‹ La France protestante (volume 4)Chapitre 81 sur 189 · VIII. Tragédies sainctes : David · texte numérisé non relu

VIII. Tragédies sainctes : David

comlalant, David Irioniphant, David fugitif, Genève, François Perrin, 1560, in-i ; et à la suite du Jephlé de Flor. Chrestien, Paris, 1587, in-li, 1 1 2 feuillets ; vers d'inégale mesure, la plupart de dix syllabes. Trilogie avec prologues, chœurs et épilogues ; les actes et les scènes n'étant indiqués que par des pauses . lîcauooup de longueurs, défaut qui n'est pas racheté par les agréments du style. Des discours, et peu d'action. Mais ce qui est digne de remarque, on n'y tiouve pas d'allusions aux aiiaires du temps, pas de digressions sur les controverses du jour. Lorsque Satan est en scène, il se renferme strictement dans son rôle. C'est un mérite dont nous devons tenir compte à l'auteur.

IX. Eclogue sur V enfance de Henri, marquis du Pont, fils premier né de Charries, duc de Lorraine, Genève, Franc. Perrin, 1566, in-4\ — Citée par Du Verdier.

X. Lud. Masurii Xerrii Bahylon, sive Babylonicœ tyrannidis eversio.

Galliceante aliquot annos in luzernedita, nuncprimi'm veroab authore ipso in latinum conversa. X\eç cetteépigraphe tirée de l'Apocalypse: Cecidit, cccidit Bahylon, urhs illa magna, quià vinurn ire scortatiouis siue poiandum prœbuit omnibus gentihi^, [Genev.c] ap. F. Perrinum, 1569, in-4% pp. 35, dédié à Odoard Biset, sous la <lale de Strasbourg, même année. L'édit. française n'est indiquée par aucun bibliographe. Voici le début de ce petit poëme qui n'est pas sans mérite. On y trouve d'heureuses réminiscences des classiques latins.

Hacten'is armaduciiin cl ii;;i(U ccrlaminaMar-

[tis.

llaclcnùsinslruclasacics.aninn.vquefareDUira ConauisreKum,glatliosiiue,iT.aiiu<quc féroces, El clypeos, cl lenla luicanti Iiaslilia ft'rro, OuiiMiue mails honiincs a?ilant dcliria vann?: ÎSuno allum superansauiiacibus.Ttlierafa'plLs Te rt'^Mim Rex aime canam, le oonditor orbis Imnicnsi, te summeDeùm,qui fulmina lorqaes, Quo\i(iorecadunihosies,asnienque profanam Fuiidilur, exuliaïque pia Victoria dexira.

On a, en outre, attribué à Des Masures, mais, selon nous, sans preuve suf-

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lisanlc, les ([ualre ouvrages suivants :

1. Josias, Irag. trail. de rilalicn, en vers, Genève, Franruis Perrin, 1 ')•)(), in-8°; réimpr. sous ce titre : Jo>ias, Irag. (le Mcsser Philone, vrai miroir des choses avenues de notre loms, sans nom de lieu, par Gabriel Cartier, pour Claude d'Augy, !o«3, in-8".

D'après une autre indication, cette der- Dière édition porterait pour titre : Tragédies saintes par Louis Des Masures.

2. Le triomphe de Jésus-Christ, comédie apocalyptique, Irad. du latin de Jean Foxus,anijrIois,enrithme frann^ise et augmentée d'un petit discours de la maladie de la messe, par Jaques Bienvenu, citoven de Genève. Par Jean Bonnefoy pour Jaq. Bienvenu, 1.')C2, in— 4*, non paginé.

3. Bergerie spirituelle, où sont interlocuteurs, Vérité, Religion, Erreur, Providence divine, Paris (?), Franc.

Perrin, 1 o6(), in- i": avec la musique, sans nom de ville, Gabriel d'Augy (^?), 4 583, in-8».

i. Adonias, tragédie, vrai miroir ou tableau et patron de Tétat des choses présentes par Philone, en cinq actes et en vers, Lausanne, l.'iSG, in-8\ — Cette pièce n'est indiquée que par Barbier. Ne serait-ce pas une réimpression du J(»sias, sous un litre modilié ?

On trouve aussi quebiues poésies latines de Des Masures dans les Schediasmata poetica de Paulus Meli>sus.

DKSniMX (Eléonohe), lilledMlexandi'C Desmier, seii:neur «roibreuse, et de Jacrjuell/ic Vonsscrrt dn Vandré , naquit en IG3.S, au cbAlean d'Olbreuse près d'U^seau, Si celle date, qui nr.us est fournie par la Bi< pr. universelle, n'est pas fausse, il iau!

admettre que Sainl-Sim'<n se Ironqje, et M. Coquerel avec lui , lorstju'ils disent qu'ell" sortit de France h la révocation de rédil défailles, c'vsl-h-dlrc lorsqu'elle avait déjh \1 ans. Commeul admettre qu'à cet âge, quelque sag(^ et savante qu'elle pût être, elle eut conservé des charmes assez puissuits pour inspirer un violent amour au duc de Zcll? Ce qui paraît beaucoup plus

vrai^^blable, c'est que ce duc, Georges-Guillaume do Brunswick, la vit , comme le raconte la Biogr. nniv., dans un voyage qu'il lit en France , chez la duchesse de La Trcmoillc , dont elle était une des demoiselles d'honneur, et que séduit autant par son instruction que par sa beauté, il obtint de cette dame, qui lui servait en quehiue sorte de mère , la permission do l'emmener dans ses états comme gouvernante do ses enfants. Devenu veuf «t de plus en plus épris, le duc de Zell créa la belle institutrice dame de Jlarbourg et obtint pour elle de l'empereur le titre de princesse. L'étiquette ainsi sauvée, il Tépousa en 1 GG5, selon M. de Courcelles, qui confirme, on le voit, le récit de la Biographie Michaul. De ce mariage ne naquit qu'une fille, Sophie-DiMothéc de Brunswick, mariée, en 1G8*, à yon cousin rélecteur de Hanovre, et aïeule, par conséquent, de la reine d'Angleterre Vittoria.

Eléonore Desmier, duchesse de Zell, mourut en Mit. Son père, qui avait été enfermé dans les prisons de La Rochelle pendant les dragonnades de la Saintonge, avait fini par recouvrer la liberté et était allé s'établir auprès d'elle avec son fils Alexandre. Ce dernier épousa Madclaine-Silcie dllriic, dont il eut Madclaine-Silcie Desmier, femme de Christian Bulov, irrand-bailli du pays de Zell.

