‹ La France protestante (volume 4)Chapitre 20 sur 189 · Chapelle du château de Fleuri · texte numérisé non relu

Chapelle du château de Fleuri

fny, près de Sens : St-Paul prêchant Corinthe.

A Paris : 5.) Eglise des Jacobins [des Célestins, d'après Lenoir],un Calvaire, dont Alex. Lenoir avait recueilli quelques débris. « Ce qui en reste, dit cet habile connaisseur, fait regretter ce qui a été détruit; le dessin en est vigoureux, la couleur belle et l'ajustement Ti'un grand style. On aperçoit aisément que ce maître était nourri des productions de Raphaël. »

6.) Eglise de St-Gervais, dans le chœur, la Samaritaine conversant avecle Christ, le Martyre de St-Laurent, la Guérison du paralytique ; et dans une chapelle autour du chœur, â droite, la Réception de la reine de Sabapar Salomon, « ouvrage digne, au jugement de Levieil, de l'admiration des connaisseurs pour sa belle exécution et la brillante vivacité de son coloris. » Le chronogramme de 1 554 qui se lit dans le frontispice de l'architecture du palais de Salomon, ferait supposer que Lenoir et Dulaure sont dans l'erreur lorsqu'ils assignent à ces vitraux la date de 4 587. A cette dernière époque, Cousin était presque nonagénaire, et pour ceux qui adoptent l'année 4 462 pour la date de sa naissance, il n'eût pas eu moins de 4 25ans. Ces vitraux un peu endommagés sont encore en place; d'après Lenoir, l'un d'eux a été détruit, mais il ne dit pas lequel.

7.) Sainte-Chapelle de Vincennes, dans la sacristie: V Annonciation; dans la nefi les Portraits en pied de François /•' et de Henri II, en costume royal; (ce dernier [planche lxxi], ainsi qu'un panneau du vitrail suivant [pi.

Lxx], reproduits dans l'ouvrage de M. de Lasteyrie) ; dans le sanctuaire, les Approches du Jugement dernier, d'après l'Apocalypse. Ces magnifiques vitraux que Lenoir regarde comme les plus beaux monuments de la peinture sur verre en France, ont malheureusement beaucoup souffert. Le ministre Bénézech l'autorisa â les recueillir dans le Musée des Monuments français dont il était le fondateur et le directeur. De-

puis, ik oot été replacés.;* Plosienn de ces titraoi, dit M. Lenoir, ont été totaJement abîmés parla grêle; ils représentaient divers passages de l'Apocalypse. Ceax qui sont conservés sont au nombre de sept. Les deux plus beaux étaient dans le sanctuaire : la composition en est vigoureuse ; elle représente la chute du monde ou les approches du dernier jugement : la terre est ébranlée, des flammes soulèvent les flots de la mer» roulant des malheureux qui cherchent à combattre la mort qui veut les frapper. Des anges, au milieu des éclairs, sonnentla trompette universelle.

Ces contrastes sont frappants et touchent Fâme du spectateur. Chacun des sujets est divisé par des encadrements peints en grisaille, formant des voûtes de façon à donner de la profondeur aux sujets. On voit dans les angles du haut les chiffres d'Henri II et de Diane de Poitiers, et dans le bas des groupes de trophées de guerre ornés de salamandres. Les vitraux de la nef ont la même distribution : ils représentent les portraits en pied de François 1" et de Henri H, de grandeur naturelle. Plusieurs ont été très-dégradés... Au bas de Tun des deux, on voit la Vierge ayant Tenfant Jésus sur ses genoux. Ces peintures sont sublimes , elles ont plutôt Pair d'être exécutées sur la toile que sur le vene. Jean Cousin y a réuni et employé toutes les ressources de son art. Son dessin semble être celui de Joies Romain ; sa couleur et son faire celui du Corrége. Une fausse tradition annonçait que Jean Cousin avait exécuté ses peintures sur des cartons de Jules Romain; c'est une erreur accréditée par des gens qui ne savent pas découvrir dans les œuvres des grands maîtres ces traits fins qui décèlent leur Ame dans leurs compositions, cette délicatesse presque surnaturelle qui constitue le dessin et l'expression, qui fait qu'un tableau de Michel-Ange ne ressemble point à un tableau de Raphaël . » Cest à cette difficulté de bien juger des œuvres de l'Art que Ton doit attribuer la <Uversité des jugements qui ont

été portés sur la manière de Jean Cousin. Les uns ont cru y reconnaître une imitation du Parmesan, d'autres de Raphaël, d'autres enfin de Michel-Ange.

