‹ La France protestante (volume 5)Chapitre 39 sur 241 · V. Pensées sur l'Ecriture Sainte, La Rochelle, J685, In-f · texte numérisé non relu

V. Pensées sur l'Ecriture Sainte, La Rochelle, J685, In-f

VL Remarques et réflexions pour servir à l'explication de plusieurs paS' sages de l'Etriture Sainte, msc. faisant partie du T. XIV de la Collection Conrart.

SARRET, famille noble do Languedoc, dont deux branches au moins embrassèrent le protestantisme.

i. Branche de Saint-Jean-de-Vé- DAS. Fils aîné de Jean Sarret, sieur d'Agnac et de Fabrègues, Guillaume Sarret épousa Jeanne Lasset, dont il eut : S« Jean, sieur de Saint- Jean-de-Védas, qui suit; — 2« Guillaume; — 3<> Philippe, conseiller en ia cour des aides de Monipel lier, dont les descendants ne paraissent pas avoir persisté dans la profession de la religion réformée. Jean Sarret, qui assista, en 1 6 H , à l'assemblée de Sommières, épousa, en 1 582, Bemardinede Beaux- Hot es, (\ni le rendit père de Jacques, mort vers 1641.

Du mariage de ce dernier avec Bemar^ dine Du Verger^ conclu en 1631, naquirent Jean, sieur de Saint-Jean-de- Védas, qui sortit de France à la révocation {Arck. gèn, Tr. 322), et LOUiS.

II. Branche de Fabrègues. Frère cadet de Guillaume^ Antoine Sarret, sieur de Fabrègues, testa en 158I.

Sa femme, Louise d Aliénas, lui donna trois fils : 1« Henri, sieur de Fabrègues, qui s'éleva au grade de ma-

réchal de camp et fut tué, en 1629, devant MoMipoillor, servant dans l'armée royale, d'où l'on peut conclure qu'il 6tait devenu catholique, depuis son ma* riage, en 1 605, avec Marie de Béretkger-deCaladon; — 2o Gabriel, sieur de Coussergues,qui prit pour femme^.

en 1616, Madelaine Morgon et en eut Gabriel, sieur de Gaujuc, capitaine de chevau-légcrs par commission du 19 janv. 1641, lequel épousa, en 1649^- Antoinette d'Amoye; — 3» Jean, mf qui les Jugemens de la Noblesse ne nousfournissent aucun renseignement.

SATUR (Thomas), natif de Montauban, fit ses éludes dans sa ville natale^où il soutint, sous la présidence de Kerdier,une thèse De in feris. Vers le même temps, Jérôme Satur, aussi natif de Montauban, en soutint une De libro tntœ, sous la présidence du même professeur. Thomas fut appelé à desservir l'église de >lonlauban, et futenveloppé, en 1683, dans les poursuites exercées contre les pasteurs montai banals sons le prétexte qu'ils avaient reçu des re« laps dans le temple. Jéi6me'fut placéà Morsain, dans le bailliage de Meaux, A la révocation, ce dernier, qui était veuf sans enfants, passa en Angleterre (Supplém. franc. 4026. l); Thomas l'y suivit de près, mais il lui fut défendu d'emmener ses enfants qui furent retenus à Montauban [Ar(h Tt. 25S). Nous ne voyons pasdansl'ouvragedeM.Buni que le pasteur de Morsain ait été attaché à aucune des églises fondées par les Réfugiés, tandis que celui de Montauban devint, dès 1 684 , un des ministres de l'église de la Savoie. C'est' sans doute en celle qualité qu'il présida, en 1 69! , une réunion de quarantesix pasteurs réfui^iés qui s'étaient assemblés pour prolester encommun cou* trc l'accusation desocinianisme lancée contre eux par ré\ éque de Londres dans une lettre au confesseur Le Coq. Cette protestation, qui a été publiée à Londres, 1691, in-4% sous ce titre : Dé^ claration du ficntiment des ministre»' français réfugiez en Angleterre sur lesmatières de religion, fol signée par Sa-

