I. Branche DE Saiidouyillb. Le msc
où nous puisons ces renseignements généalogiques ( S. Germain franc., N* 676) ne nous fournissant qu'une sèche nomenclature, il nous est impossible de dire à quelle époque cette famille embrassa la religion réformée.
Il est probable toutefois que le premier qui se convertit fut Antoine Dupuis, fils de Nicolas et de Jacqueline de Clamorgan, qui laissa de sa seconde femme, MariedeLaHaye^ deux fils nommés Charles et GénioN, souche de la branche d'Aiglemesnil.
Charles Dupuis fut marié deux fois comme son père, la première avec Jean" ne Le Poignew. la seconde avec Ror ehel de Civile. Il eu( quatre fils, Antoine, GénéoN, Jean et Isaac. Les pON sécutions qui précédèrent la révocation décidèrent tous les membres de cette famille à s'expatrier. Les garçons offrirent leurs services aux puissances protestantes {\) ; mais le seul Isaac- Antoine a laisse un nom dans l'histoire {î). Envoyé fort jeune en Allemagne par son père, il entra comme page H la cour de l'électeur de Hanovre et s'éleva au grade de grand écuyer de l'électrice. Il épousa, en 4679, Catherin ne de La Chetallerie, fille de GUles^ sieur de La Motte , et de la dame de La Primaudaye, qui fut appelée à BeN lin comme gouvernante de la reine Sophie-Dorothée. Il mourut à Hanovre en 4700. Son fils Charles-Auguste, ne à Hanovre en 4684, remplit d'abord auprès de Sophie-Dorothée les fonc^ lions de chambellan et devint plus tard grand-maltre de sa maison. De son nul*
(1) Une seule fille est aussi connue; c^est Judith-Anne, qui se réfagia à là Haye.
{% Le premier commandant da régliMU dus grenadiers à clievai formé pkr rélectaer de Brandebourg, se nommait Jhfmif ; ne «§« rait-U pas un de sesfrèrei t
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riage avec Wilhelmine Charlotte de Schmettau naquirent une fîlle et un fils qui entra au service du margrave d'Ànspach.
II. Branche d'Aiglehesnil. Gédéon Dupuis, frère cadet d'Antoine , épousa Jeanne Le Poigneur, après la mort de laquelle il se remaria avec Esther Le Poigneur, Il fut père de quatre fils, Charles, Pierre, Isaac et Gédéon, sur qui nous ne possédons aucune espèce de renseignements.
m. Branche d'Erhenouville. Cette branche avait pour chef, dans la V moitié du XVI* siècle, Pierre Dupuis, marié à Geneviève de Millevilley et père d*un fils unique nommé Jacques. Ce dernier, resté veuf sans enfant de Marguerite Chevalier , épousa en secondes noces Catherine Olivier qui lui donna deux fils, François et Gédéon.
Le premier mourut jeune. Le second prit pour femme Marguerite Allais dont il eut quatre ûls : René ; Pierre, époux de Marguerite Du Hamel et père de René qui se maria avec Catherine de Saint-Ouen ; Antoine, qui se convertit et entra dans les ordres; Adrien, mort sans enfant.
DU PUY, famille protestante du Berry, une des plus puissantes de cette province, divisée en deux branches qui l'une et l'autre embrassèrent les opinions nouvelles.
I. Branche du Moulin. JeanDnVny ne laissa que quatre filles de sa femme Jeanne Prunelle. L'aînée, nommés Catherine, épousa Lancelot Du Lac, sieur de Chamerolies et de Chilleurs, lieutenant de la compagnie de gendarmes de Coligny, d'une famille qui professait encore le protestantisme en 4636, c'est-à-dire àl'époque du synode provincial tenu à Chàtillon auquel un baron de Chamerolies assista comme commissaire du roi. La seconde, appelée Cléopatre, se maria avec Jean de Susanne, baron de Cardaillac et de Hontbrun en Gascogne. La troisième, Aimée, fut femme de Philibert d'Anloty, sieur du Lin, et la quatrième, de Gaspard Du Lac, sieur du Coudray.
II. Branche de Vatan. Vincent Du Puy, frère de Jean, et fondateur de cette branche, servit sous le duc d'Anjou, circonstance qui semble prouver qu'il professait la religiou romaine; mais sa femme Louise Robertet^ fille du secrétaire d'état Etienne Robertet, était protestante, et ses enfants le furent aussi. Claude, l'atné, ayant été tué, en 4 591 , au siège de CeUes-sur- Cher et n'ayant pas laissé d'héritier de sa femme Marie d'Eseoubleam, tous ses biens échurent à son frère Flom- MOND, qui devint ainsi un des plus riches seigneurs du pays. Florimond servit aussi dans les troupes de Henri IV en Berry. La tranquillité rétablie dans le royaume, il se retira dans ses terres, et se fiant en la force de son château, il voulut s'attribuer le rMe d'une espèce de protecteur du peuple.
Il prit parti pour les faux-sauniers contre les agents du use qu'il empêchait de lever les droits de gabelle. La maréchaussée ayant arrêté de Jeufosse, sieur Du Buisson, son frère et un de ses cousins, parce qu'elle avait trouvé dans leur logis du sel de contrebande, Vatan fit sommer le prévôt de lui remettre les prisonniers. Le prévôt refusa naturellement; il fit même arrêter Saint-Martin, maître d'hôtel de Du Puy, qui s'était emporté en menaces.
Vatan irrité enleva par représailles un enfant du receveur général des finances en Berry. Sur la plainte du père, la cour ordonna d'en informer; mais Vatan qui s'imaginait que le parti protestant ne laisserait pas prendre sa ville , repoussa par la force les commissaires.
A cette nouvelle, le Conseil crut à une prochaine insurrection. Il fit partir surle-champ plusieurs compagnies des gardes, de la cavalerie, de l'artillerie, pour s'emparer de Vatan. Après une sommation inutile, l'artillerie ouvrit une large brèche par laquelle les troupes royales entrèrent dans la Tille. Du Puy réussit à se sauver dans le château; mais son lieutenant de Magmg îni pris et décapité sur la place publique. Cependant les Réformés ne bougeaient
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pas; ils ne voulaient pas qu'on pût les accuser de protéger un homme (pii violait les lois de Tétat. Déçu dans ses espérances et se voyant abandonné successivement par presque tous ses soldats, Yatan demanda à parlementer et se rendit sur la promesse que Chivemy lui fit d^ntercéder pour lui auprès du roi. Son ch&leau fut livré au pillage et la plupart de ses défenseurs pendus; lui-même fut conduit à Paris où son procès fut bientôt fait. Il fut condamné à mort, le 2 janv. 1612, et exécuté, le môme jour, en place de Grève. Le parlement avait permis quMl reçût, avant de subir sa sentence, les consolations de la religion; mais les assistants s'étant mis à chanter un psaume, il y eut parmi les prisonniers une espèce d'émeute et il fallut faire cesser les chants religieux. Ainsi périt sur Téchafaudle dernier rejeton d'une famille puissante.
Son frère Loms était mort sans enfant. Sa sœur Jeanne abjura et devint abbesse de quelque couvent, et son autre sœur, Marie, ne fut point mariée.
ïiV PUY, famille protestante du Haut-Languedoc, divisée en deux branches dès le milieu du xvi* siècle.