Mais cette diversité même d'opinions prouve que sa manière était à lui. Telle est la fortune des hommes de génie, ils se rencontrent sans se chercher ni même se connaître.

8.)Chapelle du château d'Anet.Mdroham rendant à Agar son fils Ismaè'l; les Israélites vainqueurs des Amalécites, sous la conduite de Moïse, et JésuS'Ckrist prêchant dans le désert. « Ces belles peintures que j'ai obtenues, rapporte Lenoir, des acauéreurs du château d'Anet, sont exécutées en grisaille claire, de manière qu'elles tempèrent l'ardeur du soleil sans ôter le jour et qu'elles produisent l'effet d'un verre dépoli. » Deux autres petits vitraux qui ornaient les croisées delà sacristie, ont aussi été conservés; ils représentent également des sujets de piété. Ces vitraux peints sont chargés d'inscriptions en vers français. — Plusieurs des peintures sur verre de Jean Cousin ont été reproduites par la gravure et se trouvent dans le Musée des Monuments français. — Ou a lieu de s'étonner que pas un seul fragment de ces vitraux, si précieux pour l'histoire de l'art, ne se voie dans notre Musée de Cluny. Il semble cependant que ce n'est pas dans des collections d'amateurs que devraient aller s'enfouir nos richesses nationales.

9.) Eglise Saint-Louis-des-Français, à Rome : Martyre de St-Etienne; plus une composition historique qui n'a pas été expliquée. M. Seroux d'Agincourt, dans son Hist. de l'art par les monuments, attribue ce vitrail ï Jean Cousin. La construction decettè église remonte à 1587.

On attribue encore à Jean Cousin les cartons d'une suite de compositions, représentant le Triomphe de la loi de grâce , qui se voient dans un vitrail de l'église de St-Patrice à Rouen.

II. PBi!fTUu 1 l'huile. — 4 .) Muséc du Louvre : le Jugement dernier \ ce

cou

tableau décorait originairemeoi la sacristie (les Minimes du bois de Yincennés. Nous en donnerons la description d'après M. Miel. « Le iils de Thomme est assis sur Tarc-en-cicl, armé d'une faucille; les chérubins l'enTironnent; les Saints sont groupés autour de lui, éblouis d'une gloire qu'ils partagent :

les dernières prophéties se réalisent ; les temps sont accomplis et les astres tombent de la voûte céleste, désormais inutiles pour la mesure de Péternité.

Le livre de vie est ouvert; le signe de salut et de réprobation, par lequel les vivants et les.morts doivent être jugés, la croix, apparaît au milieu des nuées; les trompettes sonnent; déjà les sépulcres ont lâché leur proie ; la faucille à la main, les anges parcourent en tous sens la moisson des justes et des pécheurs : les justes passent à la droite, les pécheurs à la gauche, et tandis que la foule des réprouvés, grinçant des dents, se mordant les bras, se couvrant les yeux, se bouchant les oreilles, sont entraînés et précipités dans l'abîme infernal, les élus s'avancent deux à deui vers les demeures célestes , dans une béatitude calme, dans un religieux re« cueillement, le froment de Jésus-Christ s'est démêlé de la paille destinée au feu ; la rareté du bon grain n'est pas moins effrayante que l'abondance de l'ivraie, et la terreur semble arrachei^ ce cri : ô Dieu, où sont vos élus, et que vous reste-t-il pour votre partage? »

Cette description est pompeuse sans doute et digne de la chaire, mais le tableau mérite cet honneur. M. Miel est un juge dont nous apprécions le savoir et la sagacité, mais nous regrettons qu'il n'ait pas toujours su s'affranchir du langage, pour ne pas dire du jargon de l'atelier. Quand on écrit pour tout le monde, et non pas seulement pour des initiés, il faut que tout le monde, même les simples d'esprit, puissent comprendre. Tout le monde entend Voltaire.

a S'il est vrai de dire, continue M. Miel, que Tordonoance du tableau

pourrait être moins serrée et distribuée avec un meilleur calcul, il faut convenir aussi que l'audace et la fécondité de l'invention, que la franchise et Thabilelé de l'exécution, que la science de l'art, y sont portées à un très-haut degré ; je regrette de ne pouvoir qu'en effleurer ici les beautés et les défauts, également utiles à observer avec soin.

