VI. Lettreif critiques sur la Henria
de^Lond.^ 1728, in-8« de 50 pp.—St- Hyaclntbe n'a publié que la première de ces lettres. Comme il n'était pas encore broQillé avec Voltaire^ il Jage son poème sans prévention.
VII. Lettre à un ami touchant le progrès du déisme en Angleterre, — Impr. dans les Mémoires concernant la théologie et la morale (Amst. i 732^ inii), dont St-Hyacintbea étéréditeor.
VIII . Pensées secrètes et observations critiques^ Lond.^ 1735et )769^in-l2.
IX. Histpire du prince Titi, Paris^ 17S5 et 1736, 2 vol. in-12; 1752, 3
vol. in-1 2.— Ce roman eut une grande vogue de son temps.
X. La conformité des destinées et ÀODiamire, ou la princesse infortunée, Paris, i7369in-i2.-*Deux nouvelles.
Leschevin doute que la seconde soit de notre auteur.
Xl.Recherchesphilosophiques sur la nécessité de s'assurer par soi-même de la vérité y sur la certitude de nos con^ naissances et sur la nature des êtres, par un membre de la Soc. roy, de Lon* dreSf La Haye, Aolterdam et Londres, i 743, in-80.
Tous ces ouvrages parurent anonymes. En outre, St-Hyacintbe a eu part à la rédaction du Journal littéraire et de l'Europe savante. lia traduit de l'espagnol la Préface de Don Quichotte (Impr. pour la V fois dans l'édit. du Chef-d'œuvre de 1 732), et de l'anglais, la première moitié du !•' vol. du RO' binson Crusoé, de Daniel De Foe,t 7 20; le reste est de Juste van EflTen. On lui doit aussi différentes éditions qu'il a annotées : l» Traité du poëme épique par le P. le Bossu/ 6« édit. augm. de remarques et d'un discours prélim. sur l'excellence de l'ouvrage, La Haye , 17U, in-8«;—2« Réflexions nouvelles sur les femmes , par M«* la marq. de Lambert, La Haye, 1 729;— 3« LesCon* tes et Nouvelles, et Joyeux devis de Bonaventore Des Périers, auxquels il ajonta de nouvelles remarques, Amst.,
Zacharie Châtelain, 1 735, s vol. ln-1 1; — 4* Recueil de divers écrits sur l'amour et l'amitié, la politesse,la volupté, les sentiments agréables, l'esprit et le cœur,Brux. ou Paris, 1 736, in-l 2. L'éditeur y ajouta, outre une dédicace au princede Galles, une Lettre sur l'amour et l'amitié. Enfin, M. Quérard, à qui nous empruntons une partie des détails qui précèdent, ajoute que Voltaire publia son Dtoer du C^* de Boulainvilliers sous le nom de St-Hyacintbe.
SAINT-LÉGER (N. DE), sieur de BoiSRONO, capitaine huguenot, différent, à ce qu'il semble, de Jacques de Saint-Léger, dit le Jeune, que le parlement de Bordeaux comprit dans son arrêt de 1569. En 1570, Boisrond se signala par sa bravoure au siège de Jonzac. En 1585, il commandait un régiment à la tète duquel 11 servit au siège de Brouage. Nous ne savons pu.
quand il mourut. Ne serait-il pas identique avec /aco6 de Saint-Léger, sieur de Boisrond, qui f\it parrain dans l'église de Pons en 1597, et qui assista, la même année, à l'assemblée de Sainte-Foy (Arch, gén, Tt. 313), comme gouverneur de Monflanquin? Ce qui nous porterait à le croire, c'est que cette place de sûreté avait pour gouverneur, sons Louis XIII, RBTft de Saint-Léger, sieur de Boisrond, qui,selon M. Raingnet, était fils du mestrede-camp employé an siège de Brouage.
