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du bon Dieu Père éternel et de son Fils unique Jésus-Christ (nostre seul sauveur , médiateur et advocat , estant de mesme substance que son Père , éternel et immortel) et du Saiut-Esprit, qui est la vertu de Dieu, procédant du P^ro et du Fils , comme tesmoigne sainct Jean , au premier chapitre : Que le Père tout-puissant a créé le monde et les créatures d'iceluy par son Fils (qui est sa Parole éternelle) el le S;iinct-Espril. Et après que Thomme par le conseil du serpent eut transgressé le sainct commandement du Seigneur, fut rendu d'immortel, capable de mort, ayant esté en première génération engendré non subject à péché, a esté par sa faute commise rendu esclave de péché et du diable , et a perdu tout son vouloir et puissance de bien faire, fors qu^en tant U plaist au Dieu tout-puissant luy faire grâce.
« Finalement, à cause de la transgression, condamné à mort éternelle, sans le moyen du Seigneur Jésus- Christ, lequel prééleu du Père, a esté envoyé au monde, afin que comme par le péché d'un la mort estoit ordonnée à l'homme , ainsi par l'advénement et mort du Fils de Dieu éternel , la vie éternelle luy fust restituée.
« Or ce bon Rédempteur ayant voulu naistre en forme d'homme mortel , s'estantassubjetty à toute s les affections du monde, hors péché, comme tesmoigûent les saincts prophètes et tes~ moins de sa parole , a esté condamné à mort ignominieuse de la croix par l'envie des Scribes et Pharisiens , et Grans Prestres de la loy de Moyse.
« Iceluy donc après avoir esté trois jours en la terre , à Texemple du bon prophète Jonas, est monté visiblement au ciel , là où il est tousjours vivant , pour intercéder pour nous , jusqu'à ce qu'il viendra au dernier jugement, juger le monde : brief, je croy tout ce ce qui est contenu au Livre du Seigneur.
« C'est assavoir du Vieil et Nouveau Testament, et tout ce qui est tenu pour canonique et authorizé de TËglise catoUque , je le croy estre la vraye Pa-
role de Dieu, dictée par le Sainct-Esprit, escrite par les vrais secrétaires , prophètes et apostres de nostre bon Dieu, afin d'édifier la saincte Église et congrégation des Chrestiens.
« Je croy qu'à ceste très-saincte Parole il n'est licite à quelque personne, de quelque estât ou qualité qu'elle puisse estre. adjouster ou diminuer aucune chose en loix , édits , cérémonies , ou autrement concernant la police de la religion chrestienne. Fait pour la confirmation de mon dire, le iv et xii chapitres du Deutéronome , où il est dit : Vous n*adjousterez rien àla doctrine que je vous baille. Item, Josué, xxiii chapitre : Efforcez-vous de garder ce qui est escrit au livre de %a loy, sans vous destourner ny à dcxtre ny à senestre. Le mesme est escrit en Isaïe Lv, et aux Proverbes xxx, disant :
Vous n' adjouster ez rien aux paroles du Seigneur que vous ne soyez trovrvez menteurs. Si vous voulez confirmation du Nouveau-Testament, lisez le I*' aux Galates : Si un ange du ciel vous annonce autre Evangile que celuy que vous avez receu^ il soit excommunié.
Item, en sainct Matthieu, xv chapitre : En vain vous m'honorez enseignant doctrine des commandemens d* hommes. Toute plante que n*a%ra plantée mon Père céleste sera arrachée, etc.
« Je conclu donc que toutes les loix faites par les papes ou autres, concernantes la religion chrestienne, ne peuvent assubjettir les Ghrestiens à suivre autre reigle ou doctrine que ce qui est contenu au livre de la Bible. Ainsi que Dieu est parfait, sa doctrine est parfaite, et n'a besoin de glose ou augmentation : autrement les ApoStres auroyent mal régy leur Eglise, en ayant obmis tant de superstitions qui sont aujourd'huy en règne entre les Papistes.
