III. Branche de Saint -André
Alexandre Du Puy-Montbrun, marquis de Saint- André, seigneur de La Nocle et de Saint-Maurice, naquit à Montbrun, en 4600. Il fut mis, dès l'âge de sept ans, avec ses deux frères aînés, auprès du Daupbin en qualité d'enfant d'honneur; mais à l'âge de quatorze ans, s'arracbaot aux divertissements de la Cour, il alla rejoindre en Piémont Lesdiguilres qui lui donna une compagnie dans son régiment. Lorsque Rohan prit les armes en 4 624, Saint- André, accompagné de Ferrassières, résolut d'aller lui offrir ses services, et il se rendit à Orange avec un corps de troupes dans l'intention d'y passer le Rhône. DéjàD«Pt7o», oui conduisait l'infanterie, avait traverse le fleuve, et Saint- André se disposait à le suivre, quand la garnison du Pont-Saint-Esprit tomba sur ses gens. Du Pilon fut fait prisonnier avec la plupart de ses soldats; quelques-uns furent noyés,
DUP
DUP
d^aulres se sauvèrent kla nage, comme Du Croi, du ^ivarais, qui aiteiguii beureusemeni l'autre rive, malgré ses soixante-dix ans et plusieurs blessures.
Les deux Montbrun durent chercher passage ailleurs. Peu de temps après son arrivée à Castres , une députation vint de Montauban apporter à Rohan la nouvelle de la mort de Viçnaux, et lui demander un gouverneur et des trqupes. Leducjeta les yeux sur Saint- André qui, bien que jeune encore, commençait à jouir d'une grande réputation de bravoure, et il le flt partir avec 300 hommes d'infanterie commandés par Pujet, Jacornasse^ Centaussel et Lefesquej en lui donnant pour ingénieur l'habile capitaine Dujau, Arrivé àCarmaing, Saint-André apprit que l'ennemi lui coupait le chemin; mais son sang-froid le tira de danger et il entra à Montauban sans avoir essuyé déporte.
Son premier soin fut d'augmenter les fortiÇcatioos et d'approvisionner la place pour un an, en cas de siège; puis, tranquille de ce côté, il fit attaquer les châteaux forts des environs, les soumit, et encouragé par ses succès, il marcha ep personne, au commencement du mois d'août 4622, contre La Bastide dont la garnison se rendit prisonnière de guerre. Attaqué à son retour, il se défendit si vaillamment qu'il resta mat- Ire du champ de bataille. Quelques jours après , à la sollicitation de Réfniezy qui avait été chassé de son château, il entreprit de l'y rétablir. Bratement secondé par les barons de Vil^ Umade et de Verdère, par Lamole, nierri, Trétieux, ù' Alliés, La Buis- Monade, iVa^fa/le jeune. Moïse et Durand, il emporta le château d'assaut et le rendit à son seigneur, {.a trahison de Veilles(Yoy. !!, p.489), feillitlui coûter 1^ liberté et peut-être la vje. Attiré dans i|ne embuscade, il dut son salut autant à la prudence dont il ne se départissait jamais, qu'à la iport du traître, il opéra 8^ retraite en combattant depuis Villebrunior et rentra dans Montaaban, n*ayant à regretter qu'une quarantaine d^hommes. La garnison qu'il avait lais-
sée à Villebrunier, sous les ordres de Baréon, LalaiM et Durhau^ regagna non moins heureusement Montauban.
Quelques jours après, Saint-André- Montbrun tailla en pièces la garoison de Montech, et par de nombreuses sorties conduites toujours « aveo koiBeur et avantage», il réussit non-seulement à tenir à distance les troupes de Thémines, chargées de faifo |e dégât autour de Montauban, mais il les Mgua tellement qu'elles finirent par s'éloigner. Montbrun les fit poursuivre par Villemaâe et TrMewsfpâ battirent à plates coutures la garnison de Saint- Maurice. Piqué de cette iMravade, le maréchal rebroussa chemin et r^rut aux portes de Montauban; mais la conclusion de la paix suspendit bientôt les hostilités.
En 4625, le secrétaire du marfuis de Montbrun ayant été arrêté porteur de dépêches de Rohan, qui pr^avait une nouvelle insurrection, Salni-André et ses deux frères se sauvèrent à Aidoxe; mais les revers essuyés par les Prolestants au début de la campagne découragèrent les deux atnés ^ui firent leur paix et rentrèrent dans le Dauphiné^ tandis que le cadet , après avoir inutilement essayé de les retenir, ^ursuivit sa route vers Castres, où le duc assemblait ses partisans. Tel est le récit de Rohan ; mais nous devons foire observer qu'il est contredit par uaftiit relaté dans l'histoire deNismes : e'eslque les deux frères de Saint-André-Montbrun se trouvèrent au combat de Bellegarde, en 4626, avec Lecfuet, La Cassajfne, Saini-Cosme qui y f^t blessé mortellement, et Saint-André lui-même. Ils n'avaient donc pas h\\ leur paix.
Rohan accueillit avec joie le jeune Montbrun et lui confia une seconde fois le gouvernement de Montauban, où un parti nombreux, à la tête duquel étaient les pasteurs Ollier, Charles ^ Delon, se montrait peu disposé ù entrer dans ses vues. Irrité par la résistance quil rencontra, Saint-André se porta aux actes de violence les plus reprébensi-
DUP
blM, pour foreer les habitants à sa déclarer en faveur de Rohan. Excitée, à son instigation, parun crocheteur nomné Arlausae et par un tailleur appelé YrUlon, la populace prit les armes, et «ne émeute formidable éclata. WAu$ttfry, un des plus braves hommes de franco, Tachariy de Kc^e^ de La Cêsie, Birraui, second consul, Pahsêê, Dwllj^^i», PéfU^ de Nérac, cour rurent les plus grands dangers (Fi>nd$ Si'Germ. franc. 914. 44). La Cm$ ftit mis en arrestation, les consuls chassés de Montauban avec les ministres modérés , et Saint-André-Monthrun resta mattre de la ville où il établit un véritable gouvernement militaire. D«puffj Leclere, ancien conseiller, le professeur Béraud, Mages^ Noaùlam et UafOfcai furent nommés membres du conseil de guerre. Les capitaines VHotiê, GriffanUt, Tkoulauséy Pey^ ruWj Vialettes le jeune, Cayli, Gayr(Uj Eseorhiae et Cassan furent chargés du commandementdes troupes dans la ville; Viahttes VzXné, Vtdis et Langlade^ de la défense de \illebourbon; Fe%tfiéy Roufjfio eïLmrae, de celle de Yillenouvelle.
A peine ces dispositions étaient-elles prises, que les Calboiiques parurent sous les mun. Dans une sortie. Montbrun tomba au milieu d'un corps considérable d'ennemis et ne dut la vie qu'à la bravoure de Durban, qui avait lui-même failli être massacré deux jours auparavant, comme modéré.
Longtemps la désunion qui répait entre les habitants paralysa ses eforts et fit échouer toutes ses entreprises ; cependant le danger commun finit par rapprocher les deux partis et dès-lors Montbrun obtint des avantages signalés sur d'Ëpernon , sans pouvoir toutefois l'empêcher d'accomplir la ruine du pays. « Le cœur le plus endurci , lit-on dans la Vie du duc d'Ëperuon, auroit été touché de compassion à la vue de tant de misérables objets qui se présentoicnt de toutes parts. Durant l'obscurité de la nuit, nous découvrions mille feux allumez dans une plaine fertile.
arrosée de deux rivières. Les bleds, les vignes, les arbres fruitiers, les maisons, tout étoit consumé. »
L'œuvre de dévastation accomplie, Pennemi s'éloigna, et Saint-André se rendit à Nismes. Le renom que sa bravoure lui avait mérité, lui avait gagné partout l'affection du peuple. Les Nismois forcèrent le Conseil, au mois de janvier 4 626 , à le demander ï Bohan pour lieutenant-général. 8aini-CosfHâ qui prétendait à ce poste, et dont les prétentions étaient anpuyées par Leeques, Foumiguety La Cassagne, se montra si vivement irrité, que Bohan, de crainte de l'aliènes tout-à-fait, se rendit à Nismes et réussit à rétablir k|
Saix en persuadant aux Nismois d'abanonner leur projet touchant Montbrun.
Mais c'est surtout dans la dernière guerre de religion que Saint-André- Montbrun trouva de fréquentes occasions de signaler son courage. En 46S8, le duc de Bohan lui donna, avec le grade de maréchal de csimp, le commandement d'une levée de 4,560 hommes, opérée dans leLanguecjoc, et l'envoya au secours des Protestants du Vivarais, en renforçant sa troupe de la compagnie de chevaû-légers de La Castagne, qui était prisonnier depuis trois mois. Saint-André commença la campagne par le siège de Saint-Jean-de- Valfrancisque qu^l prit, ainsi que le fort de Chamborigaud et quelques autres places qui pouvaient l'incommoder. Il se porta ensuite sur Génolhae dont il se rendit maître ég^^lement, et alla attaquer Villefort, mais il y troi|va* le marquis de Portes à la tête de forces considérables. Obligé de se replier sur Génolhae, il manda à Rohan que ses troupes découragées l'abandonnaient, « leiquel les loge à Saint- Ambroix, Barjac, Valon et La Gerce, afin qu'elles fussent toutes prêtes pour passer à Privas quand il en seroit hesoih. »
Ce moment ne tarda pas à arriver.
