IV. Branche ne Saint- Sébastien
Guillaume de Rozel prit pour femme Louise de Bossugues et fut père de Guillaume, sfeur de Saint-Sébasiien, qui assista, en 1613, à l'assemblée de Lunel et testa en 1 621 . Il avait épousé, en 1591,^ nne de Leuse, qui lui donna Charles, sieur de Saint-Sébastien, marié avec Dauphine ou Delphine de Banne, mariage dont sortirent : i^E- DOVARD, qui épousa, en 1659, Gahrielle Foulhaquier; — 2» Pierre; — 3» GuiLLACME; — 40 Anne.
V. Branche de Nisves. Charles de Rozel, docteur en droit, avocat et premier consul de Nismes en 1567, fut impliqué dans les poursuites ordonnées par le parlement de Toulouse au sujet
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de la Michelade. Moins iioarcux que MontcalmSaint'Véran , Rochemore, Saint'Cosme,qu\ réussirent à s'enfuir, il fut pris avec MarguerilfSyeX sesdeux collègues Lazare Fazandier et Ctaude Garnier, conduit à Toulouse et décapité à la fin d'avril 1569. Il avait cultivé les lettres non sans succès, comme le prouve sa traduction de Toraison funëbrede FlorettedeSarras parsonami Baduel, irad. imp. à Lyon, 1546', in- 4». Sa femme Jeanne Puget, qu'il avait épousée en 1550, lui avait donné un flls, nommé Rostaing, qui prit pour femme iV. de Bartheb'mij et testa en 162?,lafssaht deux filles, Madelaiî*îe, femme d'Anne Rulman,ei N., épouse dusienrdeF/or^«cyMW,etunfl[s,JÊA?r, marié, depuis 1615, avec Marguerite de Colas. De ce mariage naqiiil François, conseiller et garde-sceaux hNIsmes, qui épousa, en 1650, Françmse Favier-Lanîsard , et probablement aussi le capitaine Charles de Rozpl,s\enr de La Molle-Lussan, qu'une mort précoce enleva à Paris, à l'âge de 25 ans, en 165:> (Reg, deCharenton).
VI. BbanchedeGal'Sse. Au nombre des capitaines qui servaient sons Pan lin, en 15"î3 se trouvai lGMî7/awm(» de Rozel, sieur de Causse, flls apparemment de Bertrand de Rozel, sieur de Caussc,morlàCaslresen 1595. Causse fut appelé à présider l'assemblée de Milban en 1615, vi en 1020 celle qui se tint dans la même ville, le 12 nov., au sujet des afTaires du Béarn. Y assistaient Charnier, ministre à Monlauban, Johj, ministre de la Guienne, le comte û' Orval, Saint- Amant , Malau-
. ze, Bellujon, Saint-Rome, B ressac de l'Albigeois, Boissière et Lescun. Elcctrlsée par l'éloquence du député béarnais, rassemblée prit l'engajîemcnl solennel de protéger les églises du* Béarn, et envoya des émissaires dans les autres provinces pour les inviter à s*unlr à elle. Elle s'occupa ensuite de
' donner des chefs militaires aux colloques, et nomma d'Orval commandant dit Rouergue, Malanze du Quercy, Saint-Rome du Laaragais. Pour sub-
venir aux frais de la guerre, Montauban offrit 38,000 livres. Castres, 22,000, Milhau 6,000. Les donsdes particuliers furent immenses, tant celte affaire intéressait tous les Réformés. L'assemblée se sépara après avoir décrété l'établissement à Montauban d'un comité spécialement chargé « de pourvoir aux nr ce:<sités du Béarn, » lequel fut composé de Causse , Charnier y Guérin et Bifisset.
Les descendants de Guillaume de Rozel restèrent fidèles à la religion proleslanlc. Annibaide Rozel, sieur de Causse, sortit de France à la révocation, avec sa femme Marie de Doux.
Il avait deux sœurs, Jeanne, mariée k Louis de G ait tard, sieur de La Malquié, et 0 ympe (Arch. Tt. 290).
ROZËK ou plutôt RosBN,nom d'une illustre famille livonienne, dont deux branches s'établirent en France.