Di:s Mï.MrJ\KS(N.), gentilhomme uu Poiîou. En révo(;nant l'édit do Nantes, Louis XIV avuiiau moins laissé aux Protestants l:i liberté de conscience. L'art. XI de Tédit révocr.toire portait : « Pourron; Icsdils de la U. P. R., en aitendan; qu'il [daise à Dieu leéclairer comme les antres, diMneui»;dans les villes et lieux de nnire royaume 5:.ins pouvoir Mro troublez ni

empêchez ?( us prêt.'^'ae de ladite \\. P. R., à <'oi»ali:ion .le ne peint faire d'exercice ny de s'; ssembîcr. >» Celle tolérance indi-na le fameux Foucault qui écrivit h Louvois pour lui représenter le tort que celte clause faisait aux convertisseurs. La réponse ne se

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lit pjs attendre. Dus le 8 noir., ie ministre lui manda que Tintenlion du roi '"•liiit que les religionnuires qui ne s'étaient pas encore convertis y fussent contraints par logements de gens de ;^uerre, et, le H, une nouvelle dépêche recnnimanda à l'intendant, à qui pai cille permission n'était guère néces- L-aire, de laisser faire aux soldats le jUks de désordres qu'il se pourrait.

Les Protestants devaient Ctre avertis en inîme temps (ju'ils n'auraient ni paix ni trêve jusqu'à ce qu'ils eussent donné •les marques d'une vraie conversion.

Foucault, qui nous apprend lui-même CCS curieux détails dans ses Mémoires, 5e conforma à ces instructions, et les dragonnades continuèrent. La noblesse du Poitou, qui ne se doutait guère que c'était par ordre du roi, chargea Des Minières de porter, au sujet de cette violation de l'édit. SCS plaintes au pied du trône; mais IVVaclc tit arrêter enroute et conduire h Angoulème. Relâché quelque temps après, il continua « ^ icnir une mauvaise conduite, » ce qui, dans le style de rintendant, si;j;nilie qu'il persévérait dans la profession de sa religion. On l'arrêta donc une seconde fois, au mois de mai 1GS7, et on renferma dans le château de Saumur {Arcliiv. K. 3373). Espérant qu'on lui r(Midrait ses enfants, qui avaient été enlevés pour être convertis, il linit par ])romettre de se faire instruire et recouvra la liberté. Son attente toutefois fut déçue. Non seulement il resta séparé de ses enfants qu'on ne lui permit pas même de voir, ses sentiments ne paraissant pas assez affermis, mais on le jeta h la Jîastille, parce qu'il refusa sans doute de tenir une promesse peu sincère. Il y étaitencore en 169i, toujours ferme dans sa foi. On le transféra, cette année, au chMeau de Loches, avec lludcl et La Gnillarderie (Arckiv. E. 3378). En IGOi, ou Ton tira p(»ur l'enfermer dans l'abbaye de Larreau (Ihid. E. 3380). Il est ]>robable qu'il trouva, vers ce temps, le repos dans la tombe, car, depuis cette époque, il n'est plus question do lui. Sa femme

réussit à passer dans les p«ys étrangers. Son fils aine, né en 1676, qui avait été élevé dans un collège des Jésuites, entra dans leur ordre, et se lit donner, en 1700, une pension sur les biens de sa mère fugitive {Arckiz.

Depuis longtemps, au reste, DesMinières était mal noté auprès du gouvernement. Dès IGbO, son beau-frère L^ Rousseliere l'avant nommé tuteur de ses lils, ou avait annulé le testament à cet égard , cî les jeunes orphelins avaient été remis entre les mains de bons Catholiques chargés de les ramener dans le giron de l'Eglise romaine.

DKS \OlJUtS {JACQUE5:), seigneur de La Tabarièke et de Sainlellermine, gouverneur de Fonteuay. La vie de ce gentilhomme est peu connue.

En sa qualité de gouverneur d'une place d(î sûreté, il se présenta, en môme li>inps que le baron de La Taharierelc-yiel\ à l'Assemblée politique de Loudun pour jurer l'union. En 1605, il lut député par le Poitou h celle de (ihàtelleraull. Voilà tout ce que nos recherches nous ont appris :jur Jacques Dos Nouhes, dont la vie s'écoula vraisemblablement en dehors des intrigues politiques.

Jacques des Nouhes avait épousé, en 1603, Anne de Mornay^ tille du célèbre Du Plessis-Mornay, qui, demeurée veuve, se remaria avec le duc de La Force. De cette alliance naquirent : 1° Philippe, baron de Lande, né à IJodet, le 10 déc. 1604, baptiié par Vopin, et tué au siège de Bois-le-Duc, en 1629; — 2" Chaui.ottk, néeàBodet, le, 2 mars 1 608, baptisée par Boisjolin, ministre de Cbantonay, présentée au baptême par de Bessay et M"* de Thenie, et mariée ft Louis de Da^ffeou; — 3" A:<ne, née k Bodet, le 25 mars 1609, présentée au baptême par La Lardière et sa tante Des Nouhes, et morte quebiues semaines après;— • •4" Catherine, née îi Bodet, le \ sept. 1610, présentée au baptême par La Nau-Po7iet et M""* Du Chastelier- PortaUy morte le 1 îi mai 4 6î7 ; — 5»

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François, seigneurde Sainte-Hermine, né 5 Budet, le 30 juin 1613, présenté au baptême par La Cressonnière et M™ de Saint- Germain-Monroy, en vue de qui Drti//^' composa, en 1632, son traité De remploi des Pères, « à cause des propos qu'on lui tenait à la Cour pour le dégoûter de la religion réfonnée. » li fut tué par mégarde, et en lui s'éteignit cette famille; — 6» Elisabeth , née h Saumur, le 5 juillet 4 64 5, présentée au baptême par Villarnoul et M"* de Fontenay, mariée, en 1 633, à Georges Le Clerc de Juigné ; — 7* Françoise, née, le 4 6 mai 1621, à Saiiile-Jiermine, présentée au baptême par La Bouttelière et sa sœur aînée, et mariée à Jacques Le Vassev.r.

DKSPi:iSSi:s (Antoine) , savant jurisconsulte, né à Montpellier vers 159i. Despeisses embrassa la profession d'avocat qu'il exerça d'abord au parlement de'Paris, où il eut pour confrère Charles on Jea7i de liou^neSy son compatriote. Unis d'une étroite amitié, les doux jeunes avocats résolurent de mettre leurs eilbrts en commun pour débrouiller le cahos du droit civil, et ils commencèrent l'exécution de ce vaste projet par la publication d'un Traité des successions testamentaires et ah intestat (Paris , 1623 , in-fol.). La mort précoce de son ami rejeta bientôt sur Desjjoisses tout le poids de ce grand travail : il venait de i'acbever, après iO années de labeur, et il était sur le point de le livrer à l'impression, lorsqu'il mourut presque subitement, en 1658, à l'âge de 6i ans. Son ouvrage, publié après sa mort, a eu plusieurs édit. La première parut à Lvon, 1677, 4 tomes en 2 vol. in-fol.