« M'appuyant donc à la seule Parole do Dieu, je rejette, ainsi que font toutes les églises réformées par le vouloir de Dieu, toutes les constitutions du pape, qui se monstre plus savant
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que Jésus-Christ et ses Apostres, ou Hulicmeal luy vcult totalement contrarier ; car le Seigneur dit, en Ëiode \x : Six jours tu travailleras, et au septiesme tu te reposeras; mais le pape, pensant estre )e plus suf(e, ùi'fend de travailler à certains jours pur luy limitez. Jésus-Christ permet à toutes créatures qui ont cognu la vérité, d'user de toutes viandes en tout temps, avecques action de grâces, Paul, i Tim. IV ; mais le pape le défend.
« Jésus-Christ dit que ceux qui n'auront le don do conlinence se peuvent marier, 1 Timoth. lY, et le pape le défend aux prestres; combien qu'il y en ait eu moult de mariez en la primitive Eglise, et jusques à Calixte pape.
« Aussi Dieu défend de mettre images aux temples, comme nous monstrerous incontinent; le pape le permet.
Au moyen de quoy il est à bonne cause dit Antéchrist, et dépeint par sainct Paul à la seconde aux Thessaioniciens, deuxiesme chapitre.
« Ce point remis au jugement de toutes gens de bien, ayans la cognoissance de Dieu et de son Evangile, jugeront ce que dessus estre véritable.
« Bespondant aux articles, savoir s'il est licite invocquer les Saincts trespassez, je vous respond que nous n'en avons aucun commandement par la Parole de Dieu. Mais, au contraire, nous est commandé, quand nous voudrons obtenir pardon de nos péchez, d'invocquer le Seigneur par le moyen de son Fils Jésus. Il est escrit au Psaume l : Invoque-moy au temps (T adversité f et je te délivrer ay, puis houfuur m'en feras.
« Autant en est-il dit en Isaïe lv, Joël 11, Rom. X, Ëphés. lu Ainsi est dit en saioci Matthieu xi : Venez à moy, vous fui estes chargea, et je vous soulagerai/. Item en Ezéchiel vin : En quelque heure que le pécheur gémira, je rCauray recordation de son péché. D'avantage, il dit eu sainct Jean, xivct xvi chapitre: Tout ce que vous demanderez en mon nom.
il vous sera donné; demakdfz et vous receverez, cte.
« Item, par le seul Jésus-Chrisl nous avons accez au Père , Romains v.
sainct Paul au-si dit : J^sus-Christ peult sauver tous ceuûs qui s'approchent de luy, tousjours vivant pour intercéder pour nous. Rom. viii.
Ainsi Jésus-Christ parlant par la bouche de son prophète Isale xliii, dit :
Cestmoy, c'est moy qui effftce tes péchez pour l'amour de moy^ et n'a»' ray plus souvenance de tes iniquitez*
<« Il est ainsi escrit au Pseaume xviii et xc : Se suis- je point l'Eternel ? Il n'est nul autre Diâu que moy. Il n'y a pas de Dieu qui sauve, sinon inoy,
« Autant en estait dit en Isaîe xly, au Deutéronome xxiii : Voyet maintenant que c'est moy, et n'y a point d^ autre Dieu avecques may : je fay mourir et fay vivre, etc. Autant i Samuel 11, Osée XIII, Deutéronome iv.
Par lesquelles paroles je dy qu'il n\ a que Jésus-Christ qu'on doive inToquer, pour avoir rémission de ses péchez.
Et si on dit qu'ils servent d'adTocats pour patrociner pour nous; je respon:
que puisqu'il n'est commandé de s*addresser à eux, il n'est aucunement licite. Car il est dict aux Actes qoathesme : // n'y a aussi salut en nul entre. Il n'est point donné autre nom soui le ciel que le nom de Jrsus pour avoir salut. D'avantage, il est dit : Si ancun a failly, il y a un adtocêt en* vers le Père, Jésus-Christ, i Jean ii.
Item. Il y au» médiateur entre IHen et les hommes, Jésus-Christ, i Timoth. II. Par quoy, et que ce terae Un vaut à dire Seul, je dy qu'ii n^y t que ce bon Jésus qui puisse prier poir nous. Ainsi les Sages qui vindrwit voir la Vierge n'adorèrent icolie, mais son enfant, en sainct Matthieu, chap.iu Plus, il n'y a que ce bon Dieu qui cognoisse le cœur des hommes, et qui sache leurs pensées. R«m. viir et ii.
