‹ La France protestante (volume 5)Chapitre 183 sur 241 · XXXIII. Decimarum secularium ori^ gines et juray · texte numérisé non relu

XXXIII. Decimarum secularium ori^ gines et juray

XXXIV. Positiones de capitis dimtnutione, restitutione majorum 25 an^ fds et alieneUionejudioii mutandicaus^ sa, 1786.

TRELGAT (Luc), né à Erin, près d'Ârras, en 1542, d'une famille pauvre, dut son excellente éducation à la bienveillante protection de Tabbessc d'un couvent. Il reçut sa première instruction à Douay et à Lille, d'où il vint k Paris proQter des leçons de Mercier et de RamuSy et puiser dans leur enseignement une vive sympathie pour les opinions nouvelles. Lorsque la guerre civile éclata, Trelcat, après avoir erré quelque temps en France, se décida àpasserenAngleterreets'établitàLondres, où il ouvrit une école latine, qu'il dirigea pendant huit ans. Appelé comme ministre à Lille, il se vil bientôt forcé de s'éloigner de cette ville et se retira à Bruxelles, où il exerça six ans les fonctions pastorales, puis la persécution l'obligea à se sauver à Anvers, où 11 fut retenu huit mois par le siège de la place et le peu de sûreté des che • mins. Il réussit enfin à gdgner la Hollande, et fut attaché, en 1585, à l'église française de Leyde. Environ deux ans après, il fut nommé professeur de théologie à l'université de cette ville, chaire qu'il occupa Jusqu'à sa mort, arrivée le 17 août 1602^ et dans laquelle U eut son fils ppor successeur.

TRE

TRE

Co flls^ nommé aussi Luc, était né à Londres en 1573. Reçn ministre à l'âge de 1 7 ans^ et sentant le besoin de se perfectionner par des voyages, il était parti pour Heidelberg, où il avait été retenu pendant six mois, comme prédicateur de Téglise française. Il avait visité ensuite Bàle, Zaricli et Genève, où son talent oratoire avait obtenu les éloges de Bèze et de Goulart, A son retour en Hollande, il avait été arrêté à Bois-le-Duc; mais il avait été assez heureux pour s'échapper et il était rentré dans Leyde après une absence de deux ans. Nommé ministre bientôt a^ près, et professeur de théologie à la mort de son père, il mourut le 1 2 sept. 1 607. Joseph Scaliger, son ami, lui fit une épitaphe, où il exprime les regrets de l'église et de l'université. Luc Trel" cat, pasteur à Amsterdam en 1638, était apparemment son fils.

Selon Meursius, Luc Trelcatle père a publié : Synopsis theologiœ,eX le fils: Institutiones theotofficB, Tableau de la briefveté de ceste vie y Leyde, 1 599, ingo, Antidotus contra pestem et Appor ratus ad S. Scripturam, qui, dit-il, est resté msc. Sous ce titre d'Institutiones théologies, Meursius comprendrait-il les thèses suivantes, toutes publiées à Leyde, in-40, entre les années 1600 et i 607 : De sacramentis in génère, \ 600 et 1604 ; — De qainque falsis sacrO" mentis Pontificiorum, 1 60 ! ;— De 6aptismo, i 602 ; — De fiîde justificante et fidei jusiificatione, 1 603 ; — De Ecclesid romand et capite ilUus, 1 603 ; — Dejugi Chrisiianorum sacrificio con»

ira missam papalem, 1 603 ; — De Ecelesid Christi, 1603 et 1607? Et ces thèses appartiennent-elles toutes à Luc Trelcat le Ois? Nous laissons cette question à éclaircir à ceux qui pourront se procurer Luc(9 Trelcatii senioris et Lu' cœ Trelcatii junioris Opéra theologica omnta,Logd. Bat. ,1 6 1 4, in-8«, où sans doute elles se trouvent reproduites avecles autres ouvrages cités par Meursius. Ajoutons qu'on publia à Genève, du vivant même de Luc Trelcat fils. Remèdes contre le mal^eiglé meiprie.

l^oublùmeêetlatTùp grande appréhension de la mcrt^ cueillis au jardin dé vie, par Lucas îrelcat. Franc. LanS' hergue, Daniel Toussaint et Guillaume Perkins, Gen., 1604, in-12.

