II. Diicowrê de la paueman 4a
religieuies ureulmesde Laudm^ Paris, 4634, in-S".»— Duncan eut le courage de dire que cette prétendue possession n'était qu'un effet de l'hystérie et d'une imagination déréglée. Sans la puissante protection de la maréchale de Brézé, il aurait été cruellement puni d'avoir osé démasquer une abominable jonglefie, malgré les ménagements qu'il avait gardés envers Laa« bardemont, l'évéqme de Poitiert et lei autres acieurs dans ce drame.
m. Loçica, Salm., 4«43, ii-8\-**' 11 y a probablement eu une édit. antélieiire.
Marc Duncan laissa trois fils. L'alné, nommé M^ac, s'est rendu célèbre, sont le nom de Cxbisantes, par ses talents et sa vie aventureuse. Né vers 4 600, Marc Duncan avait reçu de la nature les dons les plus brillants, et il y joignait les avantages d'une excellente 'éducation ; mais ses moyens de plaire étaient singniièrement affaiblis par une vanité enragée, comme dit Tallemant Des Réaux, et par «ne ambitâon sans bornes. Destiné à la carriène médicale, il fit ses études il Montpellier. A son retour à Saumur, il trouva à se placer conune précepteur et gouverneur du jeune marquis de Fors, dans la noble lamille Du Vigean. Son élève ayant acheté, après sa conversion, le régiment de Navarre, Duncan, qui piit, dès lors, le nom de roman sous lequel il s'est fait connaître, renonça à la médecine et accepta -du nouveau colonel la iieutenance de mestre-de-camp. Lu mort du marquis, tué devant Arras, le décida à donner sa déaûssion, et il partit, en 4644, pour Gonstantinople, chargé d'une mission par Richelieu.
Trois ans plus tard, dans l'espoir sans doute d'avancer plus rapidement sa fortune, il se rendit en Suède, muni d'une lettre de recommandation de Grotius, qui lui procura un facile accès auprès d'Oxenstiern. Le chanceher, à qui il .présenta ses poésies latines, conçut <fte l'estime pour le pointe et le renvoya en Franoe avec le titre d'envoyé. OéliMnteâ sut fagaer. tes bouwB friioos
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de Mazarin, mais il irrita la Cour entière par ses airs vains et altiers, en sorte que les plus grands seigneurs mirent tout en œuvre, jusqu'à la calomnie, pour obtenir sou rappel du gouvernement suédois. Instruit de ces intrigues, il quitta brusquement son poste sans congé, et, renonçant au service de la Suède, il partit pour Varsovie. Le roi de Pologne ne l'ayant pas, à son avis, accueilli selon son mérite, il passa en Russie, d'oCi il retourna k Constantinople, se berçant, dit-on, de l'espérance de devenir un jour grand-visir.
N'ayant pas mieux réussi en Turquie qu'en Russie et en Pologne, il se rendit à Rome et abjura la religion réformée pour se frayer les voies au cardinalat et au siège pontifical. Peu de temps après, Naples s'étant révoltée, il y suivit le duc de Guise, avec la mission secrète, à ce qu'il parait, de surveiller ses démarches. Innocent X l'ayant, sur ces entrefaites, nommé son camérier, il se disposait à partir, lorsque le duc de Guise, qui connaissait sa bravoure et ses talents militaires, le pria de commander une des attaques qu'il préparait contre le camp espagnol. Cérisantes ne voulut point laisser échapper cette occasion d'acquérir de la gloire ; mais il reçut, dans le combat, une blessure dont il mourut à la fin de février 4648. « Il faisoit, dit Tallemant Des Réaux, les vers latins aussi bien que personne. »
Cette appréciation de son talent est justifiée par deux Odes latines (les seules qui soient arrivées jusqu'à nous), qu'on trouve dans les Lettres de Balzac et dans le T. II du Menagiana (édit. de Paris, 1 71 5, in-4 2). Il avait écrit, aussi en latin, une Relation du combat de Thionville, en 1639, et du siège d*ArraSy auxquels il s'était signalé.