L Branche de Ghoss Ropp. Reinhold de Rosen, colonel d'un régiment deçà Valérie dans 1 armée suédoise pendant la guerre de Trente ans, s'attacha, après la mort de Gusiave- Adolphe, au duc Bernard de Saxe-Weimar, et servit sous ses ordres au siège de Brisacb, où il se distingua tout particulièrement, Bernard, qui l'estimait comme un de ses meilleurs officiers, lenomma, en mourant, un des quatre directeurs de son armée. Rosen contribua beaucoup à faire passer les troupes welmariennesau service de la France; aussi Louis Xllf, par reconnaissance, lui donna-t-il une pension de 1 2,000 li vres.
Dans les campagnes de 1 6 40à 1 6 42, Rosen prit Hombourg, mil en pleine déroute le corps du général Bredan, enleva près de Mayence le régiment de G<illas, et défit le général Lamboy. A la bdlaille deFribourg,ilcommandaravaut-garde et prit aux Bavarois une partie de leur bagage et de leur artillerie. Nommé lieutenant-général, le 19 avril 1648,11 fut placé à la tète des troupes ii^'eima* Tiennes, qu'il entraîna dans le parti de Mazarin {Voy. VI, p. 401). Ce fut sans doute à titre de récompense que le cardinal lut donna, après la paix de
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Ruel^ le commandement de toutes les troupes allemandes au service de la France. En 1650^ Rosen assista à la bataille de Réthel^ et par une charge faite à propos^ à la tête de la réserve^ il mit enfuite Taile droite deTennemi.
En 1651^ il acheta la seigneurie de Herrenstein en Alsace^ et flt bâtir le château d'Ett\seiller^ où il fixa sa demeure. L'année suivante^ il fut nommé commandant en chef de toute TAlsace.
En 1667^ il leva un régiment de son nom; mais^ dès le 18 déc.^ il mourut des suites d'une blessure qu'il avait reçue au siège de Brisach. Sa femme^ Anne-Marguerite d'Eppe, qu'il avait épousée en 1 637^ ne lui avait donné qu'une fllle^ Marie-Sophie^ mariée à Conrad de Rosen, son parent.
Reinhold de Rosen avait un frère cadet, nommé Jean, qui passa avec lui au service de la France. 11 s'était déjà élevé par sa bravoure au grade de major dans l'armée suédoise. En 1636^ il flt la campagne d'Alsace et de Lorraine; en 1637, il assista au passage du Rhin et à la prise de plusieurs places fortes; en 1638, il reçut au siège de Brisach un coup de feu qui lui fracassa le genou. L'année suivante, il se distingua à la prise de Pontarlier et à celle de Thann, dont il obtint le gouvernement. Mestre-de-camp d'un régiment de cavalerie, qu'il leva en 1640, il prit une part brillante à tous les faits d'armes qui signalèrent les campagnes d'Allemagne jusqu'en 1648. Nommé maréchal de camp par brevet du 9 avril 1649, il fut employé en Flandres, et (ué, le 15 déc. 1650, à la bataille de Rélhel, où son régiment fut détruit.
II. Branche de Klein-Ropp. Troisième flls de Fabien de Rosen, Conrad de Rosen manifesta, dès son enfance, la plus vive inclination pour l'état militaire. 11 entra au service de laSuède; mais, à la suite d'un duel, qui coûta la vie à son adversaire, il dut s'enfuir pour échapper à la peine capitale, et arriva en France en 1651 . Ne voulant point se réclamer de son parent Reinhold de Rosen, il servit trois ans com-
me simple cavalier; cependant un acte d'indiscipline l'ayant jeté dans un nouveau danger, il crut prudent de se faire connaître, et son colonel s'empressa de lui donner une cornette. En 1654, il servit au siège de Béfort,k l'attaque des lignes d'Arras et à la prise de Clermont en Argonne. Nommé lieutenant, il assista, en 1655, àla conquête de Landrecy, Condé, Saint-Guilain. En 16515, il servit, avec le grade de capitaine, au siège de Valenciennes, qui fut levé le 16 juill.,à la prise de Montmédy et de Gravelines. La paix se flt en 1659, et, le 3 fév. de l'année suivante, Rosen épousa la fllle unique de son parent. Nommé, en 1667, lieutenant-colonel du régiment de Rosen, il endevintcolonel àla mort de son beaupère; mais ce régiment fut réformé en 1668. En 1671, il en leva un nouveau, à la tète duquel il servit sous Turenne. En 1674, il passa sous les ordres de Condé et combattit à Sénef. Créé brigadier par brevet du 12 mars 1675, il continua à servir avec la plus grande distinction dans les Flandres. Maréchal de camp par brevet du 20janv. 1678, il contribua à la prise de Gand et d'Ypres. En 1679, il fut envoyé contre l'électeur de Brandebourg, sous les ordres du maréchal de Créquy. De retour en France, il abjura, en 1681, la religion protestante avec toute sa famille, excepté sa femme, qui resta luthérienne jusqu'à sa mort, arrivée le 8 oct. 1686. Rosen vécut jusqu'en 1715; mais sa vie ne nous appartient plus.
