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juste et de saint, « le Saint-Esprit résidant dans les ossemens de ceux qui sont morts dans la grâce de Dieu. » Y a-t-il dans tout cela la moindre cause légitime pour un schisme? Quant 5 la doctrine de la prédestination, seule, l'Eglise catholique a trouvé le moyen d'accorder la grâce et le libre arbitre, et ce moyen, le voici, nous citons textuellement : « Elle enseigne que nos actions sont nôtres k cause du libre arbitre qui les produit, et qu'elles sont aussi de Dieu à cause de sa grâce qui fait que notre libre arbitre les produit, • et que Dieu nous fait faire ce qu'il lui platt, en nous faisant vouloir ce que nous pourrions ne pas vouloir. » Cela bien compris, quoi de plus légitime et de plus naturel que les satisfactions, les indulgences, le purgatoire? On dispute sur le nombre des sucremonts? C'est une chose indifférente. La confession, comme partie de la pénitence, ne saurait être condamnée sans témérité. Rien de plus curieux cependant que la preuve apportée par Dacier à l'appui du dogme de la présence réelle : c'est que l'état des Chrétiens tient le milieu entre celui des bienheureux qui possèdent J.-Ch.
dans Te ciel sans voile, et celui des Juifs qui ne l'ont possédé sur la terre qu'en ligures. «* Cela ne vous inspirera-l-il pas de l'horreur, mon cher pèrô, s'écric-t-il, pour la fausse doctrine de vos conducteurs, qui vous réduisent malheureusement ï la condition des Juifs? Car quel avantage avez~vou8 sur eux, si J.-Ch. n'est pas réellement dans l'eucharistie, et si vous ne le mangez que par la foy? » Le retranchement de la coupe, est chose indiQ'éronle. Le sacrilicede la messe n'est pas proprement un sacrilice. Tout le traité de Dacier étant de cette force, nous comprenons que ses amis l'aient dissuadé de le faire imprimer.
|>AI)É (Jacques), baron de La Harie , genlilliomme gascon , servit dans les troupes du roi de Navarre jusqu'en 1580, qu'une blessure h la cuisse, qu'il reçut 5 la prise de Montde-Marsan par Poyane et dont il resta
estropié, l'obligea de prendre sa retraite. On ignore en quelle année il fut nommé gouverneur de Tartas. Il occupait ce poste lorsqu'il fut député , en 1 601 , par la Basse-Guienne à l'Assemblée politique de Sainte-Foy; il l'occupait encore, en 4 615, lorsqu'il s'adressa à l'Assemblée de Grenoble, pour être indemnisé des dépenses qu'il avait faites; mais l'année suivante, il fui chassé de son gouvernement par les Catholiques , malgré la trêve conclue pendant les conférences de Loudun , violence dont il obtint réparation après la conclusion de la paix. Quand la guerre se ralluma en i 620, il envoya à La Rochelle son fils Dadou [Dadé] pour représenter à l'Assemblée qu'il ne pouvait répondre plus longtemps de la conservation de Tartas , et l'Assemblée écrivit à La Force et à liénac pour les invitera traiteravec lui de son gouvernement {MSS.de Brienne, N " 2«5).
Ce lils, dont nous venons de parler, avait d'abord porté les armes en Hollande , et l'on doit croire qu'il y avait acquis une certaine réputation, pour que llohan songeât à lui confier le poste important de sergent de bataille pendant le siège de Montauban. Dadé montra d'abord une grande énergie; mais quelque mécontentement, qu'il reçut, refroiditsingulièremenlson zèle, ensorteque, dès le mois de septembre, il fut d'avis de capituler. Cet acte de faiblesse inquiéta le Conseil qui , suspectant dès-lors sa fidélité, chercha une occasion de l'éloigner, et le chargea d'une mission auprès de Rohan, en lui adjoignant Noaillan. Dadé s'acquitta loyalement de cette commission; mais peu de temps après son retour , il sortit de Montauban, lit sa soumission au roi, et, semblable en ceci à tous les traîtres , il eut l'infamie d'indiquer aux généraux catholiques les endroits les plus faibles de la place; toutefois sa trahison ne servit de rien aux asbi«'*geants, et les héroïques défenseurs de Montauban repoussèrent toutes les attaques.