Ce René de Saint-Léger réclama, en 1 6 1 6,de l'Assemblée de Nismes le remboursement des dépenses qu'il avait faites pour le secours de Pons {Ponds de BnVnne, N« 223). En 1621, il se présenta à l'Assemblée de La Rochelle pour Jurer l'union et lui promettre son concours dévoué, ce qui ne l'empêcha pas de prêter, blentêt après, l'oreille aux insinuations de PardaiUan et de signer son traité particulier avec le roi. En 1 622, nous le retrouvons pourtant dans les rangs huguenots, avec le grade de maréchal-de-camp. En 1637, Il assista, comme dépoté de la Sainlonge, au Synode national d'Alençon. La Biographie saintongeoise nous apprend
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Um et qu'il en eot on fllSi nommé aussi Rmt, sieor d'Orignac, qoe Benoit cite dans ses listes de persécatés. Après avoir suivi avec distinction la carrière des armeSy Kené de Saint-Léger avait dû y renoncer à la suite d'une querelle avec le duc d'Harconrt, et il s'était retiré dans son château d'Orignac^ où il passait son temps, dit M. Ralnguet, c en parties de chasse et en aventures de toutes sortes qu'il raconte fort spirituellement dans ses Mémoi* res »^ lorsque la révocation de Téditde Nantes vint disperser sa famille. Sa fllle^ après avoir été promenée pendant deux ans de couvent en couvent, fut expui* sée de France en 1 688 {Arch, gén, E.
3374), et se retira en Angleterre avec sa mère. Après avoir montré d'abord de l'énergie et de la constance, le sieur d'Orfgnac finit par se rendre aux ar> guments de l'apostat Des Mahis, Il embrassa donc le catholicisme avec ses deux fils ; mais le cadet ne tarda pas à trouver le moyen de sortir de Fran* ce, et 11 alla oflTrir son épée à l'électeur de Brandebourg. René de Saint-Léger mourut en 1700, laissant des Mémoi^ re$ en 2 vol. ln-4«, dont l'un s'est per> du et l'autre se conserve dans sa famille.
Nous ne prendrons pas sur nous de rattacher à cette famille Jacques de Saint'Léger, de Flavy en Picardie, qui fut exilé, en 1741, à vingt lieues de son domicile pour être allé se marier à Toumay avec Marguerite Dumez, Même peine frappa Pierre-Abraham Alavoine, de Bohain, qui avait aussi épousé selon le rite de l'Eglise réformée i4nné VUette[kTch, E. 3502).
SAINT-MARTIN (ARMÀia>DX),flls de Jean de Samt-JIfarhn, maître des comptes à Pau, et de MadelainedeSan" toreriy conseiller au parlement de Paris, à f époque de la révocation. Les Notes secrètes sur le personnel des parlements tracent de lui ce portrait : « Bel esprit, sçavant, fort en Jurisprudence, fort en belles-lettres, retient néantmoins un peu de l'école; est estimé
dans sa chambre, est de la R. P. R., a
épousé une nièoe de M. de Larme, dépendant du maréchal de La Force, dont il a toujours fait les aCTaires. Est attaché à M. de Turenne. » Salnt-llartin avait épousé,^ au mois de fév. 1658, dans le temple de Charenton,J^ançoiie AmprouXy fille de Jean, sieur de La Massaye, et de Jeanne BoulUau. Les Registres de Cbarenton nous donnent les noms de neuf enfants issus de oe mariage, savoir: 1« Abhàni), baptiié le 6 avril 1659. Destiné au ministère sacré , le Jeune Saint-Martin ftt, ses études achevées, envoyé en Allemagne par son père, qui craignait a qu'il ne fit naufrage p; mais il revint en France et abjura la religion protestant te. c M"« sa mère s'en meurt de chagrin i> , lit-on dans une lettre du mois de mai 16K5, qui se conserve dans les Cartons Ruihières {Supplém, franc, 4026.1); —20 Jacques, baptisé le 17 mai 1 660 ; — 3» Bbnjahin, né le 3 mal 1661 et mort enfant; — 4« Françoise, baptisée le i*' nov. 1662, qui épousa, le 15 oct. 1684, Gabriel-Anf toine de Crux, marquis de Crux, fils de Jacques-Antoine, marquis de Corboyer, et de Louise de Machecoul;'^ 5« JEAN, baptisé le 24 fév. 1664; — 6« Charlotte, baptisée le 20 sept.
1665, et morte en 1681 ; -— 7» Elisabeth, baptisée le 20 oct. 1 669 et morte jeune; — 8« et 9* Marie et Marthi, jumelles, baptisées le 9 oct. I67f.
Saint-Martin, sollicité de se convertir, en 1685, refusa. Le rot apprit avee déplaisir ce refus de la part d'un homme c dont il estimait le savoir et la probité y> {Areh. gén, E. 337 1 ), et pour vaincre son oplnlAtreté, on renferma à la Bastille au mois de mars 1 686 (Ihid. E. 3372). Quelque temps après, on le transféra au couvent de Saint- Magloire, puis on Tintema à Sens; mais rien n'y fit. Il fallut se résoudre, en 1 688, à l'expulser du royaume avec sa femme et son fils Jacques, hérétiques non moins obstinés. Le fils aîné Armand se fit donner les biens des exilés, et il réussit même à faire ra-
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mener de Hollande en France^ en 1 70 1 , U flile de son frère (qai avait épousé une hollandaise) pour la faire élever dans le calholicisme (Ibid, E. 3552).