ROZIER(CLAUDE),martyrenl557.
Le notaire Etienne de Cantalupa raconte ainsi sa mort, dont Crespin ne parle pas dans son martyrologe : « Le dimanche 22e jour du mois d'aoust, frère Claude Rozier, cordellier de la ville d'Allés, ayant presché, la caresme passée , en la présente ville d'Anduze, et descouvert les abuz de la papaulté,rofiicial deNismes flct enquérir contre luy, d'où il se relira à Genève et se maria. Et estant venu de part de ça, fut prins et condamné par messires de
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Haïras et Dalson^ estant en ce païs, à faire amende honora bie, la langue couppée, et bruslé à petit feu au devant de la fontaine^ le jour susdit, et moureust en vray martir, sostenant toujours la religion. »
RLDAVEL (Antoine), ministre de La Salle, dans les Gevennes, abjura sa religion à Montpellier, le 10 avril 1 627, et publia une Déclaration des motifs qui l'ont porté à l'abjuration de la R. P. R.y Paris, 1627, in-S». 11 y proleste qu'il n'a été mu par aucune autre considération que celle du salut de son âme, et nous n'avons aucun motif de douter de sa sincérité, puisque, moins de quinze jours avant sa conversion, le consistoire de son église lui avait accordé cette honorable attestation, qu'il l'avait desservie pendant vingt-deux ans , « preschant et faisant ToÛice de son ministère, au grand contentement et édification de toute réglise , tant à l'égard de sa doctrine que de ses bonnes et sainctes mœurs. » — Il ne faut pas confondre cet apostat avec un autre Rudavel, qui succéda à Samuel Pe* tit dans sa chaire de professeur.
RUUL (Philippe- Jacques), conventionnel du parti de la Montagne. Il était fils d'un pasteur des environs de Strasbourg. Lorsqu'il eut terminé ses études en théologie à Tuniversité de cette ville, il accepta la place d'instituteur d'un Jeune comte de Grumbach. Nommé recteur [du gymnase] à Durkheim, il remplissait cet emploi lorsque le comte de Leinigen-Dachsburg jeta les yeux sur lui pour mettre en ordre les archives de sa famille et y rechercher les pièces qui lui étaient nécessaires pour repousser les prétentions qu'élevaient les Linange d'Italie sur une partie de la succession des Linange d'Allemagne. Ruhl s'acquitta de ce travail à la satisfaction du comte. Il rédigea à celte occasion quatre mémoires, dont trois en allemand (1772-4 et 6, Garlsr., in-fol.) et un en latin {Tractatio juridica de kgitimisnataUbus, etc., Strasb., 1776, in-fol.) pour repousser les prétentions des Linange- Dachsburg de Gunters-
blum. En 1 789, il fit encore paraître à Strasbourg, in-4o, des Recherches sur la maison de Linange-Dabo, Le prince de Linange nomma Ruhl conseiller aulique, le mit à la tète de sa chancellerie et lui confia l'administration de ses finances. Nous empruntons ces détails à un article de M. Depping.
