‹ La France protestante (volume 5)Chapitre 19 sur 241 · SAC · texte numérisé non relu

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passa en Hollande, mais il était tellement hébété par suite des mauvais traitements qu'il était hors d'état, pour ainsi dire, de lier deux idées ensemble, et il était si fdibie qu'on entendait à peine le son de sa voix.

SABATTIER (Salohon), prophète eamisard. Surpris, le 25 avril 1710, ëaiis les murs d'Alais, Sabattier fut Jeté en prison. Comme il jouissait d'àne réputation d'éloquence, plusieurs dtmee de cette ville prièrent Lalande de leur procurer le plaisir d'entendre rorateur du désert. Le galant général fit amener le prisonnier chargé de fers et lui ordonna de prêcher. Le prophète comprit la moquerie, mais il ne voalut pas laisser échapper l'occasion que Dieu lui offrait de faire entendre M parole. Il prit pour texte Esaïe Ll\, i 0i déplora avec tant d'éloquence la déadation de l'Eglise protestante en Francs, que toutes ces dames se mirent à fondre en larmes. Lalande, irrité du taocès inattendu de l'orateur, lui imposa durement silence et le Ot «conduire dans son cachot. Sabattier fut rompu vif à Montpellier, le 29 avril.

Ces admirables exemples ne furent pas Imités par le pasteur Sabatier, qui Tendit sa conscience pour une plac^ de conseiller en la sénéchaussée d'Arles {Arch. gén. TT. 252), ni par son frère Ùamely qui sortit d'abord de France, puis y rentra pour abjurer {IM, 532).

SACHSE(Jean-Mslchior), professeur de droit à Strasbourg, qui florfssait dans la seconde moitié du xvii* siècle, est auteur d'un certain nombre de dissertations, dont voici la liste d'a« près Lipenius : L Disput. inauyuralis Salve et répète, in-4'». — II. Disp. de cmsensu, Arg., 1659, iu-4».— IlL De venatione romano-germanicà ^ Arg., 1660, ln-4».— IV. De fcoworanwodw)cctortim, Arg., 1662, in-4'». — V. De jure pascendi, Arg., 1665, ln-4«.— VI. De pupillo infante majore, Arg., 1665, in-4*.— Vil. De alimenlis. Ciiée par J6cher sans autre indication.

8ACRELA1RE (Isaac), néà Sedan

vers 1 680 , sortit de France après la révocation et se retira en Hollande où il étudia la médecine. Il fut un des rédacteurs du Journal littéraire, publié à La Haye, 1 71 3-37, 24 vol. in-s®, et traduisit du latin de Schultens, avec son ami Allamand et Je pasteur E, de Joncourt, \eLivre de Job, Leyde, 1 748, in-4», et les Proverbes de Sahnum, Leyde, 1762, in-4o. On ignore la date de sa mort. — Vers le même temps, Jean Sacrelaire soutint à I<eyde une thèse De communibus tegumentis corports Aumant, Leid., 1727, in-4». — D'autres membres de cette famille restèrent à Sedan , mais continuèrent à professer la religion prolestante. En 1772, Jean-Théodore Sacrelaire, de cette ville, épousa à Paris, dans la chapelle de l'ambassade de Hollande, Anne* Elisabeth Viard, de Chèlons.

SAGE (Abràhàii), natif de Montauban, réfugié à Genève où il fut nommé régent de 6« en 1 74S, et de 1 '• en 1761 , année où il mourut, a publié, selon Sénebier, Burlamaqui Juris naturalis elementa in kUinum translata, Gen., 1760, in-8».liavaitentrepri8 une trad.

latine de l'Esprit des lois que la mort ne lut laissa pas le temps d'achever.

-*Dès le 24 sept. ] 543,un Pierre Sage, de Horez, avait été reçu bourgeois à Genève.