DAGNIilALX (J.), auteur d'un
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sannon sur Ezéch. XXXIII, 4 1 , qui fut prêché à Londres , le H oct. 1723, dans réglise française de la Patente en Soho, dont il était un des pasteurs , et publié sous le litre : Le devoir de la conversion (Lond., 1723, in-1:2).
DAGO>m:al (Jea!^), sieur de Vaux, jut^'e, ou, suivant d'autres, fermier de Tabbaye de Cluny , en 1 56 1 .
Dagonneau fut, avec ses trois frères, dont l'un , Olivier, était receveur des deniers de la province , le plus actif propagateur des doctrines de la lléforme dans la ville de MAcon. Selon l'abbé Agut, auleur d'une Hist. des révolutions de Màcon , ils étaient riches tous les (jualro et jouissaifint d'une grande considération; aussi firent-ils de nombreux prosélytes. Au mois de déc.l.'iGI, l'église de Maçon, qui comptait dans son sein les personn^igcs les plus considérables de la ville, comme Henri de Mars, trésorier du chapitre, et les élus Topillon, Hrunet, tirossettiy Bernard et Chenaux, s'était tellement accrue que h» consistoire écrivit à Genève afin (l'obtenir un second tninistre, le pasteur Pasquicr i\o pouvant plus suCnrc 5 l'accomplissement de ses fonctions. {MSS. de GenHe, N* 1913», Cait. 1).
Lorsque la guerre éclata, les Protestants avaient déjà acquis la prépondérance à Mâcon, aussi se rendirent-ils maîtres sans résistance de la ville; mais ils ne la gardèrent pas longtemps. Tavannes la leur enleva par un stratagème qui aurait été facilement déjoué sans l'incurie ou la trahison de François Alloing, que les Huguenots de ïournus, instruits des préparatifs du chef catholique, avaient envoyé aux Maçonnais pour les inviter à se tenir sur leurs gardes. Nous avons raconté ailleurs (loy. lîONNKT) quelles cruelles représailles les Calholi(|ues exorcèrenl sur les Huguenot? pour les punir du pillage des couvents et du brisement des images. Dim-^ Tespoir do délivrer leurs coreligionnaires de Toppression , de Lo//se , gentilhomme du Maçonnais, et le capitaine Chintré,
ancien chanoine de St- Vincent, firen sur Màcon une entreprise qui la remit au pouvoir des Protestants ; mais Ils ne tardèrent pas à en être expulsés de nouveau. Olivier Dagonneau gémissait alors dans les prisons de Dijon où il avait été transféré par ordre de Tavannes. 11 ne recouvra la liberté qu'après une longue détention et se retira à Genève où il fut reçu bourgeois, le 3 août 1590. Ses trois frères furent arrêtés, à leur tour, en 1 572 , et enfermés dans les cachots de Mâcon avec Porcher, Moissonnier , Crespin et le capitaine Gris. En vain offrirent-ils une forte rançon pour être rendus à la liberté.
La Guichc les retint en prison par ordre exprès de Charles IX, daté du 14 sept. {Collect. Fontanieu, N* 324.)
Jean Dagonneau , dont la persécution n'avait pas refroidi le zèle, finit cependant par être relûché après avoir payé une forte somme à l'abbé de Cluny. De retour chez lui . il trouva sa maison pillée; et sa femme, devenue catholique des plus ardentes, l'accabla d'injures. On dit qu'elle finit même par l'empoisonner, en 1580.
Jean Dagonneau est auteur de La légende de domp Claude de Guyse , ahhé de Cluny , contenant ses faits et gestes, s. 1., 1581 , in-8^ ; réimp. dans le Suppl. aux Mémoires de Condé, édit. de Londres 1743, in-4v D'Aubigné en signale une première édit., publiée en 1574, in-8% sous le titre de Lrgende de Saint-Nicaise, Papillon attribue ce violent libelle à Gilhert liegnault, sieur de Vaux, bailli de Cluny, mais M. Weiss, dans la Biogr. univ., conjecture avec beaucoup de vraisemblance que Regnault n'a fait que donner la seconde édit. de cette satire , en y ajoutant une préface et le récit des malheurs de son ami.
Nous avons dit plus haut qu'Olivier Dagonneau se relira à Genève. Il y avait été précédé par son frère Toussaint , qui avait exercé à Mâcon les fonctions de notaire, et qui, après la mort de Jean Crespin, épousa sa veuve. Admis dans le conseil des CC en
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4 594 , il prolongea ses jours jusqu'en
DAILLÉ (Jean), en latin Dallœns, savant critique et prédicateur éloquent, né à Châtelierault, le 6 janvier 1594, de .V. Baillé^ receveur des consignations \ Poitiers, et de .V. de Berthon; mort à Paris, le 4 5 avril 4670.