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tur, Piozet^ da Mans, P. Charlps, de Maovesin, ^itYz/y de Salies^ 0. Cham^ fdony de Mougon, Sers, de Hontredony Lacaux, de Castres^ Mitault, de Chefboulonne^ P. Testas, dcMilhao^l/afjc VertiouXy de Hazamet, Faulcun, de Fécamp, F, Campredon,ûe PonUde-Larn, F. Testas, ûe Poiliers, Jacq, Tirel, de St. -Vaast, Pont, de Blazères^ F. Gomnarc, de Mucidan, D. Grimaudet, de Desaignes^ F. SoUnhac, de Real ville, JDoniW Du Tens, d'Augers, Jacob de Jhuffignac, de Puycasqaier, Jean Molles, de Cardaillac, Le Sauvage, d'Alençon, Jean Cabibel, de Brassac, Jean Couyer, de Liniers en Angoamois,yean Baudet, de Genebrières, Gabriel Barbier, ministre à Grcen^^icli^ Pierre Blanc, Bival, Barthélémy Basset, Abraham Gilbert, de Melle, Jean Charpentier, A . Bichard, d'Espcrausses, La Porte, û'Xgen, A. deSaint-Denys, de Sancoart en Normand ie, Charles Coniet, Ant. Bivière,Jean Lefebvre, Brocas, de Casteljaloux, ifofe, de Barre en Cevennes, /acg. Misson, de Niort, Michel David, ministre de la duchesse de La Force, Pierre Ticier, de Mauvesin, Jean La Motlhe, de La Bastide-RouairoQze, Michel Cordier, de Fieox, P. As» truc, de La Gazelle, F. Chabert.

. SALLA8(GiLLEs),appeléaassiSou- ULS, ministre prolestant, natif de Montpellier, noQs est peint par Thistorien du Daupbiné Chapuys Montlaville, comme nn homme ardent et plein d'éloquence, doné d'une imagination brûlante, d'une grande énergie et d'un courage à toute épreuve. Les écrivains protestants se eontentent de louer son savoir et sa diligence. Appelé à remplacer Pierre Bruslé à la télé de l'église de Valence, Saulas gagna à la cause de l'Evangile plusieurs professeurs et beaucoup d'élèves de l'université, et il accrut tellement son troupeau qu'il eut bientôt besoin d'un aide. Lancelot, gentilhomme del'AnJou, «de nobleetancienne race,»

qui s'était voué au ministère évangélique, lui fut doncenvoyé. L'excellent historien Bégnier de La Planche, raconte ainsi les faits qui suivirent :«... Il fat

lors question d'entreprendre de grandes choses [mars 1561]. Car quelques es* prils pétulans, qui ne se contentoyent d'un estât médiocre et paisible, vouloyenl se manifester en public ; autres non. Voylà le commencement de leur division, et la source dont grand mal survint puis après. Avec ceux de la ville et les escholiers qui alloyent aux prédications, s'adjoignirent plusieurs Jeunes gentilshommes, les uns curieux de nouveautés et peu instruicts, les autres meus d'un zèle qui loutesfois avoit beseing de discrétion. Car n'ayant peu sltostcslre rangés à quelque bonne discipline, pour la multitude et diversité des esprits, chacun s'estimoit assez sage pour commender et non pour obéyr. £n ce désordre les nouveaux venus et plus hardis entrepreneurs ne se voulant assujettir au consistoire desjà dressé, et mesprisant ceux qui avoyent mis les fondemens de leur Eglise sans * regarder à la conséquence de ce qu'ils enireprenoyent, ny poiser l'inconvénient arrivé à ceux d'Aroboyse, Jugèrent le temple des cordeliers cslre propre pour faire leurs prédications, duquel ils se saisirent aussitost [le 31 mars]^ et y feirent prescher publiquement et de plein Jour, au son de la clo-' che, qui fut cause de faire venir gens de toutes parts, et du menu populaire du plat païs une infinité, lesquels prenoycnl merveilleux goust à ccste doctrine, détestant ouvertement les abus desquels ils avoyent esté si longuement ensorcelés, et louant Dieu de leur avoir révélé les secrets de sa parole, et la vérité de son sainct Evangile. »Du reste, on ne fit «aucun outrage ni moleste aux moynes, lesquels pour certain esloyent traictés si paisiblement et si amiablement, qu'ils désiroyent pour la plus* part que cela continuast, parce qu'ils esloyent bien aises sans rien faire. »

Le succès passa toutes les espérances : « c'estoit merveille du peuple qui affluoit aux preschcs ; car ils abordoyent de six, sept et buict lieues à la ronde. » A Valence comme partout ailleurs, le triomphe de la Réforme eut ce bon ré-

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suUat d'améliorer les mœurs. C'est ce que constata le procureur de Valence, Marquety dans une assemblée qui sa tint au sujet de la réception des lettres de pardon et d'abolition en faveur des hérétiques (Yoy.PiérMjWa/.N«XIIl).