U n'y avait aucune parenté entre cette famille de robe et un Saint-Martin^ perruquier à Saint-Maixent^ qui poussa le fanatisme Jusqu'à dénoncer lui-même^ en i 736^ sa flile comme cou* pable d'avoir embrassé la religion réformée. Elle fut incarcérée à Niort^ oii elle eut beaucoup à souffrir, lit-on dans la correspondance û' Antoine Court,
SAINT-MARTIN (N. DE),seigneur deCournon-Terral, lieutenant du comte de Crussol dans le Vivarais, fut chargé, an mois de décembre 1562, de reprendre possession d'Annonay, d'où Saint- Ghamond s'était retiré après y avoir exercé des cruautés horribles. Il y rentra, le 28 déc. , à la tète de 4 00 hommes et se hàiade faire réparer les fortifications; puis il se retira à Toumon, en confiant la défense de la place aux capitaines Prosty Le Mas et Montgros.
A la nouvelle de sa retraite, Saint-Cbamond s'empressa d'accourir avec 3000 hommes. Le 10 Janvier, il commença l'attaque ; mais la résistance qu'il rencontra lui faisant craindre d'essuyer un échec, il se décida, dès le 1 1 , à signer une capiluiation portant que les troupes étrangères sortiraient avec armes et bagages, sans enseignes; que les habitants n'éprouveraient aucun dommage ni dans leurs personnes ni dans leurs biens; que l'infanterie catholique n'entrerait point dans la ville, et que la cavalerie n'y resterait qu'un Jour pour se rafraîchir. Nonobstant cette capiiuktion,Sainl-Cbamond fit charger lagarnison par le chevalier d'Apchon, qui ne put l'entamer, grÀce au capitaine Montgros, mais il se vengea en égorgeant tous les habitants sortis de la ville sons la foi du traité. En même temps, l'in* fanterie catholique mettait Annonay à feu et à sang. Le carnage fut épouvantable ; le sang coulait dans les rues à la hauteur d'un pied. Les historiens racontent des traiisde férocité qui dépassent tout ce que les voyageurs rappor-
tent de la cruauté des peuplades les plus sauvages. « C'estoit, lit-on dans le Martyrologe, une chose plus qu'horrible de voir l'un enfermé dans sa maison et y brusler, l'autre précipité d'une fenestreou de plus haut sur le pavé : les cris et hurlemens des filles et des femmes : tout rempli de flambes, de sang et de glaives. Les personnes exposez à l'encan, et pour ne trouver aucun qui les rachetast, cruellement tuez et massacrez. » Les noms de trois de ces innombrables victimes sont seuls arrivés Jusqu'à nous : ce sont ceux à* Antoine Fabre, procureur du roi, de Jean Monchai, bourgeois, et û'Imbert Ranchon, chirurgien, qui furent précipités du haut d'une tour. Après avoir démantelé la ville et rasé ses murailles Jusqu'aux fondements, Saint-Chamond en sortit le 14 Janvier, pour se rendre à Bouiien oii il traita les Proteslools avec la même barbarie.
Nous n'avons point trouvé dans les Jngemens de la Noblesse du Languedoc le nom de la famille de SainU-Martin, dont une branche, également protestante, possédait la baronuie de Barre dans les Gevennes. Le 14 déc. 1705, Aldebert de Saint-Martin, baron de Barre, fut envoyé à Pierre-Encise (Voy, Pièces Justif. N« XCVIi), pour avoir assisté, en 1 690, à l'assemblée du Mas de TEspinas. Il n'en était pas encore sorti en 1 7 1 2, à ce que nous apprend la correspondance û'Ant. Court,
S AINT-llIATTHIEU,capitaine bugnenot,le même peut-être qui, en 1 577, défendit contre Vitlars nue place appelée Moncier par d'Aubigné , se rendit maître, quelques années plus tard, de Montcenis en Bourgogne , qu'il se bâta de fortifier, et où il établit le culte protestant. Pendant tme absence qu'il fit, en 1 596, le capitaine Des Hasards, qui prétendait avoir commandement exprès de S. M., surprit la place, et malgré les réclamations de l'Assemblée de Loudon , Henri IV la fit raser, en promettant. Il est vrai, de dédommager le capitaine Saint-Matthieu, qui y avait dépensé plus de 74,000 livres; mais
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le dédommagement promis se réduisit à deox ou trois sommes si minimes^ que le capitaine laissa, en mourant^ sa famille dans la misère. En 161 1^ son flls Théodorb s'adressa encore à l'Assemblée politique de Saumar, qui ordonna aux députés généraux d'appuyer ses réclamations (Fonds de Brienne, N« 222) ; néanmoins Justice ne lui était pas encore rendue en 1615 (Ibid,,
Les procès«verbaux de l'Assemblée de Saumur appelant ce flls Théodore Des Planches, on doit en conclure, à ce qu'il semble, qu'il n'y a\ait pas de lien de parenté entre le capitaine Saint-llat* tbieuet deux gentilshommes du même nom, qui vivaient dans le même temps en Saintouge. L'un d'eux, /«an, épousa Anne de Ballodes, qui le rendit père, en 1 593, de Jacques, présenté an baptême dans l'église de Pons par Jacques de Beaumont, sieur de Rioux, et Ra^ chel de Fedicq, demoiselle de Vibrac.
