‹ La France protestante (volume 5)Chapitre 193 sur 241 · TUE · texte numérisé non relu

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semblée da clergé Jagea à propos d'Intervenir. De son c6té, le député général pressait le Conseil deJagerTroc^ qui a- Tait été remis provisoirement en liberté ; mais U parait qu'on laissa tomber le procès ; ii nous a été au moins im* possible de découvrir comment il se termina.

TlJEFFERD(PiERaB),ministreprotestant et recteur du gymnase de Montbéliard, où son aieul^ MaimbeufTuef* ferd, avait été reçu bourgeois^ let 9 juin 157 7, naquit dans cette ville vers 1605. Destiné à la carrière ecclésiastique, il fut envoyé au séminaire de Tubingoeet s'y fit remarquer par ses progrès. Ses études terminées, il s'occupa d'enseignement^en attendant qu'Use présentât une place dans le clergé du comté de Montbéllard. Nommé, en 1 652, diacre ou pasteur adjoint à Blamont, il Tut transréré, au bout de trois ans, dans la paroisse de Colombier-Fontaine comme pasteur en titre ; mais, la même année, son goûtpour les lettres le décida à accepter les fonctions de recteur du gymnaèe, qu'il remplit jusqu'à sa mort, arrivée enavril 1655. Il avait épousé, le 35 mal 1641, Barbe Cucuel. Deux de ses enfants nous sont connus parles Registres de l'église française de Montbéllard, savoir: Jules-Fréuéric, baptisé le 20 mars 1646, etPiERBS, né posthume et bapt. le 25 nov. i 655.

Pierre TuefTerd était un homme instruit ; il était versé dans les langues savantes et possédait des connaissances étendues en philosophie. Notre ami, V. Fr. Beur/tVi, pasteur à Etobon, nous apprend qu'il a laissé plusieurs oovrage8,dont aucun n'a été imprimé. Ilavait aussi préparé une édition de la Logique de Bartholin, mais il parait que son travail ne ftit publié qu'après sa mort sous ce titre : Logica peripateiica C, Bar* tholinifOUm a Tufferdo recognita, Nunc verà aucta Tractatu de causé et catpsato, subjecto et accidente^ ex Loyicà GuionisBrisechouxeœcerpto, Unàcum tabulis prcBdicamentibxis ejusdem auC' tom, Montbelg., C. Hyp, 1669, in-8% pp. 148.

TUFFAN (Gabriel), ou Tuffard, ministre à Saint-Laurent, en 1 6 20, fut fiuspendn de ses fonctions par le Synode national d'Alais, parce qu'il s'oocupait trop des affaires du siècle, contra le précepte de l'Apétre, et qu'il était tombé dans plusieurs grands défauts.

Le châtiment sembla produire en lui un changement si heureux, que le synode provincial d'Uzès, ayant d'ailleurs égard à tout ce qu'il avait souffert pendant les troubles de 1620, ne craignit pas d'outrepasser ses pouvoirs en le rétablissant dans sa place, et le Synode national de Charenton approuva sa décision. Tuffan ne se montra pas digne de celle indulgence; il abjura en 1656, moyennant une pension de 400 livres que lui fit le clergé romain (Voy. Vil, p. 555).

TURCKHEIM(JEÀNi>B),néàSlrasbourg,lelOnov.l749,d'une des familles les plus notables de cette ville, s'appliqua à l'étude du droitctsefitrecevoir licencié. H avait déjà rempli diverses fonctions municipales, et venait d'être nommé inspecteur laïque de S.Pierre- Ic-Jeune lorsque ses concitoyens l'envoyèrent, comme leur représentant, à l'Assemblée constituante, ou il ne s'occupa que d'intérêts locaux. Sous la Terreur, il sortit de France et se retira en Allemagne. Nommé minisire plénipotentiairede plusieurs princesallemands auprès de la diète du cercle de Franconie, et, plus tard ministre du grandduc de Hesse-Darmstadt auprès de la diète germanique, il donna dans ces divers emplois tant de preuves de sa capaciié, ainsi que de la fermeté et de la loyauté de son caractère, qu'il fut choisi, après la pacification générale, pour on des négociateurs du concordat, que les princes protestants désiraient de conclure avec la cour de Rome ; mais toute son habileté échoua contre l'obstination du Pape, qui ne voulut traiter qu'avec chaque prince séparément. U mourut, le 28janv.i 824, àAltorf dans le Grand-duché de Bade, laissant la réputation d'un diplomate habile et d'un savant publiciste. On a de lui :

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I. Diss, de jure legislatorio Mero^ vingorum et CaroUngorum Galliœ rt" gum circa scLcray Pars 7, Arg., 1771; ^ParsIÎ, Arg., 1772, ln-4«.