SAILLENS (PiEaas} , médecin de Montpellier, ne nous est connu que par ses Quœstiones ntedicw, Monsp. ,1617, in-4». A la même famille appartenait sans doute un jeune enfant de dix à douze ans, qui donna un remarquable exemple de constance. Son père, tondeur de drap, s'était converti pour jouir du bénéfice de l'arrêt rendu par le Conseil le 18 nov. 1680; mais il se mettait peu en peine d'envoyer ses enfants à l'église. Un membre de la Propagation de la foi s'en scandalisa et se rendit chez lui pour le réprimander. Lorsque le jeune Saillens entendit parler d'aller à la messe, il prit la fuite; mais le convertisseur le fit poursuivre par son père qui le ramena.

Promesses et menaces, tout fût em-

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ployé en vain pour vaincre la constance de l'enfant. Enfin le convertisseur tira de sa pocbe an prétendu jugement qnl le condamnait à être pendu. Saisi d'épouvante, le jeune garçon s'élança par la fenêtre. Heureusement il tomba sur une marquise tendue dans la rue pour garantir les passants des ardeurs du soleil, en sorte que sa ctiute ne fil que l'étourdir. Benoit^ qui rapporte cette anecdote^ ne nous apprend pas si l'on finit par vaincre son a opiniâtreté ».

SAINS^ famille noble de la Picardie, qui possédait la terre de Villers- Saint-Chrlstophe et qui resta fidèle à la religion réformée, même après la révocation. En 1687, M™« de Viliers-' Saint-Christophe, alors âgéa de 87 ans, fut enfermée dans le couvent des UrsullnesdeNoyon(^rc/^.//en.M. 665).

Elle avait cinq enfants qui passaient pour nouveaux convertis; mais leur conversion était peu sincère, puisqu'en 1700, le fils, demeurant à Péronne, fut dénoncé comme mauvais catbolique, et que deux de ses sœurs Anne et Elisabeth de Sains, qui avaient Tune et Tautre dépassé la cinquantaine, furent signalées à la vindicte publique non-seulement parce qu'elles ne faisaient aucun acte de catholicité, mais encore parce qu'elles avaient retiré chez elles Jeanne Le Grand et son fils Dc^ niel Darnonval, qui, après être sortis du royaume en 1685, y étaient revenus et étaient toujours huguenots {Supplém, franc. 4026. 5).

SAINT-AIGNAN (Hcrcule), plus connu sous le nom de Dbs Marais ou Du AlaretSy gentilhomme de l'Anjou. Des Marais se trouvait à Angers lorsque cette ville tomba, en 1562, au pouvoir des Prolestants, mais les divisions qui avaient éclaté entre les chefs, lui faisant prévoir la perte de cette place Importante, il en était sorti avec vingt-cinq soldats pour se saisir du Ponl-dc-Cé, et lâcher d'arrêter les Catholiques au passage de la Loire.

Après la prise d'Angers par le lieutenant du duc de Montpensier, il sentit qu'il ne pourrait se maintenir avec une

poignée de soldats dans an château trop faible pour résister à une attaque sérieuse ; 11 abandonna donc le Pontde-Gé et alla s'emparer du châteaa de Rocbefort, plus fort d'assiette et mieux muni, où il ne tarda pas à être as-* siégé. Par son habileté et son courage, il repoussa toutes les attaques pendant cinq Jours. Le sixième, ses soldats saccombant à la fatigue, il dut entrer en négociations. Un accord fut conclu portant qu'il sortirait sous trois jours et serait conduit en sûreté à Saumar.

Comme gage de l'exécution du traité, il donna en otage son fils unique âgé de deux ans et demi (ij. Les assiégeants levèrent donc le siège, qui leur avait coûté une cinquantaine d'hommes.

Des Marais se disposait à évacuer la place selon sa promesse , lorsqa'U fut averti que des embûches lui étaient dressées sur la roule. L'avis était-fl vrai? Les mœurs du temps rendent croyables les plus insignes perfidies.

