‹ La France protestante (volume 4)Chapitre 29 sur 189 · GRO · texte numérisé non relu

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de pareil à craindre ni ce jour ni les suivans. » Obligé débattre en retraite, le prince Porcien établit son quartier à Gentilly, où il resta jusqu'au 10 déc.

Coudé ayant cnlin dt' campé, il fut chargé, avec La Roche fumauJd, du commandement do Tarrière-ganle. A la bataille de Droux, où il donna de nouvelles preuves de sa bouillante valeur , il en donna aussi de son humanité en protégeant le connétable qui l'avait cependant grièvement oilensé, et en le conduisant en sûreté à La Neuville où il rejoignit Tamiral.

Pendant la marche rétrograde de Coligny sur Orléans, le prinre Porcien fut chargé d'occuper Beaugency et Monlrichard, où il entra le 6 janv. 4 5G3. Dans la campagne de Normandie, il prit Pont-rEvCque avec le secours des habitants réformés, et lorsque Tamiral partit do Cacn , il lit Tavant-garde avec quatre cornettes de cavalerie allemande. Lisieux lui ferma ses portes. Bernay, assez téméraire pour suivre cet exemple , fut emporté d'assaut et pillé. Un grand nombre d'habitants furent tués ou exécutés , les autsjis renversés, les images brisées. A la conclusion de la paix, ce fut encore le prince Porcien qui fut choisi pour escorter les reîtres jusqu'à la frontière.

Celte mission remplie, il retourna dans ses terres qu'il paraît n'avoir quittées qu'à la (in de !564. Il se trouvait à Paris lorsque le cardinal de Lorraine y entra, le 8 janv. 1505, à la tête d'une troupe considérable de gens armés , bien que les ordonnances défendissent de la manière la plus formelle cet appareil de guerre. Il est vrai que la reine lui avait accordé, le 25 lév. 1.564, la permission de s'entouicr de gardes; mais dans son orgueil , il n'avait pas voulu se prévaloir de cette permission, désirant plutôt que son cortège fût regardé comme un droit inhérent à hou rang. iJès que Montmorency, qui était alors gouverneur de la capitale, fut informé de son arrivée, il marcha à sa rencontre acconip;.gné du prince Porcien et d'un grand nom-

bre de gentilshommes, et l'ayant rencontré près du cimetière des Innocents, il chargea son escorte et la mit en fuite. Le cardinal, saisi de frayeur, se cacha dans une boutiquo voisine et attendit la nuit pour se rendre , par des rues peu fréquentées, à rh(Mel de Cluny , d'où il regagna son évêché de Mrtz.

Le prince Porcien, de son ciMé, fut obligé de sortir de Paris pour obéir aux ordres du roi. Invité à assister à l'issemblée de Moulins par une lettre pressante de Charles \\{Fonds de HéthU' ne, N' 8705), il n'y parut pas, on ignore pour quel motif. Peut-rtro redoutait-il la haine du cardinal accir.e encore par l'humiliation qu'il lui avait fait subir; peut-être aussi partageait-il les métiances des Huguenots à l'égard du roi et de sa mère. 11 ne put cependant se dispenser de reparaître h la Cour, lorsqu'elle rentra dans Paris. Le \ t août 1 506 , il prêta serment en qualité de pair de France , titre attaché au comté d'Eu que sa femme lui avait apporté en mariage. Quehiues mois après, il tomba malade, par suite, raronte-t-on dans les Mémoires pour servir à l'histoire de France attribués à L'Etoile, de rémotion violente qu'il ressentit des durs reproches et des" menaces do Charles II au sujet d'une de ses places qu'il faisait fortifier. La Popelinière et de Thou disent simplement qu'il mourut d'une tièvrc chaude. D'Aubigné et Dagonneau affirment qu'il fut empoisonné. Sur son lit de mort, il supplia Catherine de Clives, sa femme, qu'il soupçonnait de nourrir do l'affection pour le due de (iuise, de ne le point épouser. « Vous estes jeune , lui dit-il, vous estes belle et vous estes riche. Toutes ces qualités joinlr-s ensemble, avec celle d'une iliuslre extraction, vous feront recherclio; do beaucoup de gens. J'approuve que vous soyez remariée; je vous laisse le choix des partis , cl de tout le royaume je n'en excepte qu'un seul homme.