« Après cela, lit- ou dans les Mémoires de Rohan, et la prise du fort de SqjoB par le duc de Montmorency, qui ne dura que trois jours, quoique (fkâurillei
DUP
DUP
eût promis qu'il résisteroit trois semaiDes, le duc Rohan aïant appris les particularités du traité de Yivaretz, fait par ledit Chevrilles avec le garde-dessceaux pour 20,000 écus, il jugea qu'il ne falloit plus tarder à le secourir ; il fait passer à Privas Saiot-Audré de Montbrun avec 500 hommes de pied et douze maîtres de la compagnie de La Cassagne^ où il se rendit heureusement, aïant repoussé Montréal et I/£s> trange qui Tattendoient en de mauvais passages avec plus de forces qu'il n'en avoit.» Les consuls de Privas étaient assemblés, lorsque le lieutenant de Rohan, blessé d'un coup de feu au bras droit» se présenta aux portes de leur ville.
Sous prétexte qu'ils n'avaient pas besoin de gens de guerre, ils voulurent loger ses troupes dans les villages voisins ; mais Saint- André qui savait qu'ils étaient entrés en négociation avec le roi, refusa de sortir. Cette résolution non-seulement déconcerta Chevrilles, mais elle changea la face des choses.
Louis XIII se vit obligé d'entreprendre le siège de Privas qu'il espérait avoir à prix d'argent; mais auparavant, il voulut essayer de gagner Saint-André, et il lui fit proposer jusqu'à cent mille écus pour la remise de la place. Le digne petit-fils du brave Montbrun répondit noblement, qu'il était homme d'honneur et que rien au monde ne lui ferait violer ses serments, et sur-le-champ, après avoir fait jurer aux habitants de se défendre jusqu'à la mort, il ordonna les travaux les plus urgents pour mettre f rivas en état de soutenir un siège.
Le 4 4 mai, Louis XIII, qui venait de promettre aux députés des Catholiques du Yivarais, de « faire des rebelles tel châtiment qu'il en seroit à jamais mémoire » , parut dans la plaine du Lac, qui entoure Privas au levant et au midi. Le jour môme, après une inutile sommation, l'attaque commença contre les défenses extérieures, et le 20, l'armée royale, portée à 29,000 hommes par l'arrivée de Richelieu avec l'armée de Piémont, ouvrit la tranchée contre le corps de la place, et la poussa vive«
ment malgré les vigoureuses sorties des assiégés. Le 26, l'assaut fut livré sur deux points, mais il fut vaillamment soutenu, et les royalistes repousses, après une lutte sanglante qui dura près de deux heures. Malgré ce succès, les assiégés, travaillés par les émissaires de Chevrilles auxquels s'était joint Bnuul d'Anduze, qui commandait cinq compagnies des Cevennes, exigèrent impérieusement de Saint-André, en le menaçant de le livrer au roi, qu'il s^abouchat avec Gordes ; mais Louis XUI ne voulut recevoir la ville qu'à discrétion (4). Les Privadois n'eurent garde de se fier à la clémence d'un prince bien connu par son humeur cruelle et sanguinaire ; la plupart préférèrent abandonner leurs demeures et essayèrent de fuir, dans la nuit du 21 au 28, à travers les bois et les rochers; mais presque tous tombèrent entre les mains des soldats royalistes, et furent égorgés, pendus ou envoyés aux galères. Le reste des bourgeois et la garnison, qui s'élevait à peine à 500 hommes, se retirèrent dans le fort de Toulon, avec tant de précipitation et de désordre qu'ils oublièrent d'emporter vivres et munitions. Dans l'impossibilité de prolonger la résistance, les assiégé sollicitèrent de rechef une capitulation; le roi se montra inexorable. « Ce sont, écrivait-il le jour même à sa mère, les meileurs hommes que ait M. de Rohao, et, les faisant pendre, comme je feray, et Saint-André le premier (2), c'est couper le bras droit à M. de Rohan que de luy ester ces gens-là {MSS, de Béthune, N*9323). i> Cependant les pourparlers continuèrent. Trois fois Brunel du Dauphiné, lieutenant d'une compagnie, fut envoyé au camp pour counaltre la
(1 ) Selon les Mémoires de Rohan, le roi offrit a Saint-André « composition honorable pour lui et ses soldats, mais non poor les ha> bitants >, et le généreoi capitaine refasa de séparer son sort de ceint des Privadois. Cette version nous semble contredite par la lettre de Louis XIII.
(2) Rohan se trompe donc lorsqu'il dit qu*on offrit ^ Montbron la vie pour lui, et non pour ses soldats. Louis XIII, on le voit, lai réservait le même sort qa*tai iitrei.
DUP
DUP
dernière résolution du monarque. Gagné, selon Rohan, par les promesses des assiégeants, il annonça, au retour de son troisième voyage, que tout le monde aurait la vie sauve, mais qu'il fallait que Saint-André et quelquesuns de ses capitaines allassent se jeter aux pieds du roi pour lui demander pardon, et que le comte de Soissons, qui devait Tintroduire, l'engageait à se hâter. Saint-André ne se décida qu'avec répugnance à cette démarche humiliante ; cependant il finit par céder aux instances de ses officiers. Il se rendit donc avec ClauseU Verderonne et trois autres de ses capitaines dans le camp ennemi; mais le roi refusa de le recevoir et le renvoya au cardinal qui le retint prisonnier sous prétexte qu'il n'avait pas de sauf-conduit. Malgré l'indignation qu'il devait ressentir de celte trahison, Montbrun, qui connaissait la position désespérée de ses gens, se laissa persuader par Richelieu d'écrire à la garnison du fort de Toulon, pour l'engager à se rendre à discrétion, en lui assurant que tous ceux qui la composaient auraient la vie sauve. Cependant les soldats catholiques étaient entrés dans Privas abandonné. Ils y trouvèrent deux cents hommes blessés, malades ou infirmes, qui furent tous passés au fil de l'épée, et quelques femmes qui essuyèrent les derniers outrages. Les maisons furent pillées et livrées aux flammes, il n'en resta pas une debout, de l'aveu de Richelieu.
Après avoir obtenu de Montbrun, tout ce qu'il pouvait en espérer, Louis XIII, lit-on dans une Vie de ce grand capitaine publiée à Paris en 4 698, le fit passer devant un conseil de guerre qui l'aurait certainement condamné à mort, si le comte de Soissons, du nom de qui on avait abusé pour l'attirer dans le piège, n'avait hautement protesté contre une telle infamie. On se contenta donc de l'enfermer d'abord dans la citadelle de Valence, puis dans la tour de Crest , d'où il eut l'adresse de s'échapper au bout de quelques mois. Cependant le bruit do sa con-
damnation s'était répandu dans lecan^p, et quelques soldats ayant crié aux défenseurs du fort de Toulon, que Saint- André venait d'être pendu , tous jurèrent de se défendre jusqu'à la dernière goutte de leur sang. Instruit de leurs dispositions, Louis XIII fit conduire le prisonnier sous les murs du fort, et dès qu'ils le virent, s'imaginant qu'on leur accorderait aussi la vie, ils ouvrirent leurs portes et se rendirent à discrétion, le i9, « Sa Majesté, lit-on dans les Mémoires de Richelieu, étoit résolue d'en faire pendre une partie des plus coupables ; mais il en arriva tout autrement : car comme les gens de guerre entroient dans ledit fort pour empêcher qu'il n'y arrivât du désordre, quelques huguenots, par hasard, ou, comme d'autres pensent, de propos délibéré, étant désespérés, dirent tout haut qu'il valoit mieux périr par le feu que par la corde qu'ils appréhendoient, parce que leurs chefs s'étoient rendus i discrétion, et mirent le feu aux poudres. » Rohan affirme, au contraire, dans ses Mémoires, que le feu y fut mis par les soldats de l'armée royale. « Les premiers qui entrèrent dans le fort, ditil, mirent le feu à quelques sacs de poudre, afin d'avoir un prétexte de faire main basse, comme il leur avoit été commandé, ce qu'ils firent. » Laquelle de ces deux versions adopter? Si, d'un côté, Richelieu était sur les lieux, de l'autre, il avait intérêt à dissimuler la vérité, et dans les quelques lignes que nous venons de citer de ses Mémoires, nous le prenons en flagrant délit de mensonge: il est faux que Montbrun se soit rendu à discrétion.