I. Branche de La Roquette. Du mariage de Pierre Du Puy avec Catherine Du Casse, contracté en 1 541 (?), naquirent deux fils, nommés Guillaume et Pierre. Ce dernier, seigneur de Sabournac, fut député, en 1614, par la province du Haut-Languedoc au Synode national de Tonneins. Selon les Jugemens de la Noblesse, il épousa, le 5 janv. 1 600, Susanne de Bonvilar [Beauvillar?], qui le rendit père de Marc-Antoine, sieur de La Pomarède, marié, le 7 mars 1 635, avec Françoise Caprioly et de Guillaume, sieur de Guitalens. Celui-ci prit pour femme, le 2 janv. 1 637, GahrielleEscopéries, d'une famille languedocienne, qui a donné à la Suède des guerriers célèbres et des hommes d'état. De cette alliance naquirent Gabriel et Pierre- François, sieur de Montfort, maintenus dans leur noblesse en 4669.
Guillaume Du Puy épousa» le SO
août 1 576, Marguerite de Corneilîan^ dont il n'eut qu'un fils nommé Jean, seigneur de Magrin, La Gade et La Tour, qui eut pour enfants : 1^ Guillaume, sieur de La Gade et de Magrin, marié, en 1 647, à Rose Hélie et père de Pierre (1 ), Jean, François Du Puy; — 2* Gabriel, sieur de La Roquette, qui vivait encore en 1 669, ainsi que son frère.
U.Branche DE Cabrilles. Cette branche fut fondée par Jean Du Puy, qui mourut après 1583, laissaut deux fils.
Pierre, l'atné, fut père de Baridéle- MT, sieur de Cabrilles, né en 1581, et père, à son tour, de Jean, qui épousa, en 1 652, Anne de Saint-Hyer. Rai- MOND, le cadet, prit pour femme ^4^»toinette Bourassier, damedePeirens, qui lui donna Jean-Charles, sieur de Roquetaillade. Ce dernier se maria avec Anne Du Puy , dont il eut Scipion, sieur d'Escalibert, qui épousa, en 1 657, Isdbeau Bouffard de Madiane.
Plusieurs autres familles nobles du même nom habitaient le Midi, à la même époque; mais, à l'exception de celle des Du Puy de Cases, dont un des membres, Jean^ baron de Cases, nous est connu pour avoir été député à plusieurs synodes et assemblées politiques, par la province de la Basse-Guienne, et pour avoir rempli la charge de gouverneur de Castillon, enl 61 6, nous ignorons si elles ont jamais professé la religion réformée.
DU PUY (Jacques), lieutenant-particulier au sénéchal et premier consul de Montauban à l'époque du siège cé« lèbre que cette ville soutint contre Louis XIU.
Du Puy s'était attaché avec enthousiasme à Rohan pour qui il professait une grande admiration ; aussi , profitant de l'infiuence que son génie et ses connaissances lui avaient acquise, il agit si puissamment dans l'intérêt du duc , en 1 621 , qu'il entraîna ses con-
(1) Ce Pierre Da Puy seraiinl le ministre de Gensae do même nom qui fat condamaé aux galères, en 1686, pour coniraventioB à Viùix révoMtoire? {Areh, M. 666).
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citoyens dans son parti. De l'aveu de tous les historiens, c'était un homme habile, hardi et de grand sens; il possédait surtout un rare talent d'organisation, comme le prouvent la sagesse des léglements qu'il donna aux corps de métiers, la réorganisation de l'université de Montauban sur un plan plus vaste « et surtout l'excellence des mesures qu'il prit pendant le siège. Placé à la tête du conseil de police, il déploya, dans les circonstances les plus critiques un sangfroid, une vigilance, une activité, un esprit d'ordre et de ressource merveilleux ; il sut pourvoir à tous les besoins , déjouer tous les complots , maintenir la plus exacte discipline, en sorte que l'on a pu dire avec raison qu'il partagea avec La Force l'honneur d'avoir contraint Louis XIII à se retirer honteusement.
Afin de centraliser les moyens de défense, il établit à l'hôtel-de-ville un bureau où devaient aboutir tous les avis et d'où émanaient tous les ordres. Ce bureau était en permanence, sous la présidence de Du Puy lui-même ou d'un de ses collègues (1 ) . Par ses soins» des approvisionnements avaient été rassemblés en abondance, et les marchés furent touiours fournis de vivres à un prix modéré. Il n'en était pas de même des munitions de guerre; mais pour y suppléer, il organisa des ateliers où des ouvriers étaient constamment occupés à fondre des balles et à préparer des feux d'artifice. GhacuB ae ces ateliers était placé sous la sur« veillance d'un commissaire qui avait son magasin d'où rien ne sortait que sur l'ordre du bureau de l'hôtel-de- Tille. Outre les administrateurs des hôpitaux , Du Puy fit nommer d'autres commissaires chargés de veiller au pansement des blessés. Il poussa la précaution jusqu'à régler les distributions de rafraîchissements aux combattants. La nécessité de la défense for- Ci) Us autres consals étaient Cmiteille Natalit, ivoctt, Pierre Laverpte, marchiDd,£(t0 Gen€9te, noiaifc, et UmU Vifurii» froisiAr.
çant à abandonner ou à détruire ks moulins situés hors de la ville sur U Tarn, il se pourvut d'un nombre suffisant de moulins à bras. Enfin, connaissant fort bien Tinfluence des ministres sur l'esprit du peuple^ il ordonna que les treize pasteurs qui se trouvaient alors à Montauban, se rendraient soir et matin dans les corps de garde pour faire la prière et soutenir le courage des habitants.
Le siège levé. Du Puy alla en porter la nouvelle à Rohan qui le fit intendant de son armée , et l'employa en diverses occasions. Après la conférence que le général desHuguenots eut, en h 621, avec Lesdiguières à Laval entre Earjac et le Pont-Saint-Esprit, conférence où furent jetées les bases d'un traité de paix, il l'envoya notamment à la Cour avec Calonges, De$hlei^ Ds Croi de Montauban etLai^ori^ du Yîvarais , pour négocier en son nom et en celui des Protestants du Midi le traité définitif; mais le paiti de la guene l'ayant emporté dans les oonsâls di roi, ses députés revinrent sans rien conclure. Lorsque Montpellier fut menacée par l'armée royale, Rohan se hâla d'y envoyer Du Puy afin quHl y ètabUt le même ordre qu'à Montauban. A]ffès la conclusion de la paix. Du Puy fat porté sur une liste de candidats à k députation générale, dressée par les députés des églises qui a^ent pris paît à la négociation du traité. «Pour n'avoir subiect de demander si tost une assemblée [politique], lit-on dans une lettre de DuPlessis-Mornay à Bouche* reau, les députés qui assistoyent M.
de Rohan ont nommé trois gentilshommes et trois du tiers-état pour d'iceux estre choisis deux députés généraux. Les gentilshommes sont 101. de Montmartin, Du Parc d^Arekiae et de CcUonges. Les autres, les sieurs de Maniald, Du Cros et Du Fui/ de Montauban. » Le roi choisit Montmartin et Maniald.
Lorsque la guerre éclata denonieaut Du Puy voulut faire déclarer Montauban pour Rohan envers ^eoi dévoie-
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ment était toujours le même; mais il faillit cette fois éprouver un échec, et ce ne fut qu'après une vive lutte, dans laquelle il fut soutenu par Lusignan et Béraudt qu'il l'emporta sur les consuls qui prétendaienttnaintenir la paix.