Pendant les huit années qu'il avait tenu le greffe de la ville^ il ne s'étaitpas passé a une seule nuict, dit-il, que le lendemain ses registres ne fussent remplit de plainctes qu'on faisoit à Justice des insolences que coromettoyent les coureurs de pavé, en sorte que nul n'osoit aller par la ville, qu'il ne fust battu, volé et pillé, les maisons escbellées, les portes rompues et icelles maisons saccagées, les filles et femmes violées; bref, que les estrangers y commettoyent tant de meschancetés, qu'il n'estoit loi* sible, la nuict estant venue, d'aller en façon que ce soit visiter l'un l'autre, pour quelque grande affaire qui eust peu survenir. Mais que depuis qu'il avoit pieu à Dieu allumer sa clarté en leur ville, par le moyen de la prédication de son sainct Evangile, tout cela avoit presque cessé, comme s'il fust venu, avec le changement de doctrine, changement do vie. » A la nouvelle de ce qui se passait en Dauphiné, le duc de Guise y envoya immédiatement son frère le grand prieur avec les ordres les plus sévères. Chargé, en qualité de lieutenant du roi , de chasser les Protestants du couvent des Cordeliers, oh Ils s'étaient retranchés, Maugironaima mieux employer la ruse que la force {Voy,yy p. 1 57).Trompéspar ses belles promesses, Mirabely Quintel et les autres gentilshommes huguenots évacuèrent le couvent le 20 avril, et les citadins rentrèrent dans leurs foyers. Une fois maître de la ville, Maugiron Jeta le masque. Il fit arrêter les plus influents d'entre les Protestants, et tout d'abord les deux ministres,qu'une commission, présidée par le premier président du parlement de Grenoble, condamna, ainsi que Stratisy coupable d'avoir facilité l'entrée de ta v ille aux campagnards qui se rendaient au prêche, à avoir la téta traooliée. Leurs (iOrps^iniB en quartiers.

restèrent exposés en diyers lieux. Cette triple exécution fut suivie de quelques autres (Voy. MARQUET) ; cependant la plupart des prisonniers sortirent par la porte dorée « avec abjurations, fouets, bannisscmens et grosses amendes. »

SAUMAISE (Claude) (i), savanl universel, né, le 1 5 avril J 588, à Sa* mur-en-Auxois (Bourgogne) et mort à Spa (Belgique), le 3 sept. 1653.

Le père de notre savant , Bénignt Saumaise, seigneur de Tailly, Boum, Saint-Loup, était lieutenant particulier en la chancellerie de Sémur ; Il avaU succédé à son père dans cette charge, le 15 mai i587. Pendant les troubles de la Ligue, il se fit remarquer par son attachement à la cause royale. Henri lY l'en récompensa par une charge de conseiller, le 24 mars 1592; mais il n'en fut mis en possession que deux ans

(1) La Mbnnoye remarque qoe ni lui ni sonpèr» ne prenaient le «te.— Quant à la date de m naiffance, il y a quelque incertitude. Ant. Glénesl le fait naître en 1596 dans une maison de campagne de son grand-père près de Sèmur ; pats il se contredit denx fois dans le eonrs de sa Notice. Sanmaise lui-même n'est pas plus exact que sot biographe dans les indications vagues qu'il nooi donne Selon lui, il aTsit à peine 15 ans lorsqu'il soigna l'édition de FInras. Or celte édltloa ayant paru ealS09, cela reporterait la date de 9% naissance en 1594. Mais, d'un autre côle, il n'est guère possible d'admettre que Snumaifc n'ait en que de 10 & 12 ans, alors que Caitaubon et Scaliger entretenaient atec lui un commerce de lel> très et le traitaient, pour ainsi dire, d'égal à égal. Le saTant Huel, dans une noie marginale mise sur son exemplaire des Lettres de Saumaise ^^ exemplaire que nont aTons en main — relève anatl cette inTraisemblance, et ajoute : M. de La Mou* noyé m'a dit qoe Saumaise avait coutume de répondre, quand on rinterrogeait snr Pépoque de sa naissance, qu*il était né Cùm cecidit fato cou» sut uterque part, indiquant par ce vers d'ûvid« l'année 1588, ou périrent les Guises aux Ktala de Blois. C'est aussi ce que confirme Papillon, d'après le registre de la paroisse où Saumaise fSI baptisé. Guy Patin le iit né au mois de mal. A« rapport de biément, iiTint au monde dans le 7* mois. La Monnoye (Notes du Menaglana) prélend que le nom de la'famille était originairement StfwmatVeet il en fournit la preuve. Papillon serait asscx disposé à l'admettre, mais il cite des pl^ ces antlientiques où l'on voit que ces deux fo^ mes du nom étaient indifféremment employéet dans la famille ï une même époque. Sans avoirélè alliée aux ducs et comtes de Bourgogne, comme le prétendentClèmenl et, après loi,PhilibertdeLa Mare dans sa Vie rose, de SMiiiiaiie»eetieftoiilt MftdbaDMeexificUiiB.