Chron. vi, Jérém. ivii, Psaaune xxiiii. Par quoy je fay arfumeai qae
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noz prières à eux addres^ées sont illusoires» comme faites à créatures qui ne BOiis «Dleodent. Ainsi les Saiocls ont rendu cest honneur à Dieu, et u'ont youlu eslre invocquez ni adorez. Voyex Kslher, chap. iii. Item, comme les Apôtres ne voulurent estre adorez, Actes XIV. L*ange, en pareil, ne voulut 9Str« adoré, disant : Je iuis serviteur ùMMmes iay. Apec xix et xxii.
« P» quoy je conclu veu qu'il n'est commaiidé parla Saincte*£scriture invoquer les morts, ains défendu de demander conseil aux trespassez, Deut.
XVIII, et que Jésus-Christ est si doux, disant en sainct Matthieu, chap . vu :
Oni e$t le père^ si son enfant lui de* mande du pain, qui luy donnera une pierre^ etc., et à plus forte raison^ le Père céleste pardonnera à ceva fui le requerront, et que nul ne peut venir au Père sinon par luy; mesmeroent que Chrysostôme sur sainct Matthieu i, Homélie v, dit que nous honorons les Saincls, quand nous imitons leur vie : j'aime mieux estrci asseuré de mon salut par le moyen de Jésus-Christ, mon advocat, que d'estre en douhte en fond.ant ma foj sur une incertitude : et si vous me dites qu'il est dit que nous devons prier les uns pour les autres, je le confesse, tandis que nous sommes en ce monde, afin que nous ne soyons oisifs, et pour monstrer uostre charité. Mais depuis 9 ne -ce corps est séparé d'avecques l'esprit, nous avons osté toute solicitude luunaine; ains nous conformons totale*ment au vouloir de Dieu. Si vous alléjniez le Pseaume , Je confesse mon iniquité à Dieu : pour ceste cause tout sainct te priera en tem2)S oportuny je respon, qu'il parle de^ Saincts vivants comme le pourrez voir par le Pseaume .Lesquels fidèles sont appelez Saincts en TËscriture, Apocal. viii et I Cor. i, H Cor.i, Ëphés. i, i Pierre ii, Lévitiq. xix.
« Item, savoir s'il est licite d'avoir des images aux temples des Chrestiens; à quoy je respon, qu'il n'est pas seulelaôoi QOii licUe, mais expressément dé-
fendu par les Saiuctes Ëscritures comme une idolâtrie meschante.
« Premièrement, voyez Deutéronome, chap. iv, ou il est dit en ces termes : Vous prendrez donc bien garde pour voz âmes, que vous n^ayez veu aucî^ne similitude ou ef/lgie au jour que r Etemel votre Dieu a perlé à vous en Uoreb, du milieu du feu, afin que vous ne vous corrompiez, et que vous ne faciez image taillée, représentation de toute pourtraiture, soit espèce de mas le ou de femelle.
Autant en escrit Isaïe xlh, Exode XXXIV. Josué XXI v^ il est dict : Tu ne i'iuclineras point devant autre Dieu, etc. Te ne te feras nul dieu de fonte. Hesmes aux comroandemens de Dieu, en Exode xx : Tailler, tu ne feras image 4^ quelque chose que ce soit ; et aussi en Isaïe xl, il est escrit : A qui fere^-cous ressembler r Eternel^ et quelle figure disposerez-vous pour luy ? V ouvrier fo^it Vimage, V orfèvre estend V or pour la figure.
Or, à qui me ferez-vous semblable?
Efilevezvoz yeux en haut,
« Et aussi il est dict en ceste sorte, Sapience xv : Nul homme, comm^ homme, ne pourra peindre Dieu semblable à luy, et r homme mesmement est meilleur que Vimage. Voyez, eu pareil, les malédictions de ceux qui font des images, Deutéronorae xi et xvii, Pseaumes cxv et cxxxv , Jérémie x.
