‹ La France protestante (volume 4)Chapitre 12 sur 189 · VI. Trad. franc, du Chris tiatiisme · texte numérisé non relu

VI. Trad. franc, du Chris tiatiisme

raisonnable, km^L, 1696, in-8»; V édit., 4703, 2 vol. in-8», conteDantla Réponse au docteur J. Edmardj une Dissertation oit, sur les principes du christianisme raisonnable, on établit le vrai et unique moyen de réunir tous les chrétiens maigre la • différence de leurs sentiments, et une trad. fraDç. de la Religion des dames par StepheDS.

VIL Trad. franc, de VEssai sur Ventendement humain, par Locke, Amst., 4 700, iD-4% et depuis, dix édit. de tout format. — Quoique le style manque souvent de précision et d'élégance, on n'a pas essayé d'en donner une mmlleure.

VIII. Trad. franc, du traité des Animalcules, par Redi, Amst., 1700, in- 42. — A cette indication de M. Quérard, nous ajouterons que, quelque temps après, Coste donna une trad. latine du mOme traité, « traduction fidèle, lit-on daus le Journaldes sa vans, et d'un style si naturel qu'elle a plus l'air d'un original que d'une copie. »

Elle a paru sous le titre : F. Redi de ûuimalculis gua in corporibus ontmalium vivorumreperiuntur, obser^ vationes ex etruscis latina facta^ Amst., 4708,in-42.

IX. Défense de La Bruyère et de ses Caractères contre les accusations et les objections de Vigneul-Marville, Amst., 470i, in-42. — Au jugement de la Biogr. univ., cet ouvrage est juste et sensé par le fonds, mais d'une exécution trop médiocre. Bayle cependant en parle avec éloge.

X. Trad. franc, du discours sur VAmour divin, par M"* Masham, Amst., 4705, in-42.

XL Trad. fr. du ^i^ron de Xénophon, Amst., 1 74 4, in-8*',dontle Journal des savans vante la fidélité et l'élégance.

XII. Remarques critiques sur la trad, fr. d'Horace par le P, Tarteron, AmsL, 4740, % vol., in-li, et souvent depuis.

XIII. Trad. franc, de VEssai swr V usage de la raillerie, par lord ShafUbury, 1710, iu-lï.

XIV. Révision et correction d'une dissertation écrite en franc, par mylord Shaftsbwry sur un tableau contenant le jugement d^ Hercule»

insérédansleJournaldes savans, 4742.

XV. Trad. franc, des Captifs de Plaute, Paris, 1743, in-42; réimp.

dans la trad. de Plaute pardeLmt^rs.

XVI. Trad. franc, du Traité d*of^ tique de Newton, d'après le latin de Clarke, Amst., 47:^0, 2 voL in-42; Paris, 4722, in-4'.

XV IL Nouv. édit. des Caractères de Théophraste et de La Bruyèrt^ avec des notes, AmsL, 4720, 3 vol. in-4 2, et souvent depuis. — Les notes ne sont pas toutes bonnes, mais il y en a de curieuses.

XVIII. Nouv. édit. des Esscns de Mont aigrie, avec de courtes remarques et des indices, Lond., 4724, 3 vol. iu- 4". — C'est la plus belle édit. de Mon* taigne qui eût encore été publiée. Indépendamment de l'exécution typographique, Coste a donné une indication beaucoup plus exacte et une trad. beaucoup plus fidèle dss passages d'anciees auteurs cités par Montaiffne. Parmi les nombreuses édit. publiées de son vi- Tant, celle de Londres, 4745, 7 toI.

in-42, est la plus estimée. Depuis sa mort, il en a paru beaucoup d'autres.

XIX. Nouv. édit. des Fables de La Fontaine, avec des notes, Paris, 4 743, in-12; 4787, 2 vol. in-42, édiL fort estimée. — Les remarques de Geste ont été très-souvent réimprimées. Elles ont pour objet essentiel de faciliter l'intelligence du fabuliste, en expliquant les expressions vieillies et les tours de phrase tombés en désuétude* L'auteur de l'art. Coste dans la Biogr. univ. leur reproche d'être trop minu* tieuses ou trop érudites ; il semble que c'était chez lui un parti pris de déprécier les travaux de Coste au profit des éditeurs postérieurs.

Coste avait commencé un Dictiûmnaire de remarques sur la langue

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française que la mort De lui permit pas d'achever, il a laissé, en outre, di- Ters articles dans les Nouvelles de la république des lettres et dans VHistaire des ouvrages des savans^ ainsi qne des Préfaces aux œuvres de Racine, de Boileau et aux Voyages de Corneille Lebrun.

L'annotateur des lettres de Bayle lui attribue par erreur une assez mauvaise traduction du Gouvernement civil de Locke. Amst., 1691, in-12. LeClerc Ta déjà restituée au ministre de Londres Mazel.

COSTE (Piebre), pasteurde Téglise française de Leipzig, naquit à Halle où ion père exerçait les fonctions d'assesseur de la justice française. Nommé pasteur à Leipzig en ni 6, il mourut dans cette Tille, le 25 nov. 1751, laissant la réputation d'un excellent prédicateur. Od a de lui :

L Discours à V occasion de la mort de Frédéric-Auguste^ roi de Pologne^ Leipz., 1733, in-fol.; trad. eu ail. par Gottsched.

IL Principes de la science des ma-thématiques, Dresde, 1750, in-8^

III. Principes et maximes de la morale. Halle, 1753, in-8% publ. après sa mort par son frère Jean Coste, ainsi que le suivant.

IV. Sermons oit les vérités dogmatiques et morales de la religion ont été traitées de suite et dans un ordre naturel. Halle, 1753, 4 vol. in-8* ; V édit., Dresde. 1755, 4 vol. in-8» ; trad. enall.parKellner, Leipz., 4755, 4 parties in-8\

COTELLE, capitaine huguenot, gouverneur d'Àmbert en 1 592. Assiégé par Nemours, Gotelle résista pendant six semaines avec la plus grande bra- ▼cure aux forces supérieures des Ligueurs; cependant, dans un assaut général, les assiégeants Unirent par pénétrer dans la ville. Après s'être battu jusqu'à la dernière extrémité et avoir TU périr à ses côtés presque tous ses compagnons, Cotelle, gravement blessé, se fit jour à travers les rangs ennemis et sortit de la ville à la faveur

du tumulte et de la nuit qui commençait à tomber. Etranger au pays, il s'égara et son cheval alla s'abattre dans une fondrière sous la Tour-Goyon , à moins d'une lieue d'Ambert. L'animal se releva avec peine; mais tout à coup, effraye par le fracas de la Dore se brisant sur des rochers, il s'emporta, fit vider la selle à son cavalier dont le pied resta pris dans l'étrier , et le traîna à une grande distance. Le lendemain , quelques villageois trouvèrent un cadavre défiguré et presque méconnaissable qu'ils enterrèrent dans un champ.