Les frères de Cérisantes sont peu connus, et tous les deux sous des noms en l'air. Ce qu'on sait du second, qui se faisait appeler Mont fort, c*«st qu'il mourut à Stockholm. Le troisième, Sainte -Hélène, se relira à Londres pour cause de religion, et y mourut, le %0 janv. 4697. Bayle cite divers
fragments d'une Apologie quMl avait composée pour venger la mémoire de son frère, des calomnies répandues sur son compte dans les Mémoires du duc de Guise. Nous ne croyons pas qu'elle ait été imprimée. Il laissa un fils qui mourut en Irlande.
Dans leur ouvrage sur les Réfugiés français du Brandebourg, MM. Erman et Réclam ont constamment confondu les Duncan de Saumur avec une autre branche de la même famille qui s^était établie à Montauban plusieurs années avant que Marc Duncan se fixât en France. C'est .vraisemblablement dans la seconde moitié du xvi* siècle que Guillaume Duncan quitta sa patrie.
Comme Marc, il était médecin, et, comme lui, il professa la philosophie; c'est tout ce que Ton nous apprend sur son compte. Son fils Pierbe, médecin également renommé, disputa à Pierre Béraud la chaire de langue grecque.
Le colloque de Bruniquel l'engagea à porter l'affaire devant la Chambre mipartie de Castres ; mais cette démarche fut sévèrement blâmée par le Synode national de La Rochelle, en 4607, « étant fort préjudiciable aux églises que les différons des académies se terminassent en cour. » Duncan mourut eu 4649, laissant un fils au berceau.
Ce fils, nommé Daniel, fit ses humanités et sa philosophie à l'académie de Puylaurens, où il eut pour collègue le célèbre Bayle, Il alla ensuite étudier la médecine à Montpellier, et, par son application et ses progrès, il mérita l'estime de ses maîtres, ainsi que de l'habile praticien Barbeyrac, Après avoir pris, en 4673, le bonnet de docteur, il vint à Paris, attiré par le désir de perfectionner ses connaissances, et il y passa sept années, au bout desqueUes il retourna à Montauban dans l'intention de s'y livrer à la pratique de son art. Quoique fort attaché à sa religion, il ne put se résoudre à abandonner sa patrie,en1 685; cependant l'intolérance le contraignit, cinq ans plus tard, à émigrer comme tant de milliers de ses coreligionnaires. Il se relira à Genève,
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d^où la jalousie de ses confrères le chassa dès l'anuée suivante. 11 alla demander alors un asile à Berne, où il passa huit ou neuf ans, exerçant avec succès la médecine et donnant des leçons d'anatomie. Les services qu'il rendait Je firent excepter de la mesure générale prise contre les Réfugiés, lorsque, cédant aux aveugles préventions du peuple contre de malheureux étrangers, le sénat de Berne ordonna à tous les Protestants français, retirés dans le canton, de sortir de son territoire; mais Duncan no voulut pas séparer son sort de celui de ses compatriotes, et, quittant avec eux une terre inhospitalière, il alla s'établir à Berlin où il fut accueilli de la manière la plus honorable. L'électeur le nomma, en 1 699, directeur du lombard de Berlin, et, en même temps, professeur à l'école de médecine. Duncan ne remplit jamais ces dernières fonctions. Il quitta même, en 1703, la Prusse pour la Hollande, et, après un séjour de douze années à La Haye, il finit par se rendre à Londres, où il mourut, le 30 avril 1735, succombant à l'excès du travail plutôt qu'à la vieillesse. On a de lui :
I. Explication nouvelle et méthodique des actions animales, Paris, 1678, in-12.— Selon le Pict. des sciences médicales de Panckouke, cett« physiologie est calquée presque entièrement sur celle de Willis, et l'auteur, édifiant ses théories, non pas sur des faits pratiques, mais sur ses propres imaginations, est conduit souvent aux suppositions les plus bizarres. Le Journal des savans prétend cependant qu'il apprend à faire la dissection du cerveau d'une manière plus naturelle que celle de Du Bois, de Bartholin et de Willis lui-môme.