Son influence, si puissante encore ^ Montauban, ne put toutefois décider les Protestants du Languedoc à prolonger une guerre désastreuse. L'assemblée de Milhau , à laquelle il avait été député avec Leclerc et NoaUlan, se prononça, malgré lui, pour la paix qui fut signée le 5 fév. 4626. Dès-lors, s'il faut en croire l'historien du Quercy, Du Puy cessa de compter sur l'emploi de la force pour le redressement dès griefs de ses coreligionnaires, et Rohan ayant relevé, quelque temps après, le drapeau de l'insurrection , il lui conseilla de poser les armes , et s'employa si bien aux négociations de la paix que Richelieu lui fit rendre sa charge dont il avait été dépossédé ; mais Du Puy ne voulut pas la garder et il s'en démit en faveur de son gendre Valada, Dans les Notes qu'ils ont ajoutées à leur nouvelle édition de l'Histoire de Montauban par Lebret(Montaub., 4844, 2vol.
in-8«), MM. Marcellin et Ruck affir^ ment, au contraire, et, selon nous, avec beaucoup plus de vraisemblance , que Du Puy protesta énergiquement contre la conclusion de la paix et qu'il s'éloigna de la France, pour ne pas être té* moin de la chute de son parti ; que, dix ans plus tard, il voulut revenir dans sa patrie, mais qu'une lettre de cachet lui en défendit l'entrée; qu'il se retira à Venise où il se fit maltre-d'école
Îiour gagner sa vie» et que ce fut seuement en 4 656, qu'il obtint la permission de revoir sa ville natale où il fat reçu avec enthousiasme. On ignore l'année de sa mort.
DU PUY (Jbaii), dit Bonafecfj ancien notaire de Revel. Sa maison servait de lieu de prière aux Protestants de cette ville. Le 27 avril 4564, le prieur des Jacobins toujours aux aguets, réussit enfin ^ surprendre une de leurs as^mbléei secrètes, k la tète d'une
populace furieuse et armé lui-même d'une massue, il envahit la maison de Du Puy, l'arrêta avec une vingtaine des plus apparents et fit transporter ses prisonniers à Toulouse liés et garrottés comme les plus vils malfaiteurs. Ils y arrivèrent le 25 mai; mais au grand regret du sanguinaire parlement, un ordre du roi lui arracha sa proie et fit rendre la liberté à Du Puy et à ses coaccusés, le 4 9 juillet. Le parlement ne voulut pas toutefois obéir en tous points au mandement royal ; il confisqua la maison de Du Puy, condamna Bernard Ychery riche marchand de Revel, à une amende de 500 livres, et ordonna qu'un Nouveau-Testament et d'autres livres de piété saisis chez les prisonniers, seraient brûlés publiquement sur la place de Revel, ce qui fut exécuté le 4 août. Tant s'en fallut que cela eût fait perdre courage aux Protestants de Revel, que, dès le 24 décembre, ils s'assemblèrent au grand jour, et que, le 3 janvier 4 56 2, ils installèrent comme ministre han Du Bottsquet qui prêcha successivement dans les maisons de François et de Guillaume Salvas, en présence d'une assemblée de plus en plus nombreuse. Ils jouirent d'une complète liberté jusqu'au 24 mai, que»
sur la nouvelle des événements de Toulouse , ils jugèrent prudent de se retirer en lieu de sûreté. Un petit nombre seulement demeurèrent à Revel ou dans les environs, entre autres Martii^ Du Puy, l'un des diacres, qui fut ar* rêté peu de temps après et pendu. Crespin raconte qu'on lui noircit le visage, les pieds et les mains pour faire oroire qu'il avait été possédé du diable, et qu'on jeta son cadavre aux chiens. — Un autre Du Puy, neveu de Vascosan, et libraire de Paris, qui se trouva, par malheur à Toulouse lors de l'entreprise des Protestants, fut également pendu, le 4 4 mai, par ordre du parlement avec Lhéritier de Lerm de Rabasteins, Martin, greffier de l'hôtelde- Ville, et l'imprimeur BoudevUle.
DU PUY-MELGUEIL , famille noble du Haut-Languedoc, issue des
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comtes doCommingcs et divisée, dès lo XVI* siècle, en deux branches, dont la cadette, celle de La Riverolle, appartient à la France protestante.
Pierre Du Puy, seigneur de Cagnac, et commandant de Figeac pour le parti huguenot,futle fondateur deceltebranche. Il testa en 1578 (1). Du mariage qu'il avait contracté, en 1556, avec Paulede Dur fort, ûlle du seigneur de Montbel et de Lucrèce de Rochefort, étaient issus, sans parler de deux filles, appelées Judith et Olympe, que l'on croit mortes sans alliances, deux fils, qui reçurent au baptême les noms de Samuel etde Jérémie.
Successivement capitaine du château de Baugy, pour le duc de Sully, en 4615; commissaire ordinaire de l'artillerie, en 1 61 6 ; capitaine des gardes du duc iTOrval, en 4 621 , Samuel Du Puy se signala d'une manière toute particulière au siège célèbre de Honiauban (Voy, CAUMONT) (2). Après la retraite de Louis XIII avec les débris de son armée. Du Puy, à la tête de 400 hommes , fut chargé do défendre la fertile vallée du Tescou, qu'un corps de 800 Catholiques avait reçu ordre de dévaster. Malgré l'inégalitéde ses forces, il n'hésita pas à attaquer l'ennemi; la victoire fut quelque temps indécise; mais une sortie de la petite garnison du château de Bonrepos décida l'affaire en sa faveur. Un aussi brave capitaine ne pouvait rester sans emploi sous l'administration de Richelieu. Il fut nommé gouverneur d'Hautpoul en 1630, et mourut sans postérité.
Son frère Jérémie, conseiller du roi, à Puylaurens, est moins connu. M. de Saint-Alais nous apprend seulement qu'il fut député, avec de Lissac, par les villes de Castres et de Puylaurens,
(1) Ne serait-il pas identique avec le capitaine Du Puy, gouvernear de Lombers» qai se rendit maître, en 1573, de Saini-Sernin, Les Graisses, Tersac, Valderiei, La Grave, et qui, l'année suivante, servit sous Paulin, au siège d*Aigues-Mortes ?
(S) Il ne faut pas le confondre avec le ca- Fltaine Du Puff de Sainte Foy, qui fnt taé a eeaiéfe.
pour signer, en leur nom, le Irailé conclu à La Bruguière entre les Catholiques et les Protestants, le 26 juin 4621. Homme de robe et non d'épée, il ne peut ôtre confondu avec le capitaine Du Puy-Galibran dé Mazamet, zélé partisan de Rohan, lit-on dans l'Histoire du Quercy, lequel se rendit maître de Castres avec Saint-Ger~ tnier, en 1628, sans éprouver beaucoup de résistance. A la nouvelle de cette perte, Condé détacha le marquis de Ragni pour faire le dégât autour de la ville. Mazamet se trouvant sur son chemin, le chef catholique la fit sommer de se rendre; les habitants lui répondirent fièrement qu'ils l'attendaient sur leurs remparts. Ils se défendirent, en effet, avec bravoure; toutefois, craignant de succomber à la fin, ils prirent le parti d'abandonner leurs demeures et de se retirer, avec leurs familles, dans le château d'Hautpoul. Ragni fit livrer Mazamet aux flammes; mais toutes ses attaques échouèrent contre le château, où commandait Du Puy-Galibran. Cette dernière circonstance nous aurait porté à croire que Du Puy-Galibran et Samuel Du Puy, gouverneur d'Hautpoul en 4630, n'étaient qu'une seule et môme personne» si nous nV Tiens trouvé dans un msc. du Fonds S.
Germ. franc., coté94 4.4 4, la signature de Samuel Du Puy en tête d'une adres • se envoyée, le 5 nov. 4 627, par les principaux habitants de Mazamet, â Auguste Galland, commissaire du roi dans le Languedoc, pour lui promettre de nepoint foumirde secours âAoAaii.