Ce Jean de Saint-Matthieu fut tué en 1596. L'autre'^ Paul, sieur de Souli* gnac^ épousa Marie de La Bouche* rie (l)> <2ont 11 eut : !<> Sidrac^ présenté au baptême, en 1 596, par Jean de Saint- Matthieu et Marie Guichard; — 2» François, né en 1598, qui eut pour parrain François Des Lions, sieur de Mauvoisln, et pour marraine Anne Boutaut, femme de Bonne foi-de-Bretauville (Arch. gén. Tt. 285).
SAINT-MESME. Voy. LA ROCHE- BEAUGOURT.
SAlNT-llIICHEL,capitainebuguenot, originaire de Montauban ou des environs. Saint-Michel servit d'abord sons Arpajon. Après l'inutile tentative que ce chef fit pour secourir les Protestants de Toulouse, il se Jeta, avec le capitaine Béfort, sur Saint-Sulpice^ qu'ils prirent et pillèrent, et où ils vengèrent cruellement sur les prêtres le massacre de Gaillac. Saint-Michel se signala^ un peu plus tard, à la défense
(1) Celte famille éuii toisi prolesUnte. En iSiS, La Bo%teheriê prèUle lermeDt d'union avec ia Vtrnaye, eonne eomnandant à La Garaa* cbe, rar l'ordre de rAiienblêe de Grenoble.
de Montauban eontre Terride et Montluc. Après la retraite des troupes catholiques, il se saisit du château de Monibeton, qu'il pilla, bien que le seigneur gardât la neutralité entre les deux partis. Marchastel, dont le sieur de Montbeton était parent, lui ordonna de rendre le butin et le mit aux arrêts.
Irrité d'un traitement qu'il regardait comme un affront, Saint-Michel voulut sortir de Montauban avec sa compagnie, malgré les instances des consuls et de ses compagnons d'armes. Voyant qu'il poussait l'indiscipline Jusqu'à la révolte, Marchastel donna ordre de l'arrêter, et l'ayant fait venir en sa présence, il débuta par de vifs reproches, puis, emporté par la colère. Il lui tira un coup de pistolet. Saint-Michel s'élança sur lui l'épée à la main et le blessa gravement; mais à l'instant, il fut massacré avec son frère, Louis Pey» ralade et son sergent Dupont. — Une famille du nom de Saint-Michel se réfugia en Angleterre.C'estd'elleque descend le Jurisconsulte Balthasar Saint* Michel, mentionné dans l'ouvrage de M. Burn.
SAINT- MICHEL -DE -LA RO- CHE-CHALAIS. Voy, LANES.
SAIKT-0€RS (Jean-Pierre de), peintre d'h istoire, né à Genève le 4 avril 1752, et mort dans cette ville, le 6 avr. 1 809. Notre peintre était flls ûe Jacques de Saint-Ours ( l }, très-bon dessinateur, reçu bourgeois de Genève avec ses deux flls en 1 759, et de Susanne-Constance Favre. Son père fut son premier maître. Comme il annonçait d'heureuses dispos! tiens, il l'envoya à Paris dès l'âge de 1 6 ans, et le plaça dans l'atelier du peintre Vien. Saint-Ours ne tarda pas à se faire remarquer parmi les meilleurs élèves de l'Académie. Après df-
(i) Flasienrs réfagiéf de cenomnons lontcoBnos. Claude Saint-Our$ (Arch. Tt. 259) et Daniel Saint'Oun (Tt. S14), tous deux dn Greii- Tandan, sortirent de France; ce dernier avec la femme et ses enfants.— En 1686, on apothicaire da nom de Saint-Oun, père de quatre enfants, dont une fille, était signalé par Boncha comme méchant huguenot. —Le père de Jacques se nommait Denû; il s*éuit réfugié dans le canton de Berne.