L'auréole qui occupe la partie supérieure est mystérieuse, mais peut-être un peu froide. Le dessin est correct, grand, généralement pur de contours, mais tirant parfois sur la sécheresse gothique [c'est, je pense, Dezallier, le premier, qui a imaginé cette séchereue gothique^ suvmcuigue; tous nos critiques se la repassent] et parfois un peu trop ressenti. Le modelé est plein dé vigueur, l'expression aussi décidée que le mouvement. Des contrastes quelquefois hasardés, plus souvent justes, animent toute la scène. La couleur est une, transparente, et d'une belle fonte; la perspective est bien observée; l'œÛ se promène avec épouvante sur la vallée de Josaphat, couverte de ruines et de supplices. Les anges répandus entre les personnages terrestres sont d*mi caractère noble et ajustés avec élégan* ce, mais ils ne sont pas , à beaucoup près, exempts de manière; ils sentent le Primatice ; dans tout le reste, une fierté audacieuse, une grandeur gigantesque, des poses hardies jusqu'à la témérité, mais un peu académiques, montrent une savante imitation de ]fi« chel-Ange. Ainsi toute l'originaUté de cette composition n'empêche pas qu'on n'y démêle quelques influences étrangères et les premiers vestiges d'un goût d'emprunt. Jean Cousin n'y est pas toujours soi; cependant Técc^é prend une bonne direction sous seë auspices : on trouve en lui, comme dans h plupart des vieux maîtres, cette force un peu sauvage de la nature^ dont l'attrait rappelle et retient. » D'a^ près d'Argenville, le portrait de Gotsitt se voit dans un des coins du tableau^ c'est la tête d'un vieillard placé derrière la figure d'un ange assis. Ce ta-

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bleau a été gravé par l'artiste fiamand Pierre de Jode en 8 feuilles gr. in-fol. qui parurent k Aiwers en 4615, avec privilège. L'éditeur Wiltenbroot dédia ce bel ouvrage à Louis Xlll.

2.) Evaprima Pandora^ peint sur bois. M. Miel en donne cette description : « Une femme nue, de grandeur naturelle, est k demi-couchée dans une grotte; an de ses bras s'appuie sur une t6te de mort et tient une branche du pommier fatal; l'autre bras est étendu sur un vase qui représente la fatale boite ; un serpent s'enlace autour du Ttse et du bras ; on voit au fond une sombre forût, une mer agitée et des constructions antédiluviennes. Une nuée de génies malfaisants qui se répandent sur la terre et sur les eaui, indique les maux sortis de la boite ou produits par la pomme ; sur le ciel se déploie cette légende : Eva prima PMdora.Tft Ce tableau appartenait, en 4838, à un descendant de Jean Cousin, M. Débonnaire, propriétaire du domaine deMouthard.

3.) Lès Cyclopes forgeant la foudre ; ce tableau a été gravé par Léonard Gaultier (Galterus) en 4 581 .

4.) Le$ noces de Cana, dans le Musée de Rennes. Nous ignorons si ce tableau attribué à Cousin est bien réellement de lui. Aucun de ses biographes n'en fait mention.

5.) PortraitSi peints sur bois. On en connaît trois : le portrait de sa ilUe Marie, le sien propre et celui de son ami le chanoine Bouvyer; mais on ignore ce qu'ils sont devenus.

On cite, en outre, de Cousin des décorations qu'il avait exécutées pour l'entrée de Qiarles lî dans la ville de Sens.

m. PEINTt&E A FRBSQOB. — On cite

de Cousin les peiolpres dont il décora le manoir de Monthard, et un autre petit castel, près de Sceaux, démoli vers 4805, et dont « les murs intérieurs étaient couverts, au rapport de Lenoir, despeintores les plus précieuses» exécutées par lui et par Freminet.

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