Il est vrai qu'il aurait pu, on en a d'autres exemples^ changer de sentiment.
Samuel Du Puy testa le 27 sept.
4628. Il avait épousé, en 460a, MarU de Rotolp, fille A'Ahel, sieur de U Devèze, et ^'Uahea/u de Temon^ qui lui donna six enfants : Samuel, qui suit; — David, souche de la branche Du Tour; — Abbl, dont le sort est ignoré ; — Isabeau, femme A' Antoine de Manzy: — Marguerite et Jeanne, dont la destinée est inconnue.
. Samaei, ûeiir de U Bol0qleli^
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mourut en 4664. 11 avait épousé, en 4 640, Marie Le Roy, fille de Jean Le Boy, conseiller du roi et lieutenant principal en la cour royale de Castres (chambre mi-partie?), et d'habeau Du Poncet. De cette alliance naquirent :
Jean, qui suit ; — Louisk, mariée avec Pierre de Braille, sieur de Moulens ;
— Maris, femme de Josué de Lupé, en Gascogne; — Jeanne, morte fille;
— Antoinette, alliée à Philippe de Gineste.
Jean, sieur de La Bousquetie, officier d'infanterie, épousa, en 4 664, Ma^ delaine de Gineste, fille d^Paul, seigneur d'Appelles, et de Marguerite de La Boque. Il se convertit à la révocation, avec le troisième de ses fils, nommé Marc-Antoine ; mais l'alné, appelé Philippe, se réfugia en Angleterre avec son frère David. Ils furent tués tous deux à la bataille de la Boyne, où ils combattirent avec les grades, le premier de capitaine, le second de lieut&* nant. Le quatrième fils de Jean Du Puy, nommé Samuel, se retira également en Angleterre, servit comme of&cier dans les armées britanniques, et se maria dans sa nouvelle patrie; quant à ses deux filles, Jeanne et Marie, on ignore leur destinée.
11 nous reste à parler de la branche Du Tour, fondée par David Du Puy, second fils de Jérémie. Capitaine d'infanterie, puis gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, il mourut, en 4 678, ayant eu cinq enfants de son mariage avec Paule de Bivenc, fille ^ André et de PatUe de Salles, qu'il avait épousée en 4644. L'alné, Jean, rentra dans le sein de l'Eglise catholique. Samuel servait, en 4672, comme capitaine dans un régiment d'infanterie.
Paule épousa Paul de Villeneuve, seigneur de La Mothe.Le sort de Marii et d'IsABEAu est inconnu.
BUPUY-MOI^TBAUN, nom d'une des plus anciennes et des plus célèbres maisons du Dauphiné, qui a donné à la France des capitaines illustres, et à l'Eglise protestante deux de ses plus intrépides défenseurs.
Le chef de cette famille, ^ l'époque où nous reporte l'introduction de la Béforme dans le Dauphiné, était Char^ les Du Puy-Montbrun, né à Montbrun vers 4 530 , qui avait porté les armes avec distinction sous François I et qui continuait à servir avec honneur sous le maréchal de Brissac. Chorier raconte qu'à son retour d'Italie, instruit qu'une de ses sœurs (4) avait adopté les opinions nouvelles et s'était retirée à Genève, il se mit à sa poursuite en jurant de la ramener catholique ou de lui arracher la vie. Mais l'éloquence de Bèu, dit^n, opéra un si brusque et si complet changement dans ses propres convictions religieuses, que de retour dans ses terres, son premier soin fut d'y établir une église dont la direction spirituelle fut confié à Pierdouin {MSS.
de Genève, 4 97 ta , Carton 3).
Dans sa ferveur de néophyte. Montbrun se fit l'apôtre de la religion qu'il venait d'embrasser, et s'il faut en croire les écrivains catholiques, son zèle ne se manifesta pas seulement par des exhortations et des remontrances. Que son jprosélytisme ait été plus ou moins impétueux, le parlement de Grenoble, décidé à y mettre un terme, lui ordonna, en 4 560, de venir rendre compte de sa conduite, notamment à Montélimar, où il avait soutenu de tout son pouvoir François de Saint-Paul, prêchant publiquement dans l'église des Cordeliers. Montbrun se garda d'obéir; il se contenta d'écrire à Grenoble pour réclamer le bénéfice des édits. Le parlement irrité chargea le prévôt des maréchaux d'aller le saisir dans son chftteau et de l'amener mort ou vif. La commission était difficile à remplir, et Marin Bouvier s'en acquitta fort mal, car Montbrun le prit lui-même avec toute son escorte et le jeta dans les prisons de son manoir. C'était un acte flagrant de rébellion, Montbrun ne pouvait se le dissimuler; aussi accueillit-il avec em-
(1) Une autre sœur de Montbrun, Bltmdte Du Puy-Montbrun, épousa Laurent Allemêné, seigneur d'Alliëres, et lui donna un fils, nommé aussi Laurent, et marié, en 1564, avee Bonne 4$ Prunier,
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pressement les propositions quMlexandre Guyotin ou Guillotin^ homme de lettres de Valréas, vint lui faire de la part des Protestants du Comtat- Venaissin. 11 s'agissait de les rétablir àans la possession de leurs biens dont ils avaient été dépouillés par le légat apostolique. Il fut arrêté que Montbrun s'emparerait de Malaucène, où se trouvait l'arsenal du pape, tandis que Guyotin se saisirait de Vaison, où il avait des intelligences. Le 6 août fut choisi pour le jour de Texécution. Une maladie dont Guyotin fut attaqué Tempècha d'agir, en sorte que Malaucène seule tomba au pouvoir des Huguenots qui la livrèrent au pillage. Hors d'état de résister à Montbrun dont les forces s'accroissaient de jour en jour, le légat eut recours à La Motte-Gondrin qui somma le capitaine dauphinois de vider les terres de Sa Sainteté. Montbrun répondit qu'il était volontairemeut sorti du royaume afin de détruire les calomnies semées contre lui, et qu'il s'était retiré dans le Comtat-Venaissin , comme il avait pu le faire légitimement, appelé qu'il avait été par les habitants pour leur défense. Il se montra également sourd aux instances du cardinal de Tournon dont il avait épousé la nièce, en sorte que La Motte-Gondrin se décida à l'assiéger; mais les échecs qu'il subit le déterminèrent bientôt à entamer des négociations. Montbrun, voyant ses soldats abandonner par troupes son drapeau pour se joindre au jeune Maligny et à Mouvant qui préparaient leur entreprise sur Lyon, accepta les conditions offertes par le lieutenant du roi en Dauphiné. L'accord portait que les Protestants du Gomtat et du Dauphiné auraient un an pour disposer de leurs biens et sortir du royaume ; que les prisonniers seraient rendus de part et d'autre, et qu'une amnistie pleine et entière serait accordée à tous les insurgés. Quoique garanti par la noblesse du Dauphiné, ce traité fut violé. Après d'inutiles plaintes, Montbrun, menacé lui-môme dans sa liberté et dans sa vie, se vit forcé de reprendre les armes, et,
on doit le dire, il fit cruellement expier aux prêtres catholiques la violation de la foi jurée. A la tête de SOO hommes seulement, il se rendit maître de plusieurs châteaux dans son voisinage. Uo ordre du roi, en date du 4 7 août, enjoignit à La Motte-Gondrin de le poursuivre sans relâche et de le châtier de telle sorte que son exemple servit d* leçon. La Motte marcha donc contre Montbrun avec des forces imposantes; mais il tomba dans une embuscade si bien dressée que pas un homme de sa troupe n'aurait échappé sans la précipitation de quelques jeunes gens qui, impatients de combattre, n'attendirent pas l'ordre de leur capitaine pour commencer le feu. La Motte effrayé battît en retraite ; cependant Montbrun qui ne pouvait se flatter de l'espoir de soutenir longtemps seul l'effort de tous ses ennemis, résolut de profiter de leur effroi pour passer en pays étranger avec sa femme et un jeune avocat de Grenoble, nommé^Matthieud^AiUriney par Bèze et La Popelinière, (^AntoiMt^ Anthonian ou S. Antoine par d'Aubigné, lequel s'était montré jusque là le plus fidèle de ses partisans. Le loyal capitaine pouvait-il deviner un traître sous le masque d'un ami dévoué? Â. pei* ne fut-il arrivé au Buis quMl fut as^illi dans son hôtellerie par une troupe de sicaires commandés par Matthieu. U parvint à leur échapper, et, déguisé eu paysan, il se réfiigia à MérindoL oà sa femme trouva le moyen de le r^oindre après avoir été dépouillée de tout ce qu'elle possédait. De là, à travers les plus grands périls, les deux ^nx gagnèrent Genève, pendant que La Motte- Gondrin se vengeait de son échec, en faisant raser leur château.
