Dessau
VI. Gottesvertheidigung iiber die Zulassung des B'ôsen auf unserer Erde , nach der heiligen Schrift , I'**' Theil, mit einor Vorrede von Vertauschung des Christenthvms gegen Philosophie^ Dessau, 1784; 2'*^ Theil, ibid., 1790, in-8\
Vil. Hriefe iiber die nevenWochter der protestantisch. hirche,\*^" Heft, Leipz., 1786 ; V'^ Heft, Leipz., 1787:
3'" Heft, Leipz.. 1788, in-8°.
VHI. Kiirzer Unterricht iu Chrisfenihum fur Kinder heyder evangelisch. Confessionen, Dessau, 1786, in-8^.
IX. Beantmortung der ernsthaften Beherzigung des 0. C. R. Teller in Berlin^ Leipz., 1787, in-8*.
X. Pendant oder ahgedrungene Nothwehr gegen die Becensenten der wohlgemeinten Gedanhen zur fierichtigung der Briefe iiber die Wi'ichter, etc., Eisen., 1787, in -8".
XL Erklôrung Uber eine Stelle im •'•" Schreiben vont Niederrhein, pubL dans le Musée allemand (1788).
XH. Predigt und Bedcn bei der Taufe einer jiidischcn Familie, Leipz., 1789, in-8\
XHL Ein Paar Worte demœkume' nischenBilchergerichte zu lena gewidmet, Dessau, 1789, in-8'\
XIV. Neuç Briefe zur Verikeidigung des Glaubens der evangelisch.
C'Am^<?«, V' Heft. Leipz.. I7<)l ; V' Heft, Dessau, 179i,in-8v
W.Uttfug sogenannterAufkVirer, wider die preuss, Anordnvnneii lit geist. Sachen, Berlin, 1792, in-sv
XVI. IVer sagci die Lc^te, r?'?.ç.î des Meàschen Sohn sey ? Lcipzijx.,
1796, in-S"; V édit., Leipf., 4805,
in-8'.
Simon-Louis Des Marées laissa un iils, Cdristian - Guillaume - Henri , né à Dessau, docteur en médecine et auteur d'une savante dissertation De animiperturbationum in corpus potcyitià, Golting., 1775, in-4-. Ce dernier no serait-il pas identique avec Henri-GvMlavMe De Marée^ connu par son Hist.-kritisch. VersnchUber die KuUur der Griechen zu den Zeitcn des Homer , Berl., 1797, in-8'î
Le second fils d'Abraham des Marées embrassa, comme son frère, la carrière ecclésiastique, et fut premier pasteur r«!'forméàKagun dans TAnlialt-Dessau.
Il mourut en 1772, laissant :
I. Schreiben von dem wahren Golte, wer er ist und worans er erkannt wird, Bernb., 1766, in-8*.
II. Schreiben von dem Werke Gottes, undderZeit seines Anfangcs, Bernb., 1767, in-8\
On ne nous apprend pas si c'est de lui ou de son frère que descendent Henri-Louis et Albert -Charles Des Marées;\ç premier, auteur de quelques ouvrages d' instruction élémentaire dont on trouvera la liste dans le bibliographe Kaiser; le second, de deux ouvrage?
de polémique et de cantiques publiés à Dessau. en 1832, in-8*, sous le titre : Dreizehh geisfliche Licder.
L'éditeur du vovatre intitulé Beschryving van der Gondkust Guinea a! s me de ecn voyage naer deselve (Amst., 16o0, in-4*), portail le nom (le Pierre Des Marées et appartenait peut-Gtre à la mémo famille.
in:s MAUTI>S (noNORÉ), baron des Baux et de Vaquières . conseiller et gentilhomme ordinaire du roi , sénéchal de Nismn? et de Beauc-iire, célù!)ro dans rhisloire dos guerres civiles du Languedoc sous lo nom du capitaine Grille (I).
En maintes circonstances , le capitaine^ Grille avriit donné des preuves de sa valeur pendant les guerres du règne
(1 . Il avait pris !<* nom oi les ârmfs d* fa mcÉr Françoise de r.rillo.