IL La chymie naturelle ou explication chpnique et méchanigue de la nourriture de l'animal, 1" part., Paris, 1681 ; %• et 3« part., Paris, 1686, in-12; nouv.édit., Paris, 1687, in- 12, comprenant, avec de notables changements et des additions considérables, les N** I et 11 sous le titre :
Histoire de V animal ou la connaissance du corps animé par la méchanique et par la chymie (1); réimp., La Haye, 1707, in-8»; trad. en latin par l'auteur, Amst., 1707, in-8". — Duncan veut prouver que, dans l'ani" mal comme dans le monde, dans le microcosme comme dans le macrocosme, la nature suit exactement les lois de la chimie. Le Dict. des sciences médicales déclare que tout est absurde dans ce livre; et, cependant, il a joui, de son temps, d'une certaine réputation.
lU. Avis salutaire contre Valus des liqueurs chaudes , etj)articulih rement du caffé, du chocolat et du /A^, Berlin, 1 698 ; 2« édit., Rotterd,
1705, in-8"; trad. en angl., Lond.,
1706, in-8%etenallem., Leipz., 1707, in-1 2. — Duncan pose en principe que les liqueurs chaudes sont salutaires à ceux qui ont une chaleur trop faible, et nuisibles à ceux dont le sang est chaud et subtil.
Selon l'Hist. des Réfugiés en Prusse, il a laissé, en outre, un poëme et des devises sur le couronnement de Frédéric I ; selon la Biblioth. britannique, divers traités de médecine, de mythologie et de physique, parmi lesquels elle en mentionne, plus spécialement, un sur la peste et un autre sur l'inoculation de la petite vérole. On a publié, dans le Journal des savans de 1 683, une lettre de lui, relative à une petite fille qui avait eu ses mois à cinq ans.
Daniel Duncan, dernier pasteur de l'église deBideford, était son fils. Cette église, fondée au commencement du xviii* siècle par Romans, ne compta guère que 50 années d'existence. Le dernier baptême qui y fut célébré fut celui du jurisconsulte Balthasar Saint- Michel. Daniel Duncan mourut en 1761 . Watt lui attribue plusieurs traités religieux ; mais il n'en mentionne
(1) Le Dict. des sciences médicales, faisant de cette Histoire de l'animal un traité nooveau, en indique une édit. de Paris, 1682, in-8», et une trad. latine d-Amslerdain, 1683, in-S". Le Journal des savans donne, au contraire, redit, de 1687 pour la première.
particulièrement qu^un seul, dont voici le titre : Collects vpon the principal articles of the Christian faith, according to the order ofthecatechismof the church ofEngland, i754.
DU PÉRIER ou Du Perrier, nom d'une des maisons les plus anciennes et les plus illustres de la Bretagne, qui faisait remonter son origine aux anciens rois de cette province. Une de ses branches, établie dans le Béam depuis le xiv« siècle, a professé la religion réformée (1).
Martin Du Périer. conseiller de Jeanne d'Àlbret, laissa de son mariage avec Catherine de Cassehée deux fils qui servirent l'un et l'autre dans les troupes du roi de Navarre. Daniel, i'atné, n'a laissé aucune trace de son existence dans l'histoire. Son frère Jean , sieur de Betenjon, ne se signala non plus par aucun exploit militaire; mais il se fit remarquer par son inébranlable fermeté dans la profession du protestantisme, malgré les calamités
2ue sa religion attira sur sa famille. Il pousa Marguerite de La Garrigue^ dont il eut Jean, quicontinuala branche de Betenjon; Jean, tigedes seigneurs de La Hitole ; Daniel , qui servit dans la marine, etPiBRii, mort, en 4631, sans alliance.
