‹ La France protestante (volume 5)Chapitre 167 sur 241 · TOD · texte numérisé non relu

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Réforme à Alençon^ en habit de moine augnstin^ et bientôt après. Jetant le froc anx orties^ il s'était retiré en Suisse, « oh il avait exercé le ministère avec grande répatation de doctrine et de sèle es terres des seigneurs de Berne, n Depuis trois ans environ, il avait été envoyé à Chinon, et il avait été un des douze députés des églises au Colloque de Poissy. Voilà tout ce que Ton sait de sa vie. Pris par les Catholiques à la déroute de Yendeuvre (Voy, I, p. 29) et conduit devant Honlpezat, il fut remis par celuici entre les mains du bourreau, avec ordre de le conduire au quartier. Ils se mirent en route la nuit même, sans que le vieillard se doulÀt de la qualité de son compagnon de route; il ne l'apprit que lorsque, arrivés sur les bords du Claln, Il le vit faire les préparatifs de son supplice.' Un Instant après^ il disparut dans la rivière.

TOURNEMINE (Pierre de), baron de Campsillon, parent d'Andelot par alliance, embrassa la religion protestante à l'époque du voyage de ce puissant seigneur en Bretagne. En 1559, il fit bénir par Du Gravier le mariage qu'il contracta, en secondes noces, avec Marie de Camacle, appelée par Crevain, Marie de Kermarée.

Ses enfants furent : l« François, qui suit;— 2«> SAaiUEL,sieur de Belle-Joye; —30 GÉDÉON, sieur de La Lutarderie, né en 1565, mort célibataire; — 4« Pierre, sieur de Belle-Joye, qui ne fut point marié ;— 5^PALL,sieur de Campsillon, baptisé par Louveau en i570.

En 1612, ce dernier habitait Paris, où il fut parrain de PaulFleureaUyAisde Philippe Fleur eau y officier d'artillerie, et ûeGabriellede Lugray(ï^eg, deCbarcnt.) et oii il mourut en 1641, sans laisser d'enfants, quoiqu'il eût été marié deux fois, la première avec Jeanne de Pierre-Buffière, la seconde avec Judith Arnaud y qui ne lui survécutqn'un an(/6irf.);— 60DANIBL, baptisé en 1 571 par Perruque^ y mort sans postérité; — 70 ABRAHAM,baptisé paréutY/atim^ Bonhomme, dit Du Val, au mois de

fév. 1513, dans l'Ile de Gnenesay^Mli son père et sa mère s'étaient réfugiés; — 8* l8AAC,qui naquit anssi dans Plie de Guemesey, ses parents n'étantrentrès en France qu'à la fin de I5ia, et qui fut présenté an baptême par ifaii^ gommery; il mourut sans laisser d'tft* fants;— 9«ESTiiiR, baptisée, en laao, psLT Pierre Le Gendre dit Du Fossé, ministre à Rennes ; — 10* Elisabrtb; — 1 loMARii, femme de Françoisd'AS" sy, qu'elle rendit père ùe Jeanne d'Assrjy mariée à OHmer de Saini-Gitles^k qui elle donna deux filles, Esther et Jeanne de Saint^Gillês,

Pierre de Tournemine mourut en 1582. Son fils aîné, François, épousa, en 1584, Catherine Du Verger, fille du sieur de Saint-Denac, dont il n'eut qu'une fille,FRANÇ0iSE, mariée àFraii- Çùis de La Tousche, sieur de Chillac.

Resté veuf, il se remaria avec Odette Gaillard qui lui donna encore trois flls : 1» René, baron de Campsillon; — 2» François;— 3* Raoul, baron de LaHunaudaye, qui mourut en J 614, la même année que son père.

Nos renseignements sur cette branche protestante de la famille de Tournemine ne s'étendent pas plus loin.Ajoutons encore que Julien de Tourne^ mine, le gendre d'Andelot, était frère de Pierre.

TOURNES (Jean de), un des plus célèbres imprimeurs du xvi« siècle, était originaire de Noyon en Picardie.

Après avoir travaillé quelque temps chez Gryphius à Lyon, il obtint, vers 1540, l'autorisation d'établir une imprimerie pour son propre compte; mais il ne commença à imprimer sous son nom que quatre ans plus tard. Il avait pour symbole deux serpents enlacés avcc cette devise : Quod tibi fleri non vis, alteri ne feceris. Ses éditions, et elles sont nombreuses, se font remarquer par la bcautéetlanetteté desoaractèrescomme par l'exactitude et la correction du texte. On peut citer, au nombre des plus belles, le Petrarca (1550, in-l6), le Dante (1 547> in-12], le Vîtruve commenté par Pbiiander (1 552, in-40), les

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Margaerftes de la Marguerite des prineesses (1547, in-s»). 11 joignit à plusieurs des préfaces ou des épltres dédicatoires en très-bon latin. On ne sait |Mts précisément quand il se convertit^ mais il est certain qu'il mourut protestant, non pas en 1 550^ comme le dit Tauteur des Lyonnais dignes de mémoire, mais en 1 564. Ses talents lui avaient obtenu le titre d'imprimeur du roi à Lyon. Son flls, Jean II, né en 15^9, continua à exercer la profession de libraire-imprimeur àLyon jusqu'en 1585. 11 n'égala peut-être pas son père dans l'art de Timpriraf'Tie; mais il avait l'esprit orné de plus de connaissances.

Le 10 nov. 1585, il obtint la permission d'établir à Genève une imprimerie, bien qu'il ne fût pas bourgeois, tilre qui ne lui fut accordé que le 1 9 avril 1596. En 1604, il fut élu membre du conseil des GC, et mourut en 1615, laissant trois enfants de sa femme Sara de La Ghana, savoir : i <> Jean, dont nous parlerons plus bas ;--2o An- RB, femme de Daniel Chabry^-^z^ Marie, épouse d'Abel de La Roche, professeur de philosophie.

Jean de Tournes, en latin TorruB' sius, a écrit, selon Sénebier,

1. Insignium aliquot virorum seu philosopJiorum icônes , cum eorumdem vifd, Lugd., 1559,in-8o.

n. Le capitaine de Jérosme Cataneo, contenant la manière de fortifier les places, assaillir et défendre, Irad. de l'ilalien, Lyon, 1574, in-4»avecflgg.; 15i)3,- Cologny, 1600, in-4°.

III. Nouvelles de Bandello, Lyon, 1574, in-8o. — 11 n'en a traduit que le dernier volume.

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