Quoi qu'il en soit , le chef huguenot résolut de rester et de tenir bon. Les Catholiques recommencèrent le siège; mais ils furent reçus avec tant de vi-

gueur qu'ils suspendirent de notiveaa l'attaque pendant quinze Jours. Des Marais profila de ce répit pour aller chercher lui-même du secours à Sanmur. Il obtint trente hommes, quelques livres de poudre et deux mousquets, et malgré lespressantes instances qu'on lui faisait pour le retenir, il reprit la route de Rochefort, en déclarant qu'il aimerait mieux mourir mille fois que d'abandonner ses soldats à qui il avait promis de retourner. Il rentra cependant seul dans le château, les hommes qui l'accompagnaient ayant montré en route tant de lâcheté qu'il avait préféré les renvoyer chez eux. Le soir même de son retour, c'est-à-dire le 29 juin 1562, les Catholiques reparurent poar la troisième fois sous les murs de Rocheforl. Dès le 4 juillet, le canon avait

(1) Selon une autre Tereion, il ne se sépati qu'au dernier moment de son fila, qa'U eonflati capitaine calliolique Yilleoeafe, son ami et Ip parrain de l'eufant, qaelques heures fieoleinSBt atant le dernier a^sant.

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(ait brèche ; mais l'assaut fut repoussé avec bravoure. Le lO^ nouvel assaut.

Pendant que Des Marais soutenait les efforts des assaillants^deux trattres^Potivert qui avait commandé en sonabsence, etlaGt/ette^ouvrirentauxassaillantsIa poterne. Toute la garnison fut passée au fil de répée à l'exception de Des Marais et d'un soldat qui se sauvèrent dans une tour où ils se défendirent en héros tant qué^a poudre ne leur manqua pas. Le soldat fut tué. Des Marais se rendit prisonnier à Puygaillard sous la promesse d'avoir la vie sauve. Conduit à AngerSy il eut à y subir toutes sortes d'outrages^ puis, par ordre du duc de Montpensier, ce brave guerrier fut roué vif et laissé sur la roue pii il languit douze heures avant de rendre le dernier soupir. 11 ne cessa jusqu'à la fin de repousser les exhortations de deux cordeliers qui, sans pitié pour ses souffrances atroces, s'efforçaient de l'amener à une abjuration. Les deux traîtres Pouvert et La Guette, comme par une espèce de compensation, furent en même temps pendus et étranglés.

SAINT-ANDRÉ. Voy, JEAN-BON.

SAINT-ANDRÉ (Jean de), réfugié de Besançon à Genève pour cause de religion, fut placé comme ministre à Moins, en 1546, et à Jussy, deux ans après. Comme pasteur de cette dernière église, il était chargé de desservir aussi celle de Fontenex, village appartenant à Berne. Préchant un jour dans cette annexe, il osa blâmer, dans les termes les plus amers, l'usage bernois de communier à Noël, et s'écria que prendre la Cène ce jour-là, c'était prendre laCène dndiable au lieu de celle de J.-Ch. Le sénat de Berne le fit arrêter et enfermer dans une prison fort étroite; cependant, à la prière de Calvin, qui se rendit exprès à Berne pour solliciter en sa faveur, il consentit à convertir la détention du trop fougueux pasteur en bannissement. Saint-André fut appelé, la même année, c'est-à-dire en i 552, comme ministre à Genève, où il obtint gratuitement les droits de bourgeoisie, le 1 4 janv. 1 556, à cause

des services qu'il avait rendus. Nous ignorons la date de sa mort, mais nous savons qu'il laissa un fils, nommé Jacob, qui fut ministre de l'hépital en 1 568 , puis pasteur de l'église de Moins, en 1570. — Peut-être devrait-on compter aussi parmi ses descendants Pierre de Saint' André y auteur ou traducteur du Vray guidon d'un homme chrestien, Gen., 1621-, in-S».

SAINT-ANGE. Voy, BRIANÇON.

SAINT-AUBAN. Voy. PAPE.

SAINT-BLANGARD. Voy, GAUL- TIER.