Quant à Rohan , s'il n'était pas à Privas, il a pu recevoir des détails précis de Saint- André lui-même , et nous ne voyons aucun motif qui eût pu le porter à accuser faussement le roi et son conseil d'une cruauté horrible, et à taire un acte d'héroïsme honorable pour son parti. Nous savons bien que l'éditeur des Commentaires du soldat du Vivarais fait valoir contre cette opinion deux raisons qui semblent spé-
DUP
DUP
cijuses : Tuue que des soldats victorieux no se seraient pas prêtés à une manœuvre qui les dévouait à la mort pôle-mêie avec ceui^ qu'ils voulaient perdre; Taùtre, que le roi était religieux et quHl n'avait besoin d'aucun prétexte pour exterminer des rebelles
Îu'il n'avait jamais voulu recevoir qu'à iscrétion. Mais un général qui envoie des soldats à une mort certaine — cela arrive quelquefois , — les met-il dans là confidence de ses desseins^ Qu'on • reniarque d'ailleurs que^ de l'aveu de tous ie^ historiens, Texplosion eut lieu avant l'occupation du fort, au moment oii les gardes françaises prenaient possession de la porte, et que, par conséguént, l'explosion d'un baril de poudre ne pouvait causer de grands ravages dans leurs rangs. iQuant à la seconde objection de M. de La boissière , elle nous parait , encore plus faible. Sans doute Louis Mil était religieux ou plutôt bigot: mài^ il avait appris de son confesseur jésuite que la fin justifie les moyens; or il voulait, c'est lui-même
Sui nous l'apprend, « couper le bras roit à M. de Rohan » , et faire pendre cinq cents hommes d'un coup, c'eût été un acte non-seulement d'une cruauté révoltante, niais d'une mauvaise politique. Au reste, « soit, comme le dit Bernard, historiographe de Louis XIII, qui ne se prononce pas sur la cause de cette catastrqphe, réserve imitée de nos jours par HM. de Sismondi et Henri ibrtin, soit que ce fût la mèche d'un soldât qu^ eût mis le feu à la poudre répandue dans la place» soit que quelqu'un de la ville y eût mis le feu par désé^oir, on crut que les gens du fort avoient voulu faire jouer une mine pour perdre l'armée du roi. » Les soldats royalistes exaspérés se jetèrent sur la garnison et la massacrèrent $ans pitié. Cent cinquante ae ces malheureux éichappèrent seuls à cette afîreuse boudieriç ; mais ils n'en furent que plus à plaindre. Cinquante furent pendus devanlle fort, etcent envoyés aux galères. Ainsi périt la ville florissante de Privas. Une ordonnance royale compléta
sa ruine, en déclarant tous les biens des habitants confisqués et en interdisant ï qui que ce fût de s'y établie sans lettres-patentes du roi.
Après sou heureuse évasion, Saint- André-)tfpntbrun alla offrir son épée i la république de Venise» à rexemplè du duc de Rohan. Chargé, en ) 63b» de secourir Hantoue, il entra dans là place, après avoir surmonté ions les otn* stades, reprit le fort Saint-Georges ^ força les Impériaux à levçr le siège, it çervait dans la Valteline, lorsque le rot de Suède Gustave -Adolphe l'appela sous ses drapeaux» et lui donna» en {634 , un régiment de cavalerie et m d'infanterie, à la tète (lesquels fl défit près de Weimar un corps d'Impérhux.
Au siège de Francfort, il se chargea d'enlever un ouvrage à coimb dont la prise permettrait de livrer dn assaut général : trois. fois repoussé, il revint une quatrième à la charge et l^emporta l'épée à la main. Francfort fut ^n$y le 43 avril, Landsberg se réûditie 48.
Quelques jours après, ^ni-André battit près de Tangermundb Irâ Impériaux , leur prit deux drapeaux et fit mille prisonniers. Le roi de Suède lé récompensa par le gouvemeÎDent de là Poméranie. A la bataille de L^pzig, le 7 sept., il combattit avec une bravoure sans égale à la tête de son régiment qui fut taillé en pièces. Chargé du commandement de l'avant-garde au passage du Leck, il mit en déroute quatre régitûents ennemis, le )5 avril 463S, et fit le dég&t autour de moburg. Aogsbourg capitula le iO. Saint-André continua ainsi à se signaler panpi les plus braves Jusqu'au combat de Nuremberg pii il reçut une blessure qui Tempécha d'assister à la bataille de lutzen.
Après la mort de Gustaye, il s'attacha au di^c deSaxe-Weiinar. ^n 4 633^ à la tête de 2,000 hommes, il arrêta, durant deux jours, 8,000 tmpériaux qui marchaient au secours d'Elvirangen; privée de ce secours, la place dut capituler. Peu de jours après, il tomba avec 3,000 soldats au milieu de 4 0,000 ennemis ; mais une attaque impétaeuse
UUP
DUP
lui fraya ua passage et il parvint à sa sauver avec une partie de sa troupe.
Forcé par la maladie de s'arrôter k Burgau, il fut fait prisonnier lorsque Wallenstein emporta ce bourg. L'Empereur lui offrit la liberté, à condition qu'il entrerait à son service; mais il répondit noblement qu'il préférait à la liberté son bonneur et la reconnais-* sance. U fut donc envoyé dans la forteresse de Lindau, où il fut détenu plus ûe trois ans.
Echangé» en 4 636 « coiitre un frère du général Papenheim » il revint ei^ France et se présenta à la Cour où il fut bien accueilli. On lui donna une compagnie decbevau-légers et on l'envoya servir sous Rohan dans la Yalte- Une, où il se signala comme toujours.
L'année suivante, il fut employé au siège de Leucate dont il enleva les retranchements. En 4638, il obtint ua régiment à la tôUs duquel il fit la campagne de Piémont. Au seeours de YeroeU, il força deux redoutes et jeta dans la place S, 000 hommes* à l'attaque des retranchements de Gencio , à la prise de Chivas, au oombat devant Casai^ il donna également des preuves de k plus grande bravoure; mais au uége de Turin, il fut fait prisonnier après des prodiges de valeur, et conduit à Milan^ il ne ^cottvra la liberté qu'en 4642»
Blevé, pendant sa captivitéi au grade dé marédial de camp, il continua à servir en Italie, même après avoir obtenu^ •Il 4646 ou 4649 (4), le gouvernement du Nivemois. Créé lieutenantgénéral, il commanda l'armée d'Italie en l'absence de Du Piessis-Praslin. Il Ait ensuite employé en Provence; maie en 4 654 , il retourna en Italie et empêcha les Espagnols d'y fairedes progrès.
En 465S, il reçut ordre de conduire l'armée de Piémont au secours de Barcelonne et de s'opposer à l'armée de Gondé. Le cardinal de Hazarin finit par sentir que tant de services méritaient
(4) Sa réponse *a la lettre de félicitations que lui adressa k ce sqjet la Seigneorie de Genève, porte la date da tO fflfti 1660 (Ar» dUPk ie 6€né99^ Il« 3M8).
une récompense. Il off'rit donc à Saintr André-Hontbrun le bâton de maréchal de France, à condition qu'il abjurerait la religion réformée. Le brave f[énérai ne voulut pas l'acheter à ce prix, et il quitta la Cour; mais il oublia bientôt son mécontentement. Dès 4 655, il rentra dans le service actif et fut employé en Italie. La m^e année, il fut nommé commandant-général duMontferrat, du Piémont et du Dauphiné. En 4 656* il contribua à la prise de Valence; en 4 657, il emporta d'assaut None et prit une grande part à toutes les opérations ie la campagne; cependant, en 4 659^ ayant de nouveau k se phdndre de la Cour, il se retira chez lui, après s'être démis du gouvernement du Nivemois en faveur de Uazarin.