TRBMBLEY ou Teemblet, famille originaire de Cbarlleu en Charolais, mais réfugiée à Genève depuis le milieu du xvi« siècle, et remarquable par le grand nombre d'hommes éminents qu'elle a produits.

Trois fils de Hugues Trembley,sienr d'Êly, etd'Esther de Chibaud s'enfuirent à Genève pour cause de religion.

Us se nommaient Êlienne,Louis eUean.

Les deux premiersy furent reçus bourgeois eu i 555. Le troisième, qui n'obtint pas la même faveur, à ce qu'il parait, suivit la carrière ecclésiastique, et fut placé comme pasteur à Genève, en 1564. Lorsqu'il mourut en 1599, il avaitl'Âge de SOans. lln'estdoncguère probable qu'il soit identique avec /ean TrerrMet, professeur de philosophie à Lausanne en 1 593, qui épousa, comme nous l'avons dit, d'après M. Dumont (Vby. VIII, p. 274), une fille de Jean Polier,ei en eut un flls, nommé Étien- RV, qui. Jeune encore, perdit la vie dans les guerres de religion. Selon Galiffe, qui ne le qualifie pas de ministre, le troisième fils de Hugues Trembley se maria, en 1 554, avec Anne Savyon, dont il eut Ëtibivnb, né en 1556, et Jacques, venu au monde deux ans après. Ce serait Etienne qui aurait été ministre et professeur de philosophie, et qui aurait épousé Marie Poller, tandis que Jacques se serait marié avec Marthe Roux, qui lui aurait donné un fils nommé Jean. On voit que la généalogie de cette brancheestassezembrouillée, elle s'éteignit du reste de bonne heure, de même que la branche atnée; car Etienne Trembley, qui entra dans le CG en 1561, ne laissa qu'un enfant mâle, Louis (un autre, nommé £- TiBififE, mourut jeune à ce qu'il semble), de son mariage avec Christophla Berthet, et ce Louis n'eut point d'enfants de son union (1569) avec /eaime Vincent j de Lyon,

tRt

TKE

Totitè la tamiiié ti^blérf uniom-* ifhni existante descend donc de Louis^ né en 1)^16^ qnt arriva à Genève en 1552^ flot reça bourgeois en i555/entra dans le CGeni566etmourntle f nov. 159B, ayant été marié denx Tois.

Sa première femme, Jeanne Seyverty qa'iiavait épousée àCharlieuen 1546^ ^ qui mourut de la peste en 15^7 i, le rendit père de trois enfants : i» Isaac^ né à Lyon en 1548, el moit quelques Jours avant sa mère ; — 2* Abraham, m en 1 556, et tué, en \ 589, dans une escarmouche ; — ^o Dayid, né en 1 559 el mort de la peste en 1 58 i . La seconde, Pemette GaZ/a^tn, lui en donna encore SIX, savoir ;— 4» Louis, qui suit; — %• ISAAC, né enl587,qui servit enBo- Mme comme capitaine de cavalerie, passa ensuite au service de Venise et mourut en ieSO, ayant eu de Marie de ta Chana, sa femme, trois enfants, un fils, Louis, et deux filles, Sara, femme du médecin Pierre Paschal, et Mali£ ;— 6» RoBERt, qui fil soucbe; — ^0 Jeannb, mariée à David ââ>er(, de Dieppe ; — 8» Junrni, femme de GcSbrwl Ifo/lef ;— 90 SusANKE, qui ^oosa, en 1 6 i 2> Antoine Dangers,

K6 le *r avril 1582, Louis Trembley entra dans le CG en 1605, fut nommé auditeur en I6IB, conseiller dlltaten 1651 et mourut le 27 nov. 1641, laissant la réputation d'un homme' habile dans le maniement des aflàires. Du mariage qu'ii avait contracté, en 1604, ayecCaiherine Sarro^'n, naquirent cinq enfants : 1» Jean, qui suit; — 2» Louis, qui fonda un nouveau rameau ; — 3»

Marie, femme, en 1643, du premier syndic Gabriel de La Maisonneuve ; — 40 AMDRiEindi, mariée, en 1 643, avec le syndic P. Fabri; — 5» Françoise, épouse de Jacques Saladin.