De Genève, Montbrun se rendit à Berne où il séjourna jusque l'explosioo de la première guerre civile. Ren^ en France, il se mit sous les ordres de Des Adrets qui l'envoya; à Carpentras dans le but d'y pratiquer des intelligences; mais reconnu parles habitants, Q fut assailli par eux et obligé de fuir. U rejoignit donc Des Adrets qa1|
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vit à Lyon et qui lui donna ordre d^al- 1er au secours des Protestants de Ghft- Ions avec cinq cents arquebusiers. Accompagné des capitaines La Grange et Saint' Vincent^ il entra, la nuit du %% au 83 mai 456), dans cette ville dont les Huguenots s'étaient rendus les maîtres. Au rapport du P. Perry, il soutfrit que ses gens y commissent « de furieux et épouvantables désordres » .
En effet, conformément aux ordres de Condé^ qui assurément ne faisait que suivre les lois de la guerre en imposant à ses ennemis la' charge de l'entretien de son armée, Montbrun fit saisir les ornements du prieuré de Saint-Marcel et de l'église de Saint-Vincent, mais il eut soin, de l'aveu du bon Père, de fkire dresser un inventaire des reliquaires par deux ofBciers de justice qui professaient la religion catholique, et de les faire estimer par des orfèvres, en présence de son ministre La Motte, Il est vrai que le jésuite ajoute, sans en fou> nir toutefois aucune preuve, qu'il s'appropria toute cette argenterie, mais il se montre vraiment trop passionné, pour qu'on l'en croie sur parole. Montbrun désarma ensuite les Catholiques.
C'était une mesure de précaution commandée par la prudence la plus vulgaire, puisque Tavannes marchait contre lui à la tète des milices de la Bourgogne. Lorsque les coureurs ennemis parurent sous les murs, La Grange sortit avec quelques cavaliers pour les repousser; mais, tombé dans une embuscade, il ftit rapporté mortellement blessé. Il mourut la nuit même, et fut enseveli dans l'église de Saint-Vincent. « Néantmoins, raconte l'historien de ChÂlons, sa carcasse n'y demeura pas longtemps.
Elle en fat donc tirée par la populace catholique, qui la traisna par la ville et dès là sur le pont de Saône, d'où elle f\it jettée dans la rivière. » Et ces mêmes prêtres, qui applaudissent à cette violation de la sainteté du tombeau, osent faire aux Huguenots un crime d'avoir, en quelques endroits où Us étaient les maîtres, suivi l'exemple que leurs ennemis leur donnaient!
La mort de ce vaillant capitaine affligea beaucoup Montbrun; il regretta d'autant plus vivement celle perte inutile que, convaincu de l'impossibilité de défendre, avec la poignée de soldats qu'il avait sous ses ordres, une ville d'une aussi grande étendue que Châ Ions, où les Protestants étaient en faible minorité, il avait déjà pris la résolution de l'évacuer avec ceux des habitants qui voudraient le suivre. Quelques-uns ne purent se résoudre à abandonner letirs foyers; mais ils payèrent cher leur imprudence; tous « furent, tant au dedans qu'au dehors de la ville, taillez en pièces. »
Queloues écrivains protestants ont blâmé Montbrun de cette retraite précipitée, et comme, de leur aveu, il était impossible de l'attribuer à une cause suspecte, vu « qu'il a toujours montré trop de cœur et de loyauté » , ils ont supposé qu'il avait reçu de flSicheuses nouvelles du Dauphiné. Pour nous, nous croyons qu'il avait parfaitement jugé sa position , et qu'il n'a obéi qu'à la voix de la prudence.
Montbrun rentra donc en Dauphin^ et porta la guerre dans le Comtat-Venaissin, théâtre de ses premiers exploits. Il attaqua Momas dont la garnison était composée des plus féroces saccageurs d'C^ange. La ville fut emportée d'assaut, et tous ces infimes brigands massacrés sans pitié par les Orangeois, échappés à la ruine de leur patrie, qui s'animaient au carnage, au cri de Pague Ourenge ! Pague Ourenge I Les cadavres, attachés à des perches, furent jetés dans le Rhône, avec cet écriteau : Péagers d'Avignon, laissez passer ces bourreaux, ils ont payé le tribut à Momas. Montbrun essaya vainement d'arrêter ce que La Pise appelle une insolence militaire, et ce qu'on pourrait peut-être qualifier plus justement de légitimes représailles.
Après cette sanglante exécution, Montbrun retourna à Boulène dont il avait fait comme son quartier général, et, pendant que Des Adrets marchait sur Grenoble, il s'empara de Montdra-
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gon et repoussa vigoureusement, le 49 juillet, une attaque du comte de Suze. Battu à Boulène, le général catholique se jeta surValréas. Le capitaine Andréa qui y commandait, ayant abandonné lâchement son poste, la ville fut prise et livrée au pillage, le 24 juillet. Montbrun marcha contre Suze, et Des Adrets étant accouru avec sa rapidité merveilleuse, les deux chefs huguenots mirent dans une déroute complète Tarmée ennemie, et lui prirent toute son artillerie.
Cependant Sénas et Mouvans^ assié^ gés dans Sisteron, envoyaient à Des Adrets lettre sur lettre pour demander du secours. Le baron fit partir en avant Montbrun, tandis que lui-môme, soit pour opérer une diversion, soit pour exposer par son abandon les Huguenots à une défaite, et se venger ainsi dePaf * front qu'il croyait avoir reçu {Voy. II, p. 4 43), entra dans le Gomtat- Venaissin. Montbrun se mit en route; mais arrivé à Lagrand, le t sept., il se trou- Ta en présence de Tarmée catholique commandée par Suze. « 11 se jette sur lui avec fureur, lit-on dansTUistoire de Sisteron, mais il éprouve une résistance qu'il avait cru sans doute prévenir par son impétuosité et dont l'effet inattendu ne fit dès lors que préparer sa défaite. Montbrun pliait déjà, lorsque la cavalerie de Sommerive, arrivant, lui fit un grand carnage et lui laissa à peine le temps de se sauver en toute hâte à Orpierre, abandonnant plus de neuf cents des siens sur la place, son bagage, ses munitions et son artillerie. » De Serres réduit la perte des Protestants à 450 hommes; mais qu'im- Sorte le plus ou moins de sang répanu? cela ne change rien au fatal résultat de cette défaite. Sisteron fut pris ,et le parti protestant resta longtemps écrasé en Provence.