Nemours livra Ambert au pillage.

COTELIER ( André ) , sieur de Dieusse, fils de Simon, seigneur de Peiremales, et de Jeanne Langlade, lieutenant particulier au siège présidial deNismes, présida, en 1603, le conseil extraordinaire auquel Saint-Chapteei Meirargues, députés en Cour, le premier par Nismes, le second par Montpellier, afin de porter au roi les assurances de leur fidélité et de leur éloignement à prendre aucune part aux intrigues du duc de Bouillon, rendirent compte de leur mission. Eu 1 625, il assista à l'assemblée générale où le serment d'union fut renouvelé, et Ro- \an proclamé chef des églises du Bas- Languedoc. En 1630, il fut envoyé en Cour pour présenter au roi un cahier des demimdes particulières des habitants de Nismes. Il testa en 1633 et ne survécut pas longtemps. De son mariage avec Marguerite Fontanon , contracté en 1599, naquirent deux fils, Balthasar , sieur de Peiremales , et Antoine, sieur de Dieusse.

Balthasar, conseiller du roi en la sénéchaussée de Nismes et lieutenant particulier en 1 632, a joué un rôle assez important dans les affaires des églises du Languedoc. Gomme commissaire du roi, soit pour l'exécution des édits, soit auprès des synodes, il se montra toujours beaucoup plus soucieux de plaire à la Cour que de défendre les droits légitimes de ses coreligionnaires. Eu 4666 , il demanda à Louis XIV la permission de résigner sa charge à son

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frère. Les services qiril avait rendus n'auraient certainement pas sufti pour lut faire obtenir cette faveur, si le sieur de Dieusse n'avait pas pris d'avance la précaution d'abjurer. Dès cette époque, les efforts du gouvernement tendaient à évincer les Protestants de toutes les places. Accorder à Peiremales sa demande, c'était leur en enlever une; soo frère fut donc pourvu, en 4 667, de st double charge. Balthasar de Cotelier vivait encore en 4674 ; mais nous ignorons s'il faisait toujours profession do la religion réformée.

La femme ù^knioinef Alix de Carlot^ refusa de suivre l'exemple de son mari, ou tout au moins, elle déclara , sans s'inquiéter des menaces contenues dans les Déclarations, qu'elle mourait protestante, lorsqu'elle rendit son àme à Dieu, en 4691 . Basvillese hâta d'informer la Cour de ce scandale: puis il fit le procès k la mémoire do cette dame et confisqua tous ses biens, qu'elle avait légués à son petit- neveu Henri de l'ignolUi^ sieur de Saint-Jean. Ce fut alors parmi les parents nouveaux-convertis d'Alix de Carlot à qui se salirait par le plus de turpitudes pour se saisir de cette riche proie. Le plus âpre à la curée fut de Faure de Saint-Maurice^ conseiller au parlement de Toulouse et mari d'une nièce de la défunte. Le marquis de Carlot^ sieur de Massuguiès et neveu de la dame de Dieusse, lui disputa l'héritage, en faisant valoir ses services à l'armée et son abjuration (4 ). CharUs, Olympe et Alix de Caveyroc mirent en avant leur conversion sincère et les exploits du premier , comme capitaine de dragons, sans doute contre ses anciens coreligionnaires. Un dernier prétendant, fils de M. de Carlot, conseiller au parlement de Toulouse, appuya ses droits sur sa qualité d'unique mâle et d'unique neveu. Ëf-

(1) Cette abjaration était pea sincère, car nous irouvoDS, eo 1699, le marqcis Carlot dt MM4tH§uiés signalé comme fugitif, et sa femme, Esikerdt Thomas delà Barthe, qai était restée en Franre, comme élevant %es trois enfants dafls la relif ion réformée {Arckip., M. 673).

frayé de celte concurrence redoutable, le sieur de Saint-Maurice sentit qu'il fallait recourir aux grands moyens, et, tout conseiller au parlement qu'il était, il s'abaissa au r61e de délateur. Un peu d'or fait commettre bien des lâchetés I 11 dénonça donc Henri de Vignolles comme un mauvais catholique, et rappela que son père, le sieur de Montvaillant, avait été incarcéré pendant deux ans dans la citadelle de Nismes comme huguenot opiciâtre,puisrelégué avec toute sa famille dans le Uaut- Languedoc, tandis que Henri lui-même soupçonné d'avoir assisté à une assemblée religieuse, était expulsé de son régiment. A l'entendre, la religion des autres aspirants à la succession « n'était pas bonne non plus; » mais sa propre conduite, au contraire, celle de sa femme et de toute sa famille « était trèsbonne, » ainsi que l'attestèrent deux certificats délivrés par un recteur et un curé de Toulouse. On ne pouvait d'ailleurs laisser entre les mains d'un huguenot déguisé Saint-Jean , « gros bourg dans les Cevennes et un des principaux passages et comme une des clefs du pays. » Il était prudent d'en déposséder Henri de Vignolles et de lui donner à lui-même ce fief important. Les Caveyrac ne se tinrent pas pour battus. Si leur certificat de catholicisme ne l'emportait pas par la quantité des signatures, il l'emportait certainement par la qualité, puisqu'il portait celle d'Esprit Fléchier, évêque de Nismes, qui, pour le bien delà religion, attesta que la famille de Caveyrac était digne des bienfaits de S. M. En lisant les pièces relatives à ce combat de vautours sur un cadavre (Archiv,çén., M.

674), nous pensions involontairement à la fable des Voleurs et de l'Ane, et nous espérions que le résultat serait le même. Notre attente n'a pas été trompée. Afin de mettre les combattants d'accord, Basville proposa d'adjuger l'héritage, au moins pour quelques années, k l'hôpital-général de Nismes.