I. Jean, qui naquit le 17 juill. 1605, entra dans le GC en 1 631, devint conseiller en 1646, syndic en 1652, et mourut en 1659. Sa femme, (7a(/i6rine tioset, qu'il avait épousée en 1630., le rendit père de six enfants, savoir : l*

kiCHÉi, qtn suTl;— 2» Ïàcqubs, né le 26 nov. 1638, qui épousa, en 1678, Esther Cahndrini et en eut Michel et EstbbH^Madelaine, femme, en 1694, de Gabriei Puérari, capitaine au service d'Angleterre ;— 3» Marie, épouse de François-Théodore Girard^es-Bergeries; — 4» Jeanne, femme de Pierre Rcvilliod; — 5« Pierre, souche d'un nouveau rameau; — 6» Sara^ mariée à Daniel Galandrini.

Né le 19 nov. 1631, Michel Trembley, qui avait pris le grade de docteur en droit, remplit plusieurs fois les fonctionsde syndic depuis 1 672.111es exerçait lorsqu'il fut député, en 1680, à Paris pour féliciter Louis XIV sur le mariage du Dauphin. Il réussit, à force de dextérité et de prudence, à obtenir du roi le rappel du résident de France Ghauvigni, qui s'était rendu odieux à Genève par ses façons d'agir despotiques et surtout par rétablissement du culte catholique dans son hôtel. Trembley ne montra pas moins d'habileté dans d'autres missions dont il fut chargé auprès des Cantons suisses. 11 avait été trois fois premier syndic lorsqu'il mourut en 1713, laissant cinq enfants de sa femme Charlotte de Normandie^ savoir : i» Jean, qui suit; — 2» Jean- Jacques, né en 1676, procureur général et commissaire général , mort en 1763> à qui sa femme, Elisabeth Peràriauy donna Jean- jACQUEs,né en 1712 et mort îen 1779, n'ayanteu qu'une fille, mariée knngentiltiomme suédois du nom de Jennings, Jean, mort à Saint- Domingue, et François-Louis, décédé en 1777, sans postérité; — s» Sara, femme de Théophile Mallet ; — 4» Suranné, épouse, d'Alexandre Rilliet ; — 5<> Marie, qui épousa Antoine Léger, professeur de philosophie.

Jean Trembley, né en 1674, porta les armes au service des Provinces-Unies^et servit avecdistinction,en 1712, dans la guerre qui éclata entre les Gantons protestants et les cattioliques. 11 n'avait point encore atteint l'Âge de 25 ans, lorsqu'il entra dans le GG. Il remplissait pour la troisième foislacharge

TRE

IHË

de K^dlc^ loliifa'rt ftit dép^ pal* là IMirti populaire en 1*734. n mourut en mu, ayant en qnatre enfants de son union avec Anne Lullîn: 1« Jean, n6 en 1704^ conseiller d'Etat en 1749^ syndic eh 1755 et 1759, décédé en 1 7^5 ;— "2» AiatUtoAM, qui suit; — 3* lACQuts-ANDâfi, dont nous parlerons après son frère; — 4» Maaie.

i * Abraham Trembley^, savant naturaliste, naquft le 3 sept. 1 710. Il fit d'excellentes études dans le collège de sa ville natale, et manifesta de bonne heure un goût très-virpour iessciences eiactes. ^on père le destinait au ministère ; mais le jeune Trembley ne put se résoudre à suivre une carrière pour laquelle il ne se sentait aucune vocation. 11 partit donc pour la Hollande avecl'espoird'y trouver un emploi. Son attente ne fut pas déçue. Le comte de Bentinck, résidant anglais à La Haye, lui confia l'éducation de ses enfants.

Trembley, qui consacrait ses loisirs à l'étude de Thistoire naturelle, aperçut un Jour, dans une promenade avec ses élèves, un polype à bras, espèce d'animal fort singulier et4>resque iBCoima Jusque-là. Il passa près de quatre ans à observer les mœurs et l'organisation de l'étrange zoophy te, et par une série d'expériences fort ingénieuses, nonseulement il s'assura des moyens dont il use pour saisir sa proie, mais il reconnut qu'il ala propriété de se reproduire, comme certaines plantes, par bouture.