Daillé n'avait pas encore atteint sa onzième année lorsqu'il perdit les auteurs de ses jours ; c'est à cette circonstance que l'Eglise protestante doit un de ses plus illustres pasteurs, car, malgré l'inclination qui le portait vers les lettres, il n'aurait pas obtenu de son père, qui le destinait à lui succéder dans sa charge, la permission de suivre ses goûts. Son tuteur, au contraire, ne voulant pas contrarier un penchant bien prononcé, l'envoya à Saint-Maixent pour y commencer, sous la direction d'un maître habile, nommé Hévin, des études qu'il continua à Poitiers, ii Châtellerault et à Saumur, où Duncan professait alors la philosophie avec éclat. Il venait d'entrer en théologie (4), lorsque Vûlusire Du PUssis- Mornay le prit chez lui en qualité de gouverneur de deux de ses pelils-fils, Saint-Germain et Sainte-Hermine, enfants de son gendre Fontenay-Husson. Il passa sept années entières dans la famille du gouverneur de Saumur, qui conçut pour lui une grande estime, et il sut proûter de son séjour dans cette ville pour se lier d'une étroite amitié avec Gomar et Cameron, savants professeurs de l'académie , avec C appel, Amyraut et de IJ Angle, ministres déjà connus par leur savoir.
En 4619, Daillé partit avec fes élèves pour l'Italie. Ayant eu le malheur de perdre dans ce voyage le jeune Phi-
(1) On trouve parmi les Thèses de Saumur, deux Ihèses, l'une De Orna Domini, l'autre De varia ecclesiœ chrhlianœ rryiifiiiit' ^ soutenues, sons la présidence (VAmjjrnut et de Louiâ Cnppel, par Jran DniHé^ de Paris. I.a uomin:)tion de ces deux pasteurs rélebr<'s a des chaires de ihénloi;ie oe remoniaui pas aa-dela de \eâ'.\ (Yoy. ces noms), il est evj. dent que ras thèses ont ète soutenues, nou par notre Daillé, mais par ton fils.
lippe-Samson de Saint-Germain, qui mourut à Padoue, le 31 mai 4620, ce ne fut pas sansl)eaucoup de peine qu'il parvint à soustraire le cadavre aux outrages de l'Inquisition ; il dut l'envoyer en France comme ballot de marchandises, sous la garde de deux 'domestiques. Ce devoir rempli, il se rendit à Venise, qu'il quitta bientôt malgré les efforts de Fra Paolo Sarpi et du médecin français Asselineau pour l'y retenir. Il parcourut la Suisse, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Hollande, l'Angleterre, et rentra en France à la fin de l'année 16i1, n'ayant retiré, disait-il, de ses voyages qu'un seul profit, l'amitié du célèbre historien du concile de Trente.
Daillé reprit avec une nouvelle ardeur ses études théologiques, et, en 1623, il se fit recevoir ministre. «Vous aurez sceu, écrivait Du Plessis à Boucher eau, sous la date du 20 fév., comme M. Daillé a esté examiné et receu au colloque de Bas-Poitou, sauf l'imposition des mains réservée en ce lieu.
Tout s'y est passé à son honneur et au contentement de la Compagnie.»» Du Plessis l'ayant obtenu pour pasteur, Daillé commença l'exercice de ses fonctions au château de La Forêl-sur-Sèvre ; mais au bout de peu de mois, il eut la douleur de voir expirer son bienfaitenrentreses bras. La mort de l'homme vertueux est toujours féconde en euseignements. 11 était bon de raconter à la postérité les Dernières heures de Mornay ; c'était un service à rendre à la cause protestante, c'était en même temps une dette de reconnaissance à payer à sa mémoire. Nul ne pouvait mieux que Daillé remplir ce double devoir, et il n'eut garde de le négliger. L'écrit qu'il composa à cette occasion a été réimprimé à la suite de la Vie de Mornay, par Licgues.