Saint- André-Montbrun vécut dans la retraite jusqu'en 4 668 où le sénat de Venise songea ï lui pour remplacer le vaillant défenseur de Candie, le marquis de Ville, qui venait d'être rappelé par son souverain. Saint-André n'ignorait pas que Candie était réduite à l'extrémité; toutefois il crut son honneur engagé à ne pas refuser à la républiaue et à la chrétienté le secours que l'on Httendait de son expérience militaire et de son courage. Il s'embarqua donc à Venise, au mois de juin 4 668^ revêtu du titre de capitaine-général des araaéee de terre de la république. A son arrivée, il trouva la ville en ruines, les défenses extérieures emportées, les parapets abattus par la formidable artillerie des Turcs. 11 mit en usage toutes {es ressources de l'art de la guerre pour Oatiguer l'ennemi et troubler ses travaux, et peut-être son obstination aurait-elle fini par vaincre l'opiniâtreté des Musulmans, si Morosini, persuadé qu'une plus longue résistance était impossible, n'avait capitulé à son insu. A ut prière du sénat, Saint-André passa à Zautes et à Corfou pour augmenter les fortifications de ces lies que l'on 0'attendait à voir attaquer d'un moment à l'autre; puis cette mission rem-^ plie, il revint en France; mais les Vénitiens ne tardèrent pas à le rappeler*
DUP
DUP
et ils lui confirmèrent pour la ^ie la charge de général de leurs armées de terre. En 1670, Saint- André suivit le comte de Saint-Paul dans sa courte expédition de Pologne, et dès lors, il vécut retiré dans sa terre de La Nocle jusqu'à sa mort, arrivée au mois d'août
Saint-André-Montbrun avait épousé Louise-Madelaine de La Fin-Salins^ dame de La Nocle, qui lui donna deux filles, dont l'aînée, Marguerite, épousa, en 4664, Corneille van Aerssen, d'une famille distinguée de Hollande, et la cadette, Charlotte, son cousin le marquis de Montbrun. M"* de Saint- André-Montbrun, qui vivait encore à la révocation de l'édit de Nantes, fut exposée aux plus barbares traitements malgré son grand âge! On essaya d'abord de la priver de l'exe^ice de sa religion dans son propre château; mais l'intendant de Harlay la maintint dans son droit par arrêt du 34 août 4 685 {Arch. gén, Tt. 323). L'édit révocatoire publié, l'évêque d'Autun se transporta en personne à La Nocle, accompagné du prévôt et de bourreaux porteurs des instruments de torture, dans l'espoir que la terreur la pousserait à se réunir. Son atroce calcul ayant été trompé, la veuve de l'illustre Saint- André-Montbrun fut enfermée dans le couvent de Sainte-Marie. Après trois années de détention, elle consentit enfin k abjurer des lèvres et fut reléguée à Apt. L'évoque de cette ville avouait lui-môme qu'il ne croyait nullement à la sincérité de sa conversion \{Arch.
gén, M. 670); ce qui n'a pas empoché les écrivains de l'église romaine d'affirroer qu'elle mourut catholique, le 34 août 4693, à l'âge de 84 ans.
IV. Branche de Villefranche. René Du Puy-Montbrun, né vers 4 602, suivit aussi avec distinction la carrière des armes. Il fit la plupart des campagnes de son frère Saint-André et fut élevé au grade de maréchal de camp par brevet du 4 5 juillet 4649. Il ne parait pas qu'il ait servi depuis. Selon le Dict. de la Noblesse, il ne laissa qu'un
fils qui passa en Angleterre où il fut colonel d'un régiment de Réfugiés; mais La Chesnaye des Bois commet une double erreur. René Du Puy-Monlbrun eut de son mariage avec Isabea»
de La Forêt-Colignaty dame de Jodchères, contracté en 4640, trois fils et neuf filles : 4 «Charles, né en 4644, colonel d'un régiment et jeune homme donnant les plus belles espérances, tué, le 46 oct. 4668, au siège de Candie;
— 2* Jean, qui suit; — 3* Hector, né vers 4 658, qui, k peine sorti de l'enfance, servit avec distinction en Catalogne et se réfugia dans le Brandebourg à la révocation de l'édit de Nantes, emmenant avec lui plusieurs de ses sœurs et une demoiselle de La Jonquière. Nommé capitaine des mousquetaires, puis colonel, il fil les campagnes d'Italie et fut tué à la bataille de Marsaille, en 4693. Sa veuve revint en France après sa mort et embrassa la religion romaine ; — i* Isabbau , femme de N. Achshausen, conseiller intime de l'électeur de Hesse; — 5* Lucrèce, mariée à Alexandre de La Tour-di^Pin, seigneur de La Chan, qui, bien que convertie depuis 4686, ftit enfermée dans un couvent d'Aix parce qu'on la soupçonna d'avoir favorisé l'évasion de 'son fils (Arek.
gén, M. 676); — 6* Uranie, réfagiée en Allemagne où elle se maria; — 7* Justine; — 8* Renée; — 9*Maoelai- NE, femme de Charles d'Ârbon, sieur d'Espenel; — 40* Oltiifib, épouse de N. de Blacons; — 4 4 * Marguerite ;
— 4 2* Louise.
Jean Du Puy-Montbmn, seipeur de Jonchères, né en 4 654, servit sous Twrenne dont il sut mériter l'estime. Comme il resta en France et s'y maria, après la révocation, on doit en conclure qu'il se convertit, et tout nous porte à croire que son fils atné François, mort à Paris en 4744 , à l'âge de 48 ans, professa la religion romaine; mais, selon une;note qui nous a été fournie par un de ses descendants, le cadet Charles rentra dans l'église protestante, et après avoir éprouvé toutes sortes de
DUQ
persécutions pour sa foi, il finit, après la publication du fameux édit de 4 724 , par sortir secrètement de France, et il se retira en Hollande avec sa femme et son fils Etienne. Ce dernier, né, en 4748^ dans le Languedoc et mort à Maëstricht^ le 28 mars 4785, est auteur d'un Recueil de cantiques sacrez, dont les sujets sont pris tant du V. que du N. T. (Laus., 4769, in-8») et ^'Èlémens de la lecture ou méthode pour apprendre à épeler et à lire correctement, dont une 3* édit. fut publiée à Amst., 4789, in-8*. Il avait épousé, en 4 739 , Jeanne Monnereau , qui le rendit père de Pàul-Chàrles, né à Goes, en 4745, mort sans postérité à Amsterdam en 4 84 4 . Resté veuf de sa première femme , Etienne Du Puy- Montbrunse remaria, en 4749, avec Jeanne-Catherine van Deursen qui ne lui donna qu'une fille, Mari£-Hbn- RiETTE, morte sans alliance, en 4 825, à Tâge de 74 ans. En troisièmes noces, il épousa, en 4763, Susanne de Lamr hermont, ^W^^' Abraham de Lambermont et A'ElisabethChappon de Champagne, et veuve de Charles Guyot»
docteur en médecine. lien eut Etienni, né à Maêslricht, le 26 fév. 4765.
Celui-ci fit ses études de théologie à Groningue, et après avoir été reçu proposant an synode de Maêstricht, en 4786, il fut appelé à desservir successivement les églises d'Embden et de Qarlem. On a de lui un Sermon sur lePs. CXXU, \, prononcé àV église française d'Embden(^mMexïj 4804, in-8*). L'année même où ce sermon fut imp. , Etienne Du Puy-Montbrun mourut ayant eu six enfants de sa femme Anne-Marie HUHesheim^ fille du secrétaire de la ville d'Embden : 4* Etienne-Henri-Paul, né à Embden, en 4793, mort l'année suivante; — V Henri, né à Embden, en 4794, et père d'une nombreuse postérité; — 3* Gharles-Guillaume-Henning, né à Embden, en 4 795 , mort à l'âge de 4 5 ans ; — 4* Gcillacme-Paul-Dernard , né à Embden, en 4 798, mort en 4 806; — 5* Jean-Bernard , né à Embden, en
4 800, qui) a épousé à Amsterdam, en 4844, Marie - Henriette - Dorothée Wissenaar, veuve àQ Michel- Daniel Peirotto Brutel de La Rivxère\ — 6* Etienne-Henri-Josué , né posthume à Embden, en 4 805. Ce dernier s'est fait connaître avantageusement par des Recherches bibliographiques sur quel ques impressions néerlandaises du XV» et dux\i* siècle (Leyde, 4836, in-8*), et par une dissertation intitulée Die Verbesserung der Rheinschi/ffahrt und der Schiffbarkeit des Rheines (ElheMà, 4854, in-8% avec carte). Ce sont les renseignements qu'il a eu l'obligeance de nous fournir, qui nous ont permis de rectifier et de compléter la généalogie de l'illustre famille de Montbrun (4).
DU QUESNE (Abraham), né au bourg de Blangy dans le comté d'Eu, chef d'escadre sous Louis XUI. Du Quesne avait reçu le jour dans une famille pauvre; mais la nature l'avait libéralement dédommagé des torts de la fortune. Entraîné par une vocation irrésistible, il quitta jeune ses parents et se rendit à Dieppe où il se fit pilote. Un travail opiniâtre , secondé par son génie, Téleva bientôt au-dessus de son emploi; sa réputation s'étendit jusqu'en Suède, et le roi Gustave-Adolphe le prit à son service. Ce ne fut que longtemps après que Louis XIO , comme honteux d'avoir laissé un homme de ce mérite dans l'oubli, le rappela en France et lui donna le grade de capitaine de vaisseau.
La France ne possédait alors ni flotte ni matelots; mais Richelieu voulait créer une marine. Du Quesne ne tarda pas à être élevé au grade de chef d'escadre ; cependant ni l'ambition, si puissante sur les âmes vulgaires, ni la crainte de déplaire au ministre tout- Ci) Cette généalogie n'est poorunt pas encore complète. Nous ne voyons iacon moyen d'y rattacher un Du Puy*Montbrun qui, à la révocation, passa dans les Iodes-Orientales et y rut lue. Nous ne «avons non plus auquel des marquis de Moiilbruo attribuer des Mémoires publiés a Amst. ,1701, in-12, mémoires d'ailleurs fort peu authentiques.