COTELlËR (Jean), avocat et bailli de Saint-Paul-Troi8-Châteaux,jouaun

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rôle assez équivoque dans les événements qui accompagnèrent l'inlroduclion de la Réforme dans cette ville, de 4556 à 1561 . 11 est vrai que le danger était grand de manifester trop ouvertement ses sentiments. Le R. P. Louis- Anselme Boyer de Sainte-Marthe, professeur en théologie et prieur du couvent des Dominicains, dans son Histoire de réglise de la cathédrale de Saint-Paul -Trois-Chàteaux , nous raconte, en effet, que le bailli royal faisait saisir « les rebelles, » c'est-à-dire eeux qui adoptaient « une doctrine nouvelle, étrange, corrompue, tendant à favoriser la cupidité et le libertinage, cruelle bote qui n'est plus, ajoute le digne fils de Dominique, par la piété, par la sagesse et par le zèle intrépide de notre invincible monarque Louis le Grand; » puis, après les avoir incarcérés, il envoyait les uns en exil, les autres aux galères, et il en condamnait quelques-uns à être pendus et quelques autres à être brûlés. Ces exemples « d'une juste rigueur » ne servirent qu'à hâter les progrès du protestantisme, et la faction, c'est toujours le dominicain qui parle, compta bientôt dans ses rangs plus de la moitié des habitants. Dans le nombre on remarquait non-seulement le bailli Jean Cotelier et les deux consuls Jean Planchier et Etienne Richard; mais môme plusieurs membres du chapitre de l'église cathédrale, comme les chanoines Claude Faureei Pierre Roux, les trois hebdomadiers Pierre Ghenevès^ Giraud de UHière ei Jacques Coffin^ et le chantre Hugues Poussin, Une assemblée de 16^ chefs de famille, tenue le 4 "juillet 1 563, renonça solennellement tu catholicisme, déclarant « ne vouloir par ci-après aucun service romain, cérémonies ou superstitions papales, seulement désirer la pure et libre prédication du saint Evangile de N. S. J. C. et observation de ses saints commandemens , vivans sous l'obéissance et fidélité deues au roy leur souverain et naturel prince et observation de ses édits et ordonnances en toute paix, ami-

tié et union avec tous les sujets de S. M. et autres lieux circonvoisins. » Cette résolution, d'autant plus remarquable qu'elle fut prise après l'édit d'Amboise, fut portée par Guillaume de Moreton, sieur de Sauzet, Jean Gabet de Vienne et le sieur de Saint-Martin au roi, à la reine-mère , au conseil privé et au maréchal de Vieilleville. L'historien qui nous a fourni ces détails , ajoute qu'on ne sait quelle fut Tissue de cette députation.

COTELIER (Jean), pasteur de Nismes. Déposé par le synode de Melgueil, en 1 61 9 , comme coupable « de paillardise et d'autres fautes, » Cotelier en appela au synode d'Uzès qui »

ayant sans doute égard à la réputation que ses talents éminents lui avaient acquise, usa d'indulgence et le rétablit» à condition toutefois qu'il n'exercerait plus le ministère sacré dans le Languedoc. Matthieu Lanssard ayant déféré cet arrêt au Synode national tenu à Alais en 16^0, le synode d'Uzès fut fortement censuré, et Cotelier, déposé sans espoir de rétablissement, fut inscrit sur le rôle des apostats et des vagabonds. Ménard s'est donc trompé en attribuant à Cotelier la qualité de ministre à l'époque de la naissance de son fils, le célèbre helléniste Jean-Baptiste Cotelier, c'est-à-dire en 46î9. La sévérité du Synode d' Alais ayant eu pour résultat presque nécessaire l'abjuration du pasteur de Nismes, l'église protestante, nous le regrettons, n*a aucun droit sur l'illustre professeur du Collège royal.

COTilËREL , fils d'un procorenr d'Agen, eut une jeunesse fort dissipée, et après avoir fait mille folies ^ Montaubau , à Puylaurens, à Toulouse, à Castres, il les couronna par une abjuration. Son père, protestant très-zélé, parvint cependant à le ramener, et le décida à étudier la théologie. « Jamais homme, lit-on dans Benoît, n'a été plus fanfaron, plus étourdi, plus volage, plus débauché, plus incapable de le taire, plus hardi menteur. » Cotherel n'eût-il eu que la moitié de ces défauts.

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il semble que le synode provincial aurait dû hésiter longtemps avant de Tadmettre au nombre des pasteurs. U n'en iîit rien, et le proposant fut reçu ministre. Son inconstance naturelle le dégoûta bientût de ses nouvelles fonctions. Il vint à Paris, abjura une seconde fois et sollicita du clergé catho* lique un bénéfice. Le roi lui donna une pension de 300 livres {Arch, M.

668). Afin de se rendre plus digne de cette faveur, il se mit k harceler les ministres, à les provoquer à des disputes publiques, s'attaquant de préférence aux plus illustres, comme à Claude eik Iki Bosc. Il se faisait accompagner dans ses tournées polémiques par un gentilhomme de l'Agénois, Dommée Saint-Ferrioly un de ces intrigants qui, k cette époque, faisaient métier de vendre leur conversion au plus haut prix et le plus souvent possible. Les deux ministres refusèrent de se prêter à Tindigne comédie qu'on Toulait leur faire jouer. Cotherel s'en prévalut pour chanter victoire dans La relation véritable du défi qui a iité fait au sieur Claude, fameux ministre de Charentony de prouver par r Ecriture et les Pères la vérité de sa religion et la fausseté de la religion C. A, R.^ avec le refus qu*U a fait d'y répondre, Paris, 1680, in-4% de tO pages, et dans La vérité triomphante de ^erreur ou la défaite du sieur Dubosq, ministre de Caën^ Paris, 4684, in-4* , de 46 pages. U avait déjà publié Le calviniste mourant ou le triomphe de VE, C. sur Vkirésie des Prétendus Réformes ^ Paris, 4 680, in-4*, de 20 pages, et dixhuit ans plus tard, il fit encore imprimer une Lettre à MM, les nouveaux réunis àla R, C, qui sont en France, Paris, 4 699 , in-i% dans le but « de faire concevoir à ses anciens coreligionnaires de l'adversion et de l'hor^ reur pour leur religion. »

COTT£RKAU(EL:sABiTH),femme de Jacques d'Angennes de Rambouillet, et « dame des plus affectionnées à la religion, »eut de son mariage plusieurs

fils qu'elle éleva dans les principes du protestantisme. Ses soins restèrent stériles ; car tous, devenus grands, oublièrent ses enseignements, et l'un d'eux se montra même un des plus furieux persécuteurs des Huguenots.

Né en 1 530, Charles d'Angennes fut nommé évêque du Mans en 4 559 ; mais il ne prit possession de son siège que l'année suivante. Peu de temps après , la guerre civile éclata, et le nouveau prélat, chassé de sa ville épiscopale par les Protestants qui y étaient les plus forts, se jeta avec un corps de troupes dans la campagne « où il fit tout du pis qu'il lui fut possible, coupant les vivres, pillant les mestairies, arrestant prisonniers tous ceux qu'il pouvoit attraper, marchands et autres passans, pour estre seulement de quelque ville tenant le parti de ceux de la Religion, lesquels il traitoit d'une façon fort cruelle. » Parmi ses victimes, Crespin cite Jean Perrotel, jeune colporteur, que ses soldats pendirent par les pieds, après lui avoir arraché les yeux avec une dague.