SAINT-CHAMOND (Jean de), frère cadet de Saint-Chamond , un des ennemis les plus féroces des Huguenots, occupait le siège archiépiscopal d'Aix depuis une dizaine d'années, lorsque, le jour de Noël 1567, étant monté en chaire dans sa cathédrale, il se mit à prêcher contre les abus de l'Eglise romaine (l), puis, son sermon terminé, il déposa sa crosse et sa mitre, se dépouilla de ses habits pontificaux en présence de son auditoire stupéfait, et sortant promptement d'Aix, il alla rejoindre Mouvons, avec lequel il tenta sur Lyyn une entreprise qui échoua. Peu de temps après , l'ex-archevêquc épousa Claude Du Fay, dame de Saimt-Romain, terre noble dont il prit le nom. En 1568, il conduisit à ù* Acier une partie des forces du Dauphiné ; mais, arrivé à Alais, il se démit du commandement en faveur de Virieu. Il suivit cependant l'armée protestante en Poitou, et resta auprès de Coligny jusqu'après la bataille de Moncontour. Renvoyé dans le Languedoc avec le titre de gouverneur de Nismes, que Saint -Cosme venait de surprendre, il fit cesser les désordres auxquels les soldats et le peuple se livraient. En s'éloignant du Languedoc, l'amiral lui confia la lieulenance du VIvarais, qu'il garda jusqu'à la conclusion de la paix.

A la Saint-Barthéiemy, Saint-Ro-

(1) Noas atons ta, à Tari. d'Od$t d4 Chdtillottf qa'il èlail, dèf 1565, suspect à la Cour de Home.

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main , qui avait été convié aux noces da roi de Navarre^ fut sauvé du massacre par son bote, et il parvint^ au mois d'octobre^ à gagner Genève/d'ou il fut bientôt rappelé par les Protestants du Languedoc. « Ceux de Nismes, Sevenes et Vivarets^ lit-on dans La Popelinière^ furent d'avis d'eslire et envoler quérir à Genève Saint-Romain pour la preuve qu'il avoit tant de fois fait de sa fldelle affection au p^rty^ et autres vertus qui le recommando ienl entre les gens de guerre.» Nommé ^ par l'Assemblée de Milhau^ gouverneur du Vivarais^ des Cevennes^ du Rouergue et du Bas-Languedoc, Saint- Romain signa^ en celte qualité^ la fameuse Requête de l'Assemblée de Montauban(roy. Pièces juslif. N^XXXVIl), puis il partit pour son gouvernement.

Il fit son entrée à Nismes le 28 déc. 1573 et prit des mains do Saint-Cos' me le gouvernement de la ville (Voy, 111, p. 1 07)^ qu'il sut conserver au parti buguenot par sa vigilance à déjouer les conspirations des Catholiques nonseulement contre son autorité , mais contre sa vie. 11 rendit un service plus considérable encore à la Gause^ en négociant^ assisté de Clausonney l'union des Protestants et des Catholiques politiques. L'alliance conclue, il vola au secours des Huguenots du Vivarais et fit surprendre Annonay par les capitaines Clavely Le Bouchet, Cussonnel et Le Bascou, le 17 Juill. 1574. Aucune insulte ne fut faite aux Gatholiques, pas même aux prêtres ; tous ceux qui ne voulurent point rester dans la ville, eurent la permission d'en sortir. Saint-Romain y établit pour gouverneur Antoine de La Vaisseriej sieur de La Meausse, puis il courut au secours du Pouzin, vaillamment défendu contre Montpensier par Rochegude et Pierre^ gourde. Les murailles s'étant écroulées d'elles-mêmes, la place allait succomber. Saint-Romain y entra en plein jour à la faveur d'un grand combat, raconte d'Aubigné; et dès que la nuit fut venue, il en emmena tous les habitants à Privas ^ no laissant au pou-

voir des Catholiques que des maisons vides. Montpensier marcha alors sur Privas; mais ses efforts échouèrent contre la vigoureuse résistance de la garnison protestante secourue à temps par Saint-Romain, qui termina cette glorieuse campagne par la prise de Chalançon. En 1575, il accompagna Damville dans les Gevennes et reçut à composition le château d'Alais, oii s'était retirée la garnison catholique après la surprise de la ville par les capitaines Gueydan et Broise, le 1 2 fév.