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de Henri II , notamment au ?iégc de Thérouanne, en l.'S'i.J. Il se trouvait à Paris, lorsque Condé fut obli^'6 dVn sortir, et le prince Tenvoya h Lyon , avec Moreau et Baisse, en les chargeant d'y soulever les Protestants.
{Voy. II, p. 1 07). La ville prise, il partit pour le Lanj^oiedoc, et se mit sous les ordres de Heamlinc qui l'envoya avec Bonillargncs faire le siège de Fronlignan. Le' gouverneur de Vézenas essaya de secourir la ville; mais il fut défait et ohWi^i* de ha lire en retraite. Toutefois son but fut atteint, car en l'absence de Grille, tant de Provençaux se glissèrent dans la place h travers les étan;js,queles HuLMii-uots, dé^espiTant de la prendre, se H-firorenl à Montpellier.
Peu de jours iipr»'S, nu r.pprit ({u'unc armée de Provcnrjitix, sou? les ordres de Sommerive, rtni* entrée dans le Languedoc i'I nssiéireait Saint- Gilles.
A cette nouvelle, (irille se hilta d'assembler les .'.Kjuebusiers do Dv, lior, ùe-Snios et (YArhcmt, rinfan'erie de liapiii, les eb ndronsde IhmîUargv.cs, de Carlot r'. '^Wlhcv.os, et h la trie de ce corps, ff»r:i^anl en tout envire*! loOO hommes, il marcha à îaienconlie de rennenii, *i"!it il «'t;.it important d'empc^cher la yecîion avec rarmre qui assiégeait M- n'jM'llier. La rencontre eut lieu le 27 sept. 11)62. Mal^Me l'infériorité de ses forces. Grille remporta une brillante, vict('iie (1). L'artillerie, lesbaga^^es, dix-sept enseignes tombèrent en son jiouvoir, ft Sommerive dut re^Mgner honl'^iisenn'iit la Provence, laissant sur le champ de bataille la nuiitié de son .umée. Le vainqueur, de son coté, reprit le chemin de Montpellier. Il apprit on route qu'une enihiiscade lui était dressée aux Arenasses par Joyeuse; mais lier de sa récente victoiTc, il ne voulut peint s'^
fl) Tnc rrln'ii'ii . ;;on'.rn<' do v'Mîi' vi.-toirr, érriîp pjir :in liii^ripn.ii, a »'*.<■ [i.il)!;i'i' iI.iîn Ir T. m fl«'s Mcinoiros (!;• (inii'lc, <•• (' w.s !»■ T. V desArfhivrs fijrieu>f"^, 1"* '^crio, ••)':<; n- titre : îiricf rt •éiila.'iir ('''.s('<iUfy dr in (lrfi'<n!r des Provettaiu i , npitucv la hutciili' dr Sui.n- Giikt.
détourner, et il s'exposa ainsi à un échec qui coûta la vie au vaillant capitaine provençal Merle et 5 environ 200 de ses meilleurs soldats. L'arrivée de Beaudiné, qui était accouru h son secours, sauva sa petite troupe d'une destruction complète, et lui permit d< rentrer dans Montpellier.
Après la levée du siège par les Catholiques, Grille fut charj^'é avec Baisse de s'emparer d'Aiguës -Mortes. Il crut devoir en commencer le siège par celui de la Tour-Carbonnières, située <i un quart de lieue de la ville au milieu des marais de la plage. H s'en rendit bientôt le maître; mais ayant appris que Bes Adrets était serré de près par Nemours , il ne poussa pas plus loin son entreprise et vola au secours du baron avec trois cornettes de cavalerie.
Nommé, en loG6, sénéchal tic Beaucaire et de Nismes, Grille, qui était.
dit Ménard, un des plus zélés pailisai:^ de la nouvelle religi(»u , éprouva de grandes difli'Millés à si^ faire recevoii en cette char;;e par le parlement (N Toulouse. H parvint cejjeîidanl à les aplanir, et fut installé ti Nismes, le i novenjl;r'\ Les Gatlioliijues n'curei.' qu'à s'applaudir de sa nomination, car, à l'odieux m.assacre de La Micludade , il employa {o;:îi^ gon inlluence , lout' son autcu'ilè pour sauver i'évêqiie et d'autres malhi'ureux qui attendaient la mort dans les prisons. I/année suivante, il ne déploya pas moins d'énergie pour îoire publicir h Nismes Tédit de pacitkation et força le peuple , qui n'en voulait pas, i s'y soumettre.