Les excès commis au Mans par les Protestants, ayant amené une réaction et remis la ville au pouvoir des Catholiques, l'évéque leva quatre compagnies d'arquebusiers pour sa garde, et en donna le commandement à quatre ca-

Îiitaines aussi sanguinaires l'un que 'autre. Appuyé sur cette force militaire, il fit incarcérer les Huguenots qui n'avaient pas fui, et les livra aux gens de justice, tout disposés à le seconder dans ses vengeances. Sa première victime fut un sergent du Mans, nommé Clément, qui , dans l'exercice de sa charge , avait osé « attenter aux biens de l'Eglise, » en saisissant et en faisant vendre publiquement des che- Taux appartenant au terrible prélat. 11 fut condamnée être pendu devant le palais épiscopal. « Après cestui-ci, ils en firent mourir de toutes qualités et de tous sexes, jusques au nombre de deux cem.n Mesnil'Barday, à peine sorti de l'enfance, Pierre Pélisson et Marin ^o«/ajf, jeunes adolescents comme lui;

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Martin et Gongeh pauvres insensés qui allèrent au supplice » en chanUnt et en dansant » sans se douter du sort qui les attendait ; Marie Massue, Jean Macerf, Pavocat Le Favoris, sieur de Cotèrcs, lo greffier Le Go, Christophe Prieur, La Roche - Maupetit , Etienne Valette, Aimery Tripier, Jean Beaugendre , Julien Mounier , Simon Roche furent, h peu de jours de dislance , pendus ou noyés. Le Mercier, ancien curé de Saint-Ouan converti au protestantisme, subit un supplice plus cruel ; il fut brûlé vif.

Les prisons du Mans vidées, les exécuteurs se transportèrent dans les environs. De six huguenots arrêtés au village de Bonnestable, quatre furent déchiquetés à coups de dague, puis jetés dans la Sarthe, le 6 mars 4563.

Us se nommaient Pierre Cochery , Guillot Pe'ruse de St-Agnan, Perot el Jean Golupeau. La mère de ce dernier et un de ses frères furent égale* ment massacrés peu de jours après.

Rolandiere fut décapité, et le menuisier Girard pendu. A La Frénaye , un tisserand, appelé Ilagonnot, chez qui se tenaient des assemblées de prières , fut égorgé par les paysans qui lui remplirent la bouche des feuilles d'un Nouveau-Testament trouvé chez lui.

A Courcemont, Thomas de La Fosse fut tué retournant à son logis. A Courcebœuf, un serviteur de La Fontaine- Beaufay, qui avait rejoint Condé à Orléans, fut percé de coups et précipité dans un étang. Plusieurs autres villages payèrent également leur tribut de sang au fanatisme. Dans le Bas- Maine , Boisjourdan , lieutenant de Champagne et apostat comme lui , commit une atrocité qu'aucune langue humaine ne saurait qualiiier. Les deux enfants tlu receveur de Lassay, dout la mère avait été pendue au Mans, étant allés implorer sa protection pour quMl leur fit rendre au moins une partie de leurs biens confisqués, il feignit de les accueillir avec bonté, les fit asseoir à sa li)blo; puis, sur un signe, un de ses i<alcllites prenant parla main le garçon,

âgé de 1 i ans, sous prétexte de le mener coucher, le conduisit dans le jardin, rétraugla et le jeta dans un étang. Revenant ensuite chercher la sœur , qui le suivit joyeuse d'aller retrouver son frère , il lui fit souffrir la même mort, mais après l'avoir violée. Près de là, un avocat du Mans, nommé Durai, qui avait cherché un asile chez un gentilhomme de ses amis, appelé Aj/menart, se voyant sur le point d'être pris par des soldats qui le poursuivaient , se cacha dans les joncs d'un étang, pas assez bien cependant pour ne pas être découvert et tué à coups de pistolet. A Neau, les deux frères Sauvage; à Cheville, le sieur de La Pierre', homme d'armes de la compagnie de La Rochefoucauld', à Rutain, Fabie7i Melun; à La Ferté-Bernard, à Sablé, au Château-du-Loir, à Bellesme, à Martigue, partout enfin dans le Maine, un grand nombre de Protestants périrent victimes soit du fanatisme religieux, soit de haines particulières ou de la cupidité. Crespin témoigne le regret « de n'avoir pu être informé en particulier de ces cruautés. » Nous le partagerions, si le sentiment que nous éprouvons à remettre en lumière ces atrocités était moins pénible. Mais si , d'un côté , nous voudrions ensevelir, pour notre part, dans uu oubli éternel les crimes commis au nom d'une religion de paix , de l'autre , il nous semble que c'est un devoir de conserver précieusement la mémoire de ces héros de la foi chrétienne qui ont sacrifié leur vie à leurs convictions.

Dans tous les temps, les exemples de dévouement ont été assez rares pour qu'on n'en laisse pas perdre le souvenir.

Pour compléter le tableau des exploits sanguinaires de l'évêque du Mans et de ses sicaires, il nous reste à raconter ce qui se passa à Mamers , où une église protestante avait été établie, dès 1564, par Honoré Du Colombier, Le 3 nov., Boisjourdan et Préaux s'y transportèrent à la tête d'une centaine de soldats. Us se saisi-

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rent de quatre prolestanls logés dans rhôtellerie d'Etienne Valette, cité plus haut, et les tuèrent à coups d'épée ou d'arquebuse. Les noms de trois de ces malheureux sont connus : ce sont ceux de Guy Goveuret, diacre de Téglise de Bellesme, de Bodier de Saint-Germain et ù^Yves Husson de Bellesme. Le soir, on découvrit dans une cachette Macé Laiseau, vieillard de 60 ans, qui avait beaucoup contribué à propager à Mamers les doctrines nouvelles. Il en fut tiré et égorgé. Heureusement presque tous les Protestants de cette ville avaient eu le temps de fuir. Les égorgeurs durent se contenter de piller leurs maisons; puis ils retournèrent au Mans, emmenant avec eux Pierre Le Fèvre, surveillant de Téglise, qui fut livré aux juges de l'évoque et décapité. «Estant au lieu du supplice et ayant demandé s'il y avoit homme qui se plaignist qu'il lui eust fait tort, pendant qu'il avoit porté les armes au Mans, il ne se trouva aucune plainte contre lui, et sur cela mourut constamment, estant regretté par plusieurs ennemis mesmes de la Religion. » Six victimes, c'était peu; aussi mécontents de leur première expédition, les égorgeurs retournèrent ^ Mamers le premier vendredi du carême, et ils eurent le plaisir de tuer encore quatre huguenots, savoir le bonnetier Savary et Deêiis Gilbert, qui n'opposèrent aucune résistance, Félix Mallet^ qui fut arquebuse parce qu'il avait cuit le pain de la Cène, et Xicolas Hamart^ qui se défendit vaillamment, mais succomba sous le nombre.

L'ardeur du zèle de Charles d'Angennes méritait bien une récompense.

Le pape Pie en fit un cardinal en 1 570.

COTTEREAL (N.), né en 4641 à Nismes, réfugié en Angleterre. Les connaissances que Cottereau possédait en horticulture lui avait procuré une place dans la maison du roi Guillaume.