BUQ
OUQ
puissant de Louis XIU, devant qui se courbaient les plus hautes tôles, ne pu- ("ent le décider à porter les armes contré ses coreligionnaires. Pendant le siège de La Rochelle, il fallut remployer ailleurs. Quelques années après, il retourna en Suède, pour prendre le commandement d^une escadre que Christine entoyait au secours de Louis XIII, s'il Faut en croire Turpin, Fauteur, fort inexact, de la France illustre. Attaqué, à son retour, par les Espagnols çl mortellement blessé après des prodiges de valeur , il fut conduit prisonnier à Dùnkerque où il mourut» en <B35, selon Perrault, vers <638, dV près la Biog. univ.
De son mariage avec Marthe de Caul[Caiûxf] naquirent, selon le Dictionnaire de la Noblesse, quatre iils qui Servirent avec distinction dans la ma- Hne. L'un d'eux, capitaine de vaisseau, fut tué d'un coup de canon. Il laissa un Ûls dont la destinée est inconnue. Un autre, nommé Jâcob, également capitaine de vaisseau, épousa Susanne GuUion^ filiè du célèbre maire de La Rochelle, il en eut Abraham Du Quesne-Guitton , mort en 4726, lieutenani^ général des armées navales, à qui sa conversion valut, en \ 688, le don des biens de son oncle Gi^t&er^. ministre de La Rochelle {Àrch. gên. Ë. 3374).
tJn troisième, N. t)u Quesne-Monnier., eut un fils qui servit sous son oncle au bombardement d'Alger et de Gènes, et qui se convertit également à la révocation ié l'édit de Nantes, pour obtenir le commandement d'un vaisseau. Eh 4 687, le roi lui accorda la confiscation des biens laissés en France par sa mère Susanne Uonnier^ femme du sieur P^tit {Arch. E. 3373). Il mourut à Toulon chef d'escadre, commandeur de l'ordre de Saint-Louis et commandant de la marine dans ce port de mer. Le quatrième et le plus célèbre, Abraham, naquit à Dieppe en 4 64 0 (4 ) .
(1) Telle est Topinion générale; cependant nous devons dire que Haudicqnet de Blanconrt, auteur de la Noblesse de Picardie, le fait naître dans cette dernière province en
Abraham Du Quesne reçut de père les premières notions de l'art ntiitique ; mais sentant que la théorie était insuffisante pour former un habile marin, il fit plusieurs voyages sur des vaisseaux marchands « saisissant avec avidité, toutes les occasions de s'ia* struire. Dès l'&ge de 47 ans, il reçut le eommandement d'un vaisseau dans l'escadre de son père. En 4 637, à l'attaque des tles Sainte-Marguerite, il se fit remarquer par sa valeur et ses talents.
L'année suivante, il combattit la floUe espagnole devant Gattary en Biscaye* et contribua à la victoire, en forçant l'ami*
Îal ennemi à battre en retraite devant lui. )e 4639 à 4643, il continua à se signaler dans tous les engagements qii eurent lieu entre la flotte française et la flotte espagnole, à la Corogne^ 4 tarragone, au cap de Gates; et partout, il donna des preuves d'une rare intrépidité. La conclusion de la paix le rendit à la vie privée; mais àh& 4 644, las de son inaction, il alla demander du service à la fille de Gustave-Adolphe qui le nomma major-général , et bientôt après , vice-amiral de la flotte snédoisOi Ce fut en cette qualité qu'il prit mte part brillante à la Âirieuse bataiilft de Gothembourg oà les Danois furent complètement défaits.
Rappelé en France en 4647, Du Quesne fut chargé du comnandenent d'une des escadres envoyées devant Naples. En 4650, le triste étotëela marine française ne permettant pts au gouvernement de presser avec vigueur le siège de Bordeaux, Du QueSne équipa à ses frais une flottille pour disputer a l'escadre espagnole l'entrée de la Gironde. Rencontré par une flotte anglaise qui voulut le contraindre à baie^ ser pavillon, il n'hésita pas à l'attaquer malgré l'infériorité de ses forces, et, après un combat glorieux, il rentra à Brest pour radouber ses vaisseaux et faire panser une blessure qu'il avait reçue. Il fut bientôt prCt à reprendre la mer et arriva à temps pour fermer aux Espagnols l'entrée de (a Gironde.
Des services aussi signalés lui valnreit
IMHJ
DUQ
le gradeOe chef d'esiïaârei ei la reine* nèrelui donna le château dlndrel près de Nantes^ faible dédommagement det sommes qu'il avait dépensées pour Tar^ merocnt de son escadre et dent il ne paraît pas qu'il ait été Remboursé.
Du Quesné était sans. contredit le
gibs habile marin que la Frstnce posédâl alors; ra»s comme il n'était pas noble de naissance et quMl feisait, 9k outre, profession d'une religion en ft;ri mauTaise odônr k la Cour^ il attendit longtemps un commandement digne de eon mérite, il parait même qu'il fut lais^ se à l'écart jusqu'en 4672« que set biographes nbus le montrent combattant dans la Manche contre Ruyter et Tromp, soiis les ordres du maréchal d'Estrées, et s'y couvrant de gloire^ Beux ans pins tmrd, la révolte dé Messine contre la tyrannie des Espagnols lui offrit enfin l'occasion de donner à Louis XIT une juste idée de ce qu'M valait.
Cette ville ayant demandé au roi de France sa protection et lui ayant offert la souveraineté de la Sicile^ Vivonnoi dont le ))rin\cipal mérite était sa parente avec M"* dèMontespan, reçut ordre d'y (Mduire «ne esctd^ de douse vaiséeauk. Suivant les consens de Dti Quesne, qtii commandait sous lui, il attaqua, le 44 fév. 4675, la flotte es* Mgnole à Messinb et la défit. Averti db nproèhahie arrivée de Ruyter, il envbya Dtt Quesne à YersaillM pour de^ fltaniler des tvnfoHi» et Louis XTV, comprenant enfin la valeur du héros, l'éleva au grade de lieutenantngénéral et lui eonfla le commandement d'une flotte ptiissante qtn avait été armée à Toulon. Du Quesne mita la voile, et le 7 janv. 41576, il rencontra U flotte bol* landaise à la hauteur de Stromboli. Lé combat tbt acharné, et l'avantage resta à Pamiral français; mais un calme l'empêcha de profiler de sa victoire et de forcer l'entrée du Phare. 11 dut donc se décider à faire le tour de l'tie, et heureusement il arriva à temps pour sauver Messine en faisant entrer dans son port le convoi qull escortait. Ce devoir renn
pli, il se mit St la rechen^ de Ruyter qu'il rencontra dans le golfe de Catane, le t% avril. Les deux escadres s'allaquèrent avec une fureur extraordinaire; le combat ne jcessa qu'à la nuiti Elles se retirèrent également endommagées; mais les Hollandais avaient éproavé une perte irréparable. Le grand Ruyter avait reçu une blessure dont il mourut au bout de sept jours.. Àpièe avoir réparé leurs avaries, les Uolbndais et les Espagnols sortirrat de Syracuse pour aller s'endosser Âevant Palerme. Leur £06iUon était formidable, cependant Du Quesne se chargea de les y attaquer^ le i juin, k U.têto de l'avant-garde i il rompit la ligne d'embossage, plaça par eette manem- Vt« hardie l'ennemi entre deux toux et di§truisit la flotte alliée. Cette action d'éclat Bit leeènble à la gloire de Du QuesnO) qui fut ensuite chargé de croisor dans la Méditerranée et de la purger des pirates qui l'infestaient. Le S3 Juillet 4684, il poursuivit jusque dans e 1^ de Chio huit corsaires de Tri- Kli qui y avaient cherdlié un asile, et \ coula à fbnd» sans ménager les habitants; puis revenait sur la eôted'A- Mque, il insulta la ville mâme d'Alm eb y jetant deux eents bombes. Et 4683, il reparut devant cette ville qui Alt presque détruite par un nouveau bombardement. Cette sanglante exécutidn ne fut rien conmidant, comparée à celle qu'eut à seuiïnr Gènes, en 4 684| sous les plus f\itiles prétextes. Il semble que Du Quesne, qui ne faisait qu'obéir aux ordres impitoyables d'un rd me d'orgueil, eut honte de se faire l'exécuteur d'une épouvantable iniquité. On assure qu'il ne prit aucune part a ce làdie massacre, et que pendant tout le bombardelnent, il refhsa de sôr- Ûr de sa chambre, rejetant sur Soigneky l'odieux d'un acte inouï de barbarie, accompli sans aucune protocation.