Quoique les Catholi({ues se fussent montrés ingrats envers lui en le destituant la rnèmc a.nnée et en donnant sa charge à Joyeuse, il n'en persista pas moins à suivre la ligne de modération qu'il s'était tracée, et ce fut encore lui qui, le 28 août 1570, ht proclamer redit de Saint-Germain dans un conseil extraordinaire tenu à NismiO^ sous la présidence de Pierre de àfaiwonl , conseiller ;'U présidial.
S'il faut on croire le jière liougerel. Grille se convertit k la Saint-Barthé-
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lemv avec GéreiUe-Moiitclar, Saint- Martin et plusieurs autres jrentilslioninics (le la Provence. Ménard, dans son Hisloire de Nismes, dit seulement «« qu'il paraît qu'il se fit catholique. » Ce qui est certain, c'est qu'il n'était pas converti le 6 ocl. 1572, puisqu'à celle date , Charles IX écrivait à Damville {Collect. Fontanieu, N° 324):
« Je désire que vous en ayés tous les moyens possibles à luy faire reprendre le chemyn de l'antienne religion cathoique, et toutesfois ou vous ne pourries SI tost l'y acheminer, et qu'il lust besoing de temps pour l'y laisser penser, j(i veulx et entends que pour cela vous lie laissiés à vous servyr de luy et l'employer ez choses qui se présenteront de delà » Grille resta donc sénéchal de lîeaucaire. Il mourut h Paris, b> 13 nov. 1581 , âgé de 58 ans, et fui enseveli dans l'église de Saint-Eustache. H n'eut pas d'enfant de sa femme Jeanne de Qitiqueran, fille d'Antoine, baron de Beaujeu.
DES MASLRKS (Louis) , en latin Mastirius, anobli par lettres patentes du 6 juin 1553, poêle français et latin, florissait vers le milieu du XVI' siècle. Etant né h Tournai , Des Masures ;ipparlienl proprement à la Belgique, mais comme la France protestante lui a des obligations, notre devoir es-t de les acquitter.
Son talent pour la poésie lui ayant fragné les bonnes grâces du cardinal Jean de Lorraine, il vécut d'abord auprès de ce prélat qui Pavait attaché à sa personne en qualité de secrétaire. Ce l'ut pendant qu'il était h son service, qu'il entreprit de traduire l'Enéide en vers français. Ce travail plut tellement à son Eminence, qu'il en donna lecture au roi. François 1" y applaudit d'abord; mais sur les railleries qu'en firent certains de ses courtisans, il re- Tint, dit-on, de sa première impression et se joignit aux railleurs. Quoi qu'il en soit de cette anecdote , il parait certain que la protection du monarque fut acquise à notre poète et le mit à. couvert (le la malice de ses enuemis , d'autres
disent de ses envieux; car ce prince n'eut pas plus tOt payé le tribut h la nature, que Des Masures fut forcé de s'expatrier. De quoi l'accusait-on? il ne nous l'apprend pas :
Impia mondacis primùm perjuria lin?oa»
^Pcrmistum lianr. atro sanguine virus ilit)
Fiuibus insonteni patriis eKcro, nec ulla Me rcgioue vagos sisicre passa pcdi'S.
Après avoir erré quelque temps en Suii^se et en Italie, il se rendit à Rome, où il arriva en 1549. Le cardinal Du Bellav l'accueillit favorablement et le logea dans son hùtel. Des Masures devint ainsi le commensal du célèbre Rabelais, et se lia avec lui. Leur liaison cependant dura peu. Calvin ayant flétri Rabelais dans son traité De Scandalis , Rabelais y répondit ( 1 553) en traitant Calvin de démoiiiacle et d'iw- 2>osteur de Genève, Des Masures qui paraît avoir professé dès ce temps , au moins secrètement, les principes de la Réforme, se mit de la partie, et prenant fait et cause pour le réformateur, décocha à l'auteur du Pantagruel cette méchante épigramme que l'on connaît :
Qui liaheîiFSus cras placidus modi», jhin quit
I fuiuieDS Verba furis, Hiihie tu niihi /.rvjv pris.