Gomme il faisait, de temps en temps, des voyages en France afin de surveiller une fabrique depipes qu'il avait établie à Rouen, on se persuada qu'il profitait de son séjour dans cette ville pour

affermir ses coreligionnaires dans leur foi. Il était déjà fortement suspocl, lorsqu'il eut l'imprudence d'écrire un libelle contre M" de Maintenon. C'était plus qu'il n'en fallait pour se perdre. Il fut jeté à la Bastille , le 6 mai 4698. Au bout de quelques années de détention, « il fut pris de temps en temps de vertiges qui approchaient fort de la folie ». Les convertisseurs loi ayant promis de lui faire ouvrir les portes de l'horrible prison, s'il abjurait, il céda ; néanmoins « on crut aussi juste que nécessaire de le laisser à la Bastille et même de l'y oublier. » 11 y passa dix-huit ans.

COTTEHEAUfSÀMUEL), sieur Do Clos, né à Paris, médecin de Louis XIV et membre de l'Académie des sciences, en 4 666. On lit dans le Mercure du mois d'août 4 685 : « Il se fit une abjuration très-remarquable dans l'église des Augustins déchaussez. Ce fut celle de M. Du Clos. 11 fit profession des véritez catholiques entre les mains du P. Araédée, et vous jugez bien » etc. — Refrain habituel. Après son abjuration, Cottereau entra dans un couvent de Capucins où il mourut en 4745. Un des premiers, il avait cherché à fonder la matière médicale sur l'analyse chimique des médicaments. On a de lui :

*I. Observations sur les eaux mitUrales de plusieurs provinces de France, faites en V Académie des sciences en 4670 et 4 674 , Paris, 4675, in-42; ibid., 4734, in-4'. — 11 divise les eaux minérales en huit classes de chacune desquelles il fait l'analyse et explique les propriétés.

II. Dissertation sur les principes des mixtes naturels, Amst. , 4680 , in-4 2.

COTTIBY (Samuel) , ministre de Poitiers. Son père, Jacques Cottiby, était né catholique; mais ayant embrassé la religion réformée, il avait été nommé pasteur à Poitiers. Le Poitou l'avait député «i divers synodes nationaux, entre autres, à celui do Charenton(en 4 623) qui l'avait envoyé on Cour avec Du Bois-Saint-Martia pour

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demander au roi le retour du célèbre Pierre Du Moulin. Samuel naquit à Poitiers vert 1 630, et étudia la théologie. Reçu ministre à Tâge de i% ans, il fut appelé à desservir Téglise de sa tille natale et acquit bientôt une grande réputation comme orateur. La véhémence de son zèle faillit dans une circonstance lui attirer de fâcheuses affaires. Anne Violette, qui appartenait à son troupeau, étant tombée malade et ayant été portée à Thôpital, un moine augustin entreprit de la convertir, et dans un moment de délire, il lui arracha la promesse de changer de religion.

Averti de ce qui se passait, Cottiby courut à l'hôpital et engagea avec le moine une si violente dispute, que le maire dut intervenir pour mettre un terme à cette scène scandaleuse. Les clameurs des deux antagonistes avaient redoublé le délire de la malade qui continuait à crier qu'elle était damnée. Le maire conclut de Ik qu'elle voulait abjurer ; mais Tabjuration ne dissipa pas les terreurs de la pauvre fille. Quelque temps après, le bouillant champion de la Réforme abjura à son tour. La cérémonie à laquelle le clergé catholique donna naturellement le plus grand éclat, se fit le jour du Jeudi saint, 25 mars \ 660. Le jour même, Cottiby envoya une Lettre aux pasteurs et anciens de Véglise réformée de Poitiers, pour leur exposer les motifs qui l'avaient porté à se faire catholique. S'il s'était Dorné à une simple exposition de ses raisons, il n'aurait fait que se conformer à l'usage; mais il couronna son apostasie par un acte qu'Arcère trouve déplacé et que nous traiterous à bon droit d'infâme. Prenant prétexte du jeûne général ordonné par le Synode national deLoudun en 4659, il reprocha à ses anciens coreligionnaires de rester étrangers k la joie publique qui éclatait à l'occasion de la paix des Pyrénées et du mariage de Louis XIV , et les accusa hautement de félonie. A peine cet écrit eut-il vu le jour qu'il fut refuté par Baillé y à qui Cottiby répondit par une Réplique à la lettre de M.

Baillé y ministre de Charenton, par AT. de Cottiby, ci-deva7it ministre de MM. delaR.P, R,de Poitiers, sur le sujet de sa conversion, Poitiers, 1 661 , in-12. Au reste, le clergé romain qui espérait beaucoup de cette conversion fut trompé dans son attente; Cottiby ne put pas même convertir sa femme qui resta protestante, malgré les insultes de ses tils, élevés par les Jésuites. La récompense de son apostasie se faisant attendre, il se retira près de Saint- Maixent dans un petit domaine qui appartenait à sa femme. En 4683, il fut enfin pourvu d'une charge d'avocat du roi au présidial de La Rochelle. Chaque année, il se rendait dans cette ville pour prononcer une harangue k l'ouverture du palais, puis il s'empressait de retourner k Saint-Maixent. Il mourut en 4689, selon Dreux du Radier, des suites d'une chute qu'il avait faite en descendant dans sa cave. Les écrivains protestants disent qu'il se livrait avec fureur k la passion du jeu. Dreux du Radier prétend qu'on le calomnie; mais il ne produit rien qui détruise cette accusation.— Marguerite Cottiby, qui épousa k Londres, en 1706, Pierre de La Roque, appartenait k la famille du ministre apostat.

COTTIÊRP. (Matthieu), en latin Cotterius , pasteur de Tours , fut député aux Synodes nationaux d'Alais, en 4620, et de Charenton, en 4 634.

Il a laissé quelques ouvrages qui témoignent de son érudition.

I. Be justificatione hominis coràm Deo, Gen., de la Rovière, 4604, in-4'.

IL Explicatio Apocalypseos, Salm., 4615, in-4«; Sedan., 46:25, in-4'.

III. Traitez des originaux et des versions, servant de réponse à la Genève plagiaire du P. Cotton, et de défense aux versions de VEscri ture des églises réformées, Saumur, Thomas Portau, 1619, in-i*.

IV. Les prophéties touchant l'état de la religion et de l* Église des derniers temps, Gen., 4 637, in-4'.

V. Paradoxe : L* Eglise romaine en ce qu'elle a de différent des

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églises réformées, n*est ancienne que de quatre cents ans, Gen., Chouet, 4644, in-fol.

VI. Eclaircissement sur une principale controverse, ou Exposition des paroles de V Evangile : Tu es Pierre, etc., Gen., Jean de Tournes, 4642, in-4*.

VU. De hellenistis et linguâ hellenisticâ exercitationes secundarim^ Argent., 4646, in-24.