C'est le duc de Guise; c'est l'homn^c que je hay le plus, et je vous demande CD grâce que mon plus grand enneniy

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ne soit pas héritier de ce que j'ay le plus aimé de tous mes biens. » Moins de cinq ans après, la jeune veuve se rexaria , et ce fut avec le duc de Guise.

Le prince Porcien expira le 1 5 mai 4567, à l'âge de 26 ans. La Popelinière et Le Laboureur se trompent en le faisant mourir eu 1564. Celle perte fut douloureusement ressentie par tout le parti huguenot, mais surtout par Condé qui rappelait son neveu \ cause de sa femme Catherine de Clèves. C'était, dit de Thou, un jeune homme d'un grand courage et d'un esprit élevé.

Le prince Porcien n'ayant pas laissé d'enfunt, ses biens passèrent à son frère utérin Antoine de Clermont d*Amboise , marquis de Renel depuis

C1U)Y (François de) ou Croï, en latin Croius^ ministre dans le Languedoc. De Croy, qui prenait la qualité de gentilhomme de l'Artois , descendait très- vraisemblablement de l'illustre famille de ce nom. Destiné à entrer dans l'ordre militaire de Saint-Jean-de-Jérusalem , il s'embarqua pour Malle , mais arrivé à Messine, il y fut retenu par une maladie. Aussitôt guéri, au lieu de poursuivre sa route, il partit potfir Home et de là pour la Grande-Charlreuse. Eclairé par la lecture assidue de la Bible et des écrits des réformateurs, il quitta, au bout de quelques années, ce couvent et se rendit à Montpellier où il abjura la religion romaine. Il remplit les fonctions pastorales successivement à Florensac et à Beziers, puis à Uzès. Il a laissé un ouvrage de controverse fort estimé de son temps, sous le titre : Les trois conformitez, à savoir V harmonie et convenance de V Eglise rotnaine avec les paganisme, judaïsme et hérésies anciennes , sans nom de lieu, 4605, in-8"; Geu., P. de La Rivière, 1606, in-8»; trad. en angl. par G. Bart, Lond., 4620, in-4«. La Impartie ou conformité a élé aussi Irad.

en allem. par Grasser, Bàle, 4 707 , 8*.

Philologue érudit et théologien profond, le lils de François de Croy,

nommé Jban, a acquis une réputation qui a éclipsé celle de son père. Au rapport de Bayle, « il entendoit admirablement les langues, la critique, l'érudition judaïque, les antiquités ecclésiastiques, et tout ce que l'on comprend sous le nom de philologie et de pol ymathi(^ » Né à Uzès, il succéda h Fran çois dans deux des églises que celui-ci desservit. La vie de Jean de Croy est d'ailleurs peu connue. Uniquement occupé des fonctions du ministère et de travaux littéraires, il prit peu de part aux aifaires générales de l'Eglise. En 4615, les Protestants de Beziers Fen- Toyèrent i Nismes pour réclamer la protection de l'assemblée politique qui s'y tenait, contre les mauvais desseins de leurs concitoyens catholiques(Faif</s de Brienne^ N* 223). Deux fois seulement, il fut député aux synodes nationaux, en 4631 et en 4644. Bayle afûrme qu'il assista aussi à celui d*Alençon et qu'il y alla « tout enflammé de menaces » contre les partisans de l'universalisme hypothétique ; mais qu'après quelques heures de conversation, Amyraut le ramena à d'autres sentiments. C'est sans doute à cette occasion que le professeur de Saumur lui dédia sa dissert, du libre arbitre. Jean de Croy avait composé un trèsgrand nombre d'ouvrages; quelquesuns seulement ont vu le jour.

I. Spécimen conjeclurarum et obtervationw» in guadam loca Origenis, Irenai, Tertulliani et Epipha niy in quo varia Scriptura sacrée et auctorum grecorum et latinomm loca exponuntur, emendantur et illusirantur^ s. l., 4 632, in-8';réimp.

dans rirénée de Grabc et en partie dans l'Origène de La Rue.

II. Réponse à M. de Halsac sur sa critique de la tragédie de Herodes infanticida de Daniel lleidsius, Gen., 4642. in-8'. — De Croy y prend chaudement la défense de iieinsius, qu'il attaqua ensuite vivement dans Fouvrage suivant.

