‹ La France protestante (volume 5)Chapitre 228 sur 241 · VOU · texte numérisé non relu

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rilIac(Kay.V£RBELAY), et depuis cette époque^ l'histoire ne fait plus mention de lai.

VOLZ (Paul), en latin Voisins, théologien savant et pieux^ né à Offenbourg, vers 1480^ et mort à Strasbourg^ le 6 jain 1544.

Yolz fit ses études dans l'école alors renommée de Schélestadt^ au sortir de laquelle il entra chez les Bénédictins.

Devenu abbé de Hugshofen^ vers 1513^ il consacra ses loisirs à des travaux littéraires qui lui méritèrent l'estime du célèbre Erasme. Chassé de son couvent par les paysans révoltés^ en \ 525, il se sauva, non sans peine, à Schéiestadt, d'où il retourna dans son abbaye après la destruction des insurgés. Depuis longtemps déjà, il Inclinait vers la Réforme, qu'il se décida enfin à embrasser ouvertement. Cette résolution prise, il quitta Hugshofen, en 1 526, et se retira à Strasbourg, ou il s'occupa d'abord de la composition d'un Chronicon abbatiœSchutteranœyqueSchannal a ins. dans le T.l de ses VindiciaB litterariae. Quoiqu'il passât pour anabaptiste, parce qu'il désapprouvait le baptême des petits enfants, et que sa correspondance suivie avec Schwenkfeld le rendit suspect au clergé strasbourgeois, le magistrat le nomma, en 1530, prédicateur et directeur du couvent de St-Nicolas in undis, avec un traitement de 30 florins par an. Vols avait sur certains points de doctrine des opinions qui s'éloignaient décolles de ses collègues; il trouvait, par exemple, que les Réformateurs étaient allés trop loin en abolissant la confession auriculaire; mais comme il était d'un caractère doux et bienveillant, et que sa piété était sincère, il fuyait les disputes et évitait, autant que possible, tout rapport avec les autres passeurs de Strasbourg. Il menait donc une vie retirée et assez paisible, lorsqu'on 1557, on voulut Tobllger à signer la Formule de Concorde de Wittenberg.

Convaincu que les confessions de foi ne sont propres qu'à exciter des disputes et à étouffer la charjité, U refps»

et fut destitué. Dès l'année suivantecependant, Calvin l'ayant amené à reconnaître ses erreurs sur le baptême des enfants et la Cène, et à lire publiquement dans l'église de Salnt-Pierrele-Jeune une rétractation qui a été publiée par M. Rôhrich, dans ses Mittheilungenaus der Geschichteder evangel.

Kirche des Elsasses (Slrasb., 1855, in-8«), il fut rétabli dans sa chaire et chargé en même lemps de la direction du cloître Saint-Guillaume. Dès lors il vécut dans les meilleurs termes avec ses collègues, jusqu'à sa mort. Bucer prononça son oraison funèbre. Il s'était fait cette épitaphe : Volzius hic stultus Paulus jacet abbas sepultus.

VOULAT, nom donné parM. Croltet à une dame de la Saintonge, qui fut condamnée à une détention perpétuelle dans la citadelle de Blaye, parce qu'elle avait fait passer ses enfants à l'étranger, poiir les soustraire aux violences des convertisseurs. Nous pensons que cette dame était la femme de Jacques Fauchereauy sieur de Vouillat et ministre à Montlieu, qui assista au synode de Jonzac, en 1678 (Voy. VII, p. 335).

Madame de Youlat composa, pendant sa dure détention, une pièce de vers que M. Crottet a publiée dans son Hist. des églises réformées de Pons, etc. Ce petit poème ne donne certainement pas une haute idée du talent du poète; mais on y sent palpiter le cœur d'une mère, dont le désespoir est adouci par une entière confiance en Dieu. 11 est adressé à un papillon qui, oubliant les fleurs tt dont la terre est parsée », vient lui rendre visite dans sa prison où «l'absyntbe seule natt. » EUele supplie d'aller trouver ses enfants.