Aussi les commandemens d'ahattre les images, disent, Deut. xii et Exode xxxiv : Vous démolirez leurs autels, vous abbattrez leurs statues et bruslerez leurs images,
« Voyez le ma! provenu des images, Sapience xiv, Romains i. Par les passages dessus cscrits, la plus part s'entendent des images faites pour dissimuler et figurer Dieu, comme en Isaïe XL, disant : A qui m'avez-vous fait semblable? et qui se font un dieu de taille, qui ne bouge d'une place, et n'oit ce qu'on luy demande, et ne pourra les sauter,
« Or donc, puisque c'est chose prohibée de Dieu et non commandée, mais
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conslilulion humaine, à Tcxemple de Ezcchias, ii Rois xvi, etc., et de Josué, II Chron.; roesmcs de Josias, ii Rois xxiii, qui tous ont abbattu les images, n'ayons crainte d'invoquer Dieu sans images, en soustcnant que telle superstition et idolâtrie doit estre arrachée des Chrestiens ; laquelle , en brief temps, prendra fin, au moyen du bon Dieu éternel.
« Aussi je croy que le commencement de toutes idolâtries a esté Texcogitation et invention des images. Lesquelles aussi ont esté faites en abomination et scandale aux âmes des hommes, et sont comme laqs et filez aux pieds des ignorans, pour les faire trébuscher. Pour ce, ne doivent-elles estre honorées, servies, adorées, ny endurées es temples des Chrestiens ou églises, ny au lieu où les Chrestiens s'assemblent pour ouïr et entendre la Parole de Dieu : ains totalement ostées et ruinées, comme porte le second commandement du Seigneur ; et ce par l'authorité du magistrat, et non point par l'authorité privée d'un homme particulier. Car le bois du gibet, par lequel on fait justice, est bénit de Dieu ; mais l'image faite de la main de l'homme est maudite du Soigneur, et celuy qui la fait avec : pour ce, nous nous devons bien garder des images sur toutes choses.
« Je croy aussi les saincts sacre^ mens, qui sont les marques de la vraye Eglise, estre les signes de l'alliance faite entre Dieu et nous par Jésus-Christ, seaux de la promesse du Seigneur et symboles externes et visibles de la chose intérieure et invisible, lesquels sont au nombre de deux seulement, assavoir le baptesme et la saincte Cène du Seigneur. Iceux ne sont point signes vuides, ains remplis, c'est-à-dire non seulement signes significatifs, mais aussi exhibitifs de la chose qu'ils signifient en vérité, comme nous déchirerons cy-après, Dieu aidant.
« Touchant les autres cinq qui sont receus et exercez avccques grands abus et superstitions en l'Eglise papistique,
assavoir confirmation, confession, ma»
riage, imposition des mains (autrement dit ordre) et l'onction, je dy tout cela avoir esté cérémonies ecclésiastiqQos, desquelles les saincts Pères ont osé en leur temps sainctement, sans aucune superstition : desquelles aussi on pourra user aujourd'huy k leur exemple, supposé que cela fust fait sans erreur, sans abus et sans superstition, sauve tonsjours la liberté chrestienne et évangélique, laquelle délivre noz consciences de toutes cérémonies externes, par les hommes instituées sans la Parole du Seigneur,
« Je croy que le baptesme est signe de la nouvelle alliance entre Dieu el nous, faite par Jésus-Christ, et la marque des Chrestiens en l'Kvangile, coah me jadis la circoncision estoit la marque des Juifs sous la loy; que c'est aussi un lavement extérieur fait par eau, signifiant un lavement intérieur en l'esprit, fait par le sang de Jésus-Christ : lequel doit estre donné et communiqué, tant aux petits enfans, comme aoi grans, selon l'ordonnance de Jésas- Christ, et ce une fois seulement, sans jamais le réitérer. C'est la mer Rouge, en laquelle Pharaon, c'est-à-dire le diable, avec tout sonexercite de pédié, est totalement submergé, et l'Israélite passé par le milieu sauf ; et puis cheminant par le désert de ce monde arecques de grandes angoisses, fascheries et tribulations, use journellement de la manne céleste, qui est la saincte Parole du Seigneur, jusques à ce qu'il entre par mort en la terre de promission céleste.
« Je croy aussi que le baptesme est l'entrée de l'Eglise , un lavement de régénération et renouvellement an Sai net-Esprit, par lequel nous renonçons à nous-mesmes, à Satan, à péché et au monde. Car, ayant despouillé le neii homme, avecques toutes ses concupis* cences, nous revestons le nouveau, qui est Jésus-Christ, en justice et en saincteté, avec lequel mourons et sommes ensevelis en sa mort : afin que comme Christ est lessasctté des aeits
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par la gloire du Père, pareillement nous cheminions en nouveauté de vie, mortifiant tousjours ce qui est de nous, en nous, pour exterminer le corps du péché.