Montbrun gagna Beaurepaire, oil il fut investi par la cavalerie de Nemours; mais, profitant d'une nuit obscure, il perça les rangs ennemis et se retira à Romans. Quelque temps après, les Protestants ayant acquis la preuve de la
défection de Des Adrets, le chargèrent avec Moumns et Cléry d'arrêter le traître, ce qui fut fait le 4 0 janv. 4 563. Montbrun retourna ensuite à Boulène, et essaya de s'emparer d'Orange; mais son entreprise échoua, et la condusiou de la paix lui permit bientôt de déposer les armes.
Dans la seconde guerre civile, il conduisit k d'ilci^r, au mois de oov.
4567, un secours de 6 à 700 hommes et l'aida puissamment à repousser les attaques de Joyeuse contre Montpellier. Sismondi raconte que, dans le printemps de cette même année, les magistrats de Genève, effrayés de l'approche du duc d'Albe, avaient écrit au prince de Condi pour lui demander de protéger le sanctuaire de la Réforme, et que le prince y avait fait passer Montbrun avec une vaillante troupe de Huguenots du Lyonnais et du Dauphiné. L'historien ajoute que le duc d'Albe ayant traversé la Savoie sans molester Genève, Montbrun était entré en Bourgogne et avait côtoyé l'armée espagnole jusqu'à Metz qu'il avait failli surprendre, et que le propos inconsidéré d'un de ses soldats ayant dévoilé son stratagème, il s'était porté sans brait sur Rozoy, par ordre de Condé et de Goligny.Mais il est difficile d'admettre que Montbrun, eût-il possédé l'activité inouïe du baron Des Adrets, ait assisté presque dans le même temps à l'audacieuse entreprise de Monceaux et à la prise de la citadelle de Montpellier. On ne trouve d'ailleurs son nom cité nulle part parmi ceux des chefs qui combattirent sous les ordres immédiats de Condé dans cette guerre, et certes c'était un personnage d'une trop haute importance, pour que les historiens eussent tous oublié de le mentionner, quand ils en citent tant d'autres moins illustres par leur naissance et leurs services. Ce qui achève de nous persuader que Sismondi a été induit en erreur, c'est que les Actes du Conseil de Genève ne parlent pas non plus de Montbrun, mais de Maw>ans, On v lit sous la date du 4 4 avril 4 567 : « M. de Mouvaiis est envoyé
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ici pour offrir au Conseil, de la part des églises de France, tous les secours possibles et jusqu'à mille hommes à leurs propres dépens.» Sous celle du tt avril : a Amblard Corne est établi colonel de toutes les compagnies françoises, et le sieur de Houvans son lieutenant. »
Enfin sous celle du 4 4 juillet : « L'on a amplement remercié le sieur de Mouvans commandant des compagnies françoises. » Et pas un seul mot du seigneur de Montbrun.^
La paix de Longjumeau ne dura, on le sait, que quelques mois. La perre s'étant rallumée, Montbrun reprit les armes, traversa le Rhône malgré les efforts de Joyeuse, joignit à'Acier à Uzès et combattit vaillamment à Jarnac, à La Rodie-Abeille et à Moncontour.
Après la perte de cette dernière bataille, il fut envoyé à Angoulême avec les débris de son régiment; cependant, dès le mois d'octobre, il se mit en route, accompagné de Mirabel^ Verbelay, Quintelji^oxjii retourner dans leDauphiné et y lever de nouvelles troupes.
Leur retraite, dit Chorier, fut une témérité , mais une témérité héroïque.
Montbrun n'avait sous ses ordres que 400 chevaux environ et quelque infanterie. Arrivé à Souillac, il trouva la Dordogne tellement gonflée par les pluies qu'il fut impossible de la traverser à gué. Il fallut perdre des instants précieux à se procurer des bateaux ; encore, faute d'un nombre suffisant de barques, le passage s'effectua-t-il si lentement, que les garnisons catholiques des villes voisines eurent le temps de se rassembler et de tomber sur l'arrière-garde. Beaucoup furent tués ou noyés, quelques-uns, comme Quintel, Mormoiron du Comtat, le médecin Le Merle et Sarras du Haut-Vivarais , faits prisonniers ; le reste atteignit Aurillac dont le capitaine BessofUe, appelé par d'autres La Bessonilre^ s'était emparé. Verbelay y fut instaUé comme gouverneur, et Montbrun, attaqué d'une fièvre continue , fut obligé de s'y arrêter aussi; mais il n'attendit pas sa guérison pour poursuivre sa rou-
te, il arriva heureusement à Aubenat, et, au commencement de mars, il avait déjà rassemblé 2,000 hommes du Yivarais à la tète desquels il résolut de forcer le passage du Rhône défendu par Gordes. Grâce à son courage et à l'industrie de Pierre de Briançon (Voy . II , p. 506) , cette entreprise réussit. Pendant que le fort Saint-Ange se construisait, il se chargea de protéger les travailleurs avec environ 4 20 pistoliers commandés par Lussan, lieutenant de Saint-Romain, et cinq enseignes d'arquebusiers, sous les ordres du capitaine Piedgros. Instruit de ce qui se passait, Gordes se mit en devoir de rejeter les Huguenots sur l'autre rive du fleuve; mais il fut battu, le 27 mars 4 570, et, bien que blessé dans le combat, Montbrun, profitant de sa victoire, se saisit de Loriol ; puis il retourna au Pouzin pour se faire panser. Ce fut sur ces entrefaites que l'armée des Princes arriva dans le Vivarais. Après la prise de Grane, l'amiral confia à Montbrun la garde de cette place où il laissa une partie de son artillerie. A peine Coligny s'était-il éloigné que les Catholiques mirent le siégedevantLoriol. Malgré la courageuse défense de Rocke^ f'ort, d'autres disent AeMirabelj la vile allait être obligée de se rendre faute de vivres et de munitions, lorsque Montbrun réussit à y faire entrer cinquante paysans chargés de poudre et de farine, secours qui la mit en état de résister aux efforts de l'ennemi jusqu'à la conclusion de la paix.
Montbrun n'assista pas aux noces du roi de Navarre; {pi se trouvait en Dauphiné lorsque la nouvelle de la Saint- Barlhélemy y arriva. Repoussant les avances de Gordes, fermant l'oreille à ses flatteries, dédaignant ses brillantes promesses, le brave capitaine passa l'hiver à courir de château en château, accompagné de quelques ministres, pour ranimer le courage de ses coreligionnaires. Dès le 6 avril 4573, il leva l'étendard de l'insurrection. Ses premières entreprises ne réussirent pas ; mais la fortune finit par lui souri-
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re. A la tête d'une petite troape , qui comptait à peine 200 hommes de pied et 4 8 chevaux, Montbnin, vaillamment secondé par Saint-Auban , Antard , ^t Bragardy Lesdiguières et d'autres chefs renommés, s'empara d'Orfiderre et de Serres, battit un corps de Provençaux qui accourait au secours, prit en courant l'abbaye de Vif, escalada Sahune en plein jour , se saisit de Gondorcet, de Nions, deVinsobres , de Me* nerbe, où il laissa pour gouverneur son lieutenant terrier. La paix ayant été signée sous les murs de La Rochelle, il refusa de Taccepter ; à peine voulutil consentira une trêve de quelques semaines. L'armistice expiré, il se remit en campagne , faisant trembler toute la province et portant la terreur jusqu'aux portes de Valence et de Crest.