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irers saccës obtenus dans les concours en 1 772^74 et 78^11 remporta^en 1 780^ le grand prii de peinture par son tableau de l'Enlèvement des Sabines, Mais^ comme 11 était étranger, et, qui plus est, protestant, il ne put profiter des avantages attachés à cette distinction. Pour lui tenir lieu de la pension qu'on ne pouvait lui donner,onlui fit, de Upart du gouvernement, diverses propositions qu'il refusa, et il partit pour Borne à l'aide de ses propres ressources. Le directeur de l'école rayant autorisé à Jouir des privilèges accordés aux élèves couronnés, il se prépara par desérieuses et fortes étudesaux grandes luttes de la renommée. Au rapport de Itagler,ii travailla quelques années sous la direction de Battoni, ce qui, à cette époque, dit-il, était une grande recommandation. Il garda en portefeuille ses premiers travaux. Ce ne fut qu'au bout de deux ans, qu'il exposa deux grandes figures nues, peintes d'après nature,superbes études, au Jugement de M. Rigaud (Des beaux arts à Genève); l'une se volt au Musée Rath àGenève. Ce premier pas fait , il s'avança magistrale* ment dans la carrière. M. Rigaud cite de lui (de 1785 à 88] : U Départ des Athéniens pour ScUamine ; la Pompe des fiuiérailUs de Philopœmen; le thoix des enfants de Sparte ; les Mariages des Germains ; David et Abigail, « composition capitale d'un très-bon coloris; »
r Amour qui enlèt>e Psyché ^ « sujet gra* deux qu'il traita admirablement, malgré son peu de goût pour les scènes tirées de la fable ; d les Jeux Olympiques, exécuté d'abord dans de petites dimensions. U en existe un fort beau dessin. Le marquis de Créqui, alors à Rome, proposa à Saint-Ours d'exécuter ce su- Jet en grand pour Monsieur, frère de Loals XVI. Il accepta, mais dans Tinlervalle la Révolution ayant éclaté, ce tableau lui resta. C'est une de ses meiltares toiles ; elle se voit actuellement dans le Musée Rath. Un travail excessif âfiit miné sa santé. 11 éprouva le be- MitD de respirer l'airnatal; maisà peine son état se f ut-ilamélioré qu'il retourna
à Rome. U y séjourna Jusqu'à ce qu'une nouvelle maladie le décida à revenir se fixer à Genève, en août 1 792. Au dire de Nagler, il aurait d'abord essayé du séjour de Paris, mais il dut s'enfuir devant la tempête révolutionnaire. Le s avril 1795, il s'unit en mariage avec Madelaine- Hélène Boisdechesne. Les événements politiques étaient loin de favoriser la prospérité des arts. Saint* Ours renonça presque entièrement aux sujets historiques pour ne s'occuper que de portraits, genre dans lequel 11 excellait. M. Rigaud cite les portraits de MM.IVoticM'n des Délices, Du Pan-Sarrasin, H.'B. de ^u^sure, gravé par Ch.-Simon Pradier, de M. et M"« Tingry, du sculpteur Jaquet, du peintre de La Rive, et son propre portrait, tous au Musée Rath ; du syndic Masbou, de U^^Masbou, portrait en pied; de M»« Du Pan-Rigot avec ses enfants, portr.