A défaut du brevet de vice-amiral cm'il méritait plus que personne en France, mais quil nenouvaitobtenir de labigoterie deliOUÎBUVfiAi renier mi
DUQ
DOQ
convictions religieuses (1), DuQaesne reçut, en 1681, comme récompense deses services, un don de S00,000 livres à employer 'au paiement de la terre Du Bouchot qui fut érigée en marquisat sous son nom, au mois de fév. \ 682, à la condition toutefois qu'il n'y serait fait aucun exercice de la religion prétendue réformée {Archiv, gén, E. 3367), clause que l'on retrouve dans les Lettres d'union des terres et seigneuries de Monros, Quernichard, Querenville, Quergoet, etc., en une seule ch&tellenie sous le nom de Monros, ' avec droit de haute, moyenne et basse justice, lettres qui lui furent accordées sur sa demande, au mois de janvier 4683 {Ibid. E. 3368). Lorsque l'édit de Nantes fut révoqué, non moins zélé pour sa religion que le maréchal de Schomberg , il demanda, comme lui, la permission de sortir de France; mais Louis XIV la lui refusa, dans la crainte, dit Benoit, qu'il ne révélât aux étrangers le secret de ses forces navales. On lui permit seulement de demeurer à Paris, avec promesse de ne point l'inquiéter sur le fait de la religion. Il vécut quel • ques mois encore dans la retraite et mourut subitement à Paris, le t fév. 4688. Jaillot affirme, que ce héros» à qui la Grèce aurait élevé des statues et que Rome eût porté en triomphe au Gapitôle, ne put obtenir pour sa dépouille mortelle une sépulture honorable. Le plus grand homme de mer du xvii* siècle, le vainqueur de l'illustre Ruyter fut, dit-il, enterré dans sa terre Du Bouchot sur le bord du chemin, — à peu près comme un criminel. En vain son fils aîné réclama-t-il ses cendres; le
(1) M. Jal, historiographe de la marine, uoos apprf nd qa'oatre la reiigiou, il y avait d'antres raisons qu'il se réserve de dire dans la Vie de Da Quesne a laquelle il travaille depuis plusieurs années. Nous nous faisons ua devoir de le remercier de la peine qu'il a prise de lire notre article. S'il s'est borné k exprimer des doutes sur quelques assertions des biographes que nous avons dû suivre, faute de meilleurs renseignements, c'est, nous en sommeit convaincu, parce qu'il n'est pas enco* rc arrivé a la certitude, malgré ses laborieuses recherches, et qu'il a craint de nous induire à sobstitaer nae méprise a nae erreur.
mausolée qu'il lui avait fait élever sur la terre étrangère, resta vide. Mais à cela seul ne se borna pas l'ingratitude du grand roi. Le 8 fév., c'esi4-dire six jours après sa mort, tous les biens de Du Quesne furent mis sous le séquestre, « le roy ayant résolu d'en user à l'égard de la famille du sieur Du Quesne, ainsi qu'il a esté fait à Tégard de tous les autres religionnaires opiniâtres», lit-on dans une lettre du secrétaire d'état Ureh. E. 3374). Le même jour, La Reynie alla signifier à la veuve de l'illustre amiral l'ordre de se convertir ou de sortir du royaume; elle préféra l'abjuration à l'exil, et obtint, le 1 2 mars, main-levée de la saisie opérée un mois auparavant (Ibid.
« Du Quesne, litp-on dans la Biogr.
nniv., avait la taille avantageuse et l'air robuste; ses yeux grands et vifs, son regard plein de feu, annonçaient l'homme de courage et de génie. La France n'avait pas eu, avant lui, d'homme de mer aussi habile, ni qui se fût distingué par des exploits aussi glorieux. » De son mariage avec GabrieUe de Ber^ nières naquirent quatre fils. L'aîné, Henri, marquis du Quesne, né en 465S, fit sa première campagne, à l'&ge de 4 4 ans, en qualité d'enseigne de vaisseau.
En 4 672, il assista au combat livré, dans la Manche, à la flotte hollandaise par les Anglais et les Français. Ea 4 674, il fut, lit-on dans le Diction, de la Noblesse, nommé capitaine de pavillon, sans passer par le grade de lieutenant, distinction jusque-là sans exemple . Créé capitaine de vaisseau en 4 67S, il commanda le Parfait dans les trois combats livrés, l'année suivante, aux flottes alliées de Hollande et d'Espagne. Dans le second, il prit un vaisseau et fut dangereusement blessé. En 4683, il commanda un vaisseau au bombardement d'Alger, puis il fut envoyé ï Tunis pour négocierle renouvellemeat des traités d'alliance entre cet état barbaresque et la France. A son retour, il comprit, au redoublement des persécutions, que la ruine de l'Eglise prêtes-
DUQ
DUQ
tante était arrêtée dans la pensée du gonTernement, et sans attendre que la révocation de Pédit de Nantes brisât sa carrière, il demanda et obtint la permission de se retirer dans la terre d'Aubonne, dont il avaitfait récemment l'acquisition. Touché de la misère d'un grand nombre de ses coreligionnaires, réfugiés comme lui, il conçut, en 4689, le projet de leur venir en aide. Il se rendit, à cet effet, en Hollande, accompagné de son frère Abraham et d'un excellent ofQcier de marine, nommé Charles de SaUly, Les Etats-Généraux l'autorisèrent à équiper dix vaisseaux pour conduire une colonie de Réfugiés à rUe Bourbon ou Mascarenbas. Son intention était d'y fonder une espèce de république, dont il serait le chef, sous la suzeraineté des Etats- Généraux. Une circulaire annonça à tous les Réfugiés en Angleterre, en Suisse, en Allemagne, en Hollande, le prochain départ d'une expédition pour une terre lointaine, dont elle taisait le nom, mais qu'elle décrivait comme un Eden. Les préparatifs furent poussés avec tant d'ardeur que, dans les premiers mois de 4 690, les vaisseaux à l'ancre au Texel n'attendaient plus que ' le signal du départ. Une partie des colons étaient embarqués avec £^i^n«tf de Ffégodière^ capitaine du génie, qui était chargé de fortifier l'Ile, et le comte de Monros, qui devait prendre les devants , allait mettre à la voile, lorsque le marquis renonça brusquement à son entreprise et vendit ses vaisseaux. M. Weiss raconte, dans son Histoire des Protestants français, queDuQuesne abandonna son projet, parce qu'il apprit que des vaisseaux de guerre partaient de France avec ordre de s'opposer à son débarquement dans l'Ile Bourbon, et qu'il ne voulut pas s'exposer à violer le serment qu'il avait fait à son père de ne jamais combattre les Français.