I. Branche de Betenjon. Jean Du Périer épousa, en 4610, Jeanne de Marca, fille à^ Armand de Marca ou de La Marque, sieur d'Ussau , ministre de Sévignac. De cette alliance naquirent Daniel , capitaine au régiment de Tonneins; Jacob, enseigne-colonel du régiment de Béthune , tué à la bataille des Dunes ; Théophile, qui suit ; EsTRiNGUE, femme du sieur de Benquet,
Théophile Du Périer, capitaine au régiment d'Hoquincourt, servit avec honneur sous le maréchal de Turenne
(1) U est fort probable que la branche bretonne adopta aussi les doctrines évangéliques. Nous trouvons, en effet, dans un rôle des Protestants de Bretagne sortis du royaome {Àrch. g/n, M. 673) le nom de Marguerite Du Perrier, v«nve de La Sangère, dont les biens avaient été donnés a René Du Perrier, nouveaa eoivwti.
jusqu'en 4 659 qu'il prit sa retraite. Sur la fin de sa vie, il se convertit avec ses deux fils Henri et Daniel, et les filles qu'il avait eues de son mariage avec Anne de Lauhoye , fille de Henri de Lauhoye et à* Anne d'Arrosé fille unique de Jacques d'Arros , baron de Biven, et d^Anne de Béam,
II. Branche de La Hitole. Jean Du Périer épousa, en 4 608, Catherine de Lajus, qui lui donna un fils nommé David, seigneur de La Hitole du chef de sa femme N, de Belard, fille de N. deBelard, sieur de Bordes. David fut père de Jean , qui abjura à la révocation , et de Théophile, qui alla s'établir à Berlin. Quartier-maltre-major des Grands-Mousquetaires et chef d'escadron dans la gendarmerie du roi de Prusse, ce dernier mourut dans la garnison de Lebensdorf près de Halle, en 4743. U avait épousé Morts-Anne de Gervaise-Cousi qui lui donna sept eafants : Théophile , mort capitaine au régiment de Wurtemberg dans les troupes impériales, ne laissant qu'un fils qui ne tarda pas à le suivre dans la tombe; — David , lieutenant au service de Prusse, qui rentra en France où il mourut adjudant-général du maréchal de Belle-lsle , et qu'il faut sa garder de confondre avec un autre ùa f>id Du Périer ou Périer de Nay, secrétaire du maréchal de &ehomber§^ mort à Berlin en 4 74 9 ; — Emile , capitaine au service des Provinces-Unies, mort à Maëstricht, le 4 3 avril 4757 ; — ^Armand, capitaine de cavalerie dans les troupes hessoises , tué a« camp de Stade en 4757; — Susbtti, dame d'honneur de la princesse de Lippe, mariée, en 4 725, avec le baron de Donop, à qui elle donna plusieurs fils qui suivirent avec distinction la cartîère militaire ; — Marie-ânnb, dame d'honneur de la princesse de Lippe et femme, en 4 734 , d'Auguste de Heiderstadt, qui la laissa veuve sans enfants ; — Louise, qui ne fut pas mariée.
I>U PÉRIKli (Pierre), ministre de Montauban , le môme , sans aucun doute, que celui qui, sous le* non de
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Pierre Du PeirUr 9 fojïùsL^ au rapport deBèze, les églises de Bnmiquel ou Bourniquel et de Gaillac. Lorsque MoDtauban fui menacée par Montluc et Terride, gagné par la terreur généra* le, Du Perler, qui avait montré tant de courage en d^autres circonstances, s^enfuit ï Gaillac. Les doctrines évangéliques, qu'il avait semées dans cette ville, y avaient fait de rapides progrès surtout parmi la classe éclairée, en sorte que, même avant que Tédit de Janvier proclamât la liberté des cultes , les magistrats avaient accordé un temple aux Protestants. Les deux religions vivaient en paix à côté l'une de l'autre, lorsque le cardinal Strozzi, évoque d'Albi, vint troubler la concorde, en réveillant le fanatisme de la populace* et présider à un des plus horribles massacres dont la France ait à rougir. Selon dom Vaissette , dans son Histoire du Languedoc , les Protestants, qui ne formaient qu'une faible minorité dans la ville, effrayés du drame sanglant qui se jouait à Toulouse, s'armèrent de crainte d'insulte et se saisirent de la porte Saint- Pierre où ils firent la Cène. Comme ils étaient assemblés le lendemain de la Pentecôte, 48 mai, les habitants du faubourg de l'Om, tous attisans ou vignerons, courent aux armes, se joignent aux Italiens de Strozzi, entraînent avec eux les catholiques de la ville, investissent le lieu de l'assemblée et arrêtent tous ceux qui assistaient au prêche; puis,serépandant dans les rues , ils font main-basse sur les religionnaires restés au logis.