en pied;du docteur £fu^tfii,deMM .Senn, Rey, Favre-Cayla, Gautier-de-Tour'^ nesy etc. Saint-Ours acheva à Genève le Tremblement de terre (Musée Rath), grande toile commencée à Rome. Ce tableau représente une famille fuyant son habitation qui s'écroule. Plus tard, l'artiste reproduisit ce sujet dans de plus petites proportions, avec un très-beau fond où l'on voit une ville qui s'abîme. Ce dernier ouvrage, l'un des meilleurs de l'artiste, au jugement de M. Rigaud, est supérieur à celui qoepossède le Musée. Homère chantant sespoésies à l'entrée d'une bourgade de la Grèce, est le dernier sujet historique qu'ait traité notre artiste; il le reproduisit plusieurs fois. On a remarqué qu'une des Jeunes femmes est le portrait de M"*de Saint- Ours, et que le guerrier a été dessiné d'après le beau-frère du pelntre,7/i^o(/. BoÎ9(iec/ie:rne (i },Un critique appréciait ainsi, dans le Conservateur suisse, le talent de Saint-Ours : a II a évité trois écueils : l'affectation, la négligence et la manière; son dessin est pur, parce qu'a offre le contour précis; il est beau,
(i) En leea, Mickêl BoiUtckini, pàilssier, ^i'inlMM, et MwlMUtffdt f«» itfi Uw^m^
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parce qu' il rappelle l'ant ique; il est vral^ parce qu'il est pnisé dans la naiare; il est afséy enfin, parce qu'il est le fruit de rbabitude et du talenl. Quant àl'eipresSion, elle est ordinairement douce, vraie et sentimentale. La composition est la partie qu'on estime le plus chei lui... On ne trouve dans ses tableaux aucun personnage déplacé, insignifiant on inutile, etc. »Peut-é(re,ajonteM. Rigaud, Saint-Ours n'a-t-il pas tenu tout ce qu'il promettait; on lui a reproché avec raison une scène surchargée d'accessoires, un abus d'allégories dans ses portraits, quelquefois des poses trop académiques dans ses tableaux d'histoire, et dans les uns et dans les autres un coloris trop violet. Un Jour qu'on lui faisait quelques observations à ce sujet, il répondit qu'il convenait de ce défaut, mais qu'il travaillait pour la postérité et que le temps, par son action, ramènerait les chairs à leur teinte naturelle. Quant à son dessin, il est généralement irréprochable.
En 1 803, le gouvernement de Bonaparte mit au concours de peinture le sujet du Concordat. Saint-Ours envoya un dessin, a La Foi, r£spérance et la Charité entourent les autels ; des anges arrachent des voiles qui les ont longtemps couverts ; la France, sous la figure d'une Minerve, accompagne la Religion et de sa redoutable égide renverse les monstres révolutionnaires. Les ministres des trois cuites chrétiens se prosternent devant la Religion et la reçoivent avec l'expression d'une satisfaction respectueuse. Derrière la figure de la France est un cortège de femmes qui portent des drapeaux avec les noms de Lodi, Arcole, Marengo, etc. (l). » De 72 concurrents, Saint- Ours fut le seul qui obtint un accessit. L'Institut se l'associa comme correspondant étranger.
La mort ne tarda pas k le surprendre au milieu de ses travaux. Il mourut d'une obstruction au foie qui dé* lènéra en une hydroplsie. U laissa tna*
<i) litil-Otn lésia M itttiA à m Mi 4« U ftltf.
cbevées des Recherches historiques tur Inutilité politique de quelqueS'Uns dès beaux-arts chez différents peuplei.
Outre quelques tableaux dont nousn'avons pas parlé dans celte notice et que M. Rigaudne nous fait pas connaître, Saint-Ours a laissé beaucoup d'études à l'huile, une snitede quinze petits su* Jets tirés de Thistolre du lévite d'Ephralm, qu'il avait Tintention de pu* bller dans une série de gravures à Teau forte, et des portereuilies où Ton trouve tt quantité d*etudes qui pourraient servir de modelés aux paysagistes. » a Salnl-Ours, écrit M. Rigaud, eut non-seulement les qualités d'un grand artiste, mais il fut aussi un excellent cito>en, et pratiqua ces vertus privées qui assurent le bonheur do* mestique. Peu d'hommes ont compté autant d'amis. Le comité de dessinda la Soc. des Arts lui fit élever un monument à Chéne-Bougeries, dans le ctmetière de la paroisse, le S sept.
1809. 9 A cette occasion, M. de La Rive, son collègue et son ami, prononça son éloge.