Daillé resta encore près d'un an à La FonH-sur-Sèvre , occupé h classer les matériaux des Mémoires de Du Plessis- Mornay. Ce travail terminé, il partit pour Saumur où il se maria, au mois de mai 1625. Peu de temps après, il y fut
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nommé pasteur ; mais, dés Tannée sui- Tante, le consistoire de Paris le rhoi- 8it pour remplacer Durant. Sauf de courtes absences , il ne cessa pendant quarante- quatre ans d'édilier ré^îlise de Charenton par son éloquente parole, cl de défendre la religion réformée contre les attaques de ses ennemis dans des ouvra g»^s dont les Catholiques euxmêmes reconnaissent le mérite.
Député par Tlsle-de- France au Syoode national d'Alençon, en 1637, Daillé le fut encore à celui de Loudun, le dernier que les Réformés aient tenu a^ec la permission du gouvernement.
11 en fut élu modérateur. C'est en cette qualité qu'il répondit au commissaire La Madelaine (Voy. COLLA). Après avoir témoigné la gratitude de l'Eglise envers le roi qui avait convoqué l'assemblée par une « faveur singulière, pur effet de sa grâce et de sa «-.lémence, » le président de l'assemblée s'étendit longuement sur le devoir de l'obéissance passive ; puis, arrivant aux injonctions de la Cour, il promit de s'y soumettre avec respect, tout en espérant qu'elles seraient adoucies à certains égards. Rien de plus humble jusquelà que cette harangue; Daillé ne retrouva un peu d'énergie qu'en abordant la question dogmatique. 11 déclara que, loin de renoncer aux expressions d'Antéchrist, d'idolùtrie, de tromperie»
de Satan, qu'on leur défendait d'employer, les ministres protestants les conserveraient fidèlement et inviolablement jusqu'au dernier soupir. On doit aussi louer la force pleine de dignité avec laquelle il repoussa les accusations portées contre les Protestants, et la prudence avec laquelle, usant de récriminations — et certes la matière ne lui faisait pas défaut, — il prouva que les torts véritablement sérieux étaient du côté de leurs adversaires.
Dépouillé du droit de nommer les députés généraux des églises, le synode approuva le choix fait par le roi du marquis de Huvigny en remplacement du marquis à'Arzilliers, et il chargea le pasteur Evstacke avec Jac-
ques (ÏArlattdeSf sieur de Mirabel, (1) d'aller en son nom remercier Louis XIV de la convocation de l'assemblée.
11 procéda ensuite, du consentement du commissaire, ^ la nomination de trois candidats ï la députation pour le Tiers. La majorité des voix se réunit sur Loride, avocat au Conseil et au parlement, Jaussaud, avocat à la Chambre mi-partie de Castres, et Des Forges-Le Coq, conseiller et secrétaire du roi.
Par une exception assez rare , le synode n'apporta aucun nouveau changement à la Confession de foi ni à la Discipline qu'il recommanda d'observer plus strictement. Il recommanda aussi aux familles et aux églises de donner le plus grand soin à l'instruction religieuse de la jeunesse, dût-on y employer quelques-unes des heures consacrées à la prédication. Comme la plupart des synodes précédents, celui de Loudun porta son attention sur la correction des éditions de la Rible, du catéchisme, des psaumes et de la lilur gic. 11 ordonna de tenir note des variantes et nomma, pour surveiller la révision, un comité composé de Hochart, Jean-Louis Jaussaud de Castres, Ame de e de Choudens^ Amyraué, Blondel , David Eustache, Taby, de Velaux, Bernard, Baudayi, Le Bloy, J. Gxiitton, Comarc, à'Yze, Ricottier, Casamajor et llomel. Sa principale occupation, toutefois, fut de juger une foule de contestations , la plupart sang importance. N'élail-il pas ridicule de porter jusqu'au synode national une misérable querelle soulevée entre le syndic Pierre Caffarel, Jean Gail-
(1^ Jar<]ues d'Arlandet eat ncufeofants de sa Femme Jeanne de Bcaumovty qu'il avait épousée en 1656. >ons connaissons les noms de sept : HotlanFrançois^ Antoine -Continu tin, Àiiui', Jacqiirst David, Murgurrile et Antoine. Ce dernier, né en 1667, se laissa séduire ptr le gardiiMi des Capucins de Viileneuve-de- \\cr\i, qui l'attira dans son couvent en 1C78, el l'y retint sous le prétexte qu'il s'était converti. La veuve de Jacques d'Arlaades prouva que son fils n'avait pas onrc ans; jedos- ?ier do l'enquête (Archiv, M. 665; ne nous apprend pas si oo lai reodii justice.
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