III. Sacrarum et historicamm in novum Fœdus observationufHy pars

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prier, Gen., 4644, in-4'. — Coloniiès en mentionne une édit de Gen., 1 645, in-4'; c'est peut-être la 2' partie.

IV. Vérité de la religion réformée^ ou r éclaircissement et la preuve de la confession de foy des églises réformées par les témoignages de la Sainte Ecriture, Gen., 1644, in-8'; 2* édit. augment., Gen., Samuel Chouet, 4650, in-8". — L'auteur eut la singulière idée de dédier cet ouvrage^ Jésus- Christ.

V. Sermon du dernier Jugement, Charent., S. Petit, 1645, in-12.

VI. Augustin supposé ou raisons gui font voir que les quatre livres du symbole que Von a mis dans le JX* tome des Œuvres d* Augustin n$ sont pas de lui, mais de plusieurs personnes quiont pris son nom, Gen., de Tournes, 1654, in-12; 1655, in- 4». — Dirigé contre le jésuite Meynier, comme le suivant.

VU. Les Séméis convaincus, Orange, 1656, in-8».

De Croy avait aussi écrit, à ce quMl parait, un livre pour prouver que saint Pierre n'a pas été à Rome ; nous n'en avons retrouvé aucune trace, môme dans les bibliographies les plus complètes, non plus que du Traité touchant la communion que nous avons avec J.-Ch. ou V eucharistie, qui lui est attribué par l'index dressé par l'archevêque de Paris. Ses manuscrits, en assez grand nombre, étaient en la possession de son neveu D. Roure, ministre de Nismes et hébraïsant assez habile, qui vivait à l'époque où Colomiès publia sa Gallia orientalis.

Jean de Croy mourut le 3 1 août 1 G59, laissant un fils qui était avocat à Uzès, à l'époque où Bayle écrivait son Dictionnaire.^

CROZÉ (Jacques), dit La Roche- Crozé, de Loudun, pasteur de Civray, eu 1603, écrivit contre révoque de La Béraudière un livre intitulé : Le Juge des controverses de ce temps, qui n'est cité par aucun des bibliographes auxquels nous avons habituellement recours, non plus que V Eclaircissement

général et particulier des sacremens et les Traitez du franc arbitre, de la ^ri'e/^^/r/ia^/o/t, attribués au pasteur de Civray par l'Index de l'archevôquc de Paris.

CUUi:s(Jban de), de Berthen en Flandres, martyr. Livré par son curé entre les mains de l'inquisiteur, le 4 octobre 1 560, de Crues fut conduit à Ypres et jeté dans une basse-fosse du fort du Comte. Ni promesses, ni menaces, ni tortures ne purent ébranler sa fermeté. Le 18 déc, l'inquisiteur, le voyant persister intrépidement dans sa confession de foi, prononça enlin la sentence d'excommunication. Le magistrat d' Ypres ayant refusé de faire exécuter de Crues, en alléguant qu'il n'avait pas étéarrCté danssajuridi<-tion, il fallut le conduire à Bailleul, où le courageux martyr souffrit la mort, le 23 déc, après avoir résisté avec une héroïque constance non-seulement aux tourments qu'on lui fit endurer, mais aux prières de ses parents, qui le suppliaient de sauver sa vie par une rétractation.

CUUGOT (Martin), né à Brème, le 5janv. 1723, e! mort le 5 sept. 1790.

Après avoir rempli pendant quatre mois, en 1746, les fondions de prédicateur de l'abbesse de Herford, Crugol fut appelé à Carolath en qualité de prédicateur de la cour. En 1748, il fut nomi&é second pasteur à Blomberg ; mais au bout de quatre ans, il retourna ^Carolath pour y occuper la môme place qu'auparavant. 11 a publié :

I. Der Krieg in Teutschland hey Erd/fnung des Feldzuges, 1 757, in- 8».

II. Predigten, V"' Sammlung, Breslau, 1759, in-8'; — 2'" Samml., Breslau, 1761, in-8'; neuesteAuflage, Breslau, 1769-70, in-8".

m. Der Christ in der Einsamkeit, Bresl., 1761, in-8"; 2« édit., 1769; 3- édit., 177! ; 4- édit., 1774; 5- éd., 1779, in-8'; trad. en franc., probablement par Seigneux de Correvon, Amst., 1766, in-8'.