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^lus tard> lorsqae la Ligue fut déflnilivenicnt vaincue. Il exerça cette charge pendant 46 ans^ avec une rare intégrité. Bénigne Saumai se était instruit; on lui doit^ entre autres, la traduction en vers françois de la Géographie de lOenis d*Alexaiidrie(Paris^ 1 597,in- 1 2). Quoique rien ne prouve qu'il ait jamais lail profession ouverte du protestantisme , il n'en est pas moins certain ^tt'il n'était pas ennemi des idées nou- Telles. Le témoignage de Ca^aubon est formel. Après a\oir marqué à Lingelslieim , dans une lettre de recommandation qu'il donna au jeune Saumaise, f|ue son père aurait désiré qu'il ne Ht pas profession ouverte de la religion ivangélique, il ajoute : Je ne suis pas étonné de la tiédeur de cet excellent liomme qui, ayant porté la croix du Sauveur pendant bien des années , succomba à la fin dans cette intàmc année de 72. — Non miror friifus optimi viri, ÇMf , muUos annos «jartdMç -rtv orauf ôv xoù £<uT7ipo<, tandem succubuit infami iUo anno beptuage&imo secundo. Un toomme convaincu d'une vérité, qui ^ccombe à la violence*, est-il bien converti? là est toute la question. Aussi Ant. Clément, qui était en position d'être bien informé , a(Drme-l-il que, par l'influence de son flls, il revint peu à peu à la vraie religion et qu'il flnit par la professer. En tout cas, Grolius se trompe lorsqu'il dit (Epist. 1460) qu'il fut toujours bon catholique. Une considération qui a bien aussi son poids, c'est que sa femme Elisabeth Virot, fille d'Ant. Virot, seigneur de Tailly, qu'il avait épousée en 1587 — par conséquent après être rentré dans le sein de l'Ëglise romaine-— était une zélée protestante qui éleva ses enfants dans les principes de sa religion, et nous ne voyons pas qu'à la suite de la conversion de son flis atné , le moindre refroidissement ait altéré les alTections de la famille. Loin de là, l'union la plus parfaite ne cessa de rrgner entre le pèreetIcflls.En 1637, Saumaise ccrivait à Vossius qu'il attendait son père qui devait ôire le parraia de-Bon der*

nier enfant. Or un catholique romain n'aurait pu remplir cette obligation qu'en se faisant représenter par un protestant dans la cérémonie du baptême, et alors pourquoi un pareil déplacement? N'oublions pas qu'à cette époque un voyage de plus de cent lieues était une affaire grave, surtout poor on vieillard de près de 80 ans. Il nous parait donc avéré que des considérations humaines ont seules pu retenir le père de 8aumaise dans la communion romaine.

Bénigne Saumaise n'était d'ailleurs pas le seul membre de la famille qui fût entaché d'hérésie. François Saumaise^ maître des comptes à Dijon — peut-être un de ses frères, — s'échappa de France à la Saint-Barthélémy et alla demander un asile, d'abord à Lausanne, puis à Monlbéliard où il fut reçu bourgeois en janv. 1 574. Une lettre de Claude Aubery à Bèze (Coll. Dupoy, N«. 268) nous apprend qu'il travaillait à un rapprochement des Calvinistes et des Luthériens sur la question de la Cène. Nous mentionnerons encore Jacques de Saumaise^ sieur de Coibelin, avocat au parlement de Paris. 11 était fils de Daniel de Saumaise , receveur des aides et tailles à Vézelay, et de Marie de Maulmiron; il épousa, en 1652, dans l'église de Charenton, Claude Petit, fille de Pierre Petit , procureur au parlement. Il vivait encore en 1 670. Nous lui connaissons deux sœurs .'/eann6 (allas Catherine) mariée, en 1631, avec Etienne Bigot, sieur du Crcy, et Elisabeth, femme de François de Biosset, sieur de Pouguts, enterrée à ChiirenJon, le 3 juin 1670 (l).

Bénigne Saumaise mourut le 1 5 janv.

1640, et fut inhumé dans l'église de Saint-Pierre à Dijon. 11 laissa plusieurs enfants; voici ceux que nous connaissons: i« Claude, à qui cette notice est consacrée; — 2* Bénigne, mariée à Jean-Pierre Palier, sieur de Bottens ; — 3« Marie, femme de Tht^Of hile Gravier, sieur du Loyer, qui lui donna

(t) Noas ne savous aaqoel raUacher César do Saumait-', mort un 1G41, à l'igo de 46 aus, el

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