On en donna dans la même ville, en HiG, 4 vol. in-fol., sous le titre : Les œuvres d^ Antoine Despeisses, où toutes les matières les plus importantes du droit romain sont expliquées et êccomfnodccs an droit français, une édil. moins estimée que celle qui a été publiée dans dans la même ville, 1750, 3 vol. in-fol., revue, corrigée et augm. par Gui Du Rousseaud de La Combe ,

avocat au parlement de Paris. La dernière édit. qui ait été faite, à notre connaissance, de l'ouvrage de Despeisses, estcelledeToulouse, 1778, 3 vol. 4"»; elle est moins recherchée que celle de 1750. Le 1" vol. traite des contrats de toute sorte et de ce que l'auteur appelle les accidents des contrats, coname servitudes, c^iutions, hypothèques. Dans le t* , Despeisses expose la manière d'exécuter ceux qui refusent de remplir un contrat et les moyens par lesquels les obligations des contractants cessent. Le 3' comprend la pratique civile et criminelle, et un traité des droits seigneuriaux. Toutes les matières du droit civil , criminel , canonique sont successivement passées en revue, expliquées avec clarté, accommodées au droit français, et l'auteur base toujours ses décisions sur les lois, les canons, les ordonnances des rois , les arrêts des cours souveraines, les sentiments des plus célèbres jurisconsultes. Dans son Recueil des principales questi(ms de droit, Bretonnier lui reproche de ne pas cilei toujours tidèlement et avec exactitude; cependant, ajoute-t-il, c'est un bon répertoire. Selon le Journal des savants, l'ouvrage de Despeisses est un des meilleurs livres de jurisprudence, et on pourrait l'appeler le trésor du droit civil.

I>i:s PÉIUi: us (Jean -Bon aventure), en latin J.-Eutkychus Deperins, excellent prosateur français, dont les écrits olneut les premiers modèles de notre langue classique, versificateur correct et élégant, couleur agréable, mais peu chaste, naquit à Arnay-le- Duc en Bourgogne et mourut avant 1544 dans toute la force de l'âge.

Sans partager le sentiment de M. Géruzez qui voit dans Des Périers « un novateur téméraire dont la vie fut vouée au do»ible libertinajje des sens et de l'esprit, » nous pensons qu'on doit le ranger parmi les partisans de la Réforme, ou tout au moins dans cette classe de libres penseurs qui favorisèrent Je schisme sans s'y rallier; mais nous devons reconnaître en même temps

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qu'il laissa peu diî traces de ses opi-

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nions religieuses dans ses écrits où il s'occupe i)lus d'amuser (juc de dogmatiser. Oiit'lques traits satiriques l\ l'adresse du clergé, à une époque où le clergé était tombé si bas, ne suffisent pas pour en faire un novateur téméraire; non plus que la part qu'il peut avoir prise à la version de la Bible par Olivétan ( I). (les fails ne constituent que des présomptions. Et pour ce qui est des « grands abus et bérésies » que le parlement de Paris signala dans un de ses livres, le Cymbalum mundi, nous ferons remarquer que mcMue pour ceux qui, au moyen du til fourni par Tanagrammme, sont parvenus à trouver la clef de cette satire, ces grandes hérésies se réduisent à peu de chose , et qu'au fond, on doit bien plutôt voir dans ce livre la critique que l'apologie de l'œuvre des Réformateurs. Aussi, Henri Estierine, très-zélé protestant, rappelle-t-il un livre détestable, et Calcul ne manque pas d'en tlétrir l'auteur dans son traité De Scandalis : « Jl est notoire, y lisons-nous, qu'Agrippa, Villanovanus . Dolet ont toujours professé pour l'Evangile un orgueilleux mépris. A la lin , ils en étalent venus à cet excès de démence et de fureur, que non-seulement ils vomissaient d'exécrables blasphèmes contre le Filf de Dieu, mais pour ce qui regarde la vie de l'ùme, ils pensaient ne diflérer en rien des chiens et des pourceaux. D'autres (tels que ilabclais.

Des Périers et Govea) , après avoir goûté l'Evangile , furent fraiipés du même aveuglement. » Ces paroles acerbes, pour ne pas dire plus, au moins en ce qui concerne Dolctet De» Périers, ne laissent aucun doute au sujet des tendances religieuses de ce dernier, car le grand réformateur avait pu faire sa

{]) A la lin de celle liaduclion se trouve une • Table de tous les mois cbrieu\ , clialdécs, Brecs, etc., »• ^uivie de deux distiques laiiussous le litre dttiiunalori's (almlœ adiec- Icrem. Le second de ces disluiues porle le nom d'Kutyohus l)ei»(,'rius. • dette lable, au )ap|)orlde l'apillon, e>l ami>li' el curiiiiïe et n'a pu 5e fairi» f»au» bcaucuup de peiue. *

connaissance personnelle k la cour de Nérac. Des Péiiers vivait, en effet, à la cour élégante et polie de Marguerite de Navarre^ où il avait peut-être succédé à son ami Clément Marot dans la charge do valet de chambre. Cet emploi de valet n'avait rien de servile, il répondait h celui de gentilhomme de la chambre : à mesure que les foDclions se sont abaissées, les titres se sont allongés. Les poésies de Des Périers, d'une allure dégagée et sans contrainte, montrent qu'il possédait les bonnes grâces de Marguerite, nous dirions presque son amitié, tant h la cour de celle aimable et docte princesse le culte des muses rapprochait les rangs, etDcs Périers en était digne. Des Pcriers, érudit et homme du monde, qui avait conversé avec les anciens et s'éliiit pénétré de leur littérature, qui écrivait également bien eu prose et en vers, qui contait avec infiniment d'espnl, qui chantait agréablement en s'accorapagnant du luth, Des Périers, « le talent le plus naïf, le plus original el le plus piquant de son époque, » au jugement de Ch. Nodier, n'était pas un desmoindres ornements de sa cour. Les plaisirs de l'esprit étaient les plus douces récréations de Marguerite. Dans son cercle, on avait retenu quelque chose du bon temps des ménestrels el des troubadours. Pour tromper la ^ longueur des sérces, on se livrait h des joules d'esprit. On contait à l'envides nouvelles, les plus plaisantes possible, et les conteurs choisissaient de préfércuCrC la manière de Doccace. C'était dans le goût du temps. Les aventures galantes et la satire des mœurs du clergé faisaient le principal canevas de ces joyeux devis. La reine ne se contentait jKis de s'y divertir, elle y jouait son rùle ; mais Des Périers y tenait le sceptre, car, en délinitive, la royauté appartient toujours à celui qui a le plus d'esprit. Ces spirituelles causeries donnèrent heu à deux recueils bien intéressants, dont l'un a été mis au jour sous le nom de Des Périers, et faulrc a été attribué k Marguerite de Valois.

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Mais dans Tun et'dans l'autre, on reconnaît aisément l'œuvre de plusieurs ouvriers, et Des Périers n'est étranger à aucun des deux. Tel est le sentiment des meilleurs juges, parmi lesquels on doit distinguer Ch. Nodier.

Quelque paradoxal que soit le tour d'esprit de ce savant critique», nous pensons que, dans des questions de grammaire et de style, on iicut hardiment se ralliera son opinion sans crainte de s'égarer.