II. Berichte an die Gemeinen von Strasburg ilberdie Lageder National' versammlung imMonat October dièses Jahrs, als er dieseWe vérités , 1789, 8».

III. AbhandlungdasStaatsrechtder Stadt Strasburg und des Elsasses ilberhaupt betreffendy Strasb., 1790, iQ-8^.— Cet ouvrage avait d'abord été pablié eu franc., Strasb., 1789,iD-4% sous ce titre : Mémoire de droit public sur la ville de Strasbourg et l Alsace en général.

IV. Tablettes généalogiques des i7lustres maisons des ducs de Zàhringen, margraves et grands-ducs de Bade, Darmst., 1810, in-8«.

V. Histoire généalogique de la mai" son souveraine de Hesse^ depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursy Strasb., 1819, 2 vol. in-8<».

VI. Betrachtungen auf dem Gebiet der Verfassungs'Und StaatenpoUtik , Vol. I, Karlsr., 1842, ln-8o.

Tûrckheim avait été uu des rédact.

du Biirgerfreund publié par Blessig.

TDRNÈBE (Adrien), en latin Tue- NEBUS, érudit, un des premiers pro* moteurs de la renaissance des lettres en France, naquit, en 1 5 1 2, à Andely, en Normandie, de parents nobles. Dès rage de 11 ans , on l'envoya à Paris pour y faire ses études. Ses succès répondirent à ses rares dispositions. Eu 1532, il fut reçu maltre-ès-arts. Odet de Châtillon, qui le protégeait, ayant été nommé archevêque de Toulouse (1533), lui fit obtenir une chaire à l'université de cette ville. Il l'occupa Jusqu'à ce que la chaire de littérature grecque et latine au Collège royal, étant venue à vaquer par la mort de Toussain, on l'appela à Paris pour la remplir, en 1547. Il passa ensuite (1561) à la chaire de philosophie grecque. En 1 552^ il Joignit à ses fonctions de professeur la direction de l'imprimerie royale pour les livres grecs : mais, après quatre années environ d'exercice^

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il se déchargea de ce soin sur Guillaume Morel, qu'il s'était associé, pour se livrer tout entier à ses travaux de cabinet. Sa réputation s'étendait au loin, on accourait à ses leçons de toutes les parties de l'Europe, c J'ay autres fois appris , écrit Est. Pasquier, de trois Allemans, gens d'honneur, qu'en plusieurs universités d'AIlemagne,lorsque ceux qui sont en chaire allèguent Tur* nèbe et Cujas, aussitost mettent-ils la main au bonnet, pour le respect et honneur qu'ils portent à leurs mémoires.»

Tous les savants, ses contemporains^ lui rendent hommage. Le chancelier de UHospilal fut du nombre de ses admirateurs. Au Jugement de Joachim Gamerarius , son émule en Allemagne , quelque magnifiques que soient les éloges qu'on donne à Tumèbe, ils resteront toujours au-dessous de son mérite. Montaigne, qui avait suivi ses leçons, nous dit dans ses Essais que Turnèbe « sçavoit plus, et qu'il sçavoit mieulx ce qu'il sçavoit, qu'homme qui feust de son siècle, ny loing au delà.» Et dans un autre endroit, après s'être moqué de ces savants qui « semblent estre ravalez, mesme du sens commun, » il fait une honorable exception en faveur de notre érudit, «qui n'ayant faict aultre profession que de lettres, en laquelle c'estoit, à mon opinion, le plus grand homme qui feust il y a mille ans, n*ayant toutesfois rien de pédantesque que le port de sa robbe, et quelque façon externe qui pouvoit n'estre pas civilisée à la courtisane, qui sont choses de néant; et hay nos gents qui supportent plus malayseement une rol>be qu'une ame de travers, et regardent à sa révérence, à son maintien et à ses bottes, quel homme il est; car au dedans c'estoit l'ame la plus polie du monde : Je l'ay souvent à mon. escient Jecté en propos esloingnez de son usage : il y veoyoit si clair, d'une appréhension si prompte, d'un Jugement si sain, qu'il sembloit qu'il n'eust Jamais faict aultre mestier que la guerre et affaires d'estat. Ce sont natures belles et fortes,