Le jeu de mots était heureusement trouvé, il fit fortune. La mort sans doute ne permit pas îi Rabelais de relever ce trait; il était de sa nature peu oublieux de ces sortes d'oIFenses. S'il avait vécu, il eût eu à cœur de prouver h son détracteur que son nom ne mentait pas. Tandis que, au contraire, dans le 5' livre du Pantagruel qu'il laissa inédil, le nom de Des Masures se trouve placé parmi les meilleurs poètes du temps (1).
Des Masures passa un peu plus d'une année à Rome. Pendant ce temps, son piotecleur, Jean de Lorraine, s'em-
(1) « Les Colinelz [Jacq. Colin], Marotz, Ilérouctz [Ilérorl], Sainçclais, Salelz, Jf«iuels. ^ >'ous n'hésitons pas t reconnaître le nom de himure^ Masurius sous celle dernière forme. Le> savants commentateurs de Rabelais se sont perdus dans cette recherche, ta us que le nom de nolro pocle leur &oii vftDi a r/îsprii.
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ployait aupii's de Henri II pour obtenir son pardon. Déjà noire poète cntrc- Toyait la lin prochaine de sa disgrûce , lorsque la mort inopinée du prélat vint jeter le découragement dans sou àmc.
« Quoique son aage encore ne fust trop avancé , il n'eut plus en pensée qu'un eiil misérable et perpétuel en Asie, où il délihéroit aller passer le surplus de ses jours. » Mais cette idée de s'ense- Tclir, nouvel anachorète, dans les déserts de la ïhébaïde n'était que le rêve d'un poêle, qui, au premier rayon de soleil, s'évanouit. Ln duchesse douairière de Lorraine , Christine de Danem;irk, n'cul pas de peine à le faire renoncer h son projet, en le choisissant pour conseiller et premier secrétaire de son m s Charles 111. En 1551 , Des Masures se trouvait h Nancy h la cour du jeune duc. Encouragé par les applaudissements de ses amis, et entre autres par Salmoii Marriii et Joachim Du Bellay, il re[»rit sa traduction de TEnéide. Ses publications se succédèrent à de courts intervalles (4). Les devoirs de sa charge ne Taslreignant pas- à la résidence, car le jeune duc âgé seulement de 8 ans avait plus besoin d'un maître d'écriture que d'un secrétaire, — Des Masures s'était retiré 5 Saint- Nicolas, lieu fameux de pèlerinage, à deux lieues de Nancv, où il se livrait à loisir à ses éludes littéraires. Il s'était marié avec Diane Baudoire (Baldoria) qui mourut en couches de son premier enfant, nommé Ct-iLUE.
Tequo puor, causani I.icrymis et pij.'nu'^amori, SoIaiueutiue manu prolulit: indé pcril.
A l'époque de son mariage. Des Masures, au rapport de domCalmel, était déjà imbu des idées de la réforme. 11 chercha à les répandre autour de lui et il y réussit. Déjà, pur ses soins et un peu aussi par la connivence du Saint
(1) Si l'on do il en croire Boaurlianiixjles Masures aurait pris pan aux li'ierrcs tMitre Henri II el Chirles-yninl on «jnaliledr c.ipitaine de cavalorii'. il sjuulc qu'on l'accusa d*intelli»'.M>cc avcf rcuncmi, mais qu'il st purgea de cetlf! .T.'cusaiii)!i. >()ii$ no IrouvuDS ce Uil Clic uallo pan aiUeuri.