Lorsque le comte retourna en Ângleterre,iiry suivit.Peu de temps aprèsja Société royaiede Londres l'admit dansson sein et l'Académie des sciencesde Paris le nomma membre correspondant. Rentra ensuite comme gouverneur dans la famille du duc deRiohemcmd, avec qui il voyagea en Allemagne et en Italie, en sorte qu'il ne retourna à Genève qu'en 1 757. En i 760, il futnommédirecteur de la bibliothèque de la ville avec son ami Ch, Bonnet. Vers le même temps, il entra dans le conseil des ce et devintmembrede la commission chargée de l'approvisionnement. Cette charge lui fournit Toccasion d'étudier

les mfturfe Heft in^tès (jptii rohcfèhtle blé et les mbyens de les détruire. A la révolution de 17BS, il fut exclu du Grand GouFeil ; ttiais, en 1 7S2 . il y reprit son siégé qu'il n'occupa plus longtemps, étant mort le 12 mai 1784. te son mariage avec Ifarievon der Strassen étaient nés en 1 760,t^iBanB-Gua- LAUMB, qui épousa N. Roguin, d'Y verdon, et, en 1764, iBAn-CluaLBs^ qui fut conseiller d'Etat en 1 8 1 3, puis premier syndic, et qui travailla, avecStV mondi et d'autres, aux Annales de législation et de jutisvruàence (Gen., 1820-22, 3 vol.in-8o). Charles Trembley épousa, en 1793, Lowse-Julie- Constance van Berchêniy dont il eut :

10 PiBn&B-CHARLBR, ué OU 1 799, marié, en 1821, à Jeanne Tollot; — 2»

CoNSTÀNCB, femme du procureur général Jean Martin ; — 3« FEAKiçoig-JQ- Lss, néle 22fév. 1807.

Les ouvrages d'Abraham Trembley ne sont pas nombreux ; ils suffisent toutefois pour lui assigner un rang trèshonorable dans Thistolre littéraire du XVIII* siècle. En voici les titres :

I. Mémoires pour servir à l'histoire d'un genre de polypes d'eau douce ^ à bras en forme de cornes, Leyde^ 1 74 4, in-4%avec 13 planch. dessinées par te célèbreLyonn^t; réimp. Paris, 1744, 2 vol. in-8o; trad. en allem., Queélinb., 1775; 1791, in^8».

II. Instructions d'un père 4 ses enfans sur lanature et la reUgion, Gen., i77S, 2 vol. in-8*; trad. en allem^ Leipz., 1776-80, 4 parties in-S^

•ÛI. Instructions d*unpère àseseï^ fans sur la religion naturelle et révélée, Gen., 1779, 3 vol. ia-s^.

IV. Instructions d'unpèr^à ses «fifans sur le principe de la religion et du bonheur, Gen., 1783, in-8«.

M. Quérardlui attribue encore «n Essai sur la vérité, s. i.> i 776^ in-8^

il a publié, enoutre^dansles Phl>lesoph. Transact. (1742) : Observth iions and 'eooperiments on the /reshwater polypus; — (l 744) : On several newly discovered species of freshnoth ter polypi; '^ On the Ught caused by

TRE

TRE

^^ksUoer shakenin aglass ivbefrom ^ctricity; — Of several species af mail water insects of ihe polypus kind; — (1755): Ofstanes in theeountry of Nassau resembUng those ofthe Gianfs Causeway in Ireiand; — On thenatural history of iheAdriatic sea; — (1756) : Of an earthquake felt at Mogne, etc. — (1757) : — On earth^ quakes, polypes, fossils; — On the state of the thermometer at the Hague on the9 jan. 1757.

S« Frère du précédent, Jacques-André Trembley naquit en 1714, et se Toaa an ministère sacré. Nommé en 1752, professeur de mathématiques et de philosophie 9 en même temps que pasteur d'une église de Genève, il fut appelé, en 1 756, à remplir la chaire de phil08ophieetrevètu,rannée suivante, de la dignité de recteur. Il mourut en 1763. On a de lui :

Page 1