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Qneit irte benlgna XI miliore hto ftnxit pracordia TitaD,

fai se maintiennent an travers d'ane mauvaise Institution. »Les qualités du cœur répondaient chez Turnèbe aux qualités de l'esprit. « La douceur de •on visage^ dit Mcéron^ falsolt connot- Ire celle de son ame. Ses mœurs éloient IrréprocbableSy et ses vertus éloient ao eompignées d'une modestie sansexemf»le. » Gbose rare à celte époque^ il n'eut guère à soutenir avec ses adversaires que des luttes à armes courtoises (1).

n fût plus âpre à l'attaque dans ses sorties contre la Société de Jésus :

Oo0 DOTâ snrrepitsecU, et meatUar Jesum, Pulce latrociniis prsetendeoB nomen opertif , Tlirtoreii emisia TidU.

C'est à leur adresse quMl composa en latin une petite pièce de vers^^id So»

Uricum (2) gratis docentem, qu'il traduisit lui-même en français. De même que les charlatans de la foire^ les enfants de Loyola vendaient leurs dro« gués gratis. « Ils refusent l'obole de recoller, disait Turnèbe dans cette satire, mais ils savent capter des milliers d'écus; ils rerusent un salaire légitime, mais ils dépouillent les pauvres; lis courent après les grosses proies, et voilà pourquoi ils mépri* sent les petites. » Les Jésuites n'étaient pas seuls en butte aux sarcasmes deTurnèbe, il confondait dans une même aversion les moines et les chanoines, à qui il reprochait leur avidité, leur paresse et leur vie tout épicurienne. D'un caractère doux et conciliant, ami de la Justice et de la paix, sans autre ambition que de contribuer à la prospérité de son pays, il souOrait profondément de nos discordes civiles. On lui a attribué une apologie de PoUrot, Hais il parait positif qu'on doit restituer cette pièce à Montdoré, comme

(1) Um diipute qu'il ent itec Ramut aa iniet de Gicéron, ferait eicepiion. Mais, nous dit If. 'Waddington, « il fat désarmé par la constante et bienTeillante modération de «on collôgue : Teflllne ayant fait taire tonte animosité, il se récon* eUia avec lui et mourut ion ami. •

(3) £(dTT^ucdc, ZtàtmvK^, qai a le varta de préierTer, de laaTer.

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nousravonsditàrarticledece dernier.

€ Une autorité que ]e crois sûre, dit M. Renouard, celle du savant bibliothécaire de la Dibl. de De Thou, de la main duquel est écrit au Catalogue [Impr.] le titre tel que ]e le rapporte (Pétri Montaurei Rondaei Poltrotus Merœus, Genevœ,HenricusSlephanus,l567,ln-4») Délaisse pointd'incertitudesurl'auteur de ces vers, et fait bien connaître que cet éloge d'un odieux assassinat ne peut être mis à la charge du savant et estimable Adrien Turnèbe , tout prévenu qu'il pût être eu faveur de ceux que persécutèrent si âprement les Guise. »

L'excès de travail usa de bonne heure les forces de notre savant ; il avait à peine accompli sa 53*année, lorsqu'il fut enlevé par une maladie de consomption, le 1 2 juin 1 565, à sept heures du matin. « Le jour même de sa mort^ à neuf heures du soir, son corps, accompagné d'un petit nombre d'amis, tai enseveli [ainsi qu'il l'avait expressément recommandé] sans aucune cérémonie [c'est-à-dire sans l'assistance d'aucun prêtre] dans le cimetière des écoliers, où il avait voulu être enterré, comme le grand médecin Jacques Dubois, quelques années auparavant. » Il laissa sa femme enceinte avec cinq enfants; Il l'avait épousée en 1547. Trois de ses ûls sont connus : 1« Odbt ou Otho, avocat au parlement de Paris, mort eni 58 1 , à l'âge de 28 ans 9 mois. Il avait été pourvu, dit-on, de la char> ge de premier président à la Cour des Monnaies; mais il mourut avant d'avoir été installé. On lui doit, au rapport de l'abbé Sicard (Blogr. univ.) la publication de quelques ouvrages de son père, et l'on trouve des vers de lui dans le Recueil des pièces inspirées par la puce de M»» Des Roches. — 2^ AnaiEW, mort en 1 594, a été l'éditeur de la 3* partie des Adversaria de son père; on a, en outre, de lui quelques pièces de vers français et latins, entre autres, Othonis Tumebi, in suprema Curia parisiensi advocati, Tumulus, Lutel., Mamert Pâtisson, 1582, in-8». — 3»

Etienns, conseiller au parlement de

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Paris^ fournit aa libraire Zetzner^ de Strasbourg^ les additions cl corrections de l'édit. complète des (Œuvres de son père.