de l'endroit, car l'abus appelle la réforme, une petite église s'était constituée. Les pasteurs de Metz venaient la desservir. Chaque jour le nombre (les fidèles augmentait. Tout allait pour le mieux , lois(ju'un excès de zèle, qui avait toute l'apparence d'une provocation, lit disperser le troupeau. La prudence n'est pas la vertu des néophytes. Nous emprunterons à Crespin le récit de l'événement. La femme d'un nommé Nicolas Simon étant accouchée, on s'adressa à Des .Masures pour savoir ce qu'il y avait à faire pour le baptrme. Des Masures qui se trouvait alors à Nancy pour les devoirs do sa charge, conseilla de porter l'enfant à Metz, de crainte d'éveiller les soupçons. Le conseil était sage, mais le père ne se rendit pas à cet avis, et sur ces entrefaites, le pasteur François Christophe étant arrivé de Metz, il eut recours à son ministère. On choisit pour le lieu de la cérémonie une maison neuve qui n'était pas encore habite e. Si le but était d'attirer l'attention, l'attente ne fut pas trompée. Une troupe d'enfants, ameutée dans la rue, ne cessa d'accompagner le chant des psaumes de clameurs et de huées. Dès le jour même, les autorités furent prévenues, et le substitut du procureur général vint faire une enquête. Pendant qu'il procédait à cette information, le ministre Christophe prêcha et il y eut foule à son prêche. Le substitut, qui n'était pas très rassuré en voyant un aussi grand concours de gens mal pensants, usa de toute sorte de ménagements , quitte à s'en dédommager dans son rapport.
« Plusieurs des plus aparens de la ville s'éloient présentés à lui olfrans de confesser leur foy. » Le lendemain, qui était un dimanche, le pasteur mit le comble à la mesure. «< Durant l'heure que la grand'messe se chantait au moustier des idoles » , il monta de nouveau en chaire et «un merveilleux peuple I» se porta à sa prédicalion, de sorte que le curé resta seul, vis-à-vis du saint sacrement. Informé de tant d'outrages ^ son autorité , le duc fit aussitôt par-
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'ir ::nô troupe de ijens à pied el à chevjl avo '. <.'rdr( de se saisir des pnncii .tux eoupaiiles, morts ou vifs. L'expédiliou fut conliée au bailli de Nancv, .le m de Savigny, qui, pour sa part, se iéserva4*honneur d'arrOter Des Sl.iburcs " lequel esloit estimé autheur el chef •le l')Ul le maléfice. » Comme il y avait cîi'.rc eux des liaisons d'amitié, la char- ^j^e en était d'autant plus méritoire. Le ministre Chnstoph'i , Tapulhicaire Du Pas^/icicr , uL le bourgeois hiquemin M'iiUote , à qui apparteaait la maison •jii l'on avait pré.'hé, furent surtout si- 'jnalés à la vindicte publique. Mais on .î^aileu vent à St. -Nicolas de Texpédi- ■ion ductile, et tous ceux qui étaient ". unpromis, avaient eu hâte de s'enfuir. Ln seul malheureux, nommé Floren- Ihi.Tiisiîi auprès de sa femme en couches, fut arrêté sur la dénonciatii»!) d'un de ses voisins, et comme il eut rirrévérence de répondre que sa foi était un bien sur lequel le duc n'avait aucun droit, eldont il ne devait compte qu'à Dieu, il fut pendu incontinent par ordre du bailli. Il mourut avec une constance et une rési^xuation dijrnes des pienjiers chrétii'.ns. Le châtiment ne se lit pas attendre. Crespin nous raconte que le bailli, retournant triomphant de son expédition, passa auprès du i^ibet où était pendu le malheureux Florentin, et qu'à cette vue, à laquelle il ne s'attendait pas, il éprouva un tel saisissement qu'il fut pris d'un tremblement nerveux qui ne le quitta plus et le conduisit en moins d'un an «u tombeau. En expiation de son crime, il légua par son testament une rente considérable à l'orphelin de sa victime. A la suite de cette persécution , environ 70 ménages de St.-Nicolas se dispersèrent en divers lieux. Des Masures se réfugia d'abord dans le duché de Deux- Ponts, puis il revint à Metz, où il exerça les fonctions du saint ministère, ayant pour collègues Pierre de Cologue, Tiiffin et Jean Garnier{So\. IV, p. 8). Sainte-Marie de Tllermitagc et Strasbourg le comptèrent ensuite au nombre de leurs pasteurs. On ne con-
naît ni l'époque ni le lieu de sa mort. — Nous ignorons également si Jacqt'es Des Masures, ministre de Martiu's Lane, en 17*7, et de l'église wallonne de Londres , en 1730, qui plu;?
t.iid quitta l'Angleterre, doit être ineur tionné comme un de ses descendants.
Voici la liste des écrits do Louis Des Masures.