Après un court séjour à Rotterdam, Henri Du Quesne repartit avec, sa famille pour le pays de Yaud. Chargé par le gouvernement bernois d'organiser
une flottille de guerre sur le lac de Genève, il fit creuser un port à M orges, équipa plusieurs barques , enrOla les bateliers et les pêcheurs, et déploya la plus louable activité. Cette tentative des Bernois pour s'assurer la domination du lac ne parait pas toutefois avoir eu de suite. En 4704, Du Quesne vendit Aubonne à Berne et alla s'établir à Genève où, « en considération de sa naissance, de ses grandes qualités, et surtout de sa piété et de sa probité, » les droits de bourgeoisie lui furent accordés gratuitement, ainsi qu'à ses deux fils, le 6 mai 4704. Fidèle à son serment, il refusa constamment de prendre les armes contre la France, il ne voulut employer le crédit que ses talents et ses vertus lui avaient justement acquis auprès des princes protestants que dans l'intérêt de ses malheureux coreligionnaires et de sa patrie d'adoption. En 4709, il accepta des églises de la Suisse la mission d'aller demander à l'église française de Londres qu'elle unit ses efforts aux leurs pour obtenir aux Réfugiés la permission de rentrer en France ; mais le consistoire lui refusa son concours, en se fondant sur ce que la plupart des Protestants français établis en Angleterre s'étaient déjà fait naturaliser anglais. Malgré cet échec. Du Quesne conserva ses illusions, en sorte qu'eu 4745, se persuadant follement que le régent se hâterait de réparer la grande iniquité du règne de Louis XIV, en rappelant les Réfugiés et en leur rendant leurs biens, il rentra en France, au mois d'octobre, sans en avoir obtenu l'autorisation ; mais à peine informé de sa présence à Paris, le régent lui fit ordonner par La Reynie de reprendre immédiatement la route de Texil sous peine d'être jeté à la Bastille {Fonds Mortemar, N* 67). Il retourna donc à Genève où il mourut d'une pleurésie»
le 43 nov. 4722, selon la correspondance de Court. De son mariage avec la fille de Bosc^ conseiller au parlement de Toulouse (4), mariage annoncé par
(1) Ce eonseiUer était probablement L«tiretU Boic, conseiller» secrétaire Un roi et •■•
DUQ
DUQ
le Mereure de juin 4683, qui fait an brillant éloge de cette demoiselle, naquirent deux fiU, Gâbeiil et lûiG- Antoiiii-Jâcob, sur qui nous ne possédons aucune espèce de renseignements, et une fille nommée Louisi-Amtoi- NiTTv. Après la mort de son mari, la marquise Du Quesne alla habiter Érlangen avec un de ses fils et sa fille {Corre^. de Court, 4733-34). Gelto oernière épousa un gentilhomme irlan« dais du nom d'O'Bern et lui donna un fils qui fut pasteur de Téglise française de Halle et qui s*est fait un nom dans la littérature. Henri Du Quesne mérite également une place honorable parmi les écrivains religieux. 11 a non-seule* ment publié des Âé/lemons aneienius $i nouvelles eut rEuekarisiie (Gen. et Âmst., 4148, in-3*), mais il a encore travaillé avec les pasteurs de Genève à une nouvelle Tersion du N. T., publiée en 4796. Adelunglui attribué aussi le Journal d'un vofage fait au»
Indes Orientales par une escadre de siof vaisseau» commandés pwr M. Du Quesne, depuis le %i fiv. 4690/tMif^au 20 août 4694, par ordre de la compagnie des Indes Orientales (Rouen, 4714, 3 vol. in-8* ; La H^yo [Paris], 4724, 8 vol. in-42). Un autre récit de ce voyage avait été publié phsisieurs années auparavant sous le titre : Relation du voyage et retour des Indes Orientales pendant les anniejs 4 690 et 4 694 par un garde de la mor rine [C. M. Mouebot de Monlcassin] servant snr le bord de M. Dk Quesne eommandant de ^escadre (Bruxelles, 4699, in-2i; Paris, 4692, in-4i).Une troisième relation en anglais est signalée par Watt sous ce titre : À Voyage to tke East InâieSy a. d. 4 690 and 4 694 ; heing a futl Description of tke islee of Maldives, Cocos, Andamant, and tke isle of Ascension (Lond., 4696,
cifia d« l'éslise de Montpellier en 1675. Il i# convertit *a la révocation; mais deux dé ses Sis réussirent a passer en Hollande, en 1685^ av«c lear consii Laurent ^oidy. Le troisième, a peine igé de 12 ans, essaya aossi de fuir ; malhenrei|8emeatll fat arrêté k Valenelenneset fut enfemié ai f%H rSf éqvê (Affft. f d». M. êSM^
in-8*). Adelung se trompa eeHamer ment; et la Biog. univ. oommet une autre erreur, en disant que ce fut le second fils du grand Du Quesne qui commanda cette expédition. Morériremar(iue fort bien que Tauteur te dit catholique, tout en s'exprimani avec liberté sttr la religion; or, on 4690, Abraham Du Ouesne était rentré dans le giron deTEglise protestante, et s^était retiré en Angleterre. Qe ve]^age fut fait par Abraham Du QuesBe-îjûttoa, et nous intéresse dViutant mcdes que la relation qui en a été publiée, n'est pas même sortie de sa plueM. An Jugement du même Horéri, on y trouve dee remarques curieuses, deâ anec4olei amusantes, mais rhnmeer aatiriqee de lenteur s'y feit trop sentit,
Le second fils de l'amiralDn Qeesnftt nommé Aiiaiah, eemme son père, Ar tait seigneur de Monros. H n'élail qu'enseigne ée vaisseau, lorsque fil, au rappeii du Diet. de I4 Noblesse»
prisonnier le général de ramée espe-^ gnole, exploit qui lai iralul le giede de capitaine. S'étant conveiti après la mort de son père, avee son ftèie Jsaac, marin également disttngid, îli fineat mi^ en possession des eieis de leave deux auties firèies qui étaient softis de loyaume {Atek.E. a394)i espe»-> dant Abraham ne tarda pae à é^ivet des remords, et, à son teni^ à passe dans les piiys étrangers, tandis qee Isaac resta en France et mourut à Pairie en 47éS. Lorsque Henri IHi Qeesae renonça, comme nous Tavons dit phis kaut, à son projet de colenisehon, Abraham se rendît en Angleleite, oà U mourut, selon le Diel. de la NoUesse, et nous n'avons aucune raison de téf e? quer en doute oette assertion. Il s'a»* suit qu'on doit applknier à l'en de ses neveux, ce qu^en lit dan» 1m Notes exr traites des registres de eouieteire, dp l'église de Genève, pai M. C^amei :De 5 déc. 1720, comparoit le sieet De Quesne de Monros, mandé powpaûlardise avec la demoiselle ieeraenella de Venise. Censmré, fenpei ei tene, et interdit de la sairtdfliae,
DUQ
DVQ
Le quatrième et dernier fils d^ Abraham Du Qoesne , Jacob , comte Di^ Quesne, était capitaine de vaisseau à la révocation. Il alla s'établir à Saint-Domingue où il mourut en 4740. On ne nous apprend pas sMl laissa des enfants de sa femme Marie-Françoise- Madelaine de Soucelles.
Si ces renseignements généalogiques, puisés daQs Moréri et le Dict. de la Noblesse, sont complets et oiacts, il en résulte qivi*Esther'Elisabeth Du Quesne d^Ennevaly née à Gerisy dans la Basse- Normandie et morte à Berlin, en n09, ^ l'ftge de 25 ans, n'anparttïnait nas à la même branche delà lamille Du Quesne. Cette demoiselle avait épousé le conseiller privé Frédéric de Dobrezinskl et avait été nommée dame d')ionneur de la reiue Sonhie-Oharlotte. Elle ne laissa qu'une qlle qui devipt la femme du comte de Finckenstein.
Une autre branche dp la famille Do Quesne s'était établie en Angleterre dès le XVI* siècle. &i 4 599, han Du Quesne épousa Sar^, fille de Jean fe Franauevilley dans l'église française de Londres, son lieu natal. De ce'mariage naquit JeaK'Ducâne, qui prit pour femme, en 4 647, Esthèr de La Place, descendant comme lui d'un réfugié.
DU OUE9NOT (Eustâche), sieur de Boscbénard et de La Métairie, naquit à Lille en Flandre. Du Quesnoy, en latin QuercetanuSj étudia la médecine et prit le grade de docteur. Ayant embrassé les opinions nouvelles', il fut obligé de se réfugier à Lausanne où il fut nommé professeur de philosophie, en 4554, selon Ruchat et les tables de Leu, en 4 557« selon le Dict. biographique des professeurs de Tacad. de Lausanne (4 ), ouv. inédit du pasteur de Montrei)!, Bridel, qui ajoute qi^e deux ans après, lors du différend qui s'éleva entre Viret et le sénat de Berne au sujet de la discipline; il partagea le sort de ses collègues et fut destitué comme
(i\ M. André Gindroz nous appreud qae le registre académique, eonna soas le aom de Li9re noir, place l'arrivée de Da Qaesnoy k l'académie dp Uasanne en 1648, d<te eondi^ née par les iDS8.de Plan Un et de Cbavannes.
eux; qu'il se retira à Genève, où il fût reçu bourgeois et nommé professeur de philosophie sur U fin de 4559, et qu'il y mourut. Mais Du Quesnoy n'étant mentionné ni dans le Begistre des Français reçus citoyens de Genève, ni dam les listes des professeurs de l'académie publiées par Leu et par Picot, on doit en conclure que l'auteur du Diction, cité plus haut a commis quelque confusion. Selon Buchat, d'accord encore sur ce point avec les tables de Leu, Du Quesnoy, qui avait succédé à Claude Quintin dans la chaire de philosophie, ne l'occupa que jusqu'en 4 557 où il fût remplacé nar Jean Tagaut: et Jean Tagaut, destitué en môme temps que Viret j se retira à Genève où il fut nommé, selon Leu, professeur de philosophie en 4559 ; or il est difficile d'admettre qu'il y ait eu à la fois deux professeurs dephilosophie dans l'académie naissante. En outre, nous lisons dans le registre des naturalisatipns, sous U date du 25 déc. 4559 : Jean Tagaut^ lecteur en philosophie, d'Amiens, reçu gratis avec son fils Jean. Il est évident pour nous que le pasteur Bridel a confondu Du Quesnoy avec Tagaut.
Nous avons dit que, selon le msc.
Bridel, Eustâche Du Quesnoy mourut à Genève. D'après d'autres renseignements, que nou^ avons lieu de croira S lus exacts , il servait avec son frère ans les troupes huguenottes en 4 576.
Ce frère, nommé Nicolas y nous est d'ailleurs inconnu. S'il est le même que Nicolas Du Quesnoy, gentilhomme normand, dont il est fait mention dans ui| pQsc. de la Biblioth. nationale {St," Germ. franc, 676), il laissa de son mariage avec yichelle de Villy, un fils appelé David, qui épousa ^/i^a^^M^^^ Folines et en eut Louis, marié à j|fa<^^laine de Folines, De ce mariage naquirent Louis, sieur de La Hallotièr^, Samuel et Philippe. D'Hosier nous apprend qu'une nièce d'EustachcDuQuesnoy, nommée Claude^ épousa, en 4 59 1 « Charles de La Haye et alla s'établir avec lui à Middeibourg.
