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VII. Poésies y restées inédites

TROUILLARD (Jacques), sienrde

La Boulaye, docteur en médecine et médecin du roi de Navarre, a laissé, en msc., selon La Croix-du-Maine,un6 traduction française du Dialoguede Paracelse contenant la défense de la Chri» sopoie. Il vivait en 1584 et était originaire du Mans. Son frère, Guillaume Trouillard^ sieur de Montcbenu, savant avocat, est auteur^ selon quelques écrivains , des Mémoires des trouUes advenus au Maine, que La Croix-dn* Maine, vraisemblablement mieux informé, attribue à Barbier-Francourt.

TROUILLARD(PiERRE), ou Trouillart, natif de Sedan, fit ses études à l'académie de cette ville, où il soutint^ en 1639, sous la présidence de Du Moulin, une thèse De missd et trans' substantiatione, qui a été publiée dans les Thèses Sedan. L'abbé Boulliot affirme qu'il fut appelé à remplir plus tard une chaire dans cette académie; mais il ne dit pas en quelle année. Après avoir desservi différentes églises de la Champagne, comme celles de la Ferté-au-Vidame, d'Aï, oii il fut remplacé,en 1 669, par son flis encore proposant, et de Roucy, il fut donné pour collègue au pasteur de Calais, Deixiua?. C'est lui qui répondit à la signification de TAvertissement pastoral {Arch,gén.

Tt. 276}. Peudetempsaprès, en 1684, l'église de Calais fut interdite, sous le double prétexte de prédication séditieuse et d'admission dans le templedes enfants d'un nouveau converti.Trouillard se retira en Hollande , où il fut placé en 16S6; mais, dès l'année suivante, il passa en Angleterre et devint

ministre de l'église française de Cantorbéry. Nous ne connaissons pas l'année de sa mort. On a de lui :

I. Douze arguments proposez contre la transsubstantiation, avec la réfutation des réponses du sieur Quideoeuf, Charent., Olivier de Varennes, 1657, in-12.

II. Traité de l'Eglise fondée sur la Parole de Dieu, opposée à VEgUse sans fondement, Charent., 0. de Varennes, 1659 , in-80. ~ Dédicace à Eléonore de Beaujeu, baronne de La Maisonfort, douairière de Favières.

IIT. Deux sermons pour le jeûne du 29 juin 1667, Sedan, 1667, in-8«.

Pierre Trouillard avait épousé, en 1660^ étant ministre à Aï, MarieNoé, veuve de Crespin Des Ormeaux, marchand à Paris (Reg. de Char.). H avait déjà eu d'un premier mariage un fils, nommé Philippe, qui lui était né à La Ferté-au-Vidame, et qui fit ses études en théologie à Genève, où il fut immatriculé en 1668. Placé à Aï en 1669, et plus tard à Oisemont, Philippe Trouillard sortit aussi de France à la révocation avec sa femme Susanne Régnier {Arch. Tt. 235). Il est apparemment lemémequeF/oren(-P^t7;/>pe Trouillard, le premier pasteur de la colonie de Strawberry-Ferry, dans la Caroline du Sud. — D'autres membres de cette famille ne purent échapper à la vigilance des persécuteurs. En 1 686, la femme de Jean Trouillard, de Sedan, fut envoyée dans un couvent à Réthel, tandis que ses deux filles étaient enfermées à la Propagation de Sedan (Ibid. M. 674).

TROCILLAS (N.), avocat, dont la maison, située sur la place Maubert, avait servi à plusieurs reprises de lieu de réunion aux Protestants. Dénoncé par deux Jeunes apprentis que leurs maîtres avaient conduits à une ou deux de ces pieuses assemblées et qu'ils avaient plus tard chassés pour quelque faute, Trouillas s'était soustrait parla fuite à la peine de mort qui le menaçait; mais, informé des accusations exécrables portées contre lui, rien ne