Une question divise les biographes.

Adrien Turnèbe pencbait-il vers les doctrines de la Réforme^ ou resta-t-il jusqu'à la fln un flls soumis de TEgiisa romaine? M. Cb. Waddington a traité à fond cette question dans une Notice qu'il a consacrée à notre savant (Bull, de la Soc. de THist. du protestantisme^ 3< ann.). Les faits qu'il oppose aux af* flrmations sans fondement de ses adversaires^ nous semblent laisser peu de chose à l'interprétation^ même des plus retors. Dans la dédicace mise en tête de son édition de Saint Cyprien^ Tur* nèbe disait à Charles IX : a Les deux partis me paroisscnt également coupables : les uns, par un orgueil ridicule, se croient parfaits et condamnent d'avance tout ce qui ne leur ressemble pas, tandis que les autres^ par un excès blâmable, déclarent impies de tout point ceux dont néanmoins ils ne sont séparés qu'à certains égards. Adoucir et réconcilier ces âmes aigries m'a paru une noble entreprise... On nesauroit nier les souillures qui peu à peu se sont introduites dans l'Eglise, et qui y ont engendré de si grands vices. Eh bien, il en faut puriûer l'Eglise; il y faut rétablir la Toi si sainte, si pure, si chaste et si sincère des premiers temps : il en faut chasser l'argent, le gain, les richesses, et supprimer ces communautés particulières, qui, en dehors de l'autorité des évéqucs, vendent leurs prières an peuple et le dépouillent comme des brigands qui volent un voyageur au fond des bois. Il faut exdure des dignités de l'Eglise ces épicuriens qui jie recherchent que le repos dans le luxe et la paresse , qui se refusent à enseigner la religion, et qui n'aiment que les honneurs et les banquets spiendides. Quant aux partis qui se font une guerre si cruelle au nom de la religion, s'ils ont encore quelque notion de piété, ne les prenons pas euxmêmes pour juges, soit de leurs persé-

cutions, soit de leurs griefs; mais qu'ils se soumettent an Christ, puis aux Apôtres et aux Chrétiens les plus rapprochés de leur temps. Qui oserolt en ap« peler de tels juges? Ne sont-ils pas les auteurs et les chefs de notre foi? » N'était-ce pas là le langage d'an protestant ? Cal vin lui-même ne demandai t pas autre chose. Les sentiments de Turnèbe se manifestèrent tout aussi clairement dans les derniers moments de sa vie.

Non-seulement il refusa d'appeler un prêtre et recommanda qu'on l'enterrât « sans aucun apprêt et sans aucune pompe funèbre, » mais il fit, en présence de quelquesamis qui l'assistèrent la déclaration la plus formelle a qiffl méprisait et rejetait absolument toutes les cérémonies de l'Eglise romaine, et qu'il embrassait de tout son coeur et de toute son àme la doctrine des prophètes, du Christ et des apôtres.» C'est ce que rapporte, avec toutes les circonstances de sa mort, un témoin oculaire, qui se cache sous le nom de Philaretus, dans une lettre (en latin) contenant le récit véritable de la mort d'Adrien Turnèbe, professeur royal; avec plusieurs épitaphes composées en mémoire de cegrand homme par quelquesuns de ses amis aussi pieux que savants (Paris, 1565, ff. 18 in-4«). Dans l'opinion de M. Waddington, cette lettre (i) a probablement été écrite par Jean Mercier, le collègue et l'ami particulier de Turnèbe, à qui il consacra trois épitaphes, l'une en hébreu, l'autre en grec et la troisième enlatln.Yolci celte dernière :

DociriD& InsigDis, nalli pletate secnndaf ,

Mortem laadalo fine beatus obit TunieboSy conclif moram dalcedinegrattif,

loTisusDullifCvlera felle carens.

Desino Turnebi fatam, stodiosa jatentas,

Plangere : jam Ghristo tifU el band moritar.