Bien que la paix ne se soit conclue qu'en 1576, on ne voit plus figurer parmi les chefs protestants Saint-Romain, qui, dès le mois de sept. 1574, avait été remplacé par Saint-Cosme dans le gouvernement de Nismes. Il ne reparaît qu'en 1577, année où Damville le nonuna gouverneur de Béziers; mais peu de temps après, c'est-à-dire lorsqu'il fut entré en négociations avec la Cour, il le destitua. Ne pouvant plus douter de la prochaine défection du maréchal, Saint-Romain, accompagné du capitaine Senglar et du ministre Béraudy se bâta de partir pour Montpellier, afin de mettre Chdtillon sur ses gardes; puis, secondé par Gre^ mian , il se saisit d'Aigues-Mortes, le 12 janv. 1577, et envoya le capitaine Banière dans les Gevennes, pour appeler aux armes les montagnards cévenols. De retour à Montpellier, il présida avec Chdtillon l'assemblée qui s'y tint, le 1 7 mars, dans le but de discuter les propositions de Damville. Le maréchal, en effet, suspectant la bonne foi de Henri III, jugeait convenable à ses intérêts de se rapprocher des religionnaires. L'alliance fut renouvelée, mais elle dura peu. Dès que Damville eut obtenu ce qu'il désirait, il se tourna contre ses anciens confédérés, et fit attaquer Aigues-Mortes que Saint-Romain défendit avec succès, au mois de mai 1578. Selon les Pièces fugitives d'Aubaïs, cet homme célèbre, que Le Laboureur qualifie de savant et d'éloquent, dans ses Masures de l'Ile Barbe, et qui joignait à l'éloquence et à la

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science des talents diplomaliqaes et militaires remarquables^ mourut de malar die , vers le 25]uin 1578^ à Monléiimart. Sa veuve se remaria avec Antoine de Bron , sieur de La Liégue.

^ SAIIVT-COSME.ray.CALVIÈRE.

SAINT-DÉLYS (Robert de), sieur dUcucouiiT (aliàs Haucourt), capitaine de mille légionnaires de Picardie et de 200 chevau-légers, gouverneur d'I- Yoy, puis d'Abbevilie^ en 1 562, n'était pas moins renommé par son zèle pour la religion réformée que par sa vertu sans tache ^ à laquelle les Catholiques em^-mémes rendaient hommage. Une sédition ayant éclaté dans la ville où 11 commandait^ il assembla^ le 6 juillet, toutes les autorités à i'hôtel-de-villc fK>Br leur représenter la nécessité de prévenir le retour des troubles^ en pumisant sévèrement ceux qui avaient pillé la maison du pharmacien NoïH Du Priez, Mais, pendant qu'on délibérait^ la populace furieuse envahit la salie ^ après avoir massacré la garde qui en défpndait l'entrée, se Jeta sur le gouverneur, le perça de coups, le précipita par la fenêtre et le traîna dans les rues en l'accablant d'outrages. Courant ensuite au château, elle le força aisément et égorgea le petit nombre de soldats qui s'y trouvaient, ainsi qu'un gentilhomme, nommé Nicolas Hermel, sieur de La Rétis et receveur des tailles, que la maladie forçait à garder le Ut. Sa rage ne fut pas âssonvie. François de Saint'Défys, lieutenant de son père, était parvenu à s'échapper avec deux de ses cousins germains, Françoia de Canteleu, sieur de Seconvillc, et Antoine de Canteleu. Poursuivis de près, ils ne tardèrent pas à être atteints. Canteleu et son frère furent tnés. Saint-Délys, laissé pour mort sur la place, fut recueilli par quelques personnes charitables qui le portèrent dans une maison du faubourg de Mcrcade, dans rintention de le faire panser et de lui sauver la vie. Malheureusement sa retraite fut bientôt découverte, et il fut achevé à coups de pierre et de bâton. L'histoire nous a conservé