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pot le retenir, et bravant une mort imminente, il vint avec âa famille se constituer prisonnier. Ces accusations, au reste, étaient les mêmes que celles qui, dans les premiers temps de TE* glise, avaient été exploitées contre les Chrétiens. Assassinats de petits enfants, accouplements à chandelles éteintes, incestes, ordures inràmes, rienn'y manquait. C'était tellementabsurde que le parlement lui-même n'y croyait pas. Aussi se contenta-t-on d'interroger Trouillas sur sa foi; mais il refusa de répondre avant que le premier chef fût vidé. La cour, le voyant inébranlable, fit donc visiter ses deux jeunes et belles filles qui, selon les delàteurs,s'élalent prostituées dans ces assemblées. Mais en vain fit-on venir plusieurschirurgienset sages-femmes, en vain les soumit-on plusieurs fois à une odieuse visite, tous attestèrent qu'elles étaient vierges, sauf une vieille matrone qui confessa plus tard qu'elle avait été subornée. On les confronta^ensuite avec leurs accusateurs, dont les tergiversations et les réponses contradictoires auraient dû suffire pour les Justifier pleinement. Et cependant elles restèrent, ainsi que leur pcre et leur mère, ensevelies dans leur prison, d'pii elles ne seraient sûrement sorties que condamnées comme hérétiques sans redit rendu, à Toccasion de la conspiration d'Amboise , qui les remit en liberté, sans faire justice delà calomnie dont elles avaient été victimes. Encore durent-elles s'estimer heureuses d'échapper à leurs bourreaux. Combien d'autres n'eurent pas le même bonheur!

«Depuis le mois d'aoustiusques en mars (1559-1560), dit un historien contemporain, il n'y avoit que captures et emprisonnemens, pilleries de maisons, proclamations à ban et exécutions de ceux de la religion avec très cruels tonrmens : et toutes fols parmi telles tempestes, ils ne discontinuèrent leurs prédications et tout autre exercice de leur religion. Entre ceux qu'on fit lors mourir à Paris furent un serviteur d'un Nicolas Ballon, peu auparavant exé-

cuté pour cesie mesme cause , Marin Mariey la dame de La Caille^ un charpentier, Martin Rousseau, PierreMillet, Jean Geoffroy, outre grand nombre d'autres qui furent envoyez mourir semblablement aux lieux de leurs nativitcz ou captures. »

TUOUILLON (Jean), natif de Melguel, s'établit à Paris comme apothicaire. La fortune considérable dont il Jouissait attira l'attention des convertisseurs. Le 24 janv. 1686, Seiguelay écrivit à La Reynie pour lui ordonner d'arrêter sa femme, « une des plus opiniâtres huguenottes qu'il y eût », le roi espérant queo sa conversion pourroit attirer celle de son mary. » L'ordre fut exécuté, M»« Trouillon fut enfermée aux Nouvelles-Catholiques, oh elle mourut probablement {Arch. gén.

E. 3372). Pourquoi n'arrêtà-t-on pas Trouillon lui-même, nous ne saurions le dire; peut-être était-il déjà sorti du royaume, car les registres de l'église française de Bâle nous apprennent qu'il se réfugia dans cette ville en 1686.

Nommé ancien de l'église en ni 0, il mourut, le 24 Janv. m l , laissant par testament 200 francs aux pauvres, 500 pour l'entretien du ministère, et tout le reste de sa fortune à sa nièce Jlfargueriie de Vicques, de Montpellier, qui avait été placée auprès de la duchesse de Wiirtemberg, pour lui enseigner la langue française, et qui était devenue sa demoiselle de compagnie favorite.

TRUC (N), juge de Florensac. On lit dans la fameuse Remontrance du clergé de France faite (le 2 avril 1656) auroy, la reine sa mère présente, par M. l'illustrissime et révérendissime Louis- Henri de6ondrin,archevesquedeSens, remontrance qui n'est guère qu'un tissu d'impostures et de calomnies : a 11 n'y a, sire, que peu de mois que le Juge de Florensac, qu'on appelle vulgai renient le viguier, et qui en son nom s'appelle Truc, conceul le dessein nouveau et abominable de se Jouer des cérémonies de l'Eglise catholique par une imitation toute sacrilège et toute profane. Il assembla la nait au clair de la lune plu-