On sait peu de «'hosesur la vie de Des Périers. Insoucieux de sa propre renommée, il ne s'intéressait qu\*i celle de ses amis. C'est ainsi qu'il prit la défense de Marot contre Sagon, et, en 153.i, étant à Paris, il aida Dolet d.ms la publication de ses Commentaires, en mettant au nol (describendo) tout le manuscrit de son premier volume, tûche énorme autant qu'ingrate, t)ù l'amitié soub» pouvait le soutenir. En ii337, parut son Cymbalum mundi. Le moment était mal choisi pour cette publication. Il fallait plus que de la témérité pour oser imprimer un livre qui parût être queb[uc chose. Depuis qu'il la suite de l'aiïairc des Placards, la royauté, 'en grand costume, était descendue sur la place Mauhert, les persécutions s'étaient à peine ralenties, et les bûchers fumaient toujours. Des Périers ne pouvait compter beaucoup sur le voile dc^nt il s'entourait. Plus ce voile était myslérieui, plus les soupçons devaient ^tre excités, et le soupçon équivalait déjà à une condamnation. La maxime, qu'il vaut mieux épargner un coupable que frapper un innocent, était alors renversée : on condamnait de crainte d'acquitter. L'arrêt de la cour du Parlement ne se lit pas attendre (19 mai 4 l)3S) . Le livre hérétique fut supprimé ; mais l'auteur, dont le libraire, jeté en prison, avait révélé le nom, prit heureusement la fuite. Le parlement, à ce qu'il paraît, prit l'initiative dans cette affaire. Le 19 juillet , il déféra le livre de Des Périers à la Faculté de théolope, qui en prononça de môme la suppression, bien qu'il'nc contint pas, est-

il dit dans son jugement, d'erreurs expresses en matière de foi, mais parce qu'il est pernicieux : gtiamvis liber ille 7ioii contlneat errorcs expresses in /idt\ tomen quia perniciosus est.

Il est impossible d'admettre que la justice de ce temps ait été satisfaite pour si peu qu'une suppression de livre; cela n'était pas dans ses habitudes. L'in* lervenlion de la reine Margurrite parvint-elle à assoupir cette aflaire? On l'ignore. Ce qui est certain, c'est qu'à l'exemple de son ami Marot, Des Périers abandonna la cour de Nérac et se réfugia à Lyon, sans doute pour être à proximité de la frontii're, en attendant le résultat des démarches faites en sa faveur. Au mois de mai 1 ;>39, il était encore dans cette tille d'où il adressait h la reine Marguerite son gracieux petit pocme sur le Voyage de Lyon h Notre- Dame de risle. Est-cp. à la suite de la publication du Cymbalum mundi , ou, comme d'autres le disent, pour des propos tenus à la cour de Marguerite, au château d'Alencon, qu'il fut dénoncé comme athéiste, par Sagon, abbé de Saint-Evroul, le même contre lequel il avait défendu son ami Marot? C'est ce qu'il ne nous a pas été possible d'éclaircir. Tout ce qu'il est permis de conjecturer, soit qu'on admette l'opinion de Nodier qui veut que l'événement de sa mort n'ait pas été postérieur ï 4 j)39, nous ne savons pourquoi, soit qu'on préfère la supposition du bibliophile Jacob, qui prétend (mais en reportant en 1343 le supplice de son ami Dolet, ce qui est une erreur) qu'il se tua, en 1o44, pour se soustraire h un procès de religion, c'est que les ennuis et les inquiétudes que lui causa celte affaire agirent sur son moral et finirent par le jr 1er dans le désespoir, ffenri Estten- 7ii\ parlant des homicides de son temps, raconte que , dans un moment de lièvre chaude. Des Périers se perça de son éi)ce. Du reste, ou doit observer que le temps de Des Périers était déjà un peu loin de celui d'Henri Estienne, et, aucun auteur antérieur ne parlant de ce fait, on comprend que Li ÙuclCat ait

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pu concevoir des doutes, doutes que les paroles à"* Antoine Du Moulin sont bien propres à fortifier, car si la mort surprit Des Périers, il est clair qu'il n^alla pas au devant d'elle.

Les écrits do Des Périers sont :

I. Vapologie deMarot absent par Bonaventure, valet de chambre de la royne de Navarre, pièce de -170 vers, insérée dans le recueil des Disciples et amis de Clément Marot contre Sagon, la Huëtcrie et leurs adhérans, Lyon, [1537] in-8°.--0n trouve de plus, dans ce recueil, une épigramrae latine de Des Périers. Ch. Nodier lui attribue aussi : Le Valet de Marot contre Sagon, « petit chef-d'œuvre de verve satirique et bouffonne, qui ne ne peut fitre, dit-il, que de Des Périers, puisque les bienséances de la modestie [quel anachronisme !] ne pcrmellaient pas à Marot de le composer.»

IL LAndrie, première comédie de Térence, nouv. trad. et mise en rime françoise; plus, les Quatre princesses de la vie humaine, c'est à sçavoir : les quatre vertus cardinales selon Sénèque, translatées du lalin en rime françoise,L\on, 1537, i5oo, in-8\ Ce dernier poëme est seul reproduit dans les Œuvres de Des Périers.

— Dans sa préface, Tauteur promettait la traduction complète des œuvres du comique latin.

IH. La prognostication des pro' gnostications, par M. Sarcomoros , secrétaire du roy de Caihay , lo37.

— Reprod. dans les Œuvres. Boutade pleine de sel et de philosophie, au jugement de Ch. Nodier, mais que l'abbé Goujet trouvait la plus insipide du monde. In medio tulissimus ibis.

IV. Cymbalummundi, enfrauçois, contenant IV dialogues poétiques, fort antiques , joieux et facétieux , avec cette épigraphe de Ju vénal : Prohitas laudatur et alget, Paris, Jehan Morin,^537,peL in-8»de32ff.; Lyon, Benoist Bonyn, 1538,in-8'; avec une lettre critique dans laquelle on fait l'histoire, l'analyse et l'apologie de cet ouvra jre par Prosper Marchand, A m st..

4711, pet. in-12; augm. des remarques critiques deFalconet el de Lancelot, Amst. [Paris], 1733, in-12; accomp. de notes par Paul L. Jacob, avec une lettre à M. Scboneu, contODaiit une clé du Cyrabalum par M. Eloi Johauneau, Paris, 184i, gr. in-18. — Cette satire fut publiée , comme étant la trad. d'un vieux msc. lalin trouvé dans un monastère, sous le nom de Thomas Du Clevier (\) [l'Incrédule], el est »■ drtîssée à Pierre Tryocan [Croyant.] Le peu de lumière que les critiques col répandu sur cette satire , est loin de sufliro pour en dissiper toutes les obscurités. Aussi laisserons-nous à des esprits plus pénétrants que le nôtre le soin do trouver une application ou une* explication plausible à deux de ces dialogues où l'auteur, mettant enjeu le?