Tandis que ses lieutenants Becmmont^ Combourcier et La Grange, qui commandaient à Vif et à La Mure, poussaient leurs courses jusqu'à Grenoble, Montbrun surprit en personne Livron, Loriol, Allex, Grane, Roinac; pilla le riche couvent de Virieu; tenta, mais sans succès, l'escalade de Montélimar; pour tirer vengeance de la mort de ses lieutenants Montgon et Diart , qui avaient perdu la vie avec les chMeaux où ils coDunandaient près de Valence; tailla en pièces, le 26 mai 4 574, près de Pont-de-Royan un fort détachement de l'armée du Prince Dauphin , Francis de Bourbon; puis, secondé par Stoblon, Comps, Gouvernet, Sain-te- Marie n Blacons, il osa entreprendre le siège de Die, défendu par Giandage ; mais la trahison de Glandage fils, qui servait sous ses ordres , quoique catholique, et qui révéla à son père les projets de son chef, lui fit essuyer un échec dont il se vengea, le S8 août, sur le château de Sassenage , faible dédommagement de la perte d'Âllex, d'Aouste et de Roinac que son lieutenant SainUFerréol rendit par capitulation. Quoique démantelé , Livron, où commandait son gendre Rois- $e, se défendit mieux. Harcelée sans reûchc parMontbruu, l'armée catholi-
que dut lever le siège. Elle repamt devant cette place, au mois de décembre, sous le commandement du maréchal de Bellegarde. Après avoir ruiné ioutes les défenses, lesGatholiques donnèrent l'assaut; mais Baisse les rqM>iissa et leur fit éprouver des pertes énor^ mes; malheureusement Û périt dans son triomphe , et ;le commandement de la place resta au jeune La Haye, qui ne comptait encore que S3 ans.
La mort de Roisse n'abattit pas lô courage des habitants. HeniîlDs'étant rendu dans le camp catholique afin de donner à ses mignons l'occasion de se signaler sous ses yeux, les femmes mêmes insultèrent le roi et ses favoris, et les accablèrent de huées. Cependant la poudre manquait aux héroïques défenseurs de cette petite ville, et elle allait être forcée de se rendre , lorsque Lesdiguières, par ordre de Montbruh, réussit à y pénétrer à travers le camp ennemi (Koy. II, p. 374). L'éloignement de l'armée catholique permit \ Montbrun de prendre ses quartiers d'hiver.
Dès que la rigueur de la saison se fat adoucie, il reprit les araies. Pendant que Corcailles, son lieutenant, surprenait Andance, lui-même emporta d'assaut Le Saii, Bays-sur-Bays, La Motte-Chalencon, Saint-André de Rozans, puis il alla avec LesdigwHères^ \ la fin de mai 4575, mettre le siège devant Châtillon ; mais l'approche de Gordes le força à le lever. Il prit, le 43 juin, une éclatante revanche. Accompagné de ses plus vaillants capitaines, Lesdiguières, GomHmet y MorgeSj Champoléo%y Blaeonê, C«gié,Bar,Comps,LePoët, Vercairem^ il se posta au pont d'Oreille, pour y attendre Gordes, qui retournait h Die, et il lui tua 300 hommes. Irrité de cette défaite, le chef catholique assembla des troupes de tous côtés, et au mois de juillet, il marcha contre les Huguenots à la tùte de 30 compagnies de gens d'»rmos et de 9,000 hommes d'infanterie, presque tous de ces redoutables Suisses qui avaient décidé les batailles
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de I>reiix et de MoDcontonr. tfonlbran ii*avait à lui opposer que 500 chevaux et 800 arquebusiers; cependant, n'écoutant que son ardeur, il refusa de fiuiTre le prudent conseil de Lesdir fuières qui Toulait qu'on prit position dans les défilés de Quint et de Sailians; li franchit donc la Gervane près de Mirabel et s'avança à la rencontre de l'ennemi. La fortune sembla d'abord vouloir couronner son audace; mais ses soldats s'étant mis à dépouiller les morts, Gordes fit donner sa réserve qui mit en déroute les Protestants. Bar^ « jeune et brave gentilhomme, » comme l'appelle de Serres, fut tué. Après des prodiges de valeur, forcé de fuir à son tour, Montbmn voulut franchir un canal, mais son cheval épuisé de fatigue s'abattit sous lui et lui cassa la cuisse. Fait prisonnier, il fut envoyé à Grenoble, le 29 juillet.
En recevant la nouvelle de cette capture importante, Henri III manifesta une grande joie. Il se souvenait qu'à ion retour de Pologne, Montbrun avait pillé ses bagages, et que lui ayant écrit, dit Brantôme, « une lettre un peu brave et haute et digne d'un roy » pour lui ordonner de poser les armes, le vaillant capitaine avait répondu : «Comment! le roy m'escrit comme roy et tomme si le devois reconnoistre I Je TBUx qu'il sçache que cela seroit bon en temps de paix, et qu'alors je le reiDonnottray pour tel, mais en temps de Ifuerre, qu'on a le bras armé et le cul "Bur la selle, tout le monde est compagnon. » Plus ces paroles étaient vraies^ plus Henri Hl s'en offensa, et il jura que Montbrun s'en repentirait. En ap- 'jprenant qu'il était prisonnier : «Je sça- ▼ois bien, s'écria-t-il, qu'il s'en repeniîroit: il en mourra, et il verra à cette teure s'il est mon compagnon. » En fain Condé et Damville intercédèrentils pour l'intrépide guerrier, et demandèrent-ils qu'on le traitât comme prisonnier de guerre , ainsi que cela s'était toujours pratiqué pour les prisonniers des deux partis ; leurs prières ne teent pas Mutées. En vain le duc de
Guise intista-l-il pour qu'on échangelt
Montbrun contre Besme, l'assassin de Coiigny ; il ne put rien obtenir. « Et soudain, continue Brantôme , [le roy] manda à la cour de Grenoble de iuy faire son procès et trancher la teste, quoy qu'on Iuy remonstrast que cela tireroit à conséquence et que les ennemis en pourroient autant faire à ses serviteurs. Nonobstant tout, il mourut. » Les juges, dans ce temps, ne refusoient jamais, dit Sismondi, une tête au monarque, quand il leur faisoit l'honneur de la demander. On pansa donc les blessures de Montbrun avec le plus grand soin de peur que la mort ne l'enlevât au supplice, on pressa le jugement, de manière que la sentence, dressée d'avance, put ôtre prononcée au prisonnier le 4 2 août ; puis la fracture de sa cuisse l'empêchant de marcher, on le porta, assis dans une chaise, surl'échafaud oil il eut la tôte tranchée. Le héros subit la mort avec une constance et une fermeté admirables.
On lui avait défendu de parler au peu-
Sle; mais il n'en tint compte, et s'aressant à la foule qui l'entourait, il lui rappela que son seul crime était d'avoir porté les armes pour la religion et la liberté du royaume ; il protesta qu'il recevait volontiers la mort qui mettait enfin un terme à ses labeurs et à ses misères, et il pria Dieu d'avoir
Êitié de lui et de la France. Ainsi périt lontbrun, à qui , dit Chorier, son intrépidité avait mérité des deux partis le surnom de brave, et jamais il ne fut mieux porté. A un courage indomptable, il joignait des qualités beaucoup plus rares dans son siècle. Au rapport de Serres, il était « modéré, droicturier, point avare et point ravisseur » ; on ne pouvait lui reprocher qu'un peu trop d'indulgence pour ses soldats. La place qu'il laissa vacante fut longtemps disputée à Lesdiguières par Cugiéj bernois établi depuis longtemps dans le Dauphiné, et capitaine, dit de Thou, en grande estime parmi les siens et d'un âge déjà mûr, dont les prétentions é taieut appuyées par la première nobles-
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se. Son rival finit pourtant par l'emporter {Voy.m, p. 99).