Cette œuvre de sang terminée, ils conduisent leurs pi;^sonniers, au nombre de 60 à 80, dans une galerie de l'abbaye de Saint-Michel , située au-dessus d'un rocher escarpé au bas duquel ooule le Tarn. Là un laboureur, nommé Gabrol, s'affuble de la robe et du bonnet de Carrière^ lieutenant du juge d'idbigeois, qu'il avait tué de sa propre main, et , assisté d'un avocat, appelé Pousson, il prononce la sentenr ce de tous ces infortunés et les condamne k être précipités de la galerie
dans la rivière, en leur disant d'aller manger du poisson, puisqu'ils n'avaient pas voulu faire maigre pendant le carême. Des bateliers, qui se tenaient sur le Tarn, assommaient à coups de rame ceux qui essayaient de se sauver ^ la nage. Ce récit du bénédictin de Saint- Maur diffère en quelques points de celui de l'historien de Thou. Selon ce dernier , les Protestants s'étaient emparés de « l'église » Saint-Pierre et y faisaient la Cène, lorsque les Catholiques, se jetant inopinément sur eux, en massacrèrent plus de 4 50, malgré toutes les précautions prises par les consuls , qui avaient fait conduire des pièces d'artillerie pour protéger l'assemblée des Huguenots. Cette circonstance est rapportée aussi par Crespi% et par Bèze, qui afQrment qu'une conspiration avait été ourdie, qu'elle devait éclater le 4 7 mai, jour de la Pentecôte, mais que les mesures énergiques des consuls l'avaient déjouée. Ce fut seulement , le 22 , s'il faut en croire les deux écrivains protestants, que l'arri^ vée du cardinal dans la ville à la tête de 300 arquebusiers, fut le signal du soulèvement et du massacre. Crespin porte à 4 62 le nombre des victimes, sans compter les blessés, dit-il, et les morts inconnus. « Les uns, lit-on dans le Martyrologe , furent traînez par les boues, puis jettez aux corbeaux, les autres estoyent poussez à l'abbaye Saint-Michel située sur un grand et haut rocher, ayant au pied la rivière du Tar fort profonde, dans laquelle ils estoyent précipitez, rencontrans en chemin le rocher où ils se crevoyent et mettoyent en pièces , et si d'avanture quelqu'un tomboit en la rivière sans estre du tout mort, il estoit assommé par les meurtriers qui les y attendoyent dans des bateaux. » Les écrivains cattholiques qui ont flétri avec une légitime indignation les cruautés de Des iidrets, avoueront-ils que le terrible capitaine avait un digne émule en monseigneur le cardinal Strozzi? L'homme de guerre se montra même plus humain que l'homme d'église ; car il ao-
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corda la vie au soldat intrépide qui put plaisanter en face de la mort , tandis que Pierre de Domo qui avait demandé et obtenu la faveur de se précipiter luimême du point culminant de Tabbaye, à condition d'avoir la vie sauve si Dieu lui faisait la grâce de sortir vivant de cette épouvantable épreuve, fut impitoyablement massacré, nonobstant la promesse qui lui avait été faite, pendant qu'il traversait le Tarn à la nage, et le cardinal laissa faire les bourreaux. Au nombre des morts, Crespin et Bèze citent Jean Chabrol , dont ils font un des consuls de Gaillac, et non le chef des assassins, d'accord sur ce point avec de Thou. Dans la louable intention d'apaiser le tumulte, racontent-ils, il était descendu sur la place publique, ^evêtu de ses insignes ; mais pendant qu'il haranguait le peuple, une tlèche décochée par un des mutins, lui perçant l'œiJ gauche, le cloua à un poteau contre lequel il était adossé, et à l'instant il fut percé de coups. Un de ses domestiques vengea sa mort en tuant deux des assassins, et il fut à son tour mis en pièces. Les écrivains protestants ne parlent pas de l'effroyable supplice de Vialar qui, au rapport de dom Vaissette, Ait enlevé par un voiturier , étendu sur un tablier et saigné comme un mouton. Selon le même historien, le ministre Gardés prit la fuite, mais il fut atteint, percé de coups et laissé pour mort dans un fossé. Selon Bèze et de Thou, au contraire, Gardes parvint à se sauver, et ce fut Pierre Du Périer qui fut égorgé et jeté dans un puits.