« Je croy que ce baplesme doit estre administré, non point avec de l'huile, sel, crachats, ou semblable chose, ains seulement en eau pure et nette,au nom du Père, et du Fils, et du Sainct-Esprit,jouxte l'ordonnance et institution de Dieu : sans y rien changer, osier, ne diminuer; et le tout en langage vulgaire et commun, entendu de tous, attendu que ce qui est fait ou dit en l'Eglise du Cl\rist, doit estre entendu et cognu de tous les fidèles.
« Par ce baptesme nous sommes changez et transformez d'en fans d'ire, de péché, du diable et perdition, en enfans de Dieu, de grâce et salvation, pour estre héritiers avecques Christ en la vie éternelle. Pour ce, doit-il estre donné et communiqué seulement aux créatures raisonnables, qui sont capables des choses célestes , non point aux cloches, ou à choses semblables, qui ne peuvent renoncer et exercer les choses signifiées par icelles.
« Je croy ce baptesme d'eau n'eslre point tellement nécessaire au salut, que rhomme ne puisse bien estre sauvé sans iceluy en cas de nécessité. Et mesme ne douté-je du salut des petits enfans qui meurent sans baptesme, qu'ils ne soyent sauvez aussi bien comme s'ils estoyent baptisez, d'autant qu'ils sont comprins en l'alliance du Seigneur, et sont participans de la promesse que Dieu a faite à tous ses fidèles et croyans; c'est qu'il sera leur Dieu, et de leurs enfans. Parquoy s'ils meurent avant qu'estre baptisez, ils ne sont pas moins participans de ceste promesse, ny conséquemment du salut éternel. Comme aussi jadis sous la loy, les petits enfans mourans sans la circoncision estoient sauvez; par ce mesme moyen, j'euten seulement des enfans des fidèles, auxquels appartiennent les promesses du Seigneur, et non point des infidèles ou réprouvez.
« Je croy que le sainct sacrement de la Cène est une saincte et externe cérémonie , instituée par Jésus-Christ en l'Evangile, un jour avant sa mort, sous l'espèce du pain et du vin, en mémoire et recordation de sa mort et passion, ayant et contenant en soy promesse de la rémission des péchez. Parlequel sacrement nous participons véritablement au corps et au sang de Jésus-Christ, nous sommes nourris et alimentez en la maison du Seigneur, qui est son Eglise, après estre en icelle entrez par le baptesme. Iceluy aussi doit estre donné et communiqué à tous, sous les deux espèces, selon l'institution ordonnée et commandée de Christ, contre lequel n'est licite de rien attenter.
« Je croy qu'en ce sainct sacrement les signes ou symboles ne sont point changez en façon quelconque, ains qu'ils demeurent entièrement en leur nature, c'est-à-dire que le pain n'est point changé ne transsubstantié (ainsi que les caphars et faux docteurs enseignent, décevans le povre populaire) au CQrps de Jésus-Christ, ne le vin transsubstantié en son sang; mais que le pain demeure tousjours pain, et le vin demeure tousjours vin, un chacun à sa propre et première nature. Car les paroles que Christ dit à ses apostres en donnant le pain, disant, C'est-cy .mon corps, j'enten et croy estre dites par une métonimie qui est une manière de parler fort commune aux Sainctes Escritures : comme aussi les ont entendues, et par leurs escritsdéclairées les saincts Pères et Docteurs ecclésiastiques, Irénée, Cyprian, Tertulian, Ambroise, Augustin, Chrysostôme et autres semblables, qui ont escrit outre et avant le conciliabule de Latran, où fut conclue la transsubstantiation du pain au corps de Christ, et du vin au sang, et donnée pour article de foy au grand déshonneur de Dieu et scandale de toute l'Eglise, Tan 1 050, par le pape Léon IX, auquel Satan estoit desjk deslié, comme l'avoit prédit l'Apocalypse, et troubloit l'Eglise plus que paravant.
