‹ La France protestante (volume 4)Chapitre 111 sur 189 · I)UB · texte numérisé non relu

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leltrts homiiiDes et an droil civil, en ajouUnt qu'il priait IrèH-himihlemcDt Monsieur de Paris, son évoque et pasteur, de le redresser s^il se trompait et de lui enseigner par la Parole de Dieu ce qui concernait tant cet article que tous les autres appartenant à la foi. Sur cette invitation , Tévêque de Paris s'empressa de lui remontrer que chaque chrétien est tenu invariablement et BDUs peine de péché mortel , d'obéir à tous les commandements de TEglise et à toutes ses traditions , bien que quelques-unes d'entre ces dernières ne icient expressément écrites, ni dans l'Evangile, ni dnns le symbole des Apôtres. Mais Du Bourg repoussa énergiquemcnt cette docîrine , en protestant qu'il croyait à (oui ce qui est contenu dans les Prophètes, l'Evangile et les écrits des ApCtres; mais qu'il n'admettait rien de plus, parce qu'il était convaincu que tout ce qui est essentiel au salut, y est compris. «' Ce seroit un grand blasphème, continua-t-il , de penser que Dieu n'eust esté assez sage pour nous faire suffisamment entendre sa volonté : mesmes en ce. qui regarde nostre rédemption et réconciliation ; ce seroit aussi gnind blasphème de dire -que Jésus -Christ n'eust institué son "Église , de laquelle il est le vray chef et le vray espoux , ainsi qu'elle a den estre instituée et enseignée. Pareillement ce seroit grandement arguer de desloyauté les Apostres et disciples de Jésus-Christ, de dire qu'ils ne nous turoyent fait entendre entièrement la volonté de Dieu qu'ils avoyent receue par son Fils Jésus-Christ et par le Saint- Esprit^ en ce qui regarde nostre salut. .... IL est escrit qu'après que Jésus- Christ a fait entendre la volonté de JHeu par sa parole à ses Apostres et 4i8ciples, il leur dit: Allez etpreschet ceti Évangile par tout le monde ^ c'est-à-dire l'Évangile qu'il avoit luymesme annoncé de sa bouche. Il n'a pas dit qu'ils annonçassent autre chose que ce qu'ils avoyent receu de luy.

u L'Eglise romaine n'a puissance sur nous autres , si ce n'est en tant qu'elle

est conforme îi la pure doctrine de Dieu, ne nous peut obliger à autres commandemens, pour la nécessité de nostre salut, qu'à ceux ausquels nous sommes obligez par la parole de Dieu. . . . Quant aux conciles , ce sont constitutions des hommes... Il y a contradiction et répugnance entre eux. Mesmes les uns commundenl d'abattre les images qui estoyent es temples. Les autres ont commandé de les remettre. Les uns ont défendu aux mariez d'estre prestres , aux diacres de se marier ; les antres l'ont permis. Les uns ont permis aux Bohnnes de recevoir la sainclc Cène sous les deux espèces, les autres l'ont permis aux prestres seulement, n

Interrogé sur les sacrements, il répondit qu'il croyait aux sacrements insîilui's par Jésus- Christ, savoir !e baptCmc qui efface la souillure originelle , et la Cène dans laquelle sont essentiellement et en vérité la chair et le sang du Christ; mais que quant aux autres sacrements , il ne les avait pas trouve s dans TEcriture. Pressé par les commissaires sur ce dernier point , il ajouta qu'il n'avait point lu que la messe eût été instituée par Jésus-Christ ; q[ue le saint sacrement de la Cène , institué par le Sauveur, nous a été donné sous une toute autre forme, sous les detix espèces du pain et du vin, et qyc si Jésus- Christ a voulu nous donner sa chair et son sang en nourriture de nos âmes , c'est lui faire un outrage que de refuser l'un ou l'autre , de même que c^cst un gtand blasphème contre h Parole de Dieu que de vouloir innover et changer la forme qu*il nous a lui-même annoncée de sa précieuse bouche.