IV. Gedachtnisspredigt uher die verstorhenc FUrstin von Carolath.

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V. Morgen-uiid Ahendgedanken auf aile Tage in der Woche, ZuUichau, n77, in-8".

VI. Das Wesentlichein der christlichen Sitten-und Glauheaslehrc ^ Sagau, 1776. Il n'en fut tiré qu'un petit nombre d'exemplaires que l'auteur distribua à ses amis.

VII. Ahhandlung iiber die Ursachen der Gemilthsunruhe Christi vor seinem Leiden, ins. dans le T. VIII des Miscellanées de Berlin.

Un autre pasteur de la môme famille, Antoine Crugot, se réfugia en Angleterre à la révocation, et desservit pendant trente ans, de 4 690 à 1721, l'église de Southampton.

CUtSSOL, nom d'une des familles les plus illustres du Languedoc, qui a donné au parti prolestant quelques-uns de ses chefs les plus distingués.

Il n'est pas certain que Charles de Crussol ait embrassé les opinions nouvelles, quoique sa femme Jeanne de Gcnouillac d* Acier ait montré en toutes circonstances un grand zèle pour la Réforme; mais quatre de' ses fils, l'aîné Antoine, le troisième Jacques, le cinquième CnAnLEs et le sixième Galiot, méritent, à des titres divers, une place éminente parmi les principaux appuis du protestantisme en France. De ses deux filles, l'atnée mourut sans avoir été mariée, vers 1550, et l'autre, Marie, épousa, en 1 564 , François de Cardaillac, seigneur de Peyre.

Antoine de Crussol, commandant d'Abbeville et de Monlreuil en 1 558, conseiller d'Etat eu 1560, chevalier d'honneur de la reine-mère , capitaine de 50 hommes d'armes, fut envoyé, au mois d'août 1 560, au roi de Navarre et au prince de Condé pour les inviter, de la part du roi, à assister aux Etats d'Orléans. Il fut nommé, le 1 0 déc.

1 56 1 , lieutenant- général dans le Dauphiné, la Provence et le Languedoc, avec mission spéciale d'y pacifier les troubles religieux. Après avoir facilement triomphé des légères résislances qu'il rencontra dans la première de ces provinces, il passa en Provence, accom-

pagné iT Antoine Fumée et (ï* Antoine Ponaty conseiller au parlement de Grenoble. La ville d'Aix refusa d'abord de le recevoir; mais le parlement lui en ouvrit les portes, le 5 fév. 1502. II 01 enrcgislrer Tédit de Janvier, assigna deux lieux de culte aux Protestants hors de la ville, désarma les habitants des deux religions afin de prévenir tout nouveau contlit, et nomma pour gouverneur Antoine de March, surnommé Tripoli, estimé par sa prudence autant que par son courage. De concert avec h», comte de Tende, il travailla h pacifier le reste de la province en dispersant les rassemblements des ultra -catholiques, et lorsqu'il crut avoir suffisamment pourvu à la tranquillité du pays, il partit pour le Languedoc.

Aussitôt sa nomination connue, les habitants de Nismes s'étaient empressés de lui envoyer trois députés, François de Montcalm, sieur de Saint-Véran, Guillaume Roques^ conseiller au présidial, et l'avocat Pierre liozeU pour l'informer de l'élat de la ville. Le consistoire, de son cOlé, avaitchargé Viret de lui éciire, au nom de l'église, dans le môme but. Ces députés l'avaient rencontré à Donzère, le 8 janv. Crussol leur avait déclaré sa ferme volonté de faire exécuter par les deux partis les ordres du roi, et il leur avùil témoigné le désir d'avoir une conférence avec les consuls et les juges de Nismes afin dV visor de concert aux moyens de faire cesser les troubles. Les consuls Louis Bertrand et Vidal d\Ulcîias, Jean Cooihcs, Pierre Ihiudud, le président Calvière, le lieulenant-parliculier de Rochemore et le ministre Sarrazicr allèrent donc le trouver h Villeneuve d'Avignon. Il leur enjoignit de rendre aux Calholiques les temples qu'on leur avait pris, et de faire déposer toutes les armes à l'IIOtci-de-Ville. Los Protestants obéirent « prompte ment et alaigreracnl. »

