuillu, plâtrier. Guillot Capitonnier. Louis Hernieu, boulanger. Jacques d'Himbleville, fabricant d'huile.

Robert Périgart, Jean Dufou. Nicolas Carrel. Guill , Bigard. J. Corneillais. Etienne Le Cousturierei sa femme. P.Pain, passementier. Olivier Dason, peignier. /. Robillard, jardinier. Claude Morette, chaussetier.

Michel Fer r and, plâtrier. ToussaitU GaUardon, Paul de Fosse, mercier.

Michel Grouvel et beaucoup d'autres, tous gens de métier comme les précédents. Parmi les femmes qui furent égorgées, Crespin cite : celles de Thoissier l>nrand, du drapier Geoffroy Dusy, d'' Etienne Dulis, du cordonnier Piquet, de Griseil, de Barthélémy Daucets, de P. Boulon: h s(b\u de J. Poupe, Marguerite Lareyne, Yolande et Marguerite de La Fontaine, la femme de Torfèvre Dubosc, Denise Dossey, la femme de /. Boullon, Guillemette Leboucher, la femme de l'orfèvre P. Caillou, la veuve Mausel, Jeanne Lamue, Jeanne Dupuys, la femme de Jacq. Lefrançois , orfèvre, et saillie.

Fiiîre à juslo titre de compter un martyr dans son sein , la famille Cossart resta fidèlement attachée à la religion évangéliqiie jusqu'en 1685, que la révocation de redit de Nantes la dispersa en Hollande, eu Angleterre et en Irlande, où David Cossart s'était établi dès 1670. Un autre Cossard (son frère peut-être) qui passait pour undespre miers négociants de Rouen, se sauva à

cos

cos

La Haye en emportant loule sa forluiic, tandis que Judith Cossart , qui nvail épousé Isaac Le Houlenger^ marchand ronennais, était arrêtée au milieu de ses préparatifs de départ, et enfermée dans le couvent des Dominicaines (v4rcA. M.

675), et que Madelaine Cossart, deux fois fugitive et deux fois emprisonnée, abjurait pour échappera une détention perpétuelle, et était remise à la garde de sa marraine M"" Z)« Buisson, nouvelle catholique {Arckiv. M. 669.) A Londres, nous trouvons un homonyme du martyr qui mourut en 1*788, léguant 3,653 liv. à l'église française, à laquelle, peu d'années auparavant, deux demoiselles Ihi Casse, nommées Tune et l'autre Marie, avaient déjà laissé par testament plus de 2^2,000 liv. , et un peu plus tard, en 1793, nous voyons un Jean Cossart figurer sur la liste des directeurs de l'hôpital français.

GOSSOtV (Barthéleht), dit Z>^^ieckaty prêtre catholique qui embrassa la religion réformée, et qui, pour ce fait seul, fut condamné aux galères. Depuis trois ou quatre mois, il ramait sur l'Amazone, lorsqu'on le surprit, au mois de juillet 16921, écrivant à un de ses amis réfugié dans les pays étrangers. On le jeta dans un cachot du fort Saint-Nicolas à Marseille, d'où il trouva le moyen de s'échapper. Malheureusement il fut rattrapé, et on le replongea dans son cachot les fers aux pieds. Sa raison finit par s'aliéner. Toute la journée, il gardait un silence obstiné, tandis que toutes les nuits, il les passait à chanter des psaumes. Il vivait encore à la fin du siècle ; mais on ignore quand il mourut.

COSSON (N.), ministre de l'Evangile, fondateur de l'église de Bellesme.

Les doctrines de la Réforme avaient trouvé des partisans dans cette petite ville du Perche dès 4537; mais jusqu'en 4561, ils furent trop peu nombreux pour songer à organiser une église. Dans les derniers mois de cette année, encouragés peut-être par l'espèce de demi-tolérance dont jouissaient les Protestants, ils demandèrent un pas-

tour à réglise de Paris qui leur envoya Cosson, « bon et docte personnage, • dit Crespin. Pendant six mois, la pru* (Icnre et la modération du ministre surent éviter toute occasion de discorde; cependant, lorsque les troubles commencèrent, il se vit exposé, lui et ses ouailles, à toutes les fureurs des Catholiques. Anselme Neveu fut tué à coups d'épée,le23août456î. Thomas Brièrt et son fils, âgé de dix ans, furent massacrés par les paysans des environs. Le lendemain, deux vieillards des plus honorables, Simon Vanter et Jean Guil^ lemin, furent arquebuses après un semblant de jugement. Macé de Villiers fut condamné à la potence, parce qu'il avait trouvé indécent le costume de la statue de la Vierge. Les violences, les meurtres continuèrent ainsi pendant plusieurs mois. Le lendemain de Noél, Denys Lysiard fut encore massacré pour n'avoir pas voulu aller à véprei, et François ^(m/ay fut arquebuse, vers le même temps, par les soldats du gouverneur. La constance des Protestants de Bellesme résista à toutes ces persécutions. Cosson, leur ministre, étant mort de la peste à Oriéans, ils eo firent venir un autre de la Normandie, aussit()t après la conclusion de la paix, et relevèrent leur église.