SAINT-PAUL (François de), réfugié en Suisse pour cause de religion, fut chargé de desservir l'église de Vevay,mais un peu plus tard, en I54d, il se retira à Lausanne. A cette époque, il s'en fallait de beaucoup qu'il partageât le sentiment de Calvin sur la prédestination absolue, comme il le témoigna assex ouvertement lors de la dispute soulevée- par Bolsec{!ASS. de Berne, Hist. helv. III, 34). Avec le temps cependant ses opinions se modifièrent, en sorte que, dès 1559, les pasteurs genevois n'hésitèrent pas aie donner pour successeur à Du BreuU, qui avait rempli, quelques mois, les fonctions du ministère à Poitiers (ilrchiv. de laComp. des pasteurs^ Reg. B). Saint-Paul ne fit pas un long séjour dans cette ville, si toutefois il y alla, puisque, dès 1560, nous le trouvons probant publiquement à Montélimart dans l'église des Cordeliers, dont les Huguenots s'étaient emparés de force, protégés qu'ils étaient par
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Barjac ou Bourjac, sénéchal du ValentinoiSy et soutenus par Du Puy- Monlbrun, Albert Pape-Scûnt-Auban, Marius deVesc, sieur de Comps, de Coritat, de Condorcet, Nocazey Sauzet, ainsi que par d'autres gentilshommes du voisinage. Ses efforts pour propager la Réforme étaient activement secondés par François Tempeste, moine chargé de prêcher le carême, qui finit par embrasser publiquement la religion protestante et se retira à Genève, d'oii il fut envoyé, au commencement de l'année suivante, à Pont-de-Royan, pour travailler, avec le ministre Denis Eyrieu, à l'organisation de l'église.
Accepté à l'unanimité pour pasteur, le 21 fév., Tempeste fit procéder sur-lechamp à l'élection de dix diacres, au nombre desquels furent Jean Bouteru [Bouteroue?] et Pierre Muel. Le jour de Pàquesy la cène fut célébrée, en présence d'un petit nombre de fidèles, dans la maison de Bouteru. En deux' ans, les progrès des doctrines évangéliques furent tels que presque tous les habitants de la ville, leur seigneur en téte> participèrent au repas eucharistique, le Jour de la Pentecôte 1565 {Àrch. gén. Tt. 284). Revenons à Saint-Paul.
Après la découverte de la conjuration d'Amboise, Maugiron, qui reçut des Guises Tordre de poursuivre à on« trance les Huguenots du Dauphiné, marcha sur Montélimart à la tête de forces considérables. A son approche, la plupart des gentilshommes et les principaux de la ville se hâtèrent d'en sortir. Loin de se laisser abattre par cette lâche désertion, ceux qui restèrent prirent les armes et s'avancèrent Il la rencontre de Maugiron. Redoutant l'issue d'un engagement, le chef catholique eut recours à l'artifice. Trompés par ses promesses, les Prolestants se soumirent; mais, dès qu'ils eurent déposé les armes, ils se virent en butte à toutes sortes de persécutions.
Saint-Paul qui s'était retiré à Genèy^y revint en France quelque temps avant le colloque de Poissy, auquel il
assista, comme pasteur de la florissante église de Dieppe. Pendant un court séjour qu'il avait fait, au commencement de l'année 1 560, dans cette ville, le célèbre Knox avait obtenu de si grands succès que plus de la moitié des habitants avaient embrassé le protestantisme. Le paîjleur de La Porte ne pouvant plus suffire à l'instruction religieuse des prosélytes, Matthieu Eudes ou Heude, sieur de Veuies, s'était chargé d'aller chercher un second ministre à Genève et en avait ramené Saint-Paul dans les premiers jours du mois de juillet. Saint-Paul s'acquitta avec fidélité de ses devoirs au milieu des circonstances les plus diffîclies Le doc de Bouillon ayant interdit toute assemblée religieuse et fait démolir la Grand'Cour, qui servait de temple aux Protestants, il dut se borner à prêcher en secret dans les maisons jusqu'après la mort de François IL Selon la chronique msc. d'Asseline, il fit, le 7 mai, un prêche public dans Téglise delamaladrerie en présenced'une grande foule. Cinq jours après, il assista au synode provincial, qui se tint à Dieppe sous la présidence de Mariorat. Le 13 juin., il partit pour Poissy, laissant, pour le remplacer pendant son absence, le ministre Des Forges, Le colloque terminé, le pasteur dieppois s'empressa de retourner auprès de son troupeau. Bientôt après, le ministre Virel (aliàs Viret) apporta à Dieppe la nouvelle du massacre de Vassy. Aussitôt les Protestants se saisirent de la ville, brisèrent les statues, dépouillèrent les églises, forcèrent les couvents et se livrèrent contre les moines à de sauvages barbaries, malgré les efforts des ministres pour s'opposer k ces odieux excès. A l'exemple des citadins, les paysans huguenots des environs s'armèrent, et, sous la conduite d'un fermier, nommé Duval, ils se mirent à dévaster les églises catholiques.
Lorsque la ville ouvrit ses portes au roi, malgré l'énergique opposition de Jean Le Noble, sieur de Grosménil, qui commandaitla cavalerie dieppoise.