Vin. Epistola ad Spanhemium, 4 648,in-8V

Les actes du Synode national de Charenton nous apprennent qu'il avait aussi écrit un Traité de la foi des trois premiers siècles , mais nulle part , ^ notre connaissance, on ne trouve mention quelconque de son Manuel ou hriève description de VEglise romaine de laquelle Vestat vrayment singulier contient des choses nécessaires à expliquer et utiles à sçavoir, par M [ atthieu ] C [ ottière ] If [inistre] D [u] S[aint] E [vangile] , imprimé i Saumur, chez J. Lesnier, 4663, in-4% avec l'approbation d'£tienne Le Vacher, écuyer, pasteur de rUe-Bouchard, et de Jacques de Brissac, sieur des Losges, pasteur de Loudon.

Matthieu Gottière laissa un fils, nommé IsAAc, qui suivit également la carrière ecclésiastique, mais qui ne nous est connu que par sa thèse De conciliarum auctoritate , quMl soutint k Saumur, sous la présidence ^''Amyraut, et qui a été publiée dans les Thèses salmurienses.

COUDERC (SàLOMON), fameux parmi les chefs camisards sous son prénom de Salomon, était un cardeur de Mazelrosade. De tout temps, les Couderc s'étaient distingués par leur courage et leur zèle religieux. Dès 1560, un Jean Coderc, cordonnier à Nismes, avait été arrêté par ordre du parlement de Toulouse avec quatorze autres Protestants. La mère de Salomon ellemême avait délivré son plus jeune fils, Jacques, des ceps de Tabbé Du Chaila, et les deux frères avaient enlevé leur

sœur à des soldats qui la conduisaient dans un couvent de Mende. Salomon était difforme, mais il rachetait ce dé^ faut par une rare intrépidité. Il fut un de ceux qui, à rassemblée du Bougés, se prononcèrent le plus fortement pour la délivrance des prisonniers de Tarchiprètre. Après la mort de Séguier, il joignit ses efforts à ceux de La Porte pour déterminer leurs compagnons à lever Tétendard de Tinsurrection, et il resta chargé avec Abraham Maul du commandement d'une bande. Son frère Jacques , que sa bonne mine avait fût surnommer La Fleur ou La Fleurette, servit sous lui comme brigadier.

Dans le mois de nov. 1 70;^, sa troupe unie à celle de Joanny exerça de grands ravages et de cruelles représailles, surtout contre les prêtres. Au mois de janvier 1703, Salomon entreprit de châtier Mazelrosade, et essaya, mnis sans succès, de s'emparer de Saint-Germainde-Calberte. Sa troupe repoustée se répandit dans les environs, se livrant à d'horribles vengeances à Tinstigation de La Fleur qui avait conservé de sa détention une haine implacable contre les Catholiques. Tous ceux qui tonbaient entre ses mains, étaient impitoyablement mis k mort pour peu qu'ils fussent soupçonnés d'avoir eu part aux persécutions

Salomon préserva le hameau de Pradal et assista au combat de la Tour de Beltot. Jugeant le commandement militaire incompatible avec ses fonctions de prophète, il s'en démit vers ce temps ; mais soit caprice, soit nécessité, il ne tarda pas à revenir sur sa résolution; car, au mois d'août 4703, il commandait à l'affaire de Peyrefort où il faillit être pris. 11 n'échappa que par une fuite rapide, laissant comme trophée, entre les mains de l'ennemi, sa Bible, ses sermons et sa mule. Il rejoignit Ao^aT^o^ et l'accompagna à la prise de Genouillac.

Peu de semaines après, il fut complètement défait près du Pont-de-Mont vert. Quelques jours auparavant, il avait éprouvé une perte plus difficilement réparable que celle de quelques

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hommes : ses magasins avaient élé découverts dans les grottes de Magestavols, et enlevés ou détruits.

Au mois de mai 1704, chargé par Roland de porter sa réponse aux propositions de paix du maréchal de Yillars, il s'acquitta de cette mission avec beaucoup de fermeté, et déclara nettement qu'il ne fallait pas espérer de rétablir la tranquillité si la liberté de conscience n'était pas accordée aux Protestants. La soumission de Cavalier et les catastrophes qui frappèrent coup sur coup les Camisards le décidèrent cependant à se soumettre comme les autres chefs. Il se rendit, le 9 oct.

4704, avec La Rose, Valette, La Forêt, MoulièreSy Salles, Abraham et Marion, et le mois suivant, il se retira à Genève.

Gagné sans beaucoup de peine par Flottard^ il voulut rentrer en France avec Catinat eu 4705; mais, selon M. Peyrat, l'ambassadeur de France le fit arrêter et reléguer à La Neufville dans lePorentruy. Il parvint cependant à s'échapper au mois de fév. 4706, et prit la route des Cevennes avec Pierre Vignes de Gcnouiliac et Jacques Veyrac de Soleyrol. Arrivés à Livron, ils engagèrent un batelier à les passer, en se donnant pour des contrebandiers ; mais leurs allures lui parurent suspectes et il courut les dénoncer à son curé qui les arrêta à la tête de quelques miliciens. Transférés à Valence, ils furent envoyés sous bonne escorte à Montpellier. Dès le lendemain, ;23fév., BasvUle interrogea Salomon qui avoua avec orgueil la part qu'il avait prise à l'insurrection cévenole ; mais la question ne put lui arracher l'aveu des motifs de son retour. Il fut condamné au bûcher, et ses deux compagnons au gibet, supplice qu'ils subirent, le 3 mars, avec l'héroïsme ordinaire des Camisards. Louvreleuil dit que Couderc, en particulier, marcha au bûcher en réprouvé et qu'il mourut en démoniaque.

Quelques, mois après, le Î3 dôc, Jacques Couderc fut surpris par trahison non loin du château des Plantiers.

Après s'ôtre défendu avec une grande bravoure, il tomba percé de coups de baïonnette. Comme il n'était pas mort, Bâsville le tit rouer à Montpellier, le 28 déc.

Au nombre des pasteurs qui desservirent l'église de Castle-Slreet à Londres, M. Burn mentionne, sous la date de 4734, Samuel Coderc, qui avait épousé, en 1729, Françoise-Marie, fille du colonel Savary/ — D'autres Couderc demandèrent un asile ^ la Hollande , et y fondèrent une maison de banque qu'on compte encore aujourd'hui parmi les premières d'Amsterdam.

COUKT (Jacques), sieurDu ViviEi, pasteur de l'Eglise réformée, était d'une famille originaire de Paris, de môme ([\i\i7idré Couet, ministre réfugié dans le comté de Montbéliard, d*où il fut expulsé, en 1 586, par ordre du comte Frédéric. Jacques Couet desservit d'abord l'église de Villarnoul. En 4 579, il fut député par la Bourgogne au Synode national de Figeac qui Pélut viceprésident (1). Lorsque la guerre éclata de nouveau, il se sauva en Suisse.