Dans une relation en vers de la maladie et de la mort de notre savant humaniste, que le poëte François Thori envoya à son ami Hubert Languet, on trouve, dit M. Waddington, «un tableau piquant de la colère des prêtres après

(1) Elle est reproduite danf iM (Eatree dt

Turnèbe (T. III).

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rentcrrement de Turnèbe, el les menaces d'une mullitude fanatisée, qui parle d'eihnmer le corps, afin de purifier le ciraelière. » Quant à Toussaint Bercîiet, de Langres , autre poêle huguenot, il met le doigt sur la plaie, c Aveugle conducteur d'un troupeau aveugle... dit-il, un prêtre se soucie bien peu des âmes, il ne songe qu'à son intérêt : de là ces larmes, ces menaces, celte colère, ces plaintes el ce désespoir. Ce qui le désole, c'est de n'avoir point reçu d'argent; mais queTurnèbeaileu ou non des funérailles, cela ne le touche guère (i). »

On doit à Turnèbe les premières éditions grecques de Philon, de Synésius, des Scolies de Démétrius sur Sophocle , etc., qu'il a enrichies de savantes préfaces ou épitres dédicatoires. Ses versions latines sont très-eslimées. A une connaissance profonde des deux langues, Turnèbe joint, au sentiment de Huet, beaucoup d'élégance et de précision. Il traduisit en grec les Paror doxes de Cicéron. Il était bon poêle latin, et Montaigne le range parmi les meilleurs de son temps. Ses commentaires el ses traductions, publiés d'abord séparément, ont été réunis dans on recueil qui contient, avec ses Adversaria, tout ce qu'il a écrit.Voici les titres de ces deux ouvrages.

1. Adriani Tumebi, régit philosopkiœ grœcœprofess,, Adversariorum Tomus primus duodecim libros conti»

nens ; cum Indice copiosiss. Ad clariss. et ampliss. virum Michaélem Hospi' ialem Franciœ cancellarium, Paris ils, Gabriel de Buon, 1564, ff. 240 in-4% sans la dédicace en vers au chancelier et l'Index. — Tomt^ secundus duode»

cimlibros corUincns;AdC» V. Erricum Memmium (Henri de Mesme), supplicum libellorum in reyiâ [curiâ] magisirum, Paris., 1565, ff. 304 in-4o, sans la dédicace en prose et l'Index ; trèsbelle édition, privilège daté de Lyon, 34 juin 1564. '^ Adversariorum HM

(t) Geui de nos lecteurs qui désireraient nn renfort d'arguments, pourront recourir aux Selecta lllleraria de Seldenlu,r*S01-ai.

triginia in très tomos divisi, Paris., 1 580,in-fol. — Les deux premières parlies seulement parurent du vivant de l'auteur; la 3« a été publiée pour la première fois dans cette dem.édit., par les soins de son fils Adrien. Détourné de tout travail suivi par la douleur que lui causaient nos malheurs publics, Turnèbe nous apprend qu'il parcourait sans ordre les auteurs anciens et qu'il Jetait sur le papier les remarques que celte lecture lui suggérait. Ce fut ain^i que se forma ce vaste répertoire d'érudition el de saine critique. Selon Baillet, c'est là le principal ouvrage de Turnèbe. « Il y corrige, dil-il, et il y explique tant d'endroits différents de toutes sortes d'auteurs grecs el latins, et avec tant de capacité, qu'il est di£acile dédire, si c'est l'esprit ou la diligence de l'auteur, qu'on y doit le plus admirer. Et c'est ce qui a fait dire aux Allemands que c'est un ouvrage digne de l'éternité. »

II. Viri clariss. Adr. Turnebi,regii quondam Luietiœ professons. Opéra :

nunc primùm ex bibl, Stcph, Adr» F.

Tumebiy senatoris regii, in unum collectOy emendata, aucta et tributa in tomos III , Additi sunt singulis tamis singuli Indices rerum et verborum kh eupletissimi, Strasb., sumpt. Lazari Zetzneri, 1600, in-fol., dédié parle libraire à Etienne Turnèbe, conseiller au parlement de Paris. Chaque livre a, en outre, sa dédicace particulière; plusieurs sont dues à la plume d'Olho ou Odet Turnèbe; telle est celle en vers à Achille de Harlay,en tête du livre des Poésies. — Les commentaires el les traductions remplissent les deux premiers tomes; dans le 3*, sont ses écrits originaux, à savoir trois petits traités de Methodo, de Colore, de Vino, ses Discours, ses Préfaces, six Epitres dédicatoires, en grec, mises en tête de ses éditions grecques, et ses Poésies latines. On trouve, à la fin, la lettre de Philaretus dont nous avons parlé, et un grand nombre d'épitaphes et d'éplcèdes.