Dieux de l'Olympe, paraît n'avoir en vue que de se railler du livre des Destins « où sont contenues les chroniques de»

choses mémorables que Jupiter a faites avant qu'il fût né. « Nous avouons n'y pas entendre malice. Quant au troisième dialogue, qui sert d'intermède aux deux précédents, il esl plus facile d'en écarter le voile. Mercure raconte à son ami Trigabus un des bons tours qu'il a joués autrefois à Athènes. Ou çaitqae la noble cité de Minerve était toute peuplée de badauds. Le Dieu conna par ses larcins se trouvait en possession , on ne sait trop comment, de U pierre philosophale. Chacun alors de lui tendre la main pour en avoir un petit morceau. Importuné, que fait le Dieu ? Il la réduit en poudre et la répand dans l'arène du théâtre. Aussitûl tous se ruent, tous se précipitenl, tous veulent avoir les précieux fragments .

mais en vain ! De là des rixes , de là des jalousies , de là des injures et des gros mois. « L'ung dicl que pour en trouver, il se fault veslir de rouge et (le vert, l'aullro dict qu'il vauldroil mieulx eslre vestu de jaune et de bleu. L'ung dict qu il fault avoir de la chandelle, el fust-ce en plein midi ; Taultre

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lient que le dormir avec les femmes n'y est pas bon. » Bref, clincun prétend avoir trouvé quelque parcelle du talisman qui apprend à « rendre raison et juger de tout, des cieulx , des Champs Elyséens, de vice et de vertu, de vie et de mort, du passé et de Tadvenir, » et il y en a mCme qui aflirment l'avoir retrouvé tout entier. On ne voit rien dan? tout cela qui ne puisse s'appliquer réellement à ceux qui travaillaient au gr^md œuvre, unedesrêveries du temps. Mais lorsque, sousTartilicede l'anagramme, on rencontre les noms de Bucer, de Luther, de Girard, il estimpossiblo denier que cette satire n'ait une autre tendance, sinon une plus haute portée. C'est ^l'histoire de nos présomptions, de nos vanités écrite par un philosophe ou un indifférent, ou mieux encore par le précnrseur de Montaigne. Mais nous n'y voyons rien de bien coupable , et en conscience, il nous répugnerait ^ dire avec Pasquier qu'un tel livre mériterait d'être jeté au feu avec son auteur. Selon nous, qui en jugeons plutôt au point de vue littéraire, le plus grand tort iV^ Des Périers, c'est de nous avoir donné quatre dialogues bien ennuyeux, aprè?

nous en avoir promis de très-facétieux.

Mais il a racheté ce défaut par un mérite qui doit porter à l'indu Igence. Son livre est un chef-d'œuvre de stvle. Avaut Des Périers. notre langue no faisait que bégayer; le premier , il la il! parler. Sa phrase lutte de force , de souplesse et de correction avec la langue des anciens. Cornltifn pou, dans son siècle, ont marché sur ses traces ! Pour ce qui est du quatrième et dernier dialogue, il se tient entre d< nx cl.i<f":< de chasse qui avaient reni de Diane la faculté de parler. Nodior en donne celte analyse.» Les raisons dont Pamphagus se sert pour se dispenser de parler parmi les hommes , contiennent le? pli'< parfaits enseignemens de la sagesse, et quoique n'étant que fVv.)i simple chien, elles méritent toute l'attention des philosophes. \\ faut remarquer aussi dans ce dialogue la jolie fiction des nouvelles reçues des Antipodes, où

la vérité menace de se faire jour par tous les points de la terre, si on ne lui ouvre» une issue libre et facile. C'est une de ces inventions familières au génie de Des Périers , comme la vérité disséminée en poudre impalpable dans l'amphithéâtre, comme le livre délabré des lois humaines substitué au livre pluSidélabré encore des lois divines, et la moindre do ces idées aurait fait che7 les anciens la réputation d'un grand homme. »

V. Recueil des Œuvres de feu Honaventure Des Périers, vallet de chambre de irès-chrestienne princesse Marguerite de Franee . Hoi/ne de Navarre, Lyon, .lean de Tournes, 1544, pet. in-'g», pp. 196. Dédicace adressée à la reine Marguerite par Antoine Du Mouli7i , l'éditeur de ce recueil, sous la date du dernier joui d'août. « J'espère qu'à vostre faveur, dit l'éditeur ài la reine, nous recouvrerons encores partie de ces nobles reliques, desquelles aussi (h ce que j'ay ouy dire au deiTunct) avez bonne quantité rière vous : et pailie en y ha d'iii: mien congneu à Montpelier. »> Il ava.l déjà recouvré plusieurs pièces inédiles.

mais trop lard pour les placer dans so:i recueil. Il en renvoya la publication i\ une seconde édit. qui n'a pas paru.

Dans ce recueil, on trouve plusieurs morceaux en prose , et entr'autres , lo D-iscoj'rs de la Qxrcste d'amyiié, dict Lysis de Platon, envoyé à la Hoyne deSavorre, p. 1-41 , très bonne traduction du dialogue où Socratecherchi^ à définir l'amitié. Une de? meilleurepièces de vers, Les Roses, est adressée à la prinr'csse Jane. Dans une autre de ?e> poé>ies, De.> Périers dit à la reine qu'il l'a vue au milieu de Téglir''

(Ï!i luelqi'.f^ jour fault qu'on évanicélisc,

ce qui ï^"-!ri)!p;ait établir ses iendances vers les doctrine» évangéliqucs. Mais comme nous l'avons dit, soit que De«; Périers n'ait eu aucun goût pour les matières de controverse , suit que son éditeur ait craint de réveiller les susceptibilités de la Sorbonne contre la

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mémoire de son ami et ait fait un choix de ses œuvres, on ne trouve rien, ou presque rien, dans ce recueil qui puisse faire suspecter l'orthodoxie de Tauteur au point de vue de TEglise catholique.

Yl. Le Cantique de Moyse, (trad.

en français) h la suite des Psalmes [les cent non trad. par Marot] par Jean Poiclevin, Poitiers, 1551 , in-8°^ et plusieurs fois depuis.

Wl. Nouvelles récréations et joyeux devis, Lyon, 1558, pet. in -4"; 90 contes contenus dans 1 07 feuillets ; caract. cursifs; plusieurs fois réimpr. et augm. ; l'édit. la plus complète a paru sous le titre : Les Contes ou les Novr Telles Récréations et joyeux devis de Bonaventure Des Périers, varlet de chambre de la royne de Navarre, nouv. édit. augm. et corrigée avec des notes historiques et critiques parM.dcLa Monnoye, Amst., Z. Châtelain, 1735, 3 vol. pet. in- ! 2. Dans un avis au lecteur, sous la date de Lyon , 25 janv. 4558, l'éditeur de ce recueil , qu'on suppose Ctre Antoine Du Moulin , nous apprend qu'il n'a d'autre but, en publiant ces plaisants contes, que de nous faire rire de nos cinq sens de nature, car ce n'est rien qui ne rit du cœur. « Je vous promelz, continue- 1- il, que je n'y songe ni mal ni malice. H n'y a point de sens allégorique, mystique, fantastique. Vous n'aurez point de peine de demander comment s'entend cecy?