Nommé pasteur de l'église française de Bàle, il eut, ainsi que son collègue Constant, de grands démêlés avec Antoine Lescaille au sujet de la doctrine de la justification, et dans toute cette controverse il montra beaucoup de violence (Collect. Dupuy, N' 403-405).

En 4594, le Synode national de Montaubau le choisit pour un des champions du protestantisme. En 1598, celui de Montpellier Tinvita à venir desservir l'église de La Rochelle. Nous ne savons s'il accepta cette vocation; toutefois il paraît qu'il rentra en France vers ce temps, puisque, l'année suivante, il prit part avec de Losse k la conférence de Nancy, dont il a publié une relation sous ce titre : La conférence faicte à Nancy entre un docteur jésuite accompagné d'un capuchin et deux mi-

(I Parmi les dépalés a l'Assemblée de Moutuuban, qui se lini la môme aniii^e, flf^ure La Scrr^-Cûurt : ne serait-ce pas noire pasleur? {Voy. H, p. V67.)

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nistres d$ la Parole de Dieu, deserite par J. Couet, parisien, Basic, 1 600, iD-8*. En 4604, Téglise de Paris le demanda pour pasteur au Synode national de Gergeau qui le lui accorda. Couet mourut dans sa \ille natale, le ISjanv. 4608. «Ufut enterré, raconte avec indignation Moréri, dans Téglise des Dominicains, où on lit son épitaphe, dans laquelle on fait passer son obstination dans les erreurs de la prétendue réforme pour amour de la vérité, et où Ton est presque tenté d'en faire un saint , quoiqu'ayant vécu et étant mort dans l'hérésie et dans la révolte. »

Outre l'écrit cité plus haut, Couet a publié :

I. BespoHse chrestienne et tris nécessaire eu ce temps à Véphtre d'un certain français qui s'est efforcé de maintenir r opinion deceiusqui croient la présence ducorps de Ch rist dans le pain de la cène et mcsmc en tous lieux, Heidelb., 4 588, in-8*.

H. Response chrestienne et modeste au libelle injurieux et non chr estien publié par Lescaille et nommé par /m" Anli- inquisiteur. Plus une respionse aux paraphrases dudict Lescaille par luy intitulée Doctrine ancienne, etc., 4593, in-8".

m. Responses chrestiennes aux docti'ines non chrestiennes contenues Is libelles diffamatoires d*Ant, Lescaille, 4593, in-8'.

I V . Apologia de justificatione nostri coram Deo, in quà demonsiratur ecclesias gallicas reformatas in hoc doctrina christiana capite , idem sentire eum orthodoxis ecclesiaprimitivapatribus et theologis helvetiis auguitanaçue confessionis , 1594, in-8".

V. Traicté servant à V éclaircissement de la doctrine de la prédestination, Basle, 4599, in-8*.

Yi. Traité contre Socin, ouvrage qui ne nous est connu que par la mention qu'en fait Quick dans son Synodicon.

Le Cat. de la biblivthëque du comte Eninery, dretsé par M. Lecouteux, in-

T IV

dique, sous le nom de Jacques Couet, un certain nombre de pièces mss., dont quelques-unes appartiennent , selon toute apparence, à notre pasteur, comme des Lettres autographes, datées de Bâte 1594 et 4 595; un recueil à'Etymologies, composé entre les années 4 587 et 4 591; des Epkémérides pour lesdouzemoisderannée,de803-t5S6; des Ephémérides pour les mois de janvier, février et mars, de 800-4 598 ; un recueil de Faits historiques pour setvir à r histoire générale de la France et de V Allemagne, jusqu'en 4600; des Poésies, Les indications du Catalogue ne sont pas assez précises pour que nous osions lui attribuer encore les Notes sur Vhistoire de Metz et les Cahiers d'études mathématiques, physiques et philosophiques qui faisaient aussi partie de la riche collection de mss. du comte Emmery.

Nous ignorons quel lien de parenté unissait André et Jacques Couet ; nous savons seulement, grâce ^ l'obligeance de M. Othon Cuvier, pusteur à Metz, qui a pris la peine de rédiger pour la France protestante la généalogie de celte famille sur des documents lout-àfait inédits, que Jacques Couet avait plusieurs frères, entre autres PAi/ô^r^, tué, en 4 572, comme il se rendait de Paris ï Orléans, et plusieurs sœurs :

Marie, femme de Daniel Toussaint; Catherine, mariée à Guillaume Le Sueur, maître des eaux et forêts du Boulonais; Madelaine épouse en pre»

mièrcs noces ù^ Edmond de Saint-He^ my, une des victimes de la Saint-Barthélémy, et en secondes, ^^ Jean Durant, trésorier général des bâtiments de France. Restée veuve, elle se retira à Genève où elle mourut dans un Age avancé.

Jacques Couet fut marié deux foii, avec Barbe Courtois d'Avallon, pois avec Anne de Loriot. De ses deux mariages naquirent dix-neuf enfants, dont six seulement sont connus, savoir cinq filies: SusÀNNE, Elisabeth, Juditi, femme du ministre Samuel Jennim, SâRA, Marie, et un fit, nommé Jac-

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UU£s, comme son p^re. Ce dernier, mort en ! 635, eut dix-huit enfants, entre autres: Jacques, qui suit; — Jéré- MiE, né en 1606, capitaine dans le régiment de son cousia Durant, puis commandant de dragons au service de Suède ;— -Charles, souche de la branche de Gravelolte; — Au4>ust£, qui fonda la branche de Bacourt; — PhillERT, né en 4 616, qui suivit la carrière militaire, s'éleva au grade de capitaine et fut tué à Nordlingen; — Gas- PARB, né en 1617, mort des blessures qu'il reçut dans la même bataille ; — Louis, souche de la branche de Lorry; — Eve, femme de Jacques Le Duchat, sieur de Villers - l'Orme ; — Susanne, mariée à Urémie de Vigneulles ; — Yolande, alliée à Louis Le Braconnier, sieur de La Tour d'Ancy.

Jacques Couet, ministre à CourceU les-Chaussy, laissa deux fils de son mariage avec Susanne Ferry, L'alné, nommé Jacques, était aveugie-né; mais sous d'autres rapports, la nature s'était montrée libérale à son égard : elle l'avaitdoué d'une remarquable éloquence et d'une heureuse mémoire. 11 lit avec succès ses études eu théologie et fut (lacé comme ministre à Evrcux. Il paraît qu'à la révocation de l'édit de Nantes, il se réfugia à Mauheim et qu'il y desservit l'ég&se française. Son frère, Paul, avocat au parlement, se montra zélé pour la religion protestante jusqu'en 4 685; aussi, lorsque le culte réformé fut interdite Courcelles et à Metz, fui-il choisi par le consistoire, avec le pasteur Bancelin et Dompierre, sieur de Courcelles, pour porter au pied du trône ses justes réclamations. 11 avait dressé, en 1 682, une. Liste des convertis depuis 4679, sur laquelle il aurait pu s'inscrire lui-même, s'il l'avait continuée jusqu'à la révocation. Cette liste, portée sur le Cat. du comte Ëmmery, a été vendue avec un Nouveau mémoire pour ceux de la R, P, B, touchant leurs petites écoles et une copie infol. de FËthique de Derodon, faite par le même apostat, qui mourut en 4 69<^, u» laissant de apn mariage avec Estiêr

Ferry, fiUe de Jeaf^Paul, receveur de la buUette, qu'un fils presque idiot, en qui s'éteignit la brauclie aînée ou Du vivier.