DU PERRON. Voy. DAVY DU PERRON.
DU PEYROUX (Pierre), second fils de Léonnet Du Peyronx, était officier de cavalerie à la révocation de l'édit de Nantes. Il passa en Hollande; mais abandonnant la carrière militaire pour le commerce, il s'embarqua, quelque temps après, pour Surinam où il fonda un établissement important. De son mariage avec Anne Planteau naquirent quatre enfants, Son fils aine
Jacques mourut célibataire; sa fille Marie s'établit en Hollande , ainsi que son frère Jean. Pierre seul suivit son père en Amérique et le remplaça à la tête de sa maison de commerce.
Jean épousa, en 15Î5, Marie Coudert, fille de Jacques Coudert et de Marie Walraven, U en eut Pierre, mort sans postérité; — JEAji-BENJAmic, marié, en 1757, h Sophie-Pétronelle Schottenj qui lui donna un fils, nommé Pierre-Alexandre , et deux filles ; — Daniel et Joseph, morts enbasdige, et trois filles mariées en Hollande.
Marié la même année que son frère, Pierre Du Peyroux mourut à Surinam, laissant de sa femme Lucie Droilhet^ fille de Jean DroUhet et de Bénigne Wàlraven , un fils du nom de Pierre- Alexandre qui revint en Europe et alla se fixer dans le canton de Neuch&tel où il épousa, en 1769, Henriette-Dorothée de Pury, fille d'un conseiller d'état du roi de Prusse.
DU PINET (Antoine), sieur de Noroy, né à Besançon , selon La Croli duf Maine, ou plutôt à Baume-les-Dames , comme le dit Gollut, son compatriote. Du Pinet embrassa la religion protestante , dont il se montra un des plus zélés défenseurs. Il se retira d'abord à Lyon , où il se lia d'une étroite amitié avec Dalechamp, et vint plus tard à Paris, où il mourut vers 4584.
On a de lui :
I. Caie Pline second : VHistoire du monde collationnée et corrigée sur plusieurs vieux exemplaires latins , tant imprimez çu*escrits à la main, et enrichie d'anjMtations à la marge, etc*. A quoi a été adjousté un traicté : Des Poix et mesures antiques réduites à la façon des François, Lyon, i542, in-fÔL; ibid. 4566, în-fol.; 4584, 4605, 2 voL in-fol.; Gen., 4608, 2 vol. in-8"; Paris, 4645, 4622, 2 vol. in-fol. Bayle en cite une édit. de Paris , 4 608 , celle dont il se servait. — C'est le meilleur des ouvrages de Du Pinet , malgré quelques bévues qu'on peut y signaler, ' bévues d'autant plus excusables que le texte
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de Pline était fort peu correct et que la traduction en est encore aujourd'hui très difficile. Bien que beaucoup d'expressions aient vieilli, le style de cette trad. est si simple, si agréable, qu'on la préfère généralementîi celle de Poinsinet de Sivry. Elle fut longtemps la seule qu'il y eut en français de l'Histoire naturelle de Pline.