comment s'entend cela? Il n'y faut vocabulaire ny commentaire. Tels les voyez, tels les prenez. Ouvrez le livre: si un compte ne vous plaist, hay a l'autre. Il v en a de tous bois, de toutes tailles, de tous estocz, à tous prix et à toutes mesures , fors que pour plorer. » L'auteur tient tout l'engagement de son éditeur; pour cela, il n'est rien dont il ne fasse le sacrifice; il ne s'impose ni réserve , ni retenue : ce qui fait que le lecteur ne rit souvent que du bout des lèvres, ou ne rit pas du tout. Mais dans ce livre, de môme que dans le Cymbalum mundi, la fornae l'emporte de beaucoup sur le fond. La plupart de ces contes sont des modèles

de narration. On y trouve déjà toute la grûce , toute la finesse de style de nos bons écrivains du dernier siècle. La meilleure part de ces contes seulement appartient à Des Périers. Plusieurs d'entre eux ont été restitués à ses amis Nicolas Denisot et Jacques Pelletier, qui tous deux avaient séjourné avec lui h la cour de Marguerite de Navarre. Nous rapporterons l'opinion de Ch. Nodier. « Je suis loin , dit le judi cieui critique , de penser comme La Monnoye, que cette coopération de Pelletier et de Denisot ait été fort considérable. Plus j'ai relu les Contes de Despériers, plus j'y ai trouvé de simultanéité dans la forme, dans les tours, dans le mouvement du style. Quoiqu'il y ait des exemples nombreux, dans les lettres comme dans les arts , de cette aptitude h fimitation, je ne l'accorde pas sans regret, et surtout sans réserve , à Pelletier et à Denisot , qui n'ont jamais eu le bonheur de ressembler à Despériers , si ce n'est dans les écrits de Despériers où l'on veut qu'ils aient pris part. M Néanmoins, il est hors de doute que l'on ne peut attribuer à Des Périers des nouvelles qui ont trait k des événements qui se sont passés bien après sa mort ; mais ce n'est que le plus petit nombre. Pasquier, qui était grand ami de Pelletier, « lequel déployoit volontiers dans son sein Tescrein de ses pensées, » nie qu'il ait eu part à cet ouvrage. » Il ne me l'eut pas celé, dit -il, car il était fort jaloux de son nom. »

Ch. Nodier attribue encore à Des Périers.

4 . Discours non plus mélancoliques que divers, de choses mesmement qui appartiennent ài notre France : et à la fin , la manière de bien et justement entoucher les lues et guiternes, Poitiers, Enguilbert de Marnef, 1557, in-4» pp. 112. — L'opinion du judicieux critique nous semble un peu hasardée. Quelques traits de ressemblance, soit dans le tour d'esprit, soit dans le style, ne suftisent pas pour attribuer à un auteur la paternité d'un ouvrage.

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2. L'IIeptaméron do Marguerite de Navarre. Selon Nodier, la plus grande part de ce recueil revient à Des Périers. « Rien ne dilTcre davantage, dit il, [que le style de Marguerite généralement lâche, diffus et embarrassé, tirant à la manière et au précieux, quand il n'est pas tendu, lourd et mystique] du style abondant, facile, énergique, pittoresque et original de Despériers, qui ne peut se confondre avec aucun autre, dans la période à laquelle il appartient, et qu'aucun autre n\i surpassé , depuis. Les contes nombreux de rilcplaméron qui portent ce caractère, sont donc Touvrage de Despériers, et la propriété ne lui en serait pas plus assurée, s'il les avait signés un à un, ;iu lieu d'abandonner leur fortune aux veloutés de sa royale maîtresse. » Il est très-vraisemblable que quelquesunes des pièces de Des Périers se sont aussi glissées dans le recueil posthume des poésies de Marguerite qu'a publié son valet de chambre Jean de La Haye : Les Marguerites de la Marguerite des Princesses. Nous aurons l'occasion de revenir sur celte question à l'art, de Marguerite de Valois.

DKS PL j:illi:s ou A'Espucilles, un des meilleurs ofUciers du roi de Navarre, servit, en Ï585, sous les or dres de Turenne. L'année suivante , il défendit Saint-Bazeille contre Mayenne. Celle place, qui n'était protégée que par un mur en briques et cinq baslions de terre construits h la hâte, n'avait pour garnison que 800 hommes, la plupart de milice bourgeoise. Néanmoins la belle contenance du gouverneur lui lit accorder des conditions très-honorables. La même année. Des Pueilles servit à la levée du siège de Marans par les Catholiques. En I "iST , au siège de Foiiteiuiy , il emporta le fort des Dames. Culte expédiliiwi terminée, il lut cantonné avec sa comp;:gnie à Croix-Chapeau, h d(;ux lieues de La Rochelle. Maître de Tonnai-Charente, Joyeuse alla l'y attaquer avec une armée. Cernés de tous côtés dans un poste qui n'était pas susceptible de

T. IV

défense, les Huguenots furent culbutés en moins d'une demi-heure. Les uns furent brûlés avec des fagots dans leur principal retranchement où ils combat talent en désespérés; les autres furent poignardés de sang froid ou jetés vi vants dans le brasier qui consumait leurs compagnons. Un petit nomhre se rendirent à discrétion; mais ils furent hachés en pièces par les soldats de Joyeuse qui , voulaient, disaient-ils , éprouver le tranchant de leurs sabres.

De celte compagnie de 80 hommes, pas un seul n'échappa.

DESRi: ?JEAIJX (Jean) , vieillard de 70 ans, natif de Turcoing, martyr à Lille en 1566. Son âge avancé ne l'empêcha pas de montrer une grande énergie, lorsqu'il fut appelé à rendre témoignage de sa foi en Jésus-Christ.

En vain prêtres et moines s'elTorcèrentils de regagner cet homme simple et sans lettres, «c Vous perdez votre temps, leur répondit-il, pensez-vous que pour un savon plus ou moins que je pourroy encore u?er, je veuille renier mon Sauveur?» Condamné, le 21 fév. 1566, à être brûlé vif sur le marché de Lille, il souffrit celte mort affreuse avec le courage habituel de nos martyrs.

La même année, le M mars, un compatriote de Desreneaux, Baudouin Commisse ni s, d'Armentières, expira également dans les flammes, à Bruges. Lorsqu'il sortit de la prison pour marcher au supplice , on vil sa femme et ses enfants, incarcérés pour le même crime, lui tendre leurs mains chargées de fers à travers les barreaux de leurs cachots, en l'encourageant à la persévérance.

Di:s ROCHES, carme du couvent de Poitiers, converti au protestantisme.

Dans son Histoire de Thouars, Berthe de Bourniseaux nous peint Des Roches comme « un prédicant forcené qui venait d'épouser une femme dont le mari vivait encore, et se distinguait entre tous les autres par l'impiété de ses maximes, la fureur de ses déclamations et la contagion d'un libertinage effréné. » Chaque jour, continue-t-il ,

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i« du haut d'une chaire placée sous les halles, il exhalait le poison de la plus dangereuse doctrine, et cherchait à faire des adeptes parmi les hommes de la populace. » Ce sont là, avons-nous besoin de le dire, de ces calomnies inventées à plaisir, qu'un historien qui se respecterait, se garderait de répéter sans examen, le fait lui fûl-il attesté même par les mémoires mss. de M.