les noms des cinq soldats tués à rhotelde-ville et de quatre de ceux qui périrent dans le château ; Ils s'appelaient Robert GiUet, Marc Larchevesque, Léger Loisel, Pierre de La Pierre, Toussaint FayH , Valéran de Saint-Paul, Jean de La Fleur, Jean d'Aire et Jean Dupont. Louis Béliat, ou Bélicard, eul un sort encore plus affreux. Emprisonné sous l'accusation d'avoir assisté à quelques prédications faites au château par ordre du sieur d'Heucourt, il fut condamné à mort. Sur appel , le parlement de Paris réforma la sentence, et dit qu'il en serait quille pour faire amende honorable. L'exécution de cet arrêt fat différée pendant trois mois par le lieutenant de la sénéchaus< sée ; puis, lorsque l'édil de pacification vint annuler toutes les procédures pour cause de religion, loin de lui rendre la liberté, ce Juge infâme fit conduire son prisonnier à l'église de St. -Valfrand , l'y retint quatre heures pour donner au peuple le temps de s'ameuter, et le laissa massacrer sous ses yeux. Quant à Heucourl , « ce qu'il y eut d'étonnant, lit-on dans l'histoircdu comté de Ponthieu , c'est que les Minimes crurent devoir enterrer cet hérétique, parce qu'ils furent bien payés.

On l'exhuma, peu après, pour le mettre au repaire. »

Notre impartialité nous fait un devoir d'ajouter que les écrivains de l'Eglise romaine rejettent sur Saint-Délys les premiers torts, en l'accusant d'avoir insulté d s catholiques sortant de l'office. H fut attaqué, racontent-ils, soù escorte dispersée; il se sauva de toit en toit, fut atteint, égorgé et pendu aux créneaux de sa forteresse. Nous adoptons la version prolestante qui entre dans des détails si précis qu'elle offire tous les caractères de la vérité.

Outre le fils qui partagea son trist»; sort, Robert de Saint-Dély s ( i ) laissa de

(1) \\ araU un frère atné, Pierre^ siear de Bernapré, qui embrassa le protestantisme et fut Kov^emeur da châteaa de Saamar (Kov. Yll, p. 520). Ce Pierre laisM une fille unique, Marie, qui épousa, en 159S, Charlet U Comtf-ic-yonantf sieur de Saucourt.

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son mariage avec ^ nne(fe Ltéi^o/, an second fils, nommé Robert^ sîeur d'Henooari> qui devint gentilhomme ordinaire de la cbambre du roi et capitaine de 50 hommes d'armes. 11 épousa Suhanne de Su$annej fille de François de Stfsanne el de Marguerite de Cardaillac,ei fot père de Robkrt, sieur d'Heucourt, maréchal de camp d'un régiment de cavalerie. Ce dernier prit pour femme^ en i638, Madelttine Arnaud, fille d'isaac Arnaud, intendant des finances, et do Marie Perrin, dont il eat an moins quatre enfants : !• Louis, qui suit; — 2» HsMRi-* Robert, vicomte d'Heucourt, maréchal général des logis de la cavalerie, qui époQsa, en 1 670, Uranie Justel (1), et en eut Olympe^ baptisée à Charentonle 19 mai 1672;— 5» Anne, morte à Paris en 1 680 ;— 4» Susannb.

Louis de Sainl-Dély s, marquis d'Heueonrt, fut chicané, en 1665, par l'évéqne d'Amiens au sujet du droit d'exer« cice qu'il avait à Wargnies, flef noble qu'il possédait, depuis 1654, du chef de sa femme, Elisabeth Le Comte^e- Nwianty fille unique de Josias, sieur d'Aspremont, capitaine de cavalerie, et àt Marie Baudouin, Les commissaires de l'édlt lut donnèrent raison contre Tévéque, ce qui n'empêcha pas le bailli <^ Amiens d'y interdire l'exercice de sa SMle autorité en 1 680 (Arch. gén. Tr.