A son retour do Provence, Ciiissol visita Nismes, Montpellier, et partout il trouvai les llugueuols satisfaits de Tédit

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4e JanTÎer et empressés de s'y soumettre. Sa mission remplie, il revint à la Cour; mais mécontent de la tournure des affaires, il en repartit bientôt, traversa rAlleraagne, la Suisse et le Dauphiné, et se retira à Charmes, château qu'il possédait dans le Vivarais. C'est là que les députés de plusieurs villes où les religionnaires étaient les maîtres, allèrent le trouver au mois d'août, pour lui proposer de se mettre à la tête des Huguenots du Languedoc; il refusa; cependant, quelques semaines après, sur l'invitation pressante et unanime de l'assemblée de Nismes, il consentit à accepter la charge « de chef et conser- Tateur du pays, sous l'autorité du roi, jusqu'à sa majorité, » à condition toutefois que l'assemblée jurerait, au nom des Protestants, de demeurer sous l'obéissance de Charles IX, de ne tenir aucune espèce d'assemblées sans la présence d'officiers royaux, de ne faire aucun règlement sans l'approbation des gens du roi, et d'observer inviolablementles lois politiques du royaume.

Ces conditions acceptées (l'oy. BAR- GES), Crussol écrivit, le li nov., à la reine-mère une longue lettre oîi il lui exposa les raisons qui le faisaient agir. Il se rendit dans le sein de l'assemblée, le 4 3 déc, et il s'engaç(ea, de son côté, à n'employer que des hommes sûrs qui professassent la religion réformée. On lui adjoignit un conseil de dix membres, qui furent : le baron A'^Anduze, Saint- Ravi, général en la cour des aides, Guillaume de Contour, contrôleur général des finances, Clansonne, conseiller au présidial de Nismes, de Bouzargues, de Bagnols, de La Roche, viguier d'Uzès, Antoine Du Solicr, de Privas, Antoine Faire, d'Annonay, Pierre de Prata, d'Agde, ei Antoine Du Chemin, médecin de Beziers.

Le premier soin de Crussol fut de pourvoir aux gouvernements des pays et des villes soumis aux Protestants.

Au gouvernement du Gévaudan, il nomma le baron de Peyre; à celui du Vivarais, Saint-Martin, sieur de Cour-

non- Terrai. Ferri?ret fut établi gou- ▼emeur de Castres; La Gade, de Béliers; Senglar, d'Agde; Rapin, de Montpellier ; Bouzarguet, de Bagnols; Bourgondi, de Monlfrin; MargotU, de la ville, et Maillane, du chftteau de Beaucaire. Les gouverneurs dlJzèf , de Lunel et de Sommières furent maintenus. Jacques de Crussol fut également confirmé dans le gouvernement de Nismes et nommé, en outre, lieutenant-général de son frère.

Pendant que Crussol s'occupait ainsi de l'organisation du parti protestant dans le Languedoc, il apprit la trahison de Des Adrets, A l'instant, il prit les mesures les plus promptes et les plus énergiques pour en prévenir les suites.

Il fit sommer Pontaix, gouverneur du Pont-Saint-Esprit, de lui remettre cette ville, que Des Adrets avait promis de livrer au duc de Nemours. Sur son refus, les habitants et ses propres soldats l'arrêtèrent. Chahert, gouverneur de Roquemaure, s'empressa d'obéir et jura fidélité au chef des églises du Languedoc. Des Adrets lui-même, saisi à Vienne, fut conduit à Montpellier et enfermé dans le fort Saint-Pierre.

Reconnu pour chef par l'assemblée des Huguenots du Dauphiné, Crussol, après avoir pourvu à la défense de Montauban, se rendit à Valence afin de s'opposer aux progrès du duc de Nemours. Il fit lever le siège de Grenoble où il entra le 5 mars. De retour à Valence , il s'occupa de recouvrer les places du Comtat-Vcnaissin que les Protestants avaient perdues. 11 reprit Orange, Sérignau et quelques autres villes; dans d'autres parties du Languedoc, ses lieutenants obtinrent également de brillants succès, et malgré de cruels revers, les Huguenots avaient conquis une prépondérance marquée dans le Bas-Languedoc, lorsque l'édit de pacification d'Amboise mit enfin un terme à une guerre sans merci.