UCHARD (Samuel) > pasteur de l'église de MacoDy Ûl ses études en tbéo* logie à racadémiede Genève, où il fat immatriculé en 1656. En 1678, il fut appelé à présider le synode provincial qui se tint, le 50 août, à Is-sur-Tbil, en présence du commissaire royal , Samuel Janthial, avocat au parlement. Y assistèrent: Is-sur-Thil, Jean Durand et Prudent Gauthier, m'm., Pierre Du* rand et Isaac Porcelet, anc. ; Lyon, Jean Graverai, min., Jacq. Got et Claude Philbert, anc; Maçon, Uchardp min., et Jean-Philippe Guichard, avocat; Chalon, François Coulon, avocat, et Philippe Pton/amot#r, anciens; Bniy, Michel Du Noyer, min., élu vice-président; Pierre Morelet, avocat, élu secrétaire;, et Louis Carlot, anc; Amay-le-Duc, Jean Terrasson, min., Pierre Bernard ei Abraham GoT" nier, anc; Noyers, /aco6 Blanc, min., ei David Pierre, anc; Châtillon,/. Gra^ vier, min.; Fernex, Jean Taccon, anc; Sergy, Jean-Michel Roux, anc; Issoire, Isaac Vigot, min.; Pailhat, Ijouis Des Maizeaux, min.; La Nocie, Charles Perreault, m\n, , élu secrétaire.

A la révocation de Tédit de Nantes, Ucbard se réfugia en Suisse, avec sa femme Espérance Perret et ses cinq enfants nommés Catherine, Jeanne^ PHUiPPE,Louiset Jean (MSS.de Berne, Hist, helv. Vil. 9). Nous trouvons son nom, à côté de celui de son collègue, Jean Terrasson, dans une liste de Réfugiés pensionnés par Zurich.

UDEL ou HUDEL, nom d'une famille bourgeoise de Fontenay-le- Comte, qui a donné d'admirables exemples de fermeté et de constance, pendant les persécutions.

M. B. Fillon, qui a eu Tobligeance de nous communiquer une notice détaillée sur cette famille alliée à la sien-

ne, nous apprend que/ean Udel, cordonnier à Fontenay-le-Comte, était déjà en 1562 un des anciens de l'église de cette ville. Forcé de quitter le Poitou, vraisemblablement après la publication de redit de Nemours (Vcy.

pièces justif., N« XLVIU), il se retira à La Rocbelle, où il mourut en 1586.

Sa femme, Rose Cornu, ne lui avait donné qu'un fils, nommé Bernard, qui rentra dans ses foyers avec sa mère après la prise de Fonlenay-le-Gomte par le roi de Navarre, en 1 587, et qui se maria, l'année suivante, avec Jeanne Maistre, fille do drapier il nc/r^ Maistre, De ce mariage naquirent : !• Bernard, marchand poélier comme son père, qui mourut sans postérité; — 20 Jean, qui suit;— s» Sara, femme ^'Hanaifl de L'Espée, médecin et beau-frère du pasteur La Vallade; — 4* Marthe, mariée à David Giraud, Marchand poëlier et ancien de l'église de Foutcnay, Jean Udel épousa Marie Gaultronneau, morte en i 674, dont il eut : l* Jean, qui suit; — 2* Bernard, mort célibataire; — soLfio- NORE, femme de Jacob Le Venter, marchand drapier à Bazoges ; — 4* Sara, mariée à Daniel Sureau, boulanger. Jean, l'atné de ces quatre enfants, naquit le i«r avril 1627 et continua le commerce de son père. 11 prit pour femme, en i 656, Catherine Vinet, fille de Matthieu Vinet, marchand boucher, et ù'Êléonore Blouin, Resté veuf en 1678, il se retira à La Chapelle-Thémer; mais il y ftit inquiété, bien qu'il eût abjuré en 1685, et alla se fixer à Biossais, où il parait qu'il mourut relaps, puisque ses biens furent confisqués et donnés à un gentilhomme nouveau-converti. Ses enfants furent : l* Marie, morte jeune; — 2* Jean, qui suit; — 5«Matthifu, qui abjura h la

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