Dis-leur qu'ils sont toujours l'objet de m* ten-

[dresse, Ouoiqu'esloignez de moy, privés de mes caresses ; Aesure-les qu'ils ont une moro en ce lieu , Forme comme un rocher, soutenue de son Dieu.

Va donc, cher messager, objet de mon espoir, Exhorte mes enfans à faire leur devoir,

A mettre, comme moi, en Dieu leur confiance; 11 peut nous rassembler contre toute apparent, Et peut nous consoler malgré nosennemis, IfoD» donner debe»«x jeun et de tniMpiUletmiilf.

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VODTRON (N. de), sieur du Passage, soulinlavec une patience et une fermeté vrainaent chrétiennes toutes les épreuves qu'il futappeléàsubirpoursa fol. Le 2 ocl. 1685, quatre dragons se présentèrent avecunbillet delogement à sa maison de campagnede Coureilies^ où sa femme s'était rendue pour la vendange. Ils furent accueillis avec tous les égards et toutes lesprévenances possibles^ ce qui ne les empêcha pas^ deux Jours après, de vendre un troupeau de brebis, des vaches, des tonneaux de vin et tous les meubles du logis. Le 8, cinq autres dragons furent envoyés au château de Youtron, et comme ils ne trouvèrent personne pour les recevoir, ils enfoncèrent les portes et s'y établirent en maîtres, se faisant largement nourrir par les cabaretiers du bourg aux frais de Voutron. Le 14, quatorze dragons furent rois en logement dans la maison qu'il occupait avec sa famille à La Rochelle. Le 1 5, à huit heures du matin, il lui en arriva six autres ; à deux heures après midi, vingt-huit furent ajoutés encore aux vingt qu'il avait déjà à héberger. Le 1 8,1e lieutenant particulier alla s'informer s'il voulait payer la dépense que les quarante-huit dragons faisaient dans les auberges. Il répondit que, si on lui tenait compte de ce qui avait été volé dans sa maison deCoureilles, il satisferait pour le restant. Là dessus, roflQcier de justice fil procéder à la vente de tous ses meubles, à la ré* serve d'un petit lit qu'il laissa, dit-il, pour Monsieur et Madame. L'aumônier de révéque se présenta en môme temps pour engager de Voutron à se rendre à la raison; mais il dépensa son éloquence en pure perle, et ses visites n'ayant abouti àaucun résultat, il renonça à une conversion si diflicile. Le 26 novembre, de Voutron fut donc jeté en prison^ et il Y demeurajusqu au 19 décembre. Ce jour là, on fit enlever sa femme et ses quatre Ûlles qui furent enfermées dans un couvent, tandis que lui-même était reconduit dans sa maison cl confié à la gardede quatorze soldats, qui ne le perdaient pas de vue. Sa santééuit grave»

ment altérée par des douleurs sciatiques. On craignit pour ses jours^ on le retira des mains des soldats, le 9 janvier, et on le mit sous la surveillance du procureur au présldial ; cependant^ dès le 21, on le reconduisit à la fonr Si-Nicolas, où il fut plus étroitement resserré que la première fois , puis, quinze jours après, on le jeta dans un cachot d'où il fut tiré, le 12 février, pour être conduit au fort de La Prée dans Vile de Ré. Le 1 8 avril , il fut transféré dans la citadelle de St. -Martin ou il resta jusqu'au 27 juin 1687, enfermé tantôt dans un cachot, tantôt dans une chambre. De là il fut envoyé au château Trompette, où il arriva le 7 juillet. Enfin le 19 mars de Tannée suivante , il fut tiré du cachot humide qu'il habitait depuis huit mois et embarqué avec ordre de ne jamais rentrer en France. — Un de Vouiron»La-Cave fut également victime des missions bottées.

VRILLAC (Pierre de), ou Vrilhac, sieur de Morsain, avocat au parlement de Paris, embrassa \a religion protestante en 1621 , et fit, selon l'usage, connaître les motifs qui l'avaient porté à sortir de l'Eglise romaine dans une Epistre envoyée au sieur de Vrillacson père. Sur le subjectde sa conversion.