II. Exposition de V Apocalypse de saint Jean, Lyon, 4543, in-8".
III. Le 3« livre ou tome des EpU très illustres composées en espagnol par don Ant, de Guevare , trad. en franc, sur la version italienne de don Alphonse d'Ulloa, avec un traité des travaux et privilèges des galères par le même, Lyon, 4560, in-4».
IV. Plans, portraits et descriptions de plusieurs villes et forteresses tant de l'Europe, Asie et Afrique que des Indes et Terres-Neuves , Lyon, 4 654, in- fol. — ^L'auteur y a joint quelques généalogies des plus fabuleuses.
V. La conformité des églises réformées de France et de V Eglise primitive en police et cérémonies, prouvée par r Ecriture, conciles et canons anciens, s. 1. [Lyon], 4564, in-42; Lyon, 4565, in- 8". — Ces deux édit. sont également rares et recherchées.
VI. Taxes des parties casuelles de la boutique du Pape , en latin et en franc., avec annotations prinses des décrets, concilies et canons, vieux et modernes, pour la vérification de la discipline anciennement observée en l'Eglise, Lyon, 4564, in-8\ — L'épltre dédicaloire, adressée A tous les fidèles chrestiens, QSi&^iée de Lyon 26 mars 4 564. Du Pinet a suivi une édition fort différente de celles qui se vendaient à Paris en 4 520, in-4% et en 4 545, in-4 6 ; on y chercherait en vain, par exemple, cette phrase empreinte d'une charité si chrétienne : Et nota diligenter qubd hujus modi gratim et dispensationes non conceduntur pauperibus, quia non sunt, ideà non possunt consolari, phrase qui se lit
au fol. xxiiide l'édit. de 4520, et au fol. 430 de l'édit. de 4545. Les différences sont si nombreuses que les uns l'ont blâmé de n'avoir donné qu'un abrégé très-informe de l'original latin, et que d'autres ont cru qu'il s'était fait un devoir de supprimer les passages les plus infâmes. Pour nous, nous adoptons l'opinion de Bayle qui conjecture, avec beaucoup de vraisemblance, que Du Pinet a suivi l'édit. que les princes protestants firent insérer dans les Centumgravamina. Quoi qu'il en soit. Du Pinet fournit aux Protestants français une arme terrible contre leurs adversaires. Aussi les Catholiques ont-ils voulu nier l'authenticité de cette taxe hideuse , et ont prétendu qu'elle n'avait jamais été sanctionnée par la cour de Rome ; mais on leur a répondu que si les papes avaient désavoué et condamné cet horrible tarif, comme ils le prétendent, il n'en aurait pas été fait, depuis 4 474 , date de la 4" édit. publiée à Rome, tant de réimpressions successives , non seulement à Cologne ( 4 54 5 , 4 522 ), à Paris 4520, 4534, 4533, 4545), à Venise 4532, 4 584), mais à Rome même [4486, 4494, 4503, 4508, 4509, 4542, 454 4, sans parler de deux édit. sans millésime publiées entre 4 474 et 4486) sous les yeux de Sixte IV, d'Innocent VUI, d'Alexandre VI, de Pie UI, de Jules II et de Léon X. Rien donc de plus authentique que cette taxe qui tarife l'absolution du meurtre, de l'inceste, du viol, des crimes les plus abominables, au môme prix, à peu près , que celle de la transgression des lois de l'Eglise sur le jeûne et l'abstinence des viandes, c'est-à-dire à quelques écus.
Les prêtres de tout tems ont en Tart d'cfTrayer, De menUr, et surtout de se faire payer,
comme le dit avec vérité Andrieux dans sonEpltreauPape.
VII. Les secrets miracles de nature et divers enseignemens de plu-, sieurs choses par raison probable et artiste conjecture^ expliqués en deux
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