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eiears hognenots qni allèrent par les mes desgoisez en prestres , chantant à plusieurs reprises les paroles latines de i'Escrllure que les prestres repètent souvent dans ia célébration du divino£Qce^ lorsqu'ils souhailtent que le seigneur soit avec ceux qui y assistent. En suite decetteprocession scandaleuse^ ils s'as* semblèrent sous une balie^ ils contrefirent toutes les cérémonies que l'Eglise catholique pratique dans le saint sacrifice de la messe ; ils levèrent du pain et du vin, et pour ne rien oublier de tout cequi pouvoit rendre parfaite et accomplie cette illusion diabolique^ ils donnèrent encore la communion aux assistants qui estoyent complices de leur fiction impie, sans redouter les yeux de plusieurs autres personnes qui en furent les tesmoins. Le bruit d une action si honteuse et si insolente estant venu à Tboulouse,vostrepariement,dontlezèle pour la religion caliiolique est esgal à sa fidélité pour vostre service, estant esmeu d'une Juste indignation, fit informer de ce fait, et prendre prisonnier ce juge qui avoit ditcette messe feinte, et estoit le premierauteur visible d'une si Insigne profanation, dont le démon chef de tous les hérétiques estoit l'auteur invisible. Ces mots d'information et d'emprisonnement du criminel, ont desjà sans doute fait juger à V. M. que cette cour souveraine a fait le procez à cet insolent, et expié par son supplice un sacrilège si exécrable. Cependant, sire, cette action si noire, ce crime si punissable dans un royaume catholique comme est le vostre, cet attentat qui crie vangeance au ciel et à la terre est demeuré Jusques à présent sans estre vangé.»

A cet acte d'accusation dressé par le clergé de France, opposons le témoignage de l'histoire. Elle nous représente Truc comme un homme sage, prudent, vertueux, plein de zèle pour sa religion, mais sans fanatisme, estimé de ses con* citoyens, catholiques ou protestants.

Une preuve irrécusable que son élection n'avait point été le triomphe d'une cabale et qu'il ne devait sa place qu'à la

considération dont il jouissait, c'est qut à Florensac, sur une population d'envi* ron trois mille âmes, on comptait à peine 200 protestants. L'accusation de sacrilège, dans laquelle furent enveloppés Denis Truc^ son neveu, le cadet de Serres, Jean Renons, vieillard impotent, Jacques Besombes, et quatrecatholiques,le sieur de Villerban, premier consul de Florensac, âgé de 70 ans, le second consul Jouve,et deux frères nommés Jean et Antoine Tondu, fut intentée par Vésiac, curé de Florensac. Les principaux témoins à charge étaient un berger, Pierre Hestre, dont le nom se trouvait au bas de sa déposition, bien qu'il ne sût pas écrire, et deux paysans de Ifemier, villageà cinq lieues de Florensac, dont l'un n'avait pas mis les piedi dans cette ville depuis six ans, et l'autre depuis sept ou huit, comme ils le déclarèrent devant le présidial de Béziers.II est évident pour tout juge impartial que cette atroce accusation était l'œuvre d'une vengeance particulière. On affirme que, saisi de remords, le curé Vésiac voulut même la retirer, mais qu'on ne le lui permit pas, et que dans son désespoir, il abandonna sa cure pour se Jeter dans Tabbaye de Vlllemagne.

Tous les honnêtes gens d'ailleurs étaient convaincus de l'innocence de Truc, qui avait été arrêté, dix-sept jours après la prétendu sacrilége,dans un voyage qu'il avait fait à Toulouse pour y soutenir un procès intenté par le duc d'Uzès contre l'évèque d'Agde. Le prince de Conti écrivit en sa faveur au parlement. Un chanoine d'Agde fit exprès le voyage de Toulouse afin de solliciter pour lui. Le servantin Isnar, qui ptècbait précisément l'octave à Florensac, et tous les moines de la ville le Justifiaient hautement. Forts de tous ces témoignages, le duc d'Uzès et le député général des églises obtinrent sans beaucoup de peine le renvoi de lacausedevant le parlement de Grenoble ; mais celui de Toulouse ne voulut points'en dessaisir ets'empressa de condamner sept des accusés an feu par contumace. Il fallut que le Conseil évoquât Taflistire. C'est alors que l'as-

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