Cette Epistreest datée de Sedan, 5août 1621, pp. 30, in-8«.De son mariage a- \ec Jacqueline de Roque, nhquiTeïiiiro'îS enfants, Pierre, Jacques et Charlotte, femme de François Le Sueur. Pierre, bailli à La Ferlc-au-Col et avocat au parlement de Paris,épousa,en 1 664, Marguerite de Besset, fille de Barthé^ lemy de Besset, sieur de Fraisse, et de Catherine Fenou, qui lui donna, le 1 f avril 1668, un fils nommé Pierre. Jacques, sieur de Blard , qualifié comme son frère, dans lesRcg. deCharenton, d'avocat au parlement et de bailli de La Ferlé-au-Col,prilpourfemrae,en 1 666, Catherine de Besset, sœur de Marguerite. Ancien de l'église de La Fertésous-Jouarrc, il assista en cette qualité à divers synodes, entre autres à ceux de Charenlon, en 1 679, et de Lisy, en 1681. A la révocation, il parait qu'il

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bésita d'abord à sortir da royaume; cependant il finit pars'y décider^ comme nous rapprend une requête adressée au roi par ie sieur de Louvilie, gentilhomme de la manclie du duc d'Anjou^ pour lui demander la confiscation d'une somme de 10,000 francs qu'il devait à Vrillac, et qu'il avait refusé Jusque-là de lui rendre sous prétexte «de ne pas contribuer à sonévasion» {Arch.gén, Tt. 248). Sa femme se convertit et resta en France. Quant à Pierre de VriilaCy il fut jeté à la Bastille^ où il gémissait encore en 1700^ à ce que nous savons par une lettre de lui au secrétaire d'Etat^ où il lui exposait qu'il était perclus de rhumatismes et le priait de lui accorder la permission d'aller aux eaux de Bourbon (Jbid. £. 3386).

V CJ LSON ouWLsoN/amille de robe, qui se disait originaire d'Ecosse^ mais que Ton trouve établie, dès la fin du xvi« siècle, dans le Dauphiné.

Le nom de Vulson se rencontre assez fréquemment dans les procès-verbaux des Assemblées politiques et des Synodes nationaux. Nous le voyons figurer notamment parmi ceux des députés aux Assemblées de Saumur en 1 595 et de Loudun, en 1596, au Synode de 1596, à l'Assemblée de Saumur en 1611. Dans notre opinion, basée sur Tautoritéde l'historien deThou, il s'agit ici de Pierre Yulson, conseiller au parlement de Grenoble et ancien de l'église de cette ville, le même qui se plaignit à l'Assemblée de Grenoble,en 1615, de la résistance opiniâtre apportée par le parlement (qui l'avait déjà chicané, en 1 596, sur ses provisions de conseiller) à sa réception à Toffice de greffier et secrétaire civil, ofiico de nouvelle créaliondonl il avait été pourvu (FoTkiA de Brienne, IS» 223). En J616, l'Assemblée de La Rochelle le porta sur la liste des commissaires pourl'exécution de l'édit. Il parait que la résistance du parlement finit par èlre vaincue, puisque Choricr qualifie Pierre Vulson de secrétaire du parlement du Dauphiné, en ajoutant qu'il fut anobli en 1020, et que de son mariage avec Lucrèce d' Yze

naquirent quatre fils, nommés Jba2I, êiear de Chàteaupin, Ausiandre, Jacques et Fbànçois. Nous ne connaissons aucune particularité de leur vie; cependant il y a apparence que l'un d'eux est le même que Vulson, fils d'un secrétaire au parlement, incarcéré, en 1686, par ordre de l'intendant Bouchu comme utrès-méchant huguenot, faisant le prédicant. »

On doit probablement rattacher à une autre branche, dont le chef était, dans la J '• moitié du xvii« siècle, Salomon de Vulson, sieur de Villette, député des églises du Dauphiné, comme un des anciens de celle de Mens, au Synode national de Vitré en 161 7, Jean de Vul- 8on-de-Villette, qui fut pendu en 1685 (Voy. V, p. 446). Un frère de ce dernier, que nous ne trouvons désigné que sous le nom de Vulson-de-Villette, se réfugia en Suisse, où, depuis plusieurs années s'était déjà établie une branche de la même famille, comme nous l'apprend le registre- matricule des étudiants de Genève, où se fit inscrire, en i eQ9yEtienne-MaUhieu de Vulson, natif de Rolle. Vulson-de-Villette s'établit à Genève et servit d'intermédiaire entre Miremont et les Camisards.