1. Les deux premkrs livres de VEiu'ide de Virgile, traduicts en.
■cers frahçois, Paris, Chr. Wechel. in- 4 ; dédicace adressée au cardinal Jean de Lorraine " de la chambre de son Eminence à l'Isle-Adam » sous la date du iJ6 avril 4 347 ; nouv. édil. augra. des deux livres suivants, et suivie d'un petit poème latin Carmcnde cxiliosuo à GaUlarurii finibv.s Parisiis, Paris, 1 "iji, in-1i, dédiée à Charles de Lorrciine, sous la date du 4 mai l.'jol; nouv. édit. complétée, comprenant les douze livres de l'Enéide, sous le titre VEn:ide de Virgile, prince des j^oëtes lo.fins, translatée de latin en françois par Louis Des Masures, Tournisieu, Lion, Jan de Tournes, 4 560, in-i% pp. 6GG, très-belle édition; caracl. ital.; le texte latin en marge. Le privilège, daté du lî juillet l.'>57, ne concernait encore que les 8 premiers livres, mais éi lii délivré j'ar avance pour les livres suivants ; les éloges qui y sont donnés à fauteur au nom du souverain, prouvent que Henri II était t)ut-à-fait revenu de ses préventions, (iliaque livre est piécédé d'un sonnet q;ii sert d'argument , et au bas duquel se lit la devise de l'auteur : Quanto superat discrimine virtus ? Celte traduction a eu plusieurs éditions; en comparant les indications de La Monnoyo avec celles de Paquet , on n'en compte pas moins de huit, jusqu'en \ G06. Dans une pièce de vers adressée à l'évOque de Toul, qu'il appelle son Mi'ceue, Dos Mi'sures feint d'avoir été transporté en s<)nge au Conseil des neuf Sceurs, où Ton délibérait, en présence de la Uenommée et de Virgile, à quel poc'.e f;an^jais on Gonflerait le soin de la traduction de l'Enéide. On
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devrait croire que la délibération fut longue, car à cette époque où la langue poétique commençait à peine à naître, nous avions un grand choix de versificateurs qui se valaient. Mais il n'en est rien. Les poële^i ont le privilège des fictions. Dès que Virgile aperçut son confrère en poésie , ses incertitudes cessèrent , il s'approcha de lui et ôtant sa couronne de laurier, il la déposa sur le front do son rival :
Sic effala, manu lauruDi quam Uonut gerebat L'mbra capit, viridique siraul mea fronde co-
(ronat Tcmpora:el in leuuem ei oculis evanuii au-
[ram.
Le poêle néglige de nous dire que cette couronne glissa de son front à son réveil. Les avis sont p;irtagés sur le mérite de la traduction de Des Masures.
Les écrivains contemporains en parlent comme d'un chef-d'œuvre, tandis que les modernes la placent, pour ainsi dire, ai>dessous de toute critique. L'abbé Goujet repioche même h notre auteur les bjillements, les déhuils de césure, les termes bas. les tours piosaïques, etc., c'est-à-dire qu'il lui fait un crime d'avoir été de son siècle. Seon nous, il y a de l'excès dans les louanges des uns et de Texcès dans les critiques des autres. Sans doute, comparée à celle de Delille, la traduction de Des Masures nous puraitra hiiîn faible; nous n'y trouverons, avec LaMonnoye, qu'un poi*te très-médiocre, qu'un écrivain peu délicat, qu'un versificateur dur et prosaïque. Mais si nous comparons cette traduction avec les traductions en vers de la même époque, celle d'Jlomère par Salel parexemple, et même avec les poésies originales du temps , nous nous rapprocherons du sentiment des écrivains contemporains, en faisant toutefois la part de la camaraderie dans ce qu'il peut y avoir de trop flatteur dans leurs éloges. C'est ainsi que Joachim Du Bellay exagère, lorsqu'il dit au traducteur :
Autant comme Ion ppulton nn autrf; lan^a'-'c Vue langue exprimer, autant que la ualure Par l'art se peult nionstrer, et que par h pejn - Un peall tirer au vif au naturel visage : [ture
Autant exprime^-iu et encor' d avantage Avfoques le pinceau de ta docte escrilure La 'tirace, l,i laçon, le port cl la stature l)e celuy «jui d'Enee ha descrit le voyage.