COSTA (N. de), pasteur mort au service de l'église de Miramont quelque temps avant la révocation de l'édit de Nantes. Forcée par les menaces et les mauvais traitements de communier dans l'église catholique, sa veuve éproiva une si violente émotion en recevant l'hostie de la main du prêtre, que ne pouvant l'avaler, elle la rejeta. Ce fait, qui s'explique naturellement par l'horreur insurmontable d'un calviniste sincère pour le dogme de la transsubstantiation , se renouvelait assez souvent, et le clergé romain, qui y voyait un sacrilège, ne manquait presque jamais de réclamer les plus sévères châtiments contre les coupables. Il y av;)it peu de temps que Jean Guisard de Nérac avait été exécuté pour le même crime. Plus récemment encore, la

cos

femme de Lomhralh, praticien de Montauban, avait failli être brûlée également. Heureusement pour M"* Costa que le curé de Miramont ne se contentait pas de prêcher la doctrine du Christ; mais qu'il la mettait en pratique. Il conseiUa lui-même à cette malheureuse femme de se sauver. Elle le crut, et après être restée cachée près d'un an, elle réussit à gagner Bordeaux déguisée en paysanne et k s'embarquer pour l'étranger sous la jaquette d'un matelot. Les fanatiques durent se contenter d'une exécution en eJffigie.

C09TABADIE (J.) ou Costehor die^ natif de Tonneins, ministre de Ciairac, est auteur de Deux Sermons (Charent., 4 641 , io*i 8), ainsi que d'un recueil àEpigrammata (Salm., \ 655, in-i*), où ne sont pas observées parfaitement les règles de la prosodie latine.

COSTE (N.), pasteur du désert en 4*751. Ce fut à sa voix que les montal^rds des Cevennes prirent les armes pour repousser par la force les dragons :^, sous la conduite de trois curés , entraient dans leurs vallées afin d'enlever leurs enfants. Jamais résistance ne fut plus légitime ; les brutes ellesmêmes ne défendent-elles pas leurs petits jusqu'k la mort? Cependant les autres pasteurs du désert, fidèles k la doctrine calviniste de l'obéissance passive, se b&tèrent de courir à Lédignan pour apaiser ce commencement d'insurrection. Ils auraient même déposé Coste sans la crainte d'irriter les Cévenols tout dévoués à leur belliqueux pasteur. C'eût été une chose curieuse que de voir les ministres de ces malheureuses populations persécutées avec tous les raffinements de la cruauté, s'associer autant qu'il dépendait d'eux aux juges du présidial de Nismes qui venaient de condamner Coste à être rompu et jeté vif dans un bûcher ! On se contenta d'engager le ministre à sortir du royaume. Il se relira en Angleterre.

COSTE (Pierre), critique érudit et traducteur fécond, né à Uzès en 4668.

Son frère, ii^ar^A^^emy Coste, étaitmar*

— 70 - COS

chand de drap. Destiné à la carrière ecclésiastique, le jeune Coste, au sortir du collège d'Auduze,fut envoyé k Genève. La révocation de Tédit de Nantes lui ayant fermé le retour dans sa patrie, il visita successivement les universités de Lausanne, de Zurich et de Leyde.

Reçu proposant en 1690, par le synode de l'église wallonne d'Amsterdam, il prêcha quelquefois ; mais soit qu'il ne trouvât pas à se placer comme pasteur, soit que le goût de la littérature l'emportât, il entra bientôt après dans une imprimerie, en qualité de correcteur d'épreuves, et il commença dès lors une vie toute littéraire. En 4 697, il passa en Angleterre où il fut assez heureux pour rencontrer l'occasion de se lier avec le célèbre philosophe Locke, dont il a publié un bel et juste éloge. Il est permis de croire que la connaissance de ce grand homme lui fut utile en plus d'une circonstance, et que c'est sur sa recommandation que Coste fut accepté comme précepteur dujeunelordShafîsbury et du duc deBuckingham, qu'il accompagna dans ses voyages. Sur la fin de ses jours, il se laissa persuader de revenir en France, et il mourut â Paris, » le 24 janvier 4747.

Voici la liste de ses ouvrages aussi exacte que les contradictions des bibliographes et leurs lacunes nous permettent de la donner.

I. Discours sur lapkUosifphû^ où on voit en abrégé V histoire de cette science.

II. Trad. franc, du I" vol. de VHistoire de Crommell, par Leti.

m. Trad. latine de l'/Zw^otre rf»/P siècle^ tirée de la Bibl. des auteurs ecclésiastiques par EUies Du Pin.

IV. Histoire de Louis de Bourbon^ deuxième de nom, prince de Condé, Cologne [Amst.], 4693, in-4 J; r édit.

revue et augm., Cologne, 4694, in-42; 3- édit., La Haye, 4748, in-4*.— Biographie exacte et fidèle, mais sèche et sans vie.

V. Trad. franc, du traité de l'Education des en fans, par Locke, Amst., 4696, in-8'; 8- édit., Paris, 47*6, î

ces

COS

Tol. 10-42. — Trad. ûdèle, mais peu élégante en géiiénl.

Page 1