Lorsque la Révolution française éclata, Ruhl, qui était impatient de jouer un rôle sur un plus vaste théâtre, se rendit en France, et se constituant le mandataire officieux du comté de Saarwerden et des seigneuries de Diomeringen et Assweiler, il sollicita leur incorporation au territoire français. La modération est un mauvais moyen d'action sur l'esprit des masses ; Ruhl le comprit et il agit en conséquence. Il avait d'ail leurs à se faire pardonner ses antécédents comme ministre du comte de Linange ; on l'accusait de beaucoup de dureté dans l'exercice de ces fonctions. Le civisme le plus pur pouvait seul jeter un voile assez épais sur son passé, pour qu'on ne fût pas tenté de le rechercher. Sa tactique lui réussit : il fut choisi comme administrateur du départem. du Bas-Rhin. Ce premier pas fait, il voulut monter plus haut. Il se fit envoyer par ses administrés à l'Assemblée législative, puis à la Convention. Dès ses débuts dans la carrière politique, il se fit remarquer par la violence de ses motions. C'était un titre; aussi fut-il honoré de diverses missions de confiance dans les départements. Il en reuiplissaitune lors du jugement de Louis XYf . Quoiqu'il ne soit pas douteux qu'il eût volé avec ses amis de la Montagne, ne le privons pas du bénéfice de son absence. Quelques jours auparavant, la commission des douze, dont il était membre, l'avait charge du rapport concernant les pièces trouvées aux Tuileries dans l'armoire de fer. 11 est juste de dire qu'il s'en acquitta avecune modération de paroles qui contrastait heureusement avec ces grands mots creux dont retentissait trop souvent la tribune de la Convention. Il se contenta de donner une simple analyse
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des pièces^ sans y ajoulerde réflexions. Les faits pariaicnl assez d'eux-mêmes.
C'est à la suite de ce rapport que le grand Mirabeau passa du Capilole où il reposait dans sa gloire, à la roche Tarpélenne. Une indignité qui pèse sur la mémoiredeRuhl^ c'est la mort du digne maire de Strasbourg, Dietrich, un autre Bailiy pour la science et pour l'intégrité. 11 le poursuivit avec un acharnement de vaulour aiïamé ; ce fut lui qui rédigea Tacle d'accusation et qui le Gtado|)ter. A plusieurs reprises, l'assemblée témoigna sa conflance dans le civisme de notre député; elle le nomma successivement membre du comité de salut public, secrétaire da bureau, membre du comilé de sûreté générale, et finalement elle l'appela au fauteuil de la présidence (mars 1794). Nous ne devons pas passer sous silence un de ses hauts faits. Il/taiten mission et se trouvait à Reims. £n exécution d'une Joi de la Convention, il fit c( assembler les vieillards pour préclier sur la place publique la haine des tyrans. » Son âge lui en donnant le droit, il prit place au milieu d'eux et se mit à haranguer le peuple. «Il développa les principes dbrépublicanisme,a))rès avoir fait passer dans le cœur de ses auditeurs la haine la plus active contre les tyrans. Mais, ajoute-l-il dans sa lettre à la Convention , persuadé que les documens|argumenls?] reçoivent une nouvelle force de l'exemple et de la pratique, il a saisi d'une main la Sainte Ampoule, cette fameuse fiole d'huile, qu'un moine dit avoir étcapportée du ciel par un pigeon pour le baptême de Clovis^ et que le fanatisme conservait précieusement pour le sacre des rois, et il la brisa au milieu des plus vifs applaudissemens. » Est-ce bien par ces enfantillages que Uuhlespéraitfonderune republique? Il y eût réussi tout aussi peu qu'il eût fondé l'égalité en détruisant l«s châteaux , comme il en fit la proposition, car bientôt — et l'événemenl l'a fait voir — do petites gens retirés du commerce les auraient relevés. C'est par les mœurs que les ré-
publiques se fondent et se conservent, et les mœurs ne se décrètent pas, c'est l'œuvre de l'éducation et du temps. Mais dans l'ardeur de la lutte, nous nous comportions comme des enfants, nous ne voyions pas plus loin que l'événement. Aussi les débris de la sainte flole que Ruhl expédia à l'assemblée parla voie de la diligence publique « enveloppés dans une chemise destinée pour les volontaires et qui attestait les fraudes des fournisseurs », furent-ils ac^ cueillis aux applaudissements de tous comme un grand triomphe. La mesure était enfincomble. La journée du 9 thermidor renversa le parti de la Montagne, mais elle neranéanllt pas. Les survivants, et Ruhl était du nombre (1), se réfugièrent dans les clubs et dans les sections où leurs extravagances furieuses trouvèrent encore de L'écho. Les journées du 12 germinal et du 1 «^prairial faillirent les ramener au pouvoir.
Dans cette dernière journée, Ruhl se signala comme un des chefs du mouvement; monté sur son banc, « il convertit en motion la demande contenue dans le signe de ralliement des révoltés, » telles sont les paroles du rapporteur (séance du 23 prairial], Mis en arrestation chez lui, il pré\int son jugement en se donnant la moi t, le 50 mai 1795. L'auteur de l'art, de la Biogr.
univ., M. Beaulieu, dit qu'il se fit sauter la cervelle d'un coup de pi&tolet , tandis que, d'après le rapporteur du comité de sûreté générale, il se serait tué d'un coup de poignard.