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Catherine de MédJcis promit une amnistie pleine etentiëre; mais beaucoup ne voulurent pas s'y fier. De ce nombre fut Saint-Paul, qui passa en Angleterre, d'où il fui ruppelé, quelque temps après, Dieppe étant retombéen* tre les mains des Huguenots. A la conclusion de la paix, les églises furent rendues aux Catholiques, mais les Protestants, moyennant une redevanceannuelle, furent mis en possession delà maison des Charités, malgré l'opposition du clergé romain.
Nous avons parlé ailleurs des que« relies déplorables que Saint-Paul eut, en 1565, avec son collègue Gibout (Voy. V, p. 262). Peut-être ne fut-il pasabsolument sans reproche; tout en rendant Justice à la pureté de ses mœurs, à sa science et à son éloquence^ l'historien de Dieppe l'accuse d'une humeur âpre et hautaine, et blâme ses prétentions excessives. 11 est donc possible qu'il ait manqué de douceur et de charité, mais, d'un autre cété, il faut avouer que la conduite de son collègue Justifiait ses méfiances.
Lorsque Condé reprit les armes, en 1567, Sigognes (I), qui commandait dans le ch&teau de Dieppe, s'empressa de demander du renfort, et, en attendant, pour endormir les soupçons des DIeppois, il leur affirma par serment qu'il ne serait rien entrepris contre la ville, offrant de donner ? a femme et ses enfants en otages. Dans la nuit du 26 ao 27 oct. cependant, La Meilieraye, lieutenant du roi an bailliage deCaux, se glissa secrètement dans la citadelle avec son régiment. Le lendemain, les fidèles, sans méfiance, se rendirent ad
(1) Gel homme, selon le cour ëe Catherine de Mèdieis, loaple, rasé, perflde et crtiel, a été compté par presque tons les historiens, y compris Stsmondi, qui nous a entratoé dans son errear, au nombre de ces quatre on cinq gouternears catboII()aesqni, par motird'honnearon d'hamanilé, refusèrent d^eiècnter les ordres de la Cour k le Sainl-Barthélemy. Il est bien Trai qnMi n*y eal pas de masMcre à Dieppe; mais c'est quMl n*y a- Tait plus on presque plus de Protestants. La ter« renr que Sigognes faisait régner depuis plus de deux ans dans la tilie, les aTait dispcûrses ou con- ▼eriii OQ ruinée.
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temple. Le pasteur étaitenchaire,leraqu'uue femme du port entra hors d'haleine, en criant à la trahison. Rien n'é» tait plus vrai. Les portes de la ville étaient fermées, et les canons du château braqués contre la place. Les noti^ bies bourgeois s'assemblent en tumulte à rbétel-d^ville, et pendant qu'ils dé* libèrent sur le parti à prendre, les h»* bilants les plus courageux, au nombre d'environ 3no,se préparent à se défendre et coupent de barricades toute la grand'rue. Le canon de la citadelle répond sur-le-champ à ces symptômes de résistance, les boulets démolissent à moitié la halle au blé, et le régiment de La Heiiieraye se précipite dans la ville au cri de Mort aux Huguenots ! La première barricade fut emportée sans résistance parla trahison d'une servan* te catholique ; la seconde ne tint pai dix minutes , ceux qui la gardaient étant plus occupés à se disputer qu'à la défendre ; la ville était perdue, lorsque quelques hommes du peuple,qui étalent à boire dans la poissonnerie, arrêtèrent les soldats par une décharge meurtrière. Encouragi^s par ce premier succès, les bourgeois s'élancent de derrière la troisième barricade, poursuiventles assaillants et les forcent à rentrer dans la château, avec une perte de 2 à 300 hommes. Mais une terreur panique qui saisit le lendemain les habitants, livra la ville à moitié déserte à Teuneml. 8i« gognes ne manqua pas de se venger. U fit assassiner Noël Chrétien, qui avait enlevé quatre drapeaux à l'ennemi et fait prisonnier un capitaine; puis il s'y prit si adroitement qu'il réussit à faire pendre un nègre converti au protestantisme, nommé Poisblanjs , qui s'était dlsiingué pendant la lutte par des prodiges de valeur. A la suite de cette sanglante journée, une foute de protestants dieppois abandonnèrent la ville. Saint- Paul passa de nouveau en Angleterre, où il parait qu'il mourut pasteur de l'église de Rye, qui fut fondée vers ce temps par les réfugiés de Dieppe et qui s'accrut si rapidement qu'en 1572, elle comptait 641 fidèles.