Drouyneau. Tout ce que Ton peut induire de ces déclamations, qui, on le remarquera, sont toujours dénuées de preuves, c'est que le zèle de l'ancieu carme nV-tait pas accompagné d'assez de prudence. Ainsi, un jour, étant entré dans une église catholique, il se mil à y prêcher, ou, pour parler comme M.

Bourniseaux, « à vomir ses blasphèmes ordinaires contre les plus augustes mystères ; » mais il paya cher sa hardiesse : il fut arraché de la chaire, traîné par les cheveux hors de l'église et pendu, le 3 \ septembre 1 56 1 .

Ce Des Roches ne serait-il pas, comme nous le soupçonnons, le mCMUo que Des Roches, ministre de Rouen, qui desservit pendant quelque temps l'église de Dieppe? Averti que le cardinal deBourbon avait donné ordre de l'arrêter, parce qu'au mois de mai 1 ri.')9, les Dieppois protestants s'étaient donné le malin plaisir d'aller chanter les psaumes de Marot sous les fenêtres du grand vicaire du diocèse, qui avait été envoyé dans leurs murs pour informer contre les Huguenots, et qui avait eu une si belle peur qu'il s'était enfui dès le lendemain, Des Roches avait cru prudent de s'éloigner au plus vite.

DKS UOCIIES (Jean-Baptiste) , dit de Parthenay, littérateur laborieux, né à La Rochelle à la (in du wir siècle. Des Roches prétendait descendre d'une branche protestante d'une ancienne famille poitevine. Après avoir terminé ses études en jurisprudence, il fui nommé conseiller et avocat-général .«u bureau des finances de La Rochelle; m;iis des motifs de conscience, lil-on dans la Biogr. univ., l'engagèrent à se démettre bientôt de sa charge et à se rcii-

rer en Hollande. Il y publia un assez grand nombre d'ouvrages en collaboration avec La Martinière et La Barre de Beaumarchais, jusqu'en 1748 qu'il alla s'établir à Copenhague où il continua à se livrer à des travaux littéraires. On ignore la date de sa mort. On a de lui :

I. Mémoires historiques pour k siècle courant, avec des réflexions, dejmis juillet \ 728 jusqu'au «wi* d'avril 1740, Amst., 1728 et suiv., 36 vol. in- 12.

IL Traité de la situation duparadis terrestre, trad. du latin du P.

Ilardouin et publié dans le T. I des Traités géographiques et historiques pour faciliter rinlelligence de l'Ecriture sainte, par Bruzen de La Martinière (La Haye, 1730, i vol. in- 12).

m. Commentaire sur les navigatio7isde Salo7non,[T^d. dulat. de Hue4 et publié dans le T. Il du même recueil.

IV. Histoire de Danemark, i* édit., La Haye, 1732, 9 vol. in-lt Nous ne connaissons pas la V*. — C'est la première hist. de Danemark qui ait été pubhée en franc., mais c'est là son plus grand mérite, car elle est remplie d'erreurs, l'ignorance de la langue danoise n'ayant pas permis à Des Roches de remonter aux sources.

V. Histoire de Suède, par S. Pufendorfl\lrad. deVallem.par Bonssel,revue et continuée par Des Roches de Parthenay jusqu'en 1730), La Haye, 1732, 3 vol. in-12. — Selon M. Weiss, cette «'«dit. appartient à La Martinière , mais Des Roche? en donna une nouvelle continuée jusqu'en n48.

VI. Histoire de Pologne sous le roi Auguste II, par l'abbé de Parthenay, La Haye, 1733, 4 vol. in-li.

Vil. Pensées morales par Holberg, trad. du danois, Copeuh. , 1749, 1154, i vol. in-12; réimp. sous des litres un peu différents, Copenh., 1751, 2 vol. in-12: Lond., 1753, in-8*.

Vlll. Mercure danois, 1753-60, in-8". — Des Roches fut un des rédacteurs, selon Barbier.

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IX. Voyage d'Egypte et de Nuhic par Nordeu, revu par Des Roches de Parthenay , Copoiih. , 17.').'> , % vol. iD-fol.; nouv. édit. avcf* dt's notes de Langlès, Paris, no.'i, W vol. '\\\-K\

X. Description et histoire naturelle du Groenland par Eggede^ Irad.

eu franc., Copenh., 1703, in- 8".

Dï:s \ VL'\, miison noblo du Maine, dont une branche professa la religion réformée.

Selon Le Paisfo, ce fut seulement dans le xvir siècle que Gui Des Vaux, fils puîné do François Des Vaux el d'Urbaine de Quin^^é, et seiirnenr do Loresse du chef de sa femme, abjura la religion cnlhoiique. Resté veuf snns enfant, il se rciiaria : vec Judith de Laisserai qui !»» rendit père de Gi>, seigneur de Sainl-Viclor et de Lore«<e.

et de Jacques, sie'ir de Durcy. Ce dernier épousa, en 1051, Marie de La Chevallerie, fille de lienc de La Chevalleric et de Susa^uie (VA ndign''\ dont il eut des enfants. Le dernier de jiesdescendn^tsmAles mourut en 17 H.

Gui Des V:îux s'allia, en ïO'ii, il Marie Pa/itiu, lille du sieur de La Harailière, <iui iv'. lui douiiu qu'un fils nommé S vML ni.. En secondes noces, il prit pour femme }farie de Madaillan de Lesparc, fi lie de comte do Chaviguy , dont il eut Gui-Phii.ippe, sieur Du Houlav, comte de Loresse, qni abjura la religion réformée et mourut, en I7;)3, sans laissor d'enfant.

Samuel Des Vaux, seij^nieur de Loresse, né en lO-'iO, resla fidèle, ;iu contraire, à la foi évangéliqne. Arrêté à Paimbœuf, en 1087, cn-nme il allait s'embarquer jiour les pM\s étrangers (1), il fut condamné aux galères, et sa femme, ([ui raccompagn-ùt , fut enfermée dans un hôpital (Arch. g^^'d.,

(1) FuroiU iii'u"''.'< «ur Ip \:\ôti:c i'.aviic: Gni'Tiel Hohin, sieur <te Cliambruii, îiao do il MiïS:J*iC'i.Dii j/n'< »/■.■;, liiaicl.iiii.i (h* l.*);:à'i!i, ÎOaiiS; iîi'ijri de La lî'ri-\ fc.'A,\\.uh,.r.r «l;i Poitou. 21 ans; Jl^'.i'-r /;,.■/ , \?j." ilr //'.••.■•• de Ko ^<7^?^'-V(!', sieur de La C aiiMiiii-Tc; '•>iker Verfi^r, CiO an^ ; ./»»?//? lin/^iw an, <.\rur de La Cijauvinièrcdu l'oilou, \n ans, avrc sa femme Churlnltc G''nlil , 20 ans, ses d< us bellos-sœirs, Unhc'i^-yinrje^ î") in*-, '^t C,"-

M. 071). En présence du sort affreux qui le menaçait, il eut un instant d*' faibles>e et feignit d'abjurer en 108' , mais dès qu'il eut recouvré la liberté , il réussil, plus beureux celte fois que la première, h passer en Hollande.