RULMAN (ANNE), natif de Nidda dans la Hesse, premier régent du collège de Nismes, en 1 59 1 , fonctionsdont il s'acquittait alors avec assez de négligence, puis, en 1593, principal du même collège, où professaient Chrétien Pistorius et Jean Lans,dont le nom indique une origine étrangère, 6^or^6i Arband , Boni face Avignon, André Raily et Jean Janin. Rulman est au-
(1) Dans la séance du 16 fructidor, il donna sa démusioi) de membre du comité de sûreté générale, «les infirmités qui asslégenienl h» vieillesse, •« ne lai permettant plus d'en reoiplir \w (onctions.
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leur d'an petit poëme latin , imprimé eo i 600, in-1 2, que l'on trouve parmi les pièces liminaires des Considéra^ lions sur les advertissements de A.
Porsan (et non Portau, comme nous Ta* vions lu dans Qaick (Toy. 111, p. 323), sous ce titre : Ecciesiatiœ ortfùhcathof Uco Dan. Chamiero Uieologo Annas Rulmanus Niddanus Cattus : carmen^ Nebulœ Laiolaiœ pro libidinoso Ne»
bularum Lemanicarum phantasmate eœ auihentico lucis pubUcœ X|jiot6au>v.
Anne Rulman laissa un flls , nommé aussi ANKEy qui est mieux connu. Né à Nismee^en 1 583, le jeune Rulman se montra, dès son enfance, passionné pour rétnde. 11 s'appliqua à la jurisprudence, prit le bonnet de docteur ef délMita au barreau^ où il ne larda pas à se Caire remarquer par son habileté et son éloquence. En l G 1 2. lisons-nous dans une note que nous devons à Tobligeance de M. Anquex, professeur d'histoire au lycée Si-Louis, M. de Ventadour, lieutenant général du roi en Languedoc, le chargea de défendre devant le parlement de Toulouse Ao* gis, prévôt général du Languedoc, accusé de malversations par Alonzo Lo« pez, procureur général des Morisques aragonais, et satisfait apparemment de ses services , 11 ne cessa , jusqu'à sa mort, d'employer Rulman comme in* termédiaire entre lui et les Réfor* mes. Dévoué, ainsi que son beau-père Rostaing de Rozel à la cause royale, notre avocat s'opposa de tout son pouvoir an duc de Euhan, aussi devint-il suspect; on l'accusa d'avoir comploté de livrer Niâmes aux Catholiques, et on le chassa de la ville. 11 se retira à Montfrin, où ii demeura jusqu'à la con* clusion de la paix, en i 626. Lorsque la guerre se ralluma, il dut s'éloigner de nouveau, exposant, dit-il. « sa famille à la boucherie et ses métairies à l'embrasement. » De retour à Nismes, en 1629, il voulut se faire mettre en possession de l'office de conseiller et assesseur criminel en la prévôté générale du Languedoc, qui lui avait été accordé en 1626; mais le prévôt général s'y
opposa. Rulman porta t'aSaire devaol les Etats, prétendant que M. de Boiaseson ne le repoussait que parce qu'il le savait plus propre a à être la créature du roi, la plus vive image de Dieu, que celle de quelque homme mortel,»
et il obtint gain de cause. Dès lors, renonçant au barreau^ il s'appliqua d'uns manière plus suivie à connaître l'histoire et les antiquités de sa patrie. Il mourut vers 1640, ayant eu de son mariage avec Madelaine de Rozel quatre filles et trois flls, dont deux le précédèrent dans la tombe. Le troisième^ que son père associa à ses travaux dès qu'il eut atteint l'âge de i 6 ans, voilant, nout dit-il, a que son corps f6t toujours côté à son ombre, son esprit dressé par son génie et ses pensées assujetties à ses affections, » n'a laissé d'ailleurs aucune trace de son existence dans l'histoire.