La Bibliothèque de Gesner attribue à
DUR
DUR
Eustache Du Quesnoy Acroamaton in îibrum Hippocratis de naturâ hominis commentarium et in Claudii Galeni lihros III de temperatnentis scholia doctissima, Basil., J. Oporin, 1549. Le msc. Bridel, qui ne mentionne pas cet ouvrage, a^rme qu'il a laissé, outre des mss. savants : I. Comment tarium in lib. Mesva de purgantibus medicamentis, Lyon, 4549; — IL De nudicameniis simplicibus purgantibus lib, ///, Bâle, 4574 ; — IlL Carmen proteplicum^ Gen., 4559, in-8»; réimpr. dans le martyrologe de Crespin. On trouve, en effet, en tête du martyrologe, une longue pièce de vers latins ; mais elle est signée J. T. F., et ces initiales ne désignent certainement pas Du Quesnoy. Nous croyons donc que Ton peut, sans hésiter, restituer ces trois derniers ouvrages à Tagaut, qui était aussi docteur en médecine, et nous sommes heureux de nous rencontrer dans ce sentiment avec le savant professeur M. Yuiliemin de Lausanne, que nous avions prié de nous aider à éclaircir ces difficultés.
DU RANC (Jean), docteur en médecine, natif de Montpellier, établi à Aubenas. Du Ranc est auteur d'une Epistre en laquelle sommairement sont déclarez tes erreurs, blasphèmes et malheurs du calvinisme, gui Vont esmeu à s'en despartir. Tournon, 4 603 , in-8». — La première de ces raisons, c'est que dans l'Eglise protestante, qu'il qualifie de refuge de luxure, bouclier de l'usure, fontaine de mensonge, de calomnie et de détraction, vraie .idolâtrie, etc., il est impossible qu'un fils honore véritablement son père et sa mère ! ! Le reste est à l'avenant*
DURAin) ou DURANT. Peu de noms se rencontrent plus fréquemment dans l'histoire du protestantisme français. Parmi ceux qui l'ont porté, les uns ont à peine laissé une trace de leur existence dans les annales de notre Eglise : tels Durand, ministre de Sedan,, que le duc de Bouillon, députa, en 4622, à Mansfeld, avec Cormont^
gouverneur de son fils, et le capitaine Schmit, pour engager ce tenible chef de partisans à faire une diversion eo France en faveur des Protestants; — Michel Durand qui, avec Samuel Louât, se porta partie pour les Réformés de Mer, à qui le bailli de Blois, k la requête du curé, avait défendu de bâtir un temple dans la ville^ et qui fit casser cette sentence par arrêt du parlement, en 4 606 ; -—Durand, qui servit avec le grade de sergent-major au fameux siège de Montauban, et contribua à la prise du fort de Lamothe d'Ardus; — Durant, qui fut député par l'église de Nismes au Synode national de Castres pour demander Bauxcojnoït ministre; — Durant pasteur à fiergholtz où il eut pour successenr Charles Jordan, lorsqu'il fut appelé, en 4 694 , à Baireuth ; — Durand, ministre du Yivarais, réfugié à Lausanne avec sa femme Anne Bowner^ et quelquesautres encore dont nous aurons l'occasion de parler incidemment dans le cours de notre ouvrage, ou qui se trouveront cités dans les tableaux de nos Pièces justificatives. D'autres, au contraire, sont assez recommandables on assez connus pour que nous devions leur consacrer des articles spéciaux.
DURAIS D, nom d'une famille noble du Dauphiné, qu'il ne faut pas confondre avec la famille languedocienne du même nom.
Claude de Durand, qui vivaitau commencement du xvu* siècle, laissa qua trefils : 4" Jacques, de qui naquirent Paul, seigneur de Pontaujard, heutenant-général en la sénéchaussée du Yalentinois, et Philippe, sieur de Saint- Romain; 2* Paul, pèredeCÉsAB. sieur de La Châtre, et de David, sieur de La Buissonnière ; 3" Jean, dont le fils unique Pierre, docteur en droit et savant avocat au parlement de Grenoble, se retira dans le Brandebourg, à la révocation de redit de Nantes, et fut, en 4687, nommé juge à Wesel; 4^ Salo- MON, père de Jacques, sieur de La Garde, et d' Antoine, avocat. La destinée de ce dernier est inconnue. Son
DUR
DUU
frère paraît s'être relire en Angleterre (4). Nous trouvons, en effet, dans l'ouvrage de M. Burn, un Jacques de Durand, qui remplit les fonctions du ministère à Bristol, en 4713, et dans réglisedile des Grecs, en 4715. iNous ne prendrons pas sur nous d'af6rmer que ce dernier soit l'auteur d'un recueil de Sermons sur divers textes de r Ecriture sainte, publié à Rotterdam, 1723, in-8*, par un Jacques de Durand, ministre; car vers le môme temps, réglise de Nimègue avait pour pasteur un autre Durand, dont le ûls s'est fait connaître par une traduction de La charlatanerie des savanspar Menken, avec des remarques critiques de différents auteurs, Lallaye, 1721, in-1 2.
DURAND (Audibert), ministre du Douhet, puis de Saint- Jean-d'Angély, converti en 1685. L'histoire de cette conversion est curieuse, nous la donnons d'après le Mercure galant.
Le 2 sept. 1685, Tévêque de Saintes se rendit à Saint-Jean-d'Angély, fit assembler les religionnaires , leur expliqua les intentions du roi touchant leur retour à l'Eglise catholique, et leur annonça, en terminant, que S.
M. « vouloi't bien leur donner des marques de sa bonté en leur permettant de s'assembler pour recounoistre l'erreur qu'ils avoient suivie, leurs pères et eux, depuis plus d'un siècle. » Etait-il possible au grand roi de pousser plus loin la condescendance? Le 8 donc, il y eut nombreuse assemblée sous la présidence du P. Faidy , fameux dans les controverses, lequel Père, comptant plus sans doute sur l'intimidation que sur son éloquence , eut soin de se faire assister du lieutenant-général et des autres magistrats de la ville. Néanmoins a comme c'est le caractère des prétendus réformés d'être opiniastres » , les arguments de Faidy firent assez peu d'impression sur son auditoire;
(1) Nous avons rencontré dans une liste de Réfugies pensionnés par Zurirh(l/SS.rf<'Bfriif, Hisi. Helv. vu. 9), les noms de Jeanne, Marif et Jacques Durand, du Uauphiné.
T. IV
Durand surtout ne se montra nullement convaincu. Au bout de huit jours de conférences inutiles, « l'obstination l'emportant toujours » , les coovertlsseurs eurent recours à d'autres mesures. On prit en particulier le ministre et les principaux du parti parmi lesquels le Mercure cite deux avocats renommés. Le Valois et Baudouin, et enfin, le lieutenant- général et l'avocat du roi aidant , on réussit à les convaincre. Leur exemple entraîna le reste de la population protestante, en sorte que, dès le 1 6 , on put célébret avec la plus grande pompe la cérémonie de l'abjuration publique. Pour récompenser Durand de son apostasie, le clergé catholique lui fit une pension , et l'évoque de Saintes obtint pour lui une place de maître d'école. Mais des soupçons sur la sincérité de la conversion de l'ancien ministre ne tardèrent pas à s'emparer du prélat, qui lui fit défendre, par ordre du roi, de tenir école. Depuis quelque temps déjà, sa pension n'était plus payée , en sorte que l'apostat finit ses jours dans la misère {Archiv.gén, M. 664).
DLRA]^D (Charles), baron deSi- NÉGAS, chef protestant dans le Lauraguais (1). Nommé, SivecJunts, Mont' clar ' et Arpajon, commandant d'un des régiments levés à Castres, en 1568, pour le service de la Cause, Sénégas fut placé sous les ordres du baron de Biron, qu'il suivit au siège de Burlats. Commandé pour monter à l'assaut du château, il s'y porta avec tant de vigueur qu'il s'en rendit maître en peu de temps, au mois de juin 1 569. Toute la garnison fut taillée en pièces, et le château brûlé et démoli. Ce fut sur ces entrefaites que Moiitgommery arriva à Castres pour prendre le commandement
(1 ) II ne faut pas le confondre avec un aatre Durant, vaillant capitaine qni servit sous Pwlin et qui, en 1578, rhassa, lui tout seul, une bande catholique qui avait surpris Briateste» où il était comme gouverneur. Il fut tué es 1585. > C'était, dit Gâches, un brave soldat qui avait bien servi aux voyages de France et et de Béarn, et qui avait réparé les ruines des églises du RoutTgue, en 157S. »