Après avoir combattu quelque temps dar.s les armées de la république, il entra au service du roi de Prusse fl mourut doses blessures, en 1714. Il avait épousé Marie Courault Du Portail et en avait eu un fils, nc^mmé Samuel, qui, h peine sor'i de l'abbaye de Ponllevoi où on l'avait enfermé , eu ^099 {Arch. E. 3383), pour l'in^lruir»^ dans la religion romaine, l'était allé rejoindre en Hollande où il mourut sans alliance; et deux lilles : M\rie, femme du sieur de Létard en Poitou, el JuniTu, morte fille, qui avaient été toutes deux enlevées ji leur mère, en 1699, et élev:''es dans le couvent dr Menetou.

DES VIET \ (.Te\n), geutilhomm-

de Trièvc? en Dauphiné, a joué !in nM-important dan-î la pre:ni:'r<' giii'rre n vile. Après s'ètr<» assuré, de G:enob'" avec lecou'^ours de« conseillers AnAr, Ponat et Po,ul Jlerny, Des Vieux favorisa l'entreprise des Protest luts sui Lyon. En p.>rt;:nt pour son expédilior.

contrevienne, Dt's Adrets lui confia la défense de Grenoble avec une garnison de 500 homm'^s commandés par Quemi/iQ\ La CocA^.Maui^iron s'étani présenté devant les murs, le cbef bugucnot qui savait fort bien qu'il ne pouvait compter sur les sympi'tbies de la majorité des b;d)itants, et quiso sentait trop fnble pour se défendre avoc quelque' chance de succès, se décida .^ capituler. Maugiron promit qu'aucun excès ne serait commis contre les habitr.nls protestants ; mais celte nromes>e fut mal tenue, et ceux qui n'avaient pas été assez prudents po?:r fuir,

/.■;•"•;/.•', '2V lus, vl une iVuiiiie de fhainbri*. Aiiur /.'• ('. '•; '..r; J.i //•''> S/»v :'/, sjc;jr d'» Lan.l>r:n(.'<, ;''^ anc; (1: .• •• Urj.ni/. si<MJr ùe La «Iriuii'iniiire, -21 iii\<: ('.'< ir >:'--]) an i f! [)-. ./lOiit-Sin^'in, 18 ans; Mm if dp CnHknu! >it LaGri»i:'irdirrr et Marijurrifr ///" ('.tnlho-t!^ 17 .1»'.;, d'i Po=»o? ' Xv-t'v. '»'*". M. rTfi).

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furent exposés à toutes sortes de violences. Selon Chorier, Dos Vieux était '« un fort honn(>le homme. »

Jean Des Vieux est habituellement désigné par les historiens sous le nom de sa terre de Brion. Il faut se grarder de le confondre avec un caidlaine IJrion (|ui passa à Tennemi après la prise de Bourges. Ce dernier pouvait descendre soit des Brion du Maine (l'o?/. ce nom), soit des Brion du Bas-Poitou qui ne MOUS sont connus que par l'admirable constance de la veuve du dernier dVntre eux, Paul-Henri do Brion, sieur de ]/A Contaudière. Celle dame, dont le courage ne le céda à celui d'aucun de nos confesseurs, était nna à' Ammbirre et se nommait Marie. Elle était née, vers 1663, dans le Berry. A la révocation de redit de Nantes, elle^se convertit à Texeraplc de son mari; mais à peine redevenue maîtresse de ses actions, elle rétracta son abjuration entre les mains du ministre Du Soyer, Elle était venue à Paris, dans l'espoir de trouver les moyens do passer h l'étranger, lorsqu'elle fut arrêtée, en 1 692, et enfermée aux Nouvelles-Catholiques.

La Beynie étant allé Tinlerroger luimême, elle lui déclara avec fermeté qu'elle voulait vivre et mourir dans la religion protestante. Le couvent ne domptant pas «son opiniâtreté, » on espéra, « comme elle témoignait beaucoup d'horreur pour une prison, » vaincre promptement sa persévérance en l'envoyant au cluUeau du Pont de L'Arche, le !4 avril 1693; mais rattente des convertisseurs fut déçue. En I69i, M'"' de La Conlaudière adressa au ministre une lettre pour lui demander la permis?ionde passera l'étranger (Jrc/i, gcn. M. 6;6). Pour toute réponse, on la transféra au château d'Angers, où elle passa six années; et, comme elle se montrait toujours inébranlable, on l'enferma, Cn 1700, dans celui de Nantes {Ihid. E. 3386).

A la révocation de l'édit de Nantes, la terre de Brion en Diiuphiné était passée, h ce qu'il paraît, dans la famil'.e de D.vr.Movn. Dès 168^, Alexandre Dar-

mond de Brion fut nommé gentilhomme de la cour de l'électeur de Brandebourg. En I68'3, Frédéric-Guillaume avait au nombre de ses pages Adhéitiar de Brion. Une demoiselle Darmond de Brion fut dame d'honneur de l'électrico do Hanovre. Eniin, sous le règne de Frédéric I, Charles de Brion, baron de Lux (était-il de la mémefamillc?), remplit h Memel les fondions de commandant de place.

T)i:s VOI:l:\ (A.-V.). pasteur de régli<îe française d(î Dublin et chapelain du régiment des carabiniers du roi. Des Vœux était né calhulique. il se montra zélé janséniste jusqu'au mo ment où les miracles du diacre Paris connnencèrenl à jeter du ri<licule sur son parti. Ayant pris en dégoût les far ces du cimetière Saint-Médard, il passa en Angleterre, abjura le catholicisme et se mit à écrire contre Taposlal Dex Makis une Défense de la religion réformfe. Amst.. 1736, 4 vol. in-8*.

Cet. ouvrage n'est pas sans mérite, et l'on parle également avec éloge de sa Critique générale du livre de M. d^ Montgcron sur les miracles de M.

Vahh: de Paris ou Sonvelles lettres sur les miracles, Amsl., 17iO, 2 vol.

in-8*». Six années plus tard, il tit paraître à Dublin, en un vol. in-8°. Trois serrnoiis 1' Sur la véritable patrie des François réfugiés; 2" Sur la révolution de 1688; W Sur l'obligation indisj^eusable de soutenir Us droits du roi contre les rebelles. Cependant c'est surtout par son commentaire sur rE':clési;i«:le (|uo Des Vd'ux a conquis une place éiiiinente dans la littérature protestaule. Ce travail remarquable parut àLondres, 1761, in-iV sous le titre de Philosophie al and criiical Essay on Eccicsiastes, et fut trad. en allem. par Baraberger, Halle, 176i, in-4". L'Ecclésiaste est leseul livre de la Bible qui exnose les idées philosophiques des anciens Juifs; à ce titre, il méritait assurément d'être l'objet des études d'un philosophe. Des Vœux expose d'abord le but de l'auteur qui était, selon lui, de prouver rimmorta-.

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