A l'exception d'un recueil de Hci»
rangues prononcées ^ux entrées de plusieurs princes e^^gneurs , à la réception des consuls ei présentation d'avocats f avec quelques plaidoyers, Paris, 1612; 1615, in-8o, Rulmann'a rien fait imprimer d'un peu considérable, mais il a laissé en manuscrit, sous le titre de Récits des anciens mo*' numents qui parroissent encore dans les despartements delai^* et 2"^« Gaule Marbcmoisey et la représentation des plans et perspectives des édifices pu^ bliques, sacrés et profanes y ensemble des palaiSy statues, figures, trophées, triomphes, thermes, bains, sacrifices, sépultures, médailles, graveures, in* scriptions, êpitaphes et autres pièces de marque, que les Romains y ont Uns* sées, etc., un recueil curieux de dissertations sur l'histoire et les antiquités du Lnnguedoc. Cet ouvrage, qui se conserve aujourd'hui à la Bibliothèque nationale (Supp/^m. franc,, N« 290, 3 vol. in-40, plus un vol. in-fol. de dessins. Même fonds, N» 8), offre sans doute de nombreux défauts, beaucoup d'incohérence et de confusion, très-peu de critique, bien des hypothèses hasardées ; néanmoins il est précieux en ce
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qu'il nous a au moins conservé des copies de beancoap de monoments an- Jourd'hui détroits. On trouve à la suite de ces dissertations ou récits : Inventaire des épitaphes et inscriptions ro' moines trouvées dans les rwnes de Nismes ; Les motifs de l'autheur en la recherche des racines des noms et des verbes du langage du pays et la déclaration de leurs utilités ; Mots significatifs et particuliers au langage vulgaire du pays, qui sont empruntés des Hé»
hrieuœy des Grecs ou des Latins; Ré* cit des verbes emphatiques dupays^ti Suite et conformité des proverbes qui sont en usage dans le Languedoc, avec ceux des nations estrangères qui ont régenté dans la province.
La Bibliothèque de la ville de Nismes possède 9 sous le N* 13835^ une copie plus complète des productions de notre antiquaire^ en 4 vol. in-4» et 2 vol. in-8o; elle contient^ en outre^ une Suite des plaidoiries, harangues, pré* sentations d'avocats et autres pièces mêlées, dédiée au trop fameux Le Masuyer ; une Déclaration de la beauté et de la délicatesse des plus excellents revers des médailles, soit des consuls, soit des empereurs, etc., depuis Jules César jiisqu'à Constantin le Grand, lesquelles ont été trouvées dans les fossés de Nismes, ùéûïé au duc d'Orléans; un Recueil de Lettres adressées par lui à divers personnages; un Narré des étranges révolutions du Languedoc depuis les Wolkes jusqu'à nos rois; et enfin une Histoire secrète des affaires du temps depuis le siège de MontpeU Uer jusqu'à la paix dernière (1626)^ iwec la suite jusqu'à l'année présente (1 627). Ce dernier ouvrage^ le plus important de tous ceux de Rulman, au pointdevuederhistoiredes églises protestantes^ est divisé en narrations. Au Jugement de M. le professeur Anquez, a Tauteur s'y montre narrateur intéressant et animé. Opposé aux vues du duc de Roban, il présente un tableau fidèle des désastres que la rébellion de ce
seigneur a attirés sur le Languedoc. »
Rulman avait entrepris aussi, par ordre de LouisXIIl^unÂectiet7 de«À^nements les pluB notables arrivés en France, notamment au Languedoc et spécialement dans Nîmes durant les onze mouvements les plus signalés de la guerre civile, occasionnée par la diversité des religions. Son intention étail de présenter les cboses «en l'état, non qu'elles ont paru, mais qu'elles ont été » , mais il ne termina pas cet ouvrage, dont il ne reste que û dédicace au roi et le discours au lecteur. 11 avait le projet de donner une collection complète de ses œuvres. La mort ne lui laissa pas le temps de le mettre à exécution; il n'en a para que le prospectus, imp. à Nismes, 1630, in-4s sous ce titre : Plan des oBuvres mêlées d'à. Rulman.
RDVIGNY. Voy. MASSUE.