24). Ce fut peui-èire à la suite de ces <^^i^nes que le marquis d'Heucourt quitija Picardie, pour aller s'établir en No^dandle, oii nous le trouvons, en 1682, Hsistant au synode de Quévilly, en quaU, ^e commissaire protestant.

Après la Wocation deTédit de Nantes, il promit e ge convertir (Arch. E. 53r72); ma^ii n'en fit rien. Sa femmes qui ne vouUpi^ même recourir à xù SRblerfogeaUrigé peut-être par les crconstances, fn g^r la demande de *■• de Malntenon, iferniée à Port-H<«fal en i 686(/Wd. £.-572), et, l'année juI- Ttnte, transféré6|i ehàtean de dise (Ibid. £. 3373). L Q et l'autre finfent

(1) Cest ippiTMiniieDrraiite Jnstel <^ était 4èl»ioe, im» le nom le»* de Sainl-D«7<, m cMMMde U Fèr«,et lS8)A^j^. g^n. S.i97S) .

par sortir du royaume, en 1688; leurs biens furent confisqués, et ceux du marquis donnés à l'abbé de Feuquiëres, neveu de Madelaine ArnaQd(/6^.TT. 338).

Il parait poortantque le mari revint plus tard en France; c'est ce qu'on peut Inférer d'une dénonciation contre lui, dans laquelle il est signalé au gouvernement comme un hérétique Irès-opiniàtre [Supplém, franc. 4026. 3).

SAINT-ETIENNE. Voy. LA LAN- DE.

SAINT-GELAIS. Kot/.LUSIGNAN.

SAINT-GENIÈS, nom d'un gentilhomme protestant du Haut-Quercy, qu'il nous parait Impossible de rattacher à la famille de Gontaot (Voy, V, p. 306), et dont La Popelinière raconte qu'as* siégé, en 1573, par Villars dans son château, il s'y défendit bravement jusqu'à ce que, perdant tout espoir d'ètro secouru, il fât obligé de se rendre via et bagues sauves. Envoyé à Cahors, H y fut mis à mort sur-le-champ, malgré la foi Jurée. Une partie de la garnison, qui n'avait pas voulu poser les arme^ et s'était retirée sur un rocher, fot recueillie par l>ej ifou/ir», accouru trop tard au secours de Saint-Geniès à la (été de mille arquebusiers et de cent salades tirés de Montauban. Après la red»

dition du château de Saint Génies, Villars passa dans le Ronergue, où il prit Brifenel à composition, après une bislle défense dirigée par La Montillière,

SAINT- GEORGE, nom d'une ancienne et puissante famille du Poitou, qui, en partie, embrassa la Réforme et, en partie aussi, y est restée fidèle Jusqu'à nos Jours.

Du mariage de Guichard de Saint- George, sieur de Vérac, avec Anne de Mortemer, célébré en 1 }90, naquireni huit enfants : l<^ Gabriel, sieur de Conhé, qui continua la branche de Vérac> — 2» Pontus, abbé de Valence, qui se convertitauprotestantismeavant 1 537, et épousa la prieure du couvent de Bonneuil, dont il n'eut pas d'enfante.

Théodore de Bèze nous le peint comme un homme libéral et magnifique,amftleur des lettres etgens lettrés;*— 3*i4n-

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dré, souche de la branche de Sceaulx (aliàs Céaux); — 4» Guichard. abbé commendalaire de Bonnevanx^ qui ab- Jura, comme ses frères^ la religion romaine; — 5^ Rose, femme de Pierre d'Aubusson ;— 6* Florence, épouse de Jean de Chabanois, sieur de Comporté;— 7» Marguerite, mariée à Georges Janvre, sieur de La Boucbetière; — 8* Françoise, religieuse à Fontevrault.

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