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lard, et les demoiselles Colombe et Esther Thàlodières de Dcgam^ouTh possession d'uu banc dans l'église de Montpellier? Tous les appels, il est vrai, n'avaient pas pour objet des choses aussi futiles. Ainsi, ce n'était pas sans une apparence do raison que Ferrand, ministre de Bordeaux , se plaignait du synode de sa province qui, après ravoir choisi pour député à Loudun, lui avait préféré un autre représentant; ce n'était pas non plus sans motif raisonnable que Plagsay, ministre de Niort, accusait d'injustice le synode de Poitou qui l'avait enlevé à son église et k l'alTection de son troupeau , bien qu'on n'eût aucun grief à alléguer contre lui, comme le prouvèrent Bêlesbat et Tristan , ses défenseurs ; ce n'était pas enfin sans cause valable que à^HuisseaUj appuyé par àHauniont, Benoît et Faure , chefs de famille de Saumur, demandait à être confirmé dans son ministère pour l'église de cette ville, et se plaignait d'une cabale à la tète de laquelle, on regrette de le dire, se trouvait Amyraut , qui s'était sans doute laissé entraîner hors de sa modération habituelle par les libelles calomnieux de Niotte , iïHaumont, de Bouchereau et d'autres.
Après avoir arrêté les comptes de On Candal, trésorier des églises, et réparti entre les députés la somme de 4 600 livres, accordée par le roi pour les frais du synode, l'assemblée se sépara en prescrivant un jeiïne général.
Simple et uniforme , la vie de Daillé n'offre plus de particularités saillantes; il mourut, comme nous l'avons dit, en 4670, àl'&ge de 76 ans.
« 11 étoit, lit-on dans Nicéron, d'un naturel ouvert et incapable de déguisement; ses amis lui trouvoientmôme un peu trop de franchise. Son entretien était doux et aisé, il s'accommodoità la portée de tout le monde, et les personnes du commun trouvoient leur compte avec lui, de même que les plus savans. Comme il avoit beaucoup de lecture, il foumissoit à toute sorte de conversation , et sor quelque sujet qu'on le
mît, il avoit toujours de quoi satisfaire la compagnie. Il n'étoil pas comme beaucoup de suvans à qui l'élude inspire une humeur mélancolique et chagrine; les plus i'ortcs médiliïlions ne lui otoient rien de sa gayeté naturelle ; il laissoil en sortant de son cabinet toute son austérité et sa mélancolie parmi ses papiers. Quand il se senloit l'esprit fatigué pour avoir lu ou étudié des matières relevées ou attachantes, il se délassoit par la lecture de quelque auteur qui demandoit moins d'application. Il étoit d'un tempérament robuste et d'une forte santé, et jusque dans sa vieillesse, il n'avoit rien qui se sentit du déclin de son âge. »
Les écrits de ce célèbre pasteur sont nombreux. Selon un Journal écrit de sa propre main, il avait composé, depuis sa vocation à (Iharenlon, Itk ser^ mons. On en a publié plus de 20 volumes. Au jugement de Dreux du lU* dier, ils réunissent toutes les grâces du grand orateur. Le style en est toujours clair, l'expression noble et majestueuse, l'éloquence douce et facile, qualités que Daillé devait peut-être à ses intimes liaisons avec Conrart; mais ils manquent généralement de chaleur. La pureté du style n'est pai moins remarquable dans ses ouvrages latins. On admire, en outre, dans tous ses écrits une science profonde, un jugement exquis et une urbanité dont il ne s'écarta que dans une seule occasion. Aussi Halsac ne lui rendait-il que justice, lorsqu'il disait, dans ses Entreliens : «Pour moy, je ne sçauroit m'empescher de dire que le docteur huguenot est un grand docteur. »
Notice bibliographique.
I. Traité de remploi des Saints Pères 2^our le jugement des différends qui sont aujourd'hui en la rtligion, Gen. , 4G3i, in-8*, dédié à Anne de Mornay. — Daillé établit que les Pères ne peuvent être acceptés pour juges des controverses entre l'Eglise protestante et l'Eglise romaine, parce qu'il est très-difûcile, sinon impossible»
DAI