RUZÉ (Davu), Jardinier réfugié à Berlin, était si habile dans son art, que le peuple, étonné de labeautédesfleurs doubles, panachées, multicolores, qui ornaient son Jardin dans le faubourg deCœpenick, était convaincu qu'il employait quelque sortilège pour produire des fleurs telles qu'il n'en existait pas dans tout le pays. Le Jardinier Matthieu, autre réfugié, n'opérait pas de moins remarquables prodiges aux yeux des ignorants Berlinois, et ses descendants ont soutenu jusqu'à nos Jours la réputation de leur ancêtre dans Tart du Jardinage, qui, on peut le dire, a été introduit en Allemagne par les Réfugiés français. Dans son Histoire des coloniesfrançaisesenHesse,M. deRommel cite parmi les Jardiniers qui s'établirent à Cassel, Elie Bourguignon et César Roussel. Ce dernier était, selon toute apparence,'parentde Paul Roussel, Jardinier de Metz, qui, arrêté au moment où il allait franchir la frontière, n'échappa à la peine des galères qu'en abjurant, en 1688 (Arch.
yen. M. 674).
SABATTIER (Antoinb)^ martyr protestant^ brûlé vif à Beaucaire, 8a ville natale^ en 1 543^ par arrôt da parlement de ToaloQse, en date da 12 avril. Le môme arrêt condamna an fea Antoine Armandes, qui fat ezécaté à Toaloase même ; aa foaet^ à l'amende honorable et aux galères perpétaelles^ Matthieu Castaignier et Jacques Car ladon, et, par coutomace, Jean Sou* vety dit Colombat , Saubert VerdeH, Claude Ferran,Claude Serviel et Claïkde Bkmcardy toas de Beaacaire, à ê« tre brûlés en effigie avec une chanson satiriqœ qu'on les accusait d'avoir chantée. Cette rigueur, loin d'intimider les novateurs^neservit qu'à en augmenter lenombre, del'aveu deMénard, qui rapporte l'arrêt dans les Preuves de son histoire de Nismes. Crespin ne parle d'aucun de ces martyrs; mais il nous a conservé le nom de Jacques Sa* hatiery qui fut égorgé, avec son fils et trois ou quatre autres protestants, par les catholiques de Carcassonne, en 1562, et dont la mort fut suivie, quelques Jours après, du pillage des maisons de Monteraty Bernard Ithier et Pech, puis do meurtre de Lugua de Conques. Vinrent ensuite les assassinats juridiques ordonnés par une commission du parlement de Toulouse qui ajourna cinquante-neuf huguenots de Carcassonne à comparaître. Heureusement on ne put mettre la main que sur Artigues et quatre autres, qui furent pendus. « Et depuis, ajoute Crespin, assavoir le 3 oct., le sieur I>u Villa, gentilhomme paisible, et toutes fois renommé tant pour sa vaillance que par sa preudhommie, estant chargé d'avoir esté aux faubourgs de la basse ville avec ceux de la religion, ayant corcelet et pistole (ce qui estoit faux), s'estanl à la persuasion de quelques-uns de ses parens qui le trahissoyent ren*
du prisonnier à Carcassonne pour se justifier, ftl sans estre oui en ses défenses, ni admis à prouver ses reproches, condamné à estre décapité comme il le fat hors la porte, au lieu nommé le Pradet. » Ce Du Villa serait-il identique avec Barthélémy Du Fer* rier (Voy. IV, p. 376) ?Et, dans ce cas, laquelle des deux versions accepter comme la bonne ?
SABATTIER (François), confesseur de la foi évangélique, mis aux galères en i 689, rendu à la liberté en 1713. Bian raconte que Sabatlier, dont le zèle et la charité rappelaient, dlt-il, les chrétiens de la primitive Eglise, ayant été surpris distribuant quelque argent à ses compagnons d'infortune, de Monmort, intendant des galères de Marseille, le fit amener en sa présence, et ne pouvant lui arracher, ni par promesses, ni par menaces, le nom du banquier qui lui avait remis cet argent, il le bàlonna de sa propre main.
C'était presque toujours un Turc qui, pensant faire une œuvre agréable à Dieu, se chargeait, au risque de sa vie, d'aller toucher secrètement le produit des collectes faites pour les galériens dans les pays protestants.
Grâce à la fidélité à toute épreuve de ces pauvres gens, il fut impossible aux prêtres et aux agents du gouvernement de découvrir jamais aucun des banquiers chargés de la remise de ces fonds. Dans cette circonstance, Sabalr lier ne déploya pas moins de fermeté et de constance pour ne pas compromettre un honnête homme qui n'avait agi que par humanité. Trois jours de suite, l'intendant des galères lui fit administrer une rude bastonnade, sans en rien pouvoir tirer, et le voyant près d'expirer sous les coups, il le fit jeter dans un des cachots du château d'If.
Rendu à la liberté en 1 713, Sabattier