« Je croy que tout ce sacrement gisl
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et consiste en Tusaip'c, tellement que, hors rusage,ce pain ctce vin ne sont en rien différens à fiiulre pain et vin communs, (lesquels on use communément en la maison : et pour ce, ne croy-je point que le corps de Jésus-Christ soit contenu, attaché, ou enclos en ce pain, sous ce pain, ou avec ce pain, ne le sang en ce vin, sous ce vin, ou avec ce vin ; ains croy et confesse iceluy corps estre au ciel à la deitre du Père, comme par cy-devant avons dit, et que toutes fois et quantes que nous usons de ce pain et de ce vin, selon Tordon* nance et institution de Jésus- Christ, que véritablement et de fait nous recevons le corps et le sang d'iceluy par foy.
« Je cray que ceste réception est faicte non point charnellement ou cor* porellement, ains en esprit par vive et vraye foy, comme dit est par cy-devant, c^est à dire, que le corps et le sang de Jésus-Christ ne sont point donnez à la bouche et au ventre, pour la nourriture du corps, ains à nostre foy, pour la nourriture de l'esprit et homme intérieur en vie éternelle. Et pour ce faire n'est-jà besoin que Jésus-Christ descende du ciel pour venir à nous, ains que nous montions à luy, dressans noz cœurs par une vive foy là haut à la dextre du Père, où il est assis, d'où nous l'attendons à nostre rédemption ; et non pas la chercher en ces élémens visibles et corruptibles.
« Je croy que ceste saincte Cène estun sacrement aux fidèles seulement, et non point pour les infidèles : auquel on trouve et reçoit-on ce qu'on porte, et rien de plus, si ce n'est augmentation de foy, grâce et vertu. Et pour ce, en iceluy trouvent et reçoivent Jésus- Christ à salut, ceux-là seulement qui le portent ayec eux , par une vive et vraye foy. Mais les autres qui y viennent sans foy et sans pénitence, y trouvent et reçoivent seulement les symboles et signes externes et visibles , et ce à leur condamnation ; comme Judas, et autres semblables meschans et réprouver,
a Je croy que ce sacremeat contient deux choses : l'une qui est terrcstro , charnelle et visible; l'autre qui ettc^ leste , spirituelle et invisible. El confesse que comme nostre corps et hom^ me extérieur reçoit la chose terrestre et visible, qui est le pain et le vin, par lesquels il est nourry et alimenté; qu'ainsi véritablement nostre esprit et nomme intérieur reçoit la chose céleste et spirituelle, signifiée par le pain et le vin, assavoir le corps et le sang dt Jésus-Christ; tellement que nous soaimes faits un avecques luy, os de ses os, chair de sa chair, participans aveeques luy en toute justice et antres ver* tus, dons et biens que le* Père Eternels mis et posez en luy.
« Je croy qu'à ceste saincte tabU doivent être admis seulement les fidè^ les, vrais contrits et pénitens : et teiu indignes rejettez, de peur de polluer e| contaminer les viandes sacrées que lé Seigneur ne donne sinon à ses domestiques et fidèles. J'appelle les indignes tous infidèles, idolâtres, blasphéma* teurs, contempteurs de Dieu, hérétiques, et toutes gens qui font sectes à part, pour rompre l'unité de l'Eglise, tous perjures, tous ceux qui sont rebelles à pères et à mères, et à leuf supérieurs, tous séditieux, matins , bateurs, tioiseurs, adultères, paillards, larrons, ravisseurs, avaricieax, yvraA«gnes, gourmans; et généralement ceiK qui meinent vie scandaleuse et dissolue. Car telle manière de gens n'oiU point de part et portion au royaume de Dieu; pour ce doivent estr^ rcjjettez et mis hors de l'Eglise; avecques 'lesquels n'est licite fréquenter, manger, boire ou contracter alliance, si ce n'est pour les gaigner et mener à pénitence.
« Je croy que la messe pi|Nisti|iie n'est point et ne peult estre la saîBCtè Cène du Seigneur, ains une pore invention des hommes menteurs et ini ques totalement contraire À icelle, gobime la nuict au jour, Bélial à Jésus- Christ. Ce qui sera cognu de tous plvs clairement que le midy par la conférence et coUaUon laUe entre l'insUta-
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