L'inique jugement qui condamna Montbrun à mort fut cassé l'année suivante, et sa mémoire réhabilitée. M.
"Weiss afïïrme, dans la Biogr. univ., que le roi se repentit d'avoir hâté son supplice et que sa grâce arriva deux heures après l'exécution. Il n'avait donc pas lu Brantôme?
De son mariage avec Justine Allemand, Montbrun laissa un fils, nommé Jean, né vers 4 568, qui prit part, comme nous l'avons vu ailleurs, à la plupart des exploits de Lesdiguières, et m élevé au grade de capitaine de 50 hommes d'armes. Député, en 4614, à l'Assemblée politique de Saumur, avec Champoléon, Charnier, Parât, Vulson et Bellujon, il obtint de ses collègues une haute marque de leur estime; il fut inscrit sur la liste des candidats à la députation générale. Gréé conseiller d'état en 4642, il assista aux Etats- Généraux, assemblés en 4 64 5, et s'opposa à la publieation du concile de Trente. L'ordre de la noblesse ayant demandé que le roi fût supplié de maintenir la religion catholique, suivant le serment fait à son sacre, et rejeté, à la pluralité des voix, l'article qui l'invitait à maintenir les édits de pacification en faveur des Réformés, Montbrun déposa, le S 4 fév., une protestation, signée par lui et ses collègues protestants, Chambaud, le vidame de Chartres, Saint-André, Du Vigean, Saint-Rome et Montmartin. En 1 64 9, il fut député de nouveau à l'Assemblée politique de Loudun. Celle de La Rochelle, dans la distribution qu'elle fit des gouvernements, lui donna celui de la Provence, avec le titre de lieutenantgénéral. Montbrun n'hésita pas à accepter le dangereux honneur qu'elle lui décernait, quoique le roi, dans l'espoir sans doute de le gagner, eût érigé tout récemment, au mois de fév. 4 620, la terre de Montbrun en marquisat. Il leva donc des troupes, et, secondé par Champoléon, Coups, Beaufort, il se saisit de Molans, de Raillannette, de
Puy-Giron, de La Baume-Coniillane et de quelques autres places. Il pouvait même espérer de s'emparer de Grenoble où il entretenait des intelligences. Effrayé de ses progrès, le roi renvoya Lesdiguières dans le Dauphiné, et toute la province fut bientôt pacifiée, tant la terreur de ce nom était grande 1 S'il faut en croire LeVassor, Montbrun ne déposa si promptement les armes que parce qu'il avait, dès le principe, agi de concert avec le maréchal, qui avait des raisons de craindre d'être arrêté, et qui le fit agir pour que sa présence devint néc^saire dans son gouvernement. Quoiqu'il en soit, lorsque la guerre éclata de nouveau, le marquis de Montbrun embrassa le parti de Rohan et servit sous ses ordres en Languedoc, en 4622, en qualité de général de la cavalerie protestante; mais il finit, si non par s'accommoder avec la Cour, au moins par se nrononcer contre l'ambitieux Rohan. On ignore la date de sa mort; on sait seulement qu'il atteignit à un grand âge, puisqu'il vivait encore en 4 657.
Jean Du Puy-Montbrun laissa, de son mariage avec Lucrèce de La Tourdu-Pin-Gouvemet, six fils et cinq filles. De ces dernières, l'aînée, Antoinette, épousa, en 4 626, Jean de Jtaphelis ou Rafaè'lis, seigneur de La Roque-Henri; la seconde, Jcstiki, s'allia à Bàtthasar de Gérente, marquis de Sénas ; la troisième, Maigui- RiTE, devint la femme de César de Vaucerre, baron des Adrets ; la quatrième, Isàbeau, se maria avec Jean de Bologne, sieur d'Alençon, et la cinquième, LijcRàcB, épousa François de Philibert, seigneur de Yenteroî. Deux des fils, François et Cbsai, furent tués dans les guerres de Hollande, en 4672; les quatre autres, CBARLis-Rcivi, marquis de Montbrun, Jean, seigneur de Ferrassières , Alexandri , marquis de Saint-André, et Rbkb, sieur de Villefranche, furent chefs d'autant de branches.
I. Branche de Montiruh . Charles- René n'a pas joué un rôle important
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dans rbistoire. Selon le Dict. de la Noblesse, il se serait éle^é au grade de lieutenant-général; mais Pinard ne faisant pas mention de lui dans sa Chronologie militaire, on doit en conclure que c'est une erreur, à moins que LaChesnayedes Bois n'ait entendu parler de la lieutenance-générale du Nivernois, place que remplirent son fils et son frère. Après la rupture de son mariage avec Françoise de Bonne^ le marquis deMontbrùn épousa Claudine Monter ^ puis, en 4637, Diane de Caumont, fille de Henri-Nompar de Caumont et de Marguerite d'Escodéca, Sa première femme le rendit père de deux filles : Justine, alliée avec Laurent de Brissol, président au parlement de Grenoble, et Lucrèce, épouse ÙQMarc de Vesc , seigneur de Coraps. Du second lit sortirent un fils^ nommé Jacques, qui suit, et trois filles : Isabeau, mariée ^Alexandre de Foret , marquis de Saint- Privât, dont M"' Du Noyer raconte une déplorable bistoire ; Alexandrine, alliée à Pierre Martin^ seigneur de Cbampoléon; Diane, morte, en 1673, sans avoir été mariée.
Jacques Du Puy-Montbrun, capitaine dans le régiment de son oncle Saint- André-Montbrun, mestre-de-camp d'un régiment de cavalerie en 4 652, grand cbambellan du duc d'Orléans et lieutenant-général du Nivernois, se démit de cette dernière cbarge en faveur de son oncle, le marquis de Saiut-André. Ce Jacques se convertit à la révocation et mourut en 474 5. Il avait épousé, en 4658, sa coMSÏne Charlotte^ qui ne lui donna qu'une fille, Louise -Alexan- DRiNE-CoRNÉLiE, mariée, en 4 699, avec Jean -François -Elzéar de Pontevès, comte de Buous.
II. Branche de Febrassières. Jean Du Puy-Monlbrun, seigneur de Ferrassières, dit le comte de Montbrun, né vers 4 598, lieutenant de la compagnie de gendarmes de'La Motbe-Houdancourt, prit part à toutes les expéditions de ce marécbal. Créé.marécbal de camp en 4642, il fit, en cette qualité, la campagne de Catalogne, et contribua par-
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ticulièrement au secours de Lérida, en 4644. Il suivit probablement La Motbe-Houdancourt lorsqu'il fut rappelé, et Pinard n'a pas trouvé qu'il ait été employé depuis. Selon le Dict. de la Noblesse, il mourut sans alliance; c'est une erreur. Il eut de son mariage avec Antoinette de Poinsart, fille à'An^ toine de Poinsart et de^ Marie Reypier, une fille unique nommée Espérance Du Puffy comtesse de Montbrun- Ferrassières et épouse du comte de Dobna, dont Bayle fait cet éloge dans une lettre à son frère : « Elle a toutes les belles qualités des Françoises, sans en avoir les défauts; car elle a l'esprit fin et délicat, un agrément singulier dans ses paroles et dans ses actions, beaucoup de douceur et une grande beauté; mais au lieu que les dames de France donnent presque toutes dans le jeu» la coquetterie et les divertissemens de la plus folle dépense, sans se soucier du qu'en dira-t-on, celle dont je parle ne fait son capital que de la piété (mais d'une piété douce et nullement cbagrine), de l'amour de son mari et d'une conduite toute vertueuse. »