Vers le temps que Pierre de Vulson occupait un siège de conseiller à Grenoble, un autre Pierrt de Vulson, sieur des Grands-Prés, pratiquait la médecine à Die. 11 s'est fait connaître dans la littérature médicale par deux opuscules : L La lumière du chaos ehymique ou médecine spagyrique, Grenoble^ 1627, in-4'*^ — II. De Vusage des eaux minérales acides et surtout de celles d'Auriolen Trièves et du Monestierde Clermont, Grenoble, 1639, in-8o.

Contemporain également du conseiller Pierre de Vulson, avec qui il est très-facile de le confondre, Marc de Vulson, conseiller en la Chambre de l'édit, mort en 1640,apersomiage d'intégrité et de savoir,» au témoignage de Vidcl, est auteur de deux ouvrages qui lui ont mérité la réputation d un savant Jurisconsulte. Le premier a été publié sous ce titre : De la puissance du pape

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et des hlteriés de l'Eglise gcdUcane, Gen., de Tournes, 1635, in-4»; l'autre sous celui-ci : Questions de droit sur les élections d'héritier y avec un traité sur les conditions fidéicommissaires , Paris, 1669, in-12; Bordeaux, 1696, in-l 2. Ce dernier traité avait paru d'abord à Grenoble, 1623, in-4«, sous ce titre : Traicté des élections avec quatre arrests notables sur cette matière.

Est-ce notreconseiller,ainsi que l'affirme notre ami M. Rochas dans le Bulletin de Thist. du protestantisme, ou bien Marc Vulson-de-La Colombière, comme le prétend laBiogr. nniv., qui, ayant surpris sa femme en flagrant délit d'adultère, la tua avec son amant?

N'ayant aucun moyen de trancher la question, nous nous bornerons à rapporter le peu que nous savons de la vie du second, qui, selon la Biogr. univ.^ était le fils du conseiller.

MarcVulson-de-LaColombiëre,ayant acheté une charge de gentilhomme ordinaire de la chambre^ s'établit à Paris, ou il s'occupa de recherches historiques. Il cultiva surtout la science du blason , et avec tant de succès qu'il est considéré comme le véritable créateur de l'art héraldique. Il fut nommé chevalier de Saint-Michel et mourut en 1658. On a de lui :

I. Recueil de plusieurs fdèces et figures d'armoiries omises par les auteurs qui ont écrit jusqu'ici sur cette science, avec figg*, Paris, 1 639, in-fol .

If . La science héroïque, traitant de la noblesse, de V origine des armes, de Vart du blazon, etc., Paris, 1644, infol.; 2« édit. plus ample, 1669, in-fol.

III. De l'office des rois d'armes, des hèrauUs et poursuivons , Paris, 1645,

IV. Le palais des curieux, où l'algèbre et le sort donnent la décision des questions les plus douteuses, et où les songes et les visions nocturnes sont ex-

pliqués'selon la doctrine des Anciens, Paris, 1646, in-S»; réimpr. plusieurs fois avec des changements souvent considérables dans le titre, et même des additions ou des retranchements dans le texte, destinés à donner à l'ouvrage un air de nouveauté. — Anonyme.

V. Le vray théâtre d'honneur et de chevalerie, ou le Miroir héroïque de la noblesse, Paris, 1648, 2 vol. in-fol., avec flgg. — Ouvrage plein de recherches curieuses sur les exercices et les Jeux de la chevalerie.

VI. Les portraits des hommes illus^ très françois, qui sont peints dans Us galerie du palais du cardinal de Riche- «>«, Paris, 1 650,in-fol.etin-l 2; réimp. sous ce titre : Les Vies des hommes illustres et grands capitaines françois qui sont peints dans la gallerie du Palais-Royal, Paris, 1690, in-12.

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