Malgré la conclusion de la paix, les Catholiques, conduits par d'Apchier et La Fare, mirent le siège devant Espagnac et Florac, le 5 avril 4563. Cette

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audacieuse violation de Tédit indigna Grussol, qui chargea son frère Jacques d'en tirer vengeance. Ses méûances, déjà éveillées par cette agression, re* doublèrent quand il vit Joyeuse refuser de désarmer et chercher par toutes sortes de subterfuges à gagner du temps. Il prit le parti que lui commandait la prudence, en retenant ses troupes sous le drapeau; mais, en même temps, il envoya son secrétaire à la reine-mère pour l'informer de la conduite de Joyeuse et lui certifier qu'il était, quant à lui, tout prêt à déposer son autorité entre les mains du commissaire royal, le maréchal de Vieilleville. Celui-ci étaiit retourné à Lyon sans entrer dans le Languedoc, Crussol remit les places qu'il tenait à Antoine de Lé vis, comte de Caylus, qui en avertit le roi par une lettre datée du 29 août, où il reconnaît la droiture des intentions de Crussol et l'empressement des Huguenots à se soumettre aui prescriptions de l'édit d'Amboise.

Dans toute cette guerre, Crussol donna les preuves les plus manifestes de sa parfaite loyauté; au milieu de tant de trahisons infâmes, on est heureui de trouver un exemple à citer de

{»robité politique. 11 tint religieusement es promesses qu'il avait faites aux Protestants; il combattit vaillamment pour leur cause, et cependant, au fond du cœur, il était catholique, comme il l'avoua à Prosper de Sainte-Croix. Aussi, pour ne pas se rendre coupable d'une honteuse hypocrisie, ne voulut-il jamais assister aux prêches des Kéfoi^ mes et bien moins encore participer avec eux à la Cène. £n prenant les armes, il n'avait eu en vue que de venir en aide à des opprimés, il n'avait voulu que sauver d'une ruine complète une des plus belles provinces du royaume, il n'avait agi que pour le service du roi, offrant ainsi le spectacle trop rare d'un courtisan qui refuse de s'associer aux passions de ses maîtres, au moment où tant d'autres, preneurs de la Réforme, tant que Catherine de Médi cis avait paru la protéger, en étaient

devenqt les ennemis acharnés depuis qu'elle la persécutait. Nommé ducd'Uzës en 4 565, pair eu 1 572, Antoine de Crussol mourut le 15 août 4573, sans laisser d'enfant de Louise de Clermont, comtesse de Tonnerre, dame de beaucoup d'esprit, mais de mœurs pea édifiantes, qui servit en plus d'une occasion d'intermédiaire secret entre Catherine de Médicis et les Huguenots.

Ses titres passèrent à son frère Jacques.

Jacques de Crussol, seigneur de BEàUDiNÉ ou BauUiné, se trouvait auprès de Condé, lorsque la première guerre civile éclata. Envoyé dans le Languedoc par le prince, il arriva à Montpellier vers la tin du mois de md 4562, et fut immédiatement reconnu pour chef. 11 songea d'abord à s'assurer de Beziers. Il prit en route Marseillan, et, avec l'aide des Protestants de Beziers qui s'étaient saisis des portes, il entra dans cette ville, accompagné des barons de Fougères et de Montpeyroux, à la tête d'environ 4,200 hommes. Les uns mettent cette conquête importante à la date du 3 mai, d'autres du 6 ; mais Bèze, qui parait avoir travaillé sur des documents plus exacts^ la recule avec raison jusqu'au 30 du même mois, et mentionne encore parmi les gentilshommes de la suite de Beaudiné les sieurs de Colombiers, de Gasparet et ^^ Olivier.

Après cette rapide expédition, qui fat malheureusement souillée par de grands excès, Beaudiné rappela i^n corps de troupes qui faisait le siège de Lodève et retourna à Montpellier où il établit un conseil de cinq personnes :

Michel de Saint-Bati, conseiller à li cour des aides, Guillaume Converti contrôleur-général des finances, François Rey et Pierre Raymond, marchands, et Michel Hérouard, chirurgien, auquel il confia un pouvoir presque absolu. H reprit ensuite la route de Beziers, et comme la ville était serrée de près par les garnisons catholiques dei places et des châteaux voisins, il rompit cette espèce de blocus, en s'empa-

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