Sur les questions de Padoration de?

saints et du purgatoire , il fit une réponse également remarquable :

« La communion et commémoration des Saincts, dit-il, nous servent d'exemple à nostre vie , et Jésus-Christ luymesme nous a commandé le prier, et s'addresser à luy directement , qui est nostre moyenneur envers Dieu son Père, et est jaloux de ceste gloire. Puisqu'il nous a fait cest honneur de

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nous asseurer qu^il intercédera pour nous, n'csi jà besoin de nous addresser à autre qu'à luy, et serions grandement ingrats de mespriser cesl honneur qu'il nous a fait, de vouloir luy-mesmeestre nostre advocat, comme il est escrit, Qu'il a purgé noz fautes par son sang précieux : ce seroit un grand blasphème de dire qu'il ne les eust purgées suffisamment, et qu'il y eust un autre purgatoire que sa mort et passion. Et quant à la vénération des reliques des Saincts, depuis que l'esprit est party de leurs corps, ne les faut vénérer; ce n'est qu'un corps sans ame et sans esprit. »

Il se prononça avec non moins de force contre l'observation des fôles de la Vierge et des Saints, contre les jeûnes ordonnés par l'Eglise, le carême, l'abstinence de chair en certains jours, la primauté du siège de Rome; il repoussa avec une dignité pleine de noblesse les odieuses provocations à la délation que les commissaires se permirent à plusieurs reprises, sans en excepter l'évoque de Paris qui alla jusqu'à le dispenser, « par la puissance qu'il avoit en l'Eglise, » de ce qu'il qualifiait de sot scrupule ; et lorsque enfin, la sentence qui le condamna « comme hérétique et pertinax » à être dégradé, lui fut signifiée, voulant « ester toute occasion de penser qu'il se précipitast et qu'il fust cause de sa mort avant le temps, » il en appela au parlement comme d'abus.

Mais qu'avait-il à attendre d'une cour qui, vers lamôme'époque, avait organisé l'espionnage et la délation en grand, par arrêt du 7 septembre 1559 enjoignant « à tous propriétaires et locatifz des maisons de Paris et faulxbourgs de s'enquérir diligemment de la conversation , bonne vie et chrestienté de ceulx qui habitent et logent es dictes maisons; faire diligences sçavoir si es dictes maisons se font aucunes assemblées et convonticules, pour les révéler à justice ; et où ils seroycnt négligens ou dissimulans, sera procédé à rencontre d'eulx par punition corporelle etexemplaire, et confiscation desdictes

maisons. Pareillement enjoinct k ceulx qui sont chefs et habitans desdictes maisons , faire diligence entendre et sçavoir si ceulx qu'ils logent, vont aux églises oyr le service divin , mesmes les jours de festes , et s'ils vivent catoliquement. Aussi enjoint à tous hosteliers, cabaretiers, et toutes personnes qui louent des chambres , prendre les noms, surnoms et qualitez de ceulx qui logent es dictes maisons , et en foire roolle pour les bailler aux commissaire et quartenier du quartier, et ce sur peine d'amende arbitraire. » Aussi par un arrêt, du 22 août, Du Bourg fut-il déclaré non recevable en sa demande. D^ commandement avait été fait à deux de ses frères qui étaient accourus à Paris afin de solliciter pour lui, d'avoir à vider la ville avant trois jours sous peine d'encourir l'indignation du roi. Du Bourg se savait donc condamné d'avance. Cependant il ne se découragea pas, et bien décidé à défendre sa vie pied à pied, il appela à son secours toutes les exceptions dilatoires que lui fournit sa profonde connaissance du droit, jusqu'à ce que des lettres-patentes, datées du 5 décembre, vinssent ordonner au parlement de procéder sans délai à son jugement définitif ( Collet. Dupuy, N- 245-216). Ce fut alors que , renonçant aux chicanes qu^l avait employées moins pour prolonger ses jours que pour faire ressortir la partialité et l'iniquité de ses juges, il écrivit une belle profession de foi qu'il adressa à Messieurs du parlement et que nous reproduisons presque en entier.

« Puisqu'il a pieu à nostre bon Père me faire la gr&ce de vous avoir rédigé par escrit la confession de ma foy et la forme de vivre que je veux suivre, «a- . semble afin que je responde aux articles extraits des ordonnances du roy, pour le tout joint à mon procès, m'estre donnée sentence d'absolution ou condamnation.

« Je vous déclaire que je suis et veux estre chrestien , vivre et mourir pour ensuivre et maintenir la doctrine

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