L Branche de Gbayblotti. Charles Couet, né en 1 608, fut conseiller au bailliage et apostasia aussi à la révocation. Sa première femme, Anf^e Allion, qui lui avait donné plusieurs enfants morts en bas &ge, l'ayant laissé Teuf, il se remaria, en 4643, avec Jeanne de La Cloche, fille du pasteur Abn^kâm de La Cloche et de Séphora de La Bretonnière. Il en eut 4*Âb{iabaii, qui suit; — V Auguste, qui, après avoir terminé ses éludes à Genève, entra comme enseigne dans le régiment d'Alsace, etmourut jeune sans enfants; — 3* David, apostat en 4685, mort en 4739; — 4" Louis, capitaine au régiment d'Alsace, puis major au régiment de Yarennes, oÔrit, dès 4684, ses services à l'électeur de Brandebourg, qui le nomma gentilhomme de sa chambre, il fut tué en Italie et laissa deux fils : FRÉDÉRic-Louis-DÉoDAT, élevé page du roi de Prusse, mort officier , sans alliance, et Philbebt, qui entra au service de Pologne etmourut en4742 ; — 5» Jeanne, mariée, en 4 684 ^ au bailli de Deux-Ponts à qui elle donna plusieurs enfants.

Abraham Couet, né vers 4646, embrassa la carrière ecclésiastique. Pasleur à Sainte-Marie-aux-Mines, puis à Amiens, il desservait l'église de Roussy à l'époque de !a révocation et se retira en Hollande, où il fut nommé ministre de l'église française de La Haye. Il nous est connu par une Histoire évangélique dans son ordre naturel, ou nouvelle harmonie des quatre Evangélistes.LdEdye, 1706, in-4\ Parlant du principe que le Saint-Esprit qui inspira les Évangélistes n'a pu se tromper sur Tordre des faits, parce qu'il est ui; «I esprit d'ordre,», et rejetant, en conséquence, comme lui étant «injurieuses », les transpositions de chapitres et de versets que se permettent ordinairement « les iaf/Beurs d'harmonies», Couet entreprit es mettre on ordre ptN

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fait entre les quatre Evangélistes, en suivant la marche des événemenls tels qu'ils les racontent. La tâche était difficile; aussi ne se tira-t-il d'embarras qu'en, multipliant les faits. Ainsi Jésus guérit deux fois la belle-mère de Pierre, deux fois Paveugle, deux fois l'homme à la main sèche; raconte deux fois la parabole du semeur, deux fois celle du gnin de sénevé, etc. Cette harmonie est divisée en 1 20 stations. En tête, on trouve une préface en assez mauvais français, avec les plans de la Terre- Sainte, du temple et de la ville de Jérusalem, et à la fin, cinq indices : un des stations, un des matières, deux des paraboles, dont l'un par ordre alphabétique, et un des miracles.

Abraham Gouet avait épousé Anne Ferry, autre Bile de Jean-Paul, receveur de la bnllette. Il en eut Abrahaii, qui sortit de France avec ses parents, et MARiiiï5E, qui s'unit au sieur de Ribecowt, officier de cavalerie dans le régiment de Nassau.

II. Bbanche de Bacourt. Né eu 4613, Auguste Couet prit pour femme, en 1639, Anne Royer, fille du pasteur Jacques Royer et liiAnne Pion, Il en eut 1 • Auguste, sieur d'Augny, qui ne laissa, de son mariage avec Susanne Joly, filUàe Paul Johj, sieur de Maizeron et conseiller au bailliage, qu'une fille nommée Anne, morte catholique en 1*754; — V An:«b, femme, en 1663, de Paul Chenevix, conseiller au parlement; puis, en 1683, de Ilenri de Batsale, capitaine au régiment de Navarre.

in. Branche de Lorrt. Louis Couet, né en 4 623, suivit la carrière des armes et servit avec le grade de capitaine dans le régiment de cavalerie de Beauveau. Il mourut en 1676, laissant sa femme, Susanne de Gray-Malrnedy, veirre avec trois enfants, dont deux, Paul, lieutenant pour le roi à Thionville, et Louise, se convertirent avec leur mère en 16S5, tandis que l'aîné, nommé Louis, capitaine au régiment de Bouffiers, se réfugia dans le BrandelK>urg ot il s^éleva au grade de lieute-

nant-colonel. Il mourut en 1707, \ l'âge de 48 ans. De son mariage avec Susanne Galber t d*EstapedeLa Vilîardière, d'unefamille de Grenoble qui a donné un général à la Saxe, étaient nés trois enfauts: un fils qui fut tenu sur les fonts de baptême par le roi de Prusse, et qui mourut vers 1756, après avoir servi avec distinction comme officier; et deux filles: Marthe et SusannE'Elisabktb, femme de GuiîlaU' me Second de Danchet, réfugié de la Provence.

COLXAN (Antoine), pasteur des Cevennes, se réfugia en Suisse, à la ré- ^ vocation de Fédit de Nantes ; mais il passa plus tard en Hollande, puis à Londres, en 4 693, comme successeur de Contet dans les fonctions de pasteur de l'église de Glass-House-Street. Il mourut le 1 3 sept. \ 694. Outre une Df/f»se des Réfugiés {Deveni,, 1690, in- 12), en réponse à l'Avis important aux Réfugiés, il a publié : Examen de Vhistoire critique du N. T, [par Richard Simon] divisé en deuxpcrties: dans la V\ on traite la question de l* autorité de V Ecriture et de la tradition; dans la 2% on traite diverses qv^stions de critique, Kmsi., 1096, in -S*. Les mss. de la collection Court nous apprennent qu'il avait laissé aussi sur la persécution de 1 685 des Mémoires restés inédits.

COULKT Œtienne), médecin descendant d'une ramille française réfugiée . en Hollande. Coulet est un de cesnomr breux écrivains qui, jusqu'à nos jours, ont essayé de rrformer notre orthographe, mais avec aussi peu de succès les uns que les autres. Voici la liste de ses ouvrages, d'après la Biogr. univ.

I. Lart de conserver la santé des princes, auquel on a ajouté VArt de conserver la santé des religievses et les Avantages de la vie sobiepar Cornaro , Le.yde , 1*2 i , in-12. — Trad. de l'italien de R:imazzini.

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