Mais tout n'est pas flatterie dans cette appréciation. Puur donner un échantillon du faire de Des Masures, nous emprunterons au VI'' livre le portrait du nautonnier Caron. On dirait une parodie; mais, à défaut d'élégance, la traduction est au moins tidèle aux mots :
c'est même là son principal mérite.
Le nauionnifr Charon qui fait horreur, El qui d'ordure empli donne terreur, E!>l 1.1 pour ^'arde aux fleuves ordonné : Lu poil chenu, rude et mal testonné A siand piaillé lui keuvre le menton : Les yeux en flamme estincelans voit-on : DessUN l'esp^ule un neud serre et entord L'hahil qui ptiic! salle et grandement ord : Il pousse doncq'a la perche en cestc eau, El u la voile il conduit sou baieau.
.\iusi les corps a l'autre bord il parque, Les «■ondui>ant sur renroulllée barque^ Desja tout vieil, mais son aape pourtant Ce Dieu vieil lart, verd et cru va portant.
Des Masures usait de la liberté qu'avait chacun de ses contemporains de rendre le mot par le mot dans une langue qui n'était pas encore lixéc. Son vieillard verd et cru n'est que la traduction littérale de l'expression latine cruda Deo viridisque senectus. — On lui a rejjroché d'avoir employé dans sa traduction le vers de dix syllabes, mais si nous ne craignions de nous rendre coupable d'une hérésie littéraire, nous l'en féliciterions. Selon nous, on pourrait le justifier par de fort bonnes raisons, et si dans certains passages qui semblent demander plus d'élévation dans le langage, il avait employé le vers alexandrin, nous n'aurions que des éloges h lui donner. Mais à cette époque la poésie héroïque était encore à créer et l'on n'est pas fondé ài lui en faire un reproche.
W. Le Jeu des Echecs ou la Guerre cruelle du roi blanc et du roi maure, translaté en françois du latin de Hicrome Vida, Crémonnois, Lyon, Jean de Tournes, 4557, in-i*; dédié au comte de Vaudémont. Si le poëme original est, en réalité, un chef-d'œu-
DliS
bv.s
vre, la îr.idîiclioii n'en donin'- qik une bien faihlc iilôc.
III. Œuvres poétiques^ Lyon, Jean (le Tournes, loo7, pet. in-1'. Un trouve à la lin de ce recueil ; Vingt 2) ne anmes de Dacid, trad. en rimes françoiscs selon la vériléhcbraujue (aussi inipr. séparém.), que raulcur adresse à révOque de Toul, en lui faisant espérer la traduction entière du psautier.
Dans répilre en vers qui ouvre le recueil, Des Masures, alors exilé, sollicite la protection du cardinal Charles de Lorraine, dont il fait le panégyrique.
IV. Ludovici Masurii Nervii Carmina, avec cette épigraphe Quanto super ai discrimine tir tus? Lugd., ap. Joan. TornaesiumetGul. Gazeium, 4 557, in-4% pp. 7G; nouv. édit. revue et augm. par l'auteur, Basileit, 1579, in-16. Dom Calmet nous apprend que, dans cette dernière édit., que nous n'avons pu nous procurer, on trouve le poëme sur les guerres «le religion, intit. Borboniades sire de hello civili oh rcligionis catisarn in Galliâ gesto /î^?\.\7l*,dont une copie, ne comprenant ({ue XII livres , se conserve parmi les mss. latins de la Bibl. de Genève, sous le N' 100 in-ful.
V. llymae sur la justice de Metz, de la prise de S t. -Quentin et delà conqueste de Calais^ au Roy, Tholosc, !o58, in-4". — Citée par Du Verdier.
VJ. Chant pastoral sur le parlement de France et la bien-venue en Lorraine de monseigneur Charles, duc de Lorraine^ et de mad. Claude de France^ son espouse^ Lyon, J. do Tournes, lo:i9, in-8^
VII. Bref traittc des Sacrcrnens en gcncral^ fait en latin par M.
Thcod. de iieze, et nouvellement trad. en françois par Lijuia Des Masures, Lyon, Jan d'OgeroUcs , 150i, in-12, impr. b. la suite d'un traité de Thomas Eraslus sur la Cène, trad. par Pierre de Cologne, p. 90- Ui.